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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 10:56

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/10/12/31003-20151012ARTFIG00228-violences-a-jerusalem-le-point-de-vue-de-gilles-william-goldnadel.php

Publié le 12/10/2015


Violences à Jérusalem: Le point de vue de Gilles-William Goldnadel

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel revient sur les manifestations à Air France, les attentats en Turquie et les violences à Jérusalem. Pour lui, « la gauche, conserve largement le pouvoir de sidérer la pensée rationnelle. »
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.
 
Une petite ritournelle commence à être chantonnée, sous tous les tons et en canons, dedans les choeurs à gauche. Cette chansonnette raconte que désormais la droite a gagné le combat des idées par la grâce de ces polémistes réacs que l'on verrait et entendrait partout. Ce ne serait plus désormais qu'une question de temps pour que leurs idées s'imposent.
Cette chanson est jolie, et douce à l'oreille droite, mais ce n'est qu'une chanson. Il est vrai que quelques intellectuels libres, ou des pseudos à en croire notre ministre de l'éducation autrefois nationale, ont réussi à ridiculiser l'imposture gauchisante. Il est vrai qu'autrefois ceux-ci risquaient la mort civile, alors qu'aujourd'hui l'ostracisme de gauche ostracise la gauche.
Il est vrai que cette gauche gauchisante a perdu sa superbe ironie, sa faconde mordante, qui lui servait de machine à exclure du débat faussement démocratique.

Mais dans le monde virtuel, ce ne sont pas les faiseurs d'idées qui triomphent, mais les faiseurs d'émotion. Ceux qui, précisément, détiennent la capacité de sidération qui annihile le pouvoir de raisonner.

Et dans ce domaine, la gauche, conserve largement le pouvoir de sidérer la pensée rationnelle.
Elle peut non seulement compter sur ses relais médiatiques habituels, mais encore sur les esprits qu'elle a asservis depuis des lustres, mollement, à leur insu, dans le cadre, sans doute, de la plus grande et insidieuse entreprise de décérébration de tous les temps. Le progrès des idées est en train de modifier progressivement cette donne médiatique, dont les effets ne changent que lentement.

S'il en était autrement, la crise des réfugiés ou les déclarations de Nadine Morano n'auraient pas entraîné les débordements émotionnels observés. Il aura fallu le temps de la pensée pour que celui du pathos inconsidéré veuille bien s'estomper.
La semaine écoulée peut donner d'autres exemples de ce que le pathos de gauche continue largement d'imprégner les esprits labourés depuis un demi-siècle.

- Les nervis de la CGT et d'autres syndicats conservateurs, ont failli lyncher des responsables d'Air France. Les pays étrangers n'en reviennent pas de cette spécificité culturelle française qui autorise les organes fossoyeurs de l'entreprise française et leurs gros bras truands à vouloir imposer, par la force - faute de toute représentativité - leurs désirs de nuisance. Au-delà de l'approbation de Besancenot, sorte de Tintin chez les soviets, et d'un Robespierre d'opérette nommé Mélenchon, une bonne partie d'intervenants sur les médias, principalement publics, opposent à la violence de voyous qu'ils ne dénoncent que pour la symétrie, «la violence sociale». Ils refusent de voir que ce sont les mêmes qui, des deux côtés du même bâton, cognent aujourd'hui les responsables des airs après avoir estourbi hier les industries et les ports français. Déjà, au nom de la fausse paix sociale, on parle moins des sévères sanctions internes dont on menaçait il y a peu les frappes encartées.

Faut-il que l'opinion ait été matraquée par le mythe d'un syndicalisme français progressiste et défenseur des plus modestes pour que soient tolérés les matraqueurs et pour que le gouvernement compte sans rire sur ces étranges «partenaires sociaux», plutôt que sur la loi, pour moderniser une économie dont ils ont contribué à la thrombose ?

- Est déjà passé par pertes et profits, le policier à l'article de la mort pour avoir rencontré sur son chemin ce criminel chevronné en voie de radicalisation islamiste qui a bénéficié d'une permission de sortie qui ne s'imposait nullement juridiquement. Notre inénarrable Garde des Sceaux, s'en est tiré une nouvelle fois à bon compte en promettant sans frais une réflexion sur la politique carcérale. Nulle part sans doute plus qu'au pays du Mur des cons le sort des policiers et les dysfonctionnements de la justice sont considérés comme des sortes de coups du sort. La faute à pas de chance. Les mondes médiatique et juridique sont autrement moins fatalistes en d'autres circonstances. S'agissant des syndicats de magistrats, leur principale antienne est «nous sommes débordés!» Je jure que si pour l'un de mes clients, entrepreneur harassé de fatigue, je venais à plaider devant un tribunal un même argument pour tenter d'excuser le non-respect d'une obscure règle fiscale, son compte serait bon, c'est-à-dire mauvais.

Faut-il que l'opinion ait été matraquée par trois décennies de tolérance dix mille, expliquée là encore par le mythe d'une violence sociale expliquant donc excusant la violence criminelle, pour tolérer l'intolérable et rendre les responsables irresponsables ?

- En politique étrangère, la même décérébration explique le regard oblique d'une opinion endormie par la xénophilie depuis 30 ans.
C'est selon ces règles inconscientes que le casting des bons et des méchants est ordonné depuis longtemps. Méchant Victor Orban, coupable principalement de vouloir faire respecter les règlements européens en matière de frontières. Jusqu'à peu, Recep Tayyip Erdogan était considéré par cette presse gauchisante qui s'est tellement toujours trompée qu'elle persévère dans la certitude de son infaillibilité, comme un gentil «islamo- conservateur» qui avait prouvé que l'islamisme modéré n'est pas un oxymore. Et tant pis si la Turquie détenait le record des journalistes embastillés, ou qu'elle aidait en sous-main les salafistes. Encore aujourd'hui, le sultan ottoman bénéficie d'un traitement de faveur: il peut venir cracher sur l'Occident jusque dans Strasbourg, que les journalistes accrédités dans son dernier meeting acceptent de s'asseoir gentiment sur leur derrière, en fonction de leur sexe.

Si j'osais, je comparerais le même traitement, selon les mêmes règles, s'agissant des responsables israéliens et palestiniens. M. Nétanyahou, le «nationaliste», a bien mauvaise presse. Mahmoud Abbas quant à lui fait figure médiatique de gentil «modéré».
Sans remonter une nouvelle fois aux origines du conflit, chacun s'accorde à reconnaître que dans sa dernière séquence celui-ci a pour cause la querelle à propos de l'esplanade des mosquées-mont du temple.

Il ne se sera pas trouvé un seul journaliste hexagonal pour dire que l'intention prêtée aux responsables israéliens d'empêcher les musulmans d'exercer paisiblement leur culte à l'intérieur de leurs mosquées relevait du fantasme incantatoire islamiste.
Il ne s'en est pas trouvé non plus un seul- au rebours de la presse étrangère-pour révéler la teneur du discours du «modéré» président palestinien à la télévision officielle daté du 16 septembre à propos des émeutes qui commençaient à Jérusalem, organisées par les extrémistes qui agressaient ces juifs venus pour prier pendant leur fêtes religieuses: «Nous bénissons les Mourabitoun, nous saluons chaque goutte de leur sang versé à cause de Jérusalem. Ce sang est pur, ce sang est propre, versé au nom d'Allah, chaque martyr aura sa place au paradis. La mosquée Al Aqsa, l'église du Saint-Sépulcre, tout est à nous, entièrement à nous ; ils n'ont pas le droit (les juifs) de les souiller de leurs pieds sales

Depuis, et compte tenu de l'aggravation de la situation, Mahmoud Abbas a tenté de mettre de l'eau sur le feu. Mais comme le disait déjà le clairvoyant Bourguiba: «Les chefs arabes sont toujours étonnés d'être pris au pied de la lettre et de ne plus savoir éteindre les incendies qu'ils ont allumés.»

Je ne veux pas prétendre ici que la partie israélienne sois exempte de reproches, a fortiori son premier ministre, plus pragmatique qu'on ne le dit, mais affaibli au sein d'une coalition gouvernementale trop à droite, pour cause de système électoral littéralement criminel.

Je persiste néanmoins à penser que dans un cadre intellectuel libéré de tout surmoi xénophile, la première question qui vaudrait d'être posée sans crainte de blasphémer serait de savoir pour quelle miraculeuse raison le monde palestinien échapperait à une radicalité islamiste qui met le feu à toute la région.
La question ne sera pas posée.

Pas de quoi pousser la chansonnette, le progrès des idées n'est que très progressif.



 

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 16:18

Paru dans FIGAROVOX LE 07/10/15

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http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/10/07/31003-20151007ARTFIG00131-goldnadel-reflexions-sereines-sur-l-affaire-morano.php

Goldnadel: Réflexions sereines sur l'affaire Morano

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel revient sur la polémique déclenchée par Nadine Morano après son utilisation du mot «race». Pour lui, ce mot est dévoyé par l'antiracisme.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Il tient une chronique hebdomadaire sur FigaroVox.

Dans mes «Réflexions sur la question blanche», qui datent déjà de 2011, j'essayais précisément de réfléchir à froid sur l'indicible tabou des tabous. Maintenant que le tintamarre médiatique issu de l'affaire Morano est en train, peu à peu, de baisser d'intensité névrotique, je vais m'autoriser, dans une relative sérénité retrouvée, de tenter d'expliquer pour quelles raisons, précisément, le débat relève de la névrose collective.

