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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 15:15

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/
http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/04/18/31003-20160418ARTFIG00131-nuit-debout-de-la-place-de-la-republique-a-la-place-de-la-dictature.php

Nuit Debout: De la place de la République à la place de la dictature

Publié le 18/04/2016


FIGAROVOX/CHRONIQUE - Pour Gilles-William Goldnadel, les militants de Nuit Debout sont de faux rebelles mais de vrais sectaires.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

L'usage convenu du vocable «citoyen» me rend toujours un rien méfiant.

«Dialogue citoyen»: on a tout dit de la prestation pathétique du président sur France 2 pour que j'y ajoute mon content de venin. Faut-il que la gauche soit tombée si bas pour que Libération (14 avril) se plaigne de la mainmise du socialisme soft sur les médias d'État et de la manière dont la chaîne aura essayé de déminer le terrain sous les pieds d'argile du monarque affaibli.

Au moins, la gauche médiatique a-t-elle conscience, elle, de l'importance qu'il y a de surveiller un service public de l'information qui n'a pas besoin d'être sous sa férule pour la servir en nous asservissant. La droite médiatique, toujours aussi indifférente, devrait suivre la leçon.

Ainsi, exemple parmi cent, dans l'émission de Frédéric Taddeï vendredi soir, le très à gauche grec Varoufakis était opposé au très gaucher Alain Badiou. Un débat , on le voit, d'un pluralisme extrême… Gageons que cette fois Patrick Cohen qui contesta jadis l'extrême sens de l'hospitalité de Taddéi ne trouvera pas à médire.

Sur le fond, François Hollande, quels que soient ses mérites ou ses turpitudes, n'a décidément rien compris à la perversité impitoyable d'un système qui ne pouvait plus que l'exécuter dans la situation d'extrême faiblesse où il se trouve désormais.
Négativisme obligé des journalistes suivistes, contraints au devoir sans risque d'impertinence. D'un excès l'autre: jadis la brosse à reluire était obligatoire, aujourd'hui, c'est le poivre à gratter.

Scepticisme de rigueur des citoyens questionneurs, appliqués dans leur prestation télévisuelle à guillotiner sur la place médiatique un souverain déchu ressemblant chaque jour davantage au pauvre roi bourbon. La république n'y trouvera pas son compte.
Mais notre compassion naturelle aura trouvé sa borne, lorsque le souverain aura menti au peuple en prétendant que la mosquée du prédicateur salafiste de Brest promettant l'enfer aux mélomanes et aux femmes rebelles avait été fermée.

À en croire toujours Libération, Nuit Debout constituerait un «laboratoire citoyen». La gauche, décidément, aime les antiphrases. À dire le vrai, tout dans ce happening lamentable tient du faux, et on hésite même à en faire la réclame. Les quelques arriérés qui se tiennent debout assis (ils ne sont guère nombreux) n'existeraient plus si les médias n'en faisaient la promotion bêta.
On comparera avec la moquerie ou le silence de plomb qui couvrit le mouvement des Veilleurs. Il est vrai que ceux-ci n'avaient pas leurs valeurs. Les demeurés de la Nuit Debout ne seraient plus que quinze à battre le pavé ou à élucubrer que certaines télés continueraient à assurer le service public de la vente du vent.

Tout est faux, je l'ai dit et représente l'exact contraire de ce qui est vanté.

Intelligents ces gens et imaginatifs ? Pas l'ombre d'une idée n'a été rapportée. Même L'Obs si bienveillant semble déconcerté: discussion sur la démocratie: «qui est pour que l'AG ait la main sur toutes les décisions ?» lance le rapporteur. La foule secoue les mains en l'air, en guise de oui. Sauf une femme: je ne suis pas pour un système de vote à la majorité, cela fait des années que nous nous soumettons ainsi. Un étudiant en droit évidemment de gauche relance, autoritaire: «en l'état, le pouvoir repose dans les commissions.» Consternation, personne n'y comprend plus rien. Le rapporteur reprend la parole: «les commissions ne prennent pas des décisions toutes seules, c'est le peuple qui décide, cette assemblée est souveraine.» Roger l'animateur de l'assemblée, lâche: «à ce train là, ça va devenir compliqué d'avancer vers quelque chose de structuré.» Ultime remarque d'un participant: «le modérateur n'est pas censé donné son avis il doit rester neutre.» «Ambiance», conclut la journaliste, un brin déboussolée…

Pacifique le mouvement ? Chaque nuit ou presque apporte son lot de dégradations et d'attaques contre des personnes. Quand ce ne sont pas des commerces, c'est du mobilier urbain qui est détruit, quand ce ne sont pas des voitures électriques Autolib qui sont endommagées, c'est une antenne de Pôle emploi. Pas d'amalgame des casseurs avec Nuit Debout? Mais au sein du mouvement, en assemblée générale, certains justifient les violences «qui arrangent bien le mouvement pour qu'on parle de nous»: «il nous faut assumer ces heurts avec la police, c'est comme cela qu'on progresse dans la lutte. Il faut aussi faire peur».

Sans parler des bannières du Hamas et des militants boycotteurs d'Israël du BDS qui circulent naturellement. Il y a quelques semaines, c'est sur la même place que l'on flétrissait le terrorisme, et que l'on honorait les victimes et les flics…

Antiraciste le mouvement ? Sans doute à l'instar de cet inénarrable: «groupe de réflexions non mixité racisée», qui ne tolère que les paroles «non blanches». Comme le note Marie-Estelle Pech dans le même article, «seules les minorités, c'est-à-dire les femmes, les lesbiennes, transsexuelles et homosexuelles sont admises pour prendre la parole. En revanche, les «cisgenres», comprenez les hommes hétérosexuels, par trop «dominants» dans la société française sont bannis des discussions.
Tolérant le mouvement ? Une sorte de Hyde Park corner improvisé ? Mais samedi soir, on a craché sur un philosophe qui veut rester debout et français et qui venait simplement s'informer.

Consolons-nous comme nous pouvons, sous ces pavés de faux-semblants, sous l'emprise du virtuel idéologisé, la plage de vérité: la preuve est rapportée de l'insigne faiblesse de la gauche à la dérive devant les menées de la gauche gauchisante et de l'islamo-gauchisme. Sa résistance de façade n'est qu'une tartufferie. Malgré les massacres de 2015, malgré l'état d'urgence, malgré la mobilisation nécessaire de la police, la maire de Paris tolère les dégradations et le ministre de l'intérieur et son préfet ne réservent toujours leurs coups de matraque qu'aux opposants non-violents de l'autre camp.

La place de la République est devenue la place de la dictature des rebelles en papier-bavard.

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 14:07

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Nuit Debout mais gauche à terre

Publié le 11/04/2016


FIGAROVOX/CHRONIQUE - Nuit Debout, l'affaire Panama Papers ou la loi pénalisant le client des réseaux de prostitution sont autant de phénomènes mis en avant par la gauche pour éluder des questions plus importantes telles que l'immigration ou le terrorisme, estime Gilles-William Goldnadel.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Le système est malin. Il aura réussi à diaboliser la droite pendant des lustres. À la ridiculiser moralement. À la dévaloriser intellectuellement. À coups d'antiracisme obsessionnel. À coups de leçons de morales. À coups de leçons d'économie. À coups d'injures. La plus populaire étant «populiste». Mais rien n'y a fait, à coups de boutoir du réel cruel, la gauche qu'elle se veuille morale, intellectuelle ou révolutionnaire a disparu dans la fosse septique de ses insanités.

Le chômage et l'assistanat institutionnalisés, l'imposition maximale imposée, les délires sociétaux, les impostures démasquées, l'immigration invasive forcée, la sollicitude tournée davantage vers la délinquance qu'envers ses victimes, l'islamisme radical criminel qu'elle a favorisé, auront consacré la faillite intellectuelle et morale de la gauche gauchisante agonisante.
C'était fait, dans un an, règle démocratique oblige, la droite, un peu décomplexée, ramassait ce qui restait de pouvoir là où il était tombé.

