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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 10:56

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/
http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/02/25/31001-20140225ARTFIG00036-de-kiev-a-nantes-comment-les-medias-traitent-les-manifestations.php

Publié le 25/02/2014figaro

De Kiev à Nantes, comment les médias traitent les manifestations par Gilles William Goldnadel


CHRONIQUE - L'avocat, Gilles William Goldnadel, analyse l'attraction qu'exerce un certain type de manifestations sur les métiers de l'information.

Encore que ce soit un exercice rarement populaire, il n'est pas interdit de questionner le regard médiatique posé sur les récentes manifestations et émeutes qui ont fait une grande partie de l'actualité. Le regard de l'auteur sera d'autant plus critique qu'il n'a jamais dissimulé ses réserves sur une vision idéologique d'autant plus insidieuse qu'elle est largement inconsciente. Pour l'énoncer lapidairement, on constate un a priori bienveillant porté sur les foules encolérées par ce que l'on appelle les mass media. Pour le dire autrement, la rue a bonne presse.

Ainsi, lors du fameux printemps arabe, il était de mauvais goût de recommander la prudence au même moment où des journalistes empathiques décrivaient extatiquement la place Tahrir emplie de blogueurs laïcs épris de modernité. La dilection xénophile pour l'altérité de la «rue arabe», une fascination révérencieuse pour une colère sanctifiée, l'ivresse communicative de la foule courageuse et survoltée tenaient en respect stylos et caméras. Et tant pis si de Le Bon à Arendt en passant par Freud, psychologues et philosophes ont prévenu du danger d'une démagogie irrationnelle qui peut mener jusqu'au totalitarisme.

De la même manière que les observateurs sur place n'ont pas voulu observer les viols de femmes commis quotidiennement sur le site de la révolution cairote, beaucoup n'ont voulu voir sur la place Maïdan que des manifestants pacifiques désirant faire entrer une Ukraine unanime dans une communauté européenne attrayante. À cette vision idyllique plusieurs explications. La première, mécanique: l'intérêt professionnel objectif de diffuser une information simple et manichéenne mettant en scène, de manière romantique, des révolutionnaires insurgés contre un despote. Il faut reconnaître ici que la scénographie était grandement facilitée par la présence effective dans le casting d'un Ianoukovitch violent, cynique et corrompu, vassal d'un tsar néo-soviétique. Mais le devoir premier d'un informateur n'était-il pas, au risque de gâcher le spectacle, d'introduire une complexité consubstantielle à la question ukrainienne? Si oui, il aurait fallu commencer par dire que Kiev, berceau de la Russie, n'était pas toute l'Ukraine et que place Maïdan, contrairement à une pétition fantasmatique publiée dans LeMonde et menée par Étienne Balibar, il n'y avait pas que des gavroches assoiffés de démocratie, mais également des ultranationalistes armés (Svoboda, Praviy Sektor) comme l'Ukraine en a parfois la noire magie pour conjurer le malheur rouge. Dans le cadre de cet effort vers plus de complexité, un être journalistique moins léger serait bien inspiré de ne pas béatifier trop hâtivement une dame Timochenko n'ayant rien à envier à celui qui l'avait jetée au cachot en matière de cynisme et de prévarication.

«En France, toutes les contestations spectaculaires sont les bienvenues, des Indignés jusqu'aux Femen, sans que vienne simplement se poser la question de leur représentativité».
En France, le climat médiatique imprégnant les effervescences urbaines est encore plus pollué par l'idéologie. D'abord, sous l'empire d'une confortable posture post-démocratique pratiquant, non sans arrogance, la dérision envers un personnel politique pourtant issu des urnes. Dès lors, toutes les contestations spectaculaires sont les bienvenues, des Indignés jusqu'aux Femen, sans que vienne simplement se poser la question de leur représentativité. Ensuite, en raison de préjugés politiques tenaces.

C'est ainsi que l'on voudra bien comparer les amalgames médiatiques que les organisateurs et participants de la Manif pour tous ont dû endurer avec l'extrême prudence qui caractérise le traitement de la manifestation prétendument écologique de Nantes.
D'un côté, des manifestants, sans doute trop propres sur eux, trop polis pour être honnêtes, car d'un légalisme scrupuleux, caricaturés, diabolisés (encore par Le Nouvel Obscette semaine), appréhendés en nombre, ne serait-ce que pour le port d'un tee-shirt, quand ce n'est pas embastillés.

De l'autre, une manifestation violente ayant tourné au saccage d'une ville par des nervis déterminés à tout détruire. Dans ce cadre, gouvernement et médias vont s'efforcer à ne pas amalgamer certains manifestants avec d'autres. Sage précaution encore peut-être qu'excessive: les Black Bloc d'ultragauche (notez que le préfixe d'«ultra» est employé pour ne pas éclabousser l'«extrême» gauche) avaient déjà sévi à Notre-Dame-des-Landes. Ils occupent impunément les lieux. Ils avaient déjà lynché un gardien du site. Comme le dit très bien le préfet de Loire-Atlantique (JDD): «Les organisateurs ont été débordés par les radicaux, mais ce sont des gens sur lesquels ils s'appuient depuis le début du mouvement». N'était-ce pas Mme Duflot qui soutenait cette manifestation «deux fois plutôt qu'une»?
Une triste ironie veut que ce soit ces mêmes radicaux que la presse gratifie d'«antifascistes» lorsqu'ils font le coup de poing contre l'extrême droite et le FN, comme à Rennes il y a quelques jours.

Dans le même désespérant registre, ce sont sans doute aussi des «antifascistes antiracistes» qui ont exclu samedi d'une manifestation toulousaine «contre l'homophobie et l'antisémitisme» (organisée avec la présence du NPA et de la Ligue des droits de l'homme) un député UMP et la représentante locale du Crif aux cris de «fascistes, sionistes».
La presse hexagonale, dans un louable effort de lutte contre le strabisme politique, serait bien inspirée de réviser d'urgence sa terminologie un brin simpliste.





 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 13:16

PARU SUR LE SITE Valeurs Actuelles

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25 février 2014 

 

Les « beaufs mode » sont devenus démodés Par Gilles-William Goldnadel



L'oeil de Goldnadel. Chaque semaine, Gilles-William Goldnadel propose aux lecteurs de Valeurs actuelles son Regard sur l'actualité. Aujourd'hui, il livre son commentaire politique de la semaine qui vient de s'écouler.

Le beauf imaginaire, dans la littérature gauchisante ou cabusienne, est ordinairement gratifié d'une moustache, d'un béret et d'un litron. Dans la réalité, j'aurais tendance à le peindre aujourd'hui en jean et baskets Adidas. Quant aux moustaches, je l’affublerais volontiers des baccantes de José Bové. Entendu longuement celui-ci cette semaine sur les radios d’un service que l'on dit public : les OGM et le gaz de schiste c'est poison interdit. Un point c'est tout. Pas de discussion. Pas de recherches scientifiques contradictoires. Ça tombait bien, personne ne le contredisait. Si la définition du beauf est le bas goût pour la péroraison au café du commerce de la politique, au besoin en poussant une gueulante, alors ma caricature ressemble à son portrait.

Ces députés Vert -alliés aux socialistes- qui prétendaient moraliser la politique, sont devenus les plus politicards des politiciens roublards. Nos marabouts néo poujadistes ne dédaignent pas le bout de ficelle. Ils hurlent contre un ectoplasmique lobby du nucléaire mais incarnent objectivement le lobby le plus efficace pour le maintien de l'emprise pétrolière.

