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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 18:03

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://premium.lefigaro.fr/vox/politique/2016/07/25/31001-20160725ARTFIG00120-goldnadel-le-monde-mediatique-le-deni-islamiste-et-la-sottise-victimaire.php

Le monde médiatique, le déni islamiste

et la sottise victimaire


Publié le 25/07/2016


FIGAROVOX/CHRONIQUE - Après les attentats en France et en Allemagne, Gilles W. Goldnadel critique «cet étange monde médiatique, enfermé dans un bunker capitonné» qui navigue dans un «univers virtuel, rebelle au réel mais docile envers l'idéologie».

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Il pourrait y avoir dix attentats terroristes islamistes par jour que le scénario médiatique serait toujours immuable.

Étrange monde médiatique, enfermé dans un bunker capitonné, où n'ont droit de pénétrer que ses membres encartés ou des invités strictement adoubés. Univers virtuel, rebelle au réel mais docile envers l'idéologie. Partisan de l'éducation d'un peuple borné.

Phase 1: Sidération et compassion. Gros plan sur l'allumage des bougies. Tentatives de dénégation de toute présence islamiste dans l'événement. Immanquablement, la thèse de la folie ou de la dépression va être mise en avant. Comme s'il fallait choisir entre le menu imposé de la démence suicidaire et le dessert déconseillé de la haine communautariste. Comme s'il était si difficile à comprendre pour les privilégiés qui se tiennent pour l'élite, que l'irrationalité démentielle, la mégalomanie, la paranoïa, le sadisme, le fantasme de la persécution, le ressentiment social ont toujours fait bon ménage dans l'histoire individuelle et collective avec la haine politique totalitaire. À Nice, le sommet du négationnisme aura culminé avec l'absurde chimère ministérielle de la radicalisation spontanée de l'auteur de l'attentat, reprise sans discussion par la classe médiatique.


Phase 2: Reconnaissance contrite de la réalité islamiste.

Phase 3: Les temps de la sidération et de la compassion minimale pour les victimes étant écoulés, vient celui de l'irrésistible victimisation des musulmans et de la culpabilisation symétrique.

Après Nice, certains se seront appesanti lourdement sur le nombre des victimes musulmanes de l'attentat. Tri étrange et macabre. Tri sélectif et ethnique. Aucune autre communauté dans la peine n'ayant été comptée. Si ce n'est celle de la communauté nationale, visée dans son ensemble.

Sur la radio de service public France Inter, vendredi, Jean-Louis Bianco qui restera dans la petite histoire pour avoir décrété que la France ne connaissait pas de problèmes de laïcité, commença sa prestation en incriminant sans désemparer une partie de la population niçoise dont la parole raciste se serait libérée…

La palme académique de la sottise victimaire devant revenir de droit au préfet du Rhône, qui avec des airs de Jean Moulin, et dans le même temps qu'à juste titre il venait condamner dans une mosquée de Lyon des tags insultants pour la communauté musulmane, compara ceux-ci aux prémices de la nuit de cristal en Allemagne.

Je m'inscris en faux contre cette indécente comparaison, moins par respect de la décence historique que parce que je sais que le fantasme victimaire explique grandement le ressentiment agressif et que l'être humain est prompt à se sentir victime dès l'instant ou des tiers inconscients l'encouragent sur cette voie confortable.

Et si l'on considérait étrangement que le peuple juif n'était pas le premier concerné par le génocide nazi, alors il me semble que le sort tragique des chrétiens d'Orient ou des Yazidis serait plus adapté à des comparaisons mêmes osées.

Étrange idéologie. Il est inacceptable de faire porter sur l'ensemble de la communauté musulmane de France le poids des attentats islamistes. Et je n'ai vu aucune personne publique, Dieu merci, le faire.
Il est tout aussi inacceptable de considérer celle-ci comme la communauté victime. Et beaucoup le font, à commencer par un responsable d'État irresponsable.

Le scénario n'aura pas été très différent en Allemagne, où une manière d'accords de Munich médiatiques aura docilement accepté la thèse «évidente» d'un jeune germano-iranien, clone du Norvégien suprématiste blanc Breivik. La coïncidence des dates étant sensée emporter la conviction sans discussion. Je gagerais que les jours qui viennent éloigneront le jeune David Ali des fjords norvégiens.

Toujours est-il que mon imagination est impuissante à décrire à quoi aurait ressemblé la réaction médiatique, si par hypothèse, et pourquoi non, l'auteur du massacre aurait été, pour cette fois, non un Iranien fils de réfugiés, mais un germain tout blond, ressemblant davantage à l'assassin d'Oslo. Il est bon parfois de se remémorer l'actualité récente, histoire de comparer. Le mot bien en cour en ce moment dans les médias est celui d'hystérie. Pas question d'«hystériser» en période dramatique. Le sage conseil que voilà. Ne pas céder à la psychose collective. Ne pas généraliser. Ne pas trouver de boucs émissaires. Évidemment. Le drame c'est que ceux qui, en ce moment, mettent en garde lourdement contre l'hystérie collective sont largement les tenants de l'hystérie sélective. L'exemple de la manière dont auront été traités par une partie de la presse sermonneuse les massacres de Breivik est des plus éclairant.

Point question alors de focaliser sur un loup nordique et solitaire, point question de miser uniquement sur la folie d'un personnage tellement insensé que les experts et tribunaux d'Oslo s'y seront repris à plusieurs fois pour statuer sur la responsabilité pénale de l'assassin de masse.
Pas du tout, dans la circonstance, il convenait de redouter hystériquement et collectivement les dangers du racisme blanc. Mieux que tout: mettre en fiche les suspects et dénoncer sans réticences les dangereux inspirateurs qui auront armé intellectuellement l'assassin. Je renvoie à ce sujet aux articles (6 août 2011, 16 avril 2012) du Monde et de l'Obs Rue 89 qui n'auront pas craint de désigner l'historienne Bat Yeor ou Alain Finkielkraut…

Terminons sans conclure sur le procès en responsabilité qui se dessine de plus en plus nettement à l'encontre du ministre de l'intérieur concernant le drame niçois.

Le paratonnerre de l'unité nationale utilisée avec effronterie a déjà fait long feu. Les affirmations de la policière municipale en charge de la vidéosurveillance accusant le pouvoir d'avoir fait pression sur elle pour attester de la présence d'une police nationale qu'elle n'a pas constatée sont troublantes mais devront être vérifiées. Reste toutefois qu'il semble acquis désormais aux débats que le pouvoir aura voulu détruire des enregistrements vidéo pour une raison obscure.

J'avoue en mon for répugner à vouloir faire le procès d'un homme en une matière où la spéculation intellectuelle et les arrière-pensées politiques sont puissantes.

Il demeure néanmoins, sur le fond, une responsabilité judiciaire et idéologique incontestable. La semaine dernière, j'insistais déjà sur le fait indiscutable que l'auteur principal de la tuerie de Nice, ressortissant tunisien, titulaire d'une carte de séjour provisoire, plusieurs fois mis en cause pour des délits de vol ou de violence, et encore récemment condamné à une peine de prison avec sursis pour vol avec arme, aurait dû, dans un système judiciaire responsable, être expulsé.

Cette semaine, nous apprenions du Point, que l'un de ses complices présumés, A.H, citoyen albanais, avait été appréhendé pour infraction le 2 mai par la police qui avait constaté qu'il faisait l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière. Le décret d'expulsion qui le frappait n'a pas été exécuté et le 3 mai, l'individu était libéré sur ordre de l'officier de police judiciaire.

Personne désormais ne pourra me convaincre que l'hécatombe relevait de la pure et inévitable fatalité.
Une idéologie quarantenaire l'aura préparé, et les hommes et les femmes qui l'auront accompagné, politiquement, intellectuellement et médiatiquement devraient, à tout le moins, apprendre l'humilité.

Published by GOLDNADEL Gilles William
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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 14:25

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Les causes de l'islamisme criminel n'ont rien de mystérieux

Publié le 18/07/2016

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel dresse la liste des sept facteurs qui expliquent le développement du terrorisme islamiste.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Par un très cruel paradoxe apparent, au fur et à mesure que la liste des suppliciés s'allonge, les raisons idéologiques du supplice vont commencer à disparaître. Pour le dire autrement, sous les coups de boutoir de l'horrible réalité, les sept piliers de la vérité confisquée sur lesquels l'islamisme criminel s'est arc-bouté sont en train de s'effondrer, un à un.

