Lundi 9 novembre 2009

CHANGEMENT DE TACTIQUE

 

La décérébration, unique dans l'histoire du monde, au regard de la surinformation médiatique des esprits, réside autant dans ce qui est répété faussement que dans ce qui est celé soigneusement.

Ainsi, pour illustrer la pensée de Claude Lévi-Strauss, la presse qui formate a cité ad nauseam sa critique d'un nationalisme outrancier, histoire de moquer un peu le concept d'identité nationale.

Mais la même s'est bien gardée de rappeler que l'auteur de «Tristes Tropiques» avait confié que les contacts qu'il avait eus avec le monde arabe lui avaient inspiré «une indéracinable antipathie» (interview le Nouvel Obs).

Celle qui oppresse en douceur a oublié, pour célébrer l'anthropologue défunt, de rappeler cette observation :

« Tout l'Islam semble être, en effet, une méthode pour développer dans l'esprit des croyants des conflits insurmontables, quitte à les sauver par la suite en leur proposant des solutions d'une très grande (mais trop grande) simplicité. D'une main on les précipite, de l'autre on les retire au bord de l'abîme. Vous inquiétez-vous de la vertu de vos épouses ou de vos filles pendant que vous êtes en campagne ? Rien de plus simple voilez-les et cloîtrez-les.

C'est ainsi qu'on en arrive au burkah moderne, semblable à un appareil orthopédique avec sa coupe compliquée, ses guichets en passementerie pour la vision, ses boutons-pression et ses cordonnets, le lourd tissu dont il est fait pour s'adapter exactement aux contours du corps humain tout en le dissimulant aussi complètement que possible. (...) Grande religion qui se fonde moins sur l'évidence d'une révélation que sur l'impuissance à nouer des liens au-dehors. En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l'intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s'en rendent coupables ; car s'ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c'est plus grave) incapables de supporter l'existence d'autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l'abri du doute et de l'humiliation consiste dans une «néantisation» d'autrui, considéré comme témoins d'une autrefois et d'une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d'une exclusive contre les infidèles qui ne peut pas s'avouer, puisque, en se reconnaissant comme telles, elle équivaudrait à les reconnaître eux-mêmes comme existants. (...) Ainsi l'islam qui, dans le Proche-Orient, fut l'inventeur de la tolérance, pardonne mal aux non-musulmans de ne pas abjurer leur foi au profit de la sienne, puisqu'elle assure toutes les autres la supériorité écrasante de les respecter ».

Mais c'est sans doute par charité envers le grand disparu que la presse n'a pas rappelé ce qui précède, de crainte que celui-ci ne soit  frappé d'une fatwa à titre posthume.

 

On a beaucoup parlé du dernier songe d'Attali en matière d'antisémitisme, mais on ne parlera pas dans la presse française de la mise en cause par son fondateur, Robert Bernstein, de l'association Human Rights Watch. Dans un article très commenté outre-Atlantique du New York Times (20 octobre), Bernstein qui présida l'organisation jusqu'en 1998, considère que celle-ci s'est dévoyée dans un anti-israélisme obsessionnel.

Déjà, les journaux hexagonaux étaient restés discrets sur les informations récentes sur les rapports financiers entre l'O.N.G. béatifiée et l'Arabie Saoudite.

Même mutisme lorsque l'association a été contrainte de se séparer dernièrement de Marc Garlasco, responsable des questions militaires, il y a peu encensé pour ses rapports critiques envers Tsahal à Gaza, mais convaincu aujourd'hui de fascination pour le nazisme.

Car en France médiatique, on tape sur les diaboliques Etats, pas sur les sacro-saintes Organisations Non Gouvernementales.

 

On parlera longtemps encore, et avec délectation, du rapport Goldstone ; en revanche nul ne perdra son temps à rappeler que le président de l'Assemblée Générale onusienne qui vient d'entériner le torchon précité, le libyen Ali Triki, n'est autre que l'auteur d'un discours thuriféraire à l'égard d'Adolf Hitler et de son œuvre humanitaire.

Symbole surréaliste de la folie des temps.

Rendons ici hommage au sens de la mesure de la presse française : comme le Quai d'Orsay, elle s'abstient.

 

À ce degré de dégénérescence, on se demande toujours, moi le premier, ce que devraient faire les principales victimes expiatoires des délits et dénis médiatiques.

S'agissant d'Israël, on m'a adressé un article intéressant de Daniel Greenfield intitulé «Pourquoi Israël perd les guerres médiatiques».

L'auteur y développe une analyse pugnace, qu’il m'arrive, par gros temps, de préconiser :

« Plus Israël a voulu montrer sa bonne volonté, plus il s'est trouvé acculé à la défensive. L'objectif des gouvernements israéliens successifs n'est plus d'être une grande nation ni une nation forte, mais d'être une nation qui plaise à tout le monde. (...) Plus Israël a été sur la défensive, plus le terrorisme et la diabolisation Israël sont devenus terribles. C'est tout à fait naturel, quand on bat en retraite, le feu de l’ennemi n’en devient que plus nourri».

Pour apporter mon eau rance à ce moulin à broyer des grains amers, je citerai cette phrase de notre bon vieux Freud, dans sa correspondance à son disciple Eitigon (23 septembre 1927) : « Je vais essayer avec ce changement de tactique -- un peu tardif toutefois. J'ai toujours été le tolérant qui voulait provoquer l'apaisement. Cela ne m'a pas servi à grand-chose, ce sont les autres qui ont eu le besoin de m'attribuer une dose d'intolérance et d'agression qui n'a jamais été la mienne. Je veux à présent leur faire ce plaisir : désormais je compte être l'exigeant le sévère, l'insatisfait. J'en ai plus le droit qu’eux ».

