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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 17:49

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Le 24 février 2015

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/02/24/31003-20150224ARTFIG00074-goldnadel-le-scandale-est-que-les-propos-de-cukierman-fassent-encore-scandale.php

Goldnadel: Le scandale est que les propos de Cukierman fassent encore scandale !

FIGAROVOX/ENTRETIEN- L'avocat Gilles-William Goldnadel réagit aux polémiques provoquées par les déclarations de Roger Cukierman sur le Front National et les musulmans. Il revient sur le dîner du Crif.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox

Le diner du Crif a provoqué une sérieuse polémique entre Roger Cukierman et le CFCM. M. Boubakeur a-t-il eu raison de ne pas se rendre au dîner ? Roger Cukierman a-t-il eu tort de pointer du doigt les musulmans ?
Il me semble que Roger Cukierman avait pris la précaution de préciser que les jeunes musulmans visés étaient ultra minoritaires. Dès l'instant ou il n'a fait que dire une triste évidence - tous les islamistes étant musulmans - et dans les circonstances actuelles, la décision de M. Boubakeur est déplorable et étonnante venant d'une personnalité aussi respectable.
En ce qui concerne l'antisémitisme Marine Le Pen est elle selon vous «irréprochable» comme l'a dit Roger Cukierman ?
Je vis ce qui s'est passé hier comme une régression intellectuelle et politique surréaliste après une saignée de janvier qui a montre dramatiquement ce que je dis depuis des lustres: la violence anti-juive est le produit de l'islamo-gauchisme. La détestation d'Israël (comme l'a reconnu enfin Hollande hier) est son moteur moderne. L'antisémitisme issu de l'extrême droite, pour exister encore, est subalterne. Ce qui est scandaleux, c'est que les propos de Roger Cukierman fassent encore scandale: cela prouve la force de frappe de l'idéologie gauchisante: depuis qu'elle est présidente du FN, Marine Le Pen n'a fait effectivement aucune déclaration anti juive qu'on puisse lui reprocher. Au rebours de son père, elle est sortie définitivement de l'ambiguïté a l'égard de la réalité et des horreurs de la Shoah. Ne pas en prendre acte c'est se montrer, en creux , nostalgique de l'extrême droite d'antan et des petits frissons shoatiques. En ce qui concerne le FN, en revanche, celui-ci n'a pas achevé son aggiornamento. Il conserve en son sein des personnalités notoirement antisémites ou proches du Hezbollah. Il doit choisir.

François Bayrou refuse de s'y rendre, le FN n'y est jamais invité, Nicolas Sarkozy y est resté une demi heure... Ce qui devait être un dîner de rassemblement n'est-il pas devenu un rendez vous politicien et même polémique ?
Je ne me rends plus aux dîners du CRIF depuis trois ans. Celui-ci paie a présent son tribut au politiquement correct et au fait d'avoir choisi de faire, à chaque fois, un pas en avant, un pas en arrière. J'exhorte depuis trop longtemps la communauté organisée à sortir de son hémiplégie morale et politique. Il est littéralement insensé après tout ce qui c'est passé, que le Parti Communiste (dont de nombreuses municipalités ont fait citoyens d'honneur des terroristes tueurs de juifs) et les Verts (dont certains membres ont participé aux manifestations sur Gaza qui ont viré a la haine et aux exactions anti juives) soient invités et pas le FN ! J'ai toujours dit à Roger Cukierman: «Ou tous les extrêmes, ou aucun !»... Quand on est incohérent et louvoyant, on le paye. La facture est arrivée.

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 17:33

Paru dans Figarovox /http://www.lefigaro.fr/vox

le 23 février 2015


http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/02/23/31003-20150223ARTFIG00146-goldnadel-la-seule-cause-nationale-lutter-contre-l-ideologie-de-la-connerie.php

Goldnadel: «La seule cause nationale: Lutter contre l'idéologie de la connerie !»

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Contre toute attente, le principal profanateur du cimetière juif de Sarre-Union est un antifasciste revendiqué. L'occasion pour Gilles-William Goldnadel de constater l'échec de l' «antiracisme professionnel».

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox


Misère de la gauche antiraciste. On ne peut pas dire qu'elle ait fait des merveilles pour éradiquer le mal. Depuis que SOS-Racisme a vu le jour, la haine raciale ne s'est jamais aussi bien portée et n'a jamais été aussi violente. À croire qu'ils ont eu raison, les linguistes psychologues qui ont fait observer que l'intitulé de l'organisation politisée signifiait qu'elle se proposait de secourir l'objet prétendu de sa détestation. Mais foin de philologie appliquée.

Un peu d'actualité. Encore raté: contrairement aux prévisions pleines d'espérance d'un député socialiste, le profanateur en chef du cimetière juif de Sarre-Union n'était pas membre du Front National, mais était au contraire un antifasciste revendiqué et détestait viscéralement le parti lepéniste.

Je sais, c'est difficile, mais c'est ainsi: les résistants de la 25ème heure entonnant le chant des partisans, les islamo-gauchistes à keffieh font des antisémites beaucoup plus sérieux, et surtout infiniment plus violents, que les héritiers en extrême droite ligne de Pierre Poujade.
En ce qui me concerne et depuis fort longtemps, lorsque j'entends quelqu'un me dire "je suis militant antiraciste", je cours me réfugier vers l'abri le plus proche. Ces gens-là ne peuvent imaginer qu'un blanc puisse vraiment souffrir ou un musulman avoir vraiment tort. Il est vrai que ces gens-là ont plus de préjugés que d'imagination.
Après cela, que les organisations antiracistes puissent être toujours à la manoeuvre les lendemains des tragédies sanglantes à organiser le défilé des pleureuses professionnelles, elles qui auront favorisé par leurs petits calculs et leurs grandes théories les tragédies, en dit long sur l'impudence et la folie du temps.

Autre actualité, toute aussi cruelle: M. Mélenchon a menacé de ses foudres judiciaires le distingué Dominique Régnier. Le sourcilleux président du front de gauche n'a pas en effet supporté que le politologue puisse affirmer, au micro de France Inter et sondages à l'appui, que ses électeurs fassent partie des plus antisémites du paysage politique. Bien lui en a pris d'ailleurs: À peine avait-il vu rouge que l'aimable radio de service public lui accordait un droit de réponse que ni le droit ni l'usage ne lui imposaient.

Sur le fond, je conseillerais à l'impétueux imprécateur de brider ses ardeurs judiciaires. Depuis Jules Guesde, il est acquis au débat politique que l'extrême gauche socialiste n'a jamais souhaité désespérer un «lumpenprolétariat» bouffeur de juifs, de curés et de bourgeois. Dreyfus comme Israël sont coupables d'être militaires et patriotes. Quant à M. Mélenchon, je ne sais s'il est antisémite, et à dire le vrai, je m'en moque. Dans la hiérarchie de l'horreur dangereuse, je place bien plus haut le carriérisme cynique ou le populisme démagogique. Après tout, le radical-socialiste Bousquet aura commis plus de tragiques dégats que le monarchiste Xavier Vallat.
Ce que je sais, c'est que le patron du Front de gauche aura beaucoup joué avec le feu en décrivant un Moscovici «incapable de penser français mais pensant finance internationale», en pleurant toute les larmes de son corps devant la dépouille embaumée d'un dictateur vénézuélien antisémite ou en demeurant inhabituellement placide à l'égard d'un terrorisme islamiste qu'il ne veut pas nommer. Je souhaite donc la modestie et le calme à M. Mélenchon.

Que reste-t-il des grandes envolées lyriques du lendemain de l'arrivée de Syriza sur l'Acropole ? Après la rixe mortelle entre nazillons bruns et nazillons rouges ? Et de l'esprit fumeux du 11 janvier ? Autant d'escroqueries morales orchestrées par la gauche futile. Autant d'occasions ratées par la droite inutile de renverser la table islamo-gauchiste. Restent aujourd'hui le gâchis et demain la suite de la tragédie.