Observons d'ores et déjà, que le procès en xénophobie raciste intenté à Nadine Morano, quel que soit le regard que l'on porte sur la forme de ses propos, relève plus du domaine de l'inquisition religieuse que du débat politique ou juridique, puisque, à ma connaissance, nul ne lui a clairement, alternativement ou cumulativement, reproché, soit de ressusciter la notion désormais sensible de race, soit d'avoir considéré que les Français devaient être majoritairement blancs et chrétiens, selon la formule attribuée par Alain Peyrefitte au général de Gaulle.

1. En ce qui concerne la notion de race, j'affirme que personne n'est capable de dire si le mot «race» est ou non un gros mot, dans l'esprit universel.

Dans un ouvrage pédagogique, s'il en est, sur le racisme, puisqu'il s'intitule Le racisme expliqué à ma fille, le bienveillant Tahar Ben Jelloun écrit: «Le mot «race» ne doit pas être utilisé pour dire qu'il y a une diversité humaine. Ce mot n'a pas de base scientifique. Il a été utilisé pour exagérer les effets de différences apparentes, c'est-à-dire physiques - la couleur de la peau, la taille, les traits du visage - pour diviser l'humanité de manière hiérarchique, c'est-à-dire en considérant qu'il existe des hommes supérieurs par rapport à d'autres hommes qu'on mettrait dans une classe inférieure. Je te propose de ne plus utiliser le mot «race»

Ainsi, pour certains «antiracistes», le mot «race» serait devenu tabou sous le prétexte qu'il aurait été instrumentalisé par l'une des idéologies les plus criminelles de tous les temps.

Pour se convaincre du bien-fondé de ma thèse habituelle sur la naissance du «politiquement correct» moderne à partir du choc traumatique de la Shoah, on pourra se persuader de la concordance de la proscription verbale du mot contesté avec le génocide nazi en se référant au texte du «Courrier de l'Unesco» rédigé en 1950, qui au lendemain donc de la seconde guerre mondiale, proposait d'abandonner le vocable honni au profit du, paraît-il, plus correct «groupe ethnique», celui-ci prenant en compte l'élément culturel cher à Lévi-Strauss. Le politiquement correct était né. Du traumatisme suprême. Avec de bonnes intentions. Dont l'enfer serait pavé.

D'abord, observons qu'il n'y a pas que le mot «race» qui ait été cruellement dévoyé. Faut-il interdire l'invocation de Dieu sous prétexte que les plus grands crimes sont commis en son nom ? Idem pour «République», utilisé pour massacrer les ci-devant, et pour«socialisme», perverti à la fois par Staline et Hitler ?

En outre, il arrive que le vocable que M. Ben Jelloun déconseille à sa fille soit, précisément, utilisé à des fins antiracistes.

C'est ainsi que la pourtant fort correcte politiquement Organisation des Nations Unies, dans le cadre de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, a entendu «favoriser la bonne entente entre les «races» et édifier une communauté internationale affranchie de toutes les formes de ségrégation et de discrimination raciales».

Il faudra ainsi nous expliquer comment, logiquement, on pourrait à la fois interdire race et dire racisme, réprouver la discrimination raciale, sans éprouver la race discriminée.

C'est pourquoi, aux États-Unis, moins soumis sur ce point aux diktats terminologiques conceptuels, la notion de race conserve sans complexe un usage social, à buts, précisément, antiracistes, dans la meilleure acception du terme.

Contrairement à de nombreux pays européens, dont la France, qui s'y refusent pour des motifs de plus en plus abscons, la race est incluse comme paramètre dans le recensement américain.

Dans un contexte essentiellement protecteur, la Cour suprême des États-Unis a statué à plusieurs reprises en invoquant expressément la race: loi sur la déségrégation sociale, loi sur la discrimination positive…

2. La seconde question de fond que pose la polémique médiatique issue de l'affaire Morano est la suivante: quand donc, la réflexion prêtée au général De Gaulle est-elle devenue scabreuse et scandaleuse, comme le considère aujourd'hui sévèrement un quotidien du soir ? Autrement dit, quand De Gaulle serait-il devenu subitement raciste ?

Le 18 juillet 1953, l'éditorialiste du Monde écrit pourtant: «s'il paraît impossible d'éviter un jour ou l'autre leur massif rapatriement, il est inévitable alors d'envoyer chez eux les Algériens qui ne peuvent vivre chez nous, il s'agit donc d'équiper l'Algérie en conséquence et vite.» Et un commentateur aussi bienveillant de ce journal que Jacques Thibault d'écrire (Le Monde 1944-1996, Plon, 1996): «nous sommes au début des années 1950, une vague d'immigration maghrébine est en cours qui se poursuivra dans les années 1950-1960. Avant même que s'implante une forte population algérienne sur le territoire métropolitain, Le Monde appréhende qu'un trop grand nombre de Maghrébins vivent chez nous.»

C'est donc en 1960 que De Gaulle déclare à Alain Peyrefitte: «Il ne faut pas se payer de mots ! C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Cela montre que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. Sinon la France ne serait plus la France. Nous sommes avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne.»

Le 2 juillet 1998, Le Monde titre sur trois colonnes: «70 % des Français tentés par le racisme».

À l'examen du sondage CSA, on constate pourtant que si une majorité de Français considèrent qu'il y a un problème d'immigration en France, ils répondent très majoritairement qu'ils ne sont pas racistes, qu'ils n'ont pas de sentiments racistes envers telle ou telle communauté, ni même qu'ils n'éprouvent de quelconques préjugés…

Première question: que s'est-il donc passé pour que le journal qui était autrefois censé référencer l'esprit français et l'homme de la France libre et incarnant la résistance aient écrit des phrases qui, aujourd'hui, les voueraient aux gémonies, où enverraient rôtir dans les flammes de la géhenne toute inconscient - ou inconsciente - qui les réitérerait ?

Deuxième question: inversement, que s'est-il passé pour que la simple évocation d'un problème réel, sans jugement dévalorisant discriminant, puisse être considérée 40 ans plus tard par le même organe de référence comme constitutif de racisme ?

La réponse évidente à cette question est unique: l'obsession xénophile issue du choc médiatique de la Shoah est passée au milieu. Dans le mitan des années 1960, vers 1968. C'est elle qui proscrivait toute réflexion identitaire nationale autour de questions religieuses et ethniques. Et même rendait sulfureuse la seule évocation d'une idée de race ou même de racines. Ce qu'énonçait tranquillement l'homme du 18-Juin relevait désormais de l'indicible. C'est elle aussi qui interdit toute demande de retour vers leur pays devenu indépendant de populations exogènes, comme l'écrivait naturellement, en toute bonne conscience, et sans bien entendu soulever la moindre objection intellectuelle ou encore morale, un journaliste progressiste et pro-algérien des années 50 parce qu'une telle problématique relevait alors de l'impensé.

Osons, à présent, une troisième question: l'éditorialiste du Monde, le général, étaient-il racistes ?

Le sont-ils devenus sans le vouloir, sans le savoir, en mourant, par la disgrâce du temps qui passe ?

Et le malheureux sondé qui répond positivement à la question de savoir si, en France, l'immigration étrangère ne serait pas excessive, l'est-il devenu par la grâce d'un progrès moral intervenu depuis et qui lui vaut d'être vertement rappelé à l'ordre moral nouveau ?

Et si, tout simplement, dans un débat contemporain rationnel, libre et éclairé, la seule question politique digne d'être posée, sereinement - et pas le couteau antiraciste sous la gorge - ne devrait pas être celle d'un éventuel anachronisme ?

On peut parfaitement, sans être accusé de haute trahison ou de folie suicidaire, soutenir aujourd'hui, que la conception traditionnelle, étroite à tous égards, d'un État-nation ethnoculturel largement mythique, aux frontières illusoires, est doublement et inexorablement dépassée: en raison du nouvel espace public européen créé au lendemain d'une horrible guerre fratricide, en raison de l'irrésistible mondialisation accélérée des échanges humains et culturels causés par un rétrécissement de la planète, lui-même engendré par la révolution des transports. Cette thèse est défendable.

Mais on peut également plaider, sans être déconsidéré pour cause de racisme ou de xénophobie, que la richesse humaine est faite de la diversité identitaire de ses peuples et de ses cultures. Que ceux-ci sont enracinés par leur histoire commune dans une même géographie, que l'Europe politique demeure une construction artificielle, désincarnée et irresponsable, et qu'enfin la principale leçon du dernier cataclysme historique, sauf à sombrer dans l'utopie mortelle , est qu'un État-nation pacifique mais déterminé à se défendre reste le meilleur rempart démocratique contre la barbarie du fanatisme et de l'expansionnisme renaissants. Cette thèse n'est toujours pas obsolète, elle mérite également le respect. Elle demeure en dépit de toutes les intimidations, celle de la majorité d'un peuple français qui relève la tête tout en gardant les pieds sur sa terre.

Raison pourquoi, quelles que soient les arrière-pensées ou les maladresses de Mme Morano, les tombereaux d'injures qu'elle a dû endurer sont indignes d'un débat démocratique respectable et respectueux.

A fortiori, quand dans le camp - paraît-il du progrès et de la modernité - au même moment, des propos autrement plus scandaleux ont été proférées en toute impunité.

C'est la toute récente responsable de France Télévision, Mme Delphine Ernotte, qui considère qu'il y a trop de blancs visibles sur les écrans et que cela va changer. Visiblement, le blanc existe, quand il s'agit de le faire disparaître.

C'est Guy Bedos, qui regrette sur France 5, le 25 septembre, que «le juif» d'origine algérienne Eric Zemmour «qui se veut plus français que les Français» le soit devenu par la grâce du décret Crémieux.

Tant que dans la France moderne, on pourra impunément injurier les femmes, les juifs et les blancs, qu'on ne compte pas sur moi, pour mettre une femme au ban.

