Recommander

Calendrier

Avril 2014
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30        
<< < > >>

Catégories

Jeudi 17 avril 2014 4 17 /04 /Avr /2014 01:35

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/ 

http://www.lefigaro.fr/vox/culture/2014/04/15/31006-20140415ARTFIG00109-alain-finkielkraut-vu-par-gilles-william-goldnadel.php

15/04/14


Alain Finkielkraut vu par Gilles-William Goldnadel


FIGAROVOX/CHRONIQUE : L'avocat Gilles-William Goldnadel revient cette semaine pour le Figarovox sur l'election d'Alain Finkielkraut à l'Académie française.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


Encore un mot sur l'élection de Finkielkraut sous la coupole. De quoi est-elle le signe ?

D'abord et avant tout, l'homme et ses idées ayant fait l'objet d'une contestation publique et ostentatoire, leur victoire signe et contresigne avec éclat celle de la pensée de droite (pour faire très simple) dans le champ de ruines que constitue aujourd'hui la France de l'intellect.


Ensuite, mais pour le dire en creux et autrement, cette contestation, assez minable, de sa candidature puis de son élection signe la déroute de la pensée de gauche ou de ce qu'il en reste à l'état de police.

Je connais Finkielkraut depuis plus de 30 ans. Je ne suis pas forcément le plus mal placé pour observer et apprécier l'itinéraire de gauche à droite d'un «juif imaginaire» se colletant avec le réel ingrat. Il incarne emblématiquement la déconvenue progressive d'un adversaire résolu de tout préjugé de race, écoeuré par l'antiracisme professionnel sinistre et cynique.


D'un progressiste- né, mortifié par l'état d'une pensée défaite par les progrès irrésistibles du virtuel, démagogique par essence. D'un défenseur modéré de l'identité tempérée découvrant avec effroi la négation pathologique de la culture occidentale. D'un intellectuel incarné, endurci dans sa chair parla radicalité de la haine épidermique que son intransigeance inspire.


Un journal du soir, dans le cadre d'articles dénués de toute aménité particulière a cru devoir justement pointer le fait que sa défense de l'identité se serait faite plus «radicale».

Comme si le beau mot d' «identité» serait, un certain jour devenu gros …

A-t-on vu reprocher à quelqu'un de s'être radicalisé pour défendre la liberté, la culture, la différence? Et si, à rebours, et c'est l'opinion que j'ai défendue dans mes «réflexions sur la question blanche», c'était l'identité occidentale et pour le dire encore plus crûment, le droit de tout homme blanc à une souveraineté étatique nationale différenciée et assumée, qui était désormais radicalement dénié depuis un holocauste inscrit indélébilement au débit de son triste compte ?

À ce dernier sujet post shoatique, on me permettra, de ne pas éluder l' ironie tragique de ce que l' auteur de «l'avenir d'une négation» et de la «réprobation d'Israel», descendant de déporté étranger, fasse aujourd'hui les frais de sa défense de l'identité nationale française.


Il ne s'agit, en réalité, que d'un faux paradoxe, tant la résistance opiniâtre à la négation de l'identité, à Paris comme à Jérusalem, provoque une détestation désormais insécable.

Je gagerais quand même que si l'homme en habit vert et rapière tous neufs, avait su mettre quelque eau de messe dans son vin de Judée, au demeurant clairet, celle-ci aurait été plus gaie.

Il n'importe. Elle est dite. Avec Alain. Finkielkraut, l'Académie est moins académique mais elle est plus française. C'est bon signe.


Dans un registre pas si éloigné du précédent , je recommanderaisl'article écoeuré de Renaud Revel dans lequel celui-ci qualifie de «nauséabond», le sobriquet de «troisième Reich» donné par certains journalistes de Libération à leur nouveau directeur Pierre Fraidenraich.


Pour toute excuse certains de ses confrères ont expliqué que son nom de famille était difficile à prononcer… «C'est une tradition à Libé» a déclaré Mme Fatima Brahmi, déléguée syndicale CGT…


Je ne voudrais pas heurter l'esprit de tradition d'un journal soudainement devenu conservateur, mais je n'ose envisager ce qu'aurait été la réaction de la rédaction au cas où, par exemple, un obscur conseiller municipal Front National s'était essayé à ce calembour qui rejoindra le fameux «Durafour crématoire» dans les annales du mot d'esprit mauvais.


Sauf qu'au rebours du regretté Michel Durafour, l'ensemble de la famille Fraidenraich a terminé son parcours dans les fours du troisième Reich.


