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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 15:25

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Goldnadel: Gauche de l'esbroufe n'amasse plus mousse

Publié le 31/08/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Pour Gilles-William Goldnadel, la gauche en pleine crise existentielle se réfugie dans un discours idéologique qui nie les réalités.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Il tient une chronique hebdomadaire sur FigaroVox.
 
Une course de vitesse est en train de s'organiser sur les flots déchaînés de l'Histoire en mouvement entre l'embarcation de la gauche, en train de faire naufrage, et un navire France, qui prend l'eau de toutes parts.

L'escale de la Rochelle fera peut-être date. Selon un quotidien du soir, les responsables du suicide de la gauche seraient ses responsables politiques, qui entretiendraient ses divisions mortelles, des écologistes verts jusqu'aux socialistes. Cette vue est un peu courte.

Et si c'était plutôt le gauchisme, caractéristique principale de la gauche française politique et médiatique depuis un demi-siècle, qui l'avait menée jusqu'au suicide, et le pays avec elle ?

Chez les Verts, François de Rugy et Jean-Vincent Placé ont beau jeu de vitupérer, mais un peu tard «la dérive gauchiste» d'une organisation qui aura constamment dévoyé l'écologie politique.

Plutôt que de s'intéresser à la misère animale ou à la sécurité alimentaire, de jeunes politiciens plus retors que les vieux chevaux de retour du parlementarisme triomphant, auront préféré se concentrer sur la destruction de l'indépendance énergétique française ou des frontières nationales et européennes.

C'est ainsi que la subtile Emmanuelle Cosse prévoyait la semaine écoulée d'accueillir «tous les migrants».

Mais la fausse générosité ne fait plus recette. Les Français, même de gauche, ont fini par comprendre que l'idéologie gauchiste s'était fracassée sur les récifs de la réalité déchaînée.

Il s'écrit partout que les gens de ce pays s'étaient «radicalisés» ensuite de la crise économique et des attentats terroristes, raison pourquoi ils étaient très fermés à ouvrir en grand les portes du pays.

Et c'est vrai. Les Français sont radicalement plus réalistes. Ce ne se sont pas eux qui ont rêvé des attentats islamistes que la raison aurait pu facilement leur laisser prévoir, s'ils n'avaient été égarés par une idéologie xénophile et intimidante. Ils sont désormais devenus hermétiques aux discours ravageurs et aux incantations oniriques qui ne leur ont apporté que des malheurs et auxquels ils accordent à peu près le même crédit qu'un créancier à la parole d'un démagogue grec.

Ils savent quelles seraient les conséquences économiques et sécuritaires d'une nouvelle vague d'immigration massive et forcée venue d'un islam, pour l'heure radical.

Inutile non plus de tenter de les culpabiliser: en matière d'immigration, ils savent déjà qu'ils ont beaucoup donné. Au Parti Socialiste, les délices de la synthèse de jadis ont désormais fait place aux supplices du grand écart. Le réalisme relatif de M. Macron décrédibilise les idéologues absolus et réciproquement. Et ici encore, les Français sont devenus largement allergiques à la parole magique.

Lorsque notre garde des Sceaux, hier rochelaise, s'écriait, lyrique: «La liberté consiste à s'affranchir de toutes les servitudes. Elle est de gauche parce qu'il n'y a pas de liberté sans émancipation», ont-ils encore ressenti un grand frisson les parcourir, du cerveau jusqu'au coeur, ou plutôt ont-ils compris qu'il s'agissait d'une sentence de mort de la gauche de l'esbroufe ?

La liberté, à gauche ? À La Havane, à Caracas, à Pyongyang, à Pékin, les émancipés en pleureront de rire ou de chagrin.
Il est vrai aussi que l'antiracisme idéologique est une émancipation de gauche. Sa réussite est éblouissante.

C'est ainsi qu'un journaliste antiraciste un peu intransigeant, noir et homosexuel, aura réglé leur compte à deux journalistes blancs et hétérosexuels. Curieusement, ses deux victimes désignées n'ont pas été rangées par l'idéologie médiatique dominante mais distraite dans la catégorie des victimes du racisme antiraciste.

Comment ne pas voir pourtant que ce meurtrier virginien, obsédé par les discriminations raciales et sexuelles, se sentant harcelé, n'est que l'autre face, toute aussi perverse et dérangée, de ce raciste suprématiste qui, il y a un mois, à Charleston, a assassiné neuf fidèles dans une église, rien que parce qu'ils étaient noirs ?

Quand va-t-on donc s'apercevoir que ces deux racismes fous, l'un ancien, l'autre moderne, s'alimentent follement l'un l'autre, avec leurs obsessions et délires savamment entretenues et triturées par des médias boulimiques ou des politiciens cyniques ?

La course est engagée entre la défaite de l'idéologie et celle, définitive, du monde que nous aimons.

L'astre gauchiste est mort, mais il brûle encore dans la constellation médiatique et un monde virtuel indifférent aux faits. Le tout est de savoir combien de temps ses rayons malfaisants irradieront encore les esprits les plus simples.


Gilles William Goldnadel ©

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 15:03

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Thalys: Le combat inégal entre un fantasme et une réalité ingrate ?

Publié le 24/08/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Pour Gilles-William Goldnadel, l'attaque terroriste du Thalys est une preuve supplémentaire du déni de réalité dont font preuve les autorités en matière de sécurité et d'immigration.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Il tient une chronique hebdomadaire sur FigaroVox.

En 1985, le regretté Roger Hanin réalisait un assez mauvais film intitulé Train d'enfer dans lequel trois légionnaires français, très caricaturaux, rouaient de coups un jeune musulman avant de le défenestrer.
La réalité mauvaise est, qu'aujourd'hui, ce sont des Occidentaux que les islamiques radicaux vont massacrer dans les trains, dans les gares, sur les plages, dans les salles de rédaction ou dans les supermarchés. Il n'est pas sûr pour autant que le cinéma français s'empare de sitôt de cette situation tellement décevante pour un monde artistique rebelle à la réalité mais docile envers l'esthétisme académique.