 

Il m'étonnerait que les fossoyeurs arriérés de l'écologisme réel trompent encore longtemps un monde qui ouvre les yeux. Voilà les beaufs mode devenus démodés.

Parlons franc, cette semaine, je trouvais l'actualité française un peu creuse. Pas de bonnes grosses bourdes, boursouflures ou autres impostures, à se mettre sous une dent mauvaise. Les socialistes étaient en vacances...

Heureusement, les intermittents du spectacle n'ont pas chômé. Outrés par le fait que le Medef ne soit pas convaincu que leur régime chômage soit d'une grande justesse, les voilà qui, cornaqués par la CGT-spectacle, ont envahi les locaux de l'organisation patronale d'Île-de-France. Ces chantres de la libre culture ont cru devoir retenir démocratiquement mais contre son gré le délégué général Jérôme Dubus. Celui-ci a eu le front quasi national de refuser la publication sous la contrainte d'un communiqué du Medef désavouant les chiffres publiés sur le régime des intermittents. Mais il y a plus farce encore : la publication d'une pétition à l'initiative de l'ancien ministre communiste Jack Ralite demandant à François Hollande « de maintenir et de développer la politique culturelle » autrement dit, de conserver le régime ruineux pour privilégiés dénoncé par la Cour des Comptes. Ce serait, selon ses généreux et intelligents signataires, (Robert Guédiguian, Agnès Jaoui, Olivier Py…) « Le meilleur antidote à tous les racisme, antisémitisme, communautarisme et autres pensées régressives sur l'homme » (Le Monde 21 février). Rien de moins. Les intermittents du spectacle, la CGT et leurs soutiens étaient des résistants à temps plein et je ne le savais pas. C'est beau la culture.

 

Dans un ordre d'idées résistantes et antiracistes assez voisin, retour sur les récentes prestations télévisées de Bedos le jeune. La première pour régler son compte d’assez belle manière à M. M’Bala M’Bala, la suivante, grimé vaguement en juif orthodoxe, pour régler le leur à tous les autres, à commencer par le petit landerneau judaïque, fana de sa première performance.

 

Pour le dire franchement, je ne suis emballé ni par l'une, ni par l'autre. Tirer sur une ambulance même frappée de la Croix-Rouge gammée, ne me paraît pas, au stade de coma moral dépassé de son conducteur, constitutif d'un acte de rébellion héroïque exceptionnel. S'agissant de la seconde, dans laquelle le mot « goy » (qui n'a, il est vrai rien de péjoratif) est utilisé sans complexe, je dirais, qu'en ce qui me concerne, le judéo-centrisme goy obsessionnel, même à prétention antiraciste, largement utilisé par la gauche philosémite, forcément philosémite, me pompe l'air. Suis-je assez clair ?

 

Et pour rester chez les humoristes, lue, dans Paris-Match, cette phrase si juste du célèbre et talentueux Inconnu Didier Bourdon : « trois comiques qui ne crachent pas à la figure des gens, par les temps qui courent, c'est appréciable ». Je reconnais, toute honte bue, regretter un Fernand Raynaud, qui ne crachait non plus sur qui que ce soit, n'avait pas honte d'être gentil, et n'avait pas l'obsession de la différence. Les Inconnus sont les fils de personnes, Fernand Raynaud n'est pas le fils de Paul. Nicolas, ne lui déplaise, est bien le fils de Guy. C’est de l’humour.

Le Monde de cette semaine s'indigne dans un éditorial du 14 février de « l'atroce indifférence » de l'opinion publique à propos de la Syrie. Le quotidien du soir ne sait peut-être pas à quel point il a raison. Depuis que la tuerie a commencé, depuis que plus de 140 000 personnes humaines ont été massacrées, depuis que deux millions de Syriens ont pris le chemin de l'exil, les associations autoproclamées pour défendre les droits des hommes, les prétendus défenseurs de la cause arabe coiffés de leurs keffiehs, les belles âmes au cœur pur qui ne dédaignaient pas user leurs escarpins sur le pavé parisien pour bien moins que cela, n'auront pas organisé une seule manifestation pour dire leur écœurement. Ah si seulement, c'étaient des Américains, des Français, des Israéliens, bref des occidentaux, des blancs quoi, les salauds à maudire, vous auriez vu les godillots de Gaillot et Besancenot. C'est à vous dégoûter d'avoir des principes intangibles.

 

Si je ne le dis pas, alors qui va le dire ?

Et pour demeurer sur la même thématique proche-orientale, Arte se sera encore distinguée cette semaine.

Alors que la presse française aura salué quasi-unanimement le film « Bethléem » co-réalisé par un israélien et un palestinien pour traiter de la complexité du conflit à travers les relations entre un agent du Shin Bet et son informateur, la télévision de service public, samedi soir, aura trouvé au hasard deux militants pour dénoncer le caractère trop pro-Israélien du film.

En ce qui me concerne, je rappelle n’être astreint à aucune obligation de neutralité et de responsabilité qui m'interdirait l'engagement partisan. Je ne suis pas non plus appointé par le service public allemand ou français.

 

Gilles-William Goldnadel © 

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 12:35


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Taubira-Faletti, intégration, Finkielkraut accusé : la gauche la plus gauche du monde !
Par Gilles William Goldnadel


Publié le 19/02/2014 

Nous sommes tous des Suisses allemands ! Par Gilles-William Goldnadel 

CHRONIQUE - Cette semaine, Gilles-William Goldnadel prend la défense de deux cibles de la gauche ces derniers jours : Jean-François Copé, qui s'est indigné que le livre «Tous à poil» soit recommandé aux écoles primaires, et les Suisses, qui ont voté contre « l'immigration massive ».

Dans un article précédent, dans ces mêmes colonnes, je montrais, pièces en main, la magie de la gauche à contester l'incontestable (l'usage de la très réelle théorie du genre dans les ABCD de l'égalité) tout en couvrant d'injures ceux qui s'en alertaient.

Cette semaine, c'est Jean-François Copé qui a fait les frais de cette magie qui tourne à la manie.


Le président de l'UMP, on le sait, a osé s'émouvoir de ce qu'un livre destiné aux enfants, intitulé sobrement «Tous à poil !»et célébrant la nudité par le déshabillage intégral soit recommandé à l'usage dans les écoles de la république.

Aussitôt, un déni suivi de mépris.


Commençons par le second: «Il a été encore une fois ridicule, caricatural» a commenté, en orfèvre, notre brillant et populaire premier ministre, estampillé la même semaine de «sous-doué» sur la couverture d'un grand hebdomadaire. «Il tient exactement le même langage, il valide la pensée du Front National» a proclamé notre ministre du travail, avec le même effort d'originalité qu'il met pour éradiquer le chômage. «Le prochain coup d'éclat de M. Copé va sans doute consister à amener tous les livres qui lui déplaisent dans une brouette puis les brûler en place publique» a asséné avec son doux sourire Mme Vallaud-Belkacem, sans doute avec le magistère que lui confère sa culture historique de l'Inquisition espagnole ou des autodafés goebbelsiens.

Comme dans la chanson, comme dans toutes les ritournelles que la gauche serine depuis des lustres sur ses opposants. Copé a dit la vérité, il doit être assassiné.

En dépit en effet des dénégations socialistes outragées, le livre incriminé a bien été proposé sur un site du ministère de l'Education Nationale comme «outil pédagogique» puis a été relégué comme une simple «ressource complémentaire» (Europe 1 13 février, le Figaro 14 février).


