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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 14:49

PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

 

Inquiétudes sur l'islam : les commentateurs n'ont-ils vraiment aucune autre question à poser que celle d'un racisme supposé des Français ?

Un sondage Ipsos/Le Monde publié jeudi dernier a mis en lumière la méfiance grandissante de la société française à l'égard de l'islam.

 

La semaine Goldnadel

Publié le 28 janvier 2013

 

La presse de cette semaine a largement fait état de cette enquête d'Ipsos, intitulée « France 2013 : les nouvelles fractures ». On constate que 70 % des sondés estiment « qu'il y a trop d'étrangers en France » et 62 % que « l'on ne se sent plus chez soi comme avant ». Enfin, 74% des Français jugent la religion islamique « intolérante et incompatible avec la société française ».


Comme tout ce qui se passe de commentaires, en suscite beaucoup, Le Monde qui a le sens du titre, a considéré (le 25 janvier) ces résultats comme révélateurs des « crispations alarmantes de la société française ». Dans une analyse de Gérard Courtois, les mots de « poujadisme » ou de « crispations identitaires » résument assez bien le sentiment de son auteur. À l'appui de sa démonstration, l'analyste renvoie à un entretien du même jour avec l'historien Michel Winock chargé de « décrypter » l'état d'esprit « délétère » des Français et qui n'hésite pas à rappeler la situation faite en 1933 aux Israélites.… Rien que cela. L'historien ne nous rappelle pas si, parmi ceux-ci, certains seraient entrés en masse illégalement sur le territoire, s’y seraient livrés à des actes de terrorisme ou auraient voulu imposer de force la loi mosaïque. La conclusion de Gérard Courtois arrive implacablement : « Si l'histoire ne se répète jamais, elle invite à souligner le rôle dangereux de ceux qui, loin de les apaiser, attisent ces peurs. Ils trouveront dans cette enquête la justification de leurs philippiques. Ils feraient mieux d'y voir le résultat de leur travail d'incendiaires. »  À ce stade, Je m'en veux d'avoir oublié d'indiquer que 72 % des Français jugent que les journalistes sont « coupés des réalités »….


Ces réalités de l'immigration incontrôlée, qui ont fini par faire admettre, par Le Monde lui-même, mais tardivement et par intermittence, qu'elle était vecteur d'insécurité. Les réalités de l'islamisme qui ont fini par lui faire écrire parfois, du bout de ses doigts frileux, que celui-ci charriait terrorisme et antisémitisme. Mais toujours avec réticence et retard. Ainsi du président frère musulman égyptien, décrit, il y a encore quelques semaines et comme je l'indiquais dans une précédente chronique, par son correspondant au Caire comme habile , modéré, et nullement anti-occidental. Las, Le Monde a été contraint de se résoudre à relater sans commentaires les protestations de Mme Clinton reprochant à Mohammed Morsi ses sorties sur ces juifs « fils de singes et de porcs ».


Les commentaires mondains de ce sondage qui trouvent le peuple populiste et reprochent à ceux qui lui ont ouvert d'abord les yeux puis la bouche, d'avoir compris ce que leur idéologie les empêchera toujours d'admettre me rappellent un précédent sondage et de précédents commentaires du même tonneau. Nous sommes le 2 juillet 1998, un sondage CSA, présenté solennellement sur trois colonnes à la première page du Mondequi titre alors : « 70 % des Français tentés par le racisme ». Pourquoi ? Parce que ces français, interrogés, considéraient déjà le phénomène migratoire comme « préoccupant ». Pourtant, aux mêmes sondeurs, les mêmes sondés avaient répondu très majoritairement qu'ils n'étaient pas racistes, qu'ils n'éprouvaient pas de sentiments racistes envers telle ou telle communauté, ni même qu'ils n'éprouvaient de quelconques préjugés…


Le lecteur voudra bien trouver ci-après mes commentaires sur ce sondage -ou plutôt sur son interprétation- tels que je les avais formulés dans « Une idée certaine de la France » (France Empire 1998) puis dans les « Martyrocrates » (Plon 2004) : « Le même type que tout à l'heure est sondé. Il a décidé d'être sincère et courageux. On lui demande s'il est raciste. Il répond immédiatement non. S'il a des sentiments racistes envers telle ou telle communauté? Toujours non. S'il nourrit quelques préjugés ? Encore non. Mais à ce moment-là, le questionneur demande à notre type si, par hasard, il ne trouverait pas que le nombre d'étrangers en France devient préoccupant ? Notre homme réfléchit, il sait que les gouvernements français qui viennent de se succéder n'arrivent pas à exécuter les lois de la république pour faire repartir les étrangers irréguliers qui s'imposent de force. Il vient de lire que la France était déjà « métissée »,il n'arrive pas à s'en réjouir extatiquement, il sait que -crise aidant- certains étrangers déjà installés sont difficiles à intégrer, d'où problèmes. Alors, courageusement, bien qu'il sache, il n'est pas plus bête qu'un autre non plus, que ce ne soit pas d'une folle distinction, notre bonhomme se lâche, oui, il est « préoccupé ». Eh bien, sans qu'il le sache, bien qu'il ne nourrisse aucune aversion envers les étrangers, rien que parce qu'il aime son pays, ses enfants et les immigrés qui s'y trouvent régulièrement, ce type là, , est « tenté par le racisme ». Salauds de français, 70 % de « tentés » tellement bêtes qu'ils ne le savent pas… Salauds de tentés qui plébiscitent Simone Veil, Smaïn, Goldman, Bruel, Khaled, Zidane et qui ne pipent pas un mot quand un réseau de terroristes immigrés met en 95 Paris à feu et à sang. »


Déjà, en 1998 je m'interrogeais sur ce que je considérais comme relevant d'un « délire antifasciste » et d'une xénophilie équivalente à la xénophobie : « Quand la confusion la plus folle s'est-elle emparée des esprits les plus sains ? À quel moment le débat, le plus normal du monde, sur le contrôle légal des flux migratoires par un peuple censé être souverain, à quel moment le débat sur les droits et devoirs des étrangers dans ce même pays est-il devenu littéralement tabou ? Pas sous Roger Salengro, en tout cas, et sa loi de protection du travail français. Pas davantage, cher journal du soir qui ne badinez pourtant pas avec les mots, et préconisez la vigilance extrême, dans les années 50 : Dieu qu’il est récréatif de relire Le Monde du 18 juillet 1953 : « S'il paraît impossible d'éviter un jour ou l'autre leur massif rapatriement, il semble inévitable alors d'employer chez eux les Algériens qui ne peuvent plus vivre chez nous, il s'agit donc d'équiper l'Algérie en conséquence et vite. » Et un commentateur aussi bienveillant de ce journal que Jacques Thibault d’écrire (Le Monde 1944-1996 Plon) : « Nous sommes au début des années 50, une vague d'immigration maghrébine est en cours qui se poursuivra dans les années 1950 et 1960. Avant même que ne s'implante une forte population algérienne sur le territoire métropolitain, Le Monde appréhende qu'un trop grand nombre de maghrébins vivent chez nous. »  

 

Alors, j'aimerais vraiment bien savoir, à quel moment précis, le type -ni plus, ni moins raciste qu'un autre- qui souhaite simplement, à tort ou à raison, que son pays ne change pas trop, pas trop vite, qu'on continue à y parler la langue vernaculaire, que les gens qui y vivent se sentent suffisamment soudés et veulent continuer à vivre ensemble, que les étrangers qui arrivent soient désirés et non imposés de force, qu’ ils y respectent les lois et traditions locales, à quel moment ce type là a-t-il été métamorphosé en salaud ? »


Ceux qui ont pris l'habitude de me lire savent que ce n'est qu'après le traumatisme médiatique de la Shoah, au détour de l'an 68, que la nouvelle religion pseudo laïque des « droits de l'homme »s'est imposée massivement. Avant les années 70, point de martyrologie pour empêcher toute réflexion sur l'immigré arabe ou musulman qui n'était pas encore l'héritier du juif martyrisé et lâchement abandonné à son funeste sort. Point de démonologie pour considérer un Français préoccupé par la porosité de ses frontières, comme un beauf raciste xénophobe, héritier de Pétain.

Le sondage de la France 2013 et ses commentaires sont à appréhender dans ce cadre historique et psychologique. Le Monde d'aujourd'hui excommunie avec moins de superbe et d'assurance. La réalité est, tout de même un peu, passée par là. Certes, c'est plus fort que lui, il ne peut s'empêcher compulsivement d'enrôler à nouveau les victimes de la seconde guerre mondiale à travers les références obligées de l'historien réquisitionné.


Mais soyons juste, de sa névrose post shoatique des années 90, le vespéral est passé aujourd'hui à une bipolarité moins incapacitante. C'est ainsi que, parallèlement à l'analyse de Gérard Courtois, on peut, le même jour, lire l’interview autrement plus lucide sur l'islam, par Stéphanie Le Bars, du philosophe Abdennour Bidar : « Au-delà d'un contexte d'angoisse diffuse ou d'un fonds irréductible d'intolérance, ces chiffres constituent un avertissement aux musulmans ; ils doivent s'interroger de façon critique sur l'islam. Mais ils sont aussi le résultat de la Doxa multiculturaliste, qui a laissé l'extrême droite se saisir de ces sujets. Pourtant, la gauche et la droite républicaine doivent trouver un équilibre entre le refus de stigmatiser les musulmans et le fait de demander des comptes à l'islam par rapport à la tradition républicaine ». Et dans un bel article publié le 25 janvier dans le Monde.fr, le philosophe de reprocher à l'organe représentatif des musulmans français, comme je le faisais la semaine dernière, d'avoir félicité François Hollande pour sa pusillanimité à n'avoir pas qualifié d’islamistes les terroristes combattus par la France au Mali.

Dans un registre voisin, je recommanderais l’édifiante lecture de « Georges Ibrahim Abdallah, l'embarras de Valls » (Libération 24 janvier) par Daniel Schneidermann, censé tancer depuis toujours les approximations journalistiques et Chloé Delaume qui précise qu'elle est la nièce du condamné à la prison à vie. L'article revient à nous dire qu'il faudrait libérer M. Abdallah, bien qu'il ne se soit repenti, ni qu'il ait indemnisé les parents des victimes, conformément à l'usage constant en matière de libération anticipée, « parce qu'il est incarcéré depuis 29 ans, ce qui en fait l'un des plus anciens prisonniers politiques du monde ». Il se trouve que M. Abdallah a été condamné non en raison de ses opinions, mais pour complicité d’assassinat de deux diplomates étrangers à Paris.


Quand je pense qu'il y a 72 % de crétins manipulés qui ont le front de penser que certains journalistes sont coupés des réalités.

 

  

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 15:39

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La semaine Goldnadel

21 janvier 2013

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/combat-contre-totalitarisme-islamiste-devra-abord-etre-gagne-dans-nos-tetes-613572.html

 

Le combat contre le totalitarisme islamiste devra d'abord être gagné dans nos têtes

François Hollande a eu raison d'engager l'armée française contre les terroristes islamistes ayant envahi le Mali, selon Gilles-William Goldnadel. La semaine Goldnadel revient aussi sur les leçons de déontologies prodiguées par le journal Le Monde...

François Hollande, Président de la République, a eu raison d'engager l'armée française dans la guerre contre les terroristes islamistes ayant envahi le Mali. J'écris cette phrase, sans le moindre état d'âme, après cette semaine de quasi unité nationale et alors que la cacophonie médiatique et démocratique est en train, inévitablement, de rompre ce consensus rare.

Il est à l'honneur de la droite française d'avoir, dans sa très grande majorité, approuvé l'initiative du président socialiste. Sans pouvoir me livrer à un impossible et vain procès d'intention, il est loin d'être évident que la gauche aurait adopté une position symétrique, et j'ai encore en mémoire, les saillies anticolonialistes qu'avait valu à Giscard d'Estaing le sauvetage humanitaire par nos parachutistes des Français et des Belges menacés à Kolwezi.


Toujours est-il que la gauche française, dans son ensemble, et de manière peu surprenante compte tenu du contexte politique, se sera bien tenu, à l'exception notable de Mélenchon Jean-Luc et de Mamère Noël. Le Gérard du mauvais goût aurait dû, normalement, être attribué au béglais vert pour des déclarations particulièrement écœurantes, qualifiant les soldats maliens de "traînes savates". On imagine un peu la réaction médiatique si l'auteur de cette sortie avait été fille de borgne. Il est vrai que ces soldats, alliés à la France, portent un uniforme -fut-il élimé- et combattent des islamistes enturbannés, ce qui est de nature à expliquer l’habituel réflexe pavlovien de ce député vert qui pense réfléchir.