L'attentat terroriste contre le Thalys nous offre au rebours et caricaturalement des protagonistes conformes à une réalité désormais permanente que l'académie esthétique refuse toujours de regarder en face:
- un terroriste islamique radical d'origine nord-africaine déjà platoniquement fiché pour ses convictions djihadistes. Énième portrait-robot du nouveau raciste qui correspond au cauchemar récurrent de la gauche xénophile.
- deux marines américains déterminés et efficaces. Exactement le genre de caricatures de Rambo que certains spectacles de marionnettes audiovisuelles convenus font rosser publiquement pour cause de combat déterminé et efficace contre l'islamisme.
- des membres du personnel du service public du transport ferroviaire dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils n'ont pas versé dans un héroïsme exceptionnel. Nouvelle gêne pour les thuriféraires du service public à la française.

À ce dernier sujet, deux remarques: la première est que l'auteur de cet article aura le courage seulement intellectuel d'avouer qu'il ignore bien de quel comportement il aurait pu faire montre dans le feu paniquant de l'action criminelle. La seconde est que le personnel du service public concerné n'est pas préparé psychologiquement, c'est le moins que l'on puisse dire, à se comporter héroïquement, ni même civiquement.

C'est ainsi par exemple que le syndicat majoritaire chez les postiers avait refusé de participer à l'examen des colis suspects pendant les attentats islamistes de 1995, sous prétexte que «ce n'était pas dans les attributions habituelles du personnel».

Comment, d'autre part, attendre un comportement exemplaire, dès l'instant où la direction de la SNCF a toujours pris, par crainte révérencieuse, le parti de son personnel syndiqué au détriment de ses clients usagers. L'attitude, aujourd'hui, de Guillaume Pépy et de ses proches collaborateurs semble ne pas déroger à l'attitude de ses prédécesseurs. C'est ainsi que j'avais dénoncé en son temps, mais bien seul, le comportement de ce patron de la SNCF qui présidait l'institution au moment du terrible accident de la Gare de Lyon qui avait fait, en 1988, 56 morts et 57 blessés curieusement occultés par les médias. Le responsable principal indiscutable de la catastrophe était le conducteur du train qui n'avait même pas été licencié. À l'issue de sa condamnation par le tribunal correctionnel (avant confirmation par la Cour d'appel de Paris en 1993), les syndicats du personnel s'étaient mis en grève. Réaction publique du président SNCF: «je comprends bien l'émotion des syndicats». L'émotion des familles des 113 victimes pouvait , elle, être portée sur le compte des profits et pertes…

Mais l'attitude de ce membre de l'élite technocratique, soyons juste, ne détonnait pas par rapport à une classe médiatique, comme toujours obséquieuse envers les syndicats ombrageux. On comparera avec l'esprit critique acéré de la presse, quand des responsables politiques ou industriels sont mis en cause pour non-respect des normes de sécurité, pour parfois beaucoup moins que cela.

Si l'on veut bien regarder la vérité en face, c'est l'Europe, et notamment celle du Sud, France comprise en raison de son tropisme idéologique, qui s'en va se cogner contre le mur de la cruelle réalité. Et à un train d'enfer.
On ratiocine sur l'inutilité de la fameuse fiche S. Mais aujourd'hui encore, il n'existe toujours pas en Europe (au rebours de l'Amérique du Nord, de l'Australie et de la Grande-Bretagne) - pour cause de résistance d'un Parlement européen esthétique - un fichier de données sur les usagers des transports aériens.

Surtout, on ne veut toujours pas vouloir voir que le vivier dans lequel les donneurs d'ordre du terrorisme islamique radical peuvent puiser continue de grossir tellement que la capacité de surveiller et d'agir des services compétents s'en trouve annihilée, a fortiori dans les sociétés démocratiques ouvertes.
À ce sujet, refuser de considérer l'arrivée des migrants d'Orient autrement que comme une invasion en dépit de leur nombre, de son rythme effrayant et de l'illégalité manifeste de la violation des frontières européennes participe de cette idéologie mortifère du refus de la réalité.

Continuer de refuser de voir qu'à côté de migrants qui ont droit à l'asile, d'autres non éligibles devraient être expulsés sans délai ni état d'âme esthétique désormais hors saison participe du même aveuglement .
Refuser de voir encore que parmi ceux-ci, il existe de nombreux islamistes parfois envoyés par Daech - dont certains rejetaient des migrants chrétiens à la mer - qui vont grossir encore un vivier terroriste, précipite davantage l'Europe vers le mur. Et à un train d'enfer.
C'est dans ce contexte idéologique délétère, que la gauche extrême - dont on ne dira jamais assez la responsabilité morale qu'elle porte dans la situation - fait montre de son insoutenable légèreté pour traiter de l'affaire grecque.

Hier encore, elle ne jurait que par M.Tsipras, nouveau titan ailé au Panthéon socialiste. Mais celui-ci, confondu par ses mensonges répétés et à géométrie variable, de promesses électorales fallacieuses à référendum non respecté, voici que le nouvel héros mythique se nomme Varoufakis. Les Montebourg et Mélenchon qui hier encore étreignaient Alexis, baisent aujourd'hui la main du demi-dieu Yanis. Au fond, cette gauche-là n'est à l'aise que dans l'esbroufe tout-terrain et la jactance hors-sol. Elle n'aura jamais le courage de soutenir longtemps les régimes politiques qu'elle aura suscités.
Pas question de se reconnaître ni dans l'URSS, ni dans Cuba, ni dans la Chine, ni dans la Corée, ni dans le Cambodge. On soutenait le Venezuela… mais on ne dit plus rien. On ne soutient donc plus Tsipras. Place à une autre chimère.

Si encore cette incapacité permanente de mesurer l'écart entre l'idéal et la réalité incitait à la politique modeste, après tout on a bien le droit de vouloir continuer de vendre l'utopie quand bien même on s'est toujours trompé.

Mais ces démagogues amnésiques se font obligation d'être toujours arrogants autant qu'intolérants. Il est vrai que la démagogie est née en terre hellénique. Ils ont pour eux la réalité linguistique.
 
Gilles William Goldnadel ©


 

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 10:18

Paru dans FIGAROVOX LE 14/08/15

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Goldnadel : «Ce qui nous menace n'est pas l'excès de patriotisme, mais le vide existentiel»

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Durant le mois d'août, FigaroVox fait le point sur les évènements qui ont marqué l'année avec ses chroniqueurs réguliers. Gilles-William Goldnadel revient sur la faillite du 11 janvier, l'essor de l'Etat islamique et le conflit israélo-palestinien.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Il tient une chronique hebdomadaire sur FigaroVox.

LE FIGARO. - Que retenez-vous de l'année écoulée?