Contrairement encore au déni, conforté comme toujours par les béni-oui-oui de la presse conforme, «tous à poil!» a bien été vanté dans les écoles. Un témoignage: le mien, qui pourra, au besoin être confirmé par des milliers de téléspectateurs. Mercredi, 12 février à 18h40, j'étais sur le plateau de BFM en l'agréable présence de Mme Franek, auteur du livre incriminé. À la question du pertinent Alain Truchot de savoir si l'ouvrage avait été effectivement commenté aux bambins, l'écrivain n'a pu qu'abonder, ajoutant surabondamment que les écoliers chapitrés pouvaient avoir six ans…


Je ne veux prolonger ici d'autres débats que celui portant sur les dénégations mensongères et méprisantes opposées aux propos de M. Copé. Notamment sur l'éventuelle nocivité du livre incriminé ou sur le droit de parents, même horriblement rétrogrades, à bénéficier d'un service public éducatif respectant le principe de neutralité.


Mais je ne peux m'empêcher de préciser que Mme Franek a également observé que son livre «devait être pris au deuxième degré…» Je ne sais pas grand-chose sur la capacité d'un enfant de six ans à appréhender au second degré le discours des adultes. J'observe cependant que l'éminente psychologue pédiatrique et progressiste Edwige Antier précisait récemment que «le dérapage survient quand les éditeurs n'indiquent pas l'âge en fonction de la construction physique et psychique des enfants. Il est important de respecter la «phase de latence» entre 4 et 12 ans, pendant laquelle leur sexualité est au repos.»


Touchant à présent la réalité d'une querelle scolaire qui opposerait les Anciens obscurantistes et les Modernes tolérants, j'avoue ici encore ma perplexité conceptuelle. Sans doute en raison d'un handicap incapacitant à appréhender le mammouth et ses pachydermes syndiqués comme les symboles de la modernité triomphante les plus indiscutables.

Dans cette tempête hexagonale portée par un vent glacial et féministe qui souffle de l'Atlantique venant se mêler aux vieux courants marxistes français, il me paraît que ceux qui veulent importer leur idéologie à l'école publique sont aussi peu fondés à le faire que les créationnistes anti darwiniens américains qu'ils abominent.


Mais, pour ces fonctionnaires du service public -qui portent pourtant la liberté de conscience en oriflamme- le mot neutralité n'existe pas. Ou s'il existe, c'est un gros mot.

Cela ne concerne évidemment pas que le domaine de l'éducation nationale.

S'agissant de celui de l'audiovisuel de service public, la simple prononciation du vocable quadrisyllabique «neutralité» provoque incontinent chez ceux chargés de la respecter un réflexe pavlovien d'hilarité irrépressible. Je ne résiste pas, pour une illustration récente, à citer la présentation de la Manif pour Tous faite sur Arte le 2 février par Leila Kaddour-Boudadi: «… Des dizaines de milliers de partisans de «la Manif pour Tous», vous savez ces militants, qui descendent dans la rue, non pas pour défendre leurs droits mais pour en enlever aux autres, je parle bien entendu du mariage homosexuel. (…) Voici le reportage sur une France qui se radicalise».


Quant au service public de la justice, le syndicat de magistrats le plus proche de la ministre a démontré son respect scrupuleux de l'obligation de réserve, en injuriant impunément sur un mur consacré ses opposants politiques et les parents d'enfants assassinés.

Au fond, l'aigreur de l'actuelle dispute s'explique par le fait que la droite s'est enfin décidée à investir les domaines culturels et sociétaux qu'elle avait désertés par complexe inhibant.

Pas plus qu'elle ne se fait à l'idée de la voir dans la rue, la gauche ne tolère de la voir pénétrer ce domaine de chasse jusqu'à présent bien gardé par ses cerbères vigilants mais vieillissant.

La droite politique et intellectuelle serait bien inspirée de poursuivre et de nommer cette bataille pour la neutralité du service public qu'elle livre aujourd'hui dans l'école, sur tous les autres terrains où elle est piétinée.


C'est un progrès intellectuel et moral à savourer, que de constater que les Suisses qui ont décidé démocratiquement la semaine passée de dire non à l'immigration de masse n'ont pas été gratifiés des habituelles références historiques disqualifiantes que leur germanité aurait pu décupler.


Tout au plus, les immigrationnistes de salon, à Paris comme à Bruxelles, se sont lancés dans des considérations économiques dignes du Medef ou de Karl Marx.

Il est vrai que l'identité d'un peuple est sans valeur marchande.


Chacun aura bien compris, que ce qui était en jeu, en creux, portait sur les questions de souveraineté politique et nationale, d'intégrité des frontières, et de tradition culturelle.

À ce dernier sujet, me revient à l'esprit cet article que j'avais consacré en avril 2012 dans d'autres colonnes à M. Christoph Blocher, figure de l'UDC, brocardé par un journal français.

Il est vrai que ce quotidien vespéral voyait dans le goût nostalgique de ce «populiste» helvète pour les coucous et les naïves miniatures alpestres enneigées du peintre Anker la marque d'un «nationalisme fascinant et dérangeant»…


Il serait bon qu'en France, une consultation au suffrage direct pose un jour la même question, qui fâche de moins en moins de Français. De souche ou non.

À défaut, il pourrait arriver qu'ils défilent un beau jour, pourquoi pas du mois de mai, au cri joyeux de « nous sommes tous des suisses allemands ! ».

 

 

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 18:08

 

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17 février 2014 

 

Le gouvernement de tous les excès Par Gilles-William Goldnadel

L'oeil de Goldnadel. Chaque semaine, Gilles-William Goldnadel propose aux lecteurs de Valeurs actuelles son Regard sur l'actualité. Aujourd'hui, il s'indigne devant les nombreux excès du gouvernement.

Aurélie Filippetti avec son sens de la mesure bien connu, confiait récemment dans le journal Le Parisien, « le Medef veut tuer la culture ». En réclamant l'abrogation du régime des intermittents du spectacle. Rien que cela. On comprend que la ministre de la Culture n'ait guère envie d'être copieusement sifflée à la cérémonie des César par les grandes consciences du monde artistique, mais faire du président du Medef Pierre Gattaz, un nouveau taliban est peut-être excessif. C’est même excessivement excessif.

La Cour des Comptes a dit également tout le mal qu'elle pensait d'un ruineux système d'assistanat spécifiquement français appliqué à une catégorie qui devrait, par essence et tradition, accepter plus qu'une autre, le risque et l’incertitude. Et Migaud Didier n'est pas Khan Gengis.


A croire que l'excès dans l’invective n'épargne plus aucune personnalité socialiste. La semaine dernière, c'était la douce ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem qui, avec son gentil sourire, accusait le président de l’UMP, Jean-François Copé de vouloir pratiquer des autodafés de livres pro-théorie du genre pour enfants dans la cour des écoles.

Je n'ose dire ce que je pense du privilège des agents SNCF, également et enfin dénoncé, de pouvoir faire voyager gratis leur belle-mère et la cousine de leur arrière-grand-père. Le ministre des transports serait capable de m'accuser de vouloir faire passer les responsables de la CGT et de Sud rail sous une locomotive.

Peut-être faudrait-il créer un commissariat à l'appellation politique contrôlée ou un Haut Conseil de la nomenclature officiellement répertoriée. On connaissait les antiracistes autoproclamés. M. Dieudonné M’Bala M’Bala en faisait partie, sans que nul n'ose contester ce titre auréolé, lorsqu'il ferraillait à Dreux contre Jean-Marie Le Pen. On s'aperçoit aujourd'hui que l'appellation était peut-être incontrôlée.

La mode est aujourd'hui à l'étiquette « antifasciste » ou au trisyllabique plus branché « an-ti-fa ».


