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11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 15:19

LES QUATRE PILIERS CREUX DE LA SAGESSE

 

Dans le cadre de la querelle d'Orient, il existe quatre postulats, quatre principes quasi religieux qui partagent le privilège insigne d'être sacrés, indiscutables et faux.

En conséquence, l'iconoclaste qui s'exprime à aujourd'hui la détermination de les discuter au risque de brûler dans les flammes infernales du conformisme.

 

Premier pilier : il faut améliorer les conditions de vie économique de la nation arabe de Palestine. C'est ainsi qu'elle se fera moins désespérée et donc plus modérée.

Faux. Depuis 1920, d'excellents esprits professent avec une parfaite bonne foi ce principe généreux mais objectivement erroné.

Les premiers sionistes ont contribué à l'amélioration des conditions de vie des Arabes dès leur arrivée (raison pourquoi de nouveaux «palestiniens» ont immigré en grand nombre de Syrie) : cela n'a modéré en rien les habitants, arabes et musulmans, de la région.

Le niveau de vie des Arabes israéliens ne cesse de croître. Il est infiniment supérieur à leurs frères voisins : leur nationalisme et leur refus de l'État juif augmente dans les mêmes proportions.

Daniel Pipes vient d'écrire un article édifiant dans lequel il montre que la courbe des attentats terroristes suit de manière assez servile l'augmentation de l'aide internationale à la Palestine, plutôt que de décroître.

Je conseille en conséquence aux donateurs internationaux de bonne volonté de relire Tocqueville qui écrivait déjà que, contrairement aux idées reçues, la prospérité est souvent la mère éplorée de la radicalité.

Dois-je enfin rappeler aux esprits distraits que les kamikazes de Manhattan, de Londres ou de Madrid étaient d’excellents fils de famille, bien intégrés dans la société occidentale ?

 

Second pilier : il faut qu'Israël fasse preuve de flexibilité et de générosité : c'est ainsi que le monde arabe lui tendra la main.

C'est ce que Bernard Kouchner, avec une insistance qui pourrait, à la longue, lasser ne cesse de très gentiment répéter. Mais c'est également faux.

La triste observation des faits infirme, hélas, cruellement ce noble postulat :

Oslo, l'évacuation du Liban garantie par ce pays et l'ONU, l'évacuation unilatérale de Gaza ont été considérés par le camp arabe comme autant de signes de faiblesse montrant que l'ennemi détesté pouvait être vaincu par les armes de la terreur.

Ce débat quasi philosophique entre intransigeance et modération date, en réalité, de l'arrivée des pionniers juifs en Palestine : c'est Tabenkin, pourtant pacifiste d'extrême gauche, qui répondait à Jabotinsky, pourtant d'extrême droite, qui le sommait d'abandonner une position indéfendable, compte tenu de la disproportion du rapport de forces : «Dans l'univers culturel des Arabes palestiniens, un retrait serait considéré comme une preuve de faiblesse qui appellerait demain d'autres reculs et condamnerait les Juifs, du coup, à se retirer jusqu'au désert ou à la mer...» Cet univers culturel a-t-il beaucoup changé ?

 

Troisième pilier : L'Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas se caractériserait par la modération et l'esprit de compromis :

Certes, dans une théorie de la relativité politique, on est toujours le modéré de quelqu'un.

Mais, précisément, l'examen factuel objectif oblige à relativiser cette optimiste croyance.

Ce sont les «brigades Al Aksa» membres du Fatah du président palestinien qui commettent actuellement en Cisjordanie la plupart des attentats sans que ce dernier ne dise mais.

Mahmoud Abbas, quand il condamne les actes de terreur du Hamas, ne dit pas qu'il s'agit d'actes immoraux, mais explique qu'ils desservent la stratégie palestinienne.

Très récemment, il n'a pas manqué de transmettre ses condoléances attristées à l'un des leaders de l'organisation islamiste pour la perte de son fils, mort les armes à la main, exactement comme Yasser Arafat s'était jadis rendu aux obsèques d'Ayache alias «l'artificier» du Hamas.

Enfin, faut-il rappeler que jusqu'à présent ces «modérés» se refusent à reconnaître toute légitimité à l'existence d'un État juif qui vivrait aux côtés de l'État arabe palestinien en gestation.

Sans vouloir faire montre d'un esprit chagrin, si un responsable politique israélien adoptait une  posture symétrique, il y a fort à parier qu'il ne serait pas étiqueté «modéré» par l'opinion politique et médiatique internationale.

 

Quatrième et dernier pilier du dogme idéologique : la population arabe de Palestine est la victime d'un conflit dont elle ne porte aucune responsabilité.

Il s'agit ici du postulat le plus sacré, le discuter équivaut  au blasphème suprême.

Bien entendu, il ne saurait exister de responsabilité collective de tout un peuple.

Une fois posé ce lieu commun précautionneux, il ne devrait pas être interdit de s'interroger sur la responsabilité des élites, des dirigeants politiques, de la culture politique et intellectuelle, et sur les actes d’une population, fut elle arabe et musulmane.

Dans ce cadre, j'affirme que les Arabes de Palestine sont les principaux responsables des maux qu'ils subissent et dont ils ont coutume de se plaindre depuis 60 ans.

Je ne parle pas seulement de leur irrédentisme obstiné, je ne fais pas seulement allusion à leur pratique mortifère qui a fait du terrorisme aveugle leur spécificité culturelle.

Je fais référence au fait que c'est cette population, et pas une autre, qui a porté au pouvoir un mouvement islamiste au moment même où la population de son ennemi avait donné mandat à un gouvernement élu précisément pour quitter les territoires revendiqués par elle.

Je fais référence également au fait que sur une portion du territoire évacué, cette population, plutôt que de créer un modèle de l'État en devenir, a préféré se transformer docilement en boucliers humains complices de lanceurs de missiles sur le peuple détesté.

J'affirme en conséquence que le phénomène de victimisation outrancière de cette population constitue l'une des perversions intellectuelles les plus tragiques de notre époque.

