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Lundi 20 octobre 2014 1 20 /10 /Oct /2014 17:46

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/


http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/10/20/31003-20141020ARTFIG00175-le-requisitoire-de-goldnadel-lettre-ouverte-a-paul-mccarthy.php

Le réquisitoire de Goldnadel: Lettre ouverte à Paul McCarthy

Publié le 20/10/2014



FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel revient sur la polémique autour du sapin de la place Vendôme. Il rappelle qu'il ne faut pas confondre rébellion et provocation facile.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.
 
 
Cher Monsieur McCarthy, votre œuvre gonflable dégonflée m'aura donné l'occasion du plaisir de vous connaître. Pour le reste, la présente est destinée à vous donner, modestement, quelques conseils de provocation véritable.
M. McCarthy, vous avez 69 ans, ce qui est un très bel âge, mais je crains que vous ne compreniez pas qu'à notre époque schizophrène de grande licence, matinée d'un terrorisme intellectuel obsessionnel, on ne puisse plus provoquer avec le pipi et le caca, pas plus qu'avec le s.exe.
Le par ailleurs calamiteux mois de mai de l'année 1968 aura eu un aspect radieux: il a déculpabilisé les sexualités hétérosexuelles et homosexuelles. Il a libéré les fantasmes et les conduites dites autrefois déviantes.
Non, M. McCarthy, vous ne pouvez escompter participer d'une quelconque rébellion artistique en exhibant un jouet sexuel dans notre France paillarde, libérale et tolérante. Pas plus que vous ne l'aviez fait en représentant autrefois quelques étrons.

Votre godemichet, cher M. McCarthy, est vieux comme le monde grec. Il n'a pas la forme de la modernité. Allez visiter Milet où l'on fabriquait au troisième siècle avant la chrétienté les olisbos appréciés à Lesbos. Pour votre édification hellénique, cette imitation de phallus était confectionnée en bois ou en cuir bourré de laine et devait être généreusement frottée d'huile d'olive avant l'usage.
Dans une pièce antique dont je vous recommande la lecture directement dans la langue d'Eschyle, la jeune Métro tente d'emprunter à sa charmante Corrito son jouet sexuel. Celle-ci la renvoie sèchement vers un savetier, expert pour les fabriquer.

Aujourd'hui, M. McCarthy, il suffit de se rendre chez Sonia Rykiel pour se procurer le sextoy de son choix. Comment voulez-vous, dans ces conditions, que l'on prenne au sérieux vos fausses provocations ?
Bien sûr, quelques gens de bon goût peuvent s'étonner, ceux du moins qui n'ont pas encore perdu leur capacité d'étonnement, en dépit des outrances ringardes de la Ville de Paris, qu'on brandisse sous leurs yeux et ceux de leurs enfants (qui certes en ont vu d'autres), sur l'une de leurs plus belles places publiques, cet objet réservé à des plaisirs intimes.

Mais qu'un encoléré se soit permis de débrancher un câble de votre objet branché, ce qui a dégonflé votre baudruche gonflante, n'autorisait pas les fausses indignations de vos mécènes d'État.
Car voyez-vous, cher M. McCarthy, le maccarthysme à la française ne se trouve pas où vous devez l'imaginer. Ne comptez pas sur les parisiens pour jouer les effarouchés. Mais ils ont bien le droit de dénier toute audace créatrice et de voir une escroquerie artistique de plus sur fond d'imposture boursouflée. Pas de quoi crier au retour de l'ordre moral. La palme de l'ineptie revenant sans conteste à Fleur Pellerin convoquant, comme toujours lorsqu'il s'agit de faire la bête, un passé qu'on croyait révolu: «On dirait que certains soutiendraient volontiers le retour d'une définition officielle de l'art dégénéré» a-t-elle gazouillé légèrement sur Twitter.

Cher Monsieur Mc Carthy, puisqu'il semblerait que vous soyez en panne d'audace créatrice authentiquement rebelle, laissez donc tomber vos illustrations de merde et remisez votre godemichet géant où vous voudrez.
Je vous conseillerais plutôt, si vous voulez choquer réellement, de prendre des risques inconsidérés, dignes d'un véritable artiste engagé et rebelle.

Je vous suggère l'érection priapique d'un immense mur du Con. Vous y peindrez les deux lettres S et M, immenses et écarlates. Vous légenderez en indiquant que vous ne savez plus s'il s'agit d'un hommage au sadomasochisme judiciaire ou au Syndicat de la Magistrature.

Puis, audace suprême, radicalité pleinement assumée, vous dessinerez un véritable sapin de Noël. Un qui ressemble vraiment à un sapin de Noël. Avec un tronc marron et des feuilles vertes.
Dans l'ivresse créatrice bouillonnante et rageuse dans laquelle vous vous trouverez alors, vous oserez figurer une crèche en Judée, avec l'enfant Jésus, sa mère et même Joseph.

Enfin, n'oubliez pas, dans l'étable de dessiner un âne. Vous l'appellerez Lolo. En hommage au facétieux Roland Dorgelès et à son peintre imaginaire Boronali, qu'il avait inventé lorsqu'il s'amusait à présenter des œuvres pseudo révolutionnaires pour voir s'exclamer d'admiration les snobs et les crétins. En réalité, la toile était exécutée par Lolo, l'âne de Frédé, patron du Lapin Agile à Montmartre. Il suffisait d'attacher à la queue de l'équidé aux longues oreilles un pinceau trempé toutes les dix minutes dans un seau d'une couleur différente pour entendre le lendemain des oh! des ah! et des bravo !

Ce sera, cher M. McCarthy, un pied-de-nez mutin à tous les gros beaufs mode. Une provocation vraiment très courageuse, un geste professionnel pratiquement suicidaire mais plein de panache.
Ne pouvant vous garantir la protection de la mairie de Paris, je m'incline à l'avance devant l'artiste maudit.

Par GOLDNADEL Gilles William
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Lundi 13 octobre 2014 1 13 /10 /Oct /2014 17:07

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/10/13/31003-20141013ARTFIG00115-mazetier-attali-zemmour-le-plaidoyer-de-goldnadel.php

Mazetier, Attali, Zemmour: Le plaidoyer de Goldnadel

Publié le 13/10/2014

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel revient sur plusieurs polémiques qui ont émaillé la semaine: le débat autour de l'expression «Mme la présidente» et le face-à-face Jacques Attali-Eric Zemmour.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


 
Commençons par une confidence: je crains le donneur de leçons de morale que je ne réclame pas.
Quand il m'arrive d'en croiser un dans la rue, c'est pire qu'un chat noir, je change de trottoir.
Lorsque dans ma profession, j'en entends un vouloir m'en remontrer en déontologie, je suis sûr qu'il va «oublier» de me communiquer une pièce essentielle.

La psychologie du professeur de morale est simple: son discours vaut quittance. Plus la peine de faire le bien, si on vient de le dire. La gauche est riche en donneurs de leçons gratuites.
Pour rester chez les robins, Anne Gaillard sur France Inter, il y a des lustres, avait fait procéder à une enquête consumériste auprès des avocats en matière d'honoraires. Le résultat concret recoupait mon expérience empirique: les cabinets qui exigeaient les honoraires les plus confortables auprès des clients les moins fortunés étaient les grands cabinets de gauche.
Pour sortir de la basoche, Messieurs Cahuzac et Thévenoud aimaient chapitrer sévèrement le fraudeur du fisc. On connaît la suite et la triste fin.

Dans un autre domaine, Mme le vice président de l'assemblée nationale, Sandrine Mazetier, a entendu tancer M. Aubert pour ne pas avoir mal parlé le français.
Les mêmes faux rebelles qui érigent en dogme la désobéissance à la loi injuste voudraient imposer le respect aveugle d'un vulgaire règlement ordonnant l'application du charabia.
Il fallait la voir, lèvres pincées, en costume de sergent major brodé de Brandebourgs, imposer l'amende au député récalcitrant. Je gagerais qu'elle s'y serait prise avec plus de déférence envers un petit caïd sortant d'une tournante.
Il est vrai que la dame est une récidivante: en février 2013 elle proposait de troquer le vocable «maternelle» contre «petite école» au motif impayable que le mot était trop «maternant» donc trop connoté affectivement. C'est vrai que nos encombrants enfants ne méritent pas d'être rassurés lorsqu'ils quittent le cocon familial pour entrer à l'école.
Je doute après cela que notre vice présidente, pourvoyeuse de vertu lexicale, soit plus proche du bien que notre député mâle.

Dans un autre domaine, Jacques Attali a voulu donner une leçon de judéité à un Éric Zemmour qui ne lui en demandait pas.
Celui-ci s'est même hasardé à taxer l'auteur du «Suicide Français» de «juif antisémite» au micro de Ruth Elkrief sur BFM.

Je recommanderais pourtant au premier un peu d'humilité. J'ai beau ne pas partager les raccourcis historiques du second sur Pétain, celui-ci, que je sache, n'a pas été le conseiller d'un prince portant la francisque ou partageant le pain et le vin avec René Bousquet. Pas davantage Éric Zemmour n'a, cet été, proféré l'ineptie que les Arabes de Palestine étaient les nouveaux juifs.