Les plus coupables ne sont sans doute pas les journalistes insolents, mais une partie de cette caste prise d'un torticolis handicapant qui a autorisé cette insolence jamais tancée tout en traquant frénétiquement, souvent à tort et à travers, les dérapages sur son seul côté droit.





 

Par GOLDNADEL Gilles William
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 10 avril 2014 4 10 /04 /Avr /2014 11:59

 

PARU SUR LE SITE Valeurs Actuelles


http://www.valeursactuelles.com

http://www.valeursactuelles.com/soci%C3%A9t%C3%A9/finkielkraut-bient%C3%B4t-immortel


9 avril 2014

Finkielkraut bientôt immortel ? Par Gilles-William Goldnadel

 

L'oeil de Goldnadel. Chaque semaine, Gilles-William Goldnadel propose aux lecteurs de Valeurs actuelles son Regard sur l'actualité. Aujourd'hui, il revient sur la candidature d'Alain Finkielkraut à l'Académie française.

 

À en croire les gazettes, Alain Finkielkraut rencontrerait de vives difficultés pour se glisser sous la Coupole du quai Conti. Certains immortels lui reprocheraient ses fermes positions sur l'identité nationale de la France. Une autre, ses sympathies pour l'identité nationale juive. Un académicien aurait dégainé son épée au cri de : « le Front National ne doit pas rentrer à l'académie ! ». Et pourquoi pas, tant qu'on y est : « notre habit ne doit pas devenir vert-de-gris ! » ?

À en croire l'auteur de « l'identité malheureuse », Mme Danièle Sallenave, fraîchement immortalisée, ne lui pardonnerait pas ses sympathies pro israéliennes.

 

Dans une précédente chronique, dans ces mêmes colonnes, je rappelais qu'Edgar Morin avait commis dans le Monde un article sinon immortel, au moins impérissable, dans lequel ce théoricien de la rumeur d'Orléans inventait de toutes pièces un massacre en Palestine et écrivait « que les juifs trouvaient plaisir à humilier les palestiniens ». Edgar Morin a fini par regretter ce vilain article qui lui aura valu une condamnation par la cour d'appel de Versailles, annulée par la Cour de Cassation au regard de la liberté d'expression.

 

Danièle Sallenave, académicienne, était l'autre rédactrice de cet article mémorable.

 

Je ne suis plus très sûr de souhaiter l'immortalité à Alain Finkielkraut.

 

Par GOLDNADEL Gilles William
Ecrire un commentaire - Voir les 22 commentaires
Mercredi 9 avril 2014 3 09 /04 /Avr /2014 18:23

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/04/09/31001-20140409ARTFIG00124-philippe-bilger-christiane-taubira-et-le-monde-le-blognadel.php


Publié le 09/04/2014

 

François Hollande, Philippe Bilger et Christiane Taubira: le blognadel


 

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside l'Association France-Israël. Il est le président-fondateur d'Avocats sans frontières. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


Est-il permis d'être encore candide, en des temps où les cyniques passent pour intelligents?

Parmi les qualités qu'on donnait encore sans barguigner à notre président si contesté, demeurait l'habileté. C'est ainsi que l'on interprète la nomination à Matignon du socialiste le plus droitier qui aura accepté d'être entouré par ses camarades les plus gauchers.

L'auteur de ces lignes, certes peu rompu aux calculs d'appareils, ne trouve pas l'exercice bien adroit. Le choix du premier ministre a réussi à mécontenter la gauche. Celui de ses collègues a courroucé le centre jusqu'à la droite. Bref, que des mécontents.

Surtout, est-il encore temps d'être habile lorsque votre maison brûle et que l'on vous estime à peine habilité à quérir les pompiers?

La vraie habileté n'est pas de souffler sur les braises des produits de synthèse.

Elle est d'y renoncer, pour décider enfin d'une ligne. Aux résultats des élections, elle ne pouvait qu'être plus droite.

Cette semaine, le journaliste du Monde chargé de la justice, considérait dans son blog du 3 avril, que Le Figaro et Valeurs Actuelles ne pouvaient pas traiter sérieusement de ces questions dont il est spécialiste, dont, sans doute, il estime son journal seul compétent, moralement et intellectuellement, pour en parler.


Ces considérations, dont la modestie ne frappe pas de prime abord, étaient contenues dans une rapide relation de l'opus de Philippe BilgerContre la justice laxiste (L'Archipel) qui tient plus de l'exécution que de la recension.