 

Et nous donc.

 

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mardi 20 octobre 2009

LORSQUE LA LASSITUDE NOUS GUETTA

 

Mardi 13 octobre, France Inter, question de Bernard Guetta à Élie Barnavi : «Ne pensez-vous pas, Monsieur l'ambassadeur, qu'Israël est peut-être un État éphémère, que c'est sans doute une erreur d'avoir créé un État européen au Proche-Orient, à l'heure où l'Europe se dégageait justement du colonialisme ?».

Au lieu de rejeter la question comme inaudible : réponse gentiment molle et convenue de Barnavi. Et pourtant Guetta est plutôt un bon gars, tout juste un peu, je l'ai déjà écrit ici, sensible à la pensée magique et à l'air du temps. Quant à Barnavi, c'est une belle intelligence doublée d'un ami avec lequel je me suis bien entendu lorsqu'il était en poste à Paris.

Mais pour ces deux personnalités qui hument et inhalent à pleins poumons l'air vicié des rédactions parisiennes, la sale question pouvait être posée.

 

Vendredi 16 octobre, le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU a adopté le rapport Goldstone.

Ce rapport qui renvoie dos à dos Israël et le Hamas, mais dans la proportion d'un cheval et d'une alouette.

On remarquera au demeurant que l'alouette piaille de joie. Ce rapport qui inclut, de l'aveu même de son auteur, des témoignages dont il serait facile de réfuter l'insincérité en cas d'examen contradictoire.

Ce torchon n'a été voté exclusivement que par les dictatures islamiques et africaines qui composent l'aréopage onusien.

Il fut un temps ou même la presse  la plus critique envers qui vous savez aurait brocardé cette majorité automatique de cordonniers vertueux et mal chaussés. Aujourd'hui, plutôt que de pouffer, la presse parisienne, à commencer par son premier journal qui paraît le dernier, prend les choses très au sérieux et avait déjà bien mal goûté que l'Autorité Palestinienne ait eu la sagesse d'accepter un renvoi de l'examen du texte.

Pensez donc, un peu plus et on était privé du rite délicieux de la mise en accusation publique.

 

Jeudi 15 octobre : apparition sur le site du MRAP d'un appel au boycott d'Israël intitulé :

«Boycottons les produits de l'oppression !». Annexé à l'incantation un modèle de lettre à adresser à l'ambassadeur d'Israël en France. Extraits choisis : «un boycott qui, comme nous nous permettons de vous le signaler est dirigé essentiellement contre les intérêts de l'État d'Israël et non pas, comme il vous plaît de le souligner avec des arrière-pensées évidentes, à l'encontre de la communauté juive tant l’antisémitisme reste étranger à notre démarche».

Vous avez bien lu : le pauvre ambassadeur n'a pas encore ouvert la bouche, que le mouvement de M. Mouloud la lui referme prestement en l'accusant d'instrumentaliser un antisémitisme imaginaire.

En psychanalyse, cela s'appelle la dénégation.

Cela fait des lustres que je m'échine à appeler les dirigeants communautaires, CRIF en tête, à traiter les extrémistes de gauche exactement comme ils ont traité la médiocre extrême droite. Ils ont continué à les considérer comme fréquentables. Résultat : le PCF, le Parti du gentil Besançenot, les Verts, conscients de leur immunité s'en donnent à cœur joie et ont rejoint le parti des boycotteurs. C'était ceux là qu'il convenait précisément de boycotter.

Moyennant quoi, Avocats Sans Frontières, que je préside, poursuit le mouvement «antiraciste» devant les tribunaux pour discrimination à raison de l'appartenance à une nation (Article 225-1) du Code Pénal.

 

 

Je signale au M.R.A.P. que le Président de la République et la Garde des Sceaux soutiennent la démarche déjà empruntée par Avocats Sans Frontières, à l'encontre d'Euro Palestine, en raison du caractère illégal et raciste du boycott d'Israël.

Je ne dis pas que le boycott de produits israéliens par des organisations gauchistes ou islamistes représente, pour l’heure, un péril tragique pour les «intérêts de l’Etat d’Israël» selon l’expression du M.R.A.P.

Mais c’est peut-être pire.

Pire comme une âme qui s’habitue sans rien dire.

Qui commence à s’habituer à la mise à l’index de produits juifs.

Comme elle s’est habituée, que dans les aéropages internationaux, ce n’est pas le Sri Lanka, la Chine, la Russie, l’Arabie Saoudite, l’Algérie, le Soudan, la Lybie, la Turquie, la Syrie, l’Iran, la Corée du Nord, qui sont rituellement mis en accusation mais le seul État juif.

Pas le temps d’être las.

 

Par GOLDNADEL Gilles William
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Lundi 5 octobre 2009

BERLUES STORIES

 

La classe médiatique européenne s'est trouvée un ennemi, et un seul.

Il s'appelle Berlusconi et il menace la liberté de la presse. Rien que ça.

Ce n'est pas Chavez, qui vient pourtant de fermer le micro à une vingtaine de stations de radio.

Ce n'est certainement pas le président iranien, non, c'est Berlu.

Il y a quinze jours, c'est France Inter qui avait consacré sa matinale à un festival contre sua émittenza où se sont exprimés uniquement ses adversaires de la Republica.

Pour faire bonne mesure, une journaliste, dont on appréciera la pondération, susurra que la France de Sarkozy n'était pas très éloignée de la péninsule.