Le premier pilier reposait sur l'interdit du nom. On ne nomme pas l'islam, fusse-t-il radical et terroriste sauf à blasphémer. L'esprit du 11 janvier, contre lequel j'avais mis en garde au risque d'être excommunié, reposait tout entier sur une messe œcuménique et compassionnelle où l'on tairait le nom. La messe n'eut rien d'œcuménique, le nom fut tu et l'on continua de tuer en son nom.
Aujourd'hui, le pouvoir - pour autant qu'on puisse le nommer ainsi - aurait voulu ressusciter feu Charlie, frère de Oui-Oui, non par esprit de compassion, mais uniquement pour tenter d'éviter la reddition des comptes qu'une opposition jusque-là patiente jusqu'à l'excès s'est résolu enfin à exiger de lui.

Par une étrange logique, un ministre de l'Intérieur qui hier encore s'auto-congratulait pour une fête de l'Euro sans mort, refuse de tirer les conclusions politiques de cent morts sur une zone festive à Nice. Se livrant à un concours de vitesse pathétique avec l'assassin, il change d'avis sur son islamisme aussi rapidement que l'autre se serait radicalisé.

Le même ministre avait cru pouvoir prendre de haut les observations de la commission d'enquête parlementaire présidée par Georges Fenech et qui, en termes pourtant mesurés, n'accepte pas de mettre sur le dos de la seule fatalité le massacre du Bataclan et préconise une réforme des services de renseignement après avoir constaté leur défaillance à ne pas avoir mis hors d'état de nuire les trois terroristes que pourtant ils connaissaient.

Le premier secrétaire du Parti Socialiste, plutôt que d'adopter un profil modeste, a cru également devoir morigéner le président Fenech, dans l'espoir aussi inutile qu'indécent d'imposer le silence pour raisons lacrymales.

Quant à Christian Estrosi, celui-ci paraît-il, à en croire d'autres éminences socialistes, ne serait pas fondé à s'étonner des ravages causés par un homme seul sur une zone protégée, en plein état d'urgence.

L'unité nationale de façade d'hier a servi à cacher l'islam radical. Toute aussi factice, elle voudrait aujourd'hui dissimuler les responsabilités évidentes du système et les fautes éventuelles des hommes.

Le second pilier de l'islam terroriste repose sur la criminalité d'habitude de ses serviteurs, ou, plus exactement, la manière indolente dont la France a traité l'islamo-gangstérisme, pour reprendre l'expression de Malek Boutih. Par une triste loi commune, tous ceux qui ces derniers mois auront pourri la vie de la France et gâché des vies françaises sont des hors-la-loi issus de la petite ou moyenne délinquance de droit commun. Curieusement, personne ne s'est interrogé sur cette constante donnée. Elle ne s'explique pas uniquement par goût de la violence et de la transgression. Elle trouve son fondement dans la détestation profonde de la société française, de ses enfants et de ses lois. Elle s'inscrit sans doute également dans leur observation de la faiblesse insigne de la justice française dont les délinquants étrangers ou issus de l'immigration devinent confusément qu'elle ne se sent plus la légitimité, par mauvaise conscience, de punir réellement.

Le système est d'une perversité dialectique, car c'est précisément dans cette mauvaise conscience que les délinquants islamistes puisent complaisamment les raisons de leur ressentiment victimaire.
C'est là où le fatalisme désormais trop commode des autorités doit s'arrêter. Personne n'a la stupidité de prétendre que l'on peut éviter facilement l'acte suicidaire d'un fanatique déterminé à tuer, mais personne non plus ne peut soutenir que dans le carnage de Nice, la faiblesse judiciaire endémique n'ait sa part de responsabilité.

L'auteur du massacre est un ressortissant tunisien. Il disposait d'un titre de séjour temporaire. Pendant plusieurs années, il est acquis qu'il a commis divers vols et délits liés à sa violence. Plus récemment, il a fait l'objet d'une condamnation à une peine de prison assortie du sursis pour agression avec une arme. Il s'agissait donc d'un très mauvais sujet.
Dans une société humaine digne de ce nom, qui ne serait pas accablée par une mauvaise conscience pathologique, obligation est faite à l'étranger de se conduire convenablement dans le pays d'accueil, sauf à être renvoyé sur le champ. Il s'agit des règles traditionnelles de l'hospitalité. Le sens de ces règles a échappé depuis longtemps aux acteurs politiques et aux magistrats de l'ordre judiciaire qui n'y songent même plus.

Si tel n'avait pas été le cas, le massacre de Nice n'aurait pas été commis et une centaine de vies auraient été épargnées.
Si tel n'avait pas été le cas, l'islamo-gangstérisme ne caractériserait pas aujourd'hui lourdement la société criminelle française et ne constituerait pas le vivier naturel du terrorisme islamiste.

À lire ce qui précède, on aura compris que je ne fais pas porter sur le gouvernement actuel de gauche la responsabilité principale d'un drame dont les acteurs sont à trouver dans l'ensemble de la société politico-médiatique française qui s'est abreuvée de la même idéologie xénophile dès le biberon.

Il n'en demeure pas moins qu'une partie de la gauche gouvernementale aura encore aggravé le phénomène pernicieux.
Christiane Taubira, avec son lyrisme habituel, twittait au lendemain du massacre de Nice: «Nous n'avons plus de mots. Nous sommes simplement armés d'une certitude: nous sommes les plus forts».

Ces mots sont creux et aussi vides de sens que la politique judiciaire calamiteuse menée par l'ancienne Garde des Sceaux. Répugnance dogmatique devant l'enfermement qui constitue toujours la moins mauvaise des prophylaxies. Refus esthétique de la sévérité carcérale contre la récidive qui constitue la clé de voûte de toute politique judiciaire juste et dissuasive. Refus philosophique de la déchéance de nationalité pour les terroristes qui aura définitivement ruiné le peu de crédit qu'il restait à un chef de l'État qui avait eu le machiavélisme de gribouille de lui accorder sa propre confiance.

Christiane Taubira, par ses mots creux et sa politique pleine d'idéologie en toc, aura rendu moins forte la société française.
Le quatrième pilier qui soutient fermement le terrorisme islamiste s'appelle l'islamo-gauchisme. Je le nomme d'autant plus volontiers et souvent que j'ai constaté combien son usage agaçait ceux qui y participent peu ou prou. Je rappelle ici qu'il n'a rien à voir avec les musulmans mais tout avec les gauchisants qui, par détestation pathologique de l'Occident blanc et révérence obséquieuse symétrique pour l'altérité orientale, sont tétanisés par l'idée même de condamner cette dernière quelles qu'en soient les circonstances.

Cette idéologie reflexe sommaire demeure puissante dans les médias, à commencer par ceux d'Etat. Raison pourquoi, quoi qu'il arrive, la déraison médiatique commande de retarder l'heure de la vérité qui la fâche. Quoi qu'il arrive, on cachera à l'opinion le viol des femmes allemandes par l'Autre d'Orient, on tentera d'expliquer que le terroriste est un déséquilibré, un dépressif, un dément irresponsable. Tout sauf à devoir prononcer enfin, mais le plus tard, le mot qui fâche et qui fait tâche.

Le cinquième pilier n'est qu'un avatar du quatrième. Nous le nommerons l'antiracisme de pacotille. Sa méthode est la diversion. Le leurre psychologique. Il tend à faire croire que le gentil c'est l'Autre et que le méchant fait partie du peuple autochtone. Le danger principal viendrait en fait de lui. Le démon a plusieurs noms: l'extrême droite, l'ultra droite, le populisme. Notre premier ministre, ordinairement mieux inspiré, vient à présent d'inventer le danger de «trumpisation»…

On pourrait tout aussi bien l'appeler le loup. Car cet antiracisme de pacotille ne cesse de rejouer l'histoire du petit Pierre. À force d'avoir crié stupidement au loup brun depuis 30 ans, la société politico-médiatique française a été prise à revers par le loup vert. La vraie bête immonde, celle-là, raciste, antisémite, fasciste et terroriste. Mais vivante.