Le titre: «notre ami Philippe Bilger se collardise» équivalant, dans l'esprit de son inventeur, à une sentence de mort sinon civile, au moins éditoriale.

Dès lors, il peut paraître assez vain de vouloir argumenter sur les arguments de Frank Johannes, puisque c'est de lui qu'il s'agit, qui mériteraient davantage de considération s'ils n'étaient agrémentés d'observations méprisantes sur toutes les personnes physiques et morales (comme l'Institut Pour la Justice que j'ai l'honneur de défendre) qui n'ont pas l'heur de partager des conceptions judiciaires que ne renierait pas le Syndicat de la Magistrature.

J'observe, en passant, que son journal n'aura pas stigmatisé le Mur des cons et que lui-même aura, au contraire, consacré l'un de ses blog estivaux à estimer que la condamnation de ce mur relevait de la seule manœuvre politique en me faisant même l'honneur de penser que c'était moi, avocat du journaliste qui l'avait révélé, qui était caché derrière!


Soyons juste, cette posture n'était pas très différente de celle du syndicat CGT des journalistes qui avait même confraternellement réclamé la tête de leur collègue briseur de mur…

Ceci posé pour l'ambiance, examinons à présent le contenu de la critique du «mauvais livre» de Bilger, au regard de son argument principal censé incarner l'intelligence généreuse.

 

 

Contrairement, en effet, à ce que prétendrait l'ancien avocat général pour vitupérer «la justice laxiste», les prisons n'auraient jamais été aussi pleines qu'aujourd'hui et les peines infligées aussi longues:

A la vérité, les geôles ne sont pleines que parce que, contrairement aux autres principaux pays européens, la France se refuse à en construire de nouvelles, en proportion de sa population pénale.

Cesser de prononcer des peines d'incarcération au motif de cette argumentation relève donc du sophisme.

Étrangement, la famille de pensée qui propage cet argument-massue, pousse des hauts cris lorsque, dans un autre domaine, on lui fait observer que le parc immobilier français est dans l'impossibilité de loger davantage d'immigrés dans des conditions décentes. Dans cette circonstance, plutôt que de préconiser une pause migratoire, elle trouve le réflexe d'exiger immédiatement davantage de constructions…

Quant à la longueur prétendument accrue des peines prononcées par une justice soit disant plus répressive, l'exemple du vol montre à quel point cette appréciation tourne le dos dédaigneusement à la réalité.


Ainsi, en 1971, 9.000 détenus étaient en prison pour vol simple. 40 ans plus tard, les vols simples ont été multipliés par trois. Si la justice était aujourd'hui deux fois plus sévère, il devrait y avoir 54.000 détenus pour vol simple. En réalité, il y en a aujourd'hui 3.000… Sur ce point, la justice française n'est pas deux fois plus sévère: elle est neuf fois moins sévère qu'en 1971!

Mais peut-être la prétendue fermeté accrue de la justice n'a-t-elle concerné que les atteintes aux personnes ?


 

 

Encore faux. Le nombre de détenus a certes doublé depuis 1971, mais le nombre de violences (hors homicides) enregistrées par la police et la gendarmerie a augmenté de façon bien plus importante encore. Le nombre de viols est passé en 40 ans de 1.500 à 10.000, soit une augmentation de 600%. Les coups et blessures volontaires ont augmenté de 650%, passant de 25.000 à plus de 190.000. Et je ne parle pas ici de la criminalité organisée liée au trafic de drogue, à l'évidence plus prospère aujourd'hui qu'hier.


Mais en réalité, la crudité de ces chiffres est un argument rationnel, impuissant à contredire le contempteur de Philippe Bilger et de tous ceux qui partagent sa conviction que cette sollicitude particulière plutôt accordée à la délinquance qu'à ses victimes vaut encouragement.

Peu importe que cette conviction est aujourd'hui partagée par la plus grande partie de la population française, qui sait dans sa chair, dans son épiderme, dans son appréhension, les progrès d'une délinquance insuffisamment jugulée. Ou au contraire, il l'importe, car partager la douleur ou la crainte populaire relèverait, pour ceux qui se figurent encore incarner l'élite, du populisme le plus méprisable.


Dès lors, et quand le réel ruine l'argumentaire, reste le bon vieux mépris irrationnel. La réductio ad Collardus, par glissement, pour Bilger, puisque la réductio ad Hitlerum est réservée à Collard ou Ménard.