À droite, la fausse note est venue de Lionel Luca désignant François Hollande comme responsable de la prise d'otages en Algérie. Si j'étais grossier, je dirais que cette sortie est digne d'un Mamère.

 

Sur le fond, il fallait intervenir au Mali avant que ne tombe Bamako, pas seulement pour empêcher les djihadistes de continuer à appliquer de force la charia, à couper des mains ou à détruire le pays Dogon mais encore pour leur faire comprendre qu'il existe encore en Afrique comme en Occident des gens qui savent leur dire non, y compris les armes à la main.

En Afrique et au Mali, tout d'abord, qui peut se construire politiquement - car on se construit toujours en creux - dans la lutte contre l'islamisme totalitaire. Au passage, cet antagonisme entre ce dernier, cruel et obscurantiste, et l'islam de l'Afrique Noire, tolérant et syncrétique, constitue la réponse la plus concrète à l’islamophobie de l'ignorance.


C'est ici qu'il faut avoir le courage d’oser dire le mépris dans lequel les Noirs d'Afrique -musulmans, animistes ou chrétiens- auront été tenus par la radicalité arabo-Islamique, non seulement au Mali mais encore dans le Soudan génocidaire, dans la Mauritanie esclavagiste, en Libye ou dans les potentats pétroliers wahabites qui encouragent d'autant plus impunément la croisade verte que droite et gauche françaises réunies les traitent avec une révérencieuse obséquiosité. Il aura fallu toute la prévarication des chefs d'État de l'Afrique Noire et l'aveuglement occidental pour ne pas l'évoquer ou le voir jusqu'à présent.


En Occident, ensuite, où l'on commence enfin à comprendre que le combat contre la barbarie islamiste est un combat mondial, dont la ligne de front élastique  passe désormais par Bouake comme par Toulouse. Certes, ce combat doit être gagné d'abord dans les têtes, et il est loin de l’être.

Il commence par celui des mots. Appeler un terroriste, un terroriste. Un terroriste islamiste, un terroriste islamiste et non, comme l'a fait François Hollande, félicité curieusement par l'organe représentatif des musulmans de France (pourtant pas islamiste, à ce que je sache), privé de l’épithète indispensable à son identification. Dans ce domaine du nécessaire courage de nommer, le président devra compter avec les alliés qu'il a cru devoir se trouver.


S'agissant de l'esclavage des noirs que j'évoquais plus haut, je rappelais dans ma "question blanche" que sa ministre, Mme Taubira, lorsqu'on lui demanda pour quelles raisons sa loi éponyme n'incriminait que la seule traite transatlantique occidentale, à l'exclusion du commerce négrier arabe encore plus cruel et durable, avait répondu sans ambages qu'il était hors de question de désespérer les jeunes des banlieues…


Il passe aussi par celui du cœur. Avoir le droit, en certaines circonstances, d'être manichéen. De discerner le bien du mal, et un hybride d'abruti et de gangster, coupeur de têtes et de mains, d'un soldat venu défendre un pays envahi et des principes élémentaires d'humanité. Le droit encore de haïr la haine, sans se voir imposer de sempiternelles leçons de complexité par des simplistes invétérés.

 

François Hollande, ainsi que son ministre de l'Intérieur, ont également eu raison de ne pas se livrer au procès trop facile de l'Algérie intransigeante envers une terreur islamiste qu'elle ne connaît que trop. Fabius, le lendemain, leur a, évidemment, emboîté le pas. Dommage que notre ministre des affaires étrangères, n'ait pas adopté il y a quelques semaines la même attitude au lieu de renvoyer dos à dos un mouvement islamo-terroriste lanceur de roquettes et le pays qui les recevait.


Sans rentrer dans les détails mal connus d'une opération algérienne peut-être mal menée, il faudra bien un jour accepter de discuter ce postulat indiscutable qui impose en France d'accepter de discuter.


Si l'on veut briser le cercle vicieux s’élargissant du commerce des otages, de ces razzias qui remontent à la piraterie barbaresque,  il faut, non seulement à la manière russe, mais encore anglaise, refuser de payer le prix. Et non, comme le fait la France, en versant rançon en catimini tout en bombant le torse en public. Mais pour ce faire, la presse hexagonale devra se livrer à une réflexion minimale sur la nécessité de ne pas entretenir l'émotion indispensable recherchée par les maîtres chanteurs.


Puisque j'en suis à ce stade de la pensée indicible, ce culte des otages libérés (à plaindre, mais pas à encenser) et qui va jusqu'à honorer leurs parents (je pense à la mère de Florence Aubenas grande pétitionnaire, à l'ancienne épouse vibrionnante de Jean-Paul Kauffmann, au père de Guilat Shalit, candidat aux élections, à Ingrid Betancourt, depuis largement débéatifiée) pourrait peut-être être modéré.

Je sais bien que s'il m'arrivait, par malheur, la même horrible épreuve, j'irais, le premier, me traîner aux pieds du pouvoir ou des ravisseurs. C'est précisément pour que cesse l'ignominie, que j’ose le débat. Car il peut arriver que la raison d'État coïncide avec celle du cœur.

 

Le Monde, il y a quelques jours, a offert une de ces leçons de déontologie dont il n'est pas avare, à Philippe Cohen pour avoir accepté de donner une interview à la très à droite Radio Courtoisie, concernant le dernier opus qu'il a commis en compagnie de son complice Pierre Péan, et consacré à Jean-Marie Le Pen. Après s'être étonné de ce que l'interview de Radio Courtoisie ait été menée courtoisement, l'auteur de l'article a laissé à penser que le livre donnait dans l’hagiographie. Apparemment, le journaliste qui rapporte que le portraituré a assigné en justice les deux auteurs, n'y voit aucune contradiction.

Quant à moi, je me refuse à penser qu'un tel article consacré à deux journalistes ayant auparavant publié le livre le plus critique et argumenté consacré au Monde (qui a fini au pilon, ce qui est croquignolet de la part des chantres de la liberté d'expression) tiendrait du règlement de comptes. Sur le fond, il faudra nous dire une bonne fois pour toutes si consentir une interview à un organe extrême relève, pour reprendre l'expression Mondaine, de "la liaison dangereuse". Dans cette occurrence, je m'en vais relever, dans le même et sain esprit de police, les noms de tous les compagnons de route et autres cryptocommunistes qui ont osé accorder un entretien à l'Humanité ces dix dernières années.

Puisque nous sommes dans le questionnement déontologique de la pratique journalistique des interviews, restons-y, pour un cas pratique que j'aimerais soumettre à la sagacité de mes lecteurs.

 

Il s'agit précisément, du très vétilleux journal précité, et de son pigiste occasionnel en Israël, M.Benjamin Barthe, transfuge de l'Humanité. Je signale ce dernier point, car j'ai remarqué que son journal ne manquait jamais une occasion de rappeler qu'un mien client avait officié pour Minute il y a plus d’un quart de siècle. Il est vrai qu'il s'agit là d'un crime imprescriptible.

Or donc, M. Barthe a procédé à l'interview de Michel Warchawski qui se livre, ainsi qu'il en est coutumier, à la critique acerbe de la politique israélienne. Mon lecteur sagace se doute que ce n'est pas ce qui m'étonne dans les colonnes du vespéral.

Ce qui en revanche m'aura surpris -et il en faut pourtant beaucoup en la matière- c'est la présentation lénifiante de son interviewé Warchawski par l'intervieweur Barthe : "Journaliste et militant de gauche israélien, il est l'un des vétérans de la lutte contre l'occupation et la colonisation des territoires palestiniens, ses engagements notamment au sein du Centre d'Information Alternative, qu'il a fondé à Jérusalem au début des années 80, lui ont valu de recevoir cet automne le prix des droits de l'homme de la république française".

Connaissant le récipiendaire Warchawski de réputation, et ne voulant en aucun cas donner dans la spéculation intellectuelle, je citerai ci-après la notice que tout un chacun peut lire sur Wikipédia qui n'est pas, que je sache, vendu à Sion : "journaliste et militant d'extrême gauche israélien, se revendiquant comme pacifiste, cofondateur et président du Centre d'Information Alternative.


Antisioniste, il souhaite le remplacement d'Israël comme État juif par un État binational (…)

En 1989, il est condamné à 20 mois de prison ferme pour «prestations de services à organisation illégale" pour avoir imprimé des tracts relatifs à l'organisation palestinienne FPLP de Georges Habache, organisation placée sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada, des États-Unis d'Amérique et de l'Union Européenne (…) Il donne, entre 2003 et 2005 une série de conférences sur le conflit israélo-palestinien dans une vingtaine de grandes villes françaises et leurs banlieues (centres associatifs, écoles) avec Dominique Vidal du Monde Diplomatique et Leila Shahid , déléguée générale de la Palestine auprès de l'Union Européenne. La présence de ces intervenants au sein d'établissements publics crée une polémique, notamment à travers des tribunes dans le Figaro ou France-Israël et les réunions sont interdites dans les établissements scolaires.

Entre septembre 2008 et 2010, il est chroniqueur dans le journal satirique Siné hebdo."

Bien entendu, il n'est pas de mon intention ici et maintenant de critiquer les idées et les actes de Michel Warchawski.


Mon propos, on l'aura compris, est ailleurs : ceux qui considèrent, comme moi, que la présentation intellectuellement malhonnête de l'intéressé était de nature à tromper le lecteur et à l'amener à considérer que ses idées étaient celles d'un Israélien issu de la gauche critique habituelle peuvent écrire à ce journal épris de déontologie.

Les autres pourront toujours me gratifier de leurs commentaires injurieux sous le présent article.


PS : j'indique, pour être complet, que Michel Warchawski a effectivement reçu le prix des Droits de l'Homme des mains de Mme Christiane Taubira, Garde des Sceaux.


Le récipiendaire, en la présence de la ministre de la justice, a rendu hommage aux actions de boycott des produits Israéliens, précisément sanctionnés par la justice française.


Le fait qu'un membre d’un gouvernement, qui s'est récemment déclaré déterminé à lutter, après le massacre de Toulouse, contre toutes les nouvelles sources de la haine antijuive remette un prix "des droits de l'homme" à un antisioniste radical, condamné de surcroît pour ses liens avec une organisation terroriste en dit long sur la schizophrénie de la gauche française en la matière.

 

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 15:45

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La "nouvelle morale moderne" va-t-elle devoir revoir ses prétentions hégémoniques à la baisse ?

Cette semaine, Gilles-William Goldnadel revient aussi sur la polémique autour de la pilule de 3e et 4e générations et sur les OGM.

 

La semaine Goldnadel

Publié le 14 janvier 2013


D'une certaine manière, le grand succès de la contestation publiquement opposée au mariage unisexe incarne la démonstration, in vivo, de ce que j'essayais de dire la semaine dernière.

Le pouvoir en place, qu'il soit politique, médiatique ou artistique s'imaginait que l'union officielle gay passerait, comme lettre à la poste.


Il était en effet légitime à le croire, tant la pression de la "nouvelle morale" était forte.

Elle s'appuyait sur le magistère de la modernité, de la générosité et de l'intelligence réunies.

Sur l'exemple, aussi, de quelques démocraties dites "avancées", autrefois sous le joug de l'obscurantisme catholique et fasciste associés dont l'Espagne est aujourd'hui la pointe.

On pouvait donc, à supposer d'avoir seulement à y songer, se représenter une opposition conservatrice suffisamment tétanisée qu'elle tenterait, elle aussi, de monter discrètement dans les derniers wagons du train en marche vers le progrès.

Mais c'est fini, car ce train-là est en train de dérailler sous nos yeux.

D'abord, parce que, ainsi que je le disais, une grande partie des voyageurs ne nourrissent plus ce complexe de rater le train. Ils ont enfin compris qu'il s'agissait d'un train fou lancé à toute vitesse par des conducteurs ivres de leur seul pouvoir vers une destination dont ils savent désormais qu'elle ne mène nulle part sinon que vers le pire.

Sans être experts en matière ferroviaire, les voyageurs décomplexés, qu'ils croient au ciel ou qu'ils croient à la terre, préfèrent désormais s'en remettre à un principe de précaution naturel, au Code Civil, à la tradition et même à leur bon sens, tellement moqué qu’ils n'en n’ont plus honte, plutôt qu'à des aiguilleurs irresponsables ou à des chefs de gare autoproclamés.

Ensuite, et c'est également ce que je suggérais, parce que l'exaspération ou, mieux encore, la gausserie devant la cuistrerie ou l'impudence désormais aveuglantes des dérailleurs professionnels n'est plus seulement l'apanage de quelques intellectuels irrévérencieux et téméraires.


Il faut dire, qu'en matière d'impudence, la clique des dérailleurs raillés, tellement ivre qu'elle en est imbue, aura réussi à atteindre le chef-d’œuvre dans un domaine où pourtant elle excelle.