 

 

Ainsi, les quatre piliers qui soutiennent l'édifice politique, moral et intellectuel que constitue la vision convenue du conflit israélo-palestinien sont creux comme les songes d'Orient.

Ce n'est pas d'aide économique, ni de flexibilité politique qu'ont besoin les Arabes de Palestine.

Mais plutôt que d'être traités en mineurs incapables, d'être enfin placés devant leurs responsabilités.

Comme un peuple majeur qu'ils aspirent, paraît-il, à être.

 

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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 21:50

QUAI DES BRUMES ET DES LUEURS

 

 

Sans vouloir crier haro sur l'excellent homme qui occupe désormais le fauteuil de Gabriel Hanotaux et d’ Aristide Briand, je lis, sous sa plume, dans la dernière livraison du « Point » :

« Dans quelques semaines, les 400 000 déplacés du Tchad n'auront plus à redouter les incursions, les meurtres et les viols des Janjawids traversant la frontière ».

N'est-ce pas s'être beaucoup, beaucoup, avancé, quand on voit la déconfiture d'un régime tchadien qui avait au moins la vertu de résister aux voisins islamistes ?

Le minimum syndical, en matière de solidarité affichée avec ce régime comme en matière de crédibilité internationale ne semble guère avoir été effectué.

Toujours sous la plume de Bernard Kouchner : « Reste bien sûr à trouver une solution politique durable à ce conflit (du Darfour). Celle-ci ne sera possible que si nous parvenons à convaincre le principal chef rebelle, Abdel Wahid Al Nour, de négocier avec le régime de Khartoum. Bien que réfugié en France, il est jusqu'ici resté sourd à nos demandes, aux pressions de ses alliés les plus proches ».

En matière de pressions, je ne suis pas le plus mal placé, avec Avocats Sans Frontières qui le soutient, pour vous dire que la France menace discrètement ce héros authentique de ne pas renouveler sa carte de séjour au cas ou celui-ci ne se ferait pas plus docile.

Quand on connaît le caractère de l'homme, quand on sait d'autre part qui la France abrite avec davantage d'hospitalité, cela ne paraît ni très malin, ni très digne.

 

 

 

 

Lu « Un Siècle De Trahison » du grand historien anglais David Pryce-Jones que vient de publier Denoël. L'ouvrage, magistral, est consacré aux relations entre la diplomatie française et les Juifs de 1894 à 2007.

Bien entendu, c'est passionnant.

Ainsi, quand on lit que le 6 décembre 1938, le ministre français des affaires étrangères, Georges Bonnet, reçoit au Quai d'Orsay son homologue nazi, Joachim von Ribbentrop.

Un grand dîner est donc organisé chez Georges Bonnet en liaison avec l'ambassade d'Allemagne qui demande à ce que les noms des ministres français d'ascendance juive, en l'occurence Georges Mandel et Jean Zay, soient rayés de la liste des invités.

Le seul ministre qui refusera de se rendre à ce dîner, sauvant l'honneur du gouvernement devant l'avilissement diplomatique, sera le Ministre de la Marine, et ténor du barreau, César Campinchi.

J'écris cela, en pensant à mon cher vieux Versini-Campinchi, son digne petit-neveu, comme lui, intransigeant à la Barre et sous la robe.

Je pense aussi à cette récente petite lâcheté qui a fait que lors du dernier voyage présidentiel en Arabie Saoudite, un journaliste juif soit demeuré, sans bruit, sur le tarmac.

Parmi les innombrables portraits, témoins d'une époque, celle de Gaston Bernard, consul de France en Italie à la fin des années 30. Avec une ironie distinguée il décrit à sa hiérarchie les réfugiés juifs fuyants l'Allemagne nazie : « La sollicitude a été poussée jusqu'à assurer aux émigrants les services du culte talmudique et l'emploi exclusif de la cuisine kasher : il convient d'ajouter que celle-ci communique à ses navires une odeur sui generis qu'apprécierait, sans doute à un degré mineur, une clientèle de composition normale ».

Je recommanderais donc à tous cette édifiante lecture.

Est-il cependant naïf de penser que ce livre n'a plus que des vertus d'édification historique ?

Quand, comme moi, on fréquente, de temps à autre, le Quai d'aujourd'hui, ou l'ambassade de France à Tel-Aviv, on serait tenté de l'espérer.

Bien entendu, Orsay n'épouse pas les thèses de Jérusalem, et nul au demeurant ne le lui demande. Il n'empêche que c'est à Paris, aujourd'hui, et nulle part ailleurs en Europe que l'on tient le mieux tête au régime nazislamiste de Téhéran. Ce n'est évidemment pas assez, mais c'est mieux qu'à Rome, à Berlin et, d'évidence, qu'à Moscou.

Bref, les temps changent. Le cynisme méchant et maniéré des Roger Peyrefitte n'a plus autant cours.

Jusqu’à  Denoël, hier antisémite et aujourd'hui excellente maison...

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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 12:33

BRAVO L’ARTISTE ?

 

Ce qui vient de se passer à Gaza devrait servir de cas d'école pour tous ceux qui souhaitent étudier la situation politique et médiatique dans laquelle se trouve aujourd'hui plongé Israël.

 

Voilà un pays démocratique gouverné par une équipe qui a reconnu le fait national arabe palestinien et a accepté la création d'une structure étatique palestinienne sur une partie du territoire historique.

 

Voilà un pays démocratique attaqué depuis sept ans par un groupe terroriste qui a pris le pouvoir par les urnes et par la force sur une portion de ce territoire évacuée sans contrepartie.

 

Voilà un état qui réplique par des moyens militaires contenus et ciblés visant à épargner une population civile qui pourtant fait très largement cause commune avec les terroristes qu'elle a élus, et qui accepte docilement de servir de boucliers humains pour des attaques qui partent parfois du cœur de ses maisons et de ses écoles.

 

Voilà un État démocratique qui, de guerre lasse, a commencé un blocus limité du territoire hostile.