Mais c'était compter sans le génial système. Il est malin, je l'ai dit, le système.

La diabolisation ne marche plus ? Tentons la diversion !

La gauche est à la rue ? Qu'elle descende donc dedans !

Quelques milliers de lycéens jadis gâtés mais à présent gâteux suffiront pour épater la galerie médiatique qui ne demande que cela. Ils ne sont pas très nombreux ? Ils sont cornaqués par quelques associations ringardisées ? Pas de problème, qu'ils brûlent quelques poubelles, et si ça ne suffit pas, qu'ils dérouillent quelques flics en plein état d'urgence.

Et si ça ne suffit pas encore pour divertir les pécores, que quelques attardés passent la nuit dehors. Qu'importe encore qu'ils soient une poignée, ce qui compte c'est qu'on ne les compte pas et qu'on soigne le décor. La mise en scène suivra. On dira que c'est la nouvelle démocratie directe. Le contenu n'a aucune importance. Ce sont les nouveaux «indignés». Nul ne s'attarde à prétendre qu'ils aient la moindre idée. Après tout, «indignez-vous !» en était dépourvu, ce qui ne l'a pas empêché d'être porté aux nues.

Le système est très fort pour détourner l'attention de la réalité. Ou pour la maquiller. Les lois sociétales sont sa spécialité. Concernant la dernière, il se sera surpassé. Le trottoir est pavé de ses mauvaises intentions. Et le pouvoir censé terrasser la prostitution. Tout a été dit sur l'amalgame opéré entre le proxénétisme contraignant et violent, largement importé, qu'il convient de réprimer sans pitié et la prostitution librement exercée qu'il faudrait au contraire continuer de tolérer. Mais nos féministes gauchisantes sont incapables du moindre distinguo. La femme aurait le droit de louer son ventre pour la procréation, mais il lui est désormais interdit de le faire pour la prostitution… La nouvelle loi dépénalise dorénavant le racolage actif mais réprime pénalement le client démarché. C'est la première fois, dans l'histoire du commerce, qu'une offre de vente serait autorisée mais qu'un achat serait lui prohibé… Le ministre de la justice explique que l'institution est en faillite et que les juges ne peuvent plus juger. La police ne sait plus où donner du képi, mais l'idéologie sotte vient d'inventer un nouveau délit. Les flics débordés ont d'ores et déjà signifié que la traque des bordels ne sera pas effectuée. On voudrait vider l'idée même de loi, fondement de la civilisation humaine, de tout contenu symbolique respectable, qu'on n'aurait pas procédé autrement.

Et c'est ainsi que l'idéologie gauchisante a créé la loi la plus con du monde pour le plus vieux métier.

 

Sans parler de diversion, la nouvelle affaire de Panama aura apporté à la gauche gauchisante une aimable récréation qui lui permet d'agonir d'injures le système capitaliste international. Dans ce contexte hystérique, inutile de vouloir faire valoir que cette affaire arrive à un moment où le secret bancaire est en train d'expirer, que les comptes d'un cabinet d'avocats ont tout de même été sauvagement piratés, que les journalistes se font désormais délateurs empressés, qu'ils jettent allègrement, dans une même pâture, des politiciens cyniques corrompus, des fraudeurs fiscaux fuyant l'enfer fiscal et social européen, ou encore des hommes d'affaires n'ayant strictement rien à se reprocher légalement. Et qu'il est donc difficile de se réclamer religieusement du strict droit si on le piétine par ailleurs joyeusement.


Le système idéologico-médiatique, car c'est de lui bien évidemment qu'il s'agit, est futé. Il ne le sait pas mais il est objectivement malin. La dernière créature qu'il promeut s'appelle Macron. L'homme est sympathique et séduisant, mais l'objectivité conviendrait de reconnaître que ses réalisations concrètes sont inexistantes ou presque. Sa plus-value essentielle est de se poser en s'opposant. Son absence de tout préjugé idéologique à l'intérieur d'un gouvernement socialiste condamné au dogmatisme. Il n'existe qu'à l'intérieur de celui-ci, par contraste saisissant. Sorti de lui, c'est un bon élève libéral, sans audace sociétale. À l'heure de la libération des idées et des français de France, Il lui manque l'identité identitaire.

Mais à l'heure où la gauche se meurt, l'idée de promouvoir un homme qui chante à l'unisson qu'il n'est plus ni de droite ni de gauche, peut apporter au système une diversion au moins consolatoire.

Las, au-delà de ce scénario virtuel divertissant, il se pourrait bien que les mitraillettes à barbes ou les bombes à clous, ou de nouvelles migrations invasives et massives, ne rappellent bruyamment au système la dure réalité et les obligations fastidieuses que la démocratie doit au peuple réel.

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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 16:28

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Gilles-William Goldnadel: «La déradicalisation est une arnaque»

Publié le 05/04/2016

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel s'étonne que l'on présente la déradicalisation comme une solution miracle à l'islamisation de certains quartiers.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Il faut se méfier des maîtres mots. Ceux qui en usent et en abusent sont bien souvent nos maîtres. Les mots qui ne fâchent personne sont les plus vides de sens: la mode serait à la dé-radicalisation. C'est un mot passe-partout qui ne coûte pas cher. Et plus encore un concept commode.

Il signifie en creux que les coupeurs de tête et les poseurs de bombes sont moins des salauds que des malades, et qu'ils sont donc plus à plaindre qu'à détester. À la vérité, personne ne peut dire comment extirper le mal, une fois qu'il est entré dans la tête mauvaise, mais s'il faut dé-radicaliser utilement, c'est à la société française qu'il faut appliquer un traitement radical. C'est cette société, qui ignore son mal, la première responsable de la radicalité de ceux à qui elle enseigné le mépris de ce qu'elle est.

Que les fous d'Allah soient fous, la cause est entendue, eux-mêmes revendiquent, leur sainte déraison, leur colère programmée, leur haine divinement ordonnée. Mais bien plus dangereux, le malade qui s'ignore, le paranoïaque qui élabore, le schizophrène qui ratiocine, le sadomasochiste qui torture sa victime, le pervers narcissique qui vitupère le pauvre type au nom de la morale.

Les quelques jours passés fournissent leur comptant des éternels symptômes, des tristes signes cliniques du mal récurrent dont souffre depuis trente ans la société française. En dépit des dernières manifestations tragiquement purulentes de son mal, il court toujours, ou plutôt il rampe, il s'insinue. Rien n'y fait. Il progresse. Y compris dans les meilleurs esprits. C'est ainsi qu'il est toujours interdit de détester l'ennemi. Dans une interview, dans notre journal du soir, le psychiatre Serge Tisseron, insiste sur le fait que s'il faut détester leurs idées djihadistes, il ne faut surtout pas détester les hommes… Sans quoi, ajoute-t-il: «nous ferions exactement avec eux ce qu'ils font avec nous.» «Exactement»… Comme si les détester impliquait qu'on les découpe en morceaux, qu'on les brûle vivants ou qu'on assassine leurs enfants innocents.

Étrange société humaine déshumanisée qui semble avoir perdu le sens de l'amour comme de la haine. Je ne veux pas douter que le psychanalyste précité soit parfaitement estimable dans sa spécialité, mais je doute qu'en dépit du fait qu'il soit «Président de la mémoire des catastrophes» il ait compris la psychopathologie collective dont meurt la société.

On a le droit et même le devoir de détester Hitler, Pinochet, Donald Trump, Viktor Orban, Le Pen père et même fille, mais pas question de détester l'Autre. Sauf à être détestable.

De même, il n'est pas question de faire du mal au mal. J'ai participé vendredi, en compagnie de mon ami Philippe Bilger, à un débat sur Paris Première dans la bonne émission de Natacha Polony, sur la possibilité d'appliquer une peine de détention réellement perpétuelle aux terroristes les plus sanguinaires. Je ne nommerai pas, par humaine charité, notre principal contradicteur qui croyait incarner l'intelligente humanité. Tous les vieux poncifs, «populiste, nauséabond, rétrograde, écoeurant…» nous aurons été gratuitement servis, à défaut d'idées. Notre esthète narcissique, de la morale artificieuse, ne faisait certes pas œuvre d'originalité.