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 10:42

Paru dans FIGAROVOX LE 28/09/15
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Goldnadel: Misère ordinaire de la gauche antiraciste

FIGAROVOX/CHRONIQUE- Peine de mort en Arabie saoudite, Delphine Ernotte et les «hommes blancs de plus de cinquante ans», l'insulte de Bedos à Zemmour, les coups de gueule de Gilles-William Goldnadel.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Il tient une chronique hebdomadaire sur FigaroVox.

Christophe Colomb a découvert l'Amérique en 1492. Il semblerait que la France ait découvert l'Arabie en 2015. La crainte de voir un jeune chiite décapité et crucifié a soulevé, pour la première fois, une tempête d'indignation. Mais ce sont 150 êtres humains qui sont décapités chaque année dans le royaume saoudien. L'explication la plus courante de la passivité de nos gouvernants est politique et financière. Elle est valable, mais trop courte. Elle n'explique pas le silence médiatique et intellectuel, le manque total de sens critique, qui règnent depuis toujours sur le monde arabique. Les exemples pullulent. Rien sur un esclavage des noirs qui continuent d'exister en Mauritanie, moins que rien sur cet opposant à cet esclavage qui vient d'être embastillé pour dix ans à Nouakchott. Pendant deux années, dans le désert, j'ai questionné sur la raison qui pourrait expliquer l'absence d'hospitalité de réfugiés arabes dans les pays arabes du Golfe. Pendant trois décennies, le régime dictatorial syrien et alaouite a bénéficié d'une mansuétude absolue. Il en aurait été autrement, que nous n'en serions certainement pas là.

Une nouvelle fois, l'explication profonde affleure, dans la découverte de l'horreur: l'idéologie médiatique occidentale, inconsciemment xénophile, ne déteste et ne morigène que l'Occident et ne plaint et n'excuse que l'Orient.
Les médias se sont également émus de ce que l'Arabie saoudite allait diriger le panel de la Commission des droits de l'homme de l'ONU. La belle découverte que voilà. Les Etats qui la composent majoritairement n'ont rien à lui envier en matière de violation des droits humains.

Dans un article récent dans ces mêmes colonnes, je faisais remarquer que l'État d'Israël avait récolté à lui seul la majorité des condamnations de l'aréopage onusien, et que l'Arabie saoudite, par exemple ne s'en était vu infliger aucune. Il est possible, que certains pensent, que l'une des motivations de cet article est de vouloir aussi montrer l'injustice criante subie par un État juif et occidental. Ils n'ont pas tort.

Mme Ernotte et les vieux mâles blancs
Selon Mme Delphine Ernotte, nommée dans des conditions controversées par le CSA à la tête des télévisions publiques, «la télévision, ce sont surtout des hommes blancs de plus de 50 ans, cela va changer». J'ignore si la fraîchement promue a recensé les têtes blanches. Si c'est le cas, elle aura contrevenu à la prohibition légale des statistiques raciales. Encore que je ne sois pas très inquiet pour cette racialiste tranquille. Elle n'est pas le maire de Béziers, elle ne compte pas les têtes brunes, elle appartient au camp du Bien. Renseignements pris, Mme Ernotte n'a nommé principalement que des hommes blancs, tel que son principal collaborateur. Comme il était le chef de cabinet de Mme Duflot, sa couleur lui sera pardonnée: le mâle de gauche est un blanc bien et droit.

Maïtena paria
Par un étrange paradoxe, le monde médiatique montre un esprit critique plus aiguisé lorsqu'il s'agit de la télévision privée que lorsqu'il s'agit du service public audiovisuel, qui est la chose de tous, payée par chacun.
Ainsi, les caméras sont braquées sur la reprise en main par M. Bolloré, briseur iconoclaste des marionnettes sacrées, du groupe Canal+.

Maïtena Biraben a été remise sur le droit chemin - c'est-à-dire le gauche - par Le Monde et L'Obs pour avoir, dans un bref moment d'égarement, renoncé au dénigrement rigolard et obligatoire du Front National sur la chaîne cryptée. La journaliste, pour l'heure, n'est pas allée à Canossa.

Pour la troisième fois, Le Monde considère que le jeune et nouveau responsable de l'information d'iTélé sentirait le soufre pour avoir trop respiré l'encens des églises.

Autre paradoxe, le service public lui-même, plutôt que de s'interroger sur ses cruels manquements, s'inquiète davantage pour le risque que le pluralisme de l'information encourrait dans le domaine commercial (Sonia Devillers dans L'Obs du 26 septembre) . Un peu comme le cimetière municipal qui se moquerait de la clinique privée.

Et pourtant le rappel de la notion même de neutralité du service public de l'audiovisuel soulève l'hilarité générale de ceux qui en vivent par la grâce providentielle d'un État dispendieux.

Comment leur reprocher puisque le CSA lui-même, chargé de la faire respecter, préfère lui aussi regarder dans le domaine privé. Il faut voir avec quelle acuité «les Sages», principalement issus du service public audiovisuel, ont interrogé M. Bolloré et ses collaborateurs. La plupart des remontrances de cette haute autorité concernent les radios et télévisions privées. Un esprit chagrin pourrait y voir la marque de l'idéologie. On rappellera, pour l'anecdote bien sûr, que le président Schrameck était le directeur de cabinet de Lionel Jospin.

Militantisme et ojectivité journalistique?
Comme je n'aurais pas assez d'une vie pour donner des exemples de ce que la neutralité du service public audiovisuel français relève du gag désopilant, deux exemples lors des dernières 48 heures:

- Lecture de «télé-obs» de cette semaine: «Carnet rose. Enceinte, Marie Labory, la présentatrice d'Arte journal quitte provisoirement l'antenne. Portrait d'une lesbienne militante pour qui le journalisme est une affaire de convictions… Marie Labory est une femme de conviction. La discussion sur le mariage pour tous a été l'occasion pour elle de prendre position en faveur du texte dans un article publié sur le site d'Arte et de défendre la procréation médicalement assistée dans une tribune de Libération.» Question: entre militantisme et journalisme où se situe la limite?

Réponse: «Je crois davantage à l'honnêteté qu'à l'objectivité totale

La question de son appartenance au service public ne sera pas posée. Elle ne se pose même pas.
- Vendredi soir. Je suis dans une automobile qui cingle vers mon domicile. J'écoute France Info. Guy Bedos y a été l'invité de toute la journée du «monde des idées». Il est traité comme un grand intellectuel. L'animateur, dans l'empathie, lui décerne le titre de «grande conscience de gauche».

Je pensais en avoir fini avec cette grande conscience qui avait souhaité aux gens de Charlie Hebdo de «crever», lorsque sitôt arrivé chez moi je tombe encore sur lui à travers mon écran allumé sur la Cinq.
On le questionne sur Éric Zemmour. Réponse de la grande conscience: «Zemmour est juif. Mais il veut être plus français que les Français… Mon grand-père était bâtonnier à Alger, il a milité pour le décret Crémieux qui a fait des juifs d'Algérie des Français. Rétrospectivement, quand je vois Zemmour, je le regrette.»

Il ne s'est pas trouvé un membre du service public pour faire remarquer à la grande conscience qu'autrefois c'étaient les antisémites d'extrême-droite qui reprochaient aux juifs, dont ils soulignaient lourdement l'origine, d'en faire trop. Il est vrai que l'antisémitisme a changé de camp depuis.

Contrairement à l'auteur de ces lignes, Zemmour - et c'est bien son droit - ne fait jamais allusion à sa tribalité. Il entretient avec l'État juif - c'est quelquefois une source de nos discussions - une distance… gentille. Ne récusant pas l'assimilation, il ne veut pas qu'on l'assimile à Sion.

Si par extraordinaire, il avait du temps à perdre, je lui conseillerais de saisir le CSA.

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 15:32

Paru dans FIGAROVOX LE 22/09/15

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http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/09/22/31001-20150922ARTFIG00177-goldnadel-sommes-nous-gouvernes-par-des-artistes-contemporains.php

 

Goldnadel: Sommes-nous gouvernés par des artistes contemporains ?

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Au sujet des migrants et de leur intégration, Gilles-William Goldnadel énonce les nombreuses questions qui, selon lui, ne sont jamais posées.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Il tient une chronique hebdomadaire sur FigaroVox.

Le référendum de M. Cambadélis vient de me donner l'envie de poser moi aussi des questions à mes concitoyens. Avant de me rendre sur les marchés, j'interrogerai, par préférence matinale, mes lecteurs du Figaro. Curieusement, les questions les plus simples ne sont jamais posées:

- La France, ou tout autre pays, est-elle une société anonyme, ou encore une société à irresponsabilité illimitée, dans laquelle les membres qui la composent seraient interchangeables ou remplaçables sans danger… (ma main tremble...) identitaire ?

- Dans ce contexte, 10 000 immigrants équivalent-ils à 100 000 ? Et 1 million à 10 millions ? (Ne peuvent répondre que les êtres incarnés ayant deux pieds sur la terre ferme).

- Est-on autorisé, dans ce cadre comptable ingrat, à tenir compte des plus récentes vagues d'immigration et de leurs difficultés d'intégration ?

- L'hospitalité française ne peut-elle déjà s'apprécier à l'aune de l'accueil délicat de celles-ci ?

- Selon certaines organisations progressistes, de nombreux logements vacants ont pu être réquisitionnés sans délai pour y loger les migrants d'Orient. Compte tenu des nombreux sans-abri indigènes en souffrance déjà répertoriés, ne faut-il pas en déduire que la préférence pour l'Autre rend plus efficace que l'indifférence pour son proche prochain ?

- Selon certains économistes de gauche, l'immigration est source d'enrichissement pour les pays d'accueil. Dans ce cadre conceptuel, ne faudrait-il pas, par altruisme, faire bénéficier prioritairement les pays du Maghreb, encore qu'étrangement ils s'y refusent, de cet apport humain, de surcroît commun de culture et de langue ?