 

Voilà cette entité terroriste qui, de manière surréaliste, orchestre elle-même grossièrement sa  victimisation cousue de fil blanc en aggravant les mesures de rétorsion, en se coupant  l'électricité et en envoyant devant des caméras complaisantes des femmes et des enfants, bougies à la main, hurler leur colère et leur humiliation habituelles.

 

Voilà une population qui force le blocus avec l'assistance d'autorités égyptiennes pourtant chargées dans le cadre d'accords conclus avec l'État démocratique de surveiller la frontière de l'entité terroriste.

 

Et voilà à présent une communauté médiatique décrivant avec empathie «l'exode» de la population prétendument affamée en faisant fi du contexte politique, des menées terroristes, et de la détresse de la population des villes bombardées sans relâche.

 

À première vue, on serait tenté d'applaudir la performance.

 

Mais serait-ce vraiment manquer de sportivité que de considérer qu'il y a peu de mérite à remporter la partie lorsque l'arbitre est défaillant et le public acquis d'emblée ?

 

   

 

******************* 

 

  Ainsi que je vous le disais précédemment, Mouloud Aounit a eu la bonne idée de m'inviter à comparaître le mardi 29 janvier prochain devant le tribunal correctionnel de Paris aux motifs que je lui ai reproché de se rendre dans des manifestations où l'on crie «mort aux juifs !»

 

Il y encore quelques mois, c’eut été un plaisir de  rappeler à cet antiraciste d'opérette ses complaisances pour Ramadan, Dieudonné ainsi que pour la séduisante et révisionniste Ginette Skandrani.

 

Mais aujourd'hui, compte tenu de la déliquescence du MRAP et plus encore de son président -- fossoyeur, j'avoue que j'aurai surtout l'impression de perdre mon temps. Bien fait pour moi. Ça m'apprendra à parler de n'importe quoi.

 

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8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 14:45

CADENASSAGES

  

 

France 2. Samedi 5 janvier 2008. 20 heures.

Premier sujet : Des clandestins en zone de rétention à Roissy. Un sénateur vert vient dire tout le mal qu'il pense de la manière dont la France les traite. Empathie pour les sans-papiers.

Second sujet : José Bové s'exprime sans aucune contradiction sur la grève de la faim qu'il est censé mené avec ses camarades anti OGM. Empathie pour les grévistes.

Troisième sujet : un reportage sur les «Désobéissants» : les téléspectateurs sont tenus scrupuleusement informés des nouvelles techniques médiatiques et juridiques utilisées par les contestataires, manifestement très à gauche, pour lutter de manière citoyenne.

Quitte à enfreindre la loi. Empathie pour les résistants.

Les trois sujets se suivant et se ressemblant, je décide de passer sur Arte.

Hommage à Simone de Beauvoir. Une «intellectuelle» allemande que je ne connais pas explique doctement et sans être contredite que si la philosophe féministe était encore de ce monde elle lutterait contre tous les fondamentalismes «qu'ils soient juifs, chrétiens ou musulmans».

Je ne savais pas que les Juives et les Chrétiennes étaient lapidées ou que l'on décapitait les journalistes à Rome ou à Jérusalem.

 

 

France 5. Dimanche 6 janvier 2008. Laurent Fabius, invité de Serge Moati compare Sarkozy à Berlusconi et dénonce «un cadenassage médiatique extraordinaire».

 

 

On ne saurait mieux dire. C'est même le cadenassage le plus extraordinaire de tous les temps. Il dure depuis 40 ans.

Car il voit le geôlier entonner sans complexe l'air de la liberté outragée devant des prisonniers écervelés qui ne comprennent toujours pas qui détient la clé.

 

 

 

 

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21 décembre 2007 5 21 /12 /décembre /2007 10:39

LA PAIX ASYMETRIQUE  N’EST PAS LA PAIX

 

 

Mon ami Ilan Greilsamer écrivait récemment dans Libération, à l'aube de la Conférence d'Annapolis, que les peuples palestinien et israélien devaient chacun renoncer à leurs rêves respectifs et contradictoires. Le premier au retour dans ses foyers en Israël, le second au « Grand Israël ».

Malgré toute l’estime que j'ai pour ce porte-parole talentueux de la gauche israélienne  éclairée, ce qu'il écrit est entièrement faux.

Je pourrais m'épuiser à apporter les preuves du renoncement de la très grande majorité des Israéliens au rêve biblique : des accords d'Oslo au retrait de Gaza, de l'élection triomphale du parti centriste Kadimah sur son programme d'un retrait unilatéral de Cisjordanie aux sondages constants qui montrent que la plupart des Israéliens sont prêts à un compromis territorial  « douloureux » mais en contrepartie d'une paix définitive et non de nouvelles surenchères.

En ce qui concerne, les Arabes de Palestine, en revanche, même ses représentants les plus modérés – et  nous  ne sommes pas sûrs qu'ils soient majoritaires – ont refusé récemment de reconnaître Israël comme État du peuple juif, conformément à la résolution onusienne du partage de 1947.

Ce refus rend cohérent le maintien de l'exigence du droit au retour des réfugiés dans leurs maisons.

À ce jour, il n'est toujours pas possible d'admettre que le peuple arabe de Palestine, qui a porté le Hamas au pouvoir, a renoncé définitivement à ses clefs et à ses songes.

Retour à Greilsamer. C'est ce désir, déconcertant  d’irréalisme, de vouloir absolument, soit par souci d'objectivité apparente, soit pour lutter contre la désespérance de l'impuissance, renvoyer les antagonistes dos à dos, qui relève du songe creux.

Au-delà de cet onirisme politique bien caractéristique d'une partie de la classe intellectuelle israélienne –  qui contraste toujours autant avec le monolithisme  des intellectuels du camp d'en face – il est clair que les Israéliens ne peuvent même pas espérer capitaliser durablement les compromis qu'ils ont faits ou qu'ils sont prêts à faire.

Si un intellectuel israélien aussi brillant et bienveillant est capable de tourner le dos à des  évidences aussi manifestes, on comprend mieux comment l'opinion publique internationale dans son ensemble, dans le meilleur des cas, renvoie également dos à dos les protagonistes.