Les débats de la semaine montrent qu'en dépit des bombes dans les jardin d'enfants de Lahore ou des cadavres empilés dans les églises ou les écoles, une bonne partie de l'inintelligentsia française ne se résout toujours ni à imposer la mort immédiate, ni même à ordonner la vie trop longue, à notre méchant Autre. Au fond, tout au fond, bien blottie dans le creux du non-dit indicible et de l'impensable impensé, dans cette haine interdite et dans ce châtiment proscrit à la hauteur du crime, se dissimule l'illégitimité de haïr et de punir, pour l'occidental coupable et détestable. Pas question non plus, on l'a vu, d'ôter à l'Autre la nationalité dont il est indigne.

Impossible d'acter l'impossibilité de conserver dans le sein d'une nation qu'il déteste jusqu'à tuer ses enfants celui qui a reçu la citoyenneté en cadeau forcément empoisonné. Car dans la veine de cet interdit-là, coule doucement le poison de la haine pour la nation ancienne.

D'autres signes, plus banals, de la radicalité, cette semaine encore ont été constatés. Ainsi, des jeunes longtemps gâtés sont devenus gâteux. Jouant les rebelles, les voilà bloquant les collèges avec des poubelles ou cognant impunément sur les forces d'un ordre républicain qu'hier encore on portait au pinacle.

Trente policiers auront été blessés, mais dans le désordre radical des choses, seul le fait qu'un manifestant ait été violenté par un policier renvoyé, lui, devant le tribunal correctionnel aura «choqué» notre ministre de choc.

Il paraît pourtant que c'est l'état d'urgence. Étrange état à géométrie idéologique variable. Il paraît que cet état d'exception constituerait une menace contre nos libertés. En l'espèce, la seule liberté qui paraît interdite, c'est celle de manifester contre la radicalité autorisée à Paris ou Calais. Pas de passer la nuit debout, dehors.

Ainsi aussi, un ministre de la ville aura reçu une volée de bois vert pour avoir proféré de radicales vérités sur l'état de nos villes et une ministre féministe nommée Rossignol des noms d'oiseaux pour avoir usé d'un mot trop coloré pour défendre vertement les femmes d'islam.

Laissons le dernier mot à Élisabeth Badinter: «L'islamophobie est une arme que les islamo-gauchistes ont offerte aux extrémistes.» Cet islamo-gauchisme, je ne me lasserai jamais de l'écrire, empoisonne la société française depuis trois décennies. Il a été véhiculé par tous les médias bien-pensants ou non-pensants. Il n'appartient plus à la pensée mais au réflexe conditionné. Chaque Français en a consommé chaque matin au petit-déjeuner. C'est à l'inconscient collectif de la société française qu'il convient d'appliquer la dé-radicalisation. Le traitement radical sera douloureux et les médecins risquent encore la radiation.

L'islamo-gauchisme ou nous.

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 11:06

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Bruxelles, Lahore: Les ingrédients de la bombe terroriste

Publié le 29/03/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles William Goldnadel revient sur les attentats de Bruxelles et de Lahore. Il livre la recette mortelle du djihadisme.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

À la lecture de notre Figaro du 26 de ce mois, on apprend que l'explosif préféré des islamistes, dit TATP, acronyme du «triperoxyde de triacétone», plus communément appelé «péroxyde d'acétone» pouvait être fabriqué aisément: la recette, à base d'eau oxygénée, étant gracieusement livrée sur Internet, et tous les ingrédients achetables dans toute bonne pharmacie ou droguerie.

Plus édifiant encore, nos terroristes surnomment cette matière essentielle pour semer le malheur et l'effroi du sobriquet affectueux de «mère de Satan»…

Au-delà de l'intérêt de constater que nos monstres haineux, créatures hybrides d'Orient conçues dans les incubateurs de l'Occident qui se hait, ne détestent pas la démonologie tout en invoquant l'omnipotence de Dieu, l'allégorie est saisissante.

Qui donc a engendré psychologiquement et politiquement cette mère de Satan que l'on peut se procurer dans les supermarchés de tous les quartiers ?

Étrange que la plupart des gens connaissent la réponse et que pourtant peu d'audacieux osent la nommer aussi librement que la matière première à base d'acétone, tant la vérité est encore plus explosive.
Je m'en vais donc livrer ci-après la recette mortelle dont les produits de malheur nous ont été fournis sans être commandés.

Le nom du premier ingrédient, d'origine exotique, indispensable à la production du malheur diabolique nous a été livré franco de port par un grand intellectuel algérien: Boualem Sansal, qui dans un article au titre évocateur: «nommer l'ennemi, nommer le mal, parler haut et clair» (le Monde 27 mars) a le courage lumineux de désigner le Mal: «Si les autorités manquent de mots, je peux leur prêter les miens: L'islam radical, l'islam modéré, comme son appoint. Le salafisme, l'Arabie, le Qatar, les dictatures arabes malfaisantes.»

Mais cette matière première étrangère inflammable aurait manqué de souffle si l'Occident honteux n'avait pas fourni gratuitement les clés du laboratoire, et la collaboration empressée de tous ses savants fous.
Si Boualem Sansal a la bravoure inouïe d'écrire ce qu'il écrit, ayons, quant à nous, le courage élémentaire, dans la fraternité solidaire avec lui, de dire que l'immigration massive, imposée et irrésistible aura été le lit où a été conçue la mère de Satan.

Osons encore affirmer que toute tentative d'intégration de cette immigration a été sabotée par l'enseignement à cette population étrangère innocente de la détestation de la France, de son histoire et de sa population forcement xénophobe. Il s'est agi d'un enseignement systématique, quotidien et obligatoire. Le pendant symétrique de cette xénophilie pathologique a consisté dans la dilection pathogène de l'altérité. La semaine passée nous fournit sa ration de matières premières intellectuelles de la mère de Satan. Comme je le dénonçais dans ma dernière chronique, le gouvernement a diffusé des clips censés nous unir contre la haine raciste. Il a simplement oublié au passage de nous prévenir contre la haine de l'Occident et des occidentaux. Pendant ce temps, on massacrait des blancs sur et sous la terre belge. Samedi, le même gouvernement et son chef suprême présentaient au Pakistan leurs condoléances pour les hommes, les femmes, et surtout les enfants qui étaient assassinés dans les rues de Lahore. Dans la logique inconsciente de la négation de nos racines, le communiqué oubliait de nommer spécifiquement la communauté chrétienne visée par l'attentat en ce jour de Pâques.

Sur la route de la dénonciation du calvaire présent, ne nous arrêtons pas à mi-chemin de la croix. Le pape lui-même, pour ne pas «jeter de l'huile sur le feu» selon Jean-Marie Guesnois (le Figaro du 28 mars) s'est abstenu, vieille antienne dhimmie des églises d'Orient qui n'aura qu'aggravé leur destin, de nommer les chrétiens crucifiés dans son homélie dominicale. N'étant pas tenu de croire à l'infaillibilité papale, il m'est loisible mais pénible de constater que lui aussi aura préféré réserver ses larmes seulement pour les migrants.

Sans espérer l'omniscience du successeur de Pierre pour les choses terrestres, il lui était possible de prendre connaissance des avertissements de notre ministre de l'intérieur sur les dangers de l'arrivée massive des migrants d'Islam sur le sol du vieux continent: Bernard Cazeneuve, dans un courrier adressé dès le 28 décembre au vice-président de la Commission, révélait avec angoisse que «selon plusieurs services de renseignements européens, des milliers de passeports vierges volés par Daech en Syrie et en Irak, voire en Libye, pourraient être utilisés par des terroristes camouflés en réfugiés pour rejoindre l'Europe». Le locataire pourtant placide de la place Beauvau prévenait en outre que «ces vrais faux passeports syriens sont très difficiles à détecter», avant d'ajouter: «volés vierges lors du conflit, ils ont été personnalisés, parfois avec des moyens d'impression très performants, probablement détournés eux aussi ou fournis par des pays sympathisants, au point qu'il est malaisé de distinguer les passeports délivrés légalement par la Syrie et l'Irak de ceux qui ont été détournés par Daech.» (Article de Nicolas Barotte, correspondant à Berlin, le Figaro du 24 mars).