Le sixième pilier de l'islamisme criminel est enfoui bien profondément dans le refus idéologique de dire la réalité sans haine ni crainte. Il est faux de prétendre que la société française est menacée d'un accès purulent de racisme anti-musulman.

Elle en est incapable. Elle en est prémunie. Il n'est venu à la tête, même malade, même encolérée, d'aucun Français de souche de venir mortellement se revancher de l'islamisme contre un musulman parce qu'il était musulman. Tous les sondages montrent qu'au contraire, malgré les attentats, les Français regardent leurs compatriotes musulmans sans essentialisme agressif. Contrairement à ce qu'on voudrait faire croire, les Français ne se sont pas radicalisés mais se sont libérés radicalement.

Ils ne craignent plus, en dépit d'un chantage au racisme qui ne fonctionne plus, de mettre en cause une partie de l'islam politique ou guerrier. Ils ne craignent plus non plus de questionner l'immigration et les ratés calamiteux de l'intégration. S'ils savent que la majorité des musulmans français est paisible et pacifique, ils savent aussi qu'une minorité nombreuse de celle-ci regarde le terrorisme islamique avec complaisance et compréhension. Au demeurant, un sondage du très respecté Pew Research Center évalue ce nombre autour d'un pourcentage de 30 %. Ainsi, tout en innocentant justement la majorité des musulmans de ce pays, il commande malgré tout de dire les choses sans trembler.

Car, et c'est le dernier pilier, le plus imposant, le plus terrorisant aussi, sur lequel repose le terrorisme islamiste: l'immigration islamique et l'immigrationnisme idéologique qui la soutient.

Arithmétiquement parlant, il explique plus que tout la difficulté technique à endiguer le phénomène terroriste, tant le vivier à surveiller, quand bien même est-il connu, repéré et même fiché est nombreux. Et pourtant, dès les morts du terrorisme enterrés dedans la terre froide, l'islamo-gauchisme idéologique s'emploie à terroriser ceux qui excipent du principe de précaution pour refuser l'entrée massive et illégale de davantage de migrants islamiques.

Est-il, par exemple, tellement difficile d'objecter à la démagogie de la maire de Paris qui décide, sans concertation avec les populations concernées, d'installer des camps de migrants sans-papiers en pleine ville, les propos irresponsables de son responsable du logement, le communiste Ian Brossat, qui reconnaissait, sur mes questions, au micro de RMC, qu'il n'était pas question de reconduire les migrants non éligibles au droit d'asile ? Comment davantage montrer son mépris pour les lois du pays et le droit à la sécurité et au bonheur des habitants qui y demeurent ?

Mais peu importe après tout ce que peuvent continuer à dire ceux qui se cachent derrière les piliers du mensonge, la vérité est à présent une idée neuve en Europe.

 

Published by GOLDNADEL Gilles William
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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 16:47

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Après Dallas, la consternante absence du mot «racisme»

Publié le 11/07/2016

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Pour Gilles-William Goldnadel, le drame de Dallas est révélateur d'une racialisation inquiétante des rapports sociaux accompagnée d'un antiracisme à géométrie variable.
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Ceux qui veulent bien me lire chaque semaine dans ces colonnes savent que je suis de ceux qui pensent que non seulement toute vérité est bonne à dire, mais encore que le mal à dire aggrave la maladie.

Autrement dit, en matière de non-dits, les lois de la psychologie collective sont identiques à celles de la psychologie individuelle.

Commençons par les non-dits de Monsieur Obama. Il est des mots qui lui écorcheraient sa bouche pourtant prolixe.

Après le drame d'Orlando, inutile de chercher dans les oraisons présidentielles la raison islamiste. Le «la» du diapason était ainsi donné aux médias bien disposés pour l'unisson: la faute aux armes à feu, à l'homophobie (et tant pis pour les orientations sexuelles du terroriste) mais pas question de réclamer des comptes à l'Autre es qualité de musulman radical.

Après le carnage cruel de Dallas, un mot manquait cruellement au discours du premier Américain: «raciste». Un Noir, adepte du suprématisme noir, déclarait avoir massacré des policiers blancs pour venger des crimes commis par d'autres policiers blancs. Mais le mot qui serait venu naturellement aux lèvres de n'importe qui si, par exemple improbable, un Français voulait tuer un musulman intégriste pour venger le 13 novembre ou un délinquant Noir parce qu'il aurait été volé par un autre Noir, manquait.

Comme si, ici, l'évocation du racisme d'un noir, forcément victime par essence, était impossible à dire. Et comme si le blanc, par essence raciste, n'était jamais totalement innocent.
C'est dans le creux vertigineux de ce manque que niche une grande partie du drame racial qui enlaidit la vie.

À ce stade du devoir parler vrai et sans crainte, les mots sont impuissants pour dire l'échec calamiteux du premier président noir des États-Unis d'Amérique dans sa tentative alléguée d'avoir voulu apaiser les tensions raciales.

Sans doute, le ver était logé dans le fruit racialiste de ceux qui exultaient au soir de son élection, non en raison de son habileté oratoire incontestable, de son intelligence, de son élégance et de sa prestance, mais à raison essentiellement essentialiste de la couleur de sa peau.

Et ce président n'aura eu de cesse depuis le début de sa présidence d'accuser la police d'être raciste envers les noirs et de s'en prendre particulièrement aux policiers blancs ou, plus largement, à tous les blancs susceptibles de se défendre contre des criminels. Comme le rappelle Guy Milliere dans un article du 9 juillet (Dreuz), Obama s'est appuyé pour cela sur les professionnels de la tension raciale tel Al Sharpton, et a accordé ces derniers mois son soutien à des organisations extrémistes ouvertement anti policières telles que Black Lives Matter.

À chaque fois qu'une polémique a défrayé la chronique policière et criminelle (Trayvon Martin à Stanford en Floride, Michael Brown Ferguson dans le Missouri ou Freddy Gray à Baltimore), à chaque fois Obama, pour le plus grand plaisir de la presse de gauche et des démocrates gauchisants, a pris parti systématiquement contre la police. On a vu plus tard que la justice voyait les choses moins simplement et moins systématiquement.

Je ne veux pas caricaturer ma propre pensée: je ne sous-estime pas la violence de la police américaine, à l'image de la société américaine. Je ne sous-estime pas le racisme de certains policiers blancs, pas plus que je ne sous-estime le racisme de certains délinquants noirs.

Mais j'affirme que considérer l'ensemble des faits divers précités comme le résultat d'un racisme évident plutôt que celui de l'instinct de peur ou même de la défense légitime relève d'une spéculation intellectuelle infiniment plus oiseuse que lorsqu'il s'agit de caractériser l'acte d'un criminel qui fait un carton sur des policiers blancs uniquement parce qu'ils sont blancs.

Et pourtant, dans l'hypothèse spéculative, on affirme le racisme, et dans le cas indiscutable, on le passe sous silence…
De même, je réfute par principe l'évidence propagée ad nauseam de ce que la justice américaine aurait, à chaque fois qu'elle a relaxé un policier mis en cause, fait montre de partialité. Après tout, en France aussi, des politiciens spéculant façon Benoît Hamon ont critiqué des décisions bien fondées en droit comme en fait comme dans l'affaire Ziad et Bounia.

À la suite de ces spéculations médiatiques et politiques, on imagine avec quelle sérénité intellectuelle les prochains juges américains appréhenderont les prochains «dérapages policiers» qui seront déférés devant eux.

L'opinion publique, cette catin, n'a rien à faire dans le prétoire, déclarait autrefois mon confrère Moro-Giafferi… C'est loin.

Dans ce cadre intellectuel vicié, un cercle culturel vicieux s'est agrandi sans fin. Bien sûr que la question noire américaine a été mal réglée.