Rien ne change. Même la cruelle réalité ne dérange. Depuis trente ans, on a asséné doctement aux français d'aimables fadaises comme: «l'insécurité est un fantasme de beaufs», «l'immigration est une chance pour la France», «printemps arabe: l'islamisme va se dissoudre dans la démocratie». Aujourd'hui on taubirase gratis. Défense de rire, sous peine de collardisation immédiate.

J'ai croisé hier Philippe Bilger, la mine rose et le teint frais. Qui pourrait dire gentiment aux gens du Monde, que l'on peut désormais survivre et même bien s'endormir sur un méchant article ?


Lu l'excellent article de Mohamed Aissaoui dans le Figaro du 4 avril, consacré à la forte opposition à la candidature d'Alain Finkielkraut à l'Académie française. Ses prises de position politiques poseraient, paraît-il, problème. Un immortel se serait même exclamé: «le Front National ne doit pas entrer sous la Coupole!».

Le Monde est un journal académique.


PS: S'agissant de l'étonnante reconduction par le nouveau premier ministre de la garde des Sceaux, je ne saurais trop recommander l'excellente «lettre ouverte à Christiane Taubira» (First) adressée à cette dernière par mon ami Georges Fenech.

Par GOLDNADEL Gilles William
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mardi 1 avril 2014 2 01 /04 /Avr /2014 16:48

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/04/01/31001-20140401ARTFIG00217-christiane-taubira-stephane-hessel-et-la-verite-le-blognadel.php

Publié le 01/04/2014 

Christiane Taubira, Stéphane Hessel et la vérité : le Blognadel

FIGAROVOX/HUMEUR: Chaque semaine, l'avocat Gilles-William Goldnadel décrypte l'actualité pour le FigaroVox.


Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside l'Association France-Israël. Il est le président-fondateur d'Avocats sans frontières. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


Il faut, à la vérité, beaucoup d'estomac - mais la gauche même amaigrie n'en manque pas - pour venir soutenir que le violent coup de barre à droite qui vient d'être donné sur la tête du chef de l'état et de son gouvernement commanderait une politique plus à gauche.


Au-delà de ce truisme, deux autres évidences:

- L'abstention historique qui vient d'être constatée hors les urnes traduit, on l'a dit, un désaveu non seulement du personnel politique, toutes tendances confondues, mais encore d'un système tout entier. Le personnel médiatique, si apte à critiquer, devrait lui aussi méditer la leçon. La mort d'un surmoi qui dissuadait nombre de français d'aller voter pour un parti unanimement conspué par le monde journalistique et artistique, doit aussi être comprise dans cette perte de son magistère moral et intellectuel.


- L'UMP, que l'on donnait mourante, aura remporté l'une de ses plus grandes victoires. Le moins que l'on puisse dire c'est que ceux qui auront pronostiqué doctement que la droitisation décomplexée de son discours était de nature à la tuer tout en portant le parti des LE PEN au sommet auront plus sacrifié à une doxa émolliente qu'à la dure vérité.


Qui a dit que la presse était trop méchante ? La semaine dernière, Philippe Bilger affirmait dans le Figaro que la facétieuse Mme Taubira avait laissé dire un peu vite qu'elle serait docteur diplômée en économie et en ethnologie. Après fouilles infructueuses, l'archéologue suspicieux n'était pas loin d'y voir un vilain petit mensonge par omission.


Le titre équivoque choisi par les «décodeurs» du Monde, chargés de décréter le vrai et le faux: «L'INTOX des doctorats» me laissait craindre le pire pour un procureur téméraire.

Pourtant, à ma grande surprise, les traqueurs de fadaises et de coquecigrues reconnaissaient que la ministre n'avait rien d'un docteur, ce que pourtant, elle avait laissé dire et écrire à moult reprises…: «Depuis son retour sur le devant de la scène, avec son arrivée au ministère de la justice en 2012, on ne compte plus les titres de presse qui ont repris cette information, de France-Soir à Europe 1 en passant par Le Figaro ou encore France Guyane…».


Cette fois-ci, la faute ne serait pas imputable, selon son cabinet, à sa directrice cachottière comme lors de ses contrevérités sur les écoutes de Sarkozy… mais à Wikipédia qui pourtant ne lui donne pas du docteur !


Mais le plus farce reste à venir, sans que, curieusement, nos décodeurs n'en tirent crument toutes les cruelles conséquences: lors de l'émission de France 2 «Des paroles et des actes» diffusée le 5 septembre 2013, David Pujadas la présente comme docteur en économie et en ethnologie. La ministre, pourtant ordinairement peu timide, ne croit pas devoir le décevoir, et lorsque le trop aimable Jeff Wittenberg la complimente pour son doctorat d'économie, notre garde des Sceaux se fait modeste: «arrêtez de m'additionner des diplômes.»