Gilles-William GOLDNADEL. - Les montées en puissance de l'État islamique sunnite par ses agressions sanguinaires et de la République islamique chiite par l'obtention d'un accord avec les grandes puissances lui accordant une manne financière et le droit de conserver l'essentiel de ses acquis nucléaires, enfin les attentats mortels commis contre Charlie hebdo et l'Hyper-casher.

 

Quels enseignements peut-on tirer?

Les islamistes représentent la force aujourd'hui la plus agressive et la plus déterminée à dominer une bonne partie de la planète. Ses partisans sont prêts à faire le sacrifice de leur vie pour y parvenir: courage ou folie peu importe, cet état de fait leur confère une supériorité indéniable.

En revanche, les Occidentaux placent leur vie et leur confort individuel au sommet de valeurs hésitantes et relatives. Ajouter à cela une bonne dose de candeur, une dilection quasi-pathologique pour l'altérité et une sollicitude fascinée pour la radicalité, et vous comprendrez que le rapport de force en théorie infiniment en leur faveur est inversé. Le fait que l'Amérique d'Obama se soit en ce sens européanisée représente un facteur supplémentaire d'affaiblissement.

 

Que vous inspire la polémique autour de Tel-Aviv sur Seine?

Elle n'est que l'énième avatar estival d'un phénomène désormais permanent: la délégitimation systématique de l'État juif. Il est essentiel et manifestement jubilatoire pour les contempteurs obsessionnels de cet Etat de se saisir de toute occasion pour le traiter singulièrement et le remettre ainsi symboliquement en question. Aucun autre État, fût-il le plus totalitaire, n'est traité de cette manière. Nous ne sommes pas dans la réalité, nous sommes dans le cadre d'un rite sacrificiel fantasmatique. Pour ne prendre qu'un seul exemple, la Chine communiste a été mise récemment à l'honneur en France, peu importe qu'elle foule aux pieds les libertés ou qu'elle opprime le peuple tibétain, les cérémonies n'ont fait l'objet d'aucune contestation. L'État juif est le juif des nations, et plus encore celui des groupes d'extrême gauche ou islamistes. Un jeune Français d'origine algérienne déclarait récemment sur Twitter que «l'image de l'État d'Israël c'est l'apartheid, les colonies, et le massacre des Palestiniens». Personne ne dit que l'image de l'Algérie c'est: «la corruption, la faillite totale du système économique et démocratique et la négation des droits du peuple kabyle» et pourtant, je soutiens que cette image colle bien davantage à la réalité, raison pourquoi elle est taboue et que nul ne s'aviserait à mettre en question un éventuel «Alger sur Seine». J'observe enfin que le souvenir des émeutes et attentats islamistes antijuifs récents et la crainte justifiée d'autres à venir sont sans effet modérateur. L'esprit Charlie auquel je n'ai jamais cru était bien une foutaise.

 

L'antisionisme est-il forcément synonyme d'antisémitisme?

La question de savoir si l'antisionisme est rigoureusement synonyme d'antisémitisme me paraît dénuée d'intérêt pratique. En toute hypothèse, et par une sorte de perversion intellectuelle, elle sert de prétexte aux antisionistes pour reprocher aux défenseurs du droit d'Israël à l'existence et à la sécurité l'instrumentalisation de l'antisémitisme. La négation de ce droit national me paraît, à ce stade de l'existence tragique du peuple juif, toute aussi immorale que l'antisémitisme classique. Au demeurant, je ne place pas celui-ci au sommet de l'abjection humaine: la stupidité, l'ignorance, la disproportion insensée, le mensonge, la jalousie me paraissent infiniment plus répréhensibles. Il est vrai que ce sont les ingrédients habituels de l'antisémitisme intemporel…

J'observe enfin que, comme dans le schéma classique du «bon juif» , on a introduit le concept d'Israéliens acceptables à opposer aux autres à détester. Ici, c'est le bobo pacifiste et cosmopolite tel-avivien, gay-friendly, de gauche, qui a voté majoritairement contre Netanyahou aux dernières élections. Manifestement, ce distinguo subtil n'est pas appliqué à l'égard du peuple arabe de Palestine qui s'est prononcé en faveur du Hamas extrémiste lors des dernières élections libres et alors même que le processus de paix fonctionnait encore. Manifestement encore, ce concept du nouveau bon juif, est impuissant à calmer les ardeurs des anti-Israéliens les plus fanatiques… Comme dans le schéma classique.

 

350 000 colons israéliens occupent plus de 40 % de la Cisjordanie. Et la perspective de deux Etats s'éloigne. Si en France, certains pro- Palestiniens instrumentalisent dangereusement le ressentiment d'une partie de la jeunesse des banlieues, les pro-Israéliens ne font-ils pas également preuve de cynisme en ignorant le problème de la colonisation?

Je ne nie absolument pas que la présence d'implantations juives au milieu de populations arabes homogènes et majoritaires fasse grand problème. Je reconnais au demeurant la légitimité du nationalisme arabe palestinien, contrairement à certains pro-Israéliens extrémistes et bornés. Je le nie d'autant moins que je défends en France le droit existentiel de la population française originelle de contrôler les flux migratoires. Il est cependant éclairant que ce soit des groupes politiques d'extrême gauche, les moins enclins à reconnaître ce droit, qui contestent toute présence juive dans des territoires disputés. Et pourtant, la présence d'un juif en Judée, fût-elle problématique, ne devrait pas les révulser davantage que la présence d'un musulman sans-papier en France…

Sur le fond, et au rebours du prêt-à-penser obligatoire dans la France d'aujourd'hui, je soutiens que le principal problème qui se pose encore et toujours pour le règlement de la question israélo-palestinienne est le refus persistant des Arabes de Palestine de reconnaître la légitimité politique de la présence juive sur une portion seulement d'une terre qu'ils considèrent toujours comme entièrement arabe et musulmane. Aucun représentant de la Palestine, fût-il le plus «modéré», ne s'est jamais décidé à accepter un compromis historique définitif sur cette base, tel que proposé à plusieurs reprises par la partie adverse. Aucun non plus, n'est réellement sorti, dans la meilleure des hypothèses, de son ambivalence envers un terrorisme devenu culturel. Si tel était le cas, je suis convaincu qu'il se trouverait une grande majorité de juifs Israéliens pour accepter un partage territorial, fût-il fort douloureux pour certains. Mais dans le cadre d'une paix définitive et certaine, non d'un marchepied pour un nouveau conflit sur une base stratégique plus dangereuse pour un État très fragile. On ferait bien de comprendre cela en France, plutôt que de jeter de l'huile sur le feu des passions et d'encourager l'irrédentisme arabo-musulman.