Le sort des enfants d'Europe devrait-il être sacrifié sur l'autel de la préférence pour l'Autre, lorsque l'on sait l'égoïsme de certains pays islamiques richissimes envers leurs frères de foi et de culture ?

On sait que Chesterton considérait le gauchisme comme un avatar «des idées chrétiennes devenues folles». On pardonnera avec miséricorde à un Juif, attaché à Jésus plus qu'à Saül de Tarse, de se demander avec inquiétude si, avec François, le Vatican n'est pas en train de devenir post-chrétien. Dès lors, comment reprocher à notre François de France d'oublier ces chrétiens ?

Allons plus loin encore dans l'analyse du terreau intellectuel putréfié sur lequel a poussé notre mère de Satan.
On sait que dans la théologie philosophique pascalienne: «qui veut faire l'ange, fait la bête».
Le fameux laxisme pénal est le fils en extrême gauche ligne de cet angélisme qui n'a rien de bon et tout de la posture esthétique. Nos anges de pacotille ne font plus la bête, mais les bébêtes.

Les meilleurs sont touchés. Ainsi cette semaine, Bruno Le Roux, qui incarne ce qui se fait de moins mauvais et de plus réaliste au parti socialiste, a rejeté l'idée d'infliger aux fils de la mère de Satan une peine de prison réellement perpétuelle. Délaissant toute objection juridique, au demeurant discutable, notre député a préféré la morale: «Ce serait les condamner à une mort lente»

Je rappellerai que l'un des arguments de vente des partisans de l'abolition de la peine de mort, consistait à juste titre à faire remarquer que la peine de prison perpétuelle était plus dissuasive. Il ne fallut pas beaucoup de temps pour que les faux abolitionnistes mais authentiques ennemis de l'incarcération s'en prennent à l'effectivité de la peine perpétuelle.

Ainsi, il serait défendu dans ce combat à mort d'ôter la vie de l'ennemi comme de la faire durer…
Mais surtout, sur le terrain moral choisi par nos anges zélés, y a-t-il lieu à la moindre miséricorde pour ceux qui placent la mère de Satan dans le métro de Bruxelles ou près des balançoires des petits chrétiens de Lahore ?
Qu'on permette à la fin au juif mécréant de rappeler le talmud à tous les faux gentils: «Celui qui donne sa pitié au méchant, fait tort au juste.»

Tandis que les faux anges continuent de faire la Bête, la mère de Satan va à son train d'enfer.

Pitié pour les justes.

 

Published by GOLDNADEL Gilles William
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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 15:48

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Gilles-William Goldnadel :
«La Belgique, c'est la France multiculturaliste, en pire»


Publié le 22/03/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE - L'élue écologiste Sarah Turine, islamologue de formation, déclarait dans Libération, dimanche 20 mars : «Salah Abdeslam n'a pas de soutien de la communauté de Molenbeek ». Pour Gilles-William Goldnadel, un tel aveuglement est coupable.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Ne sentez-vous pas dans l'air, ce parfum capiteux de capitulation qui s'insinue, nonobstant l'air du temps, dans toutes les sphères ?

Mme El Khomri a vidé sa loi de toute sa substance, en y ajoutant pour les jeunes une vaine assistance. Et pourtant, on avait connu les troupes de Martine, Martinet et Martinez autrement plus nombreuses.

En revanche, il y a peu de risque de modification de l'article 6 de la loi, qui prévoit que dans l'entreprise «la liberté du salarié de manifester ses convictions y compris religieuses, ne peut connaître de restrictions…». Apparemment, le fait de glisser délicatement un tapis de prière sous le pied des islamistes ne dérange plus personne. Vous ne sentez rien ?

 

 

François Hollande a choisi le jour de la défaite et des accords violés pour commémorer la guerre d'Algérie. Manifestement, la tristesse des harkis et des rapatriés pèsent moins lourd dans la balance politique et idéologique que le ressentiment entretenu d'une Algérie à la dérive.

Dans le même temps, l'Europe a accepté de payer une capitation au sultan ottoman pour la reprise sur son sol de milliers de migrants, principalement musulmans, échoués sur les côtes grecques.
Le sultan a beau être mal aimable et versatile, bref n'inspirer aucune confiance, il a beau nourrir, en bon frère musulman, le désir contraire de voir islamiser l'Europe, rien n'y fait.
Tout est mieux que de devoir assumer soi-même la défense de ses frontières.
Vous ne sentez rien ?

Pourtant, notre Commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, impavide, préfère morigéner dans Le Figaro (le 17 mars): «l'Europe rabougrie, peureuse et cloisonnée des populistes» et y opposer: «une Europe progressiste et pleinement assumée, comme les sociaux-démocrates réunis à Paris samedi autour de François Hollande ont commencé à le faire»…

C'est vrai qu'avec des hommes d'une telle trempe et d'une telle vision, les peureux rabougris se sentent rassurés.
Comme on se sent rassuré de savoir que le pouvoir socialiste et sa mairie de Paris ne capituleront jamais devant ces jusqu'au-boutistes du XVIème qui refusent de voir installer un camp de migrants à l'intérieur du bois de Boulogne. Mme Cosse, au micro de France Inter (le 17 mars) ne décolérait pas de voir des salauds de riches se prendre pour des zadistes devant le préfet de police. Bien sûr, pour la bonne cause, notre gracieuse ministre a dû prendre quelques libertés avec la vérité pour prétendre, contre l'évidence, qu'on n'installerait que de braves SDF sous les feuillus. Ou que la concertation avait joué puisque le permis de construire «datait de trois ans»… alors qu'il n'avait pas trois jours. Bien sûr encore, telle une féministe gauchiste à Cologne, l'ancienne patronne démissionnée des Verts a-t-elle dû, une nouvelle fois, trahir ses idées écologiques en oubliant qu'on avait déjà arraché 75 arbres pour mener à bien le projet punitif. Et peu importe que les gens du quartier - et leur maire Goasguen - demandent simplement que le centre soit installé dans un meilleur endroit du 16e.
Le pouvoir, avec eux, ne capitulera pas…

Pas de quoi non plus tellement pavoiser après l'arrestation de M. Abdeslam.

Je ne sais si Alain Marsaud, député républicain et ancien responsable du parquet antiterroriste, a raison de pointer l'inefficacité et la lenteur de la police belge et de ses services de renseignements dans l'arrestation d'un terroriste qui planquait sa barbe sous leur nez. Ce que je sais, c'est que le gros poisson a vécu longtemps paisiblement dans l'eau de Molenbeek. Ce que je sais c'est que la Belgique, qui a brutalement fermé ses frontières il y a quelques semaines, c'était encore hier la France xénophile, en pire. Je conseille à celui qui s'agace devant certains éditoriaux de notre vespéral parisien de lire le Soir de Bruxelles. Je conseille également à celui qui s'énerve devant le monolithisme latéral de l'audiovisuel de service public français de regarder la RTBF. La dernière fois que j'ai tenté douloureusement cette expérience masochiste, un islamiste expliquait gentiment à son intervieweuse qu'il espérait voir prochainement la charia appliquée en Belgique. À aucun moment la dame ne l'a interrompu ni ne s'est étonnée. Le propos semblait relever de la banalité. Ce que je sais encore, c'est que pendant la capture de ce poisson, dont on ne sait encore si il est pilote ou poltron, les policiers belges ont été insultés ou caillassés. Mais dès le lendemain, l'air de la stigmatisation était redevenu un refrain à la mode et un article de Libé titrait joyeusement, contre l'évidence aveuglante, qu'à en croire une élue écolo du cru: «Salah Abdeslam n'a pas de soutien à Molenbeek». Vous ne sentez pas l'odeur de poisson de la capitulation des esprits ?