C'est ainsi que les nervis d'extrême gauche qui ont fait le coup de poing, fatal à Clément Méric, contre les nervis d'extrême droite, ont été médiatiquement baptisés ainsi sans contrôle canon tatillon. La suite a prouvé que les choses étaient plus complexes.

Ces derniers jours et à nouveau, à Rennes, les militants armés de manches de pioche ou à Paris, les démocrates épris de liberté qui s'en sont pris à des réunions légales du Front National, ont été, sans barguigner, qualifiés « d'antifascistes ». Et je n'ai pas lu une seule ligne dans la presse qui érige en doute une appellation qui risque d'être dévaluée par un mésusage assez nauséabond.


À ce degré de bassesse, je me dispenserai moi-même d'un couplet supplémentaire pour rappeler que je suis un adversaire politique résolu d'un mouvement dont j'entends protéger résolument la liberté de réunion.


 

Si je ne le dis pas, alors qui va le dire ?

Pas une ligne non plus (hormis sous la plume de votre serviteur dans Actualité Juive de cette semaine) sur le sort des opposants iraniens. En 2013, l'Iran a exécuté 625 personnes dont 29 femmes et des prisonniers politiques. Plus de 250 de ces pendaisons ont été commises sous la présidence du « modéré » Hassan Rohani. Le dernier de ces assassinats concerne le poète Hachem Shabaani, commis le 25 janvier. L'un des chefs d'accusation du tribunal révolutionnaire relevait de: « la propagation de la guerre contre D.ieu ».

Quitte à morigéner M. Gattaz, notre ministre de la culture, en hommage à ce poète assassiné, aurait pu peut-être réserver ses flèches les plus acérées au voyage indécent de l’organisation patronale à Téhéran il y a 15 jours. Le régime des mollahs exécute sans intermittence ni spectacle.

 

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 08:17

NOUVEAU !
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Taubira-Faletti, intégration, Finkielkraut accusé: la gauche la plus gauche du monde ! Par Gilles William Goldnadel


Publié le 11/02/2014


CHRONIQUE -Après l'affaire Taubira-Faletti, la controverse sur l'intégration et la polémique visant Alain Finkielkraut, Gilles-William Goldnadel dénonce cette semaine l'écart vertigineux entre les paroles et les actes.

Depuis des années, je soutiens que ce qu'on appelle, par commodité, la droite française, doit mener avant tout un combat culturel permanent contre l'emprise de la gauche sur des esprits longtemps captifs.

Au stade déclinant de cette emprise, il ne suffit plus de décomplexer la droite, il convient de complexer une gauche autrefois impériale qui devrait commencer-à présent- à douter.

Et si cette gauche française, qui se plaisait à qualifier sa droite de «plus bête du monde», n'était pas devenue «la gauche la plus gauche» du monde, dans toutes les acceptions de l'expression ?

Démonstrations de la semaine : d'abord-l'affaire Taubira-Faletti. Bien sûr que la droite est mal placée pour donner, en la matière, des leçons de morale au pouvoir en place. Mais c'est précisément en matière de leçons de morale que la gauche est imbattable, et c'est cet écart vertigineux entre ce qu'elle prône hautement et ce qu'elle commet bassement qui provoque le dégoût.

La campagne présidentielle, les discours de la garde des Sceaux ont répété ad nauseam, le mantra «indépendance de la justice, et notamment celle du parquet!» et voilà que cette ministre de la justice qui a fait de la morale son fonds de commerce exclusif, voulait donner en douce ses huit jours au premier responsable du parquet parisien.

Je ne veux pas dans cette chronique évoquer dans le détail des affaires que je connais personnellement. Mais je me dois d'affirmer ici que Mme Taubira, qui récite chaque jour à voix haute le mantra magique, aura à répondre, dans une affaire Anticor, d'un des plus grands manquements par un ministre de la justice à l'indépendance de celle-ci. Il n'est d'ailleurs pas exclu que la soudaine disgrâce de l'irréprochable et incommode François Faletti soit en lien avec ceci.

Lors d'un précédent et retentissant scandale, j'avais écrit dans d'autres colonnes que ce qui choquait le plus n'était pas que M.Cahuzac ait été détenteur d'un compte occulte en Suisse.

Ce qui donnait plutôt le haut-le-coeur, c'était que dans le même temps, le même, ministre du budget, poursuivait avec une rare sévérité les fraudeurs du fisc.

C'est dans le même mauvais esprit, que l'on a appris récemment qu'un psychanalyste cathodique, un cinéaste progressiste, un président d'honneur du MRAP, tous membres de la gauche morale et impériale, tous sans doute favorables pour taxer à 75 % les hauts revenus, tous généreux et sévères dans le discours… étaient détenteurs d'un compte dans un établissement helvétique de grande réputation.

C'est cette distance abyssale entre le dit somptueux et le méfait piteux qui fait la spécificité de la gauche la plus gauche. C'est ce grand écart qui devrait la rapetisser.

Deuxième exemple : la décision du premier ministre de remettre le couvert en matière «d'intégration» des immigrés après avoir en décembre nié toute responsabilité dans un rapport verbeux et démentiel se proposant d'affirmer la dimension «arabe orientale» de la France.

À tenter de comprendre l'esprit de sa version épurée, c'est bien la même idéologie quarantenaire et délétère dont il s'agit de poursuivre l'instillation dans les esprits.

La responsabilité de l'échec de l'intégration serait à débiter sur le compte des Français et d'une France égoïstes et discriminants. Pour y remédier enfin, il conviendrait d'instaurer une discrimination positive à l'égard de ses victimes. Ce qui revient, en bonne logique, à discriminer négativement la population d'accueil.

Pas question donc de changer une conception dévoyée qui a échoué lamentablement dans les faits.

Et si le combat culturel à mener sans complexe n'était pas de moquer cette politique paternaliste, déresponsabilisante et insultante envers ceux que l'on prétend vouloir protéger tels des mineurs incapables ? Aux États-Unis, les plus chauds partisans de «l'affirmative action» et de la discrimination soi-disant positive en sont revenus, notamment au sein de la communauté noire.

J'affirme que la bonne politique d'intégration à mener et qui aurait dû l'être devrait tourner le dos à cette idéologie xénophile. D'abord et avant tout, contrôler les flux migratoires pour permettre posément une intégration culturelle, économique, sociale convenable. Ensuite, mettre fin à cette détestation ironique de l'indigène franchouillard. Enfin, cesser de promouvoir un antiracisme obsessionnel et sélectif dont les deux principaux succès auront été de mettre en place une police de la pensée tout en faisant progresser les actes et les propos racistes et antisémites.

Là encore, l'écart entre le discours théorique et la réussite pratique de l'idéologie de la gauche la plus gauche devrait contribuer à la rendre plus humble.

Et c'est bien pourquoi, s'agissant de ce flicage idéologique permanent, je divergerai cette fois avec Alain Finkielkraut en ce qu'il donne trop d'importance aux divagations délatrices de ces petits marquis qui l'insultent en permanence.

C'est ainsi, que deux membres du Conseil National du Parti Socialiste, M. Mehdi Ouraoui, ancien directeur de cabinet d'Harlem Désir et Mme Naima Charai, présidente de l'Agence Nationale pour la Cohésion Sociale et l'Egalité des Chances (sic) ont eu la fantasque idée de saisir le CSA au motif impayable que le philosophe aurait osé utiliser l'expression «Français de souche»…

Qui veut effacer la chose commence par en gommer le mot. Ce que dissimule l'indigente saisine des édiles socialistes, c'est la négation de l'indigène. C'est le mépris pour le natif. C'est la discrimination à rebours. C'est l'illustration vétilleuse du préjugé anti blanc, par le vocabulaire. Finkielkraut s'en est déclaré «abasourdi».