PS: toujours aucune nouvelle de Mme Taubira, un mois après que je lui ai demandé, en ma qualité de président d'Avocats Sans Frontières, de saisir son parquet pour apologie de la violence à l'encontre des maires des nombreuses municipalités communistes qui ont fait citoyen d'honneur de leur ville des terroristes condamnés par les justices française ou israélienne. Il est vrai que le gouvernement et de nombreux médias préfèrent s'en prendre au maire de Béziers pour avoir exhibé photographiquement l'arme qui équipera sa police municipale. C'est beaucoup plus utile contre la terreur.


PPS: il est également vrai que la garde des Sceaux était occupée à ordonner à son parquet d'interjeter appel à l'encontre de la décision du magistrat instructeur refusant son non-lieu à la présidente du Syndicat de la Magistrature dans l'affaire du mur des cons.
Lutter contre l'idéologie de la connerie, voilà la seule cause nationale.

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 18:18

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/02/16/31003-20150216ARTFIG00151-copenhague-serait-on-enfin-en-train-d-ouvrir-les-yeux-sur-l-islamo-facisme.php

Juifs de France, Netanyahu, Valls: Une polémique inutile

Publié le 17/02/2015




FIGAROVOX/CHRONIQUE - Après les propos de Benjamin Netanyahu qui a appelé les Juifs d'Europe à s'installer en Israël, Manuel Valls a vivement réagi. Pour Gilles-William Goldnadel, les deux premiers ministres sont dans leur rôle.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.
 
En cette triste période où chaque mot est compté, le pouvoir français aurait pu faire l'économie d'une polémique gratuite et surréaliste avec le premier ministre de l'État d'Israël.
Qu'a donc déclaré ce dernier pour justifier l'ire publique des président de la république et premier ministre français: «Nous disons aux juifs, à nos frères et à nos soeurs: Israël est votre maison. Nous nous préparons et nous appelons à l'absorption d'une immigration massive d'Europe.»

Aucune injonction, seulement une invitation. Aucune critique de la manière avec laquelle les pays européens frappés par les crimes antisémites ont agi. À commencer par celle de la France. Chacun a joué la partition que ses obligations historiques lui imposaient.
Manuel Valls a dit et bien dit une nouvelle fois que les juifs de France étaient chez eux dans leur pays qui les aimait. Quant à Benjamin Netanyahu, à l'instar de tous les présidents du Conseil qui l'ont précédé, celui-ci a rappelé qu'Israël avait pour vocation d'accueillir en son sein tous les Juifs en danger de par le monde.
Si la notion d'État-refuge a un sens et une utilité, c'est de pouvoir servir par mauvais temps. Feindre d'ignorer cela, c'est contester la légitimité du sionisme politique.

Nul ne conteste la liberté des juifs en danger de choisir l'option qui s'offre à eux dans les temps terribles qu'ils rencontrent. Un juif français est parfaitement dans son droit de décider de demeurer coûte que coûte dans le pays qui est le sien depuis des temps immémoriaux. Mais nul ne devrait à sa place, au nom d'un courage facile par procuration, lui imposer ce choix.
Le premier ministre Israélien a dit encore «qu'Israël accueillera les juifs à bras ouverts». Aurait-on préféré que les bras restent fermés ? Imagine-t-on dans quel état psychologique se trouveraient de nombreux juifs en France, en ce compris cette immense majorité qui demeure déterminée pour l'heure à s'accrocher à cette terre de France qu'ils vénèrent, s'il n'existait pas quand même, au tréfonds de leur conscience, cette possibilité extrême d'un asile protecteur ?

C'est méconnaître aussi l'état d'esprit d'un peuple tourmenté par les fantasmes et les réalités de l'Histoire tragique que de les priver de cette extrémité si proche à leurs coeurs chavirés. Cette polémique est tellement stérile qu'elle en devient suspecte.
Il n'est pas si courant que les propos d'un responsable politique étranger soient contestés en place publique. Et s'il fallait le faire, ceux de ce ministre des affaires étrangères turc quittant à peine Paris et la manifestation du 11 janvier et qualifiant l'État juif d'État barbare nazi aurait pu faire l'affaire. Au lieu cela, ce fut le premier ministre d'Israël qui fut la tête de turc, commode et inutile.
Dans cette sortie étrange, le premier ministre français peut compter sur quelques juifs de Cour socialistes et complaisants. Lourde tradition historique que celle de vouloir complaire à certains médias et au pouvoir en place. La même qui les conduisit dans la mi-temps des années 80 à accompagner niaisement un immigrationnisme irresponsable dont les juifs sont aujourd'hui les premières victimes au milieu de tous les Français désespérés.

J'ignore pour quelle raison profonde un homme de la valeur de Manuel Valls s'est laissé aller à cette facilité. Comme si, dans ces temps chaotiques, il décidait, pour le meilleur et pour le pire, d'aller d'abord à hue et ensuite à dia, en s'inspirant des zig et des zag du locataire de l'Élysée. Un jour, avec un rare courage, il ose les termes défendus de l'islamisme radical puis de l'islamo-fascisme. Le lendemain, il emploie le concept inepte et dévastateur pour l'esprit public «d'apartheid», convoquant ainsi dans les tréfonds de l'inconscient collectif les questions noires et blanches avec la culpabilisation manichéenne qui les accompagne. Dans ce contexte acrobatique et madré, taper un peu, fusse injustement, sur un responsable de l'État d'Israël peut aider à rendre la potion anti-islamiste un peu moins amère.

Mais les temps de la petite politique sont révolus. Le discours compassionnel ou les condoléances présentées avec une indéniable sincérité à la communauté juive vont trouver bientôt leurs limites. Et les Français vont se lasser de voir leur président inaugurer les chrysanthèmes.
Le Premier ministre a déclaré récemment que les Français devaient s'habituer aux attentats qui viennent. Je doute cependant que les Juifs français, premières cibles de la terreur islamiste, acceptent de s'habituer. La liberté, comme le déclarait Winston Churchill, n'est jamais gratuite, elle a un prix.
La réponse sécuritaire du gouvernement français est admirable en ce qui concerne sa police. Elle est lamentable en ce qui concerne sa justice. Toujours le hue et le dia.

Un seul exemple: J'indiquais dans un article récent que j'avais, en ma qualité de président d'Avocats Sans Frontières, attiré l'attention de Mme Taubira sur l'inaction de son parquet à l'encontre des municipalités communistes (Valenton, Aubervilliers, Avion etc.) qui avaient fait citoyen d'honneur de leur communes des terroristes condamnés soit par la justice française, soit par la justice israélienne. Ceci constitue le délit d'apologie de la violence. À ce jour, je n'ai été honoré d'aucune réponse. Plus d'un mois après les saignées de janvier…

La liberté a un prix, fût-il électoral.
Dans une chronique précédente, je rappelais le discours courageux de Mme Merkel: «Il n'est plus possible de tolérer qu'on s'en prenne à un juif parce qu'il est juif ou parce qu'il aime Israël».
Chaque mot compte et chaque mot devrait être compté.

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 13:59

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/


http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/02/16/31003-20150216ARTFIG00151-copenhague-serait-on-enfin-en-train-d-ouvrir-les-yeux-sur-l-islamo-facisme.php

Copenhague: Serait-on enfin en train d'ouvrir les yeux sur l'«islamo-facisme» ?

Publié le 16/02/2015


FIGAROVOX/CHRONIQUE - Après les attentats qui ont frappé le Danemark, Gilles-William Goldnadel remarque que certains politiques mais aussi intellectuels et éditorialistes commencent à ouvrir les yeux sur la réalité de l'islam radical.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.
 
Le mal court. La ségrégation s'étend. J'ignorais que les Danois si paisibles avaient, eux aussi, institué un régime d'apartheid social et ethnique qui faisait obligation à ses victimes d'assassiner des iconoclastes, des policiers, et évidemment des juifs. Mais cessons de faire du mauvais esprit du 14 février. D'ailleurs, en dépit de la culture de l'excuse institutionnalisée au plus haut niveau de l'État, certains esprits d'escalier commencent enfin à descendre les degrés qui mènent à la dure réalité.