- Pensez-vous que la démographe Michèle Tribalat déraisonne lorsqu'elle déclare avec compréhension (Le Point du 17 septembre): «en 2015, la France compte à peu près 5 millions musulmans et après les divers attentats, les Français conscients des problèmes d'assimilation ne sont pas chauds pour voir débarquer du brasier syro-irakien d'autres musulmans venant s'ajouter à ceux qui sont déjà là» ?

- Dans ce même ordre d'idées, considérez-vous que les réfugiés syriens qui ont vécu sous l'emprise culturelle des Assad ou de l'islamisme sont tous empreints d'une éducation philosémite de nature à améliorer le vivre-ensemble communautaire ? (Je rougirais de cette question affinitaire si la pensée des derniers massacres antisémites ne désempourprait un peu ma face.)

- Toujours dans ce même cadre communautaire, le départ, lent mais sûr, des premiers et l'arrivée précipitée des seconds ne sont-ils pas de nature à donner quelque chair à la thèse controversée d'un remplacement de populations ?

- Dans un tout autre registre, ne trouvez-vous pas audacieuse l'idée du Parti Socialiste de vouloir exalter par référendum une union avec le Parti communiste, les Verts et M. Mélenchon dans le but proclamé de faire échec à l'extrémisme démagogue et à la radicalité dangereuse ?

- L'antiracisme mondain n'est-il pas constitutif d'une imposture intellectuelle ?

Avant que de répondre à cette ultime question, méditez donc ce dernier cas d'école: Des inscriptions antisémites souillent publiquement, on le sait, la prétendue oeuvre d'art de M.Anish Kapoor installée dans les jardins du château de Versailles, intitulée par lui «Dirty corner» et par les autres «vagin de la reine» - après que celui-ci a revendiqué le caractère sexuel de son oeuvre et déclaré publiquement qu'elle représentait «le vagin de la reine qui prend le pouvoir

Animé d'un trouble plaisir envers une salissure qu'il doit considérer en harmonie cosmique avec sa création, M. Kapoor a fait défense que l'on lave l'offense. La conservatrice du château, disciplinée, n'en a pas pris ombrage. Notre ministre de la Culture, qui n'en rate jamais une, a considéré extatiquement «qu'en demandant qu'on n'efface pas ces horreurs, il rétablit les conditions du dialogue»….

Surtout, les organisations antiracistes, dont le seul horizon est toujours bleu marine, qui ordinairement se seraient ruées devant le juge en poussant des hauts cris, sont restés l'arme à gauche. Il a donc fallu qu'Avocats Sans Frontières (que j'ai l'honneur de présider) s'y colle, pour que samedi un juge versaillais ordonne à la conservatrice de passer la serpillière.

Rien n'y fait ni fera. L'antiracisme mondain n'a toujours rien appris, ni compris. Un artiste modeux, ou d'extrême gauche (comme ce Philippe Lioret, réalisateur très hospitalier de Welcome, et proférant au micro, du service public bien sûr, «qu'Israël et les gens qui ont de l'argent» sont responsables de la crise migratoire) sont des vaches sacrées. Défense de les toucher.

Tant que le monde virtuel politique sera dessiné par des artistes contemporains narcissiques et hémiplégiques, le monde du réel doit s'attendre à souffrir.

Ce n'est plus une question.

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 09:46

Paru dans FIGAROVOX LE 15/09/15
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Goldnadel: Accueil de l'Autre, mépris des siens

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel estime, au sujet de la crise des migrants, que l'émotion remplace trop souvent la réflexion. Le lointain est préféré au prochain.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Il tient une chronique hebdomadaire sur FigaroVox.

Europe, fin de partie ? Il est revenu le temps du chantage à l'émotion. Les poètes politiques ont ressorti leur lyre médiatique et leur pathos démagogique. Contre cela, le discours politique en prose ingrate sera toujours moins esthétique que celui des souffleurs de vers.

Et tant pis, si ceux-ci ont toujours été les plus grands fossoyeurs des cimetières sous la lune.
Ainsi de Bertrand Russel, grand mathématicien mais crétin politique patenté. Sa pensée politique, exprimée noblement en 1937 en dit long sur les périls qui guident la malheureuse société des hommes lorsqu'elle est guidée par des jobards narcissiques: «la Grande-Bretagne devrait désarmer, et si les soldats de l'Hitler nous envahissaient, nous devrions les accueillir amicalement, comme des touristes ; ils perdraient ainsi leur raideur et pourraient trouver séduisant notre mode de vie (…) Si le gouvernement britannique s'arrêtait d'armer et devenait pacifiste, notre pays ne serait pas envahi et serait aussi en sécurité que le Danemark.» (Cité par l'International Herald Tribune, 2 avril 1987, «Fifty years ago»)

Les politiciens anglais, en dépit des avertissements de Churchill, largement moqué par la presse conformiste, refusèrent d'accélérer les programmes d'armement. Le Danemark fut envahi trois ans plus tard. On connaît la suite. On a tellement oublié les sottises criminelles de Bertrand Russel que d'autres poètes démagogues, comme Stéphane Hessel, ont contribué à un système de justice parallèle portant son nom.

Les esprits du temps qui ont osé s'opposer, comme Churchill, aux discours démagogiques à la Russel étaient handicapés. Dans le temps de l'émotion, la rime l'emportera toujours sur la prose. Celui qui se réclame lyriquement de la générosité tétanise celui qui voudrait lui opposer la froide raison.
C'est exactement le moment dans lequel nous sommes concernant les migrants. Un moment où le pieux mensonge sera toujours mieux accueilli que l'ingrate vérité.

Ainsi, des informations concordantes établissent (Le Figaro du 12 septembre) que des salafistes allemands recrutent déjà parmi les migrants: «Les salafistes essaient d'aborder les jeunes réfugiés non accompagnés qui arrivent dans notre pays sans leur famille et qui sont particulièrement en quête de liens et de soutien» a indiqué un porte-parole des services de renseignements de Bavière. L'information a été confirmée par les services de renseignements allemands dans d'autres régions de l'Allemagne, la démarche est encouragée par la vidéo d'un prédicateur islamiste. Selon une étude de la fondation Konrad Adenauer publiée cette semaine, 7000 séviraient en Allemagne et 700 de ceux-ci se seraient déjà rendus en Syrie pour y combattre aux côtés de l'État Islamique. Cette information n'a strictement rien de surprenant, puisque l'Etat islamique a officiellement indiqué dès sa création qu'il utiliserait la migration pour fomenter des attentats et déstructurer l'Europe. Cette information a-t-elle reçu la publicité qu'elle méritait ?

Je suis totalement convaincu que la reprenant à mon compte dans cet article en prose, les poètes démagogues qui me lisent n'en tireront aucune conclusion pour réfléchir à ce principe de précaution qu'habituellement ils vénèrent, mais en déduirons seulement que je pratique cyniquement l'art du catastrophisme.

Il y a dix ans seulement, celui qui comme moi, osait indiquer que l'immigration massive et incontrôlée, loin d'être une bénédiction, était facteur d'insécurité, de troubles d'identité, et même de terrorisme, était voué aux gémonies. Aujourd'hui que de nombreux Français partent vers le djihad en Syrie et en Irak et que d'autres ont semé la désolation sur le sol français, que le candidat Hollande lors de sa campagne n'a pas nié que l'immigration étrangère était trop nombreuse, ce discours relève de l'affligeante banalité.

Mais à présent que le choc de la réalité venait de faire gagner ce combat des idées, voici qu'une nouvelle vague déferlante venue d'une plage turque emporte la raison sur le roc de l'émotion.

Dès lors rien ne l'arrête. On connaît la recette. J'ai passé une bonne partie de ma vie intellectuelle à expliquer que l'ingrédient principal de la névrose collective européenne était le traumatisme de la Shoah. L'Allemagne, évidemment n'en a pas guéri, et à côté de considérations économiques prosaïques, l'idée de pouvoir dire non à l'étranger, quelles qu'en soient les raisons, lui est proprement insupportable. Encore davantage en invoquant une sulfureuse protection de l'identité. Dans un entretien récent dans Le Figaro, j'osais la formule qu'en Europe le dangereux fantasme politique était passé «du tout aryen au rien du tout». Autrement dit, du sang pur absolu et sacré au métissage obligatoire et salvateur. L'Allemagne post-shoatique montre le chemin. Et nul, parmi ceux qui lui reprochaient il y a encore un mois son hégémonisme «boche» ou du moins bismarckien, ne s'aventurerait à présent à peindre sa leader avec une moustache dès lors qu'il s'agit d'affaiblir le concept honni d'État-nation occidental.

Rien n'arrête la recette, pas même la décence. La photo sur la plage autorise à nouveau toutes les outrances. Il est quelques semaines, au micro de France Inter, Robert Badinter, la grande conscience de la gauche, pouvait encore dire dans un silence gêné mais obséquieux, qu'on ne pouvait pas accueillir tous les migrants. La chose est devenue actuellement impossible, a fortiori pour ceux dont les parents ont connu les malheurs de la Shoah. On leur ressort immédiatement une autre photo: celle d'un enfant à casquette levant les mains. Claude Bartolone, sur France bleue s'est permis un très intelligent: «après l'étoile jaune, le croissant vert?» Et sur Canal+, ce dimanche, un animateur a demandé à David Rachline, en lui rappelant ses origines, si le Front national aurait accueilli ses grands-parents… Le petit enfant à casquette est de retour.