Dans le meilleur des cas. En réalité, il n'en est rien. Et nous savons que les check-points et les clôtures de sécurité pour prévenir les attentats sont plus décriés que ceux qui les commettent.

Retour à Oslo. L'armée israélienne n'occupe plus les villes de Cisjordanie, malgré le terrorisme qui se poursuit. Échec des pourparlers de Camp David et de Taba. Déclenchement par Arafat de l'intifada armée avec utilisation des kamikazes.

Qui, en Europe, a clairement déclaré qu'il s'agissait d'une violation caractérisée d'un accord basé avant tout sur la renonciation à obtenir ses objectifs politiques par la violence ?

Dès lors, l'Israélien moyennement avisé – qui a clairement renoncé à ses rêves, mais qui sait qu'il n'a pas droit à l'erreur – peut-il être persuadé que la communauté  internationale qui doit garantir le compromis territorial espéré, saura cette fois arbitrer impartialement et sans faiblesse les parties en cas de non-respect de celui-ci ?

C'est cette première asymétrie, qu'il n'est pas le lieu ici d'expliquer, qui est l'une des causes de l’immense difficulté à résoudre le conflit centenaire.

 

 

Mais il existe une autre asymétrie dans les exigences imposées implicitement à chaque partie, aussi lourde de conséquences.

Celle de savoir qui les représente valablement.

En ce qui concerne Israël, la chose est simple. Son représentant est le chef de son gouvernement démocratiquement élu.

En ce qui concerne, l’Autorité Palestinienne, depuis l'arrivée au pouvoir du Hamas, également de manière démocratique, l'affaire est autrement plus complexe.

On a déjà beaucoup glosé sur Annapolis, qui ne méritait pas, à notre sens, autant excès d'honneur ou d'indignité.

Néanmoins, son aspect le plus critiquable réside dans le défaut de légitimité représentative de ses acteurs.

Tout a été dit sur la faiblesse politique respective des représentants américain, israélien et palestinien.

 

Mais, le problème que pose ce dernier est d’une autre nature que la faiblesse des deux autres.

Il ne s'agit pas seulement d'impopularité politique, il ne s'agit pas seulement de géographie et de la perte de Gaza, il ne s'agit même pas – quoique le problème soit de taille – de son manque de maîtrise sur le Fatah lui-même qui poursuit le terrorisme avec ses brigades d’Al Aksa.

 Il s'agit de savoir qui peut engager le peuple arabe de Palestine, divisé entre ses islamistes irréductibles et violents et ses plus modérés.

À notre connaissance, c'est la première fois dans l'histoire moderne des relations internationales, qu'une partie est agréée dans des accords à rechercher sans disposer d'un aussi peu clair mandat pour négocier.

Cette asymétrie juridique et politique est grosse de péril.

 À supposer, qu'un accord soit trouvé, après d'âpres négociations, quelle valeur aura-t-il si, en définitive, l'opinion publique palestinienne maintient son soutien au Hamas, et alors même que la partie israélienne aura abattu toutes ses cartes ?

Notre israélien moyennement avisé – celui qui a renoncé à ses rêves mais qui souhaite ne pas voir survenir de nouvelles surenchères et de nouvelles violences – n'est-il pas en droit de craindre une  négociation à venir sur un terrain aussi friable ?

 

 

 

 

 En pleine lune de miel d’Oslo, Yasser Arafat s'était rendu rencontrer les musulmans d'Afrique du Sud. À Johannesburg, dans une mosquée qu'il croyait à l'abri des oreilles indiscrètes, il expliqua tranquillement que les accords n'étaient qu'une ruse pour reconquérir la Palestine par étapes. Mais ses propos firent l'objet d'un enregistrement et révélé au public israélien.

Qu'arriva-t-il ? Rien.

Feu Fayçal al  Husseini prononça peu ou prou les mêmes paroles peu avant son décès, en pleine intifada des mosquées. Quoique là encore, l'affaire fut rendue publique, cela ne l'empêcha pas d'être enterré sous des tonnes d'éloges universels célébrant le dirigeant palestinien modéré, qu'il était sans doute, par comparaison.

Chacun sait que les livres d'école des petits enfants de Palestine nient catégoriquement l'État juif quand ils ne recèlent pas, pour certains d'entre eux, des discours antisémites et négationnistes.

L'indifférence internationale demeure largement la règle.

Il n'en est pas de même des Israéliens, dont les propos sont examinés soigneusement.

Ainsi, de ceux, particulièrement écœurants, du Grand rabbin Ovadia Yosef, comparant les Arabes palestiniens aux serpents, qui firent le tour du monde, bien que le rabbin n'avait déjà plus d'âge lorsqu'il les prononça....

Ainsi encore, ceux d'Ariel Sharon appelant les Juifs de France à immigrer en Israël pour cause d'antisémitisme et auquel un journal français du soir crut devoir consacrer pas moins de trois articles, dont un en première page... trois mois après ceux-ci...

C'est que les mots des Arabes ne comptent pas, ou très peu.

Dans ces contrées où le verbe est paraît-il censé régner en maître, pas question de le prendre au pied de chaque lettre.

C'est ainsi que l'on peut se permettre de dire tout le lundi et son contraire le mardi.

A fortiori dans une langue différente.

C'est cette asymétrie dans la responsabilité du discours, qui autorise les harangues enflammées auxquelles les foules croient, qui autorise la pensée magique et démagogique.

Elle déresponsabilise les uns et rend méfiants les autres.

 

 

Mais la plus cruelle, la plus dangereuse des asymétries est à venir.

Elle concerne les actions commises ou inexécutées par les Arabes de Palestine et qui ne sauraient non plus les engager, les qualifier ou les disqualifier.

Retour sur Oslo. Arafat s'engage à lutter contre le terrorisme. Il ne fait rien ou presque, au nom de l'unité sacrée de son peuple. Quand des terroristes sont arrêtés, ils sont libérés quelques jours plus tard selon le principe qui sera connu sous le nom de « tourniquet ».