Je partage avec Zemmour cette amertume d'avoir vu la Shoah et Vichy devenir l'horizon indépassable de toute vision politique. J'aurai passé une grande partie de ma vie intellectuelle à empêcher l'horresco referens absolue de servir de prisme obligatoire à toute analyse rationnelle, à commencer par les questions identitaires ou sociétales.

Pour autant, la rage zemmourienne va trop loin lorsqu'elle prête à Pétain des intentions prophylactiques à l'égard des juifs qu'il n'a jamais nourries. Zemmour a raison en revanche lorsqu'il rappelle, à l'instar de l'israélien Simon Epstein, le passé collaborationniste de nombre de dreyfusards égarés par leur pacifisme antimilitariste; mais je souscris pleinement à l'analyse de Serge Klarsfeld lorsque celui-ci rappelle que Vichy avait signé un accord selon lequel les juifs français ne seraient pas déportés. Qu'immédiatement après, cet accord était violé de la manière la plus effroyable puisque ce sont les enfants français des juifs étrangers qui ont été déportés. Qu'il y avait 4000 enfants à la rafle du Vel' d'Hiv', que presque tous étaient nés en France et Français. Que les enfants ont été déportés après leurs parents, livrés à eux-mêmes dans une effroyable solitude. Klarsfeld rappelle ce mot de Pierre Laval: «Je peux vous rassurer, les enfants ont rejoint leurs parents» !

Si le nombre de juifs déportés a été relativement limité, ce n'est pas grâce à Pétain, c'est grâce aux Français: ceux-ci ont protégé les juifs français et étrangers. Ils ont été protégés à partir de août 1942 par la population française, des communistes jusqu'aux gendarmes, car ces derniers ont vu qu'on arrêtait des femmes et des enfants. Les églises catholiques et protestantes ont également fait pression sur Vichy. Et cette pression a été efficace, rappelle Klarsfeld: «À l'été 1943, quand Vichy a voulu dénaturaliser des juifs naturalisés après 1927, l'église catholique a menacé de protester publiquement. Et Vichy a renoncé à ce projet. Vichy aurait pu dire «non» en 1942 pour l'ensemble des juifs. Vichy n'a en rien sauvé des juifs. La France n'avait pas à livrer des juifs. Vichy a arrêté les juifs non seulement en zone occupée mais aussi en zone libre». (Actualité Juive 10 octobre).

Une fois rappelé, d'une plume ferme, ce qui précède, je veux bien donner, amicalement, cette leçon d'Histoire à Zemmour (après tout, un historien israélien tel que le rabbin Michel a commis les mêmes erreurs), mais je me garderais bien de lui donner une leçon de morale juive.
À l'instar de la confédération des donneurs de leçons de la gauche morale qui s'autorise en la circonstance de rappeler sévèrement au journaliste ses origines judaïques qu'il a le droit parfait de laisser de côté.
Ces confédérés qui portent aux nues les juifs antisionistes, lorsque ceux-ci posent en juifs pour s'opposer aux autres et cracher sur Israël.
Ces confédérés qui béatifiaient Stéphane Hessel, à l'improbable judéité revendiquée, lorsqu'il déclarait à un journal allemand (Frankfurter Allgemeine Zeitung novembre 2010) que comparée à l'occupation israélienne, l'occupation nazie était inoffensive.
Je n'ai pas entendu Jacques Attali à cette époque. Pas question d'excommunication comme pour Zemmour. Par une curieuse inversion, Hessel, nouveau Spinoza, méritait un brevet de judéité particulier.

Tel encore qu'Edwy Plenel, adorateur de Hessel devant l'éternel, qui dans son récent «Pour les musulmans» croit devoir soupçonner dans la passion française d'un Finkielkraut, le zèle pathétique d'un juif «parvenu». La même suspicion que nourrissait l'extrême-droite lorsqu'elle voyait un israélite chanter un peu trop fort la Marseillaise. Les mêmes aujourd'hui, tous extrêmes confondus, lorsqu'ils me voient prendre la défense des chrétiens d'Orient contre les islamistes, me prêtent des pensées, disons un peu maussades...

Qu'on ne compte donc pas sur moi pour vouloir reprocher à Zemmour sa passion assimilationniste.
Pas plus que celui-ci ne me reproche mon pessimisme de penser que les peuples n'ont pas d'amis, raison pourquoi, les juifs - comme les malheureux kurdes d'aujourd'hui - ont été bien inspirés de vouloir leur État.

Écrivant cela, je songe à Léon Blum échangeant quelques mots avec Georges Mandel enfermé par les Allemands avec lui dans le même fort, quelques jours avant que ce dernier ne soit assassiné par la Milice de Vichy.

Mandel, juif de droite intransigeant, assimilé, que ne renierait pas Zemmour, et jusqu'alors réticent à l'égard du sionisme:
«Après tout, Blum, ce serait bien un État juif»….


Mais des leçons de morale, je n'en donne à personne. Pas plus à A qu'à Z.

Que le monde serait plus vertueux, sans donneurs de leçons.

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mardi 7 octobre 2014 2 07 /10 /Oct /2014 17:18

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/10/07/31003-20141007ARTFIG00233-condamnation-de-la-cgt-decisions-du-csa-le-requisitoire-de-goldnadel.php

Condamnation de la CGT, décisions du CSA :
le réquisitoire de Goldnadel


    Publié le 07/10/2014

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Le polémiste Gilles-William Goldnadel s'étonne du peu d'écho qu'a entraîné dans les médias la condamnation de la CGT dans une affaire de détournement de fonds.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.
 
Il n'est pas interdit de s'interroger sur l'énigmatique raison qui suggère aux principaux impétrants de la droite française de vouloir se recentrer quand leurs électeurs leurs demandent de se droitiser.
Au-delà de la problématique d'un deuxième tour qui les verrait affronter une plus à droite qu'eux, il existe sans doute une raison non dite, et peut-être impensée, qui touche au médiatique.

Qui n'a pas affronté un collège de journalistes bien-pensants autant que sourcilleux sous-estime peut-être l'émoi et le surmoi de politiciens qui savent qu'une partie des électeurs sont aussi des spectateurs encore sous influence, malgré la méfiance grandissante qu'ils éprouvent pour la presse conformiste.
J'aurais usé beaucoup d'encre et de salive pour inviter les opposants à l'idéologie sommaire en majesté à faire de la question médiatique, la mère de toutes les autres.
Je ne suis pas sûr d'avoir été entendu par ceux qui disent ambitionner de réformer en profondeur la société française.

La semaine qui précède nous apporte son lot d'exemples de cette mainmise dictatoriale de l'idéologie sur la réalité des faits. Elle nous renseigne également sur l'impunité médiatique d'un syndicat CGT dont on sait qu'il constitue l'un des principaux obstacles aux transformations que réclame la grande majorité des Français.
Mercredi premier octobre: l'affaire Bygmalion a donné lieu à plus d'une vingtaine de dépêches de l'Agence France-Presse, en raison de gardes à vue qui sont intervenues.

Dans le même temps, et concernant une affaire judiciaire très importante dont j'avais déjà souligné l'occultation du procès dans ces mêmes colonnes, une unique dépêche le même jour sur le fil de la même agence de presse.
Je cite ci-après des extraits de cette dépêche adressée plus de cinq heures après la décision, sans le précieux label «urgent», contrairement aux usages en vigueur pour les autres procès: «12 condamnations, dont celle de la CGT et du journal l' Humanité , ont été prononcées mercredi par le tribunal correctionnel de Paris dans l'affaire des détournements de fonds de la caisse centrale des activités sociales (CCAS), le puissant comité d'entreprise d'EDF-GDF.

Huit personnes physiques et quatre personnes morales ont été reconnues coupables d'abus de confiance, de complicité ou recel de ce chef et condamnées à des peines de deux mois à 18 mois avec sursis et à des amendes de 4.000 à 75.000 €.

La justice leur reproche d'avoir détourné des fonds de la CCAS, le plus important comité d'entreprise de France doté d'un budget annuel de 400 millions d'euros, pour financer des prestations à la fête de l'Humanité et des emplois fictifs au bénéfice de la CGT et de sa fédération des mines et de l'énergie .
(…) la sénatrice PCF Brigitte Gonthier-Maurin, reconnue coupable d'avoir occupé un emploi fictif payé par la CCAS, où elle était censée travailler alors qu'elle exerçait ses activités à la fédération du Parti Communiste des Hauts-de-Seine, s'est vu infliger 10 mois de prison avec sursis.

La société nouvelle du journal l'Humanité et l'IFOREP, financé par la CCAS et qui avait réalisé la captation des images de la grande scène de la fête de l'Humanité de 1997 à 2005, ont chacun été condamnés à 75.000 € d'amende. Pour le tribunal, cette prestation avait été fournie sans réelle contrepartie pour 1,11 millions d'euros, entièrement pris en charge par la CCAS.».

Je m'adresse à mes lecteurs de bonne foi, qui ne confondent pas l'importance d'un fait réel avec un événement virtuel mesuré à l'aune de l'importance médiatique qui lui a été donnée arbitrairement par ceux qui ont le privilège de détenir l'information.