 

Vous êtes à la fois fervent patriote français et un défenseur infatigable de la cause israélienne. Comment conjuguez-vous cette double appartenance ?

Je ne vois aucune contradiction dans cette proposition. C'est bien parce que je suis un défenseur de toutes les identités que je me sens à la fois profondément l'un et l'autre. Aujourd'hui, ce qui menace l'homme européen, ce n'est pas l'excès de patriotisme, mais le vide sidéral, au sein duquel les islamistes font leur nid. J'aurais passé une grande partie de ma vie d'homme a tenté d'expliquer qu'en raison du traumatisme psychologique post-shoatique, le fantasme européen est passé du tout aryen au rien du tout. J'ajoute que mon combat principal contre l'islamo-gauchisme que je considère aujourd'hui comme le premier totalitarisme revient à défendre une conception de l'État-nation occidental démocratique et de culture judéo-chrétienne que celui-ci abhorre pathologiquement jusqu'à verser dans le racisme anti blanc. Autrement dit, lorsque je défends la France, je défends Israël. Et réciproquement.

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 12:34

Article paru dans Le Figaro (édition papier) du 5 août 2015

Bébé palestinien tué par des extrémistes juifs: À mon tour, je dis «pas d'amalgame» par Gilles William Goldnadel

Un drame est un drame. Aucune excuse, aucune espèce d'indulgence ne saurait accueillir le geste ignoble d'avoir incendié cette maison en Palestine qui a occasionné la mort atroce d'un bébé palestinien. Il ne s'agit pas d'une simple précaution: Ce bébé palestinien est mien, et je ne fais aucune différence avec la mort insupportable d'un bébé israélien. Je n'ai pas attendu cette tragédie pour savoir qu’il existait au sein de la société israélienne, comme au sein de toute communauté nationale et religieuse, des fous, des exaltés, des crétins et des salauds qu’il convient de traiter avec la plus extrême sévérité. Je n'ai pas la religion des territoires, et je mentirais en disant que la coalition laïco-religieuse au pouvoir en Israël – imposée par un système électoral inepte – correspond à mes vœux les plus ardents.

Ayant pesé chaque mot au trébuchet de ma conscience, qu'il me soit permis à présent d'écrire que je ne saurais accepter qu'à nouveau un tel drame donne lieu à un psychodrame comme seul le conflit israélo-palestinien peut en accoucher, gros à nouveau de nouvelles catastrophes. Nous en avons, hélas, la triste habitude : en 1982, après le massacre de Palestiniens à Sabra et Chatila, succédant lui-même à celui, passé sous silence, de chrétiens à Damour, c'était Sharon le criminel de guerre et non les phalangistes. Après l'assassinat du malheureux Yitzhak Rabin, Benyamin Nétanyahou était déjà désigné comme ayant tenu l’arme du crime. Aujourd'hui, le même est censé avoir jeté le cocktail Molotov dans la maison incendiée. Comment expliquer, par exemple, que des journalistes français puissent vouloir faire porter l'entière responsabilité de la mort du malheureux petit sur un gouvernement israélien qui l’a pourtant dénoncée immédiatement comme « un acte terroriste » ? Ces commentaires ne s’expliquent que par la psyché très particulière d’observateurs qui se voudraient objectifs et rationnels.

C'est ici qu'une mise au point essentielle s'impose. L'immense majorité du peuple Israélien condamne sans appel l'incendie criminel. L'ensemble de la représentation politique israélienne, de l'extrême droite à l'extrême gauche, en passant par les partis religieux orthodoxes, le dénonce vigoureusement. Une manifestation nombreuse et plurielle a été organisée à Tel-Aviv le 1er août pour le réprouver avec indignation.

Le 11mars 2011, dans le village d'Itamar, deux terroristes palestiniens pénètrent dans la maison de la famille Fogel. Ils assassinent les parents et égorgent trois de leurs enfants dont un bébé de 3 mois. Aucune manifestation n'a eu lieu à Ramallah. Si ce n’est de joie. Sondés, un tiers des Arabes de Palestine ont déclaré approuver le geste des assassins.
Un autre exemple. Le président de l'Autorité palestinienne, le « modéré » Mahmoud Abbas, s'est rendu à Beyrouth. Il y a donné l'accolade à un certain Samir Kountar, proche du Hezbollah et l'a traité comme un « résistant ». Or celui-ci avait été condamné en Israël pour avoir fracassé le crâne d'une fillette à l’aide d’une pierre. On trouve pourtant peu de commentateurs pour condamner cette complaisance chronique de la représentation politique palestinienne et d’une partie de la société palestinienne avec un terrorisme aveugle qui se poursuit dans l'indifférence absolue.

Je n'écris pas ces lignes amères seulement pour fustiger une hémiplégie morale et intellectuelle dont j'aurai passé une bonne partie de ma vie d'homme à expliquer les ressorts obscurs.
Il ne s'agit pas seulement d'une question élémentaire de justice et d'équité. Il s'agit, encore et surtout, de faire en sorte de ne pas alimenter de l'extérieur un conflit centenaire suffisamment passionné.
Il existe au sein de la société israélienne, et pas seulement à gauche, une classe intellectuelle qui s'impose à elle-même, au nom de la morale juive, des exigences éthiques particulières, sans égard aux actes de l’Autre. On ne peut qu'en prendre acte. Mais que des éléments extérieurs à la nation juive puissent décréter des normes et des conduites différentes aux adversaires en conflit et selon des critères mystérieux, relève de l'irresponsabilité intellectuelle.

Les uns vont trouver dans l'absence de condamnation de leur conduite la plus extrême une compréhension de l'injustice qu'ils subissent valant encouragement à poursuivre selon les mêmes méthodes. Les autres, dans la systématisation unilatérale de leur réprobation, la preuve que, décidément et en l'absence de toute justice équitable, seule la force solitaire peut prévaloir pour survivre.

Il est étrange et inquiétant que les mêmes qui répètent obsessionnellement « pas d'amalgame ! » lorsqu'il s'agit des crimes islamistes soient infiniment moins précautionneux en d'autres circonstances. Si l'on veut sincèrement que cesse un jour cette tragédie israélo-palestinienne, avec ses retombées inflammables et criminelles également en France, encore faudrait-il s'essayer à ne pas l'alimenter par des jugements strabiques.