Et puisque il me faut m'attendre moi aussi à devoir répondre à cette question personnelle, puisqu'ainsi certains juifs, hier taxés d'internationalisme excessif, le sont aujourd'hui de nationalisme égoïste et oublieux, je dirais, au risque encore d'irriter, qu'effectivement le sort de certains réfugiés mérite d'être associé au souvenir du passé et par conséquent imposer un devoir particulier.

Je pense aux yazidis et aux chrétiens persécutés en tant que tels. Ceux-là, assurément, méritent le statut de l'asile politique absolu au rebours des autres réfugiés de guerre et évidemment des migrants économiques. S'il y a discrimination, celle-ci est positive.

Ainsi, la distinction opérée par Nicolas Sarkozy dans son interview au Figaro du 10 septembre est-elle pertinente moralement comme juridiquement. Là où le bât blesse, et l'ancien président de la République le sait, c'est qu'il s'agit moins de lois que d'application de la loi. Et que celle des frontières est battue en brèche en Europe, comme l'Allemagne semble curieusement venir de s'en apercevoir.
Là où encore la droite aura gravement failli, habite dans son incompréhension totale du rôle des médias dans la situation actuelle. Obsédé par la prise de pouvoir politique, elle aura toujours négligé le combat culturel. La sociologie politique particulière des journalistes explique beaucoup, mais n'explique pas tout. Les médias audiovisuels fonctionnent, c'est un truisme, à l'image et au son. Le pathos y est donc roi et la réflexion soumise d'avance.

Dans ce contexte, il n'est pas la peine ici d'avoir longuement à établir comment les médias de service public, particulièrement asservis, ont épousé par réflexe pavlovien la cause migratoire effrénée.

Par un paradoxe saisissant, les médias bien-pensants n'ont aucun complexe à montrer un esprit critique particulier en ce qui concerne l'audiovisuel privé alors que nul-pas même l'opposition politique-ne songe à questionner les dysfonctionnements d'un audiovisuel public qui est la chose de tous, à commencer par celle des contribuables. Rien sur les manquements criant au pluralisme, rien sur la gabegie financière, rien sur le fichage des employés.
Dans le même temps, une vigilance policière et décomplexée s'affaire à soupçonner les journalistes non conformes de l'audiovisuel privé. Un article du Monde daté du 4 septembre en donne un exemple ahurissant.

Pour quelles raisons le nouveau responsable de iTélé, Guillaume Zeller, aurait-il «un profil qui intrigue» ? Lisez bien sans tousser: Parce qu'il serait «un spécialiste du catholicisme et de certaines thèses chères à la droite». Mais quelles sont donc ces thèses affinitaires ? La publication d'un livre intitulé Oran, 5 juillet 62 (Taillandier) sur «l'immense chasse à l'homme antieuropéenne commise le 5 juillet à Oran, journée la plus sanglante de la guerre d'Algérie, avec un minimum de 700 pied-noir assassinés». Circonstance aggravante, ce jeune catholique a commis un ouvrage sur les religieux déportés ou encore sur «un prêtre à la guerre» (Taillandier) avec l'aumônier des parachutistes de Montauban, dont certains membres furent tués par Mohamed Merah».

On ne pourrait mieux dire la messe de la nouvelle religion de l'Autre: s'émouvoir du massacre d'Européens ou de prêtres catholiques est œuvre impie et blasphématoire.

En revanche, l'Autre a le droit de penser d'abord à lui: dans un article compréhensif daté du 10 septembre, intitulé «Les Etats du Golfe refusent d'ouvrir leurs frontières» et sous-titré: «les riches pétromonarchies restent sourdes aux appels à accueillir des réfugiés, de peur d'être déstabilisés» le même Monde cite sans commentaires Mme Nassima Al-Saadeh, «militante saoudienne des droits de l'homme»: «La responsabilité première de nos responsables, c'est de protéger leurs peuples».

L'Autre, même humaniste, a droit de faire de la prose.

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 16:15

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Publié le 08/09/2015


Les réfugiés premières victimes du fiasco de notre
politique d'immigration

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Pour Gilles-William Goldnadel, l'échec de notre politique d'immigration et d'intégration explique que beaucoup de Français soient opposés à l'accueil de nouvelles populations.
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Il tient une chronique hebdomadaire sur FigaroVox.
 
En principe, la gauche interdit formellement de réagir à chaud au plus dramatique des événements. C'est ainsi, qu'elle fustige ordinairement toute tentative de durcir les lois pénales à la défaveur d'un assassinat atroce. Elle hurle immédiatement à «l'instrumentalisation politicienne», au cynisme et au populisme primaire.

Mais la gauche, on le sait, piétine allègrement ses propres principes lorsque cela l'arrange.
Ainsi en a aura-t-il été de l'exploitation politique de la photographie du petit corps inerte et solitaire d'un malheureux petit kurde échoué sur une plage turque et dont la vue soulève le coeur et l'âme d'une pitié infinie.

Mais il y a peut-être pire que la bonne conscience suintante: l'exploitation à mauvais escient de la mauvaise conscience. Conscience: le «sursaut des consciences endormies» en Europe qu'imposerait la mort du petit Aylan. Une majorité de Français s'opposeraient à l'accueil sans frein des migrants venus de Syrie et d'ailleurs. Salauds de Français indifférents. Et pendant qu'on y est, salauds de Polonais, de Hongrois, de Tchèques, de Slovaques, de Canadiens et d'Australiens.
Vive l'Allemagne ! Vive l'Autriche ! Mme Merkel, hier encore reine des boches, bourreau du peuple grec, héroïne de la nouvelle Europe antinazie.

Heureusement, des milliers de résistants et de justes se dressent, pour que plus jamais ça !
Chiche. Et si une fois de plus, ceux qui donnent aujourd'hui, profitant de l'effet de sidération qui interdit la réflexion, une leçon de morale humaine n'étaient pas les premiers responsables en Europe du malheur des migrants et de l'impossibilité de leur apporter toute l'aide souhaitée ?

Les braves gens, qui pleurent sans pudeur sur le sort des Syriens. Pendant des décennies, la presse convenue n'estimait pas convenable de critiquer, sauf à être raciste ou islamophobe, la radicalité arabo-islamique. Ni celle du nationalisme alaouite des Assad qui gazaient déjà sans problèmes les malheureux kurdes et qui bombardent à présent les quartiers rebelles à coups de barils de dynamite, ni celle plus récente d'un islamisme dont l'usage du mot même était jusqu'à peu tabou pour cause de préfixe amalgamant.

Depuis le début d'une guerre qui a fait près de 300 000 morts, aucune manifestation d'ampleur n'a été organisée en France en solidarité avec les populations qui souffrent en Syrie.

Le sort du peuple kurde, encore moins son destin national, n'a jamais intéressé qui que ce soit en France. Comment se fait-il qu'alors que des milliers de djihadistes français partent en Syrie, aucun jeune et généreux rebelle progressiste, aucun aventurier du macadam parisien, aucun juste de la 25e heure, n'aie seulement l'idée de former une brigade internationale qui irait combattre les premiers responsables de la mort du petit kurde, aux côtés des forces kurdes à Kobané ou ailleurs ?

La réponse est facile: Nos donneurs de leçons de morale se moquent comme d'une guigne du sort des Syriens en Syrie. La seule chose qui les intéresse, sans qu'ils s'en rendent compte eux-mêmes, c'est de pouvoir fustiger les Européens en Europe et les Français en France qui osent, les égoïstes, les rabougris, s'inquiéter que leur pays ne devienne dans une décennie une nouvelle Syrie.

Et c'est là aussi que nos donneurs de leçons feraient bien de méditer les conséquences des leçons que leur bêtise inouïe, leur arrogance insondable, nous donnaient au détour des années 80.

Peine perdue, je sais, car leur mémoire sélective, n'enregistre jamais les malheurs qu'ils peuvent faire.
Mais une majorité de Français, s'en souvient, raison pourquoi, et en dépit de tous les matraquages médiatiques et idéologiques, on ne leur fera plus prendre des vessies pour des lanternes, ou l'immigration forcée pour une bénédiction.

Écrivons le nettement: les Français qui manifestent leur opposition à l'accueil sans limite ni réserve de nouvelles populations ne sont certainement pas plus racistes ou égoïstes que ceux, qui de manière extatique, voudraient les accueillir sans compter.

Se préoccuper de son pays, de sa sécurité, de sa cohésion, de son identité (et oui, le mot-dit, le mot est dit) du sort de ses enfants, et de la possibilité d'accueil et d'intégration des populations étrangères n'est pas un signe particulier d'indifférence. Il vaut peut-être mieux que les élans du coeur irréfléchis, ou le suivisme conformiste sur fond de parallèle historique hystérique.

Car les Français ont payé très cher pour apprendre et ne plus croire le discours des apprentis sorciers. Les déclarations extatiques sur l'immigration «chance pour la France» ou sur l'islam, forcément, toujours et encore «religion de paix». La manière dont on moqua les «fantasmes» de bouleversements démographiques pour expliquer un beau matin qu'il était trop tard pour regarder en arrière la France des clochers, puisque la France était devenue «multiculturelle».

Alors oui, les Français ne croient plus dans les paroles verbales de la gauche gauchisante. Ils savent qu'à côté de populations terriblement souffrantes-et à qui ils veulent apporter assistance-se trouvent d'autres populations qui aspirent à profiter d'une Europe aujourd'hui saturée et appauvrie.

Ils savent que tous les réfugiés ne sont pas des résistants anti-islamistes, et que certains même sont des djihadistes envoyés par l'État Islamique, comme ces quatre arrêtés il y a quelques jours à la frontière bulgare, et qui pourront peut-être aussi causer des morts à immortaliser sur papier glacé.

Ils savent - exactement comme les forceurs de clôtures - l'Europe faible, et ses frontières totalement battues en brèche, enfoncées, niées. Ils savent qu'en dépit ou à cause des quotas accordés (qui en eux-mêmes seraient supportables), les déboutés du droit d'asile piétineront les frontières délibérément violées et outragées.