Pour des raisons très voisines, un ministre du culte mosaïque a été logiquement contraint à la démission. Qu'attend donc une ministre, hier encore encensée, dont peu aujourd'hui célèbrent encore le culte pour suivre ce pieux exemple ?

 

Une autre icône, identiquement en délicatesse avec la vérité, n'aura pas eu affaire non plus, du moins de son vivant, à une presse indélicate.


Stéphane Hessel se sera beaucoup vanté d'avoir co-rédigé la Déclaration des Droits de l'Homme des Nations unies, qui correspond dans notre religion laïque post chrétienne et universelle, aux dix commandements de l'ordre ancien.

Le vrai rédacteur, René Cassin, n'étant plus là depuis longtemps pour rectifier.

À la suite de mon cher Pierre-André Taguieff, je dénonçais l'imposture mondiale dans «Le vieil homme m'indigne».


Immédiatement, les gardiens zélés du nouveau temple morigénaient mon impiété sacrilège.

C'est ainsi que Rue89, docilement repris par Le Point, prétendit qu'ici encore la faute revenait aux thuriféraires et aux laudateurs du saint homme, sans doute trop bon pour les contrarier.

Il me fallut faire remarquer aux bons apôtres que leur prophète inspiré avait cultivé son propre mythe jusqu'à la quatrième couverture de son best-seller planétaire.


Mais ce n'est qu'après les obsèques nationales du héros béatifié de son vivant que Le Monde reconnut, en passant, dans son hommage nécrologique le mensonge fondateur.

 

 

Par GOLDNADEL Gilles William
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Mardi 1 avril 2014 2 01 /04 /Avr /2014 15:53

PARU SUR LE SITE Valeurs Actuelles

http://www.valeursactuelles.com

http://www.valeursactuelles.com/politique/madame-taubira-naime-pas-v%C3%A9rit%C3%A9

1er avril 2014

Madame Taubira n'aime pas la vérité Par Gilles-William Goldnadel

L'oeil de Goldnadel. Chaque semaine, Gilles-William Goldnadel propose aux lecteurs de Valeurs actuelles son regard sur l'actualité. Il revient aujourd'hui sur la polémique créée autour des prétendus diplômes de Christiane Taubira, la garde des Sceaux.


La logique de la gauche, et c’est sans doute son charme, me laisse toujours rêveur.

Ce serait, à l’en croire, parce qu’elle aurait connu une de ses plus grandes défaites, qu’il conviendrait de mener désormais une politique encore plus gauchisante. Il y a comme de la poésie surréaliste dans cette proposition.

On disait, avec gourmandise dans les rédactions parisiennes, l’UMP morte et enterrée. Elle aura remporté un succès historique. On disait - toujours les mêmes aux mêmes endroits - que la droitisation décomplexée de son discours ferait la courte échelle à Madame LE PEN tout en la faisant tomber à son plus bas niveau.


On connait la suite. On dit décidément n’importe quoi à gauche et à Paris, raison pourquoi peut-être, la gauche a gagné à Paris.


Madame Taubira semble décidément entretenir avec la vérité des rapports distendus. La ministre niait appartenir encore au comité de parrainage de l'association Anticor qu'elle a soutenu publiquement place Vendôme, quand cette dernière s'en vantait toujours sur son site. Elle devra en répondre en justice. La ministre niait avoir été tenu informée d’écoutes controversées, ordonnées par un juge et sous la conduite de son parquet, quand elle en brandissait imprudemment la contre-preuve devant des millions de justiciables. Une partie de la presse continue cependant d'être bien bonne fille envers elle.


La semaine passée, l'espiègle mais perspicace Philippe Bilger s'était interrogé sur la réalité des diplômes de docteur en économie et en ethnologie dont notre garde des sceaux se laissait dire dotée. Après des fouilles infructueuses, notre archéologue suspicieux n'était pas loin d'y voir un nouveau mensonge, cette fois par omission.


Cette semaine, les « décodeurs » du Monde chargés par eux-mêmes de démêler le vrai du faux ont suivi la piste Bilger. Mais au titre équivoque de leur enquête : « Taubira: L'Intox des doctorats », j'avoue avoir un instant craint que notre procureur ait fait montre de témérité.

Que nenni ! On apprend ainsi à les lire, que la dame de la place Vendôme n'a rien d'un docteur mais qu’elle aura laissé flotter l'agréable rumeur suffisamment longtemps pour que beaucoup la hument.