Les préjugés contre les noirs, pendant des années et contrairement à ce qu'on pouvait espérer se sont envenimées après la suppression de l'esclavagisme. Les stigmates anti-noirs se sont renforcés et ont été traduits en un système de lois et de normes dites «Jim Crow» destiné à préserver l'ordre racial. Interdiction faite aux noirs de voter, d'étudier dans les écoles blanches, d'aller dans les magasins, les restaurants fréquentés par les blancs. Comme l'indique pertinemment Yuval N. Harari (Sapiens, une brève histoire de l'humanité, Albin-Michel): «Au milieu du XXe siècle, la ségrégation dans les anciens états confédérés était probablement pire qu'à la fin du XIXe siècle. Clennon King, l'étudiant noir qui voulut entrer à l'université du Mississippi en 1958, fut interné de force dans un asile psychiatrique. Le juge trancha qu'un noir était forcément fou s'il imaginait pouvoir y être admis».

Il n'en demeure pas moins que le sort des Noirs américains, leur situation sociale et culturelle se sont, depuis les années 60, très considérablement améliorés.
J'affirme qu'aujourd'hui, que par une dynamique perverse et dialectique, une sorte de choc en retour et d'un excès l'autre, les vecteurs principaux d'agrandissement du cercle vicieux se nomment racialisme obsessionnel et antiracisme professionnel, avec leur cortège de culture de l'excuse et de victimisation systématiques a priori.

De ce point de vue, Barack Obama en aura été à la fois le triste héros et la victime consentante.
Mais on aurait tort de penser que ces deux fléaux n'ont pas franchi allègrement l'Atlantique.

Que penser par exemple, puisqu'il faut parler vrai, de cet article publié sans le moindre recul le 5 juillet dans notre vespéral national et intitulé: «Dans les banlieues populaires, l'absence de Benzema ne passe (toujours) pas»?: «On veut pas de reubeus en équipe de France, on l'entend beaucoup. Il y a une identification aux joueurs exclus» (…) «Bien sûr, il y a Sissoko, Pogba qui viennent de la région parisienne, mais ma génération est déçue qu'il n'y ait pas de reubeus des quartiers, des mecs qui nous ressemblent» fait dire la journaliste à des figures de l'immigration arabo-maghrébine.

Bref de l'ethnicisme tranquille et assumé: c'est bien qu'il y ait des Noirs mais il faudrait aussi des Arabes. Quant à savoir la répartition quantitative entre marocains et algériens, l'article ne le dit pas.
Les mêmes qui n'avaient pas de mots assez durs pour Nadine Morano…

Heureusement, il n'y a pas que cela. Le Portugal a battu la France. Les Franco-Portugais n'ont pas caché, pour leur majorité, leur préférence lusitanienne. Et pourquoi non ? Une intégration réussie n'impose pas une assimilation forcée. Battus, ils ne se seraient certainement pas vengés sur le matériel urbain. Il est des immigrations heureuses quand elles sont légales, paisibles et librement acceptées par la population d'accueil. L'immigration portugaise est une chance pour la France.

C'est dit.

Published by GOLDNADEL Gilles William
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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 11:24

Article paru dans Le Figaro (édition papier) du 3 juillet 2016

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http://premium.lefigaro.fr/vox/culture/2016/07/03/31006-20160703ARTFIG00177-elie-wiesel-l-aube-apres-la-nuit.php

Elie Wiesel, l'aube après la nuit

Publié le 03/07/2016

L'avocat et essayiste Gilles-William Goldnadel rend hommage à Elie Wiesel. Il considère que sa vie et son œuvre restent un phare pour notre temps.

C'est un honneur redoutable que d'évoquer la mémoire d'un homme qu'on a un peu approché et beaucoup admiré.

Les mots qui ordinairement vous tombent sous les doigts se font réticents. Car Elie Eliezer Éléazar Wiesel avait autant de visages tristement souriants que de prénoms. Il ciselait les mots en de nombreuses langues: le français, le yiddish, l'hébreu et l'anglais, mais se tourmentait de leur insuffisance. Il murmurait préférer le silence qui les séparait et dans lequel il s'essayait, en croyant, à percevoir Dieu et les hommes.

Le premier visage d'Elie était celui d'un témoin de malheur. Et même d'un témoin des témoins. C'est en tant que témoin qu'il déposa ses mots écorchés vifs la Nuit, dans la langue morte de la yiddishkeit.
Tandis que Primo Levi, autre compagnon d'infortune aux mots riches parce qu'économes, racontait les premiers coups donnés, sans la moindre raison, par les premiers soldats allemands réceptionnant les juifs latins des mains des Italiens, Elie racontait la première nuit à Auschwitz de ses Juifs de Hongrie.

Elie Wiesel, juif pratiquant, fils de juifs orthodoxes, ne pratiquait pas la religion de la Shoah, qu'il nommait Holocauste. Il témoignait seulement. Il ne se considérait pas dépositaire d'une marque déposée, et, même s'il ne le disait pas, avec cette humilité des grands qui frappait tous ceux qui le rencontrèrent, n'appréciait guère les littérateurs de l'horreur qui en faisaient fiction sans l'avoir connue.

Raconter des contes non pour faire dormir mais pour éveiller

Le second visage d'Eliezer Wiesel est celui d'un érudit du hassidisme de l'Europe centrale, qui aime raconter des contes non pour faire dormir mais pour éveiller, des histoires de Golem, de faux messies, de vases brisés du Zohar, de sages qui rencontrent la grâce en racontant leur mort ou de mendiants à Jérusalem. Je me permettrai de ne pas partager entièrement l'avis du premier ministre israélien qui, dans son hommage, écrit que Wiesel aimait Dieu et les hommes. Il disait plutôt qu'il avait foi en eux, mais qu'il ne savait pas pourquoi. Wiesel aimait le doute. Croyant, il ne pouvait douter, mais en philosophe empirique du pire, et en témoin de la méchanceté humaine, il tenait à douter. Et à attendre et endurer le mal. Le temps qu'il faudra bien. En croyant philosophe, Eliezer Wiesel pratiquait le messianisme universel. Un messianisme non réservé aux seuls Juifs, mais à l'humanité terrestre pour une vie simple, paisible et souriante.

Le troisième visage d'Éléazar Wiesel fut celui d'un défenseur sans concessions de l'existence de l'État du peuple juif. D'autres, à sa place et à son altitude de Prix Nobel de la paix, auraient pu céder à l'humaine attitude de ne pas se salir les mains et la réputation en se faisant l'avocat de la plus disputée des disputes. C'eût été méconnaître Éléazar. D'abord, parce que plus encore qu'aux morts, il disait devoir penser avant tout aux vivants. Et l'État d'Israël incarnait sans doute à ses yeux non seulement une manière de consolation, mais encore le symbole même de l'espérance survivante. Ensuite, parce que toute sa vie, il n'aura cessé de ressasser l'amertume devant le déni et la passivité du monde pendant le grand massacre des innocents. Il ressentait exactement la même révolte devant cette manière que ce monde traite l'État juif en juif des nations.

Qu'on me permette à ce stade d'évoquer un témoignage personnel.
En 2002, je lui adressais à New York mon Nouveau bréviaire de la haine dans lequel je présentais l'antisémitisme comme un virus mutant. Je tentais de montrer que le mal de toujours était à présent davantage incarné par l'extrême gauche puissante que par la vieille extrême droite à qui j'attribuais «l'antisémitisme de papa». J'avais tenu à citer en exergue de l'opus cette sentence de son Golem: «Comme de coutume, l'année s'annonce sous le signe du châtiment ; je le pressens à travers chacun de mes os. J'ai vécu trop d'épreuves pour ne pas savoir prédire ce que l'avenir nous réserve. Oh bien sûr, j'ai foi en Dieu: je ne serais pas juif si j'évoluais dans le vide. Mais je ne serais pas juif non plus si je n'avais pas peur. Que vous dire ? Je distingue les signes et je sais les interpréter; il faut dire que j'en ai l'expérience.» Wiesel, qui connaissait les signes, même s'il continuait de considérer le mal comme une manière d'énigme maligne, me signifia en réponse que le nazisme n'était pas mort, qu'il avait seulement changé d'uniforme.

À plusieurs reprises, et depuis son enfance, Wiesel aura connu la souffrance physique et tutoyé la mort. Peu de vivants l'auront approchée d'aussi près. Aujourd'hui, certainement, la mort vouvoie Elie. Après la Nuit noire, l'Aube est enfin venue.

Gilles William Goldnadel

 

 

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 12:10

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Brexit, Notre-Dame des Landes: Pile je gagne, face tu perds ?