Moi, c'est ton étonnement, cher Alain, qui m'étonne. Aucune honte, désormais, à être insulté par les banqueroutiers de la pensée bancale de la gauche la plus gauche.

Ils n'incarnent plus depuis longtemps ni l'intelligence, ni la générosité, ni la modernité. Le seul parti à prendre, c'est le parti d'en rire.

 

 



 

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 23:46

 

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10 février 2014

Les médias : deux poids, deux mesures par Gilles-William Goldnadel


L'oeil de Goldnadel. Chaque semaine, Gilles-William Goldnadel propose aux lecteurs de Valeurs actuelles son Regard sur l'actualité. Aujourd'hui, il dénonce le "deux poids, deux mesures" des médias dans le traitement de La Manif Pour Tous.


Et si les scandales les plus intolérables étaient ceux dont précisément on ne parle pas ? Et si celui de la mainmise de l'idéologie sur l'information était le premier ? Démonstration.

Plusieurs syndicats de journalistes ont protesté contre la publication dans Ouest-France d'une publicité en faveur de la Manif pour Tous.  «Au fil des ans, ce qui était inconcevable à Ouest-France, comme accepter des publicités émanant de partis politiques ou susceptibles de heurter la conscience de nos lecteurs, est donc devenu possible !», écrivent la CGT, la CFDT et le SNJ.


Dans le même temps, voici la présentation de la Manif Pour Tous faite sur Arte le 2 février par Leïla Kaddour-Boudadi: « En France, une semaine après la manifestation « jour de colère », qui avait regroupé, au risque de les amalgamer, des citoyens de tous bords exigeant le départ de François Hollande [...]. Cette fois des dizaines de milliers de  partisans de « la manif pour tous », vous savez ces militants, qui descendent dans la rue, non pas pour défendre leurs droits mais pour en enlever aux autres, je parle bien entendu du mariage homosexuel. […] voici le reportage sur une France qui se radicalise ».


Pendant que des syndicats de gauche s'indignent sans complexe qu'un journal privé ne devrait pas accepter, au nom d'un principe inconnu, des publicités payantes partisanes, une télévision de service public, astreinte à une stricte obligation de neutralité, s'affranchit de toute réserve. La droite pourra se prétendre enfin décomplexée lorsqu'elle n'acceptera plus docilement cette fatalité dans l'asservissement permanent.

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 13:57

Nouveau : PARU DANS FIGAROVOX

Paru dans lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

La Vox est libre ! Par Alexis Brézet

Publié le 03/02/2014

Le Figaro depuis toujours se fait l'écho des débats qui traversent la société, des opinions qui s'affrontent dans l'arène publique, des controverses qui rythment la vie intellectuelle.

Ce mouvement des idées que vous retrouvez chaque jour dans les pages Champs Libres a désormais son prolongement sur internet: Figarovox. Cette nouvelle verticale du figaro.fr, orchestrée par Paul- Henri du Limbert et Vincent Trémolet de Villers a pour ambition de donner aux lecteurs tout ce qui nourrit la vie de l'esprit. De l'expertise pour aller au fait, de la hauteur de vue pour comprendre avant de juger, de l'indépendance pour sortir du prêt-à-penser, des convictions pour affirmer ce que nous sommes, de l'humeur pour répondre aux ridicules de notre temps, de l'ouverture et de la liberté parce qu'elles sont les deux respirations de l'intelligence.

Les grandes plumes du Figaro - Eric Zemmour, Guillaume Tabard, Renaud Girard, Natacha Polony, Ivan Rioufol, Luc Ferry, Nicolas Baverez…- y côtoieront des invités de prestige: Franck Ferrand, Philippe Bilger, Gilles William Goldnadel,, Gaspard Koenig, Maxime Tandonnet, Chantal Delsol, Irina de Chikoff… Spécialistes, professeurs, économistes, historiens, écrivains, polémistes, politiques donneront leur éclairage sur les grands sujets d'actualité.

Les internautes ont, bien entendu, toute leur place sur Figarovox parce que la France fourmille de talents et d'expérience qui ne demandent qu'à se faire connaître. Faire vivre sur internet un débat riche, audacieux et constructif, c'est le pari de Figarovox !

 

Paru dans lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/02/03/31003-20140203ARTFIG00333-theorie-du-genre-les-socialistes-entre-deni-et-mepris.php

Théorie du genre: les socialistes entre déni et mépris par Gilles William Goldnadel

Publié le 03/02/2014

CHRONIQUE- Chaque semaine, Gilles William Goldnadel plaide dans FigaroVox. Ce Mardi, l'avocat dénonce la vision idéologique du gouvernement qui l'entraîne dans des domaines variés à nier la réalité.


Mais pourquoi faut-il que les socialistes français soient toujours entre déni et mépris?

Ils devraient prendre exemple sur le premier d'entre eux: «le déni ça ne marche pas» a lancé François Hollande, dans une crise de sincérité subite, avant d'avouer son échec historique sur le chômage. Cette tardive confession succédant aux concerts de dénégations, ratiocinations, circonlocutions et admonestations de sa porte-parole la plus inspirée. Le déni, puis le mépris. C'est ainsi. Jadis, la gauche morale niait la réalité de l'insécurité. Il ne s'agissait que d'un fantasme de beaufs, instrumentalisé par l'extrême droite. Idem pour l'immigration qui ne progressait absolument pas, sinon dans l'esprit malfaisant de racistes bas d'un front, forcément national. Défense donc d'en parler. Puis, à l'instant précis où le déni est devenu impossible: trop tard pour en débattre, la France est devenue multiculturelle...


La dernière manifestation du déni de la réalité dérangeante par la gauche et ses relais médiatiques concerne la fameuse théorie du genre.


En décembre dernier, c'était notre premier ministre qui niait niaisement tout lien entre lui-même et cet ineffable rapport sur l'intégration qui proposait «d'assumer la dimension arabe orientale» de la France. Ce discours inoubliable, à utiliser en gargarisme, et dont les auteurs nous suggéraient de faire davantage dans «l'en commun», dans le cadre d'une «identification à un nous inclusif et solidaire». M Ayrault n'était absolument pour rien dans ce document halluciné, sauf qu'il en avait désigné «les personnalités qualifiées» pour le rendre, qu'il n'avait pas manqué de complimenter à l'aune de leur talent, après publication officielle sur le site de Matignon.


La dernière manifestation du déni de la réalité dérangeante par la gauche et ses relais médiatiques concerne la fameuse théorie du genre. Il s'agit en réalité d'un double déni: la théorie du genre n'existerait que dans l'imagination débridée de la droite et de l'extrême droite. En tout état de cause, et contrairement à ce que suggérerait notamment le Figaro, le ministère de l'éducation nationale ne l'aurait en aucun cas instrumentalisée.