Ils savent que les politiciens tétanisés et les fonctionnaires émasculés n'exécutent plus ou presque les arrêtés d'expulsion qui s'imposent pourtant, précisément pour autoriser, valider et légitimer l'arrivée légale des bénéficiaires du droit au refuge.

Ainsi donc, les premiers responsables de l'impossibilité d'accueillir tous ceux qui le mériteraient sont à rechercher chez ceux qui ont fait échouer une immigration bien tempérée et une intégration nécessaire.
Ils l'ont fait échouer, parce qu'au fond d'eux-mêmes, même s'ils se refusent encore à le reconnaître, ils récusent la notion éculée à leurs yeux de nation, et obscène d'État-nation disposant de frontières, et de sa corollaire légale, le droit existentiel pour un peuple souverain de réguler souverainement les flux migratoires.

Les Français qui ont conscience de voir leurs droits foulés aux pieds sont-ils sans conscience?
Un dernier mot: L'ONU, à l'efficacité bien connue, voudrait imposer à l'Europe l'accueil de 200 000 migrants. Curieusement, elle ne demande aucun effort aux pays arabes du Golfe.

Depuis deux ans, et notamment dans ces colonnes, je m'épuise régulièrement, mais bien seul, a demander pour quelles raisons ces pays désertiques et richissimes n'accueillent pas chez eux des populations souffrantes avec lesquels les unissent des liens ethniques, linguistiques, religieux et culturels fraternels. Ils devraient être à d'autant plus enclins à le faire que leur responsabilité dans la montée de l'islamisme est certainement plus grande que tout ce que les esprits les plus torturés en Europe pourraient reprocher aux occidentaux.

Mais les malheureux réfugiés ne songent pas un seul instant à frais à frapper à une porte qu'ils savent de bois massif.
On ne voit d'ailleurs pas pourquoi royaumes et émirats se feraient violence, puisque les Européens eux-mêmes préfèrent se fustiger plutôt que de les inviter à l'hospitalité.

Et ceux qui ici osent en France le faire remarquer sont durement rappelés à l'ordre et aux convenances.
C'est ainsi qu'un prénommé Bruno-Roger, que je ne nommerai pas, petit journaliste mais grand dresseur de listes, m'a maudit sur un site, précisément parce que j'avais commis, à la télévision, ce crime de lèse-majesté envers ces potentats manquant d'humanité.
Me traitant d'«avocat réactionnaire» (sans doute pour me plaire) et même de «droitard»… Rien à faire, ce garçon écrit comme un gauchon.

Sur le fond, je me contenterai de citer quelqu'un que j'estime plus qualifié que lui. Le père du petit Aylan Kurdi: «Je veux que les gouvernements arabes, pas les pays européens, voient ce qui est arrivé à mes enfants et, en leur nom, qu'ils apportent leur aide» (TF1, reportage de Laurent Hauben le 4 septembre 20h, le Figaro le 5 septembre page 5).

Ce vœu d'un père éploré, devant la tombe de son petit, n'accablant pas les seuls occidentaux, n'était sans doute pas suffisamment pieux pour intéresser le reste de cette presse bien-pensante et consciencieuse qui ne pratique que la religion de mortifier les consciences européennes.

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 15:25

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http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/08/31/31001-20150831ARTFIG00116-goldnadel-gauche-de-l-esbroufe-n-amasse-plus-mousse.php

Goldnadel: Gauche de l'esbroufe n'amasse plus mousse

Publié le 31/08/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Pour Gilles-William Goldnadel, la gauche en pleine crise existentielle se réfugie dans un discours idéologique qui nie les réalités.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Il tient une chronique hebdomadaire sur FigaroVox.
 
Une course de vitesse est en train de s'organiser sur les flots déchaînés de l'Histoire en mouvement entre l'embarcation de la gauche, en train de faire naufrage, et un navire France, qui prend l'eau de toutes parts.

L'escale de la Rochelle fera peut-être date. Selon un quotidien du soir, les responsables du suicide de la gauche seraient ses responsables politiques, qui entretiendraient ses divisions mortelles, des écologistes verts jusqu'aux socialistes. Cette vue est un peu courte.

Et si c'était plutôt le gauchisme, caractéristique principale de la gauche française politique et médiatique depuis un demi-siècle, qui l'avait menée jusqu'au suicide, et le pays avec elle ?

Chez les Verts, François de Rugy et Jean-Vincent Placé ont beau jeu de vitupérer, mais un peu tard «la dérive gauchiste» d'une organisation qui aura constamment dévoyé l'écologie politique.

Plutôt que de s'intéresser à la misère animale ou à la sécurité alimentaire, de jeunes politiciens plus retors que les vieux chevaux de retour du parlementarisme triomphant, auront préféré se concentrer sur la destruction de l'indépendance énergétique française ou des frontières nationales et européennes.

C'est ainsi que la subtile Emmanuelle Cosse prévoyait la semaine écoulée d'accueillir «tous les migrants».

Mais la fausse générosité ne fait plus recette. Les Français, même de gauche, ont fini par comprendre que l'idéologie gauchiste s'était fracassée sur les récifs de la réalité déchaînée.

Il s'écrit partout que les gens de ce pays s'étaient «radicalisés» ensuite de la crise économique et des attentats terroristes, raison pourquoi ils étaient très fermés à ouvrir en grand les portes du pays.

Et c'est vrai. Les Français sont radicalement plus réalistes. Ce ne se sont pas eux qui ont rêvé des attentats islamistes que la raison aurait pu facilement leur laisser prévoir, s'ils n'avaient été égarés par une idéologie xénophile et intimidante. Ils sont désormais devenus hermétiques aux discours ravageurs et aux incantations oniriques qui ne leur ont apporté que des malheurs et auxquels ils accordent à peu près le même crédit qu'un créancier à la parole d'un démagogue grec.

Ils savent quelles seraient les conséquences économiques et sécuritaires d'une nouvelle vague d'immigration massive et forcée venue d'un islam, pour l'heure radical.

Inutile non plus de tenter de les culpabiliser: en matière d'immigration, ils savent déjà qu'ils ont beaucoup donné. Au Parti Socialiste, les délices de la synthèse de jadis ont désormais fait place aux supplices du grand écart. Le réalisme relatif de M. Macron décrédibilise les idéologues absolus et réciproquement. Et ici encore, les Français sont devenus largement allergiques à la parole magique.

Lorsque notre garde des Sceaux, hier rochelaise, s'écriait, lyrique: «La liberté consiste à s'affranchir de toutes les servitudes. Elle est de gauche parce qu'il n'y a pas de liberté sans émancipation», ont-ils encore ressenti un grand frisson les parcourir, du cerveau jusqu'au coeur, ou plutôt ont-ils compris qu'il s'agissait d'une sentence de mort de la gauche de l'esbroufe ?

La liberté, à gauche ? À La Havane, à Caracas, à Pyongyang, à Pékin, les émancipés en pleureront de rire ou de chagrin.
Il est vrai aussi que l'antiracisme idéologique est une émancipation de gauche. Sa réussite est éblouissante.

C'est ainsi qu'un journaliste antiraciste un peu intransigeant, noir et homosexuel, aura réglé leur compte à deux journalistes blancs et hétérosexuels. Curieusement, ses deux victimes désignées n'ont pas été rangées par l'idéologie médiatique dominante mais distraite dans la catégorie des victimes du racisme antiraciste.

Comment ne pas voir pourtant que ce meurtrier virginien, obsédé par les discriminations raciales et sexuelles, se sentant harcelé, n'est que l'autre face, toute aussi perverse et dérangée, de ce raciste suprématiste qui, il y a un mois, à Charleston, a assassiné neuf fidèles dans une église, rien que parce qu'ils étaient noirs ?

Quand va-t-on donc s'apercevoir que ces deux racismes fous, l'un ancien, l'autre moderne, s'alimentent follement l'un l'autre, avec leurs obsessions et délires savamment entretenues et triturées par des médias boulimiques ou des politiciens cyniques ?

La course est engagée entre la défaite de l'idéologie et celle, définitive, du monde que nous aimons.

L'astre gauchiste est mort, mais il brûle encore dans la constellation médiatique et un monde virtuel indifférent aux faits. Le tout est de savoir combien de temps ses rayons malfaisants irradieront encore les esprits les plus simples.


Gilles William Goldnadel ©

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 15:03

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Thalys: Le combat inégal entre un fantasme et une réalité ingrate ?

Publié le 24/08/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Pour Gilles-William Goldnadel, l'attaque terroriste du Thalys est une preuve supplémentaire du déni de réalité dont font preuve les autorités en matière de sécurité et d'immigration.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Il tient une chronique hebdomadaire sur FigaroVox.

En 1985, le regretté Roger Hanin réalisait un assez mauvais film intitulé Train d'enfer dans lequel trois légionnaires français, très caricaturaux, rouaient de coups un jeune musulman avant de le défenestrer.
La réalité mauvaise est, qu'aujourd'hui, ce sont des Occidentaux que les islamiques radicaux vont massacrer dans les trains, dans les gares, sur les plages, dans les salles de rédaction ou dans les supermarchés. Il n'est pas sûr pour autant que le cinéma français s'empare de sitôt de cette situation tellement décevante pour un monde artistique rebelle à la réalité mais docile envers l'esthétisme académique.