Paru le 27/06/16

FIGAROVOX - Pour Gilles-William Goldnadel, du Brexit à Notre-Dame des Landes, bien des responsables publiques n'ont rien contre les référendums, à condition qu'ils puissent changer ou choisir le peuple.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Tout a été dit, ou presque, sur les raisons, bonnes ou mauvaises, mais rationnelles qui peuvent expliquer le scrutin britannique.

L'insupportable légèreté du non-être eurocrate qui n'aura jamais seulement songé à réfléchir à ce qu'était l'Europe, ses racines et ses limites tant il était préoccupé à défendre les valeurs évanescentes d'un continent sans plus de peuples ni de frontières.

L'outrecuidance proverbiale d'un personnel politique jargonnant en volapuk administratif mais ne s'exprimant plus que dans la langue du pays qui vient de le quitter. Sa médiocrité aussi. D'une rareté parfaite. Sans vouloir mésestimer le talent accordé à Boris Johnson ou la démagogie prêtée à Nigel Farage, le verdict de vendredi doit beaucoup à Messieurs Junker et Shulz.
Mais plus encore à Mme Merkel. Une boussole. Le Nord. Le seul pôle sur lequel la population européenne croyait pouvoir tranquillement se fixer. Tellement d'acier, que longtemps ceux qui l'encensent aujourd'hui l'ont figurée méchamment avec un casque à pointe.

Il aura fallu qu'elle ouvre à tous les vents les portes et fenêtres d'un continent déjà tellement hospitalier qu'il était devenu une manière d'hôtel d'où l'on expulsait plus ni les hôtes de passage sans réservation, ni même les responsables de tapage.
Combien de centaines de milliers de citoyens britanniques ont-ils voté pour la sortie après avoir assisté à l'entrée forcée de centaines de migrants non européens, et principalement islamiques, à l'intérieur d'un continent miné par le terrorisme et l'insécurité ?

Et combien se sont-ils détachés d'une Europe à laquelle ils avaient fini bon gré mal gré à s'attacher, après avoir assisté à la capitulation, chancelière en tête, de ses représentants devant le sultan ottoman ?
Mais à côté de ces raisons objectives, il en existe une autre, moins rationnelle mais sans doute plus profonde. Son nom circule désormais. Elle s'appelle transgression. Pas n'importe laquelle. Pas la transgression iconoclaste. Par goût pour la perversion.

Non, la transgression tranquille. La transgression utile. Un vrai plaisir. Politique et démocratique, mais quasi érotique. Et qui ne va pas s'arrêter au peuple britannique. La transgression contre l'ordre despotique. Contre l'interdit stupide. Contre une classe médiatique et politique méprisante. Contre les grands prêtres cathodiques, leur catéchisme universel mais leurs attouchements xénophiles.

Contre leur prêchi-prêcha auquel plus personne ne croit et qui voudrait faire passer les révoltés et désespérés pour de vrais demeurés.
Et taxer de xénophobes et surtaxer de racistes les patriotes légalistes qui demandent simplement le respect des lois migratoires et qui ne confondent pas immigration paisible, légale et maîtrisée avec migration invasive, forcée et parfois grosse de mortel danger.

Oui, il y avait une manière de plaisir jubilatoire et transgressif pour une partie toujours grandissante de la population britannique et européenne à constater la possibilité de pouvoir peut-être détourner la trajectoire d'un funeste destin tracé d'avance sans son assentiment.

Un plaisir d'autant plus grand que ce peuple savait qu'on voudrait lui confisquer sa victoire et avant, et après.
Le jour d'avant, on laissa à penser que l'assassinat d'une députée travailliste allait profiter aux partisans du maintien. Ce qui sous-entendait lourdement en creux que ceux du Brexit étaient pour quelque chose dans son trépas. Les mêmes évidemment, avec cette morale sélective qui fait tout leur charme, n'avaient pas eu de mots assez durs pour stigmatiser l'indécence de Donald Trump à «instrumentaliser» le massacre d'Orlando en évoquant seulement l'islam radical.
Le jour d'avant, l'ensemble du monde financier avait prophétisé l'apocalypse maintenant au cas où les grands bretons décideraient de forcer le destin ordonné.

Le jour d'avant, la totalité des jets people hors-sol, les soi-disants anticonformistes par nature, les généreux par profession, s'étaient tous prononcés contre le retour à l'idée de nation. L'actrice Emma Thomson, croyant spirituel de décrire tendrement son pays comme «une vieille île grise chargée de misère et bourrée de gâteaux».

Le jour d'avant, l'ensemble des commentateurs, des observateurs, avait prévu la défaite des ploucs et des tocards. Jusqu'aux bookmakers qui, contre leur intérêt donc, avaient parié contre la cote, pour le favori des nantis.

Las, personne n'avait cru bon d'expliquer aux parieurs que Marx, en Angleterre, s'était beaucoup trompé. Que contrairement à ce qu'il avait décrété, les prolétaires avaient bien une patrie. Il n'ont même peut-être que cela.
Mais le jour d'après fut encore plus emblématique du mépris souverain du camp du bien pour le peuple souverain quand il vote mal.
La Grande-Bretagne, nonobstant le traité qui lui donne deux ans, était sommée de déguerpir sur-le-champ.
L'inénarrable M. Ayrault, dont il n'est pas inutile de rappeler au lecteur distrait qu'il demeure 1 rue du Quai d'Orsay, donnait l'ordre à M. Cameron de quitter le 10 de la rue Downing sans désemparer.
Mme Merkel, dans une belle harmonie, disait tout le contraire, quant à elle.

Bien sûr, l'ensemble du camp du bien voyait dans sa défaite le triomphe des nationalistes belliqueux, étant bien entendu que «le nationalisme c'est la guerre». Par malheur, les ploucs et les gueux n'avaient pas voulu voir qu'ils vivaient actuellement au sein d'une Europe sécure et pacifiée. Certains ploucs et gueux continuant de croire que, par exemple, les terribles conflits qui ensanglantent l'Orient résulteraient plutôt, non d'un improbable nationalisme sans nations, mais plutôt des haines religieuses, ethniques et tribales.

Curieusement, tout en décorant les électeurs rebelles de toutes les étiquettes convenues et obligatoires, les hommes de Bruxelles, Strasbourg et de Paris-Élysée, reconnaissaient que désormais il faudrait prendre en compte la demande d'identité et de sécurité des peuples européens. Allez comprendre.

Une député socialiste, forcément antiraciste, Axelle Lemaire, allant même, sur iTélévision, à incriminer, déconfite, le vote «petit blanc» pour expliquer la déconfiture électorale du camp du bien.

Bien sûr, ce ne sont pas les socialistes, comme Benoît Hamon par exemple, qui auraient en tête le vote ethnique quand il refuse la déchéance de nationalité ou prend les crampons de M. Benzema.

Et notre imagination est impuissante à décrire la réaction médiatique au cas où une Nadine Morano évoquerait par mégarde un vote «petit noir» ou «petit brun».

Mais le pire était à venir. Dès le lendemain, une bonne partie du camp du bien autoproclamé évoquait sans rire cette pétition où 3 millions de Britanniques réclamaient, sans fair-play, un replay. Ou encore, celle plus désopilante demandant un statut spécial pour Londres qui avait bien voté.

Il est vrai que nos Verts bien de chez nous avaient accepté de participer à la consultation sur l'aéroport de Notre-Dame des Landes tout en indiquant qu'ils refuseraient le résultat du scrutin, s'il était défavorable à leur vue imprenable.
Pile je gagne, face tu perds. Le peuple vote mal, changeons le peuple, disait Brecht, qui s'y connaissait bien en totalitarisme de la gauche extrême.

Le zadisme ne passera pas.

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 09:59

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«Islam radical», ces mots qui font peur

Publié le 20/06/2016

FIGAROVOX/CHRONIQUE - En évoquant les attentats, Obama, Schulz et Hollande ne prononcent pas le mot d'islam radical. Pour G.W. Goldnadel, ce déni doit être combattu, faute de quoi les peuples risquent de s'habituer peu à peu à la barbarie.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Martin Shulz était ce dimanche midi l'invité de Canal+. Le président socialiste du Parlement européen aura réussi l'exploit d'évoquer pendant un quart d'heure le massacre d'Orlando et les drames européens sans prononcer une fois les deux mots défendus: «islam radical».