Le raïs n'hésite pas cependant à jouer du terrorisme de ses incontrôlés pour obtenir davantage encore de son partenaire selon une méthode qu'un pénaliste chagrin pourrait qualifier de racket.

Jusqu'à son décès, ou à peu près, ce qu'a fait Arafat, ce qu'il devait faire mais n'a pas fait n'a guère été porté à son débit et encore moins à celui de son organisation politique.

Le Hamas prend le pouvoir par les urnes. Il ne renonce ni à la destruction d'Israël – en dépit de quelques déclarations alambiquées qui n'ont trompé que ceux qui rêvaient de l'être – il n'a pas renoncé au terrorisme. Au lieu de cela, il  tire des bordées sur le territoire voisin.

En dépit de cela, il s'est trouvé encore de nombreux pays ou personnalités – y compris en Israël – pour exiger d'Israël de négocier sans préalable.

Le président palestinien est un homme modéré. Il est physiquement courageux.

Néanmoins, je l'ai dit, une partie de ses troupes refusent de lui obéir et poursuivent les actions terroristes sans qu'il ne fasse ni ne dise mais.

Cette aberration ne soulève aucune protestation internationale. Aucun responsable politique ne réclame à Mahmoud Abbas de ce qu'au moins il fasse le ménage au sein de son propre mouvement, le Fatah.

Aucun ne l’a enjoint de se conformer à la feuille de route qui lui faisait obligation de régler le problème Hamas. Résultat : c'est le Hamas qui lui a réglé son compte à Gaza...

Un esprit positif pourrait penser qu'une telle bienveillante compréhension s'explique par la faiblesse des Arabes de Palestine, par celle de ses représentants modérés, qu'il conviendrait d'aider coûte que coûte.

Cette explication est aussi courte que convenue.

En réalité, peu importe ce que font les Palestiniens. Car peu importe ce qu'ils veulent, ce qu'ils disent, ce qu’ils votent.

Une bonne fois pour toutes, par empathie ou par mépris, ou les deux à la fois, les Arabes de Palestine sont des mineurs irresponsables et leurs discours et leurs actes ne les engagent donc pas juridiquement.

 

 

 

 

L'Histoire dira peut-être un jour pour quelles raisons psychologiques un homme aussi courageux et avisé que le regretté  Isaac Rabin s'est entêté à poursuivre des négociations avec un partenaire aussi insincère et inconséquent que Yasser Arafat.

Cela, à nos yeux, ne saurait valider ou invalider les accords d'Oslo.

Celui qui s'exprime ici, clairement engagé dans un camp, n'a pas à renoncer à un quelconque rêve biblique qu’il n'a jamais nourri et n'est entravé par aucun a priori idéologique, notamment sur la question territoriale.

Il propose cependant, à son humble place, une sorte de vade-mecum de nature à entreprendre une négociation digne de ce nom, c'est-à-dire sérieuse, sans compromettre les intérêts vitaux d'un État  dont il sait la grande fragilité.

Il appelle en conséquence ceux qui veulent bien le lire ou l’écouter à bien méditer l'expérience de l'échec d'Oslo qui doit servir d'anti-modèle absolu.

La première de toutes est d’exiger désormais du «partenaire» arabe de Palestine qu'il remplisse son devoir de responsabilité.

Cela ne signifie pas l'absence de souplesse dans le dialogue, mais cela signifie de le considérer sur un pied d'égalité de droits mais aussi d'obligations.

La paix asymétrique, n'est, objectivement, que la prolongation de la guerre asymétrique par d'autres moyens.

Si l'on souhaite vraiment et ardemment disposer d'un État que l'on vous a promis à de multiples reprises, et pas seulement détruire ce qui existe déjà, cela doit se mériter.

Il est vrai que rien n'est pire que l'immobilisme qui prévalait avant Annapolis.

Rien, sauf  une fuite en avant irréfléchie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 17:31

Conférence d’Annapolis –

 

Tournant radical ou une simple péripétie ?

 

 

 

Au lendemain de la conférence d’Annapolis sur le conflit israélo-palestinien, France Soir a interrogé Me Gilles William Goldnadel*, président de France Israël et d’Avocats sans frontières. Auteur d’ouvrages de référence sur le conflit du Proche-Orient et les questions de société, connu pour son analyse non-conformiste, il réagit aux derniers développements de l’actualité.

FRANCESOIR. Me Goldnadel, que vous inspire l’état des relations israélo-palestiniennes ?         
ME GILLES WILLIAM GOLDNADEL. Le nœud du problème demeure le peu d’intérêt véritable des Arabes de Palestine pour la création d’un Etat à côté et non à la place d’Israël. Sinon, cet Etat aurait déjà été créé, soit en 1947 soit à la suite des accords d’Oslo. En élisant démocratiquement le Hamas, les Arabes de Palestine ont montré qu’il considéraient toujours majoritairement les Juifs comme des usurpateurs de leur terre. Même les « modérés » du Fatah d’Abou Mazen refusent de reconnaître Israël en tant qu’Etat juif. Ils ne sont donc toujours pas résolus au partage onusien de 1947 entre un Etat arabe et un Etat juif, même en contrepartie de la création d’un Etat indépendant. D’où le maintien de leur exigence du retour des « réfugiés » sur le territoire israélien. Le peuple arabe de Palestine est divisé en deux camps : le premier, que je veux croire sincère, est prêt à côtoyer pacifiquement un Etat dénommé « Israël » mais qui deviendrait de fait binational, avec inéluctablement à terme une majorité arabe ; le second, déterminé à expulser dès que possible les infidèles du sol sacré. Je ne dis pas qu’il n’existe pas non plus en Israël des extrémistes irréductibles, mais la majorité des Israéliens est prête au compromis historique de deux Etats indépendants pour les deux peuples, à condition qu’il s’agisse d’une vraie paix et non d’un nouveau tremplin pour de nouvelles exigences et violences. L’expérience des accords d’Oslo et des évacuations unilatérales du Liban et de Gaza considérées comme des signes de faiblesse a traumatisé même les plus ouverts aux concessions.