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 12:27

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ACTUALITE JUIVE - N° 1355  – Jeudi 30 juillet 2015

 
«Réflexions qu'il est permis d'avoir hacker»

Je ne vais  pas  me donner le ridicule de plaider dans ces colonnes en faveur de mon client Grégory Chelli alias « Ulcan » encore surnommé le « hacker sioniste ».
 

Ce n'est pas le lieu, et je ne prétends pas à l'objectivité. En revanche, ici mieux qu'ailleurs, on comprendra pourquoi il existe dans la manière dont certains journaux hexagonaux présentent l'affaire qui le concerne les ingrédients trop habituels au conflit palestinien, en matière d'exagération fantastique, de disproportion et de morale sélective.
 
Je ne prétends évidemment pas que les mauvaises plaisanteries auxquelles s'est livré mon hacker de client sur des journalistes pro-palestiniens ne sont pas condamnables moralement et juridiquement. Il ne s'agit pas seulement d'une précaution écrite de ma part : Causer la frayeur, humilier son adversaire, déranger inutilement la police ne sont pas des méthodes admissibles.
Mais présenter celui-ci comme un criminel à enfermer d'urgence relève de l’exagération fantastique précitée.
 
La même qui, s'agissant de la Ligue de Défense Juive, qu’il est parfaitement loisible de ne pas apprécier, faisait qu'elle était présentée l'année dernière comme la responsable des attaques contre les synagogues parisiennes …
J'observe d'ailleurs que ses censeurs les plus sévères, ceux qui crient à la violation du droit, sont les mêmes qui tressent des lauriers aux Assange, Snowden, Anonymous et autres lanceurs d'alerte et exigent leur impunité. Allez comprendre cette sélectivité dans le respect de la loi.
 
J'observe encore que les mêmes ont beaucoup ri lorsque Noël Godin, alias «l'entarteur», a une nouvelle fois entarté Bernard Henri Lévy. Qu’il me soit permis ici de dire qu'en dehors de l'amour d’Israël – ce qui n'est pas rien mais n'est pas tout –  j'ai peu de convergences avec BHL.
 
Je n'en suis que plus à l'aise pour écrire combien les commentaires ironiques et ravis devant son humiliation que j'ai lus dans la presse m’ont profondément écœuré.
 
A fortiori lorsqu'il s'agissait pour Godin de venger Siné «accusé injustement d'antisémitisme», moi qui ai fait condamner  le dessinateur pour ses propos ignobles envers les juifs.
Ayant déjà fait ce rapprochement entre le hacker et l'entarteur à la télévision, l'un des accusateurs de Chelli, Daniel Schneidermann du site « Arrêt sur image », le trouverait  «hasardeux ».

Peut-être, après tout, comparaison n'est pas raison. Mais c'est le même Schneidermann qui, dans les colonnes de Libé, a écrit un article en faveur de la libération du terroriste Ibrahim Abdallah, emprisonné  en France et qu'il considère comme « un prisonnier politique ».

Si le complice de l'assassinat de deux diplomates est un politique. Mon hacker, il est quoi ?

J’ai écrit exagération fantastique ?
 
 
Gilles-William Goldnadel ©
Président de France-Israël et d'Avocats Sans frontières

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 11:19

Gilles William Goldnadel
Président de France-Israël

 


interviewé

par Philippe Bilger

 



Pour visionner cliquez ci-dessous

https://www.youtube.com/watch?v=hdyOqO5cbtE


 

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 12:33

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Goldnadel: De quoi le harcèlement sexiste est-il le nom ?

Publié le 21/07/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Manuel Valls à Berlin, Cécile Duflot et les migrants, l'affaire du Cartlon et les juges: Gilles-William Goldnadel fustige les donneurs de leçons de morale incapables de s'appliquer à eux-mêmes les règles qu'ils dictent aux autres.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.
FIGAROVOX/TRIBUNE - Gilles-William Goldnadel estime que la notion de «harcèlement se.xiste» est trop vague et empreinte de moralisme idéologique pour être pénalement répréhensible.

Les anti-harceleurs nous harcèlent. La pénalisation du harcèlement moral au travail, et l'auteur de cet article n'est pas le plus mal placé pour en discourir, a entraîné une inflation de plaintes, cornaquées notamment par la CGT qui en a fait l'un de ses fonds de commerce, qui paralysent plus encore des tribunaux correctionnels qui ne souffraient pourtant pas d'un désoeuvrement particulier.
Avant cela, il s'agissait d'une infraction sociale, difficile à établir, mais seulement sanctionnée par la juridiction prud'homale, et c'était bien ainsi. Depuis, certains roublards de toute sorte instrumentalisent la justice répressive à coup d'arrêts de travail opportunistes quand ce n'est pas de tentatives de suicide imaginaires. Sans parler des nombreuses personnes qu'une loi médiatique imprécise mais tentatrice a persuadées de bonne foi qu'elles étaient les victimes des méchants patrons.


C'est dans ce même esprit d'encouragement simpliste et victimaire que Benoît Hamon a décidé de faire porter le chapeau financier du «burn out» aux entreprises déjà souffreteuses en désirant faire de cette maladie psychique méconnue, multiforme, subjective et pluricausale, une maladie professionnelle exclusivement causée par l'entrepreneur stressant… sauf qu'elle n'est pas professionnelle ou purement professionnelle.

Pour l'instant, notre ministre du Travail, dans sa sage droiture, n'a pas dit oui, mais dans son souci de ménager la gauche extrême, n'a hélas pas dit non.
La même traque idéologique des harceleurs est aujourd'hui appliquée avec un zèle revendiqué à la répression du comportement se.xiste dans la rue.
C'est dans ce cadre que Mme la Secrétaire d'État Pascale Boistard a présenté son «plan national de lutte contre les violences s.exuelles et le harcèlement s.existe dans les transports en commun» le 9 juillet dernier.
Il est évidemment ridiculement inutile d'avoir à préciser ici que les violences se.xuelles, lorsqu'elles sont avérées, doivent être réprimées sans faiblesse, et qu'elles le sont.

Les injures se.xuelles sont également réprimées par le droit positif actuel. Une femme qui se fait traiter de «salope» peut également poursuivre son agresseur verbal sans qu'il soit besoin de créer une nouvelle catégorie conceptuelle. Idem pour celle qui se fait peloter dans le métro.
On comprend également que le comportement actuel se.xuellement agressif de nombreuses personnes peut exaspérer légitimement de nombreuses autres, sans défense.