C'est ainsi que Laurent Joffrin reconnaissait (Libération 9 février) que «les questions d'immigration et d'islam sont bien au cœur du malaise français». Ceux qui disaient la même chose bien avant lui, étaient incontinent épinglés dans son journal ou sur le mur des cons du Syndicat de l'intelligence et du bon goût français. Michel Onfray, qui vient de loin, expliquait il y a peu que l'extrême gauche est tellement islamophile qu'elle en est devenue antisémite.

Plus audacieux encore, Houellebecq dans la livraison du Point de cette semaine peut impunément déclarer: «l'extrême gauche a désigné Israël comme ennemi: des gens comme Besancenot ou Plenel, ont développé cette construction aberrante qu'est l'islamo-gauchisme. On connaît les coupables» sans être convoqué séance tenante pour crime de lèse-majesté anti-trotskiste.
Dire qu'il y a quelques mois seulement, le même Plenel avait pris la plume pour écrire «Pour les musulmans», dédié à Edgar Morin, rien que pour reprocher à Finkielkraut d'avoir osé suggérer «qu'il existait un problème de l'islam en France». Il y peignait les mahométans en nouveaux juifs victimes. D'évidence, il ne déclencha pas la même bronca que «Soumission». Un peu avant, Edgar Morin, marrane autoproclamé et icône de la gauche, écrivait avec Tariq Ramadan, icône des islamistes, un livre à quatre mains harmonieusement consensuel qui ne gêna ni n'offusqua personne.
C'était il y a un an, autant écrire un siècle.

Mais ne rêvons pas. Ces degrés descendus vers la réalité dérangeante, nos esprits si légers sont capables de les regrimper vers le paradis du confort intellectuel et de l'esthétique morale dans lequel ils vivent mollement depuis des lustres, enivrés par les vapeurs de l'opium xénophile vaporisé dans tous les salons. Plutôt que le fameux «it is the economy, stupid» de James Carville, je proposerais plutôt «c'est l'idéologie, ballot» pour expliquer cette folie de notre temps d'occident, au sens clinique du terme.
Pour prendre un exemple dans un domaine moins éloigné qu'il n'y paraît, Dominique Strauss-Kahn et le Carlton feront l'affaire. Au moment où j'écris ces lignes, les chroniqueurs judiciaires les plus distingués, ceux du matin comme ceux du soir, s'accordent à reconnaître que l'ancien président du FMI court vers sa relaxe, tant l'instruction menée à charge contre lui s'écroule piteusement. Pour quelles raisons alors écrivais-je, assez seul, le 14 novembre 2011 que «la bouffonnerie graveleuse du Carlton de Lille, où il s'écrit ici et là, qu'ayant bénéficié, de par son prestige, des improbables charmes de dames tarifées, il (DSK) se serait rendu coupable de recel d'abus de biens sociaux, et pourquoi pas de complicité de proxénétisme» fera long feu ? (Atlantico) Pas en raison de dons divinatoires particuliers.

Encore moins par sympathie pour l'intéressé avec lequels j'entretenais de mauvais rapports et au sujet duquel j'écrivais dans le même article: «Je ne suis pas loin de penser que, de même que le psychorigide Alfred Dreyfus aurait fait un excellent antidreyfusard, l'ancien patron du FMI, à l'instar de ses amis politiques qui hurlaient au complot, aurait pris le parti de la femme de chambre (de Manhattan) pour peu que son violeur putatif ait été un conservateur bon teint».
Simplement parce que le dernier des juristes et le premier homme de bonne foi venus pouvaient comprendre, à l'énoncé seulement des faits, qu'ils ne pouvaient être constitutifs du délit infamant de proxénétisme. Pourquoi alors des juges d'instruction, en dépit de la demande de relaxe du parquet lillois, ont-ils décidé d'imposer à un homme l'humiliation du déballage public et inutile de sa sexualité ?

En raison de leur méconnaissance de profonde de la vie ? De leur ignorance de ce que le pouvoir, la notoriété, l'intelligence peuvent constituer un puissant aphrodisiaque chez certaines femmes ? Que d'autres peuvent même apprécier des rapports sexuels brutaux ? Et que donc un homme qui en est coutumier peut s'estimer légitimement désiré ? Pas seulement.
Pour faire le procès de la prostitution ? De la violence faite aux femmes ? De la sexualité vulgaire et débridée ? Pas seulement.
Pas dans notre société schizophrène, permissive ou pudibonde à la tête du client: je suis tombé un soir à 23h sur la chaîne de service public Arte, non cryptée, sur un film américain montrant avec précision un homme en érection en sodomisant un autre. Après quoi un troisième, manifestement contorsionniste, pratiquait très acrobatiquement une auto-fellation. On pouvait voir distinctement le liquide séminal s'écouler lentement de son sexe à sa bouche entrouverte. Il est vrai qu'il s'agissait d'un film progressiste et homophile.

Pas dans notre société, féministe certes, mais dans laquelle on peut voir en boucle sur les chaînes musicales destinées à la jeunesse, des rappeurs musclés et machistes traiter les femmes avenantes comme de la marchandise à consommer sans trop de modération.

La clé de compréhension d'une procédure inepte est contenue dans deux sombres déclarations éclairantes:
- Celle de l'un des avocats américains de Nassifatou Dialo, appelé au secours de la procédure lilloise: «Comment DSK pouvait-il s'imaginer, à son âge et avec son physique qu'il pouvait plaire à ces jeunes femmes ?»

- Et surtout celle de ce responsable écologique: «La prostitution est faite pour servir les mâles blancs, vieux et gras».

L'idéologie, ballot.

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 15:44

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http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/02/09/31003-20150209ARTFIG00175-le-requisitoire-de-goldnadel-esprit-du-11-janvier-es-tu-la.php

Le réquisitoire de Goldnadel: «Esprit du 11 janvier, es-tu là ?»


Publié le 09/02/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Après la législatives partielles dans le Doubs et les débats autour du front républicain, Gilles-William Goldnadel dénonce l'instrumentalisation politique de l'»esprit du 11 janvier».
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.
 
 
Esprit du 11 janvier, es-tu là ? À ce degré de vacuité, faut-il faire tourner la table ou bien la renverser ? Le président Charlie Hollande aura réussi l'exploit d'égaler, par le souffle du vide, l'exploit planétaire de l'auteur d'«indignez-vous !». La recette du soufflet gagnant est la même: surtout aucune idée, un slogan rebelle, et un prêchi-prêcha progressiste n'ayant rien à craindre d'un univers médiatique pavlovien, dénué de sens critique.
 
Le président Charlie s'est bien gardé d'utiliser les mots qui fâchent les cerbères bien dressés et les font aboyer dès qu'ils sont prononcés: «islam radical», «immigration incontrôlée», «intégration ratée». Bien au rebours, il a employé magiquement ceux qui les font incontinent saliver: «vivre ensemble», «ségrégation», ou les a caressés dans le sens du poil avec des promesses creuses qui ne coûtent pas cher dès lors qu'elles ne sont pas mises en oeuvre: «laïcité», «éducation», «service civique».

Ainsi que je l'ai écrit ici avec consternation, le Premier ministre, ordinairement bien inspiré, n'a pas eu le bon esprit de se taire lorsqu'il a prononcé l'injure d'«apartheid» dans le gouffre sans fond duquel tous les revenants de l'idéologie de l'excuse - un temps dissimulés dans la nuit de la honte - se sont précipités en hululant de plaisir. La tragédie française toute entière repose sur son intrigue surréaliste: les médecins prescripteurs devenus fous sont les empoisonneurs.

Comment ne pas entendre dans les déclarations de Coulibaly - le second - déclarant «sa haine de la France, de la police, de l'armée et des juifs» le discours d'un islamo-gauchisme ayant toujours bénéficié de l'indulgence publique. Car les djihadistes à la française ne sont pas des barbus d'importation: ils sont nés dans les laboratoires de l'Occident masochiste, dans les éprouvettes desquels on a versé le bacille de la rage islamiste.