La palme académique revenant, sans conteste, à notre ministre de l'Education nationale appelant à la neutralité un membre de l'enseignement catholique, tandis que sa collègue préposée à la propagande poussait le zèle professionnel jusqu'à célébrer les bienfaits du mariage homo jusque sous le préau d'une école républicaine.

Le temps où cette aberrante contradiction était passée sous silence est aujourd'hui révolu. Il n'y a que M. Peillon ou MmeVallaud-Belkacem pour ne pas s'en être encore aperçu.

Mais cessons ici de tirer sur cette ambulance gouvernementale déjà criblée de balles, pour nous concentrer sur ce que, sur le fond, cet appel grandiloquent à la neutralité dans le privé avait d'inconvenant de la part d'une éminence socialiste.

Qui donc, en effet, aura plus sapé la neutralité du service public français que cette gauche en majesté ? Dans l'enseignement d'abord : ceux qui me lisent et l'ont vécu savent aussi bien que moi la manière franche ou insidieuse dont la majorité des enseignants du service public ont distillé sans grand chichi leur conception du monde aux enfants sous l'influence impériale de leur magistère moral et intellectuel.

Dans l'information audiovisuelle ensuite : j'ai écrit, ici même et à plusieurs reprises, combien le simple appel à la neutralité de ce service public était susceptible de susciter le fou-rire d’un personnel sans contrôle déontologique véritable. Et ce n'est pas la nomination du chef de cabinet de Lionel Jospin à la tête de l'organisme très théoriquement chargé de l'exercer qui devrait changer cet état de fait encore trop peu contesté.

Dans le domaine judiciaire enfin, où nombre de magistrats, sans même toujours s'abriter hypocritement derrière un bouclier syndical, auront livré publiquement leur conception personnelle de la justice pénale, sans la moindre crainte d'être inquiétés tant celle-ci était en phase avec l'idéologie dominant précisément les médias.


Mais il y avait aussi dans la remontrance hautaine à l'enseignement catholique de M. Peillon, faisant suite aux remarques de Mme Duflot, un aspect outrancièrement sélectif qui aura heurté, les moins calotins et les moins bigots des Français. Ceux là ont bien compris que cette insolence injuste et injustifiée envers celle qui est toujours la première religion de France, n'a d'égale que l'obséquiosité révérencieuse avec laquelle les mêmes s'adressent à la seconde.


Peut-être, allez savoir, y aurait-il, de temps à autre quelques observations à lui faire, notamment quant à son obligation de se démarquer plus franchement de sa frange radicale.

C'est dans le même esprit, typique de cette dilection pour l'altérité, qu'il fallait ranger l'article ahurissant d'Olivier Py publié par le Monde et dans lequel ce comédien très néo-conformiste faisait samedi dernier la leçon aux seuls catholiques opposés au mariage gay : "Imagine-t-on, écrivait -il naïvement, les musulmans interdire le jambon au nom de leur foi ?"


Outre que je ne sache pas que les pays dans lesquels la religion officielle est islamique autorisent le mariage entre gens du même sexe, je signalerai pour l'anecdote à M. Py, en mal d'imagination, cet article du Figaro daté du 9 janvier et dans lequel Delphine Minoui, correspondante au Caire, relate ce grand succès d'un café "halal" qui séduit la jeunesse cairotte… précisément parce qu'il pratique la ségrégation entre les sexes et bannit jambon, alcool et tabac.


Même Civitas n'en demande pas tant…

Reste la détermination de François Hollande à résister "à la pression de la rue".

Pour le dire franchement et sans ironie, je suis sensible à la remarque présidentielle.

J'ai écrit ici même, au lendemain de l'intronisation du candidat socialiste, combien je considérais comme infondée toute critique qui viendrait à lui reprocher d'appliquer le programme sur lequel il a été élu démocratiquement. Et nul ne peut nier qu'y figurait expressément le mariage homosexuel.

Les Français n'auront donc pas été pris par surprise et il appartenait à l'opposition d'imposer le débat sur cette question sociétale primordiale, ce qu'elle s'est bien gardée de faire.

J'écris cela, non seulement par honnêteté intellectuelle, mais encore parce que je suis las de cette fatalité française à voir le pouvoir élu empêché d'appliquer la politique promise et choisie.

Les déçus du sarkozysme me comprendront.

Mais, à ce triste constat, deux observations à contrecœur :

- Ce qui, semble-t-il, galvanise l'ardeur contestataire des défenseurs de la famille traditionnelle, c'est, précisément, la manière hautaine et souvent inutilement insultante qui les taxe d'intégristes ou d'homophobes.

- Surtout, la gauche française est particulièrement illégitime à venir se plaindre des excès d'une société "post-démocratique" qu’elle a créée, elle qui aura tout fait pour favoriser le diktat par la rue ou par la grève, des minorités syndicales ou associatives parfois violentes, en dépit du verdict solennel des urnes, fondement même de toute démocratie pacifique.



Compliments à Pascale Kremer du Monde (11 janvier) pour sa remarquable enquête sur "ces médecins liés au labos", dans le cadre de cette polémique qui enfle sur la dangerosité des pilules de troisième et quatrième génération. La journaliste épingle sévèrement le très médiatique docteur Israël Nisand qui entretenait des relations étroites avec certains laboratoires et vantait sans vergogne encore en 2012 les bienfaits de pilules depuis longtemps mises en question.

À ce sujet, Damien Mascret rappelle opportunément dans le Figaro du 12 janvier qu'à plusieurs reprises depuis 1995, et en particulier en 2001, son journal dénonçait déjà dans un long article le paradoxe des pilules de troisième génération plus chères et plus prescrites : "Après plus de 5 ans de polémiques, le risque accru de thrombose veineuse lié à l'usage des pilules de troisième génération est désormais parfaitement reconnu par la communauté scientifique".

Compliments à Marc Mennessier qui, dans le même Figaro, le 10 janvier révèle "les liaisons dangereuses" du professeur Gilles Éric Séralini pour avoir collaboré avec une société de phytopharmacie liée à un mouvement anciennement qualifié de sectaire.

Dois-je rappeler que ce scientifique aura atteint la célébrité mondiale depuis la publication en septembre dernier d'une étude, aujourd'hui réfutée entièrement, prétendant démontrer la nocivité des maïs OGM sur des rats ?

Le Nouvel Observateur aura consacré sa couverture montrant les rongeurs ravagés pour alerter sur les dangers attribués aux OGM, bêtes noires des Verts et associés.

Selon Gil Rivière-Wekstein, auteur d'une enquête fouillée "le professeur Séralini passait une partie non négligeable de son temps à promouvoir les produits dits de détoxification de Seven Pharma, que ce soit lors d'un séminaire de formation organisée par le Criigen de Corinne Lepage (dont il est le directeur scientifique) ou de colloques sur les médecines alternatives".

C'est Corinne Lepage, suivie par tous les Verts qui auront tenté de faire la promotion du rapport Seralini, avant que celui-ci soit totalement battu en brèche.


Pendant ce temps, le célèbre écologiste Mark Lynas, surnommé par le Figaro du 10 janvier "le José Bové anglais" prononçait le 3 janvier lors de la célèbre Oxford Farming Conférence un acte de contrition curieusement passé sous silence de l'autre côté de la Manche : "Je regrette d'avoir passé plusieurs années à arracher des cultures d'OGM. Je suis également désolé d'avoir aidé le mouvement anti OGM à démarrer au milieu des années 1990 et d'avoir ainsi contribué à diaboliser un outil technologique important qui peut être utilisé au bénéfice de l'environnement".


Dénonçant les "préjugés aveugles" de ses anciens compagnons de lutte, ils les exhortent "à ne plus barrer la voie aux innovations modernes dans l'agriculture et à laisser les autres agir pour nourrir la planète de manière durable".

Question profane : pendant combien de temps encore va-t-on enfumer le public pour des motifs idéologiques ou mercantiles. Ou pour ces deux motifs à la fois ?

Enfin, je signale qu'un certain Mathieu Kassovitz, se disant encore cinéaste, esprit semble-t-il très critique puisqu'allant jusqu'à nier les événements du 11 septembre 2001, quoique réfutant fermement la critique négative de ses propres réalisations, à la libido audacieusement créatrice puisque désirant "enculer le cinéma français", aurait quitté le territoire national "mais en aucun cas pour des raisons fiscales".

Je me permets de le signaler, car son départ n'aura inspiré aucune émotion ni commentaires particuliers. Pas même de M. Torreton.

 

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 15:23

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Gilles-William Goldnadel : ce qui m'anime

Chaque semaine, Gilles-William Goldnadel chronique pour Atlantico l'actualité française et internationale. Quelques thèmes privilégiés reviennent fréquemment dans ses écrits. Non sans susciter la polémique ! Pour cette première édition de l'année, interview sur les motivations de notre chroniqueur.

 

La semaine Goldnadel

Publié le 7 janvier 2013

Atlantico : Dans votre dernier bloc-notes de 2012, consacré au succès de la blogosphère de droite (voir l'article en cliquant ici), vous suggérez, comme souvent, que la gauche exerce sur la vie médiatique et intellectuelle française une emprise intolérable. Pourquoi ne pas y voir, tout simplement, une attractivité supérieure des idées assimilées à la gauche ?

Gilles-William Goldnadel : Tout d'abord, sérions les questions : sur l'impérialisme de la gauche intellectuelle, il ne me viendrait pas à l'idée de reprocher au Monde, à Libération ou aux Inrockuptibles d'être de gauche et donc de véhiculer "une pensée".

Ce que je considère, en revanche, comme effectivement intolérable - et qui est pourtant considéré comme normal - c'est le manquement du service public audiovisuel de l'information à son obligation de neutralité. Le personnel de France Inter, France 2 et 3, d’Arte - et c'est vrai que je l’ai dit, écrit et que je le répéterai ad nauseam - trouve parfaitement normal de laisser transparaître, de manière quasi unanime, sa "sensibilité de gauche", revendiquée à  plusieurs reprises. Pour moi c'est un manquement déontologique à l'égard d'une partie des Français qui payent une redevance.

Si le personnel politique de droite avait plus de courage et de conviction, ce combat devrait être une priorité. Ce n'est pas une question seulement de désinformation, c'est encore et surtout parce que sous couvert de service public et d'un ton moralisateur, on laisse à penser depuis des lustres à une large partie du public que la vision sociétale ou politique de ces journalistes, par ailleurs souvent talentueux, correspondrait à la norme.

Mais au-delà de la question de l'information stricto sensu, la véritable domination culturelle gauchisante s'exerce, de manière peut-être insoluble, dans le domaine cinématographique et artistique. De tout temps, l'utopie artistique aura rempli son office salvateur tant pour aiguillonner le prince que pour ré-enchanter un monde angoissant. Mais dans le monde virtuel dans lequel nous vivons, l'artiste a ravi aux acteurs politiques déclinants la place centrale qu'ils occupaient. L'image a triomphé de l'idée et l'illusion de la réalité. Ajoutez à cela des artistes qui se sont toujours présentés sous leur meilleur profil (de l'occupation à aujourd'hui, on sait que la réalité est évidemment moins attrayante) qui n'ont pas une réflexion ou une culture très impressionnante et vous pouvez comprendre le produit soi-disant culturel qui a été présenté aux deux dernières générations d'occidentaux. Et c'est encore beaucoup plus important que l'information biaisée.

C'est quoi un film américain de politique fiction produit par Hollywood depuis des années ? Un complot dans lequel est fatalement mêlée la CIA. C'est quoi un film social français des années 2000 ? Une histoire dans laquelle un bon bourgeois culpabilisé  vient en aide à un sans-papiers menacé d'expulsion. C'est quoi un vidéo-clip de rap en boucle ? Un noir révolté, entouré de femmes soumises et dévêtues, très en colère contre les flics français racistes. Et ça fait 30 ans que ça dure.

Nous ne sommes pas dans le domaine des idées et de la réflexion, nous sommes dans celui des fantasmes construits et de la perception imposée.

Ce qui caractérise, le matraquage permanent post marxiste, c'est que nous sommes plus dans le domaine d'une théorie dogmatique et argumentée mais au contraire dans la non pensée moralisatrice et obligatoire. Une sorte de bouillon clairet et insipide de sous-culture anti-occidentale, qui lave le cerveau, et dont les seules épices pour donner du goût sont les adversaires à détester religieusement : comme, par exemple, le raciste franchouillard hétérosexuel et homophobe. J'ai expliqué dans "ma réflexion sur la question blanche" qu'il s'agit d'une tragique perversion du choc de cette Shoah dont le responsable serait l'Etat-nation occidental.

Mais quel rapport avec la gauche ?