 

 

Il n'est pas déplacé de suggérer ici que la société moderne et multiculturelle, célébrée il y a peu encore extatiquement, n'a pas fait la preuve, ici encore, de ce qu'elle était contributrice de bonheur et de progrès.

Il n'en demeure pas moins que le «harcèlement», notion infiniment floue, et soumise à une spéculation intellectuelle subjective est, si l'on ose dire, de maniement délicat, surtout lorsque l'on entend le réprimer pénalement. Il devient objectivement liberticide si l'on se soumet, comme en l'espèce, à une idéologie néo- féministe agressive jusqu'à l'absurde.
C'est ainsi que les travaux ministériels portent notamment la marque d'une association auditionnée telle que «Osons le féminisme», dont le moins que l'on puisse dire qu'elle ne se caractérise pas par la tempérance et la modération.
Une promenade guidée dans le rapport ministériel intitulé «Avis sur le harcèlement se.xiste dans les transports en commun» publié le 16 avril illustrera mon propos.

Tout d'abord, la lettre de saisine adressée par Mmes Touraine et Boistard à la présidence du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes et entendant lutter expressément contre le se.xisme vise exclusivement «le harcèlement se.xiste auquel les femmes doivent faire face dans l'espace public». Il se trouve qu'une étude réalisée au printemps 2014 dans le métro new-yorkais précise que 25 % des harcelés seraient des hommes. (selon l'association «Stop street harassment»).
Bien sûr que la majorité des victimes de harcèlement est féminine, mais un quart, c'est beaucoup pour ne pas être rien. On retrouve à peu près la même péréquation en matière de violence conjugale, avec le même déni des féministes bien en cour. Que l'institution officielle chargée de faire respecter l'égalité entre les se.xes et de réprimer le se.xisme, piétine la première et pratique le second, est un comble qui en dit long par ses silences.

La définition officielle du «harcèlement se.xiste» laisse également le citoyen juriste perplexe.
À coté d'évidences dûment réprimées déjà par le Code Pénal (exhibitions, exposition d' images pornographiques, baisers forcés, main aux fesses etc.) cohabitent des comportements dénoncés comme harcelants qui trahissent un moralisme idéologique discutable et dont la preuve surabondamment, est malaisée à rapporter. Exemples croustillants:
- «Le sifflement»: Certaines femmes le trouvent agréable à l'oreille (#plutôtsympa) (Sophie de Menthon), d'autres l'abhorrent (Sofia Aram). Allez ensuite essayer d'y entendre quelque chose. Entre le peintre italien, sur son échelle, qui siffle gentiment au passage d'une belle et deux butors qui le font narquoisement pour assouvir leur frustration, souhaitons bon courage au procureur de la République pour notifier au siffleur répréhensible un rappel à la loi tel que préconisée finement par nos éminences ministérielles.
- «Commentaires sur le physique ou la tenue vestimentaire»: déjà une pétition signée par des femmes journalistes dans Libération se plaignant du comportement des hommes politiques avait fait un méchant sort aux compliments que ceux-ci se seraient autorisés à faire à celles-là.

Toute honte bue, et prenant conscience tardivement de mon attitude répréhensible que je promets de corriger, je confesse qu'il a pu m'arriver, par beau temps et l'humeur légère, de complimenter par le sourire ou d'un mot qui se voulait gentil, un visage agréable ou une robe seyante.

Pour tenter d'obtenir l'indulgence, je jure que je n'avais d'autres projets que de faire plaisir. Et ma modestie légendaire dût-elle en souffrir, il a pu arriver (mais il y a longtemps) que le sourire me fût rendu.
- «Présence envahissante» («jambes écartées»): l'avocat qui signe, ne peut, par prudence, que recommander à tout usager du métropolitain de se.xe mâle une utilisation minimale de l'espace qui lui est dévolu, les deux genoux donc strictement collés l'un contre l'autre. Le texte étant muet, s'agissant des femmes, on en déduira qu'elles ont toute licence pour écarter les jambes sans être taxées de harcèlement.

- «Regard insistant»: le même usager regardera ses deux genoux fixement. Une attitude humble sera appréciée par le ministère, et devrait être de nature à éviter toute poursuite injuste.
- «Invitation insistante»: les documents ministériels précisent utilement «que la drague n'a rien à voir avec le harcèlement» la première requérant, paraît-il, le consentement des deux personnes. Compte tenu de la prise de risque initiale inhérente à cette curieuse définition, je recommanderais néanmoins l'usage exclusif du réseau Internet pour toute entreprise de séduction désormais programmée sérieusement et méthodiquement.

Certains couples, il est vrai, se sont formés dans les transports publics. Ce temps est révolu.
C'était avant que les gens très progressistes, très intelligents et très gentils qui nous gouvernent décident de s'occuper du bonheur des hommes et du bonheur des femmes.

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 11:41

Paru dans LE FIGARO (version papier)
Le 10 juillet 2015

L'ONU et Israël: Deux poids, deux mesures ?

par Gilles William Goldnadel

L'avocat et écrivain* dénonce le silence de la presse sur, selon lui, l'acharnement de l'instance internationale vis-à-vis de l’État juif.
 
La Cour pénale internationale est-elle raciste ?
Cette question a été posée dans un quotidien du soir il y a quelques jours. Le contexte était les poursuites – pour l’heure très platoniques – contre le président soudanais pour génocide au Darfour. Suivait une réflexion étonnée: la plupart des poursuites contre les chefs d’État concernent l’Afrique.
 
Il me paraît aussi inconcevable que tristement significatif que ni ce journal français ni un autre ne manifestent la même curiosité intellectuelle devant le sort ancien, permanent, incontestable, réservé par l’ensemble des organisations internationales au seul État juif.
 
Je veux écrire encore que ce traitement particulier, relevant de la cérémonie rituelle, m’a toujours fait défense de sombrer dans la justification empressée des actes d’une nation ou d’un gouvernement forcément faillibles et critiquables par nature, mais sommés de s’expliquer constamment.
 