Plus farce encore, les journalistes du Monde, sans en tirer crûment la cruelle conclusion qui s'impose quant à la sincérité de l’illustre dame, nous apprennent que lors de l'émission de France 2 « des paroles et des actes » du 5 septembre 2013, David Pujadas a de nouveau décerné indûment à son interviewée ministérielle les titres qu'elle n'a pas, sans que celle qui ne souffre pourtant d'aucune timidité particulière, ne s'estime en devoir de le décevoir. Et lorsque le trop aimable Jeff Wittenberg croit devoir rendre hommage à sa science économique en la complimentant pour son doctorat, notre éminence se fend modestement d’un « arrêtez de m'additionner les diplômes ».


Pour des raisons assez voisines, un ministre du culte et docteur de la foi mosaïque a été contraint, logiquement, à la démission. Notre ministre, hier encensée, devrait suivre ce pieux exemple, alors que peu restent encore à célébrer son culte.

 

Gilles-William Goldnadel ©
Par GOLDNADEL Gilles William
Ecrire un commentaire - Voir les 16 commentaires
Mardi 25 mars 2014 2 25 /03 /Mars /2014 11:44

PARU SUR LE SITE Valeurs Actuelles

http://www.valeursactuelles.com

 

http://www.valeursactuelles.com/politique/gauche-devoir-m%C3%A9moire

 

 

25 mars 2014 

 

La gauche et le devoir de mémoire Par Gilles-William Goldnadel

L'œil de Goldnadel. Chaque semaine, Gilles-William Goldnadel propose aux lecteurs de Valeurs actuelles son regard sur l'actualité. Il revient aujourd'hui sur le résultat des municipales et la tribune de Nicolas Sarkozy.


Il paraîtrait que M. Sarkozy aurait exagéré en évoquant « La vie des autres » et déploré que la police ait espionné longuement la sienne. L'allusion, même cinématographique, à l'Allemagne communiste était insupportable pour la gauche indignée.


Il y a quelques mois pourtant, les Jeunes Socialistes ont publié une caricature de l'ancien président en Adolf Hitler exécutant le salut nazi, portant la marque et l'adresse du parti de la rue de Solferino sans susciter ni excuses ni indignation. Tout au long du quinquennat, M. Montebourg, M. Hamon et autres princes consorts antifascistes autoproclamés n'ont pas dédaigné les références historiques les plus indignes sans inspirer autant de protestation. On voudra bien considérer en conséquence que lorsqu'un homme vilipendé, sans recours juridique immédiat possible, le secret de l'instruction foulé au pied, celui de ses conversations avec son avocat transformé en paillasson médiatique, fait référence à l'Allemagne de la Stasi, il devrait être, dans notre monde de l'hyperbole obligée, particulièrement complimenté pour son sens de l'euphémisme. Mais non, Sarkozy est un violent, qu'il ose seulement répondre à l'injure c'est injurier la justice, qu'il prétende légitimement soupçonner de partialité la juge d’un syndicat qui l’a punaisé sur le mur des cons, c'est insulter dangereusement l'ensemble des magistrats.


Et si Sarkozy, par la force des choses, n'était pas aujourd'hui devenu le symbole vivant du résistant à l'indignation sélective et à l'injustice médiatico-politique qui ne trompent plus les Français ?


Toujours, s'agissant des fantômes de la Stasi, planant à nouveau au-dessus de la France, il est piquant de constater que l'Humanité aura été sans doute la plus sévère pour morigéner l’épître de Sarkozy. Pourtant, du temps où sévissait la police politique est-allemande, l'organe officiel du Parti Communiste Français se montrait bien placide envers les méthodes des camarades de la république « démocratique ». À l'époque, il n'y avait pas grande offense à y faire référence. Quant aux alliés socialistes, l'alliance avec le parti frère ne posait pas et ne pose toujours pas problème. Mais je sens que je vais encore provoquer quelques indignations.

 

Messieurs Tariq Ramadan et Edgar Morin viennent de publier un livre en commun au titre bien trouvé : « Au péril des idées ».

Ce n'est pas le fait qu'ils aient écrit à quatre mains un ouvrage qui me frappe, mais leur extrême convergence.

Il faut en effet attendre la page 233 d'un opus qui en compte 282 pour lire l'expression : « enfin un désaccord ! ». Après cela, on me dira que l'islamo-gauchisme est une chimère.