Double effronterie. Il suffit de consulter le dictionnaire Larousse de la psychanalyse pour se convaincre qu'il existe tout un corpus théorique développé à partir notamment d'un concept «introduit par Stoller en 1968 qui vise à établir une distinction entre les données biologiques, qui font objectivement d'un individu un mâle ou une femelle, et celles, psychologiques et sociales, qui l'installent dans la conviction d'être un homme ou une femme». À partir de ces analyses au demeurant respectables s'est agrégée outre-Atlantique une idéologie hétéroclite, anti freudienne, de plus en plus féministe et radicale, dont l'égérie la plus fantasque est sans doute Mme Butler. L'effronterie tourne au loufoque lorsque l'on relit l'excellente définition donnée par Mme Vallaud-Belkacem le 31 août 2011 au journal «20 minutes» d'une théorie dont elle conteste aujourd'hui jusqu'à l'existence: «la théorie du genre, (qui) explique «l'identité sexuelle» des individus autant par le contexte socioculturel que par la biologie…» Idem pour Le Monde dont les journalistes se cantonnent dans une molle et complexe dénégation tandis qu'est publiée le 31 janvier sous la plume d'un professeur, M. Jean-Yves Mas, une opinion «les sciences économiques et sociales, pionnière de la théorie du genre» qui la reconnaît expressément: «pour notre part nous considérons que la théorie du genre est bien l'exemple emblématique d'une théorie émancipatrice» que l'auteur reconnaît expressément appliquer à l'école….


Car le déni dans le déni est tout aussi cocasse. Ainsi le ministre de l'éducation nationale, la main sur le cœur et le verbe haut conteste-t-il fermement toute instrumentalisation de cette théorie qui n'existe pas sur les fameux sites de l'ABCD de l'égalité. Et vendredi matin, dans une émission de France Inter dénuée de toute aménité particulière envers le Figaro, on affirmait péremptoirement l'avoir effectivement vérifié. Sans doute. Mais assez mal. Il suffit en effet au lecteur thomiste de bien vouloir se rendre sur le site des ABCD de l'égalité portant le logo du ministère de l'éducation nationale, pour se convaincre de ce qu'une fois encore les dénégations sont mensongères, et le mépris récurrent pour ceux qui les dénoncent assez malvenu.

Au-delà en effet des multiples références implicites à la théorie qui n'existe pas, est publiée la conférence donnée par Mme Véronique Rouyer, de l'université de Toulouse 2, pour la journée ABCD de l'égalité à l'école primaire le 4 juillet 2013.


Son thème: «Socialisation du genre et construction de l'identité sexuée de l'enfant». Il est clairement indiqué que «cette conférence s'intéresse aux processus par lesquels tout individu, au cours de sa vie, est amené à assimiler des normes et des codes sociaux relatifs au masculin et au féminin. C'est par ces processus que vont se créer et évoluer tout au long de la vie les identités sexuées des personnes des deux sexes. Cette socialisation s'effectuera au travers d'une pluralité d'instance de socialisation: la famille, les lieux d'accueil de la petite enfance, les écoles, les médias…» Mme Vallaud-Belkacem n'aurait pas mieux résumé cette théorie qui n'existe pas d'un genre qui n'existerait pas non plus tout à fait.


Une fois les vilaines cachotteries éventées, reste à constater, qu'à nouveau, les socialistes français -dont le chef placide est paraît-il social-démocrate- demeurent sous l'irrigation idéologique de ses courants les plus radicaux. Beaucoup de choses ont été écrites sur la question. Certains à droite, l'expliquent par un cynisme qui voudrait que la gauche française, désormais convertie au réalisme économique, n'aurait plus que la terra nova sociétale pour marquer sa différence et subjuguer l'ensemble des minorités ethniques et sexuelles.


Cette explication florentine, sans être fausse, est superfétatoire. La réalité est sans doute plus mécanique et inquiétante. Son examen montre que la gauche française, depuis 1968, est sourdement menée par la dilection de l'altérité. Avec son pendant autrement plus détestable: la détestation pathologique de la norme majoritaire.

Pour illustrer mon propos dans le domaine du genre, difficile de trouver mieux que cet article du Monde daté du 13 avril dernier, signé par Mme Florence Dupont, professeur de latin à Paris Diderot et intitulé «papa bleu, maman rose».

Soyons reconnaissants à Mme Dupont, qui a entendu décrypter par son logo l'aspect réactionnaire de la Manif pour tous, car son propre décryptage est l'illustration caricaturale du caractère anti hétéro et anti blanc d'une partie de la gauche intellectuelle française: «le drapeau français brandi dans la manif n'est plus bleu, blanc, rouge mais bleu ciel, blanc et rose» (…) Bleu, blanc, rose, le drapeau national infantilisé est l'emblème d'un peuple de «Blancs» que ne distingue entre eux que le genre attribué à la naissance. (…) Homme, femme: le principe d'identification du genre est emprunté au programme des toilettes publiques. Chacun sa façon de faire pipi, debout ou assis. La famille nucléaire dessinée sur le logo et présentée comme naturelle n'est que le mariage catholique bourgeois du XIXe siècle, adopté au XXe siècle par la classe moyenne et désormais obsolète. C'est une famille étouffante et répressive, la famille haïssable de Gide, de Brasse Bouillon et de poil de carotte, nœud de vipères de Mauriac. (…) Papa bleu et maman rose ne sont pas un couple d'hétérosexuels, mais une paire de reproducteurs blancs.».


«Papa bleu et maman rose ne sont pas un couple d'hétérosexuels, mais une paire de reproducteurs blancs. ».


Florence Dupont, professeur à Paris Diderot

Une paire de reproducteurs blancs… Il ne s'est évidemment pas trouvé un seul intellectuel de gauche pour dire un seul mot sur cette animalisation qui, si elle avait été coloriée en noir ou brun aurait inspiré une pétition indignée ou le procès d'une association «antiraciste». À ce stade de dégénérescence intellectuelle, il est à peine nécessaire de questionner le propre langage inconscient de nos Trissotin des sciences humaines qui entendent effectivement «déconstruire» le genre humain après avoir successivement déstructuré l'État, la nation et son peuple.

Pas davantage est-il utile d'interroger le sens profond du projet socialiste qui veut effacer du livre de la loi «le bon père de famille».


Enfin, je dirais bien à Mme Vallaud-Belkacem, qui prétend vouloir éradiquer tous les stéréotypes attentatoires à la dignité de la femme, que son silence à l'égard des clips des rappeurs est tristement éloquent.


Mais elle serait capable de le nier et de m'en vouloir.

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 21:31

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Quand la droite est dans la rue, la gauche est à la rue ! Par Gilles-William Goldnadel

 

L'oeil de Goldnadel. Chaque semaine, Gilles-William Goldnadel propose aux lecteurs de Valeurs actuelles son Regard sur l'actualité. Aujourd'hui, il revient sur le succès de La Manif Pour Tous et décrypte les échecs du gouvernement.


Voilà que ça la reprend ! À chaque fois que la droite est dans la rue, la gauche est à la rue. Une sorte de jalousie névrotique de péripatéticienne encolérée. Quoi ? Le peuple, ce micheton ingrat, me préférerait ma rivale illégitime et détestée, cette pimbêche de salon, qui n'a rien à faire sur mon pavé... Immédiatement, ses protecteurs ont demandé l'organisation d'une marche de la fraternité, seule capable de lui faire oublier l'avanie dominicale. Mais le micheton ne perd rien pour attendre. On va lui en balancer du boniment. On va lui en fourguer de la théorie du genre qui n'existe pas à ce bon père de famille. Il va en avoir pour ses impôts, le cave.


Malheureusement, pas de débordements à se mettre sous la dent creuse de l'amalgame antiraciste. Pas de slogans antijuifs à triturer pour plomber l'ambiance. C'est à désespérer de la droite catholique qui n'est plus ce qu'elle était. À présent, c'est de la gauche antiraciste, c’est des potes de SOS-Racisme à la petite main jaune que viennent les Dieudo et les Farida Belghoul… On a beau appeler ça l'extrême droite pour se rassurer… Le cœur n'est plus à gauche.