Quelques mots pour décrire une situation jamais exposée dans la presse hexagonale:
Depuis la création en 2006 du Conseil des droits de l’homme de l’ONU jusqu’à aujourd’hui, l’État juif, à lui seul, a fait l’objet de plus de condamnations (61) que l’ensemble de toutes les nations réunies (116). La Syrie d’Assad a été condamnée 15 fois, la Corée du Nord, qui affame son peuple, à 8 reprises; l’Érythrée, tellement effrayante que ses habitants la fuient en masse, 3 fois; le Soudan génocidaire, 2 fois; la Turquie qui détient le record d’emprisonnement de ses journalistes et qui occupe Chypre depuis 1974, jamais. Cette situation surréaliste a contraint la représentante d’une Administration Obama, peu suspecte de complaisance aveugle envers l’État hébreu, de déclarer: «L’acharnement du Conseil vis-à-vis d’Israël dont les faits et gestes sont systématiquement à l’ordre du jour ne s’applique pas aux autres pays, même à ceux qui perpètrent les pires violations contre les droits de l’homme.»
 
Le juge Richard Goldstone fut chargé par l’ONU d’enquêter sur les crimes de guerre qu’aurait commis Israël lors de l’opération « Plomb durci » en 2009 contre le Hamas. La presse internationale a fait ses choux gras des premières conclusions du magistrat, sévères à l’encontre de Tsahal. Stéphane Hessel, dans son fameux best-seller planétaire, s’en est délecté.
 
Mais coup de théâtre, le 1er avril 2011, le juge Goldstone fait son mea culpa dans le Washington Post :
« Nous en savons bien plus aujourd’hui sur ce qui s’est passé durant la guerre de Gaza. Il n’y a aucun doute que des crimes délibérés ont été commis par le Hamas, qui utilisait des boucliers humains. En revanche, concernant l’État juif, qui a le droit de défendre ses citoyens contre les attaques venant de l’extérieur et qui a consacré d’importants moyens pour enquêter sur des incidents, il n’y a pas eu de politiques ciblant intentionnellement les civils. »
 
Qui  peut  soutenir  sérieusement que le  revirement du juge a reçu  en Europe la 
publicité nécessaire ?
 

Nouvelle offensive du Hamas durant l’été 2014, qui lance des bordées de missiles sur les villes Israéliennes, parfois en utilisant des écoles de l’ONU.
 
Riposte de Tsahal. À nouveau l’organisation internationale missionne une commission d’enquête présidée par l’expert William Shabas.
Israël conteste cette nomination. Haussement d’épaules de l’ONU et des médias internationaux. Quelques mois plus tard, William Shabas, convaincu d’avoir été payé par l’Autorité palestinienne, est contraint de démissionner. Combien de lecteurs l’ont-ils appris dans la presse européenne ?
 
Avant lui, Richard Falk, rapporteur spécial de l’ONU sur la Palestine, lui aussi largement encensé, bien que friand de comparaison entre les Israéliens et les nazis, avait été poussé vers la sortie pour avoir publié sur son site Facebook une caricature antisioniste. Ce fait, pourtant non dénué d’intérêt pour une presse gourmande de ce genre d’événements, n’a fait l’objet d’une publicité excessive.
 
À vrai dire, je ne sais tout à fait où se situe le centre du scandale. Au sein de la corruption financière et morale de l’organisation internationale, ou dans le silence effrayant des médias qui considèrent désormais que l’anormalité du sort réservé à l’État juif est devenue la norme ?
 
Mon propos n’est pas de geindre mais de tenter d’expliquer que tant que cette situation perdurera, il ne faut pas attendre de l’État qui en est la victime de sortir d’un sentiment obsidional, qui n’a rien de paranoïaque.
À se demander cependant si, comme Jupiter, les dieux de Manhattan ne voudraient pas rendre fou l’État qu’ils veulent perdre.
 
* Président de l’Association
France-Israël

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 10:48

Paru sur le site Valeurs Actuelles

http://www.valeursactuelles.com

http://www.valeursactuelles.com/societe/gilles-william-goldnadel-pas-damalgames-53995

29 juin 2015

 

Gilles-William Goldnadel: « Pas d'amalgames ! »

 

L'oeil de Goldnadel. Chaque semaine, l'avocat Gilles-William Goldnadel propose aux lecteurs de Valeurs actuelles son regard sur l'actualité. Après l'attentat commis par Youssin Sahli vendredi 26 juin en Isère, il dénonce le refrain repris systématiquement par la gauche après des actes terroristes revendiqués au nom de l'Islam: "Pas d'amalgames".

 

« Pas d’amalgames, ne jouons pas sur les peurs ! » Voilà M. Cambadélis reparti dans ses mantras védiques au lendemain de la première décapitation sur la terre de France et d'un attentat contre une usine de gaz. La gauche n'aura cessé d'instrumentaliser la peur d'un fascisme imaginaire mais croit pouvoir donner des leçons de maintien. Elle est la seule à parler obsessionnellement d’amalgames entre musulmans pacifiques et islamiques radicaux.

Le nouvel attentat sonne le glas de la France de Oui-oui et de l’esprit Charlie. Finies les grand-messes compassionnelles et narcissiques. Les marches blanches forcément silencieuses. La repentance obligatoire contre un « apartheid social et ethnique » fantasmatique. Le consensus mou destiné à étouffer la colère des gens. Après tout, pourquoi ne seraient-ils pas en colère les gens ? Pourquoi n'auraient-ils pas le droit de détester la haine et de donner son nom ?

On les assassine, on les envahit tout en les injuriant, on arrache leurs racines, on piétine leurs frontières, des potentats armant le bras des assassins achètent médias et politiques, on veut les remplacer jusque dans leurs lieux de culte, on les désinforme, on les bâillonne, et on voudrait qu'ils disent merci, bravo et encore.

Ils ont compris, les gens, que ceux qui leur donnent les leçons d’après décapitation, ont perdu depuis longtemps la tête et qu’ils ont fait de leur pays une dangereuse usine à gaz.

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 11:03

Paru dans FIGAROVOX LE 22/06/15
lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/
 
http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/06/22/31003-20150622ARTFIG00328-fuite-d-eau-danemark-charleston-le-requisitoire-de-goldnadel.php

«Fuite d'eau», Danemark, Charleston: Le réquisitoire de Goldnadel

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Le Danemark et son parti «xénophobe», l'impérieux et nécessaire accueil des migrants, Nicolas Sarkozy et la «fuite d'eau», Barack Obama et sa politique raciale : Gilles-William Goldnadel dénonce la force de frappe médiatique de l'idéologie bienpensante.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Ils n'ont plus que cela, mais ils l'ont encore. La force de frappe médiatique. Avec l'idéologie spécieuse qui va de pair.
Ainsi lorsque le peuple grec a porté au pouvoir un parti qui lui a promis la lune, la hausse du SMIC et des retraites et l'annulation de sa dette, il n'était pas question de parler de populisme ou de rappeler l'origine hellénique du mot démagogie. Pas question non plus de qualifier d'extrême gauche une formation dont beaucoup de ses membres viennent du parti communiste. On sait que l'extrémisme ne sied bien qu'à la droite.