Il est désormais gravé dans le marbre républicain que pour éradiquer moralement le terrorisme, il convient d'imposer aux français ségrégationnistes - victimes décrétées coupables - un vivre ensemble obligatoire, dont la sécurité est garantie par Mme Taubira et une «politique de peuplement» qu'on ne se propose pas d'appliquer d'abord aux frontières de la France.
Cet esprit-là est un esprit faux, raison pourquoi sans doute il alimente désormais le pathos médiatique des grandes chaînes nationales. Alors même que la bataille des idées avait été gagnée, à constater les succès d'édition d'un Finkielkraut, d'un Zemmour ou d'un Houellebecq, alors que l'horrible réalité venait de donner le coup de disgrâce définitif à la théologie multiculturaliste, il aura suffi d'un mot suivi d'un concept culpabilisant pour précipiter à nouveau le pays virtuel dans la régression intellectuelle. Par quelle noire magie ? L'explication contenue dans le dernier livre de Laurent Obertone d'un Big Brother médiatique idéologisé qui joue sur l'émotion sélective et abolit toute réflexion, s'en trouve renforcée. Le succès de ce livre qui avance en dépit de l'omerta qui le frappe en constitue la preuve surabondante.

L'esprit du 11 janvier, s'il existe chez les politiciens, est un esprit de corps. La droite française, plutôt que de faire le procès des ravages de l'islamo-gauchisme, aura préféré se réfugier mollement dans un consensualisme de circonstances. Plutôt que d'être obsédée par les massacres de janvier, elle aura préféré se recentrer sur un improbable deuxième tour en mai.
Dans ce contexte petit et pitoyable, la querelle du ni-ni ou les appels à voter pour un parti socialiste allié à l'extrême-gauche donnent la dimension morale et intellectuelle du politicien français d'aujourd'hui. Car quel que soit le regard que l'on porte sur le Front National, sur la personnalité de son président d'honneur, sur la démagogie, décidément très grecque, de son programme économique, sur son antiaméricanisme suspect, nul ne peut considérer ce parti comme le premier responsable des ravages de l'islamisme fou. Faire en sorte, à l'occasion d'une élection locale, de remettre le parti nationaliste, à ce moment terrible, au centre de la carte de l'enfer satanique revient à tenter de tromper à nouveau les Français au moyen du vieux leurre.
L'esprit du 11 janvier devait, paraît-il, consacrer définitivement la liberté d'expression assassinée.

Sur le plan judiciaire c'est un esprit frappeur. À moins qu'il soit farceur. Valeurs Actuelles, dans l'apathie générale et notamment confraternelle, vient en effet d'être condamné - sur l'initiative d'une organisation d'étudiants juifs, annexe de SOS-Racisme elle-même succursale du parti socialiste - pour avoir osé voiler Marianne et s'être interrogé sur les dangers d'une immigration islamique excessive et sans contrôle.

Ainsi, par le plus terrible des symboles, la question cruciale qu'il convient ontologiquement de poser au lendemain des terribles massacres ne doit pas être posée en France, comme dirait le président du tribunal qui condamna Zola.
Un tribunal de Cayenne a condamné une femme à neuf mois de prison ferme pour avoir posé sur son site Facebook la caricature odieuse et simiesque de la garde des sceaux. Les protestations n'ont pas été aussi bruyantes que lorsqu'il s'est agi de commenter les condamnations des thuriféraires et apologistes des frères Kouachi. Les Femen profanatrices d'églises ont été relaxées. Proférer sur le service public «les juifs exploitent depuis 50 ans leur capital de pitié» relève en revanche de la liberté d'expression... On a peur de comprendre l'esprit sélectif de la jurisprudence.

Et quel esprit justement, pour aborder de front la question juive qui se pose désormais à nouveau à la France ? Au-delà des condoléances sincères mais désormais rituelles, aucun responsable politique français ne l'aura abordée aussi courageusement que Mme Merkel. Les juifs, a-t-elle dit, sans que curieusement ses propos ne soient reproduits en France, «ne doivent pas être attaqués parce qu'ils sont juifs ou par ce qu'ils aiment Israël.»

Si on ne veut pas encourager ce fameux grand remplacement, qui s'agissant des juifs et des musulmans de France, peut difficilement aujourd'hui être nié, les élites françaises feraient bien de méditer ces propos allemands. On en est loin. Comme cette journaliste de Radio France qui, quelques secondes après avoir exprimé sa compassion quasi lacrymale, agresse le président du CRIF en reprochant l'importation par les juifs du conflit israélo-arabe…

Comme Cambadélis, président du Parti Socialiste, qui déclare tout de go: «on identifie les juifs à Israël comme on identifie les musulmans à Daech. Je suis contre». Phrase ahurissante: l'État juif étant ainsi symétriquement comparé à l'État islamique qui décapite et brûle vif ses opposants… Après cela, effectivement, il va être difficile d'aimer Israël et de vivre en France.
Un dernier exemple ? L'auteur de ces lignes a écrit à la garde des Sceaux le 27 janvier, en sa qualité de président d'Avocats Sans Frontières, pour s'étonner d'une étrange apathie judiciaire.

Depuis plusieurs années, plusieurs municipalités communistes ont cru devoir faire citoyens d'honneur de leur commune des terroristes. Il s'agit à n'en pas douter d'une apologie pénalement répréhensible. Ainsi, depuis 2013 les villes d'Aubervilliers, d'Avion, et de Valenton ont fait citoyen d'honneur le chef de la branche militaire des brigades des martyrs Al Aksa, commanditaire de nombreux attentats et condamné par la justice israélienne pour plusieurs assassinats dont celui d'un moine grec orthodoxe. La ville de Bagnolet a consacré de la même manière, le 11 décembre 2013 Georges Ibrahim Abdallah, citoyen libanais, qui purge encore aujourd'hui une peine dans les prisons françaises pour avoir assassiné deux diplomates, américain et Israélien.
Je n'ai reçu aucune réponse venue de la place Vendôme qui expliquerait cette passivité judiciaire à l'égard d'un parti qui, il est vrai, appartient au front républicain antifasciste… Un mois après les tueries terroristes.

Puisse l'insoutenable légèreté des ectoplasmes qui nous gouvernent et nous désinforment ne pas nous annoncer les esprits des ténèbres.

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 10:32

Paru dans FIGARO EDITION PAPIER LE 04/02/15

ET DANS FIGAROVOX LE 03/02/15

lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/02/03/31003-20150203ARTFIG00399-goldnadel-et-si-le-11janvier-n-avait-rien-change.php

Goldnadel: Et si le 11 janvier n'avait rien changé ?

FIGAROVOX/CHRONIQUE - L'avocat et écrivain s'inquiète de l'idéologie pénale anticarcérale toujours défendue par la garde des Sceaux.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Ces réflexions s'adressent en priorité à tous ceux qui désespèrent, et ils sont nombreux, que rien n'ait changé dans l'expression de la pensée publique depuis l'advenue du pire. À tous ceux qui comprennent enfin que la grande marche du 11 janvier, pour sympathique et émouvante qu'elle put être, fut avant tout une grand-messe narcissique où l'on fit croire, une fois encore, que toute la France était résistante. Alors que la collaboration culturelle avec la soumission idéologique se poursuivait comme si rien ne s'était passé. Mais s'il ne s'agissait pas de pensée mais de prêt-à-penser obligatoire ? Et s'il ne s'agissait plus d'un combat culturel à livrer paisiblement, mais d'une guerre psychologique à mener rudement ? Exemples à méditer.

Jusqu'au 31 janvier, il était Mr K. Julien Dray, pourtant fin connaisseur du microcosme politique socialiste, reconnaissait ignorer le nom du ministre de la ville et de la jeunesse. Mais on peut passer à la postérité en proférant des énormités. Ce pourrait être l'improbable chance de Patrick Kanner, depuis l'interview qu'il a accordée au Figaro le 31 janvier. Dans le droit fil rouge de l'excuse par l'«apartheid», le ministre de la Ville et de la Jeunesse n'a pas hésité à recommander expressément la discrimination positive pour éradiquer le terrorisme. «Nous avons reçu une claque monumentale avec les attentats de début janvier (…). Il faut combattre le sentiment de relégation et de non-reconnaissance des jeunes des quartiers (…). Les places doivent d'abord aller aux jeunes des banlieues». Ainsi, et une nouvelle fois, un lien direct était tracé entre les assassinats d'iconoclastes, de policiers et de juifs et des victimes sociales et ethniques.