Dans ce contexte, comment appréhendez-vous les accords d’Annapolis ?
L’histoire dira s’il s’agit d’un tournant radical ou d’une simple péripétie. Le principal argument en faveur de la réunion, c’est que nul n’était capable de proposer la moindre solution pour sortir de la redoutable impasse qui sévissait. Cependant, l’insigne faiblesse des acteurs politiques engagés a de quoi inquiéter. Surtout s’agissant du président palestinien. Il ne s’agit pas seulement d’une faiblesse politique comme pour ses deux partenaires, Bush et Olmert, mais d’une carence institutionnelle inouïe : géographiquement, il a perdu la moitié de son territoire au profit du Hamas à Gaza ; le Fatah ne lui obéit qu’à moitié en poursuivant les actions terroristes contre Israël par le truchement des brigades Al Aksa, ce qui illustre son manque de pouvoir ; surtout, il existe un pouvoir majoritaire Hamas démocratiquement élu par le peuple arabe de Palestine. A supposer que tout aille pour le mieux, que vaudra la signature dans un an d’un accord avec un mandataire si juridiquement et politiquement contestable et alors même qu’Israël aura étalé toutes ses cartes ? Je souhaite une paix définitive entre deux peuples disposant chacun d’un excellent dossier. Je reconnais le caractère incontournable et légitime du peuple arabe de Palestine, même si je n’ai aucune estime pour l’expression de son nationalisme, en raison tant de son irrédentisme que du caractère morbide de sa culture de la victimisation et de la violence fanatique de ses méthodes. Il faut cesser de traiter les Arabes de Palestine comme des mineurs incapables dont les discours et les actes ne devraient pas être pris au sérieux. Il faut leur imposer un devoir de responsabilité. Un Etat n’est jamais dû mais doit se mériter. Ils doivent donc choisir entre le maintien de leurs exigences jusqu’au-boutistes ou la négociation âpre mais sans violence pour obtenir une représentation nationale sur une partie d’une terre dont je ne doute pas qu’ils y soient attachés. Quant aux observateurs européens, je souhaite qu’ils montrent autant d’esprit critique à l’égard du nationalisme palestinien qu’à l’égard de la partie israélienne. Dans l’intérêt bien compris des deux camps.

Considérez-vous la nouvelle France de Sarkozy et Kouchner comme plus équitable de ce point de vue ?
L’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir a changé profondément la politique étrangère de la France. La rupture avec un archéo-gaullisme tiers-mondiste à l’antiaméricanisme primaire me paraît incontestable. Le péril islamiste, iranien ou non étatique, a été définitivement assimilé. Nicolas Sarkozy a compris qu’Israël était un Etat-nation démocratique déterminé à défendre coûte que coûte son existence identitaire menacée par la violence et que la France court les mêmes dangers. Même si la France n’entend pas être à la remorque de Jérusalem elle a rompu avec cette hostilité systématique qui lui servait de stratégie. Le talent baroque et l’indépendance d’esprit de Bernard Kouchner confirment positivement un changement d’attitude amorcé par le Quai d’Orsay après septembre 2001.

Lexique

-          Fatah : « Mouvement national palestinien de libération » politico-militaire, fondé par Yasser Arafat en 1959. En 1993, des négociations avec Israël créent l’Autorité palestinienne. Lors de l’Intifada Al-Aqsa de 2000 le Fatah est dépassé par le Hamas.
- Hamas : Mouvement politique des territoires occupés issu d’une organisation terroriste créée en 1992 par Ahmed Yassine. Le Hamas a remporté les élections palestiniennes législatives du 26 janvier 2006 et a pris le contrôle de la bande de Gaza le 15 juin 2007.
- Autorité palestinienne : Créée par les accords d’Oslo (1993)* pour représenter les Arabes de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Elle a un président et une assemblée élue au suffrage universel, une police et des représentants dans plusieurs pays.

* Avocats sans frontières, France-Israël et la revue Controverse organisent un colloque international à la Maison du Barreau (Paris, Ier arrondissement) le 10 décembre (9 h-18 h), sur les lendemains de la conférence d’Annapolis. S’exprimeront l’ancien chef d’état-major d’Ariel Sharon, le général Yaalon, Shmuel Trigano, Michel Gurfinkiel, Gilles William Goldnadel. Benjamin Netanyahou, ancien Premier ministre, donnera son point de vue de chef de l’opposition avant de rencontrer le président Nicolas Sarkozy.

 

 

 

Propos recueillis par Alexandre del Valle, le lundi 3 décembre 2007

Edition France Soir du lundi 3 décembre 2007 n°19660 page 16

 

 

 

 

 

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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 16:50

La mère de toutes les questions

 

Enfin. Le gouvernement Olmert a exigé que dans le cadre de la négociation en cours, la partie arabe palestinienne reconnaisse Israël, en tant qu'État du peuple juif.

Par la bouche de ses divers représentants, «L'Autorité Palestinienne» a déclaré s’y refuser.

À dire le vrai, les tractations actuelles qui doivent déboucher sur la Conférence d'Annapolis ne m'inspirent que scepticisme et perplexité, non en raison d'un quelconque a priori idéologique sur les questions territoriales, mais à cause, principalement, de l'inconsistance de l'actuel partenaire de Palestine. Et la grande faiblesse des personnalités politiques en lice, qu'elles soient américaines, israéliennes ou arabes n'est pas de nature à me rassurer.

Raison pourquoi, j'organise à Paris à la Maison du Barreau le 10 décembre prochain, avec mes amis d'Avocats Sans Frontières, de France-Israël et de la revue Controverse de Shmuel Trigano un important colloque dont le thème sera : «Mythes et réalités du processus de paix face aux refus palestiniens».

S'y exprimeront notamment, l'ancien chef d'état-major de Tsahal, Moshe Yaalon, le professeur Itamar Marcus responsable de Palestinian Media Watch, Michel Gurfinkiel et  le professeur Menahem Milson de Memri.