C'est l'extrême gauche après 68 à la fois antiétatique et tiers-mondiste qui a véhiculé cette thématique perverse. Elle ne s’est plus appuyée sur la théorie marxiste qui avait manifestement échoué lamentablement partout, et elle a appliquée, sans doute sans le savoir, les théories gramscistes de la prise du pouvoir non plus par la force ou par les urnes mais en subvertissant les consciences. Sa réussite est exceptionnelle. Je ne parle pas seulement de ce qu'elle a converti largement l'ensemble de la gauche française, je parle de la sidération et de la culpabilisation des esprits par la création d'un surmoi tétanisant. Je parle enfin de la déstructuration de la société française et même de l'individu attaqué non seulement dans son identité culturelle, nationale mais encore aujourd'hui sexuelle par l'élaboration des théories du genre.

Pour lui résister et tenter de renverser ce formidable courant peut être irréversible, il faut procéder par l’imitation de leur procédé d'intimidation. Vous avez fait référence à mon dernier bloc-notes de l'année. Je me réjouissais du fait de ce que cette Vulgate post marxiste ou postmoderne comme vous voudrez, est sur le point d'exaspérer toutes ses victimes. C'est ce qu'on appelle "la droite décomplexée", mais je voulais surtout insister sur la nécessité, pour porter l'estocade, de désormais complexer cet extrême gauche qui n'est plus tout à fait en majesté.

Elle a fait son succès en invoquant superbement sa supériorité morale et intellectuelle.

On sait à présent qu'il ne s'agit que de pure frime. Il faut donc faire en sorte que le ridicule, le grotesque, le sordide changent de camp : dire, tranquillement, en utilisant si possible, la même causticité, que le  totalitarisme c'est le gauchisme - ainsi que son compagnon de route et complice islamiste - et plus crûment et plus prosaïquement encore, qu'aujourd'hui le beauf, le gros con bas du front, se recrute beaucoup plus facilement à gauche qu'à droite. A l'université, j'avais un copain, gentiment fayot, aujourd'hui confrère pénaliste avec un petit nom qui, un jour qu’il était en mal de confidences m'avait avoué qu'il se disait de gauche pour plaire aux filles. Il faut faire en sorte que pour emballer, ce soit mieux d'être de droite.

N'êtes-vous pas finalement aussi systématique que ceux que vous dénoncez ?

J'ai décrit à plusieurs reprises mon expérience personnelle de l'extrême droite intolérante et du catholicisme impérieux. Ne vous y trompez pas, si nous étions dans les années 30, quand le nationalisme chauvin tenait le haut du pavé intellectuel, j'aurais pris, j'en suis sûr, des positions exactement symétriques. Au fond, le fascisme intemporel n'est rien d'autre que la soumission conformiste à la mode qui trotte. Il faut comprendre qu'aujourd'hui le gauchisme n'est plus qu'un astre mort qui éclaire encore d'une lumière glauque les églises médiatiques. Comme dans tout phénomène d'essence religieuse, les petits clercs qui s'y convertissent encore ne le font plus que par habitude ou par un réflexe de crainte révérencieuse. Ainsi, dans un pays comme la France, où les journaux sont faibles et les places sont chères, un journaliste va encore épouser la pente de la facilité conforme par peur de déplaire et de nuire à sa carrière. Le militantisme n'est plus réservé qu’à une minorité d'obtus. L'intelligence et le courage ont largement changé de camp, cela commence à se savoir. Raison de plus pour oser le dire effrontément.

Sur le plan extérieur, on vous a souvent reproché d'être un sioniste, exagérément attaché à Israël. Qu'en est-il ?

Il n'y a aucun doute que je suis résolument attaché à l'existence d'un Etat-nation pour le peuple juif sur sa terre historique. Donc aux réalisations du sionisme. J'aurais beaucoup de mal à faire le départ entre ma sensibilité affective personnelle et le fait que je sois, de manière générale, un défenseur de l'identité et du droit pour chaque peuple de bénéficier de la protection physique et culturelle d'un Etat-nation démocratique. Je le défends résolument pour chaque peuple, français, algérien, tibétain et même arabe de Palestine pour autant que ce dernier ne milite pas comme il le fait depuis un siècle avec une belle constance pour la destruction de l'Etat-nation du peuple juif.

Sur le plan personnel, je me suis construit affectivement sur le terreau de l'antisémitisme chrétien et dans le souvenir, sans jouissance ostentatoire, de ce qu'avait été le sort de ceux qui m'avaient précédé et qui n'avaient pu bénéficier de la protection effective d'un Etat refuge. Je reconnais que les réalisations, y compris militaires, de l'Etat juif ont redonné une fierté, parfois excessive, à un judaïsme diasporique, qui, croyez-moi, faisait moins étalage de sa judéité il y a un demi-siècle. C'est la dette que je paye sans barguigner. J'ajoute enfin que même si, d'évidence, la politique gouvernementale israélienne ne saurait être exempte, par essence, de reproches, la détestation de l'Etat juif me paraît tellement extravagante, obsessionnelle et disproportionnée, qu'elle ne fait que renforcer ma détermination d'avocat de cette cause existentielle.

Où voyez-vous de la disproportion ou de l’acharnement injuste ?

Je me bornerai aux exemples les plus récents : songez que les massacres en Syrie depuis le début de la guerre ont causé près de trois fois plus de victimes que l’histoire du conflit israélo-palestinien ! Ainsi que je l’ai fait remarquer à plusieurs reprises, les belles âmes de gauche indignées, les grands amoureux français des peuples arabes, keffiéh autour du cou, les Mgr Gaillot, Stéphane Hessel, Alain Besancenot et consorts n’ont pas usé une seule fois leurs escarpins sur les pavés parisiens. Vous voudrez bien comparer leur silence et leur passivité avec les manifestations monstres organisées à Paris lorsqu’Israel a été conduit à riposter aux attaques de roquettes du Hamas.

Vous voulez un exemple encore plus frais d’acharnement injuste ? Je lis Le Monde, et notamment sa couverture du conflit proche-oriental, depuis 40 ans. Je jure que jamais ce journal, lorsque il a rendu compte d’un article d’un journal israelien, n’a donné à ses lecteurs autre chose qu’un point de vu anti-gouvernemental. Cette semaine, le grand journal The Jerusalem Post, a publié un article d’un important journaliste arabe-israelien nommé Khaled AbuToahmeh, celui-ci fait le procès en règle de la corruption, de l’atteinte aux liberté, et de la duplicité politique de l’Autorité Palestinienne. La semaine dernière, un des plus importants blogueur égyptien laïc, très critique envers les frères musulmans s’est rendu en Israel dans un geste de concorde.

Le Monde n’a pas parlé et ne parlera pas de ces deux sujets, tous deux traités dans la presse anglo-saxonne. On me demande parfois s'il n'y a pas une contradiction chez moi, le contempteur de l'antiracisme professionnel et  obsessionnel à reprocher aux antisionistes leur antisémitisme. Mais, je récuse la formulation de cette question biaisée : contrairement à ce que les pratiquants de l'anti-israëlisme obsessionnel feignent de penser, il est rare, et pour tout dire exceptionnel, que je leur reproche leur antisémitisme. On peut détester pathologiquement Israël pour bien d'autres raisons : l'ignorance, la stupidité, la méchanceté, la détestation de l’être et de l'Etat-nation occidental par exemple. Ces défauts me viennent naturellement à l'esprit, avant l'antisémitisme qui n'est peut-être pas le pire…

Cependant  une perversion intellectuelle s'est construite qui voudrait que ces gens bénéficient, précisément en raison de leur antisionisme, d'un brevet indiscutable de philo-sémitisme, bien dans la tradition d'insoupsonnabilité du gauchisme immaculé.

Or, on peut être ignorant, méchant ET antisémite. On peut être antisioniste ET antisémite, je pense même que ça doit  aider…

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 14:31

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http://www.atlantico.fr/decryptage/expansion-droitosphere-web-signe-t-elle-desserrement-contrainte-liberte-expression-imposee-certaine-gauche-depuis-40-ans-gilles-592971.html

 

La semaine Goldnadel

Publié le 31 décembre 2012

L'expansion de la droitosphère sur le web signe-t-elle le desserrement de la contrainte sur la liberté d'expression imposée par une certaine gauche depuis 40 ans ?

L'année 2012 a montré une alternance sur le web tandis que la dynamique de la blogosphère politique française est passée à droite, la gauche étant saisie par le trouble. 

La blogosphère hexagonale montre une gauche française saisie par le trouble. 


Le Monde décrit  cette semaine une blogosphère hexagonale montrant une gauche française saisie par le trouble, tandis que la droite nationale s'épanouirait gaiement.

Nul doute que le journal en ligne dans lequel je me répands hebdomadairement, encore qu’heureusement éclectique, en soit le reflet emblématique.

On peut bien entendu se hasarder à quelques explications. Le fait que les médias audiovisuels et la plus grande partie de la presse de papier se chargent de diffuser la Vulgate postmoderniste insipide et obligatoire. Également, l’exercice gouvernemental calamiteux qui démontre dans la pratique l'inanité des théories radotées, confrontées à la réalité abhorrée.


La circonstance, enfin, qu’aussi lentement que sûrement, une grande partie de ceux qui se reconnaissent dans le désir désespéré de sauver leur État-nation démocratique contre sa destruction engagée, ont cessé, enfin, d'être « complexés ».

Encore que l'auteur de ces lignes ne se souvienne pas d'avoir été jamais complexé d'être ce qu'il est, dans sa complexité, sans honte ni vanité, il faut reconnaître que ceux qui osent désormais s'affranchir d'un surmoi imposé depuis quatre décennies et dont ils saisissent à présent toute  l’imposture morale et intellectuelle, s'exposent encore aux risques sociaux ou professionnels de leur liberté retrouvée.

Dans des chroniques précédentes, j'ai rappelé les déboires de certains journalistes ou intellectuels (Zemmour, Ménard, Millet, Camus etc.) qui ont fait les frais d'une censure ecclésiastique d'autant plus vigilante qu'elle se sait désormais aux abois.

La question qui fâche le plus nos cerbères édentés, étant la question-mère, la cause identitaire.

 

À ce sujet, personne ne m'empêchera de considérer que dans l'actuelle descente aux enfers de l'impopularité, Jean-François Copé, nommé cette semaine première « tête à claques » de la classe politique, avant même Marine Le Pen, aura payé cher un pain au chocolat et une reconnaissance d’un racisme anti-blanc.

Bien entendu, on aura beau jeu de m'objecter un vaudeville électoral peu reluisant et un style personnel, mais je trouve l'argument un peu court lorsqu'on compare son sort à celui de son compétiteur tout aussi responsable de la tragi-comédie qu'a donné l'UMP.


Le destin provisoire que connaît aujourd'hui le député-maire de Meaux me rappelle bien davantage celui d'un Nicolas Sarkozy traité de nazi sous les lazzis, en suite de sa sortie au Karcher ou après certains débats sur l'identité nationale.

Je me permets d'insister, précisément dans ces colonnes ouvertes et éclairées, parce que même les esprits les plus clairvoyants sont les victimes collatérales des bombardements médiatiques massifs.


Copé, après avoir été donné perdant par des sondages orientés, aura été constamment moqué, du soir jusqu'au matin par ceux qui, précisément, ne veulent rien voir changer dans les règles qu'ils ont eux-mêmes fixées.

La partie en train de se jouer transcende, de loin, le sort de Jean-François Copé. 

S’il était désavoué, et que se mettait en place dans son parti une sorte de consensus lâche et mou, à nouveau un Front National n'ayant toujours pas achevé sa mue redeviendrait commodément la tête à claques idéale pour voir la gauche française recommencer à terroriser les défenseurs du droit des Français à revendiquer sans complexe leur identité.


À voir le regain d'intérêt  qu’inspire un Sarkozy revenu de la géhenne, cette partie n'est pas perdue.


À la seule condition que les spectateurs en comprennent  les règles controuvées  et qu'on ne désespère pas les bons acteurs de jouer des rôles populaires mais difficiles. 

 

En réalité, j'ai toujours pensé que dans le Kulturkampf au couteau que je préconise depuis des années, il ne suffit pas d'être décomplexé, mais il convient encore et surtout de complexer les membres du clergé et de l'aristocratie de l'idéologie dominante.


C'est ce que cette dernière aura fait sans nuance, pitié ou décence depuis 1968 et c'est ce qui doit lui être désormais retourné.


Certes, sans son méchant esprit de système qui restera sa triste marque de fabrique.

C'est ainsi que l'on doit remarquer, sans s'en plaindre, que le personnel politique et médiatique d'essence libérale ne se sera pas acharné, faute de preuves nécessaires et convaincantes, sur l'actuel ministre socialiste des Finances. On peut imaginer, sans grande spéculation intellectuelle, le sort qui aurait été fait à un alter égo de droite ressemblant, par exemple, à Éric Woerth.