 

M. Kanner, qui doit lire Libération avec application, aura peut-être malheureusement manqué sa livraison du 28 janvier. Dans un éditorial inhabituel, Laurent Joffrin reconnaît, à propos de Coulibaly, que «le jeune délinquant avait trouvé un travail chez Coca-Cola, (qu'il) a bénéficié de l'intervention de travailleurs sociaux, (qu'il) passait même des vacances au soleil, en Crète, en Malaisie ou en République dominicaine, où il a rencontré sa compagne, qui portait à l'époque un bikini et non le voile intégral. Pas précisément le profil d'un exclu confiné dans sa cité… D'ailleurs, la majorité des exclus ne deviennent pas des délinquants et encore moins des terroristes.»

La ville de Lunel, qui aura constitué le principal vivier des djihadistes français, n'est pas non plus une cité de relégation, et les parents des islamistes radicaux n'expliquent pas la motivation de leurs enfants par le sentiment d'une quelconque exclusion sociale ou ethnique.

Si le ministre paraît-il chargé de l'intégration de la jeunesse, plutôt que de réciter des mantras éculés, s'était donné la peine d'étudier l'histoire du terrorisme islamique des quinze dernières années, il aurait également appris que les Saoudiens du 11 Septembre, loin d'être des misérables laissés-pour-compte, étaient des fils de familles aisées, mais baignant dans le salafisme et la haine de l'Occident «décadent».

En proposant une médecine inadaptée à une maladie dont il ignore la cause, le ministre ne se contente pas de préconiser un remède inefficace: il aggrave le mal. Si les jeunes dont il s'agit ne posaient pas déjà en victimes laissées à leur seule colère, si les délinquants en herbe étaient en quête de justifications pour leurs actes à venir, ce qui est hautement improbable compte tenu de la potion victimaire versée dans leur biberon par la lignée des prédécesseurs du ministre ordonnateur, ce dernier vient de leur en administrer une dernière rasade pour la route de délits à commettre avec bonne conscience.

 

Une telle erreur médicale peut-elle être encore tolérée tranquillement après les saignées de janvier ?

Autre exemple: Pascal Popelin, rapporteur socialiste de la commission d'enquête de l'Assemblée sur les missions et modalités du maintien de l'ordre républicain, raconte (Valeurs actuelles du 4 février) qu'en Seine-Saint-Denis la police a trouvé une kalachnikov dans une voiture. Le propriétaire vient d'écoper de quatre mois de prison… avec sursis.

Concernant la cellule de Cannes qui a commis l'attentat mortel contre un magasin kasher à Sarcelles et que le procureur de Paris avait décrite comme le réseau terroriste le plus dangereux arrêté jusqu'à ce jour, l'un des principaux protagonistes a violé son contrôle judiciaire en ne se présentant plus aux convocations. Il avait été remis en liberté au bout de six mois. Le syndicat FO des magistrats critique une disposition permettant aux criminels de quitter plus facilement le territoire national, le contrôle judiciaire ayant perdu son caractère automatique avec la réforme pénale adoptée récemment.

 

À présent qu'il n'est plus à démontrer que la criminalité des cités surarmées conduit directement au terrorisme, l'idéologie pénale anticarcérale toujours défendue par Mme Taubira ne conduit-elle pas à s'interroger sur la réelle et sincère détermination du pouvoir socialiste à éradiquer la violence aveugle ?

Au-delà de tout débat philosophique sur la prison, celle-ci demeure, n'en déplaise à la garde des Sceaux et à ses amis, la première des prophylaxies. On aurait en effet préféré MM. Kouachi et Coulibaly à Fleury -où ils auraient dû se trouver- plutôt qu'à Paris. Les victimes aussi. Et ce point de vue ne relève pas que d'un désir d'une juste répression, mais encore et surtout d'un humanisme vrai qui désespère du laxisme pervers.

Autre exemple: Un aréopage de journalistes distingués, décident, à tort ou à raison, de décerner, dans le cadre d'un trombinoscope, une distinction à un responsable du Front National, parti politique légal. Au moment de la remise des récompenses, et après que le Président socialiste de l'Assemblée Nationale ait refusé de sacrifier à la tradition de se rendre à la cérémonie , les journalistes organisateurs expliquent avec embarras et contorsions que cette distinction n'en est pas vraiment une. Silence dans les rangs.

 

Le même jour, Roland Dumas, ancien président socialiste du Conseil Constitutionnel, explique fièrement qu'il aurait sauvé la république du danger incarné par le parti précité en refusant d'annuler les comptes de campagne, manifestement faux, du candidat à l'élection présidentielle Jacques Chirac.

Dans un univers médiatique tellement moraliste qu'il prônait religieusement il y a encore quelques jours le respect scrupuleux de la légalité républicaine pour lutter contre le terrorisme, aucun observateur n'a cru devoir s'émouvoir d'une telle révélation. Mon imagination est impuissante à deviner le vocabulaire qu'aurait employé le corps médiatique pour qualifier le scandale, si d'aventure, le Parti Communiste ou le Front de gauche en avaient été victimes. Forfaiture et dévoiement de la démocratie, auraient été considérés comme des euphémismes d'une excessive sobriété.

 

À ce stade de la décomposition d'une morale médiatique sélective, qui confère sottement au parti de Marine Le Pen la posture enviable en période tourmentée d'un parti maltraité, faut-il encore tolérer l'intolérable suffisance des intolérants insuffisants ?

 

À ce dernier sujet, il relèverait de la salubrité publique que de publier le bêtisier des perles de culture idéologique de la dernière décennie chantant l'ode au multiculturalisme radieux, vantant la douceur du vivre ensemble arc-en-ciel, bénissant la chance insolente de l'immigration, maudissant le racisme inhérent à toute critique de l'islam conquérant, niant hautement tout antisémitisme dans les banlieues victimes, forcément victimes.

Ce livre très noir de la bêtise très rouge rappellerait le nom de tous les prétendus intellectuels qui au cours de la dernière décennie auront expliqué, excusé, justifié l'emploi de la violence aveugle par les fausses victimes.

Tout occupés à raser un mur des cons spécialement érigé en leur honneur, ils cesseraient enfin de proférer impunément leur idéologie mortifère.

 

Car celle-ci ne relève pas de leur pensée mais de leur psyché, et l'heure si tragique n'est plus au combat culturel, mais à la guerre psychologique. Pour la survie du monde que nous aimons.

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 13:57

Bloc-note 

ACTUALITE JUIVE - N° 1330  – Jeudi 29 janvier 2015

On s'habitue…

 

Le Premier ministre français a déclaré que les Français devaient s'habituer à vivre une longue période d'insécurité. Il est possible que les Français se soient habitués à ce que désormais les juifs de France soient systématiquement frappés, mais je doute que ces derniers, premières victimes du racisme antifrançais et de la dernière version de l'antisémitisme, acceptent de vouloir s'habituer.

 

Le Premier ministre israélien, premier bouc émissaire parmi les boucs émissaires, a été critiqué pour avoir déclaré que son État attendait les juifs de France « les bras ouverts ». Aurait-on voulu qu'il les attende les bras fermés ? La communauté juive organisée n'a même pas eu le courage de le remercier pour ses propos, toute occupée qu'elle était à remercier humblement pour les condoléances reçues. Une  fois encore.

 

Imagine-t-on dans quel état moral et psychologique se trouveraient les juifs de France s'il n'existait pas la solution d'un État refuge qui, plus que jamais, trouve sa justification ?

Pour le reste, ceux qui depuis des années se désespèrent de la cécité intellectuelle, communauté juive organisée comprise, devant le danger d'un islam radical pathologiquement antisémite allié à une extrême-gauche pathologiquement islamophile, ne sont pas tristement rassérénés d'avoir eu raison.

 

Ils espéraient une révolution copernicienne des esprits à la défaveur de la tragédie. Un constat clair d'une intégration ratée et d'une immigration incontrôlée. Mais rien à attendre de ceux qui sont responsables du désastre et qui tiennent toujours fermement les rênes du pouvoir politique, médiatique et culturel. Ils ont eu tort sur tout: extatiques devant la société multiculturelle, allergiques à tout remède sécuritaire pris par l'État-nation contre la barbarie à visage urbain, rétifs à critiquer l'islam radical sous peine d’être taxés de racistes: raison de plus pour continuer à pontifier fièrement en proférant les mêmes inepties.