Qu'on ne fasse pas semblant de croire que je me plaigne de l'importance donnée au dossier Bygmalion et à ses retombées politiques dont je n'ai que faire.
Mais personne ne m'obligera à penser que de simples gardes à vue dans une affaire encore à l'instruction méritent cent mille fois plus d'intérêt que le verdict d'une affaire financière d'exception ayant donné lieu à 10 ans d'instruction et à un procès fleuve, dans laquelle le comité d'entreprise le plus important de France, la CGT, l'Humanité, et une parlementaire communiste ont fait l'objet de condamnations pénales pour des emplois fictifs et des détournements.

Personne ne me persuadera que l'écart abyssal entre la focalisation extrême de la première affaire et l'occultation totale de la seconde, n'est pas le résultat tragique d'une posture idéologique plus pavlovienne que délibérée.
Autre exemple, encore plus révoltant lorsqu'on se fait, envers et contre tout, une certaine idée de la justice.
Il s'agit d'une affaire qui avait défrayé la chronique. Elle met en cause l'Ecole Supérieure de Commerce d'Amiens. L'une de ses employées s'y était suicidée en juillet 2009 pour des raisons inconnues. Quelques employés, cornaqués par une CGT très remontée, avaient porté plainte plus tard contre les responsables de l'école pour harcèlements. Parmi lesquels une directrice (que je défendais) et un directeur. Ces deux personnes ont fait l'objet d'une relaxe définitive après une procédure cauchemardesque tant au plan judiciaire que médiatique. Ces deux innocentés pensaient en avoir enfin terminé. C'était compter sans France Culture.

Le 23 septembre les deux accusateurs déboutés se sont répandus pendant une demi-heure sur l'antenne en reprenant de terribles griefs contre ces deux personnes dont on a jeté à nouveau l'identité en pâture. À aucun moment celles-ci n'ont été prévenues de l'émission et encore moins invitées à apporter la moindre contradiction. À aucun moment la journaliste culturelle n'a cru devoir informer ses auditeurs de ce qu'elles avaient bénéficié en première instance comme en appel, d'une relaxe aujourd'hui définitive.

Je tiens à ajouter que même le bien à gauche Courrier Picard, qui n'avait pourtant pas ménagé ces personnes pendant la durée des procès, a reconnu depuis, lui aussi, leur état de victime judiciaire.
Personne ne me persuadera que ce comportement médiatique n'a pas d'origine idéologique et que la façon désinvolte dont on piétine l'honneur de certains n'est pas issue d'un sentiment d'impunité inhérent à la sainte cause que l'on est persuadé servir.

À ce stade terminal de ma révolte hebdomadaire, une question me brûle la plume : que fait le CSA, en dehors de morigéner périodiquement Zemmour et de ne jamais intervenir pour donner quelque semblant de sérieux à la notion de neutralité du service public de l'audiovisuel ?

Cette semaine, l'institution dirigée par l'ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin, a décidé d'écarter des écrans publicitaires un message, pourtant bien émouvant, de jeunes trisomiques qui expliquaient qu'ils étaient heureux, malgré leur handicap, «de vivre, travailler et aimer comme tout le monde». Nos sages si sagaces ont cependant considéré que le clip incriminé pouvait ne pas «susciter une adhésion spontanée et consensuelle»… Sept jeunes trisomiques ont donc décidé de saisir le Conseil d'État pour s'entendre dire sans restriction, ni condescendance qu'ils sont des citoyens à part entière.

Si j'étais le CSA, je me préoccuperais plutôt des vidéo-clips des gangsta' rap qui envahissent les chaînes musicales que regardent nos jeunes. J'avoue que la manière dont des pseudo caïds de cités, idéalisés, invectivent des flics ridiculisés, entourés de créatures ravalées à l'état de marchandises, ne m'inspire pas une adhésion spontanée.
N'était-ce pas François Mitterrand qui, évoquant la Haute Autorité de l'audiovisuel, déclarait que le respect pour les institutions devait se mériter ?
 
 

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mardi 30 septembre 2014 2 30 /09 /Sep /2014 10:04

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/09/29/31003-20140929ARTFIG00283-le-plaidoyer-de-goldnadel-ne-nous-interdisons-pas-d-interroger-l-islam.php

Le plaidoyer de Goldnadel:

L'islam radical, les amalgames et nous

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Le polémiste plaide contre les amalgames, sans toutefois écarter les questions taboues sur les responsabilités de l'islam radical et de l'Occident dans la fabrication des djihadistes.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


Comment écrire, sans craindre le scandale, à propos des ravages de l'islam radical ?
Et pourtant il le faut. Et savoir dire non.
Non, les mahométans de France ne sont pas coupables. Et en réalité, nul ne penserait, ni même ne songerait à regarder de biais notre voisin musulman si le discours obsédant sur le risque de l'amalgame n'y ramenait constamment.

Que je sache, il n'est pas un parti, fusse le plus extrême, qui ait eut la funeste idée d'incriminer le moindre musulman de France, fusse le plus radical, dans le crime que l'on sait, contre «un sale français».
Pas un seul rassemblement de quelques individus aveuglés de colère à l'encontre de concitoyens d'un culte dont se réclament les assassins.

Peut-être aurait-on pu l'acter au crédit de ce peuple de France que certains ont tant fait pour le taxer d'intolérance.
Non, le risque de l'amalgame, pour l'heure illusoire, ne saurait prendre le pas sur celui plus réel qu'encourent, physiquement, tous les Français de France, sans discrimination.
Non, les musulmans de France, pas plus qu'ils sont coupables, ne sont des victimes. Ce ne sont pas leurs enfants que l'on poursuit dans leurs écoles, pour les assassiner. Pas de manifestations monstres pour les invectiver. Et pas de magasins que l'on veuille piller.

Non, ceux des musulmans de France qui sont descendus dans la rue ne se sont pas excusés d'être ce qu'ils sont, mais ont osé, enfin, dire non à qui tue en leur nom.
Avouons malheureusement qu'ils étaient moins nombreux que lorsqu'il s'agissait cet été d'invectiver une autre nation.

Non, l'obsession du risque de l'amalgame ne saurait interdire à la société française, dévastée depuis 68 par un dénigrement critique abrasif, de questionner à son tour la société islamique et son importation dans les cités françaises.

Une islamophilie extatique («l'islam, religion de paix et d'amour») n'a pas plus de sens qu'une islamomophobie sans discernement (le Coran criminogène par essence).
La dignité des femmes, le sort des homosexuels, un antisémitisme foncier, un anti-christianisme meurtrier, l'application de la charia, la liberté de penser, une création scientifique interrompue depuis le XVe siècle, ne doivent plus être questions taboues.

Convenons que jusqu'à présent, sous couvert de lutte contre la xénophobie, nos féministes, anti-homophobes, et autres antiracistes autoproclamées sont demeurées d'une grande placidité.
Critiquer n'est pas stigmatiser, et certains musulmans ne sont pas les derniers.
Avant Vatican II, ce n'était pas calomnier les catholiques que d'espérer un aggiornamento.
Non, si l'on veut savoir où demeurent les responsables de la détestation des «sales occidentaux», la faute principale n'habite pas que l'Orient.

Un ancien otage, Pierre Torrés, a commis un article dans le Monde dans lequel il dédouanait Mehdi Nemmouche de toute tradition islamique pour en faire «un pur produit occidental».
Voilà quelqu'un qui devenait plus facile à haïr.

Pour faire bonne mesure, Nemmouche, auteur de la tuerie contre le musée juif de Bruxelles, et tortionnaire des otages en Syrie, n'était haïssable qu'à demi, lui-même «victime» de l'Occident honni.
Olivier Besancenot, invité vendredi dernier sur un plateau télé pour réagir à la décapitation du malheureux Français appelait «à la retenue». Un mot rare dans sa bouche, et dont j'ignorais même qu'il connaissait le sens. Une retenue dont il n'use qu'avec retenue lorsqu'il invective l'impérialisme américain.

Edwy Plenel, le même jour sur France Culture, dans un éditorial intitulé «Bourrage de crâne», s'indignait du terme de «barbares», que la presse employait pour caractériser les assassins.
Le même, dans un livre intitulé «Pour les musulmans» et qui veut faire écho à un «pour les juifs» de Zola, excommunie Finkielkraut pour avoir osé dire «il y a un problème de l'islam en France».
L'ouvrage est dédié à Edgar Morin. Celui qui écrivit, lorsqu'Edwy Plenel dirigeait Le Monde: un «les juifs prennent plaisir à humilier les palestiniens» autrement plus générique et stigmatisant.

Ce sont des exemples de ce qui s'est écrit il n'y a pas trois jours. Je n'aurais pas assez de trois volumes pour consigner ce que 30 ans de détestation systématique de l'Occident «raciste» et de xénophilie bêtifiante ont pu imprimer dans l'inconscient collectif intoxiqué.

Non, Pierre Torrés n'a pas tort de déceler de l'occidentalisme chez Nemmouche.
Le djihadiste, moderne et rétrograde, est un monstre hybride et bicéphale. La détestation de l'Occident lui a été inoculée dans les laboratoires de l'extrême-gauche occidentale.
C'est sur la Toile arachnéenne électronique qu'on lui a révélé les complots qui se trament.
Les imams qui lui ont enseigné la lecture littérale du message sacré sont entrés sans frapper dans les cités françaises.

Les frustrations des attardés du Levant, comme les fantasmes des fatigués du Couchant, ont aiguisé à deux la lame des méchants.