Une question me taraude un peu dans cette affaire : qui compromet le plus l'autre ?
J'ai personnellement ma réponse : Ramadan, intellectuel brillant, a certes depuis longtemps mis un bœuf sur sa langue et écrit habilement à l'encre sympathique lorsqu'il s'agit de défendre la cause islamiste. Mais nul ne peut prétendre qu'il ait trahi son identité musulmane radicale.

Morin en revanche, celui qui persiste à décrire dans le livre commun, pour le plus grand bonheur de son non- contradicteur, qu’Israël est le bourreau et le palestinien la victime par essence, aime à se dire « marrane ». Sans comprendre que ceux-ci cachaient leur identité juive alors que lui aime la clamer pour accabler les siens.


Celui qui écrivait dans le Monde « que les Juifs prennent plaisir à humilier les palestiniens », celui qui a démonté la rumeur d'Orléans pour monter celle d'un massacre imaginaire à Jénine, est en fait le dhimmi de son compère de plume.


Un jour j'écrirai peut-être le tome 2 « du vieil homme m’indigne », tant M. Morin est le digne héritier de ce Stéphane Hessel qu'il admirait tant. Héritier, lui aussi intouchable, car nul dans la presse iconographique et convenable n'a osé seulement s'interroger sur ce mariage littéraire si harmonieux.


Au-delà de ces remarques désabusées, une observation ultime : tandis que Ramadan est loué dedans son camp pour son inflexible intransigeance à l’autre, Morin est religieusement encensé chez lui pour se poser en s'opposant aux siens.

Ainsi cheminent ensemble l'Orient dans son réveil et l'Occident dans son coucher.

 

Gilles-William Goldnadel © 

Par GOLDNADEL Gilles William
Ecrire un commentaire - Voir les 27 commentaires
Lundi 24 mars 2014 1 24 /03 /Mars /2014 18:56

Ainsi, la gauche médiatique et politique en déroute aura trouvé d'une violence insupportable la correspondance irritée adressée par Nicolas Sarkozy à ses anciens administrés.

Ses adversaires auraient sans doute, oubliant un caractère naturel qu'ils ont pourtant souvent blâmé, voulu le voir plus agréablement tempéré. Ils auraient aimé l'imaginer sourire gentiment sous l'injure publique, prendre avec une philosophie stoïcienne la violation planétaire du secret de l'instruction et s'essuyer gaiement les pieds crottés sur le paillasson du secret éventé de ses confidences à son avocat.

Mais entre tous les reproches à son adresse encolérée qui lui auront été adressés, le plus indigné aura été celui de l'avoir vu oser comparer, ne serait-ce que par référence cinématographique, le sort qui lui est fait avec celui des opposants de l'ancienne Allemagne démocratique et socialiste.

 

Pourtant, il y a quelques mois, les Jeunes Socialistes l'avaient caricaturé sur une affiche estampillée rue de Solferino en train d'exécuter un salut nazi réglementaire. Je ne me souviens ni d'excuses civiles, ni d'indignations citoyennes. Tout au long de son quinquennat, MM. Montebourg, Hamon et l'ensemble du monde antifasciste et vigilant auront multiplié les comparaisons shoatiques les plus hardies, un prêtre, le cœur miséricordieux mais très à gauche, aura après le discours de Grenoble, prié pour un infarctus présidentiel, sans déclencher pareille syncope.

 

À cette aune insondable et grotesque, lorsqu'un homme écorché passe de l'Allemagne nazie à celle de la Stasi, il est, en nos temps hyperboliques, seulement taxable d'euphémisme.

Et puis, si ce n'est pas encore tout à fait «la vie des autres» d'hier et de là-bas, quelle est aujourd'hui la vie des nôtres, ici et maintenant ?

 

Qui a lu Kundera décrivant petits espionnages et méchantes délations, a le droit mais encore le devoir de s'interroger gravement sur une dérive judiciaire et médiatique littéralement infernale.

Je n'ai pas écrit «politique», ne pratiquant pas la spéculation intellectuelle oiseuse et ne tenant pas les mensonges avérés d'une Garde des Sceaux définitivement déconsidérée pour, a priori, autre chose que la marque d'un interventionnisme d'accompagnement pratiquement superflu.

J'ai écrit «judiciaire». Nul besoin en effet que, place Vendôme, l'on se démène au-delà d'un parquet auquel on donne des ordres, tant l'idéologie frénétique qui s'est emparée de certains juges - et non évidemment de tous comme ne l'a jamais prétendu l'illustre espionné - se suffit à elle-même.