Cette semaine, à la suite de la manifestation de l'opposition italienne durant le week-end, Arte et France 2 s’y sont mis à leur tour. Notons tout de même, que sur la chaîne nationale française, le journaliste de la RAI questionné, finit par dire qu'aucun danger véritable ne menaçait sa télévision, dominée par l'opposition.

En réalité, les médias de gauche n'arrivent pas à se faire à l'idée que certains médias, et notamment des chaînes privées, puissent oser être de droite, sans que le fascisme ne soit inéluctablement  de retour.

On remarquera au passage que nul n'a contre argumenté sur le fait que ce n'est pas tous les jours qu'un brûlot cinématographique est consacré à un homme politique – comparé à un requin – par un réalisateur important, Nino Moretti pour ne pas le nommer, et présenté à grand bruit à Cannes. Il est vrai que le scrutin démocratique qui s'ensuivit ne fût guère cruel pour le squale.

Parmi les griefs récurrents opposés par les chaînes précitées au Président du Conseil italien, on retrouve le fait que celui-ci poursuit devant la justice certaines publications (voir encore le sévère, forcément sévère éditorial du Monde du 13 septembre).

Je ne suis pas sûr que les contempteurs que j'ai nommés soient  les mieux placés pour donner des leçons sur ce chapitre.

Commençons par Arte : je mets au défi qui que ce soit de réclamer des comptes au CSA, concernant la chaîne franco-allemande. À l'instar de la chauve-souris du poème, elle n'est ni tout à fait française ni tout à fait allemande, ce qui fait qu'aucun organisme ne peut légalement la contrôler. Pour autant que le CSA contrôle quelque chose.

S'agissant, de France 2, nul n'a oublié que la chaîne a cru devoir judiciairement, mais en vain, réclamer des comptes à un certain Philippe Karsenty pour avoir osé dire que son reportage sur la mort du jeune Mohamed Al Dura ne sentait pas très bon.

Enfin, quant au Monde, on signalera  le fait rarissime que celui-ci a envoyé au pilon, après une transaction peu glorieuse, le livre de Péan qui lui était consacré et qu'il avait poursuivi devant les tribunaux. On a déjà vu plus grand respect de la chose écrite dans les colonnes du temple de la liberté de pensée.

 

Mais venons-en au fond. Il n'est que trop clair que le simple fait, pour un homme politique, de recourir, à tort ou à raison, aux tribunaux pour réclamer justice d'un éventuel excès de la liberté de publier est considéré comme un odieux acte de censure.

On voit là encore l'incommensurable souci de soi de la caste médiatique et intellectuelle, qui n'en fait pas toute une affaire lorsque ce sont ses adversaires qui sont traînés sur les bancs de justice. Je pense à  Le Pen, je pense à Dieudonné dès l'instant où il est passé de gauche à droite pour avoir fréquenté le premier, je pense au député prétendument homophobe Vanneste, je pense précisément à tous ceux qui ont le malheur mérité ou immérité d'avoir mauvaise presse.

Moi-même, je sais un peu ce qu'il en coûte d'avoir osé saisir légalement la justice française de réclamations à l'égard d'égarés de la plume ou du micro.

Ceux qui ont affûté leurs grands couteaux au moment des caricatures du prophète n'en ont pas tant entendu.

Le pire, c'est que nombre de politiques acceptent de courber l'échine avec obséquiosité et reconnaissent le crime de lèse-majesté dans la simple critique d'un plumitif. Dans mon dernier blog-note, je notais que le ministre suédois des affaires étrangères n'osait même pas commenter l'article d’Aftondablet qui prétendait que l'armée israélienne se livrait au trafic d'organes de palestiniens.

 

Bien entendu, l'affaire Polanski est à rapprocher de cette notion d'impunité de la caste.

J'ai déjà eu l'occasion de persifler sur le cas Cantat et la fantastique pétition d'intellectuels cornaqués par Armand Gatti qui prétendait que le chanteur de Noir Désir ne pouvait être condamné puisque « il avait été de tous les combats », idem pour Edgar Morin, intellectuel juif de gauche qui ne pouvait pas avoir écrit un texte stupidement, haineusement contre les juifs, idem pour Charles Enderlin protégé par des bétitionnaires qui expliquèrent sans rire qu'un pelé, qu'un galeux, même pas journaliste, n'allait tout de même pas donner des leçons de morale à ceux qui savent.

Le cas Polanski n'est pas très différent – et Dieu sait pourtant que j'apprécie le type et son œuvre –  puisqu'il s'agit ni plus ni moins et seulement du respect de la loi.

On peut être plein de talent, M. Kouchner, et même né dans le ghetto de Varsovie, tout en étant accessible à une sanction pénale.

Il est vrai que dans casting, il y a caste.

 

On terminera par le discours magnifique de Benjamin Netanyahou à l'ONU. D'autant plus beau que personne n'en a rapporté la teneur en France.

Soyons juste, personne non plus n'a rapporté que dans le discours d’Obama à Manhattan, celui-ci avait évoqué la légitimité de «l'État juif d'Israël»

Mais, revenons à Bibi. Celui-ci a cru devoir morigéner les représentants des nations qui n'étaient pas sorties de la salle au moment où le président iranien prononçait sa diatribe.

Sans doute. Mais, avant que de faire la leçon aux autres, il vaudrait mieux nettoyer devant sa porte. Ils n'étaient pas 3000 dans la presqu'île pour protester contre la venue du naziranien. Décidément le judaïsme américain n'a jamais été très bon contre le nazisme.