Celui qui ne change pas, c'est le Monde. Cette semaine deux articles consacrés à l'importantissime entreprise israélienne Soda Stream. Le premier pour se moquer de l'actrice Scarlett Johanson coupable d'avoir prêté son image à la promotion d'une entreprise située dans les territoires disputés. Le second pour se faire l'écho d'une polémique menée par le dessinateur Siné lors du festival de la B.D. d'Angoulême et qui conteste le fait que l'entreprise israélienne puisse en être l'un des sponsors.


Le Monde ne change pas dans sa discrète promotion du boycott de l'État juif. Cela a commencé par Mouna Naim - qui a quitté le journal - et qui vantait alors les charmes d'Olivia Zémor, pionnière en la matière, et qui a créé Euro Palestine avec Dieudonné. Il y eut ensuite Benjamin Barthe, transfuge de l'Humanité, qui le premier a révélé les tentatives d'empêcher les entreprises françaises d'aider à construire un tramway à Jérusalem. Malheureusement, il n'a pas été indiqué que les associations ont été déboutées par la juridiction française. À présent, l'on doit à Mme Hélène Salon de reprendre le flambeau. Soit. Il n’aurait pas été inutile de préciser que l’entreprise minuscule éreintée est située à Maale Adoumim dans la banlieue de Jérusalem, dans une zone qui –selon l’ensemble des connaisseurs de la question- sera à jamais conservée par Israël après accord. Il n'aurait peut-être pas été inutile non plus d’ajouter que cette entreprise israélienne vient de gagner son procès en France contre les boycotteurs. Surtout, il aurait été utile de s'interroger, en ces heures difficiles, pour savoir pour quelles raisons Siné, ce grand philosémite de gauche que je connais bien -pour l'avoir fait condamner- ne proteste pas contre le fait que les patrons français se rendent cette semaine à Téhéran sous sanctions internationales, ou encore lorsqu'un émirat esclavagiste qui tue chaque jour à petit feu ses ouvriers sur les chantiers sponsorise ou achète la moitié du pays. Une toute petite réflexion, en ce moment, sur l’israélo-centrisme obsessionnel et disproportionné et ses dangers est-elle vraiment impossible ou est-ce trop demander ?


Le Monde ne change pas. D'un certain côté, c'est rassurant.

 

 

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 22:30

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27 janvier 2014

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Nous sommes tous des catholiques français ! Par Gilles-William Goldnadel

 

L'oeil de Goldnadel. Chaque semaine, Gilles-William Goldnadel propose aux lecteurs de Valeurs actuelles son Regard sur l'actualité. Aujourd'hui, il milite : Nous sommes tous des catholiques français !

Les commentateurs de la semaine écoulée auront beaucoup glosé sur le grand malaise des catholiques de France qu’un voyage à Rome n'aura pas apaisé. Les soutiens de François Hollande n'ont pas manqué de faire remarquer que celui-ci n'était pas responsable des initiatives sociétales prises par une partie de ses amis agitant un chiffon rouge. Qu'ainsi, celui-ci n'aurait pas été un chaud partisan du mariage homosexuel. Autrement dit : c’est pas moi, c’est les autres… Ainsi va François Hollande, en ondulant : Zig Valls Zag Taubira. Zig social-démocrate Zag allié au PCF. Zig famille traditionnelle Zag banalisation de l'avortement et théorie du genre.

Pour relativiser l'ampleur des dégâts, la gauche médiatique déclinante qui a troqué pour la circonstance l’antique diabolisation pour la condescendance apitoyée, décrit les catholiques malfaisants comme une infime minorité de conservateurs nostalgiques, apeurés par l’inexorable modernité.

Une fois encore, elle se trompe. Ainsi, l'auteur de ces lignes ne se considère pas comme le porte-parole le plus indiscutable du catholicisme français. Il n'en est pas moins révolté par l'indifférence avec laquelle les chrétiens de France sont moqués impunément. Quand ils ne sont pas agressés dans leurs églises. La modernité à venir, et qui vient, sera celle d’une French Pride qui verra des citoyens de toute origine -et même des hétérosexuels blancs- crier joyeusement : « Nous sommes tous des catholiques français ! »

 

La même semaine, Libération et Le Monde publient des opinions convergentes sur Dieudonné. Le premier, sous la plume de Marcella Iakub, le second sous celle de Thierry Lévy. Les deux auteurs considèrent que ce fut une faute d'interdire le spectacle antisémite. Sur ce point là, je ne leur chercherai pas mauvaise querelle, balançant que je suis, entre la nécessité de faire respecter la loi existante et la certitude, qu'aujourd'hui, la loi est contre-productive. A fortiori, s'agissant des tribunaux français qui, en parfaite harmonie avec la justice médiatique, dispensent depuis des lustres une jurisprudence sélective dans laquelle la liberté d'expression profite davantage à l’extrême gauche qu'à la droite extrême. De guerre lasse, je suis personnellement arrivé à la conclusion que mieux vaudrait un premier amendement à l'américaine ou l'excès serait autorisé dès lors qu'aucun particulier n'en serait affecté.

C'est en revanche le second point commun aux deux articles qui m'a fait tordre un peu le nez. Selon en effet Iakub et Lévy, il ne serait pas nécessaire d'embêter Dieudonné l'antisémite, au motif que l'antisémitisme serait désormais passé de mode en France et serait en tout état de cause inoffensif, contrairement à d'autres racismes…

Ainsi, quelques mois après qu'un individu, pensant comme Dieudonné exactement la même chose sur les juifs et Israël, se soit introduit dans une école de France pour attraper une petite fille par les cheveux et lui tirer une balle dans la tête. Ainsi, dans un pays, dont les banlieues abritent une minorité non négligeable de jeunes à qui l'on a inculqué le venin de la judéophobie. Ainsi, dans un pays où des djihadistes en herbe, fanatisés par des télévisions qataries assez peu philosémites mais très respectées, sont en train de se faire la main en Syrie avant de rentrer s'occuper autrement.

Ainsi, dans un pays où ce dimanche encore, ultra droite et rouges bruns ont crié « A bas les juifs » dans les rues de Paris, il se sera trouvé deux intellectuels de gauche -dont un avocat estimable- pour proférer une ineptie idéologique en infraction totale avec la réalité aujourd'hui constatée par tous. Que ce soient Libération et Le Monde, chantres trentenaires de l'antiracisme sélectif en faillite, qui en soient les vecteurs, m'étonne évidemment moins.

Bien entendu, il y a peu de risque qu'un point de vue déplorant toute condamnation contre la sortie inopinée du maire de Cholet contre les Roms ait été toléré dans les mêmes colonnes, au nom de la sainte et sacrée liberté d'expression. Vous avez dit sélectif ?

 

Si je ne le dis pas, alors qui va le dire ?

Les responsables de France 2, sans rire, contestent le fait qu'il y aurait un rapport entre l'invitation récente faite à Marc Édouard Nabe de se trouver sur le plateau de M. Taddeï et le projet de reléguer son émission au fin fond de la soirée. On se souvient que M. Patrick Cohen de France Inter avait déjà lourdement mis en cause le sens de l'hospitalité de son collègue du service public.

Mon lecteur averti -pardon pour le pléonasme- se doute que je nourris pour M. Nabe la même estime limitée que pour M. Mbala Mbala. Il n'en demeure pas moins, que si je dois choisir, au sein du service public de l'audiovisuel dont on connaît le grand esprit d'ouverture, le système le moins attentatoire au pluralisme, je préfère celui de M. Taddeï et ses excès à celui cadenassé de M. Cohen qui, au sein du même mainstream va opposer gauche soft et gauche extrême.