En revanche, il suffisait de moquer, comme j'ai essayé de le faire la semaine passée, la morgue de certains artistes mineurs conspuant Depardieu tout en profitant outrageusement de l'argent public  pour illustrer l'imposture morale et intellectuelle de la bien-pensance à la française.


La décision du Conseil Constitutionnel n'aura fait que porter une estocade juridique, moralement superflue, à une mesure fiscale dont, précisément, tout l'intérêt pervers était d'être économiquement  inutile donc électoralement payante.

 

Moquer cette semaine l'idéologie encore dominante et ses tenants, c'est, par exemple, constater que ceux qui, il y a si peu de temps, conspuaient l'ancien président lorsqu'il prenait des initiatives législatives, en matière de sécurité, « sous la dictature de l'émotion » de circonstances dramatiques, n'ont pas eu ce scrupule lorsqu'ils comprenaient le désir de Barack Obama de modifier incontinent la législation en matière de détention d'armes à feu, au lendemain d'une tuerie.


J'avais moi-même souligné cette contradiction inhérente à la bien-pensance indignée au lendemain de Fukushima et des pressions exercées immédiatement  avec succès par les Verts sur leurs alliés socialistes pour obtenir l'éradication de l'industrie nucléaire française.


Aujourd'hui, alors que les Japonais reviennent progressivement sur leur décision de renoncer au nucléaire, la gauche française est toujours arc-boutée théologiquement sur une théorie médiéviste qui, en diabolisant l'atome comme le schiste, revient à laisser le pays dans la dépendance énergétique absolue de l'étranger.

Bien entendu, tout esprit qui verrait derrière cette croyance imposée la trace de quelque lobby pétrolier sera taxé de conspirationniste, le seul lobby qui soit identifiable moralement étant, par essence, celui du nucléaire.

 

En politique étrangère, c'est sans aucun complexe, que la gauche intellectuelle et médiatique – je veux parler du Monde – commence à prendre ses distances avec Mohamed Morsi et ses frères musulmans égyptiens. Je rappelle à mes lecteurs qu’il y a encore quelques semaines je moquais gentiment le vespéral pour avoir loué la modération et  l'habileté  du président égyptien. Quelques jours plus tard, et toujours, dans l'aimable gausserie, je brocardai son correspondant local pour, citant complaisamment l'universitaire Jean-Pierre Filliu, avoir présenté celui-ci en ami de l'Occident. Il n'empêche, encore à présent, le quotidien qui se voudrait toujours de référence continue de traiter le rais islamiste avec des précautions qu’il ne prendrait ni avec Victor Orban ni avec Silvio Berlusconi.

Pour hâter ses réflexions déchirantes, je lui rappelle cette information publiée dans la presse anglo-saxonne et qui, étrangement, n'a pas été rapportée par lui.

Il s'agit du discours d’un guide spirituel des frères musulmans en Égypte, Nabi Mansour qui vient d'être classé au hit-parade numéro un de la liste annuelle du centre Simon Wiesenthal : morceaux choisis d’un de ses discours traduits par le Middle East Media Institute Research  (Memri) : « les juifs ont dominé la terre, ont répandu la corruption, versé le sang des croyants et leurs actions ont profané les lieux saints… » Le même homme a prononcé en octobre une allocution télévisée à la mosquée Tenaim en présence du président égyptien : extraits de la prière : « O Allah, détruit les juifs et leurs supporters, disperse les et démontre ton pouvoir ! ». À la fin du saint prêche, on voit distinctement Mohamed Morsi approuver la prière d'un très pieux « Amen ! ».


Évidemment, le mécréant qui signe aura beau moquer la cécité intellectuelle de cette presse de gauche si antiraciste, il faudra encore bien des prêches, bien des coptes assassinés, bien des homosexuels retranchés, bien des femmes voilées et violées pour espérer la faire douter. 

Raisons de plus pour y aller sans complexe.

 

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 14:28

 PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » :  

http://www.atlantico.fr/decryptage/anticor-buisson-taubira-t-on-deja-vu-ministre-justice-prendre-autant-parti-justiciable-contre-autre-gilles-william-goldnadel-580017.html

 

La semaine Goldnadel

17 décembre 2012

 

Anticor, Buisson, Taubira : a-t-on déjà vu un ministre de la Justice prendre autant le parti d'un justiciable contre un autre ?

L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, estime que la garde des Sceaux est juge et partie dans l'affaire des sondages de l'Elysée.


A bien y réfléchir, depuis que je tiens ce bloc-notes, les variations sur l'actualité hebdomadaire que j'interprète tournent autour de la même thématique.


Au risque en effet d'indisposer l'idéologie en majesté dans les médias, je brocarde les moralistes indignés à temps plein, leur hémiplégie intellectuelle, leurs dénonciations sélectives qui ne font que masquer leurs propres turpitudes.


L'affaire de Mme Taubira qui a défrayé la chronique judiciaire de la semaine m’en offre sur un plateau un exemple emblématique auquel je ne saurais renoncer de bon cœur sous le prétexte que je serais l'avocat de son contempteur.


Ne voulant me conduire en juriste subjectif - médiocrement crédible - j'opterais délibérément pour la polémique objectivement annoncée.

 

J'en ferai donc l'unique objet de mes ressentiments chroniqués.

Je rappellerai donc pour mémoire que mon client Patrick Buisson a annoncé mardi dernier qu'il m'avait demandé (ainsi qu’à mon confrère Éric Morain) de porter plainte pour prise illégale d'intérêts à l'encontre de Christiane Taubira, garde des Sceaux, pour être demeurée au sein du Comité de Parrainage de l'association Anticor, partie civile contre lui - ce qui lui donnait statutairement le droit d'être membre de son conseil d'administration et l'obligation d'en être caution morale - tout en devenant ministre de la Justice.


Comme si cela ne suffisait pas - alors que cela suffit amplement en droit pénal - Mme Taubira a publié le 13 novembre, ès qualités de garde des Sceaux, le communiqué le plus halluciné et le plus hallucinant de toute l'histoire de la justice en rendant hommage à sa filleule tout en décrivant le justiciable poursuivi par cette dernière "dans la déroute… et le désarroi".

Je ne résiste pas à la tentation de reproduire ci-après intégralement ce qui demeurera comme un chef-d’œuvre inégalable, baroque et flamboyant, de l’art de s'ingérer publiquement dans les affaires de la justice quand on est ministre de la Justice :

"Décidément, tout s’en va, emporté par les torrents de trivialité. Ils avaient bien de la chance, les contemporains d’Emile Zola. Car derrière ce titre tonitruant, J’ACCUSE, asséné pour prendre fait et cause pour le Capitaine Dreyfus, il y avait une littérature éblouissante, un courage politique et physique, une éthique de la justice, une conception exigeante de la liberté, d’abord pour l’autre, et un consentement à l’altérité dans un climat politique survolté.


Aujourd’hui où ce qui est minuscule fait grand tapage en tombant, ce détournement du cri de tonnerre de Zola résonne pathétiquement comme un couic de déroute. Avoir été membre du comité de parrainage lors de la création d’Anticor sans être encore membre de l’association, témoigne à la fois du sens de l’engagement citoyen dans la responsabilité politique, et de la place qu’occupe la vigilance citoyenne dans la vitalité de la démocratie.

La Justice accomplit son œuvre, par l’office des magistrats qui requièrent et jugent au nom du peuple française, en conscience et conformément aux dispositions du code pénal. Pas de place pour le désarroi qui se déguise en incantation littéraire."


Je pèse mes mots, dont je suis évidemment comptable : jamais un ministre de la Justice en exercice, qui donne des instructions à un parquet hiérarchiquement sous ses ordres, et de qui dépendent les poursuites, qui propose au Conseil Supérieur de la Magistrature les listes de nomination des juges du siège, n'avait montré une telle dilection pour une partie civile avec laquelle elle a toujours des liens juridiques, ce qu'elle a fini par reconnaître dans un second communiqué, après l'avoir nié contre l'évidence.


Jamais non plus, le même ministre de la Justice, dans la même affaire, n'avait montré une telle antipathie envers l'un de ses justiciables. 

Accessoirement, et par un hasard cosmique, le parquet a pris subitement des réquisitions conformes aux vœux d’Anticor, opérant en cela une révolution copernicienne à l'égard de ses positions précédentes, depuis l'arrivée de Mme Taubira aux affaires.


Ceci posé de manière factuellement et juridiquement incontestable, place à la polémique : quelle raison psychologique ou politique pourrait expliquer le comportement extravagant de la garde des Sceaux ?


Sans doute, un sentiment d'impunité qui l'aurait conduite à penser qu'elle pouvait tout se permettre. 

Ivresse des cimes, ressentie par bien des puissants arrivés brutalement au faîte du pouvoir et des honneurs ?


Peut-être, sans doute, mais il y a plus que cela : le sentiment d'incarner le camp du Bien, tandis que ses adversaires représentent ce qu'il y a de plus méprisable et qu'il convient de mépriser.

Et convenons-en, à décharge pour la ministre : une partie de la presse, celle de son camp, celle de service public - ce qui revient à peu près à la même chose - un syndicat de magistrats qui, ordinairement, s'indignent pour bien moins que cela, se sont bien gardé de pousser les cris d'orfraie qu'ils réservaient il y a encore quelques mois au moindre geste de celui que Patrick Buisson conseillait.


Caril y va de l'indépendance de la justice, comme des choses de l'amour, plus on en parle, moins on la fait.

Que l'on m'entende parfaitement : Mme Christiane Taubira, du temps où elle était députée de Guyane, avait parfaitement le droit d'être une militante partiale, subjective, de dire sa dilection pour une association tout aussi partiale et sa détestation envers un homme qui ne partage certainement pas sa vision du monde.


Mais il lui était interdit de le demeurer et davantage encore de le montrer, une fois qu'elle avait posé un pied place Vendôme.

C'est de cela qu'elle devra répondre.

Pour l'heure, elle se sera contentée de dire à un député de l'opposition qui l'interrogeait devant la représentation nationale, qu'il avait de la chance de bénéficier de l'immunité… et à un journaliste: "que M. Buisson ne comptait pas".

C'est assez peu.


Un dernier mot pour la partie civile Anticor, qui, hier encore, s'enorgueillissait publiquement sur son site d'avoir pour marraine, une ministre de la Justice, vantait sa présence à ses manifestations, et qui, soudainement, minimise leur familiarité : voilà donc une association dont le but affiché est de traquer impitoyablement le conflit d'intérêts où qu'il se trouve et qui feint de ne pas le voir parce qu'elle s'assoit dessus.

Voilà qui rappelle la grande époque des frères Lumière et leurs histoires d'arrosage.


J'accuse…. Je sais, la ministre n'aime pas ces mots qu'elle semble n'accepter que sous la plume ou dans la bouche de ses amis politiques et certainement pas de qui ne compte pas. Mais, pardon de le lui dire : Zola, l'affaire Dreyfus, l'indépendance de la justice, son instrumentalisation à des fins politiques ou idéologiques, le parti pris d’une certaine presse, le délit de sale gueule de traitre, je connais cela au moins autant qu'elle.

J'accuse donc Mme Christiane Taubira, ministre de la Justice, garde des Sceaux, d'avoir dévoyé les devoirs de sa charge en favorisant publiquement l'une des parties avec laquelle elle est en lien au détriment d'un citoyen qui a le droit à un procès équitable. Même et surtout s'il ne compte pas.


J'en fais une affaire d'État, car c'en est une.


Je ne dispose d'aucune immunité.

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 16:58

 PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » :


http://www.atlantico.fr/decryptage/affaire-cahuzac-liberte-presse-peut-elle-exercer-au-prix-toute-deontologie-572490.html

 

La semaine Goldnadel

10 décembre 2012

 

Affaire Cahuzac : la liberté de la presse peut-elle s'exercer au prix de toute déontologie ?


Le gouvernement britannique s'est attelé à une rude tâche : moraliser la presse. Celle-ci, encore qu'attachée jalousement, comme on le sait, à sa liberté, en a admis le principe.

Contrairement à ce qui se passe aujourd'hui de notre côté de la Manche, les journalistes anglais connaissent encore le sens du mot « excuses ». C'est ainsi que très récemment, le directeur de la BBC en a présentées, en suite de l'aveuglement de sa chaîne devant le comportement pédophile de l'un de ses principaux collaborateurs aujourd'hui décédé.


Les journalistes britanniques acceptent le principe de se soumettre à un conseil déontologique paritaire disposant d'un pouvoir de sanction. En France, à l'inverse, la presse a décidé depuis toujours de s'en remettre, sans trop d’humilité, à sa capacité d'autocontrôle.