 

 

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mardi 8 septembre 2009

  

REVOIR PARIS

 

Lu, en villégiature, les passionnantes et remarquablement écrites Mémoires de mon cher Claude Lanzmann, homme merveilleux et impossible, amoureux excessif, mais avec de solides raisons de l’être, de la vie, des femmes, d'Israël, et, sans doute, de lui-même.

Lanzmann, mine de rien, consciemment ou non, je l'ignore – comme il me lit, il me répondra peut-être – transgresse un tabou trentenaire : « le type juif ».

À de nombreuses reprises, dans son beau lièvre patagon, il évoque tendrement, qui l’appendice nasal facilement reconnaissable de sa remarquable génitrice, qui le physique judaïque de telle ou tel, et va même, avec humour, jusqu'à se vanter qu'il aurait eu grand succès dans la chasse au faciès aux heures sombres de l'occupation....

Eh oui mes amis ! Bien que nous soyons, sans le dire jamais, au cœur de l'indicible de l'après Shoah, comme j'ai eu l'occasion de l’écrire à plusieurs reprises, en expliquant pourquoi, (notamment dans mes « Martyrocrates »), la race (oh le vilain mot !) qui bien entendu n'existe pas, l'ethnie (ça passe un peu mieux) recouvrent parfois de concrètes réalités.

Mais surtout, surtout, ne pas en parler – ou alors en creux – on peut, que dis-je, on doit saluer extatiquement l'entrée d'un Noir à la Maison-Blanche (même si on n'approuve ni son programme ni sa personnalité) mais on ne doit pas, comme mon copain Éric Zemmour, constater publiquement l'évidence chromatique que son interlocutrice est de « race noire », sans encourir les foudres des vigiles vigilants de la bien-pensance schizophrénique du temps présent.

Le racisme est partout, la race nulle part.

On voudra bien en conséquence placer, avec indulgence, les remarques quasi obscènes de Lanzmann sur le compte d'un homme d’un passé dépassé.

Quant à moi, en fuyant lâchement, les jambes blanches à mon cou d'albâtre, j'affirme que les Noirs courent plus vite que moi.

 

Puisque nous en sommes sur le sujet qui tue,  l'avocat qui signe, s'il n'était depuis longtemps habitué ad nauséam à cette différence de traitement médiatique – et judiciaire – pourrait être étonné de ce que le préfet à particules Paul Girot de Langlade qui aurait tenu des propos racistes – qu’il nie farouchement – ne bénéficie de la même présomption d'innocence que, par exemple, le roturier d'extrême gauche Julien Coupat, protégé par toute la presse ou presque, et qui a même eu l'insigne honneur de se voir ouvrir les colonnes du vespéral pour y étaler une prose aussi élégante que révolutionnaire.

Coupât n'est pas coupable ! Langlade à la lanterne !

 

Pendant ce temps, le ministre suédois des affaires étrangères n'ira pas en Israël.

 De cette liberté d'expression qu'il invoque noblement au bénéfice du quotidien Aftondablet qui vient de prétendre mensongèrement que les soldats israéliens se livraient au juteux commerce d'organes palestiniens, il n'aura pas voulu user pour flétrir une calomnie, somme toute, assez traditionnelle.

Au même moment, l’ibérique El Mundo publie, au nom de la même sacro-sainte licence, déniée, par exemple au député Vanneste ou à Georges Frêche, une interview du révisionniste patenté David Irving. Tout en rendant, lui aussi, l'hommage convenu à la presse, l'alter égo espagnol du scandinave précité à bien voulu indiquer qu'une telle interview « blessait les sentiments du peuple juif ».

Et pourquoi pas ceux de l'humanité toute entière ?

Vous avez dit communautariste ?

 

GWG

 

 

 

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mardi 30 juin 2009

UN BON ÉTÉ D’ESPRIT

 

Non content d'avoir publié une page entière consacrée à la pensée politique de Julien Coupat, sorte de nouvel Alfred Dreyfus immolé sur l'autel de la répression libérale, notre Monde récidive avec sa jeune et fraîchement épousée, Yldune Lévy.

Le même journal publie un portrait, tout en nuances, de Philippe Val, renvoyé strictement dos à dos avec Siné et tous ses copains de la gauche radicale.

 

Pendant ce temps, les syndicats de France Inter sont en effervescence : l'ignoble Philippe Val, quoique bien à gauche, mais qui a le tort d'être radicalement anti islamiste, anti antisioniste, et anti antisémite vient d'être nommé à la direction de France Inter.

Ils ont hurlé à la censure, lorsque Frédéric Pommier, titulaire de la revue de presse madrigale s'est vu menacer de perdre sa chronique. Les grands défenseurs de la liberté sans concession y ont vu une manœuvre de l'ignoble, qui aurait été courroucé de voir trop souvent cité Siné hebdo.

Àh comme j'aurais aimé voir nos courageux rebelles réagir de la sorte lorsque Fabrice Lequintrec avait été éjecté comme un malpropre de la même revue de presse pour avoir osé citer une phrase, au demeurant anodine, de National Hebdo.

 

Les mairies communistes du 93, une à une, décernent la palme de citoyen d'honneur de leurs nobles cités à Marwan Barghouti, condamné pour terrorisme par la justice israélienne.

À Vitry, pour faire bonne mesure, on a fait mieux : on a tenu également à honorer un «pacifiste israélien» en la personne de Michel Warschawski.

Il n'est pas sûr que la mairie progressiste ait fait connaître à tous les citoyens de la ville que cet antisioniste militant s'est vu reprocher par la justice israélienne ses liens avec le très pacifiste FPLP.