L'attentat terroriste contre le Thalys nous offre au rebours et caricaturalement des protagonistes conformes à une réalité désormais permanente que l'académie esthétique refuse toujours de regarder en face:
- un terroriste islamique radical d'origine nord-africaine déjà platoniquement fiché pour ses convictions djihadistes. Énième portrait-robot du nouveau raciste qui correspond au cauchemar récurrent de la gauche xénophile.
- deux marines américains déterminés et efficaces. Exactement le genre de caricatures de Rambo que certains spectacles de marionnettes audiovisuelles convenus font rosser publiquement pour cause de combat déterminé et efficace contre l'islamisme.
- des membres du personnel du service public du transport ferroviaire dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils n'ont pas versé dans un héroïsme exceptionnel. Nouvelle gêne pour les thuriféraires du service public à la française.

À ce dernier sujet, deux remarques: la première est que l'auteur de cet article aura le courage seulement intellectuel d'avouer qu'il ignore bien de quel comportement il aurait pu faire montre dans le feu paniquant de l'action criminelle. La seconde est que le personnel du service public concerné n'est pas préparé psychologiquement, c'est le moins que l'on puisse dire, à se comporter héroïquement, ni même civiquement.

C'est ainsi par exemple que le syndicat majoritaire chez les postiers avait refusé de participer à l'examen des colis suspects pendant les attentats islamistes de 1995, sous prétexte que «ce n'était pas dans les attributions habituelles du personnel».

Comment, d'autre part, attendre un comportement exemplaire, dès l'instant où la direction de la SNCF a toujours pris, par crainte révérencieuse, le parti de son personnel syndiqué au détriment de ses clients usagers. L'attitude, aujourd'hui, de Guillaume Pépy et de ses proches collaborateurs semble ne pas déroger à l'attitude de ses prédécesseurs. C'est ainsi que j'avais dénoncé en son temps, mais bien seul, le comportement de ce patron de la SNCF qui présidait l'institution au moment du terrible accident de la Gare de Lyon qui avait fait, en 1988, 56 morts et 57 blessés curieusement occultés par les médias. Le responsable principal indiscutable de la catastrophe était le conducteur du train qui n'avait même pas été licencié. À l'issue de sa condamnation par le tribunal correctionnel (avant confirmation par la Cour d'appel de Paris en 1993), les syndicats du personnel s'étaient mis en grève. Réaction publique du président SNCF: «je comprends bien l'émotion des syndicats». L'émotion des familles des 113 victimes pouvait , elle, être portée sur le compte des profits et pertes…

Mais l'attitude de ce membre de l'élite technocratique, soyons juste, ne détonnait pas par rapport à une classe médiatique, comme toujours obséquieuse envers les syndicats ombrageux. On comparera avec l'esprit critique acéré de la presse, quand des responsables politiques ou industriels sont mis en cause pour non-respect des normes de sécurité, pour parfois beaucoup moins que cela.

Si l'on veut bien regarder la vérité en face, c'est l'Europe, et notamment celle du Sud, France comprise en raison de son tropisme idéologique, qui s'en va se cogner contre le mur de la cruelle réalité. Et à un train d'enfer.
On ratiocine sur l'inutilité de la fameuse fiche S. Mais aujourd'hui encore, il n'existe toujours pas en Europe (au rebours de l'Amérique du Nord, de l'Australie et de la Grande-Bretagne) - pour cause de résistance d'un Parlement européen esthétique - un fichier de données sur les usagers des transports aériens.

Surtout, on ne veut toujours pas vouloir voir que le vivier dans lequel les donneurs d'ordre du terrorisme islamique radical peuvent puiser continue de grossir tellement que la capacité de surveiller et d'agir des services compétents s'en trouve annihilée, a fortiori dans les sociétés démocratiques ouvertes.
À ce sujet, refuser de considérer l'arrivée des migrants d'Orient autrement que comme une invasion en dépit de leur nombre, de son rythme effrayant et de l'illégalité manifeste de la violation des frontières européennes participe de cette idéologie mortifère du refus de la réalité.

Continuer de refuser de voir qu'à côté de migrants qui ont droit à l'asile, d'autres non éligibles devraient être expulsés sans délai ni état d'âme esthétique désormais hors saison participe du même aveuglement .
Refuser de voir encore que parmi ceux-ci, il existe de nombreux islamistes parfois envoyés par Daech - dont certains rejetaient des migrants chrétiens à la mer - qui vont grossir encore un vivier terroriste, précipite davantage l'Europe vers le mur. Et à un train d'enfer.
C'est dans ce contexte idéologique délétère, que la gauche extrême - dont on ne dira jamais assez la responsabilité morale qu'elle porte dans la situation - fait montre de son insoutenable légèreté pour traiter de l'affaire grecque.

Hier encore, elle ne jurait que par M.Tsipras, nouveau titan ailé au Panthéon socialiste. Mais celui-ci, confondu par ses mensonges répétés et à géométrie variable, de promesses électorales fallacieuses à référendum non respecté, voici que le nouvel héros mythique se nomme Varoufakis. Les Montebourg et Mélenchon qui hier encore étreignaient Alexis, baisent aujourd'hui la main du demi-dieu Yanis. Au fond, cette gauche-là n'est à l'aise que dans l'esbroufe tout-terrain et la jactance hors-sol. Elle n'aura jamais le courage de soutenir longtemps les régimes politiques qu'elle aura suscités.
Pas question de se reconnaître ni dans l'URSS, ni dans Cuba, ni dans la Chine, ni dans la Corée, ni dans le Cambodge. On soutenait le Venezuela… mais on ne dit plus rien. On ne soutient donc plus Tsipras. Place à une autre chimère.

Si encore cette incapacité permanente de mesurer l'écart entre l'idéal et la réalité incitait à la politique modeste, après tout on a bien le droit de vouloir continuer de vendre l'utopie quand bien même on s'est toujours trompé.

Mais ces démagogues amnésiques se font obligation d'être toujours arrogants autant qu'intolérants. Il est vrai que la démagogie est née en terre hellénique. Ils ont pour eux la réalité linguistique.
 
Gilles William Goldnadel ©


 

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 10:18

Paru dans FIGAROVOX LE 14/08/15

lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/08/14/31003-20150814ARTFIG00184-goldnadel-ce-qui-nous-menace-n-est-pas-l-exces-de-patriotisme-mais-le-vide-existentiel.php

Goldnadel : «Ce qui nous menace n'est pas l'excès de patriotisme, mais le vide existentiel»

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Durant le mois d'août, FigaroVox fait le point sur les évènements qui ont marqué l'année avec ses chroniqueurs réguliers. Gilles-William Goldnadel revient sur la faillite du 11 janvier, l'essor de l'Etat islamique et le conflit israélo-palestinien.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Il tient une chronique hebdomadaire sur FigaroVox.

LE FIGARO. - Que retenez-vous de l'année écoulée?

Gilles-William GOLDNADEL. - Les montées en puissance de l'État islamique sunnite par ses agressions sanguinaires et de la République islamique chiite par l'obtention d'un accord avec les grandes puissances lui accordant une manne financière et le droit de conserver l'essentiel de ses acquis nucléaires, enfin les attentats mortels commis contre Charlie hebdo et l'Hyper-casher.

 

Quels enseignements peut-on tirer?

Les islamistes représentent la force aujourd'hui la plus agressive et la plus déterminée à dominer une bonne partie de la planète. Ses partisans sont prêts à faire le sacrifice de leur vie pour y parvenir: courage ou folie peu importe, cet état de fait leur confère une supériorité indéniable.

En revanche, les Occidentaux placent leur vie et leur confort individuel au sommet de valeurs hésitantes et relatives. Ajouter à cela une bonne dose de candeur, une dilection quasi-pathologique pour l'altérité et une sollicitude fascinée pour la radicalité, et vous comprendrez que le rapport de force en théorie infiniment en leur faveur est inversé. Le fait que l'Amérique d'Obama se soit en ce sens européanisée représente un facteur supplémentaire d'affaiblissement.

 

Que vous inspire la polémique autour de Tel-Aviv sur Seine?

Elle n'est que l'énième avatar estival d'un phénomène désormais permanent: la délégitimation systématique de l'État juif. Il est essentiel et manifestement jubilatoire pour les contempteurs obsessionnels de cet Etat de se saisir de toute occasion pour le traiter singulièrement et le remettre ainsi symboliquement en question. Aucun autre État, fût-il le plus totalitaire, n'est traité de cette manière. Nous ne sommes pas dans la réalité, nous sommes dans le cadre d'un rite sacrificiel fantasmatique. Pour ne prendre qu'un seul exemple, la Chine communiste a été mise récemment à l'honneur en France, peu importe qu'elle foule aux pieds les libertés ou qu'elle opprime le peuple tibétain, les cérémonies n'ont fait l'objet d'aucune contestation. L'État juif est le juif des nations, et plus encore celui des groupes d'extrême gauche ou islamistes. Un jeune Français d'origine algérienne déclarait récemment sur Twitter que «l'image de l'État d'Israël c'est l'apartheid, les colonies, et le massacre des Palestiniens». Personne ne dit que l'image de l'Algérie c'est: «la corruption, la faillite totale du système économique et démocratique et la négation des droits du peuple kabyle» et pourtant, je soutiens que cette image colle bien davantage à la réalité, raison pourquoi elle est taboue et que nul ne s'aviserait à mettre en question un éventuel «Alger sur Seine». J'observe enfin que le souvenir des émeutes et attentats islamistes antijuifs récents et la crainte justifiée d'autres à venir sont sans effet modérateur. L'esprit Charlie auquel je n'ai jamais cru était bien une foutaise.

 

L'antisionisme est-il forcément synonyme d'antisémitisme?