Sur le plan judiciaire, les tribunaux français se montrent, dans la pratique, cléments, lorsqu'ils constatent -après un parcours procédural semé d'embûches- une faute journalistique avérée, au rebours de la justice anglo-saxonne qui peut avoir la main fort lourde.

 

C'est dans ce contexte spécifique de quasi impunité, et dans lequel je n'aurai garde d'oublier le caractère très idéologisé de la presse hexagonale, qu'il faut réfléchir à la manière dont cette semaine, un monsieur nommé Cahuzac a été accusé publiquement de détenir un compte bancaire occulte, ce qui est un comble lorsqu'on s'est donné pour tâche de lutter contre l'évasion fiscale.

Et lorsque j'écris "manière", je fais expressément référence à la méthode employée par Médiapart pour accuser le ministre des finances du gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Des accusations, nullement étayées matériellement, émanant d'un inspecteur des impôts à la retraite extravagant, aux méthodes contestées, qui ne cache pas son ressentiment. Lequel est revenu par la suite sur ses affirmations concernant le financement de l'appartement du ministre. Et pour faire bonne mesure, le jour d'après les dénégations ministérielles : publication d’un enregistrement sonore inaudible censé correspondre à la voix de l'illustre mis en cause.


Et voici celui-ci ainsi placé dans une diabolique alternative de contester négativement donc vainement qu'il s'agirait de lui ou de reprocher une violation illicite de sa vie privée, par enregistrement non consenti, ce qui vaudrait aveu.

On aura compris que je me moque de savoir le fond du sujet, et que je m'interdis même d’y réfléchir, dès lors que je constate que des journalistes se sont arrogés, au nom de je ne sais quel improbable magistère moral, des droits indus qu'ils sont les premiers à contester avec véhémence lorsque la justice les utilise contre les malfrats ou contre eux-mêmes.


Cette prétention totalitaire à la totale transparence a été depuis toujours à la source de bien des malheurs. L'originalité de notre temps déstructuré vient de ce qu'aujourd'hui, ce totalitarisme n’émane pas de l'État, mais d'officines façon Wikileaks, de particuliers, ou de sacro-saintes O.N.G., qui se drapent dans le pli de l'étendard de la liberté outragée, en cas de réclamation judiciaire.

Il n'est pas sûr que ce ne soit pas pire. Mais qui a osé se plaindre de cette plenelisation des esprits ?

Dans ce contexte idéologique délétère, la droite républicaine, en dehors de la question orale posée à l'Assemblée par un député dont j'ai oublié le nom, se sera comportée décemment.


Il n'est pas inutile de comparer avec le comportement récent des amis politiques du ministre des finances qui, dans des circonstances analogues, ont manifestement oublié le discours prononcé par Léon Blum lors des funérailles de son ministre Roger Salengro : « il n'y a pas d'antidote contre les poisons de la calomnie. Une fois versés, ils continuent d'agir quoi qu'on fasse, dans le cerveau des hommes de la rue comme dans le cœur de la victime. Il pervertit l'opinion, car depuis que s'est propagée, chez nous, la presse de scandale, vous sentez se développer dans l'opinion un goût de scandale. »

Il n'est pas interdit de gloser aujourd’hui sur cette différence entre gauche humaniste et droite méphitique.

 

Dimanche, le journal du même nom interrogeait notre premier ministre sur l'initiative de Mme Duflot souhaitant réquisitionner les bâtiments publics vacants appartenant à l'église.

Son chef lui donne raison, voulant « mobiliser toutes les énergies pour faire face aux problèmes de l'hébergement d'urgence ».

A la suite de la sortie de la ministre Vert, tout a été dit sur la générosité discrète et concrète de l'église catholique qui n'a d'égale que la fausse bonté cathodique des socialistes et de leurs alliés, plus généreux avec l'argent des autres.

À titre anecdotique, j'ai encore en mémoire cette émission de la défunte Anne Gaillard, animatrice sans concession il y a plus de deux décennies, d'une émission consumériste sur France Inter et qui avait enquêté sur le comportement des cabinets d'avocats en matière d'honoraires.

Sans surprise pour l'auteur de ces lignes, il s'était révélé que les grands cabinets réputés de gauche étaient infiniment plus intransigeants à l'égard de la petite clientèle en difficulté que ceux de leurs confrères droitiers.

Comme si discours valait quittance.

 

Toujours au sujet de cette nécessaire mobilisation prônée par Jean-Marc Ayrault, je ne saurais trop lui recommander de s'intéresser aux ressources de la CGT.

À ce sujet, la lecture des « Dossiers » publiés ce mois de décembre par « Contribuables Associés » pourrait l'instruire utilement. Notamment le chapitre intitulé « des syndicats assis sur un tas d'or ».


Dans le cadre de cet article édifiant, on apprend que selon un rapport de l'administration, les décharges de service et les subventions versées par les collectivités locales et les hôpitaux à l'ensemble des syndicats de la fonction publique coûteraient près de 250 € par an et par agent. L'enquête a été menée en 2010 par quatre corps d'inspection dont l’Igas.

On apprend également, que c'est l'État socialiste qui a financé la construction des 90 000 m² de bureaux que le syndicat CGT occupe à Montreuil. De quoi loger sans doute de nombreux nécessiteux.


Ce travail d'investigation effectué par l'association « Contribuables Associés » est d'autant plus salutaire, qu’ainsi que le souligne Jérôme Dubus, conseiller UMP de Paris, « à droite aussi, on se montre trop souvent craintif, donc conciliant, vis-à-vis de la CGT… Je vous laisse imaginer les réactions outragées de la gauche, CGT en tête, si un scandale moitié moins important que celui du comité d'entreprise d'EDF géré par la CGT avait pu être imputé à une organisation proche de la droite ».

M. Dubus aurait pu également prolonger son regard sur les médias conciliants, à défaut d'être craintifs.


Il m'arrive de sévir sur l'excellent site Boulevard Voltaire animé par Robert Ménard et Dominique Jamet. Ceux ci, avec l'esprit démocratique qui les caractérise, ont publié un article d’un M. Meininger qui fait un sort particulier au CRIF, dont il est de bon ton de stigmatiser l'intolérance communautariste, pour avoir obtenu l'annulation par le ministre de l'intérieur d'un meeting organisé par l'université de Toulouse Mirail en faveur de la Palestine.


Ce monsieur a simplement oublié de préciser à ses lecteurs -ainsi sans doute qu'aux animateurs du site- un simple détail, une paille, une brindille : que l'un des intervenants autorisés par le recteur de l'université était membre du FPLP, organisation officiellement classée comme terroriste par les États-Unis comme par la Communauté Européenne.


Il n'a gêné, en outre, ni le recteur, ni le rédacteur, qui se dit journaliste, que cette affaire se déroule à Toulouse.


Et en France, quelques mois après le massacre. Les braves gens.

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 11:06

 PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » :  

http://www.atlantico.fr/decryptage/florange-mariage-homosexuel-gaz-schiste-est-bien-raisonnable-croire-que-gauche-plurielle-est-gage-progres-et-modernite-gilles-wi-564918.html?page=0,3 

Florange, mariage homosexuel, gaz de schiste : est-il bien raisonnable de croire que la gauche plurielle est gage de progrès et de modernité ?

Cette semaine, Gilles-William Goldnadel revient aussi sur le conflit palestinien.  

La semaine Goldnadel


Publié le 3 décembre 2012


Et si la France était en train de succomber d'une maladie idéologique orpheline et logorrhéique ?


L'exemple d'un Arnaud Montebourg, ministre-bateleur, en fournit cette semaine un exemple pathétique. On avait déjà compris, à l'intitulé tragi-comique de sa fonction, qu'il serait le ministre de la parole. Il lui incombait de galvaniser syndicats et travailleurs en détresse au son du canon anti-mondialiste, du violon internationaliste et de l'accordéon patriotique. Rude tâche !


Mais la parole n'est pas l'esbroufe, la tchatche et encore moins la galéjade.

En huit jours, l'intéressé aura commencé par décréter publiquement l'expulsion d'un investisseur étranger, comme il n'aurait jamais osé à l’égard d’un criminel sans-papiers. Après quoi, notre ministre aura prétendu avoir dans la manche un repreneur miraculeux pour sidérurgie en déroute, aussi imaginaire que le libyen qu'il avait trouvé pour raffinerie moribonde. Enfin, son Premier ministre sifflait la fin de la récréation en démentant toute menace de nationalisation, qui, si on avait bien compris, n'avait été brandie par Arnaud-le-Kid que pour faire peur à un méchant indien. À la fin du film, notre héros triomphait en s'en remettant à la parole d'un homme qu'il n'avait cessé de traiter de menteur.


À l'issue de cette huitaine prodigieuse, notre ministre aura réussi à esbaudir la presse internationale - y compris celle de gauche -, les syndicats, ses collègues du gouvernement, jusqu'au Monde.

M. Montebourg avait su faire rire en disant que Mme Royal n'avait qu'un seul défaut, son compagnon d'hier. Voilà Mlle Pulvar à présent irréprochable.

 

Comme je le suggérais la semaine dernière, il est dommage pour le débat démocratique de ne s'en remettre qu'aux religions labélisées pour émettre d'éventuelles critiques au projet de mariage gay.

Ainsi, pourquoi ne pas avoir demandé leur avis également aux représentants athées de la libre pensée, lors d’un débat le 29 novembre à l'Assemblée nationale ?

En guise de débats, la portion était congrue puisque les responsables religieux n'ont eu que 15 minutes chacun pour s'exprimer. (Le Figaro du 30 novembre).


Ce jour là, un bel exemple d'idéologie faussement rebelle a encore été donné par ces manifestants tournant autour du Palais-Bourbon, munis de pancartes en faveur du mariage homosexuel ainsi libellées : « André Vingt-Trois occupe-toi de ton culte » ou encore « l'Assemblée nationale n'a pas à écouter André Vingt-Trois… ». A l'intérieur, un député de gauche très remonté qualifiait de « lobbys », les représentants religieux. Enfin, on apprenait que l'excellent Roger Madec, député-maire socialiste parisien avait tout simplement coupé l'électricité de sa mairie pour empêcher la fantasque Frigide Barjot de débattre avec Benoît Duquesne de la télévision française.

Un esprit chagrin pourrait se laisser aller à penser que nos courageux laïcards ne font pas montre d'une égale pugnacité lorsqu'il s'agit de contredire certains représentants d'un autre culte, autrement plus agressifs.

 

Curieusement, la presse n'aura pas grandement répercuté pareils errements, au rebours de la manière dont elle aura condamné sans appel l'attitude d'opposants catholiques traditionalistes, certes peu portés à la gaudriole, mais qui ne demandaient qu'à ne pas être moqués par des contre-manifestantes dénudées venues les provoquer.

 

Le Monde du 30 novembre titrait sur le « piège » tendu au gouvernement par ses Verts alliés. Le 11 décembre, les 17 députés d'Europe Écologie-Les Verts ont déposé sur le bureau du président de l'Assemblée nationale une proposition de loi destinée à interdire définitivement toute exploitation et même exploration du gaz de schiste et ce « quelles que soient les techniques utilisées ».


La réalité de ce piège est douteuse, car dès juillet 2011, le PS, pour séduire la mouvance écolo-médiévaliste, estimait que la loi Jacob (UMP), interdisant la fracturation hydraulique, adoptée le 13 juillet 2011 n'était pas suffisante pour barrer la route au gaz de schiste et avait surenchéri.

Ainsi, en torpillant la filière nucléaire, en tuant dans l’œuf toute possibilité d'exploiter sans dommage le schiste, pour complaire à ses compères électoraux, la gauche démocratique prive le pays de toute possibilité d'indépendance énergétique à bon marché pour les années qui viennent.

Dans le même temps, la même gauche, pour calmer ses camarades du PCF, du Front de gauche et leurs relais corporatistes, s'interdira tout réel progrès pour obtenir une flexibilité du travail qui, elle le sait pourtant, représente la seule possibilité de juguler la hausse du chômage.

Hormis cela, l'idéologie sommaire qui trotte continuera de suggérer que la gauche plurielle incarne le progrès et la modernité.

 

Une fois n'est pas coutume, j'aurais volontiers signé les conclusions de la chronique internationale du vendredi d'Alain Frachon (Le Monde) consacrée au Proche-Orient : « cette idée que la solution viendra des deux adversaires est une faribole. Dans un conflit de cette nature, quand pèse l'histoire, la force des sentiments nationaux et les souvenirs des morts, il faut un parrain, capable de tordre le bras des uns et des autres.… La paix viendra de Washington ».