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mardi 23 septembre 2014 2 23 /09 /Sep /2014 10:32

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

 http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/09/22/31001-20140922ARTFIG00290-le-requisitoire-de-goldnadel-non-monsieur-macron-ne-vous-excusez-pas-de-dire-la-verite.php

Le réquisitoire de Goldnadel:

Non, monsieur Macron, ne vous excusez pas de dire la vérité

Publié le 22/09/2014


FIGAROVOX/CHRONIQUE - Pour le polémiste Gilles-William Goldnadel, les excuses d'Emmanuel Macron - qui a été critiqué après avoir qualifié les salariés de Gad «d'illettrés» - symbolisent la victoire du politiquement correct sur certaines réalités dérangeantes.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.
 
Faut-il que le personnel politique soit si peu sûr de sa dignité pour se laisser aller à s'excuser lorsqu'il lui arrive de dire la vérité ?

Ainsi M. Macron a demandé pardon. Tout a été dit, et plutôt bien, de Mme Polony à Mme Saint Cricq, sur le fait qu'il avait dit le vrai. Que d'autres l'avaient dit avant lui sans ennuis, à commencer par M. Sapin qui n'a pas le grand tort de sortir d'une grande banque. Que dire de quelqu'un qu'il est un illettré n'est pas le traiter de pauvre analphabète. N'en déplaise à la CGT, certaines dames de chez Gad manquent parfois de lettres, au point de devoir baliser leur usine d'un parcours fléché.
Elles ne sont pas en cause, mais bien la société.

Mes deux grands-mères ignoraient l'ABC, elles n'en tiraient ni honte ni vanité. Cela ne les empêchait pas de savoir bien penser. Le grand Gandhi lui-même disait de sa mère qu'elle «était illettrée mais qu'elle était fort sage».

Je n'en dirai pas autant de cet étrange monde politique, réduit à s'excuser d'avoir parlé dru mais vrai, mais qui, pour rien au monde regretterait d'avoir proféré des contre-vérités.
Pour un Macron repentant à mauvais escient, combien de Thévenoud alléguant des pathologies administratives ou de Taubira galéjant avec aplomb sur leurs diplômes ?

Personnel politique obligé, par faiblesse, de s'excuser d'exister, de satisfaire le moloch populaire d'une humiliation publique insincère pour pouvoir jouir de son content de domination dans la sphère privée.
Étrange monde médiatique aussi, qui brocarde l'homme politique et sa langue de bois pour le taxer aussitôt de maladresse lorsqu'il parle plus droit.

Un monde journalistique, moins prompt d'aller à Canossa, même lorsqu'il y a matière à se faire moins fier. Ainsi me revient ce courrier éclairant de Maurice Szafran, ancien responsable vétilleux de «Marianne» adressé à mon client Robert Ménard, qu'il avait diffamé (1):

«Sur le fond, Robert, tu as raison, mais tu sais bien que par tradition, la presse ne s'excuse pas»
Comment mieux illustrer cette supériorité induite d'un pouvoir sur un autre ? Comment mieux expliquer la soumission, l'assujettissement, la subjugation du premier par le second ?

Il est vrai que la fausse repentance est souvent bien utile pour faire taire le vrai bruit.
Ainsi, il y a une décennie, le PDG français d'une entreprise fabriquant un soda gazéifiée américain à base de cola se précipita pour implorer pardon lorsque des lycéennes d'une cité du Nord se plaignirent d'intoxications à cause du breuvage. La polémique fit psshiit. Quelques jours plus tard, on apprit que l'intoxication tenait de la suggestion.
Qu'importe, l'opinion intoxiquée avait obtenu sa ration d'humiliation injustifiée.

Par souci d'efficace insincérité, je vais donc m'excuser de dire mes vérités, dans le but que celles-ci soient moins mauvaises à lire:

 
Je demande pardon d'affirmer que les syndicats français à l'idéologie bêtifiante sont les premiers responsables de la faillite française.

Je demande pardon d'écrire qu'il ne faut pas compter sur ceux de l'Education Nationale pour faire des lettrés.

Je demande pardon d'avoir considéré que la théorie du genre existe, puisque tel est le cas.

Je demande pardon d'être mâle naturellement, blanc sans rougir, hétérosexuel gaiement, juif aimant la Judée, français aimant la France.

Je demande pardon d'avoir colporté qu'une justice qui veut du bien au criminel veut du mal à ses victimes.

Je demande pardon à la présidente du Syndicat de la Magistrature de ne pas avoir rêvé de l'épingler sur le mur de ma chambre.

Je demande pardon de m'être emporté en apprenant que la justice française avait relaxé les Femen tout en condamnant à de la prison ferme les profanateurs d'une mosquée.

Je demande pardon de penser que l'immigration incontrôlée et mal intégrée est une malchance pour la France.

Je demande pardon d'écrire que le millier de djihadistes prétendument français en est le signe le plus effrayant, et que de ne pas oser se l'avouer l'est mille fois plus encore.

Je demande pardon d'avoir suggéré que l'antiracisme de pacotille et l'islamo-gauchisme sont les premiers fourriers de l'irrésistible progrès du racisme et du terrorisme.

Je demande pardon d'avoir répété que le mariage du socialisme avec le communisme et le gauchisme est une obscénité.

Je demande pardon de considérer que la médiacratie est une médiocratie qui pervertit la démocratie.

Je demande pardon d'avoir suggéré que le fait que la mainmise de l'idéologie gauchisante sur le service public de l'information ne soit pas scandaleuse relevait du scandale.

Je demande pardon de penser effrontément, comme ces «80 % de sympathisants de droite» consultés qui attendent de leur parti un positionnement «au moins aussi à droite», conformément à une ligne dont je n'ose dire le nom.

Je demande pardon de recommander à celui qui prétend à nouveau présider d'écouter ces Français et non ceux qui espèrent de ne pas le rester.

Je demande pardon d'être anaphorique maintenant que son successeur n'a plus rien d'euphorique.


Par GOLDNADEL Gilles William
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Lundi 15 septembre 2014 1 15 /09 /Sep /2014 16:54

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http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/09/15/31001-20140915ARTFIG00221-le-plaidoyer-de-goldnadel-onfray-et-la-betise-de-la-gauche.php

Le plaidoyer de Goldnadel: Onfray et la bêtise de la gauche

Publié le 15/09/2014

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Après avoir 
ironisé sur l'enseignement de la théorie du genre à l'école, Michel Onfray a essuyé une salve de critiques. Gilles-William Goldnadel y voit la marque des obsessions chroniques de la gauche morale.

 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.
 
Je suis furieux contre Joséphine. Cette ancienne militante socialiste a publié chez Plon «Une bêtise de la gauche» que j'avais promise pour la fin de l'année à un autre éditeur. Tant pis pour moi. Tant mieux pour nous. J'aurais passé beaucoup de temps et usé beaucoup d'encre à écrire ici et là que plutôt qu'insulter la gauche de ce pays, il fallait la moquer en lui visant la tête.
Il n'est plus nécessaire de la toucher au cœur depuis que la morale de la gauche du même nom a explosé en vols, rapines et impostures.
Lui reste le cerveau qu'elle voudrait préserver au moyen des médias qui lui sont réservés.
Las, Joséphine décrit sans fard ses camarades d'autrefois, hier encore flambants, qui rasent, penauds, les murs.


C'est vrai qu'ils sont rasants, ceux qui rasaient gratis. Il fut un temps, pas si vieux que cela, d'avant Léonarda, où pour briller en ville ou auprès de ces dames, rien ne valait mieux que de porter à gauche.
Je me souviens d'un ami aujourd'hui mon confrère, en veine de confidences sur les bancs de la fac, me confiant en riant qu'il avait décidé de se faire progressiste, rien que pour mieux progresser dedans le cœur des belles.
Je ne recommanderais pas aux jeunes Bel-Ami et autres Rastignac d'user des mêmes recettes, aujourd'hui éculées.

Qu'on ne se méprenne pas: je ne veux pas prétendre que la gauche est stupide et ma droite, géniale. Il fut un temps où la droite bornée incarnait la bêtise et la méchanceté. Et la gauche française a tout lieu de regretter Zola, Clémenceau et même Léon Blum.
C'était avant qu'elle soit contaminée, fascinée, complexée, intoxiquée par la gauche des extrêmes, marxiste, léniniste, communiste, trotskiste ou soi-disant écologiste.

Point n'est besoin, pour établir la bêtise de gauche, d'aller chercher bien loin les preuves qui l'attestent.
Je pourrais certes convoquer en justice la loi de Mme Taubira qui s'en remet désormais, la prison obsolète sauf pour ses opposants, à des fonctionnaires qui n'existent pas pour remettre dans le droit chemin des délinquants condamnés à des peines inexistantes. On peut prévoir à l'avance les effets d'une telle politique sur les délinquants goguenards et leurs victimes.

Sans être devin, ni expert immobilier, il était tout aussi facile de prévoir (et je l'avais prévu dans d'autres colonnes) les effets de la loi de Mme Duflot sur le marché du logement.
Vouloir opposer idéologiquement, dans un jeu de rôle stupide, propriétaires vautours à des locataires-proies, ne pouvait, mécaniquement, que raréfier l'offre de logements anciens, comme anémier la construction de nouveaux habitats.

A fortiori pour qui savait que les propriétaires impayés avaient déjà toutes les peines du monde à faire exécuter les locataires atteints de phobies administratives.