Le peuple grec ayant tranché souverainement, il convient paraît-il de l'écouter religieusement. Quant à faire remarquer que M. Tsipras s'est placé dans l'alternative de devenir un escroc à l'égard de son peuple ou un maître chanteur à l'égard de l'Europe, voilà qui est téméraire dans la France médiatique.

On comparera avec l'accueil hexagonal fait au parti du peuple danois, issu pourtant lui aussi de la volonté populaire. Le terme de «populiste» est sans doute le plus aimable. Et bien entendu, ce parti est classé cette fois expressément à l'extrême droite, sur une case noire de l'échiquier politique. Parce qu'il rappelle que le Danemark n'a jamais été une terre d'immigration et qu'il aspire à accueillir de manière contrôlée une immigration laborieuse, le voici devenu «parti anti-immigrés». Quant à la radio d'État France Info, dès le vendredi, il était devenu définitivement «xénophobe». Apparemment les médias parlent mieux le grec que le danois.
Ils ont donc encore la force médiatique, mais elle cogne moins fort. La dure réalité est passée par là.
Les attentats, l'insécurité, l'évidence plus forte que l'idéologie.

Bien sûr, ils tenteront, ils tentent déjà, de nous refaire le coup des fantasmes et de l'instrumentalisation de la peur de l'étranger. Les migrants ne seraient pas si nombreux à vouloir migrer. Mais on ne refait pas deux fois le même coup de bluff. Celui de nous avoir dit que l'immigration était un fantasme de beauf qu'il convenait de ne pas évoquer, pour nous signifier un beau matin que ce n'était plus la peine d'en discuter, puisque la France était devenue multiculturelle.

Bien sûr, la force de frappe est intacte, ainsi ce jeudi matin sur France Inter, l'ensemble du discours de la radio de service publique - sans aucune exception (éditorial de Bernard Guetta, intervention de Anne Hidalgo et de l'ensemble des auditeurs y assortis) - tendait à vouloir démontrer que l'accueil des migrants était une nécessité ordonnée tant par l'intelligence que par le cœur. Quant au journal d'ARTE, le matraquage était systématique, quotidien et délibéré, le mot «pluralisme» étant inconnu dans langue publique franco-allemande.

Mais il faut dire qu'il était nécessaire de faire oublier la déclaration de Robert Badinter, grande conscience de la gauche, reconnaissant que la France n'était pas dans la capacité d'accueillir tous les migrants. Bien entendu, il est rare que ceux qui font le commerce public de la générosité hospitalière reconnaissent expressément que l'accueil des forceurs de frontières est illimité et donc que celles-ci sont devenues obsolètes, en même temps que la notion de nation.

J'ai donc savouré ce moment de vérité, que j'ai certes un peu sollicité, lors de mon dialogue jeudi dernier sur RMC avec le sympathique Ian Brossat, membre du PCF, en charge du logement et de l'hébergement à la mairie de Paris. Bien qu'il lui en coûtait, j'ai réussi tout de même à lui faire dire qu'il n'était pas question d'expulser les illégaux non éligibles au droit d'asile.
C'est dans ce cadre, où tout cadre légal ou national cède le pas au discours compassionnel, où la sollicitude n'existe qu'envers l'Autre et certainement pas à l'égard des populations en souffrance dans la sous-France, qu'à nouveau la guéguerre des petites phrases sert, à la manière d'un leurre, de diversion à l'absence de toute politique déterminée.

Encore qu'ici encore, l'idéologie opère sa loi de sélection naturelle: peu de réactions du pouvoir en place après l'étonnante sortie, venant d'une personnalité aussi respectable, de Dalil Boubakeur proposant de transformer les églises en mosquées, autrement dit Constantinople en Istanbul et donnant du corps et de l'esprit à la théorie du remplacement. Mais déchaînement après que Nicolas Sarkozy ait évoqué dans un meeting, fuites d'eau et canalisations. Ici encore la critique de l'immigration incontrôlée se transformant en stigmatisation des immigrés. Pour notre part, s'agissant de flux migratoires, l'image de l'eau ne nous parait ni incongrue, ni salissante.

Dans un domaine peu éloigné, l'unicité médiatique rend la critique de la politique incongrue de l'actuel président américain, apprécié bien davantage en France que dans son pays, bien congrue.

Seul dans la presse française, le professeur Guy Millière (BFM le 18 juin) a eu, au lendemain du drame épouvantablement écœurant de Charleston, l'indépendance d'esprit de faire remarquer que l'élection de Barack Obama n'avait pas résolu à elle seule la question raciale aux États-Unis. Après avoir rappelé que Dylan Roof était un criminel raciste indéfendable, que ni sa jeunesse ni peut-être sa folie n'excusait (comme on tente si souvent de le faire en Europe s'agissant d'autres «loups solitaires»). Millière a rappelé que le président a parfois, depuis le début de son mandat, jeté de l'huile sur le feu lors des divers incidents opposant des noirs à des blancs: affaires Trevor Martin en Floride ou Michael Brown dans le Missouri. Il rappelle aussi - ou plutôt il nous apprend, car ce fait est occulté en France - que le président a cru devoir à plusieurs reprises recevoir à la Maison-Blanche Al Sharpton, raciste anti-blanc et antisémite avéré. Millière a également fait remarquer que la politique de subventions orientées racialement n'a en rien réussi à diminuer la misère noire.

J'ajouterai que lorsque Barack Obama prétend qu'il n'y a qu'aux États-Unis où l'on attaque les lieux de culte, il marque son incompétence. Des centaines d'églises africaines ont été brûlées par les islamistes et je suis incapable d'en chiffrer le nombre effrayant de morts, sans parler des fidèles de la synagogue de Jérusalem-ouest assassinés par des membres du Hamas en novembre dernier.

La force médiatique de l'idéologie sommaire ne vaudra jamais celle de la vérité en marche. Mais elle la ralentit tragiquement. Au détriment des hommes.

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