La question de savoir si l'antisionisme est rigoureusement synonyme d'antisémitisme me paraît dénuée d'intérêt pratique. En toute hypothèse, et par une sorte de perversion intellectuelle, elle sert de prétexte aux antisionistes pour reprocher aux défenseurs du droit d'Israël à l'existence et à la sécurité l'instrumentalisation de l'antisémitisme. La négation de ce droit national me paraît, à ce stade de l'existence tragique du peuple juif, toute aussi immorale que l'antisémitisme classique. Au demeurant, je ne place pas celui-ci au sommet de l'abjection humaine: la stupidité, l'ignorance, la disproportion insensée, le mensonge, la jalousie me paraissent infiniment plus répréhensibles. Il est vrai que ce sont les ingrédients habituels de l'antisémitisme intemporel…

J'observe enfin que, comme dans le schéma classique du «bon juif» , on a introduit le concept d'Israéliens acceptables à opposer aux autres à détester. Ici, c'est le bobo pacifiste et cosmopolite tel-avivien, gay-friendly, de gauche, qui a voté majoritairement contre Netanyahou aux dernières élections. Manifestement, ce distinguo subtil n'est pas appliqué à l'égard du peuple arabe de Palestine qui s'est prononcé en faveur du Hamas extrémiste lors des dernières élections libres et alors même que le processus de paix fonctionnait encore. Manifestement encore, ce concept du nouveau bon juif, est impuissant à calmer les ardeurs des anti-Israéliens les plus fanatiques… Comme dans le schéma classique.

 

350 000 colons israéliens occupent plus de 40 % de la Cisjordanie. Et la perspective de deux Etats s'éloigne. Si en France, certains pro- Palestiniens instrumentalisent dangereusement le ressentiment d'une partie de la jeunesse des banlieues, les pro-Israéliens ne font-ils pas également preuve de cynisme en ignorant le problème de la colonisation?

Je ne nie absolument pas que la présence d'implantations juives au milieu de populations arabes homogènes et majoritaires fasse grand problème. Je reconnais au demeurant la légitimité du nationalisme arabe palestinien, contrairement à certains pro-Israéliens extrémistes et bornés. Je le nie d'autant moins que je défends en France le droit existentiel de la population française originelle de contrôler les flux migratoires. Il est cependant éclairant que ce soit des groupes politiques d'extrême gauche, les moins enclins à reconnaître ce droit, qui contestent toute présence juive dans des territoires disputés. Et pourtant, la présence d'un juif en Judée, fût-elle problématique, ne devrait pas les révulser davantage que la présence d'un musulman sans-papier en France…

Sur le fond, et au rebours du prêt-à-penser obligatoire dans la France d'aujourd'hui, je soutiens que le principal problème qui se pose encore et toujours pour le règlement de la question israélo-palestinienne est le refus persistant des Arabes de Palestine de reconnaître la légitimité politique de la présence juive sur une portion seulement d'une terre qu'ils considèrent toujours comme entièrement arabe et musulmane. Aucun représentant de la Palestine, fût-il le plus «modéré», ne s'est jamais décidé à accepter un compromis historique définitif sur cette base, tel que proposé à plusieurs reprises par la partie adverse. Aucun non plus, n'est réellement sorti, dans la meilleure des hypothèses, de son ambivalence envers un terrorisme devenu culturel. Si tel était le cas, je suis convaincu qu'il se trouverait une grande majorité de juifs Israéliens pour accepter un partage territorial, fût-il fort douloureux pour certains. Mais dans le cadre d'une paix définitive et certaine, non d'un marchepied pour un nouveau conflit sur une base stratégique plus dangereuse pour un État très fragile. On ferait bien de comprendre cela en France, plutôt que de jeter de l'huile sur le feu des passions et d'encourager l'irrédentisme arabo-musulman.

 

Vous êtes à la fois fervent patriote français et un défenseur infatigable de la cause israélienne. Comment conjuguez-vous cette double appartenance ?

Je ne vois aucune contradiction dans cette proposition. C'est bien parce que je suis un défenseur de toutes les identités que je me sens à la fois profondément l'un et l'autre. Aujourd'hui, ce qui menace l'homme européen, ce n'est pas l'excès de patriotisme, mais le vide sidéral, au sein duquel les islamistes font leur nid. J'aurais passé une grande partie de ma vie d'homme a tenté d'expliquer qu'en raison du traumatisme psychologique post-shoatique, le fantasme européen est passé du tout aryen au rien du tout. J'ajoute que mon combat principal contre l'islamo-gauchisme que je considère aujourd'hui comme le premier totalitarisme revient à défendre une conception de l'État-nation occidental démocratique et de culture judéo-chrétienne que celui-ci abhorre pathologiquement jusqu'à verser dans le racisme anti blanc. Autrement dit, lorsque je défends la France, je défends Israël. Et réciproquement.

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 12:34

Article paru dans Le Figaro (édition papier) du 5 août 2015

Bébé palestinien tué par des extrémistes juifs: À mon tour, je dis «pas d'amalgame» par Gilles William Goldnadel

Un drame est un drame. Aucune excuse, aucune espèce d'indulgence ne saurait accueillir le geste ignoble d'avoir incendié cette maison en Palestine qui a occasionné la mort atroce d'un bébé palestinien. Il ne s'agit pas d'une simple précaution: Ce bébé palestinien est mien, et je ne fais aucune différence avec la mort insupportable d'un bébé israélien. Je n'ai pas attendu cette tragédie pour savoir qu’il existait au sein de la société israélienne, comme au sein de toute communauté nationale et religieuse, des fous, des exaltés, des crétins et des salauds qu’il convient de traiter avec la plus extrême sévérité. Je n'ai pas la religion des territoires, et je mentirais en disant que la coalition laïco-religieuse au pouvoir en Israël – imposée par un système électoral inepte – correspond à mes vœux les plus ardents.

Ayant pesé chaque mot au trébuchet de ma conscience, qu'il me soit permis à présent d'écrire que je ne saurais accepter qu'à nouveau un tel drame donne lieu à un psychodrame comme seul le conflit israélo-palestinien peut en accoucher, gros à nouveau de nouvelles catastrophes. Nous en avons, hélas, la triste habitude : en 1982, après le massacre de Palestiniens à Sabra et Chatila, succédant lui-même à celui, passé sous silence, de chrétiens à Damour, c'était Sharon le criminel de guerre et non les phalangistes. Après l'assassinat du malheureux Yitzhak Rabin, Benyamin Nétanyahou était déjà désigné comme ayant tenu l’arme du crime. Aujourd'hui, le même est censé avoir jeté le cocktail Molotov dans la maison incendiée. Comment expliquer, par exemple, que des journalistes français puissent vouloir faire porter l'entière responsabilité de la mort du malheureux petit sur un gouvernement israélien qui l’a pourtant dénoncée immédiatement comme « un acte terroriste » ? Ces commentaires ne s’expliquent que par la psyché très particulière d’observateurs qui se voudraient objectifs et rationnels.

C'est ici qu'une mise au point essentielle s'impose. L'immense majorité du peuple Israélien condamne sans appel l'incendie criminel. L'ensemble de la représentation politique israélienne, de l'extrême droite à l'extrême gauche, en passant par les partis religieux orthodoxes, le dénonce vigoureusement. Une manifestation nombreuse et plurielle a été organisée à Tel-Aviv le 1er août pour le réprouver avec indignation.

Le 11mars 2011, dans le village d'Itamar, deux terroristes palestiniens pénètrent dans la maison de la famille Fogel. Ils assassinent les parents et égorgent trois de leurs enfants dont un bébé de 3 mois. Aucune manifestation n'a eu lieu à Ramallah. Si ce n’est de joie. Sondés, un tiers des Arabes de Palestine ont déclaré approuver le geste des assassins.
Un autre exemple. Le président de l'Autorité palestinienne, le « modéré » Mahmoud Abbas, s'est rendu à Beyrouth. Il y a donné l'accolade à un certain Samir Kountar, proche du Hezbollah et l'a traité comme un « résistant ». Or celui-ci avait été condamné en Israël pour avoir fracassé le crâne d'une fillette à l’aide d’une pierre. On trouve pourtant peu de commentateurs pour condamner cette complaisance chronique de la représentation politique palestinienne et d’une partie de la société palestinienne avec un terrorisme aveugle qui se poursuit dans l'indifférence absolue.

Je n'écris pas ces lignes amères seulement pour fustiger une hémiplégie morale et intellectuelle dont j'aurai passé une bonne partie de ma vie d'homme à expliquer les ressorts obscurs.
Il ne s'agit pas seulement d'une question élémentaire de justice et d'équité. Il s'agit, encore et surtout, de faire en sorte de ne pas alimenter de l'extérieur un conflit centenaire suffisamment passionné.
Il existe au sein de la société israélienne, et pas seulement à gauche, une classe intellectuelle qui s'impose à elle-même, au nom de la morale juive, des exigences éthiques particulières, sans égard aux actes de l’Autre. On ne peut qu'en prendre acte. Mais que des éléments extérieurs à la nation juive puissent décréter des normes et des conduites différentes aux adversaires en conflit et selon des critères mystérieux, relève de l'irresponsabilité intellectuelle.

Les uns vont trouver dans l'absence de condamnation de leur conduite la plus extrême une compréhension de l'injustice qu'ils subissent valant encouragement à poursuivre selon les mêmes méthodes. Les autres, dans la systématisation unilatérale de leur réprobation, la preuve que, décidément et en l'absence de toute justice équitable, seule la force solitaire peut prévaloir pour survivre.

Il est étrange et inquiétant que les mêmes qui répètent obsessionnellement « pas d'amalgame ! » lorsqu'il s'agit des crimes islamistes soient infiniment moins précautionneux en d'autres circonstances. Si l'on veut sincèrement que cesse un jour cette tragédie israélo-palestinienne, avec ses retombées inflammables et criminelles également en France, encore faudrait-il s'essayer à ne pas l'alimenter par des jugements strabiques.

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