 

Tout ça sent bon le frais, la lavande et la modération.

 

 

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mardi 9 juin 2009

OBAROMÈTRE DE L’ESPOIR ET DES DOUTES

 

Ne craignons pas de dire notre perplexité, ne dissimulons pas notre scepticisme,  ne cachons pas notre circonspection, ne camouflons pas nos craintes, mais disons-le tout de suite, si nous voulons laisser parler notre raison, le meilleur ou le pire, ou les deux à la fois, peuvent sortir du discours prononcé jeudi dernier au Caire par le nouveau président adulé.

Mais laissons tout d'abord parler notre cœur. Certes, nous voyons bien tout l'intérêt, et je l'ai souvent écrit ici, de se concilier l'opinion publique musulmane et modérée que je n'ai jamais considérée comme relevant d’un oxymore.

Mais personne ne m'empêchera d’écrire  que cet exercice de grand style qui prit parfois des accents de repentance me laisse un petit goût amer.

Nul ne peut en effet, sans bêtise ou sans mauvaise foi, prétendre que l'Amérique avait commis le péché d'amalgame entre islam et islamisme.

George W. Bush junior, lui-même, ce pelé, ce galeux, cet infâme, que son nom soit rayé du livre du genre humain, s'était rendu quelques heures après le 11 septembre 2001 dans une mosquée américaine pour bien signifier à ses compatriotes qu'il ne fallait pas commettre de funestes confusions. Le même, qu'il rôtisse dans les flammes de l'enfer bien avant Ben Laden, organisait chaque année à la Maison-Blanche la cérémonie de l'Aïd il Fitr, ce qui n'est, on en conviendra, pas la marque d'une excessive islamophobie.

 

Il est vrai que les stupidités écœurantes commises à Abou Graib ont desservi terriblement la cause de la juste guerre au terrorisme islamique, et que les ambiguïtés judiciaires, on le voit aujourd'hui, inévitables de Guantanamo ont été exploitées jusqu'à la corde par les martyrocrates professionnels.

Personne ne pourra non plus m'empêcher d'écrire que si les protestations du monde musulman contre les excès de l'islamisme avaient su se faire plus fortes pour égaler, par exemple, la vigueur de ses protestations contre les caricatures du prophète, la crainte d'un prétendu amalgame eut été moins vive. Personne ne m'empêchera d'écrire encore que les exploits de Ben Laden, du Hamas, du Hezbollah ont rencontré souvent, ici et là, dans les mosquées ou dans les cités une approbation grosse d'inquiétude légitime.

Personne ne pourra m'empêcher d'écrire que le haut lieu du discours, en plein milieu d'une université islamique célèbre pour ses péroraisons antijuives, dans un pays où les femmes coptes s'obligent à porter le voile par crainte d'être violentées n'étaient pas des mieux choisis.

Personne enfin ne pourra me consoler de la fausse symétrie d'un discours rendant hommage aux victimes de la Shoah pour mieux s'apitoyer devant les malheurs d'un peuple arabe de Palestine victime, lui et avant tout de son refus obsessionnel de l'existence d'un État juif.

 

Mais enfin, et laissant parler ma seule raison, mon pauvre cœur ayant été un peu épanché, fasse le ciel que cette main tendue ne soit pas prise pour celle du mendiant que l'on méprise, mais pour celle de l'ami que l'on respecte.

 

Dussé-je décevoir mes amis les plus chers, je souhaite que l'un de ceux-ci, en la personne de Benjamin Netanyahou, avec toutes les réserves qu'impose le besoin de sécurité de son peuple, accepte la solution des deux états préconisés par l'imprécateur américain.

Et ayant écrit ces lignes, je m'aperçois combien elles sont inutiles et superflues.

 

 

 

D'abord, parce que cette solution a été acceptée, non sans douleur, par le mouvement sioniste dès 1937 devant la commission Peel.

Ensuite, parce que ce partage de la Palestine mandataire (déjà amputée de la Jordanie habitée depuis par une majorité palestinienne) entre deux états, l'un juif, l'autre arabe, a été voté par l'ONU en 1947, accepté par la partie juive et refusé, depuis, je l'ai dit, par les Arabes de Palestine.

Ce refus est aussi manifeste qu’il est occulté : Mahmoud Abbas, le président «modéré» de l'autorité palestinienne affirmait encore, il n'y a pas un mois, que jamais les Arabes de Palestine n'accepteraient Israël en tant qu'État juif.

Voilà qui relativise singulièrement la portée des incantations d’Obama à l'adresse du monde arabe, lorsqu'au Caire il n'a pas mis ce point capital sur le I d'Israël.

Faut-il rappeler que ce refus aussi systématique que violent précédait et de beaucoup l'existence des implantations créées depuis 1967 ?

Je n'ai pas le moindre doute que l'immense majorité des Israéliens (cela est confirmé par tous les sondages) seraient prêts à entériner cette solution déjà acceptée s'ils n'étaient pas persuadés, pour l'heure, que le refus arabe n’a pas cessé.

Et ce refus, n'en déplaise aux beaux esprits, ne concerne pas seulement le Hamas, il concerne, hélas, hélas, hélas, l'immense majorité de ce peuple arabe de Palestine qui conserve jalousement les clés de la maison perdue autour de son cou.

Je cite l'ambassadeur de l'autorité palestinienne, Abbas Zaki, dans un discours daté du 16 mai dernier, mais qui, évidemment ne sera repris par personne : «avec la solution à deux états, à mon avis, Israël s'effondrera parce que s'ils quittent Jérusalem, que deviendront tous les discours sur la terre promise et sur le peuple élu, que deviendront tous les sacrifices qu'ils ont faits juste pour qu'on leur dise de partir ?