C'est, au surplus, dans ce cadre existant, et alors même que les tribunaux civils sont déjà paralysés, que Mme Duflot a eu l'excellente idée de prévoir leur saisine aux fins de contestation du loyer accepté…
Le mot stupidité n'est pas trop mal trouvé.
Mais c'est déjà trop loin. Pour prouver la bêtise gauchisante, chaque jour nous apporte son comptant d'évidences.
Ainsi, jeudi dernier, la lecture gratuite de «20 minutes» nous apprend qu'un préfet a décidé de reloger dans le parc réservé, une famille expulsée par arrêt de justice pour avoir manqué au respect de la tranquillité. Ladite famille avait toléré un trafic de drogue à l'intérieur du logement HLM, pratiqué par un enfant majeur, depuis condamné. Pour faire bonne mesure, le jugement d'expulsion n'a pas été exécuté. Il faut dire que pour arriver à ces dénis de justice et d'autorité étatique, l'extrême gauche de Boulogne sur Seine n'aura pas ménagé les pétitions indignées.

Pendant ce temps, les familles honnêtes et nécessiteuses, éligibles pour obtenir un logement au loyer modéré, devront patienter.
Qui fait la bête, ne fait pas toujours l'ange.

Je me garderais bien, révérence oblige, de ranger le quotidien du soir dans la catégorie aujourd'hui étudiée, mais j'avoue que le dernier article publié à propos de Michel Onfray me laisse un peu douter.
Dans la rubrique des «Décodeurs», l'homme se situant pourtant à gauche, y est taxé samedi «de philosophe de comptoir» pour avoir osé dire vendredi au micro de France Inter que la théorie du genre ne devait pas être enseignée à l'école publique, qui serait mieux inspirée d'apprendre à lire et à compter.

Horreur et damnation. Il est vrai qu'Onfray s'est permis de remettre en question l'un des nouveaux dogmes de la gauche qui se pense toujours intelligente. Ici même, dans une précédente chronique, j'ai cité ad nauseam les déclarations de la nouvelle ministre de l'éducation nationale se réclamant de la théorie du genre, comme les nombreuses citations des ABCD, à l'en-tête du ministère précité, qui reprennent expressément les théories sur une différence sexuée qui n'existerait que culturellement et non dans la nature.

Je ne suis pas loin de parier qu'Onfray va réfléchir à sa localisation géopolitique. Il mérite mieux.
Et que penser enfin, dans un autre domaine, de cette ancienne militante antiapartheid, et toujours féministe qui se répandait vendredi sur les ondes radiophoniques d'une antenne étatique pour dire tout le mal qu'elle pensait de la décision de la justice sud-africaine acquittant Oscar Pistorius de l'accusation d'assassinat sur son ancienne compagne. Cette dame y a vu une double offense faite aux femmes et aux Noirs. Je ne connais pas le dossier, mais je sais que la victime était blanche et que la juge est Noire. Je sais aussi que l'Afrique du Sud est aujourd'hui gouvernée par sa majorité colorée. Je sais encore que l'ancien athlète a été convaincu d'homicide involontaire.

Je sais surtout que l'obsession de l'antiracisme a aujourd'hui remplacé à gauche l'obsession de la race qu'une certaine extrême droite portait en étendard.

Il n'est pas interdit d'y voir, sinon la marque de la nouvelle bête immonde, au moins le signe de la bêtise sinistre.

Par GOLDNADEL Gilles William
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Lundi 8 septembre 2014 1 08 /09 /Sep /2014 15:03

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/09/08/31001-20140908ARTFIG00150-le-requisitoire-de-goldnadel-valerie-trierweiler-ou-les-effets-pervers-de-la-transparence.php



Le réquisitoire de Goldnadel :
Valérie Trierweiler ou les effets pervers de la transparence


Publié le 08/09/2014

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Pour le polémiste Gilles-William Goldnadel, le scandale déclenché par la parution du livre de l'ancienne compagne de François Hollande n'est que le résultat de la transparence appliquée en politique.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Dussé-je décevoir certains amis lecteurs, qu'ils ne comptent pas sur moi pour tirer parti du livre d'une ancienne maîtresse, écrit pour accabler son compagnon d'hier.

J'ai beau avoir la dent assez incisive contre Monsieur Hollande, je ne l'accrocherai pas à des crocs de boucher sur la base de ragots.
Je ne me laisse pas conter de règlement de comptes et ne fait pas crédit à l'amant éconduit.
Je sais la cause perdue -ce sont celles que j'aime- mais tient trop à cette frontière entre la vie ouverte et celle qui est fermée, pour faillir à la règle par opportunité.

Je sais bien, d'autre part, comment et vous et moi, nous nous laissons aller dans notre intimité à plaisanter sans du tout mal penser, pour ne pas en tenir une mauvaise rigueur, fusse à des adversaires.
Lorsqu'ici même, je prenais la défense de Sarkozy et de son avocat, leurs confidences malignement captées, divulguées, raillées à l'infini avec une fausse indignation mais une jubilation vraie, je fus taxé de partisan par de petits esprits.
Je m'insurgeais alors contre les conclusions tirées de la formule «sur ces bâtards de juges», qu'un robin plaisantin peut oser auprès de son client.

Que mon lecteur à droite m'autorise même licence à l'égard des propos prêtés au premier des Français sans y voir une soudaine faiblesse pour la gauche au pouvoir.
Je ne veux pas savoir, et j'aurais même aimé ne pas en discourir, si François Hollande a parlé des «sans dents» et comment il l'aurait fait.

Et j'aurais souhaité un président de plus de caractère qui n'aurait répondu que par son seul mépris.
Je laisse les imposteurs qui se prétendent les représentants de la société des édentés en tirer le plus mauvais parti.
Il m'aura suffi de constater que le candidat Hollande a menti comme un arracheur de dents dans ses promesses aux humbles, pour me faire une idée d'un magistère bientôt calamiteux.
Peu me chaut de savoir s'il aime les pauvres, s'il déteste les riches, car ni la politique, ni la justice ne sont affaires d'amour.
Je savais simplement que ni lui ni son parti ne feraient l'affaire et des uns et des autres.
Reste à savoir pourquoi une majorité, peut-être masochiste, a fait semblant d'y croire, rien que pour le plaisir de s'en plaindre aujourd'hui.

Mais il y a plus grave, qui fait que je ne veux rien savoir de déballages intimes et invérifiables propagés à l'envi.
Le mal dont souffre la France tire un poison mortel dans ce principe de transparence morale qui fait qu'un journaliste là, un éditeur ici ou un juge demain aille jusque dans les latrines pour puiser le venin.

Ce mal court à grand bruit, il grandit et s'étend électroniquement sur tous les réseaux que l'on dit sociaux, quand un peuple déifié, soudainement intronisé arbitre des inélégances, et presque schizophrène, se fait à la fois et procureur aveugle et voyeur indécent
En ce domaine, la gauche, comme toujours, aura été à la pointe d'une intransigeante modernité venue d'outre-Atlantique.
Et aujourd'hui encore, c'est Médiapart, pionnier en ce domaine, qui prend la défense de l'œuvre de plume de la femme offensée, au nom de toutes les femmes pareillement insultées.

Allant même plus loin, François Hollande y est peint comme sourd aux souffrances et des femmes… et des palestiniens…
Quant au Monde, «Merci pour ce moment», y est présenté comme «événement littéraire». Rien de moins.
Cette transparence morale célébrée, chérie, défendue, se doit de s'exercer dans tous les domaines: financiers, idéologiques, professionnels ou privés.
Il est vrai que la gauche si gentille, si moderne et si intelligente ne veut plus de frontières, ni murs, ni barrières, ou limites.
Ni entre les peuples, ni entre les individus, ni même entre les sexes.
Il n'est plus de secret d'État qui soit respectable: du fugitif Snowden au claquemuré Assange, en passant par Manning, le déséquilibré, tous font figure de héros sanctifiés.

Gare à celui qui se hasardera à une mauvaise plaisanterie sur l'origine ou le sexe, une boutade grivoise, ou une confidence distraite à proximité d'un micro baladeur indiscret.
Les expressions «confidentiel», «blague», «privé» deviennent des gros mots.
Que vive la transparence intègre et intégrale! Et tant pis si la gauche morale fait encore les frais de ses écarts abyssaux entre discours théorique et comportement pratique: du premier des Français, à Dominique Strauss-Kahn vendu par Marcela Iacub, via le Nouvel Observateur, au nom de la liberté de création artistique absolue.

Jusqu'à une comète ministérielle nommée Thévenout, disciple de Cahuzac, pourfendeur tout le jour de la fraude fiscale, mais s'endormant la nuit sur ses déclarations.
Il était un bon temps au royaume de France ou nul n'était inquiété pour des histoires de fesses ou des histoires drôles racontées à bas bruit.

Il y a beau temps. C'était avant que triomphe l'empire du bien et de la bienséance. Il aura fallu pour cela que l'Amérique médiatique, hypocrite et puritaine et la gauche moderne prude le lundi mais catin le mardi, conjuguant leurs efforts, s'occupent de notre bonheur d'être informé de tout.