Pendant qu'à Calais tout opposant, fût-il général, à l'immigration clandestine est promis à l'emprisonnement, le préfet de Paris autorisait samedi, malgré l'état d'urgence, une manifestation organisée notamment par le collectif des sans-papiers (dépêche AFP). Les manifestants pouvaient, eux, librement stigmatiser les violences policières, les frontières qui tuent, et appeler en passant «au boycott d'Israël». Ce qui est, paraît-il, un délit. Vous ne sentez vraiment rien ?

À la télévision, le même soir, sur la seconde chaîne nationale, on vantait l'initiative antiraciste de l'association «tous unis contre la haine» qui se propose de lutter contre «l'islamophobie» et, de manière très légitime, contre les actes anti musulmans. Des images de fiction montraient, pour les stigmatiser, des agressions violentes. Mais la bande-son, insidieusement, faisait parler des Français de souche qui disaient leur peur de l'islamisation de leur pays. Cet amalgame-là ne semble gêner personne. Ceux qui veulent résister résolument contre l'immigration islamique forcée sont forcément des anti-immigrés, islamophobes et d'extrême droite.

Il est, par ailleurs, étrange de se prétendre «tous unis contre le racisme» et oublier le racisme anti-blanc et anti-chrétien, vecteur principal de la haine islamiste.

Malgré la résistance passive du peuple, moi je sens que la capitulation médiatique et politique se poursuit activement.

Et vous ?

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 15:01

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Loi El Khomri: Les jeunes sont-ils devenus des «vieux cons» ?

Publié le 15/03/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Après les manifestations contre la loi Travail, Gilles-William Goldnadel estime que l'importance donnée aux jeunes qui y sont opposés dépasse largement la réalité.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Cette semaine, la plume me démange de poser quatre questions qui, je l'imagine, dérangent et, qui sait, pourraient agacer.

En quoi «LES jeunes» - pas aussi nombreux que les radios télévision du service public l'ont prétendu - qui sont descendus dans la rue mercredi, incarnent-t-ils toujours la jeunesse de France ?
En réalité, et c'est en quoi le générique «les», employé par force médias est plus que jamais abusif, le temps n'est plus où les organisations gauchistes, communistes et socialistes pouvaient automatiquement enrôler lycéens et étudiants derrière leurs bannières écarlates.

Leur jactance formatée, leur pathos émile-zolien, leurs verts treillis, ont pris de la bouteille et leurs keffiehs à damiers sont usés jusqu'à la trame.

Le marxisme dialectique n'impressionne plus guère et même l'antiracisme commence à sentir le rassis. Bref, la gauche ringarde a ringardisé avant l'âge ses enfants les plus ambitieux. Prenez l'actuel président de l'UNEF. Le pouvoir peut craindre un peu les coups de Martinet (c'est son nom), mais il n'est pas écrit que celui-ci, contrairement à ses madrés prédécesseurs, obtiendra de droit, une circonscription en métal argenté, à l'heure où le prix d'un fauteuil de député socialiste a tendance à monter.

Enfin, parce que les médias, et principalement ceux d'État, ne sont pas prêts à rompre avec leur réflexe pavlovien soit de focaliser Sion, soit encore de traiter le conflit sur la base d'opportunes omissions.
Pour s'en convaincre, qui peut, de bonne foi, soutenir que cette semaine, les organes d'informations hexagonaux ont rapporté suffisamment deux événements saillants du conflit qui fâche le plus, mais qui ne cadrent pas géométriquement avec la Doxa idéologiquement dominante:

- L'admonestation par le vice-président démocrate Biden, en voyage dans la région de l'Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas («le modéré») à qui il a reproché son absence de condamnation (aimable euphémisme quand on connaît les encouragements de son Fatah) «de la terreur au couteau» contre les civils Israéliens.
- Le fait que les missiles d'exercice à longue portée tirés par l'Iran (lui aussi, paraît-il en cours de modération depuis l'accord nucléaire communément encensé) en violation des résolutions internationales, portaient sur leurs flancs: «Israël doit être détruit»…

Ainsi, il est à craindre que nonobstant les paroles bonnes, l'idéologie anti-israélienne systématique, curieusement rétive au mouvement de déclin général de l'idéologie gauchisante, ait encore devant elle de beaux lendemains qui chantent. À tue-tête.

Troisième question: Notre excellent ministre de la défense aurait-il sérieusement l'intention de faire rayer le général Piquemal du cadre des officiers de réserve pour manquement à l'obligation du même nom, pour avoir participé à une manifestation interdite à Calais ?

Depuis que les magistrats du mur des cons se sont exprimés impunément avec la délicatesse que l'on sait, j'avais cru que cette obligation (très douteuse s'agissant d'un général à la retraite) était définitivement tombée en désuétude.

Étrange pays qui réprime les manifestants qui protestent publiquement contre les clandestins et qui autorise les clandestins à manifester publiquement.

Dernière question: Quel que soit le regard que l'on porte sur Mr Trump, ceux de ses opposants qui décident de troubler ses réunions publiques autorisées ne devraient-ils pas être arrêtés ?

Question subsidiaire: Si on doit user de la lexicologie de rigueur, ne devrait-on pas évoquer, les concernant, des procédés fascisants ?


J'avais prévenu, c'est agaçant.

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 18:04

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FN, Donald Trump, montée des «populismes» : Le baroud d'honneur des «petits blancs»

Publié le 07/03/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Devant la montée en puissance de Donald Trump aux Etats-Unis, et la persistance de Marine Le Pen en France, Gilles-William Goldnadel s'interroge sur la façon dont le «populisme» est perçu en Occident.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.



Une nouvelle thématique agite le microcosme médiatique: comment se fait-il que certaines élites, aux États-Unis comme en Europe, regardent désormais le «populisme» avec moins d'appréhension qu'autrefois ?

Pour répondre à cette question orientée, il suffit de regarder l'état de discrédit dans lequel se trouve aujourd'hui le «système».
Non pas seulement le système politique, comme voudraient le faire croire certains médias, mais plutôt le système politico-médiatique qui inspire à ceux que je propose d'appeler désormais les «popélites» une désespérance irritée encore plus grande que tous les tribuns aux manières trop rustres.

Tout d'abord, nos popélites ne s'en laissent plus compter: ils savent que tous les mots médiatiques sont piégés. Ayant repéré la place du curseur sur la carte politique, les mots «populistes, extrême droite, droitier, islamophobes…» ne sont plus pris sans barguigner.
Ils ont remarqué que ceux qui taxaient rapidement tel autre de populiste nourrissaient souvent pour le peuple une manière de mépris, et principalement pour le vieux et petit peuple autochtone dont les appréhensions ou les aspirations étaient souvent prises en hautaine dérision.

Ils ont remarqué que les gens qualifiés d'extrême-droite étaient souvent ceux qui combattaient extrêmement une extrême-gauche nommée plus aimablement «gauche de la gauche».
Ils ont remarqué que l'islamophobie était le moyen le plus sûr pour les islamistes, les antiracistes professionnels sélectifs et autres islamo-gauchistes d'empêcher toute critique de l'islam ou de l'immigration islamique incontrôlée.
Ils ont remarqué que si la lexicologie médiatique connaissait le droitier, elle serait contrariée d'épingler un gaucher.
Bref, le popélite n'est pas un mélomane entiché de cette petite musique jouée depuis quelques décennies par une certaine clique politico-médiatique.

La semaine passée fournit un bel exemple de ce que l'Europe politique apporte de désespérance à notre popélite. L'idée communautaire de s'en remettre au sultan ottoman pour régler la question des migrants lui inspire la même confiance que de confier à Al Capone la gestion de son portefeuille.