Hollande en France, Obama en Amérique observent eux aussi strictement l'interdit du nom dit.
Un écolo-gauchiste français est allé plus loin dans le déni. Pour lui, la tuerie floridienne participait de la même homophobie que l'on trouve en France avec la Manif pour tous… «le passage à l'acte en moins».

Exactement comme la féministe frontiste de gauche et relativiste, Clémentine Autain qui, au lendemain de Cologne, rappelait le viol des femmes allemandes pendant la guerre mondiale…
Tout est bon, à commencer la stupidité écœurante, pour ne pas incriminer l'islamisme. Peut-être est-il nécessaire de répéter aux petits esprits qu'on peut être parfaitement opposé au mariage homosexuel sans être homophobe, et qu'on peut être, semble-t-il, homosexuel et musulman radical et se livrer à un massacre homophobe et anti-occidental.

Mais l'idéologie du déni et de la diversion aura réalisé cette semaine deux prodiges en un, tenter de sauver la mise à l'islam radical tout en ancrant définitivement la légitimité d'un communautarisme homosexuel. Comme s'il fallait absolument s'identifier par des orientations sexuelles que par ailleurs on souhaite paraît-il banaliser.

Il faut dire qu'au train d'enfer où vont les choses et où l'on s'efforce de transformer la marge en norme et la norme en abus, la minorité souffrante en pouvoir de nuisance et la majorité discriminante en devoir de pénitence, ne tardera pas à se créer un communautarisme hétérosexuel blanc .
S'il est un mot encore plus honni par les gens du déni, c'est celui d'islamo-gauchisme . Comme il n'existe pas, défense de le nommer.

Sous peine d'excommunication. Et pourtant, il tourne.

Cette semaine, un couple de policiers massacrés devant leur petit enfant. Et le lendemain, des voyous syndiqués, avec ou sans keffiehs, lapidaient sans pitié un hôpital pour enfants.
Mais la connexion entre islamisme et gauchisme ou communisme ne s'arrête pas à la tolérance stupéfiante des seconds pour le premier. Il faut aller bien plus loin. Il faut regarder les manifestations de haine antisioniste communes. Il faut songer aux bagagistes islamistes encartés CGT. Il faut savoir que la plupart des municipalités communistes de la région parisienne ont fait citoyens d'honneur de leur ville des terroristes islamistes.

Le couple de policiers a été égorgé par un islamiste radical et le mouvement s'est poursuivi comme si de rien n'était. Et on a continué à «détester la police» et à vouloir lui faire rendre gorge.

Dans son Etrange défaite, Marc Bloch décrivait la détresse des Français pendant la débâcle en constatant que les fonctionnaires préposés à la circulation des trains ou à la distribution des plis ne voulaient pas déroger exceptionnellement à leurs règles sacrées. On sait que le Parti Communiste approuvant le pacte germano-soviétique a accueilli la défaite et l'invasion comme une divine surprise, après avoir saboté la fabrication de l'armement français. On le sait peut-être, mais on se garde d'en trop parler. L'anticommunisme demeure en France un vice un peu honteux.

Aujourd'hui, les plus acharnés contre l'État, sa police et la loi font partie du personnel d'État le plus protégé. Et l'inversion des normes ne se trouve pas là où ils veulent la dénoncer.

L'islamiste radical n'est pas pour eux l'adversaire à liquider et l'unité nationale, une chimère totale.
Pire, peut-être, l'opinion fatiguée, peu à peu, s'habitue lentement. Pareille au homard que l'on cuit progressivement en augmentant doucement la chaleur de l'horreur, les massacres se poursuivent sans susciter le même effroi.

Et entre deux cuissons, les mêmes poncifs pontifiants sont débités médiatiquement et obligatoirement sur les bienfaits du multiculturalisme et l'innocuité des migrations imposées.
Entre deux cuissons, ceux qui osent suggérer que c'était peut-être effectivement mieux avant que l'on massacre les juifs, les chrétiens et les policiers, ceux qui pensent qu'effectivement, ils ne sont plus tout à fait chez eux sont toujours estampillés «d'extrême droite», histoire de mériter prochainement la casserole.

Ils nous vendent le vivre ensemble mieux, le multiculturalisme harmonieux et l'accommodement raisonnable, mais ce sont le Liban et le Venezuela qu'ils nous livreront en cadeau.

Il est temps que l'étiquette «d'extrême gauche» donne le rouge aux joues.

Ou l'islamo-gauchisme, qui n'existe pas et qu'on ne doit pas nommer, nous liquidera sans phrases.

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 11:21

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Hooligan, CGT, même combat ?

Publié le 13/06/2016

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Après les violences commises par des hooligans anglais et russes à Marseille, Gilles-William Goldnadel esquisse une comparaison entre ces derniers et les blocages syndicaux.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Combattons fermement les idées reçues et les stéréotypes stigmatisant. Le hooligan est bien plus intelligent et cultivé que l'on ne croit. Le hooligan est un fin observateur du paysage politique et sociétal français. Le hooligan, après un rapide examen de la situation sociale actuelle de la puissance organisatrice (encore que les substantifs puissant et organisation soient peut-être exagérés) a tout compris. Qu'il vienne d'Istanbul ou qu'il arrive de Moscou ou de Berlin, l'amateur de coups de pied, de tête et de pied dans la tête sait que le terrain français est plus hospitalier qu'à domicile.

Le hooligan allemand, malgré tout, arrivé à Paris, a dû être surpris.

Il a vu un syndicat sans grande représentativité en comparaison avec ceux de son pays, représenté par un leader aboyant des slogans et se réclamant d'un marxisme éculé, capable de mettre à genoux un pays aux abois. Notre visiteur s'est demandé s'il n'avait pas débarqué au Venezuela par erreur. Il a lu que des syndicalistes à Air France coursaient des cadres en chemise courte. Il a su que de nombreux bagagistes islamistes badgés portaient la barbe et la carte CGT. Il a vu le syndicat censurer des journaux en dehors de celui qui porte par humour le nom d'humanité. Il a vu des grévistes bloquer les usines et empêcher ceux qui voulaient travailler de le faire. Il a senti les poubelles empuantir Paris et ceux chargés du nettoyage se mettre au chômage et puis la CGT condescendre à lever les blocages tout en poursuivant le mouvement de ne rien faire. Il a cru entendre la maire de Paris dire merci. Le hooligan allemand n'a pas aperçu tant de trains ni d'avions. Notre trublion d'outre-Rhin s'est demandé carrément qui donc étaient ces gens qui ne respectaient même pas la fête du ballon rond. Il était surtout étonné qu'en période de terreur islamiste sanglante et d'inondations dévastatrices, un syndicat, même marxiste, ait aussi peu le sens de la nation, de son unité et du bien-être de son peuple.

Le visiteur a également été surpris de voir que le parti que l'on dit le plus national soit aussi compréhensif envers ce mouvement et montre ainsi peu de sens de l'État. Et peut-être aussi un manque de sens politique en tant que défenseur revendiqué de l'État-nation.

Et quelle réponse ce gouvernement fort en gueule et généreux en coup de menton a-t-il donnée, s'est demandé notre allemand, hooligan mais curieux ? Un bristol adressé par la ministre du travail au dirigeant de ce syndicat que d'aucuns disent voyou…

Notre hooligan s'est ensuite rendu place de la République. Il a été surpris de voir des somnambules divaguer debout et cogner la nuit sur de paisibles Veilleurs. Il était encore plus surpris de constater que le seul état d'urgence palpable était celui de prolonger l'emprise des somnambuliques sur la place dite encore de la République.

Quelques jours auparavant, notre Allemand avait constaté que des antifascistes fascistes qui se plaisent à crier «tout le monde déteste la police» dans ce pays dont le souverain et les médias moutons s'enorgueillissaient en janvier de son esprit Charlie si policé, avaient mis le feu à une voiture de police occupée par des policiers, avant d'être relâchés par la justice. Il s'est alors demandé pourquoi les policiers se donnaient encore le mal d'arrêter un nouveau suspect de cet incendie pour brûler vif un flic.