Ils considèrent que Jérusalem a un statut spirituel. Les juifs considèrent la Judée Samarie comme étant leur rêve historique. Si les juifs perdent ces endroits, l'idée sioniste va commencer à s'effondrer. Elle régressera d'elle-même. Alors nous avancerons.

L'usage des armes seules n'apportera pas de résultat, et l'usage de la politique sans les armes n'apportera pas de résultat. Nous agissons sur la base de notre vaste expérience. Nous analysons notre situation soigneusement. Nous savons quel climat mène à la victoire, à quel climat mène au suicide. Nous parlons de politique, mais nos principes sont clairs. C'était notre leader pionnier, Yasser Arafat, qui à persévéré avec cette révolution, quand des empires se sont effondrés. Notre lutte armée dure depuis 43 ans et notre combat politique, à tous les niveaux, dure depuis 50 ans. Nous avons récolté des résolutions de l'ONU et nous humilions les pays pour qu'ils ne se lient pas contre nous, parce que le monde est mené par des gens qui ont mis leurs intelligences au repos, l'administration américaine et les néoconservateurs.

L'OLP est le seul représentant légitime (du peuple palestinien) et il n'a pas changé son programme même d'un iota. Étant donné la faiblesse de la nation arabe et son manque de valeurs et étant donné le contrôle américain du monde, l'OLP procède par étapes, sans changer de sa stratégie. Laissez-moi vous dire que quand l'idéologie d'Israël va commencer à s'écrouler et que nous prendrons, au moins, Jérusalem, l'idéologie israélienne s'effondrera complètement et nous commencerons à progresser avec notre idéologie propre, par la volonté d'Allah et les chasserons de toute la Palestine ». (Source : Memri).

 

Voilà pourquoi, je n'ai pas la moindre estime pour ce mouvement national palestinien qui continue, on le voit, de nourrir ses illusions irrédentistes, qui par le terrorisme, qui par la ruse, qui, comme Arafat, par les deux à la fois.

 

 

Et pourtant, en dépit de cela, et j'oserais dire, à cause de cela, j'attends des dirigeants israéliens, et je suis sûr que l'actuel premier ministre israélien aura l'intelligence et le courage nécessaire, de rappeler, une nouvelle fois à ce monde sourd, aveugle et manifestement amnésique, qu'Israël est toujours prêt au compromis historique, mais pas au prix de son suicide.

Et ayant, rappeler ce principe d'équité et de sagesse, il rappellera également au monde que les mots de détermination et de colère existent également dans le champ lexical hébraïque.

 

GWG

 

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mardi 19 mai 2009

NE TIREZ PAS SUR LE PAPISTE

 

À la suite de la visite de Benoît le seizième en Israël, je m'interroge une nouvelle fois sur l'improbable intelligence politique des Juifs en général et des Israéliens en particulier.

Que n'a-t-on entendu, le jour du discours du Saint-Père à Yad Vashem, considéré le jour même par l'ensemble de la presse israélienne comme décevant, avant que le principal journal, le Yediot Aharonot, ne se ravise le lendemain, en reprochant à la classe médiatique une excessive sévérité.

Il y eut également les propos diffamatoires du président de la Knesset, M. Rivlin indiquant que le pape aurait été membre des jeunesses hitlériennes, ce qui est tout simplement faux.

Peut-être que plus qu'un autre, un Juif, un Israélien, devrait savoir ce qu'il en coûte à reprocher ses origines à un homme et à l'accuser de maux imaginaires.

Rappelons que le jeune Ratzinger n'a jamais fait partie des jeunesses hitlériennes – ce qui n'aurait pas été un crime – il a seulement été engagé de force dans la Werhmacht, comme bien des gamins allemands de son âge.

Certes, Benoit XVI n'est pas Jean-Paul II. Il n'a pas son charisme. Mais peux-je faire remarquer que les Juifs ne sont que médiocrement concernés pour le déplorer, ne croyant pas particulièrement à son infaillibilité.

Benoît n'avait pas non plus la possibilité, comme le défunt pape, d'amener en Israël des Juifs qu'il aurait sauvés en Pologne, et il est inutile, en conséquence, de cultiver pieusement la nostalgie de son glorieux prédécesseur.

Pour autant, faut-il rappeler que l'actuel souverain pontife a toujours été un partisan convaincu de la réciprocité entre l'église et l'islam, en indiquant qu'il n'y avait pas de raison de construire des mosquées en Europe si on n'avait pas le droit de construire des églises en terre musulmane.

Il est vrai que le politiquement convenable qui sévit à son encontre depuis son avènement, que la pression de sa Curie, ainsi que celle de l'église officielle d'Orient l'ont contraint, depuis Ratisbonne, à mettre beaucoup d'eau bénite dans son vin de messe.

Les Juifs souffrent-ils tellement d'une pénurie d'ennemis pour, à l’heure de tous les périls, sur fond d'une montée de l'antisionisme et de l'antisémitisme sans précédent, d'incompréhension pathétique avec l'oncle Sam et son neveu Barak, s’en créer de toutes pièces ?

 

Au rebours, il est inadmissible que les Israéliens n'aient pas songé à reprocher au patron du Vatican l'attitude scandaleuse de son légat à Genève, lors de Durban II, qui n'a pas suivi ses collègues européens vers la sortie, lors de la diatribe venimeuse du persan enragé, et qui a cru devoir conserver son auguste postérieur sur son confortable siège.