Gilles William Goldnadel ©
 

Par GOLDNADEL Gilles William
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Vendredi 5 septembre 2014 5 05 /09 /Sep /2014 10:36

 

Interview de Gilles William Goldnadel paru dans Causeur n°16 – septembre 2014
Propos recueillis par Daoud Boughezala



Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Il préside les associations Avocats sans frontières et France-Israël.
Dernier ouvrage publié : Le vieil homme m’indigne !(Jean-Claude Gawsewitch, 2012).


Gilles William Goldnadel : «  Sur Israël, Valls dit des choses que Sarkozy n’a jamais osé dire ».

Le président de l’association France-Israël refuse de voir un antisémite derrière chaque antisioniste. Mais il s’étonne de l’aveuglement de ses compatriotes face aux responsabilités de l’irrédentisme palestinien dans l’enlisement du processus de paix. De l’extrême gauche aux islamistes, trop de pro-palestiniens absolvent la folie meurtrière du Hamas pour mieux diaboliser l’État juif.

Causeur : Jusqu’au sommet de l’État, nos politiques déplorent l’importation du conflit israélo-palestinien en France. Mais, après tout, de même qu’une majorité de juifs français semble soutenir Israël, est-il anormal que les immigrés arabo-musulmans se sentent solidaires des Palestiniens de Gaza ?

Gilles-William Goldnadel : Non, ça ne me paraît pas inouï. En tant que défenseur de l’identité, je ne dénie à personne le droit d’avoir sa part de tribalité sur le conflit israélo-palestinien. Là où le bât blesse, c’est lorsqu’on fait parler le cocktail Molotov et qu’on glisse du conflit israélo-arabe à l’antisémitisme pur et simple.
De manière un peu controuvée, François Hollande a d’ailleurs parlé d’« importation du conflit » après les violences. Or, celles-ci émanaient essentiellement du camp arabo-islamique.

Beaucoup de jeunes manifestantes de Barbès et de République arboraient des keffiehs palestiniens plutôt qu’un voile. Les islamistes n’ont apparemment pas la mainmise sur ce mouvement.
Dans ce bouillon de culture, ou plutôt d’inculture, on voit de tout : des voyous, des barbus islamistes, des femmes voilées, des Beurs acculturés ainsi que des « Français de souche » biberonnés à un antiracisme sélectif. Au milieu de ce magma en fusion, émerge une sorte d’islamo-gauchisme : l’antisionisme radical d’une part non négligeable de la communauté musulmane se fait cornaquer par les gauchistes qui tiennent le pavé à Paris.
En réalité, les gauchistes sont désormais les idiots utiles des islamistes. Comme lors du procès Garaudy, lorsque je croisais le fer avec Vergès, se constitue une alliance rouge-vert-brun où l’extrême droite la plus obsessionnellement antisémite se joint à la gauche extrême. Il peut sembler paradoxal que les plus nationalistes donnent la main aux internationalistes, mais l’antisémitisme réconcilie tous ces gens.

On croirait entendre Manuel Valls !
Ces derniers mois, Valls aura dit des choses que Sarkozy n’a jamais osé dire. Il a osé critiquer les Verts qui se sont rendus dans des manifestations pavoisées des drapeaux d’organisations terroristes comme le Hamas, le Hezbollah ou même le califat islamique, et où certains criaient « Mort aux juifs ! ». Reste à la gauche modérée à en tirer enfin les conclusions en renonçant à faire alliance avec ces gens-là, sauf à trahir les rares principes qui lui restent, d’autant plus qu’elle continue à vouloir faire la leçon à la droite pour son alliance imaginaire avec une Marine Le Pen autrement plus calme sur la question que l’extrême gauche.

Si, à la gauche de la gauche, l’antisionisme est un dogme indiscuté, tous les anti-Israéliens virulents ne basculent pas dans l’antisémitisme. À trop traquer le paravent antisioniste du nouvel antisémitisme, ne diabolisez-vous pas toute critique d’Israël ?
On peut évidemment être anti-israélien sans être antisémite. On peut être stupide, ignorant, iconoclaste, provocateur, salaud… L’antisémitisme n’est pas le seul et unique paramètre de l’abjection humaine. On peut être aussi anti-israélien et antisémite, et ça même peut aider. Vous ne trouverez pas sous ma plume une ligne où je traite quelqu’un d’antisémite sous le prétexte qu’il a critiqué Israël; cela ne me viendrait même pas à l’idée ! Du reste, Israël est le pays le plus critiqué au monde, y compris chez certains juifs, qui posent en s’opposant.
À l’instar des nouveaux judéophobes, certains soutiens inconditionnels d’Israël n’en amalgament pas moins judaïsme et sionisme. Lorsqu’il organise des manifestations et des galas de soutien à l’État hébreu, le CRIF ne sort-il pas de son rôle ?
La défense de l’existence de l’État d’Israël est inscrite dans les statuts du CRIF. Je vous mentirais en vous disant que cela me choque. Que cela plaise ou non, Israël, c’est l’État juif. Comme l’a fait remarquer Alain Finkielkraut, qui n’a jamais ménagé les gouvernements israéliens, il faudrait renier Israël pour trouver grâce aux yeux des contempteurs de l’État juif. Or, par une sorte de ruse de l’Histoire, le principal ciment aujourd’hui entre les juifs, ce qui les fait vibrer pour Israël, accomplir leur alya et renforcer le sionisme, c’est la critique et le dénigrement obsessionnel d’Israël ! Je prétends que ce qui fait partir nombre de juifs de France, c’est moins la peur de la violence islamiste que la capitulation en rase campagne des prétendues élites qui n’arrivent pas à détester totalement ceux qui détestent Israël.

De même que son soutien inconditionnel à Israël, l’institutionnalisation du dîner du CRIF, auquel sont conviés ministres et chefs de l’opposition, peut accréditer le fantasme d’un lobby juif tout-puissant…
Je ne suis pas allé au dernier dîner du CRIF, parce que je me reconnais de moins en moins dans son action. De la même manière, je déteste les mondanités autour de la Shoah, que je considère comme indécentes et contre-productives. Cela dit, alors que les politiques font également la cour à la communauté musulmane, ce n’est que lorsqu’il s’agit des juifs et d’Israël que l’esprit critique se manifeste.

Que répondez-vous à ceux qui s’inquiètent d’une possible défrancisation des juifs de France, de plus en plus identifiés à l’État d’Israël ?
Je crois qu’on ne peut pas séparer l’histoire récente de la communauté juive française du destin d’Israël. Avant la guerre des Six-Jours, ce n’était pas très gratifiant d’être « israélite ». Les juifs étaient perçus faussement comme un peuple un peu veule, ils n’assumaient pas toujours leur identité. À partir de 1967, on est passé d’un excès à l’autre, lorsqu’Israël a vaincu toutes les armées arabes coalisées. La communauté juive a recouvré sa fierté. Les prouesses scientifiques, industrielles, culturelles ont fait le reste. C’est quelque chose d’impalpable. De l’ordre de la dette. Cette franchise n’empêche pas la francité. Je ne connais pas beaucoup d’autres communautés aussi anciennes, aussi loyales et aussi intégrées.

Cette fierté retrouvée se mue parfois en susceptibilité à fleur de peau. Après la guerre des Six-Jours, lorsque De Gaulle avait critiqué Israël en évoquant un « peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur », le CRIF de l’époque ne s’en était pas ému outre mesure. Imaginez le tollé que de tels propos provoqueraient aujourd’hui !
Non, je vous assure que le CRIF et d’autres organisations s’étaient alors indignées contre le parti pris pro-arabe du général De Gaulle, et encore davantage après que celui-ci eut parlé d’un « peuple sûr de lui-même et dominateur ». À l’époque, les États, à commencer par la France, étaient anti-israéliens par realpolitik, notamment afin de ne pas s’aliéner le pouvoir pétrolier arabe, mais les médias protestaient contre ce mercantilisme.
Les choses se sont aujourd’hui inversées: après l’agression du Hamas, les gouvernements occidentaux, inquiets de la montée de l’islamisme, ont affiché des positions plutôt convenables à l’égard d’Israël, tandis que la majorité des médias, influencés par une idéologie sommairement gauchisante, ont au contraire diabolisé l’État hébreu. Prenons un exemple: j’ai lu cet après-midi un merveilleux article d’un intellectuel arabe qui disait tout le mal qu’il pense du Hamas. Ce type-là, rare critique dans son propre camp, n’a aucune chance d’être interviewé par Le Monde, alors que tous les professeurs d’université israéliens qui critiquent leur gouvernement, comme Gideon Levy, de Haaretz, ou Zeev Sternhell, y ont table ouverte. Un peu comme si on ne demandait leur avis sur la politique étrangère de la France qu’à Besancenot et Duflot.

Là où vous dénoncez un acharnement anti-israélien, les opposants à l’offensive de Tsahal dans la bande de Gaza parlent de « carnage », ou à tout le moins de « disproportion » dans la riposte. Il y a bel et bien un rapport de un à dix dans le nombre de morts…
Nous vivons un drame, et la guerre asymétrique est un drame disproportionné. Mais il y a encore plus dramatique que la guerre, c’est l’abandon. Les pacifistes sont les premiers fossoyeurs des grands cimetières sous la lune. Je pense à cet abruti de Bertrand Russell qui, en 1937, prônait le désarmement unilatéral de la Grande-Bretagne contre Hitler, et disait: « Si jamais les nazis envahissent l’Angleterre, il ne faudra même pas se défendre, et lorsque les soldats allemands verront la grandeur de la civilisation britannique, ils mettront l’arme au pied. » Aujourd’hui, une cohorte de Bertrand Russell induit en erreur une jeunesse européenne qui n’a pas conscience de ce que peut être une guerre cruelle en face d’islamistes. Si je n’étais pas juif, il me plaît à penser que je prendrais parti pour un État démocratique agressé par une organisation terroriste, islamiste et antisémite, qui cherche à tuer les enfants des autres et à faire tuer les siens.