Il a lu aussi, qu'à Paris, une antiraciste raciste des Indigènes de la République avait applaudi le dernier attentat de Tel-Aviv. Les mêmes, en plein état d'urgence avait pu manifester dans la capitale pour hurler ces mêmes slogans que l'on peut entendre certains soirs dans certains stades d'Europe.

Alors, notre cousin germain un peu turbulent s'est dit que décidément, la France était un beau pays pour qui aime la violence impunie. Et qu'il ne s'était pas trompé de destination. Mais il s'est dit aussi que ceux qu'il avait vus mettre ce beau pays à genoux sans craindre de sanction, avaient bien le droit eux aussi de scander à tue-tête: «nous sommes tous des hooligans allemands !».

 

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 13:21

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C'est le même terrorisme islamiste qui frappe à Tel-Aviv, Bruxelles ou Paris

Publié le 09/06/2016

FIGAROVOX/TRIBUNE - Des terroristes palestiniens ont tué quatre personnes à la terrasse d'une chocolaterie de Tel-Aviv. Pour Gilles-William Goldnadel, l'islamisme radical frappe en Israël comme en Europe.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

L'attentat survenu hier à Tel-Aviv qui a vu deux terroristes palestiniens vider consciencieusement les chargeurs de leur kalachnikov sur des civils à la terrasse d'une chocolaterie, en ce compris une fillette de quatre ans, montre une fois encore que les mots de la guerre rangent l'État juif dans une catégorie à part. Je défie en effet le lecteur ou l'auditeur de bonne foi de trouver une seule fois ce mot défendu qui vient pourtant immédiatement à l'esprit, sous la plume ou dans la bouche d'un journaliste hexagonal pour qualifier les deux terroristes de ce 8 juin, qualifiés plus suavement «d'assaillants».

Il faudra m'expliquer pourquoi lorsque les djihadistes du 13 novembre ont procédé avec le même mode opératoire dans le quartier de la Bastille, le mot naturel a été utilisé naturellement et pourquoi il est banni lorsqu'il s'agit de la mort de civils d'Israël.
À la vérité, je connais très bien la réponse. Et nous la connaissons tous au tréfonds de nos esprits. Dans la bataille idéologique qui nous est livrée depuis 50 ans, il est des mots-clés qui ouvrent ou ferment les consciences. Un demi-siècle d'Islamo-gauchisme a décérébré la classe médiatique. En France, jusqu'à l'an dernier, les mots d'«islamisme» ou d' «Islamo-gauchiste» étaient strictement prohibés.

Mais les bombes et les balles des islamistes ont fait sauter les verrous d'une censure d'autant plus implacable qu'il était interdit de la dénoncer.

Cette censure existe encore s'agissant d'Israël. Elle signifie en creux, que l'usage du mot terroriste est réservé à l'assassinat de civils totalement innocents par des hommes totalement coupables.

Cette exigence conceptuelle était déjà difficile à faire accepter, s'agissant de la France, tant la perception de l'Autre, fut-il impitoyablement violent et sanguinaire, était pervertie par une mauvaise conscience xénophile et pathologique, qu'on préféra longtemps le nommer «fou solitaire» ou encore «déséquilibré».

S'agissant d'Israël, le verrou n'est pas prêt de sauter. Le récitatif palestiniste a été d'autant plus docilement accepté par l'idéologie dominante qu'il s'emboîtait parfaitement dans sa xénophilie maladive. Ce récitatif, dépourvu de tout esprit critique, à commencer par l'acceptation docile et mortifère de la violence terroriste a creusé son sillon dans les cerveaux travaillés. Il a transformé un conflit national et territorial assez banal en nouvelle question juive. Il faudra encore beaucoup de fillettes assassinées pour comprendre que l'islamisme radical, le racisme anti-occidental, la détestation du chrétien et du juif sont de la même graine de haine des deux côtés de la mer.

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 12:56

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Ce système médiatique qui fait une montagne d'une taupinière


Publié le 07/06/2016

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Grèves de la CGT, affaire Benzema, œufs lancés au visage d'Emmanuel Macron... Pour Gilles-William Goldnadel, les médias transforment en polémiques vaines des événements négligeables.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Je m'épuise depuis longtemps, dans ces colonnes et ailleurs, à tenter de faire comprendre qu'au-delà de la faiblesse des hommes politiques, de leurs limites, de leurs humaines insuffisances, la responsabilité principale du désastre annoncé ne leur incombait pas mais plutôt à un système médiatique qui grossissait tels événements négligeables, négligeaient tels autres essentiels, en fonction d'une idéologie réflexe irréfléchie. Le monde réel cédant le pas à un monde virtuel dans lequel l'homme se perdait.

Pour puiser mes exemples récents dans la semaine passée, le vrai scandale Benzema n'habite pas dans les déclarations ineptes d'un footballeur mis en examen rejetant sur la France raciste son éviction de l'équipe nationale, mais plutôt dans le fait que les accusations gratuites et indigentes d'un personnage à l'intellect limité aient pu alimenter jusqu'à l'indigestion la chronique médiatique.

Précisément, l'appétit insatiable de la presse à se repaître de ce genre de sorties surmédiatisées réside dans cette idéologie «antiraciste» réflexe irréfléchie, obsédée pathologiquement par le racisme, et qui, mécaniquement, n'aboutit objectivement qu'à entretenir la guerre des races.

Dans un registre voisin, le tollé issu d'extraits vidéo sélectionnés, suivi d'une pluie de commentaires orageux sur un événement aussi minuscule que la dispute entre Emmanuel Macron et des militants gauchisants à propos du costard du premier et des T-shirts des seconds est de la même farine à soufflet médiatique, et n'aboutit objectivement qu'à entretenir la guerre des classes.

Pendant ce temps, des événements sans doute plus importants pour le destin des gens sont traités avec une économie de commentaires assez remarquable.

Certes, le nouveau camp de migrants ordonné sans consultations par la maire de Paris a déclenché un début de polémique. Il aurait surtout été utile de commenter les déclarations de son adjoint communiste au logement Ian Brossat à RMC et que j'avais déjà révélées dans cette chronique pour les avoir provoquées. Dans une émission à laquelle je participais, je demandais à l'édile local ce qu'il conviendrait de faire des migrants illégaux non éligibles au droit d'asile. Celui-ci sans ambages me répondit qu'il était hors de question de les expulser. La preuve était ainsi rapportée que la question des réfugiés de guerre est un prétexte et que l'extrême gauche immigrationniste est le principal obstacle à l'accueil humain et possible des seuls qui le méritent moralement et juridiquement.

Mais plus encore, la minimisation d'événements notables sur le même sujet est à trouver dans l'absence de tout commentaire sur la fermeture du camp de migrants des jardins d'Éole à Paris à la suite de la découverte de plusieurs cas de tuberculose par essence très contagieuse, ainsi qu'après l'arrestation en Allemagne de plusieurs migrants Syriens ayant transité par la Grèce et ayant pour projet de commettre des attentats en série en Europe.

Pour ces deux événements sans doute plus conséquents que les déclarations d'un footballeur ou le costume d'un ministre, et mettant en cause un principe de précaution ordinairement exalté, la discrétion était de mise.

Dans ce contexte, les déclarations à contre-courant médiatique obligé du dalaï-lama ont été accueillies avec gêne. Celui-ci en effet, tout en manifestant son empathie pour les réfugiés, recommandait l'extrême prudence aux Européens au regard de la protection de leur identité. Hélas, le chef spirituel du peuple tibétain n'est pas le plus mal placé pour savoir que l'identité d'un peuple peut être submergée sans combat. On le comprend peut-être dramatiquement mieux à Lhassa qu'à Paris. Ou à Rome.


Dans cette guerre médiatique permanente sur fond idéologique, une bataille des mots-clés pour fermer les esprits fait rage à bas bruit. Ainsi du vocable «modéré» et de son contraire «ultranationaliste».
Par exemple, la presse hexagonale a longtemps estampillé le président turc Erdogan comme «islamiste modéré», et même à présent qu'il n'est plus affublé de cet aimable oxymore, il demeure, et son régime avec lui, «islamo-conservateur». Exactement comme celui des mollahs, le président iranien étant invariablement et nécessairement tenu pour «modéré».