Idem pour la condamnation, certes nuancée, d'un mur qui n'en est pas un dans le cadre d'un prêchi-prêcha pacifiste qui devrait être épargné à ceux qui en ont le plus souffert.

 

Qu'on ne se méprenne pas sur mes propos : je comprends qu'on puisse se plaindre des silences de l'église d'il y a 60 ans – encore qu'il ne faudrait pas tomber dans l'injuste caricature – mais il me paraît encore bien plus essentiel et vital de les mettre en perspective avec ces nouveaux silences, ou cette nouvelle onctuosité verbale, au regard du danger immense que courent aujourd'hui les Juifs vivants, dans leur patrie souveraine.

 

 

Par GOLDNADEL Gilles William
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Lundi 4 mai 2009

RENGAINES

 

Le Figaro, dans une série d'enquêtes, décrit le rôle des organisations d'extrême gauche dans la radicalisation des conflits sociaux, à commencer par les séquestrations de cadres et de patrons.

Il a raison, mais c'est un peu court.

Le quotidien madrigal a tort, dans son analyse, d'épargner des médias toujours aussi tendres à l'égard des durs quand ils sont rouges. Il suffit d'écouter les reportages de France Info sur le sujet pour comprendre pourquoi une majorité de Français commence à approuver les débordements d'une colère sanctifiée.

Il faut entendre les discours jusqu'au-boutistes sur fond de désespoir scénarisé, il faut entendre ensuite des syndicalistes expliquer sur un ton bon enfant que retenir n'est pas vraiment séquestrer, il faut enfin assister à la sortie de cadres fraîchement libérés, tous atteints d’un syndrome scandinave, expliquer qu'ils ont été merveilleusement traités.

 

Puisqu'on est à la radio, restons-y : les journaux ont rendu un juste hommage à Macha Béranger, qui vient de mourir. Ils ont relaté l'amertume de celle-ci d'avoir été évincée de France Inter, en dépit des protestations de très nombreux auditeurs.

Ce n'est pas ce qui risque d'arriver à Daniel Mermet. Moralité : mieux vaut désespérer les braves types en diffusant des messages haineux que de les réconforter en les écoutant parler d'amour.

 

Mention spéciale pour Pierre Assouline : avec un courage chevaleresque, il a cru devoir piétiner rageusement la dépouille encore chaude de Maurice Druon, coupable d'être à la fois, de droite  et « réactionnaire et conservateur » (ce qui est selon moi, quelque peu antinomique).

Il est vrai que le co-auteur du Chant des Partisans, avait également eu le mauvais goût de faire de la résistance. Bref, pour le rebelle Assouline, potentat des arts et des lettres, autant dire un authentique salaud ne méritant ni de vivre, ni même de mourir en paix.

 

 Je ne serai plus moi-même, si je ne  faisais pas semblant de m'étonner de la différence de traitement entre Gaza et le Sri Lanka. Ici et là : une population civile largement prise en otage par des groupes terroristes féroces, car disons-le, les tigres tamouls n'ont rien à envier au Hamas en matière de mépris de la vie humaine, et ici et là encore, deux États souverains contraints de recourir à la force armée.

La seule différence est que l'armée cingalaise n'a pas fait dans le détail pour réduire à merci la guérilla terroriste.

Il est vrai, qu'elle ne subit pas les contraintes  de la presse internationale, de la Ligue des Droits de l'Homme, de l'extrême gauche altermondialiste.

Il est vrai, que les foules enturbannées et leurs compagnons de route extatiques, n'ont pas foulé le pavé en hurlant au génocide et aucun reporter sans frontières ne se plaint de ne pouvoir franchir celle qui sépare le réduit tamoul du reste de Ceylan.

Pour une fois, cependant, je ne serai pas seul à entonner mon éternelle rengaine sur le traitement particulier réservé à Israël : mon vieux compagnon du soir, sans bien entendu se fendre d'une explication politique, psychologique, voire métaphysique, se contente de constater l'incontestable : « Même à l'ONU, les tragédies ne se valent pas. Des dizaines de milliers de sri lankais l'apprennent à leurs dépens. Depuis trois mois, dans le nord-est de l’ile, ils sont pris au piège de violents combats entre une armée gouvernementale brutale et la rébellion sans scrupules des Tigres. Si en janvier, la guerre dans la bande de Gaza avait, à juste titre, provoqué un tourbillon diplomatique, rythmée de réunions nocturnes du Conseil de sécurité, les civils sri lankais meurent dans une relative indifférence.

La tiédeur de la réaction onusienne s'explique difficilement. Selon les chiffres officieux de l'Organisation, invérifiables, faute d'observateurs, près de 6500 personnes ont déjà péri – cinq fois plus qu'à Gaza – ».   (Le Monde du jeudi 30 avril).

« Le crime est presque parfait. Près de 6 500 sri lankais sont morts selon les estimations de l'ONU, sans qu'aucun cadavre n’apparaisse à la « une » des journaux sur les écrans de télévision. Les autorités de Colombo ont efficacement empêché tout témoignage sur la zone des combats ». (Le Monde du 2 mai).

 

À ce stade, si je fais humblement marquer que les cingalais ne sont pas Juifs, on va dire encore que j'exagère ?

Par GOLDNADEL Gilles William
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Jeudi 30 avril 2009

OMBRE ET LUMIERE

 

 

L’un s’appelle Shlomo Sand, il est israélien, sa spécialité, à l’Université de Tel Aviv, est le cinéma.