On peut tout en effet reprocher à Monsieur Erdogan: l'intolérance à l'égard de la presse, la brutalité à l'égard des Kurdes, la mégalomanie à l'égard de lui-même, tout, sauf le manque de conviction islamiste. C'est par conviction islamiste qu'il a armé l'État islamique au détriment des états arabes laïcs, c'est par conviction islamiste qu'il verrait bien un califat européen. Autrement dit, le cauchemar d'une immigration islamique incontrôlée au sein d'une Europe désemparée correspond tout à fait à son rêve éveillé.
Et c'est à cet homme convaincu que l'Europe vaincue confie désormais son funeste destin. Elle le prend pour se perdre, elle le paye pour se pendre.

Car le pire habite ailleurs: il demeure dans le fait que les convictions d'Erdogan coïncident avec celles des commissaires européens:
C'est ainsi que le calife, lors de son meeting électoral de décembre 2015, que la presse hexagonale a curieusement passé sous silence, dans une salle bondée, où les hommes avaient été séparés des femmes, et au cours duquel il a exhorté ses coreligionnaires à ne pas s'assimiler, a décrit l'Europe démocratique honnie infectée par «la xénophobie, l'islamophobie et le racisme» (cité dans l'excellent La guerre civile qui vient d'Ivan Rioufol. Éditions Pierre Guillaume de Roux).

C'est exactement dans les mêmes termes que cette semaine un rapport du Conseil de l'Europe déplore la «banalisation» du racisme en France (Le Figaro). Pour illustrer l'ignominie nationale, nos brillants «experts» stigmatisent notamment la chocolatine de Jean-François Copé ou des décisions prises «au nom d'une conception restrictive de la laïcité et pouvant être perçues comme sources de discrimination» comme la réglementation concernant l'accompagnement de sorties scolaires par des mères d'élèves portant le voile…
Peu avant, la Commission Juncker expliquait sur son site que «la migration est une des dix priorités politiques de la commission».

En 2010, un rapport publié évaluait même à 100 millions le nombre idéal d'immigrés nécessaires à l'Europe «à l'horizon 2050»…
En définitive, on comprend pourquoi l'Europe suicidaire s'en remet à la Sublime Porte pour sceller définitivement son final destin.
Pour bien des popélites, la guerre déclarée contre le système en bout de course revient finalement à démasquer toutes ses impostures.

À dénoncer ce carnaval idéologique qui fait défiler des pétitionnaires conservateurs déguisés en rebelles, des intermittents assistés déguisés en artistes bohèmes et des artistes narcissiques grimés sous le fard de la générosité.
Enfin et peut-être surtout des racistes anti-blanc déguisés en antiracistes flamboyants.

Un article du Monde du 4 mars nous en donne encore un exemple étincelant: intitulé: «Le dernier chic du Web américain ? Se moquer des blancs». Il est expliqué sans recul excessif et avec engouement qu'aux États-Unis, l'humour en ligne participe du débat de société sur les stéréotypes et les privilèges des blancs. À aucun moment, la journaliste extatique ne se pose la question de savoir si l'on pourrait moquer aussi impunément d'autres communautés. La conclusion est donnée par une maîtresse de conférences en sciences de l'information à Paris III: «S'il y a une forme de stéréotypisation (sic) des blancs, est-ce du racisme pour autant? Nous ne sommes pas sur une même forme d'exclusion. Les blancs ne sont pas exclus de la société, dit-elle. Il s'agit davantage, selon moi, d'une stratégie minoritaire de mise en abyme des positions de pouvoir». Et le coup de massue est donné par un certain comédien musulman nommé Rahman: «Pour pouvoir être accusé de racisme contre les blancs, il faudrait remonter le temps, coloniser les blancs, voler leurs terres, faire un commerce fondé sur l'esclavagisme…». Curieusement, la journaliste n'a pas songé à l'entreprendre sur la traite esclavagiste arabo-islamique et le droit de moquer qu'elle devrait conférer …

Osons une explication osée: et si, au fond, en creux, très profondément enfoui, la montée du «populisme» et du «popélitisme» ne s'inscrivaient pas dans la désormais claire perception de la méchante sottise de ce racisme anti-blanc-là ?
Ou plus encore dans le tarissement des sanglots d'une communauté occidentale - pour ne pas écrire blanche, ou plutôt pour l'écrire - qui n'a plus honte d'elle-même ?

Dans l'élémentaire courage conquis de pouvoir écrire sans trembler, que puisqu'on peut évoquer sans rougir une «Afrique Noire» et une «terre d'Islam», il ne devrait plus être totalement interdit d'évoquer une «Europe judéo-chrétienne». Et pourquoi pas, espérer la sauver.

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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 10:38

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http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/29/31003-20160229ARTFIG00218-a-quand-une-petition-contre-les-donneurs-de-lecons.php

À quand une pétition contre les donneurs de leçons ?

Publié le 29/02/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Après que Kamel Daoud a renoncé au journalisme, et que Manuel Valls a été critiqué pour ses mots sur la politique d'Angela Merkel, Gilles-William Goldnadel entend contester le «monopole de l'indignation et de la pétition» à la gauche.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Pourquoi diable laisser à la gauche si morale et tellement intelligente le monopole de la pétition ? Le Monde dans cette dernière décade se sera surpassé dans l'illustration de ces deux vertus autrefois certifiées. Après avoir permis à quelques sociologues inconnus d'entrer dans la postérité en jetant à la vindicte Kamel Daoud, coupable d'avoir dit ses quatre vérités sur le mâle islamique, voici le vespéral ouvrant ses colonnes à la dame du Nord et à quelques épigones venus revendiquer l'idée de modernité.
Je me sens tout à fait capable de pétitionner solitairement, même s'il n'est pas à la portée de n'importe qui d'égaler un texte aussi indigent qu'indigeste.

Mais je reprends à mon compte personnel leur petite antienne: Trop c'est trop !
Ainsi, ces messieurs-dame incarneraient l'idée même de progrès. Mieux encore, ils s'insurgent contre «l'abaissement de la France» que constitueraient la réforme du code du travail et le franc-parler du premier ministre à l'égard de l'immigrationnisme soudain de la chancelière allemande.

Que les capitaine et matelots naufragés d'une idéologie responsable de la déchéance de la nation française dans les domaines économiques, sociaux, sécuritaires et identitaires aient encore le toupet sur le sujet de faire des remontrances en dit long sur leur outrecuidance.

C'est grâce à eux que la France peut revendiquer cette peu enviable première place en Europe pour les progrès du chômage de masse. C'est aussi grâce à eux, que le pays peut se vanter de cette spécificité culturelle incontestable de posséder des organisations syndicales à la représentativité proportionnée à leur modernité. Aucun autre pays avancé n'entretient encore grassement des syndicats marxistes rétrogrades dont les nervis séquestrent ou agressent les cadres.

C'est encore en France que le premier syndicat du pays a été contraint d'exclure de ses rangs des centaines d'islamistes travaillant dans nos aéroports si sensibles, dûment badgés et encartés.
C'est en France qu'un récent sondage (Le Parisien 27 février) révèle que 65 % des citoyens «ont une mauvaise opinion» de leurs organisations syndicales. Ce sont bientôt celles-ci, en harmonie synchrone avec nos pétitionnaires modernes et indignés, qui empêcheront le gouvernement d'initier ces timides et tardives réformes. Vous avez dit modernité ? Trop c'est trop.

Ainsi encore, notre premier ministre aurait commis un crime de lèse-majesté envers dame Merkel et abaissé la France en disant haut et fort ce que pensent la majorité des Français sur la submersion de l'Europe par un phénomène invasif et mortel.

Hier encore, cette gauche n'avait pour la chancelière d'Allemagne que le mépris le plus extrême. Il n'était pas rare de lui reprocher lourdement sa germanité et de dessiner son chef couvert d'un casque d'acier. Quand ce n'était pas une fine moustache. Mais après qu'elle ait ouvert en grand les frontières haïssables, après qu'elle ait est rompu avec la vieille Allemagne, voilà Angela en passe d'être béatifiée par une gauche post-shoatique autant que névrotique.
Vous avez dit modernité ? Trop c'est trop.