À tout prendre, je préfère, comme cela m'est arrivé à plusieurs reprises, que Frédéric Taddeï nous oppose avec mon cher Guy Millière à quelques affreux vociférant, plutôt que d'être enregistré par France Inter à propos du mur des cons du Syndicat de la Magistrature… pour ne jamais être diffusé.

Gilles William Goldnadel ©

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 18:10

 

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20 janvier 2014


 

Les Français sont redevenus réalistes

L'œil de Goldnadel.Chaque semaine, Gilles-William Goldnadel propose aux lecteurs de Valeurs actuelles son Regard sur l'actualité. Aujourd'hui, il se dit que les Français son redevenus réalistes !

  

Il paraît que la droite devrait être embarrassée par la conversion affichée du premier des français aux réalités de l'économie et de l'entreprise. Que des politiciens prétendument de droite, en manque de conviction ou de positionnement, soient privés, un temps, de discours critique, peut-être. Mais la droite libérale ? En quoi devrait elle bouder son plaisir à voir un président élu sur un programme démagogique basé sur le ressentiment, contraint d'aller à Canossa, lui qui haïssait la finance et ne croyait qu'en la taille pour tenter de conserver son royaume et son trône ?

On a déjà connu plus embarrassant.


La réalité profonde, masquée par les commentaires médiatiques superficiels, habite dans le constat que l'immense majorité des français, lorsqu'ils ne sont pas travaillés par la haine sociale, sont convaincus de la vanité des recettes post-marxisantes. La réalité, c'est que les français sont redevenus réalistes.

Ceci posé, et la victoire intellectuelle prestement savourée, il est à présent recommandé à la droite libérale -et fière de l'être- de mettre publiquement en doute la parole d'un souverain dont le principe cardinal de gouvernement est, précisément, de ne pas en avoir. Il faut une belle audace pour vouloir encore être cru, et une belle naïveté ou un aveuglement déshonnête pour le croire.

 

Et quand bien même, par hypothèse extraordinaire, notre monarque républicain se serait, pour le même prix, converti à la sincérité, qu'il devrait pour appliquer sa nouvelle politique, en convaincre les idéologues bien en Cour et les aristocrates de la gauche extrême qui lui ont permis de s'asseoir sur ce trône qui aujourd'hui vacille.

 

Dans quelle autre contrée civilisée a-t-on vu un social-démocrate, allié aux communistes et aux écolos-rouges ? La sociale-démocratie consistant, par essence, à tourner le dos à l'idéologie bêtifiante du XIXe siècle. S'il voulait sincèrement appliquer ce que commande son aggiornamento de l’an neuf, M. Hollande devrait dénoncer les menées du dernier syndicat européen communisant qui séquestre les cadres et s'oppose à tout dialogue constructif. S'il voulait vraiment prendre à bras-le-corps le réel économique, plutôt que d'écouter les discours moyenâgeux sur le nucléaire et le gaz de schiste de sa dame Duflot, le nouveau converti serait bien inspiré de regarder vers l'Ouest, ce que font les Anglais et les Américains.

Mais M. Hollande et son parti sont toujours prisonniers de leurs alliances obscènes et saugrenues et de leur tropisme idéologique envers la gauche extrême. Que la droite politique ne le voit pas encore en dit long sur sa trop courte vue.

 

L'une des conséquences de la capitulation théorique et sans combat du magistrat suprême aux positions économiques pragmatiques de ses adversaires va être de ramener au centre médiatique du débat les questions sociétales, à commencer par celles de l'immigration et de l'identité.

L'idéologie xénophile aurait bien voulu les dissimuler sous le tapis, depuis qu'elle décline et que ses postures extravagantes sont désormais régulièrement ridiculisées comme l'ont montré les épisodes « Léonarda » et « Rapport sur l'intégration ».

Les subtils stratèges qui, prétendument à droite, imaginent ou espèrent que la bataille de France se situera au centre, devraient méditer cette nouvelle situation politique.

 

Au-delà du débat sur la frontière à tracer entre les domaines privés et publics, il serait intéressant de prévoir les conséquences à terme de la petite affaire de la rue du Cirque sur ce qui reste de popularité au souverain primesautier et infidèle.

Débat dans lequel, on remarquera, sans grand étonnement, que la presse hexagonale a eu moins de coquetterie pour relater et commenter l'escapade marine de M. Sarkozy sur la nef d'un riche capitaine d'industrie que l'embarquement pour Cythère de son successeur.

Ceci posé, on me pardonnera de préférer vivre sur cette terre des Gaules plutôt que chez les Angles obtus ou les prudes Saxons. Et puisse jamais le pantalon de M. Hollande suivre le parcours judiciaire de la robe de Mlle Lewinsky.

Or donc, de quel côté va tomber la pièce de vingt sous de la popularité ?

Pile ? Le peuple va-t-il vouloir sanctionner l'écart, décidément systématique, entre les belles paroles et les actes vulgaires ? Et si, face plus grivoise, celui que tout rapprochait du seizième roi bourbon, dans la gaucherie bonhomme, la ronde mollesse, et jusqu’à la faiblesse envers l’impopulaire et revêche maitresse, était encouragé tout bas par le monde gaulois d’avoir repris le sceptre du vert galant ?

 

Dans la rubrique, si ce n'est pas moi qui le dis, alors qui ?

Vendredi matin : débat sur France Inter entre trois femmes, toutes opposées au projet espagnol de limiter l'avortement. Les auditeurs interviennent. Tous sont également du même avis. L'intégrisme de l'église espagnole et de ses membres est vilipendé.

L'intervention du pape François, ordinairement si populaire dans les milieux laïcs de gauche quand cela leur convient, mais ici frontalement opposé à l'avortement, n'est pas évoquée.

Le même jour, le Figaro publie dans sa page débat deux points de vue opposés sur le même sujet.

Le premier, intitulé « Respect de la vie : Espagne 1-France 0 » de Jean-Marie Le Méné.

Le second, intitulé « Pour un véritable droit à l'IVG » de Barbara Pompili, députée Verte, favorable en outre à une réforme de la loi Veil qui supprimerait la notion de « détresse » jugée « trop culpabilisante ».

Je déduis nécessairement de ce qui précède, que le Figaro, journal de la droite traditionnelle et conservatrice, est plus pluraliste que la radio de service public astreinte à une obligation de neutralité.

Toujours, s'agissant de notre service public national de l'information, j'avoue ne pas encore avoir digéré ces images de France 2, filmant les cadres de Continental, la tête basse et mutiques, séquestrés par la CGT, à la manière d'otages humiliés. Pas davantage que le commentaire de la journaliste excusant d'avance les nervis syndicaux : « Ils savent que ce sont leurs derniers moyens de pression ». La différence entre cet empathique « ils savent » et un plus rigoureux « ils pensent », correspond exactement à la distance qui sépare le militant du journaliste.

L'Unesco, sur proposition du centre Simon Wiesenthal, avait prévu d'organiser une exposition sur le thème du lien tri-millénaire entre le peuple juif et sa terre. Après protestation des 23 pays arabes, la présidente de l'Unesco a décidé courageusement de renvoyer sine die l'événement culturel. Il est vrai que comme il n'y a pas de peuple juif et que la Palestine a toujours été arabe et musulmane, cette exposition relevait de la provocation.

Ceux qui prétendent que les Israéliens sont toujours en manque d'interlocuteurs ouverts ont vraiment l'esprit chagrin. Et les pays européens et leurs médias, épris de paix et de culture, ont bien raison de regarder ailleurs.

 

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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