 

Un jour, ce professeur d’extrême gauche, qui ne possède, il a l’honnêteté de le reconnaître, aucune compétence particulière en histoire antique ou médiévale, a décidé d’écrire un livre dont la thèse, qui n’est pas neuve, revient à douter de ce que les Juifs d’aujourd’hui aient un quelconque lien ethnique avec les hébreux d’hier.

 

Ce qui est plus nouveau, c’est de prétendre que non seulement il n’y a pas d’unité du Peuple juif, mais des communautés diverses, mais qu’encore que ce mythe n’a en réalité été créé que par la propagande sioniste aux fins de servir ses visées territoriales sur un territoire appartenant à autrui.

 

Une telle thèse, émanant d’un juif, ne pouvait, évidemment, compte tenu de l’air vicié du temps, que séduire le ban et l’arrière-ban de l’antisionisme ou de l’israélisme radical ou modéré, sans qu’il soit besoin de s’arrêter un seul instant sur l’incongruité d’un raisonnement qui ne s’attarde pas sur le fait que les générations de juifs qui ont, chaque année célébré la Pâque et souhaité pour l’année prochaine le retour à Jérusalem, ne semble pas (en tous les cas pour ceux qui ont vécu par exemple du 14ème au 19ème siècle) avoir été particulièrement travaillées par l’Agence Juive…

 

C’est, cependant, dans ce contexte aussi délétère que banalement affligeant, que par exemple les membres – tous journalistes – du jury du « prix Aujourd’hui » l’ont décerné pour cette année au faux iconoclaste dont je parle. Tous ne l’ont pas fait par haine de l’État juif, certains par ignorance, d’autres par distraction, d’autres enfin et surtout par une sorte de douce sottise moderne qui veut que l’on regarde avec faveur tout juif qui pousse le goût de l’universalisme jusqu’à s’auto dissoudre, sans même s’interroger sur l’opportunisme d’une posture aussi avantageuse.

 

 

 

Il n’est malheureusement pas sûr que le merveilleux ouvrage de Magdi Allam, intitulé Pour que vive Israël et qui vient d’être publié par les Éditions du Rocher, rencontre le même succès éditorial.

 

Magdi Allam, en effet, est un égyptien d’origine musulmane, grand journaliste au Corriere Della Serra et défenseur acharné du droit de l’État juif à l’existence, raison pourquoi il est en bonne place sur la liste des condamnés à mort par les islamistes.

 

Je vous encourage vivement à lire ce livre courageux, monument d’intelligence qui ne m’a pas quitté des mains de la première à la dernière ligne.

 

 

   

Il faut d’abord lire avec quel bonheur de la formulation Magdi Allam évoque avec nostalgie l’Égypte chère à son cœur qu’il a connue avant l’ascension des Frères Musulmans, il faut lire avec quelle tendresse il parle de la religion musulmane de son enfance, il faut découvrir pour quelles raisons il en est venu à faire sienne la cause d’Israël qui est la cause, il l’a bien compris, de la résistance à la barbarie, il faut comprendre comment il est parti en guerre contre la haine qui monte et comment il démonte les impostures des antisionistes européens ou des islamistes plus distingués à la mode Ramadan. Vous apprendrez avec lui, comment une grande partie de l’intelligentsia italienne, à l’instar de sa sœur française, a capitulé par lâcheté ou sottise devant l’antisionisme.

 

Mais, il faut craindre, malheureusement, que Magdi ne bénéficie pas de la même couverture médiatique que Shlomo.

 

Car alors que cracher sur Israël reste la recette éprouvée des Juifs ou des Israéliens en mal de succès, les rares arabo-musulmans qui ont le courage de se dresser, ne sont traités que par le mépris par la presse européenne qui hésite à les considérer, qui pour des hurluberlus, qui pour des traitres.

 

Raison pourquoi il faut lire et soutenir Magdi Allam et ses semblables qui sont l’honneur du monde arabe, l’honneur de l’Islam et l’honneur de l’humanité.

 

(d’après ma chronique sur Radio J)

 

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mardi 14 avril 2009

LE BLOGNADEL, EDITIONS DE PASSY, 250 pages, 20 €. 

 

Le dernier livre de Gilles-William Goldnadel,

Disponible sur le site de la FNAC :  

http://livre.fnac.com/a2491146/Gilles-William-Goldnadel-Le-blognadel?Mn=-1&Ra=-1&To=0&Nu=2&Fr=0

 

Un ouvrage de référence pour comprendre les subtilités
-et la désinformation- de l'actualité en France comme au Moyen-Orient.


Gilles-William Goldnadel met les points sur les « i » et remet les pendules à l’heure.

 

Le trait ironique et le verbe impolitiquement correct, il traque les dérives de la désinformation sur le conflit israëlo-palestinien et le nouveau conformisme d’extrême gauche ; il pointe les horreurs de l’islamisme et de l’antisémitisme et impose son courage au service de la défense des valeurs de la démocratie.

Il lui arrive aussi de reconnecter les amnésies sélectives…

Il ne fait surtout aucune concession à leurs complices objectifs : les tribuns de la bien pensance du monde médiatique, politique et intellectuel.

 

Gilles-William Goldnadel est le président-fondateur d’Avocats sans frontières et le président de France-Israël.


Il est l’auteur de plusieurs essais politiques :
Conversation sur les sujets qui fâchent, avec
Alexandre Adler (2008),
Les Martyrocrates (2004), Le Nouveau bréviaire de la haine, (2001), et de nombreux articles dans la presse nationale.

Par GOLDNADEL Gilles William
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