Trop de mensonges et trop de stupidités sur cette question migratoire.
Mensonge que prétendre que tous les migrants fuient la guerre. Une bonne moitié venue notamment du Maghreb constitue une immigration économique. Et l'immigration venant d'Algérie, en faillite sociale autant que politique, n'a pas dit, loin s'en faut, le dernier mot.
Mensonge que dire que l'autre moitié fuit directement la guerre. Ils viennent pour la plupart de Turquie où leur pauvre vie n'est plus en danger.

Stupidité que dire que c'est à l'Europe d'accueillir en premier ces populations principalement musulmanes venues d'Orient. Et il y a un anti-occidentalisme pervers à donner mauvaise conscience sur ce point à l'Europe désarmée qui a d'ores et déjà fait montre d'une hospitalité excessive et forcée en matière d'immigration orientale.

L'Europe est-elle donc appelée à accueillir chez elle l'ensemble des populations du Proche-Orient en flammes et de l'Afrique du Nord à la dérive ? Ce serait bien si nos pétitionnaires de génie voulaient le préciser clairement, eux qui auront tout fait pour imposer à des français, à qui ils n'ont pas songé demander leur avis, cette société multiculturelle de leur rêve qui tourne au cauchemar.

À la lumière blafarde de l'année écoulée, pour peu qu'on laisse faire ces fins pétitionnaires, la société française a des dispositions pour devenir sous peu une nouvelle Érythrée.

Comment accepter que l'ONU, largement dominée par les potentats dictatoriaux, et Amnesty International, définitivement inféodée à l'idéologie anti-occidentale, aient le front de faire la leçon à l'Europe démocratique, alors que les pays richissimes du golfe, Arabie Saoudite en tête, ont invoqué, sans critiques, leur «sécurité» pour refuser toute immigration ? Tout commande, la morale humaine, la proximité géographique, comme la cohérence politique, que les pays arabes ainsi que la Turquie fassent l'effort principal: et la fraternité musulmane et leur responsabilité dans les causes du drame.

Stupidité, à peine croyable, que de reprocher (un reportage d'Arte) aux autorités européennes d'exiger des candidats au refuge la production de leurs papiers, alors même que l'on connaît à présent, après l'avoir nié effrontément, le risque terroriste ou sécuritaire, et que l'on sait que nombre de candidats trichent et sur leur origine et sur leur âge.

Mensonge que de dire que les sacro-saintes «associations» veulent le bien des migrants. On l'a vu à Calais où les militants ont incité les malheureux pataugeant dans la boue, en proie aux exigences sexuelles ou financières de toutes les mafias et de tous les passeurs, à demeurer sur place plutôt que d'accepter de rejoindre des logements plus confortables. Car tout ce qui intéresse les internationalistes et tous les «no borders», ce n'est pas le bien-être de tous ces pauvres hères, mais la définitive destruction de toutes nos frontières.

À ce sujet, je ne me lasserai jamais de dire combien certains médias, principalement d'État, encouragent ces progrès du mensonge et de la stupidité. Ainsi, je n'aurais pas entendu pendant toute la séquence, rien qu'un mot, un seul mot, laissé aux Calaisiens…

Je reconnais bien volontiers à nos socialistes gauchers la légitimité de vouloir former le syndicat des cocus de la nouvelle gauche droitière. Leur narcissisme et leurs rancœurs n'expliquent pas toute leur hargne. Il est vrai que le souverain qu'à présent ils honnissent détestait la finance et vomissait les riches. Et que celui qui disait «nous voulons maintenant que la France soit une grande nation d'accueil… les socialistes sont pour le traitement républicain de l'immigration, c'est-à-dire que l'on peut s'installer où l'on veut, quand on veut…» s'appelle Cambadélis.…

Mais dans ce cadre de règlements de comptes littéralement sinistre, laisser dire à la dame des 35 heures et des piscines séparées, qu'elle incarnerait le progrès et la modernité, c'est trop.
Trop pour un pétitionnaire solitaire, épris de vraie humanité et trop pour un pays à l'heure de vérité.

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 12:18

Article paru dans Le Figaro (édition papier) du 23 février 2016
http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/23/31003-20160223ARTFIG00067-les-habitants-du-xvie-arrondissement-de-paris-ont-ils-moins-de-droits-que-les-autres.php

Publié le 23/02/2016

Les habitants du XVIe arrondissement de Paris ont-ils moins de droits que les autres ? Par Gilles William Goldnadel

TRIBUNE - Anne Hidalgo cède à la démagogie en créant un camp d'hébergement pour migrants dans le bois de Boulogne, argumente l'avocat Gilles-William Goldnadel.

Me Gilles-William Goldnadel est président d'Avocats Sans Frontières. Il défend de nombreux riverains du bois de Boulogne qui contestent la décision de la Mairie de Paris.

Idéologie, quand tu nous tiens: L'équipe majoritaire qui gouverne aujourd'hui la ville de Paris utilise certains mots magiques en gargarisme: «vivre-ensemble», «concertation», «écologie», «mixité sociale», «politique de la ville»… Elle a aussi l'idéologie facétieuse. La majorité municipale a imaginé d'installer un campement de migrants au sein d'un site naturel classé à l'intérieur du bois de Boulogne, non loin du champ de course d'Auteuil ! Pardon: Quand il s'est avéré, sous les coups de boutoir de la cruelle réalité, que les migrants, au rebours de la légende dorée, n'étaient pas tous des pianistes distingués ou des professeurs de littérature médiévale et qu'ils ont commencé à être contestés pour des raisons de sécurité, la mairie de Paris a ajouté de braves SDF à la liste des futurs campeurs permanents. Les mots en gargarisme sont devenus des antiphrases creuses. Sans la moindre «concertation» avec les élus de l'arrondissement concerné et encore moins avec sa population, la majorité municipale a tranché subrepticement: À peu de frais et gaiement car les gens du quartier ne sont pas ses clients. Ce sont, comme dirait Karl Marx, des ennemis de classe.

Peu importe donc que les deux cents migrants deviennent très vite deux mille sans-papiers installés misérablement sous des tentes d'infortune. Aucune importance. Il n'y a pas si longtemps, j'ai débattu avec le communiste encore que sympathique Ian Brossat, adjoint de Mme Hidalgo et préposé au logement, sur l'antenne d'une grande station radiophonique. Je lui ai posé la question malicieuse de savoir ce qu'il conviendrait de faire de ceux des migrants sans droits et non éligibles au statut de réfugiés. En bon idéologue internationaliste, il a reconnu, à peine gêné, qu'il ne saurait être aucunement question de les contraindre. Si donc il y a deux ou trois mille campeurs illégaux dans le bois, ils demeureront misérablement, comme à Sangatte. Ceux-ci n'auront à leur disposition aucun commerce de proximité dans les environs, et ceux qu'ils pourront atteindre difficilement ne pratiqueront pas des prix hautement concurrentiels.

Mais pas question de poser de questions malséantes: Les notables de la mairie de Paris qui imposent de force, sans réfléchir et sans débat la «mixité sociale» dans des lieux impossibles, généreux avec le bien commun ou celui des autres, munificents avec les logements sociaux quand il s'agit de leurs obligés, ne s'estiment aucunement en charge d'assurer la sécurité des habitants, à Calais comme dans le XVIe arrondissement de Paris.


Installer un campement de migrants à l'intérieur du bois de Boulogne traduit le désir de punir les riverains

Reste enfin l'«écologie». Ni l'architecte de la Ville de Paris, ni la commission de la nature et des sites n'ont évidemment, compte tenu de l'extravagance du projet, osé donner leur feu vert à une équipe rose et rouge pourtant associée à un parti écologique théoriquement vétilleux. Mais de la même manière que les féministes idéologisées ont la morale à géographie variable selon que l'on se trouve à Paris ou à Cologne, les écologistes politisés considèrent que le bois de Boulogne n'est pas un espace boisé. Et peu importe qu'une Charte du bois du même nom ait été solennellement signée en 2003 par l'ensemble des maires des communes riveraines, y compris évidemment celui de Paris, pour précisément le sanctuariser et le protéger de toute emprise humaine qui pourrait l'abîmer. Peu importe que l'on ait commencé à abattre des arbres magnifiques ou que, en l'absence de tout système d'évacuation, l'on creuse des excavations pour évacuer comme on pourra les eaux usées. Punir ceux que l'on considère comme des «bourgeois pourris» et leur pourrir la vie vaut bien que l'on fasse fi du plus beau bois de Paris.