Assurément. Les Arabes de Palestine passent leur temps depuis près d’un siècle à surenchérir les uns sur les autres, quant au Premier ministre israélien, les dernières élections au sein de son parti, le Likoud, ont porté aux premières places des politiciens plus à droite qu'il ne l'aurait lui-même souhaité.


Ceci étant clairement posé, M. Frachon aurait pu prolonger sa réflexion jusqu'à remarquer que le président Obama avait manqué une occasion unique de pouvoir, au début de son mandat, tordre efficacement les bras des deux ennemis, en se consacrant uniquement sur le bras Israélien lors d'un discours du Caire unilatéralement islamophile ou de condamnations de constructions à Jérusalem. En oubliant le bras adverse.

Quatre ans plus tard, le parrain américain regrette cette distraction qui a permis -ou obligé- la partie arabe à poser des conditions préalables à toute reprise des négociations.


Quatre ans plus tard, l'administration américaine a fini par comprendre que l'obstacle principal, dans l'esprit israélien, repose sur l'ambivalence d'une autorité palestinienne qui se refuse toujours à reconnaître l'État d'Israël, en tant qu'État juif, conformément à la déclaration de partage de 1947.

C'est dans cette méfiance existentielle et obsidionale, compréhensible à qui veut bien comprendre, que l'on doit interpréter le ressentiment de Jérusalem. Israël constate que ceux qui le pressent à s'engager dans de nouveaux accords et qui se proposent de garantir ceux-ci, ont, cette semaine, apporté leur voix à une résolution présentée unilatéralement par l'Autorité palestinienne, en violation des accords d'Oslo -qu'ils ont garantis- et qui prohibent toute initiative non négociée.

À ceux qui m'objecteraient les implantations controversées, j'objecte d'avance que lesdits accords ne les interdisent pas, en l'absence de frontières reconnues, que, précisément, la négociation doit fixer définitivement.


Il va sans dire que je suis sans illusion sur la portée de ces objections juridiques auprès d'un large public nourri dès le berceau au lait d'une idéologie palestiniste dont les mamelles d'où il sort sont l’une anti-occidentale, l'autre, xénophile.

Dès lors, les remarques factuelles que je pourrais faire sur la complaisance de l'Autorité palestinienne à l'égard du terrorisme de son frère ennemi islamiste du Hamas ou de l'antijudaïsme qui continue de sévir dans toute la Palestine, et qui n’inspirent guère au peuple israélien la confiance requise pour s'engager plus avant, se heurteront toujours au déni de l'irritante réalité.


François Hollande, le mois dernier, avait corroboré ce qui précède en disant préférer la voie de la négociation aux initiatives unilatérales déraisonnables. Mais l'idéologie de ses deux partenaires rouge et vert, sans parler de sa clientèle, aura été, une nouvelle fois, plus forte que la raison.

 

Dans ce contexte, en vrac, quelques informations que n'aura pas relatées la presse française idéologisée sans le savoir :

- elle ne relatera pas le sort fait samedi à ces dix chrétiens égorgés par des islamistes dans le nord du Nigéria.

- elle ne racontera pas l'acte de Yael, cette femme israélienne de 39 ans, résidente du village de Sde Avraham, qui a réussi à chasser un terroriste palestinien qui a fait irruption dans sa maison et l’a menacée avec un couteau et une barre de fer. Le public français ignorera qu'elle a lutté longuement avec celui-ci pour protéger ses quatre enfants avant de le faire fuir.

- Le public français ignorera aussi l'histoire de cette autre femme qui a prénommé son fils Jihad parce que celui-ci est né un 11 septembre et qui vient de l'envoyer dans une école d'Avignon avec un T-shirt sur lequel est imprimé, d'un côté : « je suis une bombe » et de l'autre : « Jihad, né le 11 septembre ».

- Pas davantage, la presse hexagonale ne s'appesantira sur les déclarations de l'acteur Gérard Jugnot à la télévision Suisse Romande, et dans lesquelles celui-ci vitupère l'art subventionné et la politisation du service public de l'audiovisuel français (Enquête et débat du 30 novembre).

Tant il est vrai que la décérébration des esprits par l'idéologie au pouvoir se cache plus dans la réalité qu'elle dissimule que dans celle qu'elle déforme.

En Syrie, les massacres se poursuivent dans l'indifférence totale.

En Égypte, le nouveau pharaon n'a pas renoncé à priver le pouvoir judiciaire de tout droit de regard sur les actes de gouvernement des frères musulmans.

Au Qatar, un poète vient d'être condamné à la prison à perpétuité pour avoir osé critiquer l'émir.


Ni Al-Jazira, ni la télévision française ne s'en sont émus.

Sur les raisons de ce silence d’or, je laisse le lecteur arbitrer entre l'idéologie xénophile et le pouvoir de l'argent.


« Printemps arabe » est devenu la blague la plus courte de la saison.


 

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 16:44

 

 PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » :

http://www.atlantico.fr/decryptage/immobilisme-ou-synthese-quoi-peut-bien-mener-mariage-permanent-yin-et-yang-pratique-francois-hollande-gilles-william-goldnadel-557033.html

 

La semaine Goldnadel

Publié le 26 novembre 2012

 

Immobilisme ou synthèse : à quoi peut bien mener le mariage permanent du yin et du yang pratiqué par François Hollande ?


Cette semaine, Gilles-William Goldnadel revient aussi sur la guerre Copé/Fillon pour la présidence de l'UMP.


Au rebours de l'appréciation de mon ami Yves Thréard (le Figaro du 21 novembre), la politique menée par François Hollande ne me paraît pas être menée, alternativement, en zigzag mais plutôt, en permanence, par le yin et le yang.

Ainsi, telle la chauve-souris de la fable, les socialistes de gouvernement entendent montrer au lobe droit du cerveau français, que sans virage zig ni tournant zag, l'oiseau social-démocrate a pris son envol dans le ciel européen en réduisant yang les dépenses de l'État, tandis que les rongeurs marxistes excitent le lobe gauche, en lui murmurant les doux mots yin d'impôts pour les riches, d'embauche de fonctionnaires et d'inflexibilité du marché du travail.

On a vu que cet exercice de haute voltige avait plus de succès sur une presse redevenue zen qu’envers des agences de notation moins portées sur la lévitation transcendantale.

Concernant le prétendu "mariage pour tous", François Hollande a voulu, ici encore, marier le chaud et le froid en laissant à penser que le maire yin aurait sa liberté de conscience après adoption du projet de la loi yang qu'il continue de défendre.

Las, le froid l'a emporté, tel Mamère tout soudain arc-bouté sur le devoir impérieux des magistrats municipaux de respecter la loi souhaitée, lui le premier à avoir violé le droit positif en sa mairie de Bègles.

Touchant à la nécessaire répression des crimes et délits, j'ai déjà fait remarquer que le président en exercice avait procédé à l'union de la carpe yin Taubira et du lapin yang Valls, ce qui, dans une étrange logique, devrait viser à appréhender plus de criminels tout en en élargissant encore davantage.

Sauf à détruire l'agence de notation qui mesure actuellement le niveau de la délinquance, on pourrait malheureusement voir que cette politique de l'eau sèche ne devrait pas contribuer à noyer les gros poissons.

Concernant toujours le respect nécessaire de la loi républicaine, j'avais la semaine dernière fait observer que le lynchage en règle par les contempteurs de l’Ayraultport de Notre-Dame des Landes du vigile chargé de surveiller les sites montraient que nous avions affaire à de curieux écologistes et à d'étranges pacifistes. Ce qui d'ailleurs ne saurait surprendre, le mouvement de contestation étant porté par des Verts qui ne sont ni l'un ni l'autre.

Cette semaine, les nervis autonomes qui jetaient des boulons sur les forces de l'ordre (et surtout de la loi), blessant des policiers, ne m'ont pas démenti. Samedi, le ministre de l'Intérieur, à grand coup de menton yang, décrétait que l'ordre républicain allait passer.

Las, dimanche, une négociation très yin était au désordre du jour, M. Valls ayant peut-être peu d'appétence à devenir à José Bové ce que Jules Moch était à Maurice Thorez.

Enfin, et dans un domaine éloigné qu'en apparence, on apprenait qu'alors que François Hollande se soit déclaré déterminé à combattre la nouvelle judéophobie sous toutes ses formes, son premier ministre allait récompenser l'antisioniste radical Michel Warschawski, en lui remettant le prix des "Droits de l'Homme de la République Française".

On attendait Henri Queuille, et ce fut Lao Tseu.

Ne faisant pas partie de la commission de contrôle de l'UMP, je me garderais bien de dire qui des gibelins ou des guelfes aura le plus triché. Sans excès de plaisir, je me dois donc d’écrire qu'à cette heure, la droite devra attendre un peu pour être décomplexée.

Quoi qu'il arrive, Jean-François Copé, donné perdant par le tout-pari médiatique qui voulait sa perte en ignorant délibérément la vanité de sondages peu pertinents, doit se sentir frustré, tandis que François Fillon, sans doute intoxiqué par ces mêmes sondages, doit méditer les limites d'une campagne menée petit-bras.

Il semblerait que ce dernier ait décidé, dans sa colère aveugle, de faire retomber les colonnes du temple sur tous les philistins. Mais l'histoire récente n'a pas démontré que Fillon avait la force ou le courage de Samson.

Une remarque périphérique à propos d'un article signé par Luc Ferry (le Figaro du 22 novembre) et intitulé "La 'ligne Buisson' : à prendre et à laisser". Après avoir assez largement validé l'analyse du conseiller de Nicolas Sarkozy et qui consiste, en gros, à s'adresser à la France profonde et silencieuse en lui parlant des questions qui fâchent la France superficielle et bruyante, Luc Ferry commet deux contresens, assez indignes de son intelligence et de son savoir.

Pour lui le concept "d'identitaire" serait "un bel euphémisme pour désigner le racisme ordinaire".

Les défenseurs de l'Algérie algérienne, du Tibet, de la Palestine, des kosovars albanais et des Bosniaques, seront étonnés de l’apprendre.

 

Ensuite, si je l'ai bien compris, ce peuple taraudé par la question nationale, l'insécurité, la porosité des frontières et ses conséquences en matière d'immigration incontrôlée se confondrait avec "la populace". Moi, qui n'ai jamais eu la religion des masses et des foules, qui n'ai jamais pratiqué le culte du peuple roi, j'ai une autre idée de cette "populace", au sens où Freud l'entendait (voir sa correspondance avec Eitingon). Il parlait de cette "canaille", qui se livre aux pires exactions, par racisme ou jalousie de classe. Je n'en ai vu ni dans la Creuse, ni dans l'Aude, ni dans l'Ardèche. Sans trop chercher, un disciple de Rousseau et Tocqueville pourrait en trouver entre Seine et Garonne.




Très peu de réactions dans la presse après l'acquittement en appel par le Tribunal Pénal International du responsable militaire croate Anton Golovina, accusé de crimes de guerre contre les Serbes de Croatie.

Ayant l'habitude d'être taxé de partialité serbophile, dès lors que j'ai protesté contre les bombardements massifs et aveugles de l'OTAN sur Belgrade ou l'épuration ethnique au Kosovo, je vais m'exposer évidemment aux mêmes critiques en relatant, une nouvelle fois, ma propre expérience du Tribunal Pénal International pour la Yougoslavie.

J'avais été chargé, pour Avocats Sans Frontières, de diligenter une plainte au nom des familles d'une centaine de victimes serbes des exactions des troupes croates à Gospic, en Krajina. Un dossier complet avait pour cela été constitué. Preuves à l'appui : identité des victimes, témoignages, autopsie des corps.

Après nous avoir fait lanterner pendant plusieurs années, à coups de prétexte et d'arguties, le tribunal a fini par prétendre que le dossier avait été égaré ! La Krajina est précisément la région où les troupes croates se sont illustrées. Les victimes serbes ne recevront donc jamais justice.

De personne. Ni de la prétendue justice internationale, ni des prétendues ONG chargées de la défense des droits de l'Homme, pourvu qu'il ne soit pas serbe.




Fin du deuxième round Israël-Hamas. Les deux camps peuvent y trouver matière à claironner.

Israël a démontré son expertise militaire avec des frappes aériennes de plus en plus chirurgicales, l'organisation terroriste, sa résilience et son aptitude à capitaliser diplomatiquement les bouleversements intervenus dans le monde arabe sunnite sans avoir à renoncer pour le moment à son alliance avec l'Iran chiite.