 

Pendant ce temps, comme si rien ne s'était passé, on continuera soutenir à l'ONU la radicalité palestinienne en lui accordant tout ce qu'elle exige et sans la moindre contrepartie.

On fermera les yeux sur l'assassinat d'un courageux procureur argentin, osant réclamer des comptes au gouvernement de Buenos Aires qui a accordé l'impunité à l'Iran et à son bras armé du Hezbollah, auteurs d'un attentat qui a coûté la vie à 85 juifs argentins…

 

D'abord on regarde ailleurs, ensuite on ne veut pas voir ou on excuse, enfin on s'habitue.

Je n'ai pas voulu me rendre à une grand-messe dominicale où on ne voulait pas prononcer le nom du démon. Je refuse tout autant, s'agissant des commémorations d'Auschwitz, d'entendre les mots creux, les condoléances faciles, de ceux qui acceptent, par sottise, lâcheté ou ambition, la prochaine catastrophe.

 


Gilles-William Goldnadel ©

Président de France-Israël et d'Avocats Sans frontières

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 10:04

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/01/26/31003-20150126ARTFIG00331-apartheid-le-requisitoire-de-goldnadel.php

Apartheid: Le réquisitoire de Goldnadel

Publié le 26/01/2015



FIGAROVOX CHRONIQUE - Notre chroniqueur revient sur la polémique suscitée par les propos de Manuel Valls sur l' «apartheid» qui sévirait en France.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.
 
J'aurais bien aimé m'être trompé. Avoir eu tort de voir dans la marche du 11 janvier une procession émotionnelle insuffisante. À m'être fourvoyé en me plaignant ne pas entendre évoqués à voix hautes les sujets qui fâchent. D'avoir exagéré en n'espérant plus cette révolution copernicienne des esprits issue de la tragédie.

Mais la grand-messe est finie. Ite missa est. Et elle a été mal dite. Parce que la religion idéologique responsable du drame domine encore les églises politiques et les cathédrales médiatiques. Et ce sont les mots de sa liturgie qui s'imposent encore à la réalité subjuguée. Dans un monde gouverné par le réel, ce sont les mots «intégration ratée», fille d'une «immigration incontrôlée» qui auraient dû être prononcés sans crainte d'excommunication. Et puis aussi «racisme anti-occidental de l'islam radical». Mais ce fut «apartheid» qui fut trouvé. À quelques jours des drames.

Le fait, désespérant, qu'il soit sorti de la bouche d'une des têtes les mieux faites et les plus déterminées à combattre le mal, montre à quel point l'idéologie victimaire qui aura décérébré les esprits depuis quatre décennies aura perverti les inconscients.

De grâce, que la gauche morale ne tente pas, comme elle a déjà commencé de le faire, d'esquiver le débat en prétextant qu'il ne s'agit que d'un mot. Pas elle, qui aura passé le plus clair de son temps à instruire des procès lexicaux: pour un Kärcher, une civilisation supérieure, ou un homme africain.
Oui, les mots parlent, ils disent ce que nous sommes et où nous en sommes. Surtout lorsqu'ils tombent de haut en des moments cruciaux.

Nous devions sortir impérativement d'une époque quarantenaire maudite qui aura empêché de remédier à la réalité, par des comparaisons oiseuses avec des crimes historiques commis en d'autres lieux et en d'autres temps. Sans rapports aucuns avec cette réalité. L'époque stupide et indécente du "CRS SS" et du parallèle scabreux entre l'expulsion des sans-papiers et le racisme hitlérien. Ces mots avaient une funeste cause: une mauvaise conscience pathologique issue des crimes qu'aurait commis l'homme blanc envers l'Autre: le Noir, puis le juif, puis l'arabe. Dès lors, l'idée que le bourreau blanc chrétien puisse être une victime de cet autre devenait insupportable. Il fallait en sortir pour se colleter au réel cruel: l'Autre peut-être coupable et le français occidental, innocente victime.

Voilà pourquoi, la référence expresse aux crimes d'État commis par l'État blanc sud-africain à l'encontre des Noirs, parqués de force, privés de droits civiques est une faute historique, psychologique et politique, à mes yeux d'autant plus tragique qu'elle émane d'un homme au sujet duquel j'écrivais encore il y a huit jours qu'il était bien plus courageux que bien des hommes de droite. Et quand bien même la référence historique serait seulement malencontreuse, que l'explication ethnique et sociale du drame français par le sort misérable réservé aux banlieues est fausse, injuste et grosse des mêmes drames que la culpabilisation inepte des Français vient précisément de générer.

Déjà les professionnels de la victimisation, les docteurs Diafoirus de la sociologie bourdivine et de l'Histoire revisitée ont redressé leurs têtes, quinze jours enfouies dans le sable des décombres de leurs inepties. Comme un Gérard Noiriel qui dans le Monde, surfant sur l'apartheid, replace voluptueusement l'islamophobie ségrégationniste dans le droit-fil de l'antisémitisme franchouillard.

S'il existe des «ghettos» (décidément on ne sort pas du vocabulaire historique fallacieux) c'est parce que, coûte que coûte, les gens qui se ressemblent cherchent à se rassembler. C'est aussi parce que les dissemblables et menacés cherchent, coûte que coûte, à s'en sauver. Et s'il faut mener «une politique de peuplement», elle consiste avant tout à empêcher, coûte que coûte, des peuplements nouveaux que le pays ne peut plus surmonter. Quant au misérabilisme appliqué à la banlieue, il n'existe que dans l'imaginaire de la gauche victimaire. Si une discrimination a pu être appliquée ces dernières années, elle était positive au regard des millions déversés, qui en équipements urbains collectifs à faire rougir de jalousie les provinces éloignées, qui dans les poches des associations ou des «animateurs». Et cette politique aurait pu être plus efficace si, précisément, au plan culturel on ne s'évertuait pas à persuader ses bénéficiaires qu'ils demeurent, envers et contre tout, les victimes d'une France rance et ségrégationniste.

La veille de la sortie de route de son premier ministre, le président déclarait que la France devait être fière de ce qu'elle est. La preuve est donc faite de ce qu'une société psychologiquement malade peut être à la fois masochiste et schizophrène. Mais les mots publics existent sous la maîtrise des maîtres de l'idéologie qui continuent de contrôler le monde virtuel. Raison pourquoi le mouvement issu de la gauche communiste grecque ne sera pas nommé «d'extrême gauche» mais seulement «radical» ou à «gauche de la gauche».

Comme je l'écrivais récemment dans ces mêmes colonnes: Dans le planisphère politique d'une France gauchisante qui n'aura jamais voulu instruire le procès du communisme, l'extrémité n'a qu'un seul bout: à droite. Pas question de faire peur avec Syriza. Il y a populisme gentil et populisme méchant. Surtout ne pas mélanger les torchons noirs avec les serviettes rouges.

Tant que ne sera pas mené le procès de l'islam radical, de son racisme antifrançais, antichrétien et antisémite, au lieu de celui du pays qui en est la victime, la culture intensive de l'auto-flagellation continuera à semer ses graines assassines.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 10:53

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http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/01/19/31001-20150119ARTFIG00374-goldnadel-entendre-aux-armes-citoyens-plutot-qu-aux-larmes-citoyens.php

     Publié le 19/01/2015



Goldnadel: Entendre « Aux armes citoyens ! »,

plutôt qu'« Aux larmes citoyens ! »

 
FIGAROVOX/CHRONIQUE - Pour Gilles-William Goldnadel, l'éradication du terrorisme islamique passera avant tout par un discours de vérité.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.
 
Désolé, je ne marche toujours pas. J'aurais pourtant bien aimé.

Après la manifestation monstre en faveur de la liberté d'expression et contre la barbarie anonyme, le premier ministre, dans un discours qui fait honneur à la politique, aura enfin livré le nom de l'assassin: l'islam radical. Il y a plus de courage et de conviction chez cet homme que chez bien des hommes de droite. Mais en acceptant d'être prisonnier d'une alliance politique, gouvernementale et électorale avec la gauche et l'extrême gauche, premières responsables de la tragédie nationale, il marque les limites de son honnêteté.