Très sûr de son fait, le préfet a déclaré qu'il était «ringard de s'opposer au projet». Il n'est pourtant pas évident de considérer l'idéologie de l'actuelle mairie «progressiste» comme portant la marque de la modernité la plus radieuse. On peut certes penser que les braves gens du XVIe ne font pas partie de ces redoutables zadistes, ou de ces violents black-blocs à ménager avec respect. Pour autant, ceux-ci sont résolus à utiliser tous les moyens de droit à leur disposition pour empêcher manquements et abus de pouvoir. Et ceux-ci ne manquent pas, au regard du passage en force tenté par la mairie. En toute hypothèse, il ne devrait pas être interdit aux gens du quartier, même à eux, et comme à Notre-Dame-des-Landes, de se voir demander leur avis par un référendum local. Que dit Mme le maire de Paris de ce recours direct à la démocratie ?

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 10:24

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Goldnadel: La leçon de courage de Valls à Merkel
Publié le 16/02/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, larmes de Charles de Courson à l'Assemblée nationale, polémique infinie sur la déchéance de nationalité... L'humeur de Gilles-William Goldnadel.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

On a trop longtemps considéré que la gauche avait le monopole du cœur et du cerveau. Il ne faudrait pas, par un excès contraire, décréter définitivement que ces deux organes seraient passés définitivement à droite.

Certes, cette semaine, le camp dit du progrès nous aura encore grandement ébaudis.

M. Mélenchon, d'abord, rebelle quoique sénateur, s'est déclaré candidat au pouvoir suprême. Sans doute émoustillé par le succès de Bernie Sanders, il se voudrait le représentant de l'anti-système. Il en a le talent, mais tout de même: prétendre incarner «la France insoumise» ! Lorsque l'on appartient au camp de la soumission, au sens houellebecquien, à l'immigration imposée et à une idéologie ringarde et catastrophique qui part de Babeuf et s'achève à Chavez.

Jadis, les marxistes théoriques avaient le temps de prendre commodément leurs distances avec les expériences pratiques qui toutes, sans exception, se sont achevées dans le sang et la faillite. Mais l'Histoire va trop vite et nos révolutionnaires d'opérette à peine ont-ils entonné la Carmagnole et Bella ciao en hommage au leader vénézuélien ou à M. Tsipras, sont contraints de baisser et le son et le ton.
Mais c'est sans conteste l'entrée de Mme Emmanuelle Cosse au sein d'un gouvernement remanié qui aura fait les délices des chroniqueurs facétieux. On a peine à comprendre ce que l'actuel pouvoir en phase de droitisation économique et de dégauchisation sociétale va gagner en cohérence et en prestige en accueillant une représentante plutôt terne de l'écolo-gauchisme, taxée de trahison opportuniste par son propre parti.

Si le but de Monsieur Hollande est d'achever définitivement un mouvement déjà largement déconsidéré, il aura bien mérité de la patrie. Foin d'ironie mal placée, pour la course au maroquin et au plat de lentilles: quoi de mieux trouvée qu'une xénophile verte ?

Mais nous le disions en préambule, la gauche n'est pas seule à faire rire, quand on voit par exemple, un Charles de Courson pleurer publiquement devant la représentation nationale en évoquant la déchéance de nationalité (8 février). À l'en croire, et rejoignant ainsi la fine pensée historique de Mme Duflot, les lois de Vichy seraient de la même eau que la législation à venir. Étrange, ce personnage: intransigeant envers la fraude fiscale, partisan de la transparence jusqu'à la maniaquerie, mais dont le cœur se fend lorsqu'il s'agit de réprimer la barbarie à barbe.

Étrange encore, ce monde médiatique, des Inrocks à Canal, qui fond devant le débordement sentimental. Il n'en demeure pas moins que ce débat sans fin, sans grande utilité et sans députés autour de la déchéance de la nationalité atteint désormais des monts d'absurdité.

Faut-il viser seulement les binationaux ? Faut-il accepter de faire des apatrides ? Disputer avec une acrimonie parfois lacrymale sur le sexe des anges de la mort, n'est pas sans rappeler la fin des Byzantins assiégés par l'islam. À Munich, c'est un homme de gauche et français nommé Valls qui donne une leçon de courage raisonné à une femme et de droite et allemande. Lorsque le premier ministre déclare: «L'Europe ne peut accueillir plus de réfugiés. Les solutions sont au Levant, en Turquie, en Jordanie, en Méditerranée», beaucoup, à droite comme au centre, devraient s'en inspirer plutôt que de conserver un silence gêné.

Le retour de certains bétitionnaires démontre également, s'il en était besoin, que le mauvais sens est la chose du monde la mieux partagée.

Ainsi, le 3 février, dans Le Monde, plusieurs ambassadeurs à la retraite, M. Aubin de la Messuziére en tête, bien en cour à Gaza, trouvent toutes les excuses aux assassins au couteau, tueurs de juifs. Ils vont même jusqu'à préconiser implicitement de voir les troupes de la coalition faire une petite virée vers l'État de Sion. Bien entendu, les Arabes de Palestine sont auréolés de toutes les vertus en ce compris d'être les seules victimes.

Que le dénigrement obsessif et systématique de l'État juif ait été diagnostiqué par les plus hautes autorités de l'État comme le terreau de l'antisémitisme criminel, n'a en rien entamé l'esprit critique à sens unique de la vieille France diplomatique.
Ainsi encore, et toujours dans le même journal vespéral, mais le 11 février, une autre pétition, cette fois signée par une dizaine de sociologues inconnus autant que progressistes s'en prennent cette fois à Kamel Daoud qui aurait «recyclé les clichés orientalistes les plus éculés».

Le malheureux courageux ayant osé dans les mêmes colonnes pointer, comme tout esprit sain, le mépris de la femme occidentale chez ces violeurs d'Orient à Cologne et ailleurs... voilà aussitôt l'intellectuel arabe, coupable d'essentialiser ses congénères et taxé d'islamophobe.

Étrange pour des sociologues, des ethnologues et autres anthropologues de reprocher une analyse culturelle et de préférer voir dans les réfugiés et migrants une somme d'individus hors-sol et sans Histoire. C'est Durkheim et Lévi-Strauss, que leurs prétendus disciples assassinent pour cause d'idéologie xénophile.

On voudrait empêcher les intellectuels arabes et musulmans, en Palestine et ailleurs, par la terreur intellectuelle ou la flagornerie, d'avancer sur le chemin de la raison ou de la pondération, que l'on ne s'y prendrait pas autrement.

PS: Les Russes et leurs supplétifs iraniens ou du Hezbollah ont fait d'Alep un champ de ruines, en mettant en œuvre la méthode réservée autrefois aux Tchétchènes. Écoles et hôpitaux ne sont pas épargnés. Des centaines de milliers de Syriens de tous âges sont jetés sur les routes. De leur côté, les Turcs bombardent impunément les rebelles kurdes, véritables et seuls héros dans la guerre contre l'État islamique. Les belles âmes françaises restent, pour l'heure, quiètes, puisque les Occidentaux ne sont pas à flétrir.

Lorsqu'à nouveau, ce qui ne saurait tarder, le Hamas par ses tunnels ou ses missiles, s'en prendra aux Israéliens et que la riposte inévitable encore qu'autrement plus tempérée s'ensuivra, ce post-scriptum leur rappellera cette douce quiétude.


Gilles William Goldnadel ©

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