Benjamin Netanyahou viendra donner le point de vue du chef de l'opposition.

Mais revenons à l'exigence tardive mais salutaire d'Olmert qui transcende les marchandages en cours.

On demeure, en effet, ébahi que cette question, littéralement, essentielle n'ait été abordée que sur le tard, comme par distraction.

Personnellement, je n'ai toujours pas compris pour quelle raison les négociateurs israéliens des défunts accords d'Oslo n'avaient pas posé cette question première à la partie adverse.

Quoique le point soit toujours juridiquement contesté, l'OLP prétend avoir retiré de sa charte l'article prévoyant la destruction de l'État d'Israël et, ipso facto, l’avoir ainsi reconnu.

Mais que signifie donc cette éventuelle reconnaissance, s'il ne s’agissait pas – comme je l'ai toujours indiqué – de reconnaître l'État juif ?

Le plan de partage de l'ONU de 1947 que la partie arabe n'a pas accepté prévoyait la création de deux États sur le territoire de la Palestine mandataire, l'un Juif, l'autre Arabe.

Lors de la création de leur état en 1948, ses fondateurs, après quelques discussions, l'avaient dénommé «Israël» mais ils auraient pu, tout aussi bien, l'appelé de manière éponyme : «État Juif».

Quant au terme «palestinien», celui-ci ne se confondait certainement pas à cette époque avec les seuls Arabes de la Palestine historique, mais à tous les habitants de l'antique Judée.

Les Juifs ont été exclus depuis du territoire lexical, en douce, sans vraiment combattre.

Israël a d'ores-et-déjà accepté le principe de la création d'un État arabe palestinien.

La résistance des Arabes à ne toujours pas identifier Israël à l'État Juif montre qu'ils ne s’y sont toujours pas résolus.

En réalité, les Arabes de Palestine se partagent, dans le meilleur des cas, entre les modérés qui sont prêts à accepter un État, de fait, binational avec, à terme, une majorité arabe et les radicaux – maîtres désormais de Gaza – qui sont déterminés à expulser les infidèles qui usurpent le sol sacré.

C'est dans le cadre permanent et cohérent de ce refus de la légitimité de la souveraineté juive sur une partie de la Palestine que l'on doit interpréter le maintien de l'exigence du «droit au retour des réfugiés» sur le territoire de l'actuel Israël.

Dans cette triste occurrence, il faut se réjouir de l’injonction qui vient d'être faite à la partie arabe de sortir de cette ambiguïté qui ne trompera désormais que ceux qui le souhaitent.

Car rien de bon ne saurait sortir de la faiblesse des hommes et de la fausseté des idées.

Rien, sinon de nouvelles désillusions grosses de lendemains encore plus chagrins.

 

 

 

 

D’après ma chronique du 16/11/07 sur Radio J

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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 17:20

SECRETS ET CONFIDENCES

 

 

 

 

Le livre que j’attendais depuis toujours vient d’être traduit en français et publié aux éditions CALMANN-LEVY.

 

 

Son titre : « Relégué en page 7 ».

 

 

Son auteur : Laurel LEFF, une universitaire américaine très réputée.

 

 

Son objet : expliquer les raisons qui ont fait que le plus grand journal de tous les temps, le « New York Times » a fermé les yeux sur le plus grand massacre de tous les temps, la Shoah.

 

 

Laurel LEFF enquête avec minutie et objectivité sur ce qui a pu mener le journal à minorer systématiquement les informations sur le sort des Juifs d’Europe entre 1939 et 1945.

 

 

Ainsi, le 27 août 1943, un article annonçant l’anéantissement de trois millions de juifs dans ces centres d’extermination a été publié discrètement en bas de la page 7, plutôt qu’en « une ».

 

 

Plus accablant, on y découvre également que par aveuglement et conformisme, le « Times » a accueilli avec grande indulgence les lois anti-juives de Vichy et a défendu la politique du Maréchal Pétain.

 

 

Pour ceux qui, comme moi, tentent de déchiffrer le passé pour ne plus le revivre, les enseignements de Laurel LEFF sont monstrueusement éclairants, raison pourquoi, je vous invite à la lire au plus vite.

 

 

Vous y découvrirez ainsi la personnalité complexe d’Arthur SULZBERGER, patron juif du journal, dont l’antisionisme distingué comme le refus de tout communautarisme conduiront à cautionner la politique anglaise empêchant les juifs d’Allemagne à se réfugier en Palestine, et à renvoyer dos à dos les informations d’origine juives et celles d’origines nazies… illustrant ainsi comment l’intellectualisme le plus implacable peut favoriser les pires tragédies.

 

 

Vous verrez également comment les journalistes du New York Times en poste à Berlin minimisèrent toutes les dépêches de peur d’être expulsés, voire maltraités par les autorités nazies.

 

 

Bien entendu, tout rapprochement avec la période actuelle, à Gaza comme ailleurs serait considéré comme éminemment spécieux.

 

 

Au fait, comme cela en passant, qui a trouvé dans les journaux français, pourtant peu avares de développements sur le Proche-Orient, une simple allusion au rapport d’Amnesty International publié il y a désormais trois jours, accablant pour les Palestiniens ?

 

 

 

 

 

 

Qui a lu une seule ligne sur la tentative d’assassinat d’Ehoud OLMERT par des hommes du Fatah, immédiatement relâchés par une autorité palestinienne, par ailleurs si exigeante dans les négociations avec Israël ?

 

 

Informations qui ont été pourtant reprises par une grande partie de la presse internationale.

 

 

Mais toute cela, sans doute est sans aucun rapport avec le livre « Relégué en page 7 ».

 

 

 

(D’après ma chronique sur Radio J)
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15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 15:28

C’EST ÉNERVANT D’AVOIR RAISON

 

 

 

 

 

Le 11 octobre, l'excellent Jean Chichizola, révélait, dans Le Figaro, que le chef du commando ayant perpétré l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic, le 3 octobre 1980 avait été appréhendé au Canada.