Il cautionne également un partage des rôles cynique et schizophrénique avec un président, qui n'a rien fait mais l'a bien fait, sauf à se rendre à l'Institut du monde arabe pour expliquer que les attentats n'avaient rien à voir avec l'islam (même radical ?) et consacrer les musulmans en premières victimes du terrorisme.
Je ne nie pas qu'il soit sorti de la manifestation du 11 janvier des éléments positifs comme l'attachement viscéral à la liberté d'expression et un hommage à la police française qui enterre définitivement le sinistre "CRS-SS" dans les poubelles du révisionnisme fou.

Mais je maintiens que l'immense et nécessaire compassion pour les victimes devait servir à accomplir, par un effet cathartique, une révolution copernicienne des esprits qui n'est pas venue, pour cause de poursuite de la trahison des clercs et de confusion des messages. Je souhaitais entendre un «Aux armes citoyens !» politique et intellectuel mettant en cause la responsabilité des prétendues élites et pas seulement un «Aux larmes citoyens !» émotionnel les dédouanant.

Éradiquer un terrorisme islamique ayant de nombreux relais intérieurs, pour un État de droit libre et démocratique relève déjà de la gageure. Il le devient impossible si on continue à nier la maladie et refuser les remèdes, en se voilant la face. Bref, enfin, énoncer la vérité sans fard.

Au lieu de cela, la semaine écoulée aura permis, comme hélas je l'avais craint dès le lundi matin, à de très nombreux clercs ou politiques, de reprendre sans complexe leurs vieilles antiennes à la source du mal:
- C'est ainsi qu'en continuité avec la politique d'apaisement du Quai d'Orsay à l'égard de la radicalité islamique, Laurent Fabius, au micro de France Inter, refusait de nommer «l'islamisme» comme cause de la tragédie.
- C'est ainsi que l'on a eu droit au retour du relativisme et des équivalences scabreuses, mettant sur un même pied massacres de juifs et tags de mosquées. Dans une émission de télévision, Éric Fassin, sociologue distingué, m'obligea ainsi malgré moi à une mise-au-point ingrate, qui ressemblait à une compétition victimaire, au nom de la seule vérité factuelle.
- C'est ainsi que de partout, on nous ressortit la causalité absolutoire: L'éternelle pauvreté sur la misère sociale, l'inepte mensonge, créateur du mal lui-même: les fous de Dieu français étaient les victimes de l'exclusion et de l'islamophobie. Bref de notre faute. Jean-Marie Le Clézio, dans Le Monde, y prêta sa plume et son prestige, à l'instar de nombreux artistes. Michel Rocard quant à lui, dans le JDD ressortit de la naphtaline une explication d'un terrorisme qui suivrait servilement la courbe du chômage. Et tant pis si c'est faux, pourvu que ce soit beau.
- C'est ainsi qu'encore et enfin est apparu, pour cause de désarroi intellectuel en face de la cruelle réalité, un nouvel argument conceptuel qui a fait florès, ceci pour éviter de mettre en cause l'islam: il n'existerait pas, en raison de l'hétéroclisme des personnes, une communauté musulmane. Et ce serait faire montre d'essentialisme suspect que de tenter de l'appréhender. J'avais pourtant cru comprendre qu'il existait également une communauté juive de France, en dépit de son caractère extrêmement pluriel.
Habituel négationnisme de la gauche ficelle: l'immigration comme l'insécurité étaient autrefois un fantasme. L'antisémitisme islamique une lubie stigmatisant. La théorie du genre une invention. À présent on escamote un groupe humain dans son ensemble pour ne pas examiner la responsabilité d'une partie de celui-ci.

Ce qui n'empêche pas les architectes xénophiles du village Potemkine du vivre ensemble harmonieux d'identifier des musulmans quand ça les arrange. Ainsi, le policier courageux assassiné par Kouachi est musulman, mais pas Kouachi. Ainsi, l'héroïque sauveteur malien de juifs pris en otage par Coulibaly est musulman, mais pas Coulibaly.
Dans ce concert ringard et consternant, il y eut, tout de même quelques belles voix dissonantes, comme celle d'un Malek Boutih reconnaissant avec honnêteté les erreurs de SOS-Racisme qu'il présidait autrefois. Les vérités, puisqu'elles n'ont pas été toutes dites courageusement au moment qui s'y prêtait le plus, il n'est peut-être pas trop tard pour les énoncer. Le risque pour moi de choquer les pisse-froid incontinents relevant plutôt du plaisir.

- Non, la France n'est pas responsable des dérives fanatiques de français dont elle a accueilli les parents. Elle les a logés, nourris, soignés et éduqués bien mieux que leur pays d'origine. Ce n'est pas la honte mais plutôt la fierté qui doit l'inspirer lorsqu'elle se regarde.

- Non ces fanatiques ne sont pas des loups solitaires ou des fous isolés, il en existe de nombreux au sein de nos banlieues surarmées, au milieu de populations désarmées et désespérées.

Ils disposent également de nombreux sympathisants au milieu d'une population musulmane qui très majoritairement les désapprouve. Cette réprobation ne l'a malheureusement pas fait descendre dans la rue, n'en déplaisent à certains médias discrets sur le sujet, en dépit de la thématique ô combien consensuelle de la manifestation. Car de nombreux musulmans partagent l'indignation quand ce n'est pas la violente colère, de ces foules qui ont défilé à Niamey, à Alger ou à Gaza.

Encore faut-il nuancer le regard que l'on porte sur l'indignation de nombre de musulmans non-violents que l'on ne saurait obliger, pour cause de drame, à aimer Charlie Hebdo ! Sauf à pervertir la liberté d'expression au nom de la liberté d'expression… Un musulman pratiquant a bien le droit de désapprouver publiquement ce qu'il considère à tort ou raison comme blasphématoire. Le Conseil Représentatif des Musulmans de France était parfaitement dans son droit de saisir en son temps la justice et ce fut une erreur de l'en blâmer, sauf à considérer les journalistes comme ayant tous les droits sans avoir à en répondre. Et la justice française a eu juridiquement raison de l'en débouter.

- S'agissant à présent des juifs, et si l'on veut sincèrement que cessent leurs massacres désormais récurrents, une partie de la France médiatique et intellectuelle devrait se résoudre à un sacrifice sans doute trop cruel: renoncer à nazifier Israël, et à le dénigrer grossièrement et systématiquement. Je doute toutefois qu'elle s'y résolve de bonne grâce. Lorsqu'après que Mohamed Merah ait tué des enfants à Toulouse pour venger ceux de Gaza et qu'il ait conservé la photo du petit Mohamed Al Dura dont on connaît la mort controversée, j'avais fait observer sous les lazzis que si l'on fait passer les Israéliens pour des criminels nazis, il n'est pas anormal de ne pas aimer tendrement ceux qui les aiment ici.

Plutôt que de répondre à ce cruel problème, je sais par expérience que l'on fera semblant de penser que je veux interdire toute critique du gouvernement israélien. Je rappellerai toutefois que pour tenter d'endiguer l'antisémitisme, le gouvernement français avait demandé un rapport à Jean-Christophe Rufin. Celui-ci, qui n'est pas considéré comme vendu à Sion, avait préconisé de réprimer l'antisionisme radical. Les organisations soi-disant antiracistes et la Ligue des Droits de l'Homme ont poussé des hauts cris et Dominique de Villepin a serré soigneusement le rapport dans un tiroir.

Sur ce sujet qui rend fou, la schizophrénie de la société médiatique et intellectuelle française est à son acmé: elle a canonisé Stéphane Hessel et diabolisé Dieudonné. Tous deux ont pourtant nazifié Israël et béatifié le Hamas avec autant de modération. Allez comprendre.