La même remarque valant pour Abou Abbas de Palestine.

Dans le même temps, le mirobolant et fort bourru nouveau ministre de la défense israélien est unanimement tenu pour «d'extrême droite» quand il n'est pas «ultranationaliste». À ce stade lexical, il conviendrait aux faiseurs d'appellation contrôlée, à commencer par l'AFP, d'expliquer pour quelles raisons inconnues il n'y aurait pas d'extrême droite nationaliste en Palestine ou en Iran.

À ce moment du questionnement, j'indique que le président palestinien et modéré déclarait le 26 avril: «Je mets au défi tous les jours de me ramener un vestige archéologique juif de Jérusalem, ou pour montrer une pierre du temple présumé». Je rappelais dans une précédente chronique que le même disait des juifs «qu'ils souillaient de leurs pieds sales l'esplanade des mosquées» tout en glorifiant, sans doute par modération, le martyre de leurs agresseurs à couteaux. J'indique également que le président Rohani, le modéré, a déclaré à plusieurs reprises: «qu'Israël est un corps étranger qui devrait être extirpé de la région», que les derniers missiles balistiques du régime «islamo-conservateur» portent sur leurs flancs: «Israël sera détruit» et que Téhéran a organisé la semaine dernière un concours de caricatures négationnistes dans lequel l'un de nos compatriotes a remporté la palme et dont la presse antiraciste a fait là encore assez peu de cas. (Lire à ce sujet le Washington Post du 9 mai "Les «modérés» de l'Iran et l'Holocauste").

Voilà pourquoi j'accorde modérément ma confiance aux appellations contrôlées par l'idéologie.
Il est d'autres qui s'octroient sans débat des épithètes ronflantes mais corrompues. Ainsi de ces «antifascistes» autoproclamés qui manifestaient ce dimanche pour rendre un curieux hommage à leur martyr Clément Méric. Après avoir agressé quelques policiers, nos résistants scandaient entre autres mots d'ordre rebelles: «tout le monde déteste la police» et «tous les flics sont des bâtards».

Je propose en conséquence, pour mieux les illustrer, l'usage sans modération du terme «gauche facho».
On achèvera ce tour des mots de passe, par celui de «voyou».

J'attends avec impatience le procès pour injure que le leader à moustache géorgienne de la CGT dit vouloir diligenter à l'encontre de celui du Medef. Sans doute, le premier entend-il faire citer les gros bras d'Air France arracheurs de chemises, le comité d'entreprise EDF condamné avec l'Humanité pour détournements, les islamistes bagagistes d'Air France encartés CGT, ainsi que les censeurs des journaux qui ne veulent pas se coucher… à titre de témoins de moralité.

Il a dû arriver qu'on fasse du mot voyou un usage plus immodéré.

Published by GOLDNADEL Gilles William
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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 17:49

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Quand la gauche antifasciste bafoue la liberté de la presse

Publié le 30/05/2016

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Entre la CGT qui empêche les journaux de paraître et les propos anti-blancs d'Eric Cantona, Gilles-William Goldnadel estime qu'une partie de la gauche «antiraciste et antifasciste» est devenue à la fois raciste et fasciste.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

On devrait plus souvent mettre les choses à plat, sinon les pieds dedans. L'extrême droite française, en tout cas sa représentation politique, a remisé dans l'armoire à naphtaline son discours raciste et antisémite, elle ne fait plus de la peine capitale une question de vie ou de mort, elle ne fait plus descendre ses gros bras dans la rue pour faire le coup de poing, de canne ou de matraque. Elle déteste la censure et se fait au contraire le chantre, parfois peut-être excessif, de la liberté d'expression. Enfin, elle escompte à présent prendre le pouvoir par le truchement des urnes démocratiques et non par la force.

Ce qui caractérise aujourd'hui la droite de la droite française est au contraire une exigence extrême de voir les lois républicaines réellement appliquées. Notamment en matière de sûreté et d'immigration.

On est loin, on le voit, de ce fascisme qui lui est prêté obsessionnellement par la gauche morale et plus encore l'extrême gauche autoproclamée «antiraciste et antifasciste».

Examinons à présent, à travers des exemples récents, par quoi se caractérise le discours ou les actes de ces antiracisme et antifascisme mirobolants. Commençons, à titre d'amuse-bouche, par les déclarations extravagantes d'un Éric Cantona: «Benzema est un grand joueur, Ben Arfa est un grand joueur. Mais Deschamps, il a un nom très français. Personne dans sa famille n'est mélangé avec quelqu'un, vous savez. Comme les Mormons en Amérique… Ben Arfa est peut-être le meilleur joueur aujourd'hui, mais il a des origines…».

Tous les ingrédients du pseudo antiracisme mais vrai racisme anti-blanc résumés en un précipité stupide mais banal: l'accusation sans preuve, l'obsession de la race et de l'origine, l'apologie du sang-mêlé identique à celle du sang pur d'autrefois, le mépris dédaigneux pour les noms du terroir profond, tout le monde ne pouvant s'appeler Cantona, Benzema ou Goldnadel.

Inutile de s'appesantir longuement sur l'action des nervis de la CGT et leur conception large du droit de grève qui les autorise à pourrir consciencieusement la vie d'un public dont une partie a tellement été nourrie au biberon du lait de la radicalité gauchisante qu'elle en a développé un syndrome de Stockholm, à Paris comme à Marseille.

Plus rare, néanmoins, l'interdiction de faire paraître la presse d'opposition, sauf pour elle à se soumettre à la publication d'un message obligatoire. Seul l'organe de presse de la pensée conforme, qui se prétend rebelle mais ne survit, faute de lecteurs, que par la grâce d'État, ayant monopole d'impression.

Encore plus insolite, l'intervention physique groupée d'une dizaine d'islamo-gauchistes dans les locaux du Figaro-Magazine pour protester contre un reportage sur Saint-Denis («Molenbeek sur Seine») de Nadjet Cherigui évoquant la montée de l'intégrisme ou l'essor du voile intégral dans la cité historique. L'article ayant l'immense tort de décrire le réel. Au demeurant, le maire de Saint-Denis, après avoir menacé l'hebdomadaire d'un procès, a reconnu que la journaliste avait fait son travail.

Inutile de chercher dans la presse de la gauche gauchère quelques protestations. On ne peut à la fois stigmatiser la censure et les actions voyous et publier comme l'a fait Libération une pétition contre le Figaro-Magazine signée par des journalistes de Mediapart et L'Humanité ou une tribune en faveur des casseurs cagoulés et contre la police.

Autrement dit, la violence passée, la violence qui vient, bénéficient une fois de plus de la compréhension de ceux qui précisément ont tété le sein de la radicalité depuis le berceau et ont entretenu une idéologie plus réflexe que réfléchie aux hormones du mal un peu bébête.

Résumons. La gauche antiraciste et antifasciste promeut religieusement dans un discours enflammé, l'amour, le dialogue, le débat, la tolérance, la liberté d'expression, la dignité des femmes, l'inexistence de la race, et plus que tout, la détestation de la discrimination, du racisme et du fascisme. Dans les faits, la gauche gauchère, syndicale ou politique, pratique la violence ou la soutient ou l'excuse, elle méprise les lois républicaines issues du suffrage universel, elle dresse soigneusement des listes de suspects à exclure d'office du débat, elle tourne la tête ailleurs lorsque les femmes sont violées ou voilées de force, elle pratique ou ferme les yeux devant le racisme antijuif, anti-blanc ou antichrétien. Bref, la gauche «antifasciste» parle par antiphrases et pratique très exactement ce qu'elle dénonce obsessionnellement.

Autrement dit, la gauche antifasciste est fasciste.

Lors ce que je me risquais à ce genre de démonstration il y a dix ans, je pouvais ambitionner l'esprit d'innovation. Aujourd'hui je ne crains que la banalité d'enfoncer une porte désormais grande ouverte aux évidences de la réalité. L'antifasciste fasciste est démasqué. Il le sait. C'est par faiblesse panique qu'il redouble désormais de violence. Sous le masque arraché, une vilaine grimace. L'imposteur découvert en devient plus méchant.

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