 

Au plan médiatique, rien ne change en dépit de la responsabilité avérée du Hamas dans le déclenchement de l'agression. Ainsi que j'en avais expliqué les raisons idéologiques dans ma précédente chronique, l'audiovisuel français de service public continue d'adopter largement le récitatif palestinien. C'est ainsi qu'au lendemain du cessez-le-feu, Arte s'est contentée de filmer les destructions à Gaza. Les téléspectateurs des deux côtés du Rhin pourront imaginer le sud Israélien intact. France 2, est demeurée égale à elle-même : dans le cadre d'un reportage intitulé sobrement "l'héritage de la haine", rencontre avec une famille palestinienne, pour expliquer sociologiquement la sédimentation du ressentiment sur plusieurs générations qui, chacune, a connu son lot de deuils.

 

Les familles israéliennes, n'ont évidemment eu aucun parent à pleurer durant les guerres de 48, 56, 67, 73, 82 ou durant les vagues d'attentats terroristes. Raison pourquoi, toute rancœur leur est interdite.

Dans un ordre d'idées assez voisin, la presse française ne s'est pas attardée (contrairement au Daily Mail de cette semaine) sur les manifestations du Hamas exhibant des enfants de cinq ans en tenue de kamikaze, sur les manifestations de joie après chaque tir de missiles sur Tel-Aviv ou sur l'exécution sommaire de prétendus collaborateurs d'Israël dont les cadavres étaient traînés dans les rues de Gaza.

La haine à des raisons, que la déraison médiatique ne veut pas faire connaître.



Enfin, au début de cette semaine, une nouvelle fois, Bernard Guetta, sur France Inter a cru devoir, pour des raisons qui échappent à mon entendement, utiliser le succès de la diplomatie égyptienne dans le conflit Hamas-Israël, pour enrichir sa thèse d'un islamisme soluble dans la démocratie.

A voir le nouveau raïs égyptien issu des Frères Musulmans confisquer progressivement tous les pouvoirs au grand dam de nombreux Égyptiens, un esprit moins délié pourrait prédire sans grand mérite, que c’est la démocratie qui va définitivement se dissoudre dans l'islamisme.

 

 

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 15:08

 PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » :  

http://www.atlantico.fr/decryptage/mariage-homo-ayraultport-gazaisrael-ravages-totalitarisme-insidieux-gauchisme-gilles-william-goldnadel-549866.html

 

Mariage homo, "ayraultport", Gaza/Israël : les ravages du totalitarisme insidieux du gauchisme


Cette semaine, Gilles William Goldnadel revient aussi sur le film "Après Mai" d'Olivier Assayas.


La semaine Goldnadel

Publié le 19 novembre 2012


Samedi, ce n'était pas le « peuple de gauche » qui battait le pavé de Paris ou de province.

Les opposants au mariage « pour tous » ont défilé en grand nombre dans le calme et la bonne humeur, sans violence ni invectives. Au grand dam sans doute des tenants de l'idéologie dominante, les manifestants, en ce compris des homosexuels, n'avaient pas tous le look Le Quesnoy, et il n'est pas sûr qu'ils faisaient plus ringards que les habituels protestataires en keffieh ou en blouson CGT.

Il aura fallu cependant qu'à Lyon ou à Toulouse leurs contradicteurs, étrange conception de la démocratie, tentent de leur barrer le chemin ou qu'une brigade de « bétitionnaires » cornaquée notamment par Dominique Fernandez considèrent qu'ils incarnaient des homophobes animés par une haine dont l'ancien président de la République serait le principal responsable. (Le Monde.fr de samedi).

 

À Notre-Dame-des-Landes, c'était une autre sorte de manifestants qui s'exprimaient et d'une autre façon. De la même manière, qu'hier, José Bové et ses amis entreprenaient le « démontage »des cultures qui lui déplaisaient, les protestataires d'aujourd'hui participaient à la « reconstruction »de ce qui avait été supprimé par autorisation de justice. Le 12 novembre dernier, un vigile, au même endroit, avait été roué de coups par une vingtaine d'inconnus cagoulés et armés de gourdins, alors qu'il surveillait une maison évacuée par décision judiciaire, à proximité de l’emplacement de la future plate-forme aéroportuaire. (Le Figaro du 14). Les agresseurs, dont certains parlaient anglais ou allemand, ont aspergé son véhicule de produits inflammables après en avoir brisé les vitres. « Ils ont discuté pour savoir s’ils le laissaient dedans avant de finalement le sortir et le rouer de coups », a précisé le sous-préfet de la région Pays de la Loire.

Ainsi qu'il l'a précisé, José Bové se moque de la légalité, mais il s'estime capable de déterminer ce qui ressort de la légitimité. Heureux homme. D'autant plus, qu’il ne risque guère d'encourir ni la rigueur d'État, ni la sévérité de « bétitionnaires ».

Tout au plus, les Verts devront endurer les admonestations présidentielles qui en appellent, à juste titre, au respect de la loi. On imagine qu'ils doivent trembler.

Quant aux socialistes, ils pourront toujours méditer de leur côté les vertus et les vices d'une alliance assez obscène, érotique dans l'opposition, mais pornographique sitôt assis sur le trône.

 

Mme Chantal Jouanno, ex-UMP, est une femme résolument moderne. Elle croit à la modernité. Moi aussi. Elle prône donc la légalisation du mariage homosexuel.

Autant je suis sûr que la déculpabilisation de l'homosexualité constitue l'un des peu nombreux mais radieux effets bénéfiques de mai 68, autant, je le suis moins de ce que l'autorisation du « mariage gay » serait l'expression de la modernité, pour autant qu'on considère celle-ci comme porteuse de progrès et de bonheur pour l'humanité.

La libéralisation outrancière des mœurs qui a suivi le joli mai, entre-t-elle dans cette définition ?

Je ne veux pas ici jouer les pères la pudeur et me crois assez mal placé pour endosser le rôle.

Mais entre l'éloge de la pédophilie des premiers soixante-huitards, à la traque aujourd'hui de ceux-ci comme les derniers des criminels pour peu qu'ils consultent un site Internet, de l'exhibition du sexe sous le nez des enfants au projet inepte de prohibition de la prostitution en passant par la pénalisation de la moindre plaisanterie douteuse constitutive désormais d'un harcèlement avéré, qui ne voit que l'époque schizophrène, moitié pornographe, moitié puritaine, a perdu tout repère ?

 

J'ai lu ici et là les contributions intelligentes des hommes de foi, d'église, de mosquée ou de synagogue, opposés au mariage « pour tous ».


Mais il est bon que les laïques intelligents qui pensent, à tort ou à raison, que l'union officielle en vue principalement de procréer naturellement doive rester la référence légale aient, à présent, voix au chapitre.

Ils pourront faire valoir que ce désir impérieux de conformité exigé soudainement par ceux qui rejettent à bon droit le conformisme sexuel, à l'égard d'une institution maritale que l'idéologie qui les porte aura pourtant tout fait pour rendre obsolète, a des relents de provocation revancharde envers la majorité hétérosexuelle.

Comme si, inconsciemment, dans cet aspect de la dilection pour l'altérité minoritaire forcément souffrante, la marge devait couvrir la norme, comme pour l’effacer.

 

La marge, n'a absolument rien de honteux. J'en sais quelque chose. Mais elle est la marge.

Enfin, il serait bon que le parti majoritaire s'abstienne de caricaturer la position de ceux qui s'opposent à son projet, souvent taxés d'homophobes. Comme Claude Bartolone, aujourd'hui Président policé de l'Assemblée nationale, mais qui lorsque Christine Boutin crut devoir dire à ses collègues son opposition au PACS, s'exclama dans l’hémicycle : « Boutin, dehors ! », tandis que son camarade Jean Glavany, rivalisant de galanterie, brandissait un écriteau proclamant finement « Boutin hystérique » (Assemblée nationale, 14 janvier 1998).

Pour ne pas être en reste, ce même samedi, le quotidien du soir, reprenait lui aussi l'antienne du progrès pour dire son soutien au projet gouvernemental.

 

Allez savoir pourquoi, depuis que la gauche progressiste m'explique que l'insécurité est un fantasme, l'immigration une chance pour la France, le printemps arabe une libération, et qu’elle me parle de progrès en me toisant, je suis pris d'un fou rire assez nerveux.

Nous vivons une époque moderne.

 

Puisque j'évoquais mai 68, et les indéniables avancées sociétales qu'il a permis, un mot sur « Après Mai », film dans lequel Olivier Assayas évoque son adolescence contestataire et qui a obtenu le prix du scénario à la Mostra de Venise. Voilà enfin un film intelligent, en empathie ironique avec les rebelles virtuels de l'époque mais qui, pour une fois, ne cède ni à la nostalgie ni à l'idéalisme.

Après avoir proclamé qu'il était bon parfois que l'utopie questionne le pouvoir, Assayas analyse finement, et d'une manière étonnante et détonante dans son milieu artistique, le phénomène gauchiste : « le gauchisme est totalitaire, ennemi de la libération de l'individu. Il a quelque chose de violent et de triste, un côté obsessionnel qui se fossilise autour du dogme marxiste ».

 

Le drame de l'époque est que nous vivons très largement encore sous l'empire de ce phénomène totalitaire, d'autant plus prégnant qu'il est insidieusement nié ou inconsciemment ignoré.

C'est seulement sous ce prisme que l'on peut comprendre comment une partie de la population puisse préférer un groupe islamiste, homophobe, fascisant, terroriste, sexiste, antisémite, révisionniste, clairement en position d'agresseur, à un pays démocratique mais qui a le malheur d'incarner un État-nation occidental et d'avoir recours à des soldats casqués.

 

C'est ainsi que la chaîne franco-allemande Arte a présenté lundi le chef militaire du Hamas, Jabaari, éliminé par Israël, comme un «résistant», lui qui se proposait d'éliminer tous les « rats » ennemis jusqu'au dernier et à qui on attribue cette formule savoureuse : « j'ai goûté à la chair des juifs, et je l’ai trouvé bonne » .

Si l'on veut se donner une chance de décrypter ici le terme de « résistant », on doit comprendre que pour les enfants dociles des enfants indociles mais un peu bas du front qui ont crié « CRS SS », le militaire occidental demeure dans leur inconscient collectif, l'héritier en extrême droite ligne du Waffen-SS.

C'est la cruelle ironie dont l'État juif fait les frais depuis plusieurs décennies. Voilà pourquoi la chaîne la plus obsédée par la Shoah est sans doute l'une des plus prévenue contre l'État juif. J'ai écrit quelque part que ceux qui adorent le juif en pyjama rayé, l'abhorrent en uniforme kaki.

 

Voilà également pourquoi les écervelés, ou plutôt les décérébrés d’Anonymous ont décidé- sans rien savoir du conflit- de prendre cybernétiquement fait et cause en faveur de ceux qui apprécient la chair des juifs. (Le Monde du samedi).

 

Sur le fond de ce nouvel épisode opposant Israël à la radicalité palestinienne en action sur un territoire évacué, on constatera, une fois de plus, la spécificité française.

Alors que l’Amérique d’Obama, le Canada, l'Australie, l'Union Européenne (Allemagne, Pologne, Grande-Bretagne en tête) n'ont pas hésité à incriminer l'agression islamiste, le président de la République, a cru devoir indiquer qu'il n'était pas urgent d'accuser.

 

Je gage que lorsque que les agences de presse internationales -largement représentées à Gaza pour des raisons de sécurité par des militants au service du Hamas- pourront montrer des boucliers humains sacrifiés au moloch de la guerre médiatique (ce qui n'est pas étonnant lorsque l'on place des batteries lance-roquettes à 94 mètres d'une maternelle) ou des femmes en fichu prenant les cieux à témoin de l'injustice qui leur est faite tout en proposant leur fils comme nouveaux martyrs, alors il deviendra urgent de condamner.

De même, alors que l'ensemble des chancelleries des pays démocratiques reconnaissaient le droit à l'agressé de se défendre en employant les moyens adéquats, Laurent Fabius faisait entendre une musique légèrement discordante en reconnaissant ce droit tout en ajoutant « que la violence ne réglerait rien ». Manifestement, M. Fabius n'applique pas ce noble principe lorsqu'il s'agit d'armer l'opposition syrienne ou d'envisager une reconquête du Mali.

 

Je croyais notre ministre sorti de l'ENA, j'ignorais qu'il avait fait ses classes au collège de La Flèche.

Comment faire comprendre à ce gouvernement et plus largement, à la société française, que le combat contre l’islamisme radical et haineux ne saurait s’accommoder d’accommodements.

Que ce qui est survenu il y a quelques semaines à Toulouse, à Sarcelles, aurait - peut-être - été évité si la classe intellectuelle et politique n’avait pas jeté un voile pudique sur l’antijudaïsme pathologique qui sévit dans de larges pans de la société arabo-musulmane depuis des années.

Que cette haine ne s’arrêtera désormais pas plus aux frontières de la France que le nuage de Tchernobyl, si cette pollution de l’âme et des esprits n’est pas clairement identifiée.

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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