- Mme Taubira, soudainement prise d'une crise de sévère répression, est peu crédible dans son nouveau rôle de mère fouettard des barbus, elle qui aura caressé la délinquance dans le sens du poil.
La presse, toujours aussi bonne fille, a peu insisté sur le fait qu'en parfaite cohérence avec sa politique pénale, M. Coulibaly a vu sa fin de peine aménagée avec un port du bracelet électronique et son ami Chérif Kouachi bénéficier d'un contrôle judiciaire dont l'entrave ne l'a pas empêché d'aller s'entraîner à massacrer au Yémen.
Toutes affaires cessantes, la garde des Sceaux préconise des textes plus répressifs contre l'antisémitisme. Je ne suis pas le plus mal placé pour affirmer que si la section presse du parquet de Paris avait été mieux disposée pour sévir contre l'extrême gauche, les islamistes et les rappeurs en utilisant l'arsenal judiciaire existant, l'esprit public n'en aurait pas souffert. Mais il était plus commode apparemment de poursuivre l'extrême-droite et les prétendus islamophobes.

À ce sujet, le fait que cette semaine le tribunal administratif de Metz ait autorisé un spectacle de Dieudonné tandis que celui de Paris interdisait une manifestation contre l'islamisme organisée par Riposte Laïque au motif, notamment, qu'elle serait «facteur de division», me laisse à penser que décidément en matière de justice à géométrie variable, comme vient de le dire à Tulle François Hollande: «Tout a changé, mais rien n'a changé».

- Pour m'essayer à faire comprendre cette barbarie, j'oserai le barbarisme d'«islamoccidental».
Car le djihadiste français est l'enfant monstrueux de l'islam radical et du gauchisme européen. Tous deux communient dans la même détestation pathologique de l'homme blanc judéo-chrétien occidental. Ne pas vouloir comprendre que l'islamo-gauchisme est le nouveau nazisme, c'est se condamner à s'y soumettre encore idéologiquement.

- Enfin, et peut-être surtout, rares sont ceux qui ont osé mettre en question l'immigration à la française qui aura accouché d'une intégration malformée pour cause précisément de l'influence idéologique de la gauche extrême dans les secteurs de l'éducation, de l'université et de la presse. On aura réussi à faire détester le français caricaturé en franchouillard raciste par une partie des enfants des nouveaux arrivants à qui l'on a fait croire qu'ils étaient ses victimes. C'est trop tard désormais, ne reste plus qu'à les aimer et à les rééduquer.

Reste surtout cette question existentielle, de l'ordre de l'indicible: Sans les juifs, la France paraît-il ne sera plus la France. Très bien. Mais dans ce vieux pays judéo-chrétien, si, sous les coups de boutoir d'une immigration incontrôlée qui continue de forcer ses frontières enfoncées, des centaines de milliers de musulmans de plus pénètrent sur son territoire dans les années qui viennent, sans même porter de jugement de valeur, la France sera-t-elle toujours la France ?


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Published by GOLDNADEL Gilles William
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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 10:42

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Publié le 12/01/2015

Goldnadel: «Je le confesse, je ne suis pas allé marcher»


FIGAROVOX/CHRONIQUE- Pour Gilles-William Goldnadel, la marche républicaine de dimanche relevait de la marche de dupes.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

 
 
Je le confesse, je ne me suis pas rendu dimanche à la grand-messe républicaine. Je ne jette pas la pierre sur ceux qui s'y sont rendus, je ne veux pas jouer les empêcheurs de marcher en rond, mais je ne marche pas. Je n'ai jamais marché au pas cadencé des pyromanes qui pleurent après l'incendie.

La nécessaire compassion pour les victimes devient hypocrite et même contre-productive si l'on n'a pas le courage élémentaire de donner le nom de leurs assassins. La régression politique et intellectuelle à laquelle on a assisté au cours de cette semaine infernale est désespérante.

Aux prêcheurs de haine, on a répondu par le prêchi-prêcha du tous ensemble. Même le mot «islamiste» aura été soigneusement proscrit pour cause de substantif amalgamant. Surtout pas d'amalgame ! Mantra stupide et incapacitant quand on voit la manière impeccable avec laquelle, tous partis réunis, les Français ont réagi à l'égard de cette grande majorité de musulmans pacifiques.
Est-ce si difficile de pointer du doigt l'islam radical, bourreau de l'islam pacifique, mais dont le nombre de partisans et de sympathisants n'a rien de négligeable dans nos banlieues surarmées ? Quel niais n'aurait osé incriminer le nazisme de peur d'être taxé de raciste anti-allemand ? Était-ce si difficile d'appeler à manifester contre le terrorisme islamiste et ses victimes en France, mais aussi dans le monde ? Pour la liberté d'expression en France mais aussi pour les chrétiens accusés de blasphème en Turquie, dans les pays arabes, en Afrique ou au Pakistan ?

Ils ne m'ont pas fait marcher. J'ai trop l'expérience de ces manifestation monstres contre le racisme, l'antisémitisme et le terrorisme dont les Français, juifs ou non, auront été les dupes.

Après Copernic et la rue des Rosiers où l'idéologie faussement antiraciste a fait descendre dans la rue des centaines de milliers de braves gens contre l'extrême-droite, alors que la radicalité islamique était déjà à la manoeuvre. Après l'assassinat d'Ilan Halimi, où, alors que peu de politiques s'étaient déplacés, Philippe de Villiers, fils de résistant et irréprochable sur le sujet, s'était fait expulser du cortège par un petit chefaillon de SOS-Racisme. Je ne l'ai pas oublié.

C'est plus fort qu'eux. Marcher sur leurs propres principes. Célébrer la liberté d'expression alors qu'il n'y a pas 15 jours, ils exigeaient la mort civile par le baillon de ces salauds de «pessimistes» qui ont eu le tort d'avoir raison. Chanter l'union nationale, mais décréter, sans doute au nom de leur incompétence avérée, de leur immoralité démontrée, que tel parti n'était pas digne d'en faire partie.

Dès lors qu'a contrario la présence de tous les autres était légitimée, il n'était plus question pour moi de défiler à côté des maires communistes de Bezons ou d'Aubervilliers qui ont fait citoyen d'honneur de leur ville des tueurs palestiniens de juifs. À côté du maire Vert d'un arrondissement parisien, présent lors de cette manifestation de juillet où on a crié «mort aux juifs !» et arboré les drapeaux terroristes du Hamas et du Hezbollah. De croiser peut-être les Indigènes de la République et l'UOIF qui traitaient Charlie hebdo et mon cher Charb d'islamophobe. De marcher à côté des rappeurs de «La Marche» qui qualifiaient Charlie hebdo de salaud, de crier «Je suis Charlie !» à côté de Guy Bedos qui souhaitait au lendemain des caricatures du prophète, dans les colonnes de Var Matin, que ceux de Charlie hebdo «crèvent». Au passage, je n'ose imaginer la réaction de nos vétilleuses consciences si, par hypothèse absurde, un homme de droite avait formulé un voeu aussi funestement prémonitoire. Peut-être l'auraient ils piétiné avec leurs gros sabots.

Demain, quand les derniers martyrs de la barbarie islamiste reposeront dedans la terre froide, la France se réveillera avec la gueule de bois des lendemains d'ivresse. Avec les mêmes problèmes d'intégration, d'islamisation, d'immigration forcée. Avec un antisémitisme et un antisionisme pathologiques qui viennent encore de frapper durement et qui commencent tellement à se banaliser, qu'il aura fallu 24 heures pour connaître le nom de leurs nouvelles victimes. Avec le retour des mêmes belles âmes lacrymales qui empêcheront l'État-nation de fourbir ses armes en matière de sécurité, de renseignement et de respect des lois républicaines sur les flux migratoires. Avec de nouveaux Kouachi prêts à assassiner de nouveaux Charlie, de nouveaux flics ou à nouveau des juifs. Avec les tenants médiatiques et politique de cette idéologie qui traitaient dédaigneusement ceux qui osaient suggérer que l'immigration n'est pas une chance pour la France, l'intégration à la française un échec cuisant, l'antisémitisme et la christianophobie islamique un racisme barbare, l'insécurité grandissante, une terrible évidence .

Des idéologues qui devraient raser les murs de la réalité, mais qui toujours plastronnent, décrètent et admonestent.

Mais avec des Français qui marcheront toujours moins sur la pointe des pieds.


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