Il se dit que l’Autorité palestinienne tente de faire pression sur le Hamas pour lui faire reconnaître Israël. Ne risque-t-on pas de regretter le Hamas dans quelques années, sachant que des groupes salafistes incontrôlés essaiment dans les territoires occupés ?
Cela fait vingt ans que l’on essaye de me vendre le mythe d’un Hamas reconnaissant Israël. Je ne vois pas comment on pourrait changer les vues de ses responsables, qui ont beaucoup plus d’opiniâtreté idéologique, intellectuelle et religieuse que vous et moi. Le Hamas considère que pas un pouce de la terre musulmane, arabe et palestinienne ne peut être cédé. Ses membres pensent que les sionistes sont les voleurs de la terre arabe et musulmane, qu’il s’agisse d’Hébron, de Jaffa, ou de Haïfa. Le Hamas, lorsqu’il tue des Israéliens, laisse parfois des messages de ce style: « Nous avons goûté la chair des juifs et nous l’avons trouvée bonne. » Certains djihadistes sont peut-être plus gourmands, mais, pour la peau des Israéliens, cela ne fait guère de différence.

Ce choix entre la peste et le choléra islamistes découle aussi de l’affaiblissement de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas. En marginalisant les nationalistes palestiniens laïcs, notamment lors du désengagement unilatéral de Gaza en 2005, Israël n’a-t-il pas favorisé le Hamas ?
Sharon a décidé de quitter la bande de Gaza unilatéralement, parce qu’il n’arrivait pas à un compromis avec l’Autorité palestinienne. En 2005, après avoir évalué le rapport de force politique et militaire de l’époque, il a fait le pari que les Palestiniens utiliseraient Gaza comme base pour édifier un État défiant Israël sur les terrains économique, scientifique, culturel – pas militaire. Or, en 2007, le Hamas a pris Gaza par la force et a commencé à lancer des bordées de roquettes sur Israël. Le drame, c’est que le peuple arabe de Palestine est dans la surenchère permanente. Lorsque vous lisez les commentaires antisémites au sein du Fatah, vous avez du mal à faire la différence avec le Hamas ! Si nous avions le choix entre un Hamas extrémiste et une Autorité palestinienne vraiment disposée à des compromis, ce serait merveilleux, mais nous en sommes très loin.

D’éminents diplomates expliquent que le processus de paix s’est enlisé à cause de la poursuite de la colonisation israélienne…
Ce qui explique l’impasse des négociations, bien plus que le problème des implantations, c’est avant tout le refus arabe, toujours aussi constant, d’accepter une entité nationale non arabe et non musulmane sur ne serait-ce qu’une partie de la terre sacrée. Voilà pourquoi, plus de six décennies après le vote de partage de la Palestine entre deux États, arabe et juif, les premiers sont toujours autant arc-boutés sur leur refus de reconnaître Israël en tant qu’État du peuple juif. N’allez surtout pas croire que je ne reconnaisse pas la spécificité du peuple arabe de Palestine: je suis disposé à un compromis territorial, même douloureux, pourvu qu’il garantisse une paix définitive. C’est pourquoi j’avais applaudi aux accords d’Oslo. Mais je n’ai aucune estime pour les formes irrédentistes et mortifères que prend depuis toujours le nationalisme palestinien. J’ajoute que si je suis favorable à un compromis territorial définitif, je suis intransigeant sur la réciprocité, qui doit avoir valeur de test. Il faudra m’expliquer au nom de quoi on exige des Israéliens la reconnaissance du droit du peuple arabe de Palestine à un État indépendant et pourquoi l’inverse n’est pas exigé avec autant de fermeté lorsqu’il s’agit du peuple juif.

Il faut être deux pour faire la paix. Et rien n’indique que la frange la plus droitière du gouvernement israélien y soit disposée. Netanyahou ne craint-il pas de déclencher une guerre civile en acceptant des concessions territoriales ?                                 
Alors qu’il n’a aucune confiance dans ses actuels interlocuteurs, Netanyahou n’est en effet pas pressé d’engager une partie difficile contre les habitants des territoires, sur la base d’un accord boîteux. Cela étant, 90% du peuple israélien serait d’accord pour un sacrifice historique et douloureux, en contrepartie d’une paix et d’une sécurité définitives.
Certains semblent penser que Jérusalem a les cartes en main et qu’il suffirait de faire un effort pour arriver à la paix. Mais Shimon Peres, Ehoud Barak et Ehoud Olmert ont fait des efforts considérables sans rien obtenir en échange sinon la terreur. Vingt ans après Oslo, nous sommes encore dans la même situation. Et celle-ci est invraisemblablement plus complexe qu’on voudrait le faire croire en France. De mon point de vue, il n’y aura pas de paix tant que les Palestiniens plébisciteront ceux qui portent le plus de coups à Israël. Dès 1962, le président tunisien Habib Bourguiba l’avait remarqué: « Les dirigeants arabes enflamment les foules avec leurs slogans belliqueux, et ensuite ils s’étonnent de ne pouvoir éteindre l’incendie. »
 

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mardi 2 septembre 2014 2 02 /09 /Sep /2014 02:31

 

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/


http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/09/01/31001-20140901ARTFIG00214-le-requisitoire-de-goldnadel-l-echec-tragique-de-la-gauche-morale.php

01/09/14


Le réquisitoire de Goldnadel: L'échec tragique de la gauche morale


FIGAROVOX/CHRONIQUE - Pour Gilles-William Goldnadel, la gauche morale a perdu tout son crédit. Les différents événements d'un été tragique rendent désormais impossible l'union de la gauche et de l'extrême-gauche.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

 
Hier soir, j'ai fait un mauvais rêve. C'était la rentrée.

Mme Taubira, que je pensais à la retraite, à vélo sur la colonne Vendôme, m'expliquait que la prison ne servait à rien.
Sauf, notable exception, concernant les délinquants non-violents, les manifestants contre le mariage unisexe, ainsi qu'une femme qui l'avait insultée jusqu'en Guyane.
Alors que j'essayais d'argumenter, je me retrouvais collé au mur d'un syndicat de la magistrature.

Mme Vallaud-Belkacem, dans ma classe maternelle de l'école publique, m'infligeait la lecture d'un abécédaire à l'envers tout en se gargarisant de pauvres poncifs, slogans creux et mantras extatiques sur le vivre ensemble et le nous inclusif et solidaire.
Comme si rien ne s'était passé, de petits commissaires politiques antiracistes de SOS PS, préposés à la vigilance antifasciste, traquaient à nouveau avec jubilation les fortes têtes identitaires.

L'un deux clouait au pilori médiatique l'auteur d'une insolence contre l'immigration incontrôlée en lui dessinant un Z noir sur sa poitrine velue.
Un autre, en rade à la Rochelle, tentait, à grands cris effrayants, de décrire l'enfer du thatchérisme et du national populisme qui guettaient la France et les Français.
Un quatrième et un cinquième me dressaient procès-verbal sous prétexte que j'aurais écrit dans le Figaro que la France appartenait à la civilisation judéo-chrétienne. J'aurais également employé l'expression «Français de souche». Je commençais, lâchement, par nier.

Puis, dans une fuite en avant héroïque, je m'égosillais, lyrique, à leur dire, que cette fois, ça ne marchait plus, que l'été 14 était passé par là.
Les manifestations de rue à Paris et à Sarcelles. Les cris de mort aux juifs. L'extrême gauche écologiste et communiste flanquée de quelques socialistes frondeurs au coude à coude avec les barbus, les voyous, les femmes voilées arborant les pavois du Hamas et du Hezbollah et les verts étendards du califat. Le déferlement islamiste sur les chrétiens d'Irak et de Syrie. Sur les Kurdes et les Yazidis. La vente des femmes, leur viol. Les tortures, les conversions forcées, les décapitations de journaliste, les exécutions de masse. Je criais que l'islamo-gauchisme ne passerait pas ! Je hurlais dans un micro éteint.

Les petits commissaires, munis de porte-voix portant les couleurs rouges du service public, continuaient imperturbablement à expliquer aux passants que l'union de la gauche existait encore. Que ce qui rassemblait les gauches était plus fort que ce qui les séparait.
Montebourg faisait des grimaces derrière le dos de Valls. Mélenchon tirait une langue de belle-mère au président Hollande. Emmanuelli s'essayait à nouveau au doigt d'honneur suprême.

Je m'escrimais à répondre que l'union de la gauche avait explosé dans l'obscénité de ses alliances et que s'en était fini de l'ambiguïté existentielle d'un parti socialiste faisant le grand écart entre le libéralisme et le collectivisme, le patriotisme et l'internationalisme, le sécuritaire et le laxisme, le refus de tous les préjugés et l'antiracisme sélectif, le bourgeois éclairé et le bohème éthéré.