On apprenait dans cet article – qui fit le tour du monde – qu'une commission rogatoire internationale avait été délivrée le mois dernier aux services de police français pour recueillir des informations aux fins de confondre l'individu, un palestinien, notamment au moyen d'un recours à ses empreintes digitales, à son écriture ou encore par le recueillement de traces d'ADN.

Aussitôt, l'ensemble de la presse de s'interroger sur une enquête qui, euphémisme, « aurait marqué le pas ... »

C'est peut-être le moment de rappeler (mais je l'avais presque oublié moi-même...) qu'il y a 26 ans, le rédacteur du Blognadel, avec sa complice Aude Weill-Raynal, d'Avocats Sans Frontières, publiaient dans le regretté Quotidien de Paris une « Lettre ouverte au Garde des Sceaux » dans laquelle ils demandaient respectueusement à Robert Badinter, grand protecteur des droits de l'homme devant l'Éternel, une commission rogatoire internationale aux fins d'enquêter à Vienne et à Anvers où l'on avait arrêté certains Palestiniens du groupe Abou Nidal, suspectés de s'en être pris aux synagogues desdites villes.

26 ans après, j'attendais toujours une réponse ou un acte judiciaire.

C'est que, chers amis, notre articulet sentait davantage la poudre, le salpêtre et le soufre que la penthrite utilisée par les terroristes.

C'est qu'à l'époque, suggérer qu'un Arabe de Palestine puisse s’en prendre non pas aux intérêts israéliens ou sionistes mais aux Juifs, comme un vulgaire antisémite, relevait de la faute d’égouts nauséabonde.

Seule, l'odieuse extrême droite était capable d'un tel méfait. Raison pourquoi un syndicaliste policier socialiste nommé – mais qui s'en souvient – José Deltorn en vint à avancer sans rire ni faire rire qu'un tiers des effectifs de sa corporation était infiltré par les nazis.

Et c'est sous ces auspices d'intelligence et de raison qu'une bonne centaine de milliers de braves types, communauté juive organisée en tête, défilèrent le lendemain de l'attentat sur les Champs-Élysées en vitupérant le danger fasciste.

L'écran « antiraciste » qui enfume la société française jusqu'à l'intoxiquer avait désormais de très beaux jours devant lui.

 

 

 

 

 

 

************************

 

 

 

 

Très belle tribune de mon ami Richard Prasquier dans le même Figaro du lendemain.

Le nouveau et intelligent président du C.R.I.F ne craint pas d'y écrire qu'il ne signera pas la pétition vouant aux gémonies les auteurs de l'amendement A.D.N maudit.

Non qu'il en fasse l'apologie. Mais de là à invoquer « un passé que l'on espérait révolu »...

Et le même Prasquier d'avouer sa honte d'avoir un jour de 68 défilé aux cris de « CRS-SS ! »

On aurait souhaité le même discernement au brave Enrico Macias qui n'a pas hésité à comparer le même jour le projet querellé aux mesures infligées jadis à ses congénères...

Mais décidément, qu’il a mal à passer ce passé qui ne passe pas.

Jusqu'au détail reproché à Fillon. Vous avez dit détail ? Comme celui qui avait qualifié les chambres à gaz, de point de détail ?

Comment mieux signifier subliminalement que la lutte contre l'immigration clandestine et les rafles antijuives c'est du pareil au même.

Quand c'est fini, ça recommence.

À la seule différence près, que ça ne marche plus et que les Français, en dépit du grand battage, approuvent, dans leur grande majorité, les mesures adoptées par la majorité républicaine, démocratiquement élue.

Simple point de détail, sans doute.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 14:46

LE MANICHEISME INTERDIT

 

 

 

 

Dites-moi si je me trompe honteusement. Dites-moi si j'ai l'esprit outrancièrement chagrin.

Lorsque George Bush-le-petit a osé évoquer un axe du mal qui passerait par Téhéran et Damas, quel tollé !

Se réclamer du Bien, évoquer le Mal, appeler à une Croisade internationale contre le terrorisme. C'était convoquer à la fois Mani et Godefroy De Bouillon.

Bref, l'ignominie et la sottise occidentales réunies sous la bannière étoilée.

Dont acte.

En revanche, lorsque le 20 septembre 2006, Hugo Chavez s'est rendu à l'Assemblée Générale de l'ONU et a qualifié, le président américain de «tyran» en déclarant, sous les rires et les applaudissements : «Hier le diable est entré ici. Et ça sent encore le soufre» qui s'est ému de sa bonne saillie ?

A la notable exception du journal qui m'accueille, qui a protesté sérieusement de la sortie du dictateur bolivarien mettant en cause un certain peuple déicide amoureux de l'argent ?

Qui a osé s'étonner, au lendemain du 11 septembre 2001, d'une déclaration commune Chirac-Chavez condamnant bravement le terrorisme, alors que ce dernier n'a jamais cessé de réclamer la libération de son «ami» Ilich Ramirez Sanchez dit Carlos et a soutenu publiquement les thèses de Thierry Meyssan sur les attentats de New York et Washington.

Qui a condamné l'appui sans réserve du caudillo vénézuélien à l'entreprise nucléaire de son compagnon Ahmaninedjad et ses comparaisons récurrentes des Israéliens aux nazis ?

Le réaliste résigné qui s’exprime, se contenterait de bien peu : que le lauréat du prix Kadhafi des droits de l'homme de la Libye (2004), digne successeur au palmarès de Fidel Castro, que le docteur honoris causa de l'université syrienne de Damas soit traité avec la même sévérité que le yankee universellement abhorré.

Est-ce vraiment trop demander à toutes les ligues de défense des droits de l'homme, à tous les syndicats antiracistes autoproclamés, pour l'heure toujours aussi placides à l'égard des tyranneaux de Caracas, de Khartoum, ou de Téhéran, ces petits veinards qui n'ont pas le profil du salaud idéal blanc et propre sur lui ?

 

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