Je voyais même certains membres de l'opposition continuer, comme si de rien n'était, à marcher du même pas, sur les mêmes travées, d'un train de sénateur poitevin ou de député girondin, à vouloir gagner par défaut sur les sentiers battus.

Sans voir, ou en le refusant, la France et le monde sombrer dans la fureur. Et la France et le monde sans le moindre barreur. Sans voir, ou en le refusant, qu'un seul parti, toujours le même, continuait à s'affranchir, pour son seul profit, du tabou principal, de celui qui est dans toutes les pensées et dans les impensés.

De la question mère, qui gouverne et la sécurité et la prospérité. Et qui dit que l'identité n'est pas un pêché.


Mais je me suis réveillé en sursaut. Et les Français aussi. Alarmés par le principe de réalité.

Gauche morale n'est plus qu'un oxymore hilarant. Le parti socialiste va imploser et l'union de la gauche exploser. L'opposition démocratique, si elle veut s'imposer, ne laissera pas au Front National le monopole du refus de la dictature multiculturariste. Sauf à lui servir la victoire sur un plateau d'argent.

Quant aux petits commissaires politiques antiracistes, ils vont rejoindre bientôt leurs ancêtres de la tcheka et du comité de salut public dans les cloaques de la triste histoire du terrorisme intellectuel.

Et leurs victimes cesseront peut-être d'en faire des cauchemars.



Gilles William Goldnadel   ©

 

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mardi 26 août 2014 2 26 /08 /Août /2014 10:09

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/08/25/31003-20140825ARTFIG00278-le-requisitoire-de-goldnadel-benjamin-biolay-ou-l-indignation-selective.php

25/08/14

Le réquisitoire de Goldnadel: Benjamin Biolay ou l'indignation sélective


FIGAROVOX/CHRONIQUE - Benjamin Biolay a essuyé une vague de critiques en déclarant sur Twitter que le soutien aux Kurdes était «juste une mode». Malgré les excuses du chanteur, Gilles-William Goldnadel s'insurge contre l'indignation sélective des artistes de gauche.



Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

 
Un des tweets du chanteur Benjamin Biolay qui ont causé la polémique.


Cette semaine, je voudrais rendre grâce à Benjamin Biolay. Sa dernière sortie, qui a déclenché tant de commentaires affligés ou ironiques, me permettra d'esquisser quelques gammes et variations autour de l'insoutenable légèreté de l'être artistique contemporain.

Rappel des faits à ceux de mes lecteurs qui avaient certes mieux à faire en cette fin d'été que de prendre connaissance sur Twitter des derniers gazouillis de cet artiste bien à gauche: le 22 aout celui-ci invectivait des «pseudo-patriotes» favorables aux livraisons d'armes aux Kurdes pour sauver les chrétiens d'Irak en précisant que: «leur dénonciation de crimes contre l'humanité était une mode … et qu'ils étaient juste pathologiquement islamophobes».


À dire le vrai, et sur le coup de l'irritation, mon premier réflexe aura consisté à ranger cette pensée profonde dans le magasin des accessoires, costumes, et autres colifichets que les artistes de la gauche française (pardon pour le pléonasme) nous servent en permanence.

Je ne compte plus les articles que j'ai cru devoir consacrer aux fadaises, billevesées et coquecigrues de nos histrions incontinents. Quand ce n'est pas Bedos qui traite impunément de salope une femme politique, c'est Bertrand Cantat qui apporte sa caution morale à un José Bové, ravi dans son village.
Quand ce n'est pas Marion Cotillard qui refuse de croire au 11 septembre 2011, c'est Yannick Noah qui menace de quitter une France déjà quittée, en cas d'élection démocratique contraire à ses désirs.
Quand ce n'est pas Torreton qui couvre de fange Depardieu, c'est Olivier Py qui menace de saborder Avignon en cas de victoire du Front National, ce que les intermittents du spectacle ont fait bien mieux que lui.
Bien sûr, l'ironie avec laquelle je manie le bâton relève également de la comédie, car le sujet mériterait davantage de sérieux, tant il relève de la tragédie.

Voilà en effet des lustres qu'une caste de privilégiés, coupée des réalités, vivant dans et par le virtuel, d'une suffisance morale qui n'a d'égale que son insuffisance intellectuelle, a réussi à modeler de jeunes cerveaux malléables. Ils l'ont fait avec l'assistance empressée de médias faussement rebelles et authentiquement conformistes. Ils l'ont fait en profitant de l'emprise qu'ils exercent sur des esprits ouverts parce qu'empathiques et admiratifs. Un juriste politique chagrin appellerait cela abus de faiblesse, de confiance ou de fausse qualité.

Ils l'ont fait dans tous les domaines. Ils ont fait croire qu'ils étaient prêts à accueillir tous les sans-papiers du monde dans leurs dix-pièces-cuisine. Ils ont fait croire que l'immigration était une chance merveilleuse pour la France. Ils ont fait croire que l'armée et la police ne servaient qu'à opprimer jeunes et étrangers. Ils ont fait croire que les minorités ethniques ou sexuelles, forcément opprimées, avaient toujours raison. Ils ont fait croire que les substances illicites étaient légitimes. Ils ont fait croire que la France était un pays de beaufs racistes et que les immigrés y étaient maltraités. Ils ont fait croire que la famille était un concept médiocre et dépassé. Ils ont fait croire que la générosité, l'intelligence, la modernité et la tolérance habitaient toutes à gauche et qu'il n'y avait pas d'autre salut moral que d'y demeurer. Et ils se sont trompés sur tout.
Ils ont fait croire aux jeunes artistes qui n'y avaient pas de salut professionnel pour ceux qui oseraient habiter ailleurs. Et ils avaient raison.

Ayant à nouveau tout cela à l'esprit, je me suis repris et plaiderai donc l'indulgence pour Benjamin Biolay. Après tout, nous sommes plus dans un cadre réflexe pavlovien que dans la réflexion.
Vous avez dit livraison d'armes ? Voilà 30 ans que le pacifisme bêlant domine en maître la non-pensée artistique française. Prononcez les mots «paix, désarmement, déserteur» et nos artistes japperont. Dites «guerre, militaire, frontière, soldats casqués» et ils auront la bave aux lèvres.

Vous avez dit kurde ? Mais pourquoi voulez-vous que M. Benjamin Biolay ressente quelque considération pour un peuple kurde que le monde entier a oublié et trahi depuis un siècle ?
Qu'un peuple arabe du Proche-Orient qui menace de destruction l'État voisin se voit accordé le droit à un état, c'est l'évidence réflexe indiscutable. Mais que le peuple kurde, non arabe, pacifique, ait droit à son Etat en terre d'Orient, voilà qui est nouveau pour ceux qu'on a forcés à croire que cette terre ne pouvait être qu'arabe et d'islam.
Au demeurant, pourquoi morigéner un artiste de variétés, quand un journal du soir qui se veut sérieux et intelligent, lui aussi écrit le 18 aout dans un éditorial ses réticences à armer les kurdes, sous le prétexte imparable que cela déplairait aux Allemands et aux Turcs d'Allemagne ?

Vous avez dit chrétiens d'Orient ? Mais qui s'intéressait à leur souffrance il y a encore un an ?
Aux coptes d'Égypte ? Aux massacres du Soudan, du Nigéria ou de Syrie ?

Vous avez dit terrorisme islamiste ? Mais le monde commence seulement à le découvrir vraiment dans son ampleur.
Le journal éponyme vient de consacrer un éditorial au supplice infligé au malheureux James Foley, authentique martyr, lui, de l'abjection fanatique. Lorsque son confrère Daniel Pearl fut assassiné dans les mêmes conditions, il n'eut pas certainement droit ni à la même attention, ni au même hommage.

Jusqu'à présent, dans l'inconscient collectif médiatique européen, le terroriste islamiste, certes décrié politiquement, n'est pas foncièrement détesté «épidermiquement, tripalement», comme l'est encore la figure honnie du militariste raciste occidental.
Pas de défilés monstres contre les monstruosités avec Guy Bedos, Duflot et Besancenot, pas de «génération Mossoul» en keffieh, pas de protestation massive de la communauté musulmane passive.
Voilà pourquoi, le 3 octobre 2012, je fus contraint de prendre la plume pour ferrailler contre ceux, nombreux en France médiatique, qui s'étranglaient d'indignation à la vue d'affiches placardées dans le métro new-yorkais qui osaient qualifier les djihadistes de «sauvages»…

Lévi-Strauss, qui en savait un rayon sur la radicalité islamique, aurait considéré à juste titre l'épithète offensant pour les authentiques sauvages qu'il connaissait aussi.
Qui voudrait que dans ce contexte d'ignorance, de sottise, de matraquage idéologique, et de terreur intellectuelle trentenaires, je tienne finalement mauvaise rigueur à un enfant du siècle, élevé au lait de l'antiracisme de pacotille, de prendre les ennemis des djihadistes pour des «islamophobes» ?

La punition est déjà bien sévère. Il fut un temps où de telles déclarations étaient prises au sérieux. Aujourd'hui elles déclenchent le fou rire ou la sidération.

Il va devenir difficile d'être artiste et de gauche, sans être comique.

Par GOLDNADEL Gilles William
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