Étrangement, les contempteurs médiatiques et politiques de l'ancien président sont restés bien mutiques et ont regardé en l'air, lorsque celui-ci a mis en cause la juge chargée de son dossier, membre d'un syndicat de magistrats en lien idéologique étroit avec la ministre de la justice, qui lui a réservé la place du roi des cons sur son pilori mural.

Si le mot «suspicion légitime» a un sens, il n'est pas interdit ici. Je suggèrerais également qu'il ait demain un avenir procédural concret.

 

J'ai écrit aussi «médiatique». Car la potion empoisonnée ne devient létale pour la démocratie véritable - autrement dit la vie des nôtres - qu'en mêlant le militantisme de certains juges à l'activisme de certains journalistes.

L'imposture suprême consistant à se peindre en la circonstance en vaillant résistant contre le pouvoir absolu alors même qu'on incarne celui-ci dans son aspect aujourd'hui le plus affranchi de tout contrôle, lorsque de surcroît, et au mépris des règles de la séparation, alliance est passée avec partie du pouvoir judiciaire.

C'est ainsi que par une perversion intellectuelle portée jusqu'au chef-d'œuvre, les mêmes qui poussent des cris d'orfraie en suggérant que les écoutes judiciaires litigieuses laisseraient à penser que le client et son avocat auraient cherché à s'affranchir des règles légales sur le secret d'une l'instruction, les violent allègrement dans un même coup de rein en publiant en fraude lesdites écoutes.

 

Comment dire autrement, que l'on s'estime, de par une supériorité morale ou intellectuelle qui ne me frappe pas de prime abord, au-dessus des lois auxquelles sont astreints seulement le commun des mortels mais encore et surtout ceux que l'on déteste par essence?

Ajoutons qu'un double manquement, judiciaire et médiatique, particulièrement écœurant, au droit à l'intimité de la conversation, à celui de l'instruction, ainsi qu'à celui des échanges entre avocat et client a été perpétré par la publication et les commentaires des déclarations de l'avocat sur «les bâtards de Bordeaux».

Le droit de dire entre soi n'importe quoi, de maudire, d'exagérer, d'injurier, de plaisanter, de se défouler, de ne pas penser ce que l'on dit, ou encore de le penser chez soi, sans qu'on vous le reproche ni que vous ayez seulement à vous en expliquer, est l'un des plus sacrés.

 

Mais que pèse mon indignation par gros temps médiatique, par maelström judiciaire, par emportement hystérique ? Lorsque la médiacratie des privilégiés s'appuie sur la médiocratie des aigris ?

Une dernière question: Quand M. Hamon en arrive à déclarer benoitement que «lorsqu'on n'a rien à cacher, on n'a pas à craindre d'être écouté», s'agit-il encore de la réflexion d'un homme politique d'un régime démocratique social-démocrate ou d'un commissaire politique d'une république démocratique et socialiste ?

Ici et maintenant, ce n'est pas forcément la vie en prison qui guette, comme hier là-bas, opposants et dissidents de tous poils. Rien que la mort civile.


La vie des autres, la mort des nôtres.

 

Par GOLDNADEL Gilles William
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires
Mercredi 19 mars 2014 3 19 /03 /Mars /2014 17:32

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/03/19/31002-20140319ARTFIG00177-le-plaidoyer-de-goldnadel-quelle-paix-pour-israel.php#

Publié le 19/03/2014

Le plaidoyer de Goldnadel: Quelle paix pour Israël ? Par Gilles William Goldnadel


FIGAROVOX - À l'heure d'un regain de tensions à la frontière israélo-syrienne ainsi qu'à Gaza, Gilles-William Goldnadel nous donne son point de vue sur la future négociation de paix israélo-palestinienne. Pour lui la paix ne doit pas être obtenue à n'importe quel prix mais conditionnée à des exigences strictes.


Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Le client que je viens rencontrer une nouvelle fois à Petah Tikvah est un homme d'affaires très connu en Israël. Il a passé son enfance en Afrique du Sud et a fait ses universités en Angleterre. Comme à son habitude, il engage pendant le déjeuner la conversation sur les polémiques israélo-israéliennes du moment, connaissant mes positions réservées à l'égard de l'expression du nationalisme palestinien. Comme à mon habitude, je le laisse parler, n'ayant ni l'envie, ni surtout l'énergie de rompre des lances inutilement avec quelqu'un que j'estime.


Il est inquiet des progrès du boycott. Il est allé à Davos. Il a signé, en compagnie d'autres magnats progressistes du pays, une pétition publiée dans Haaretz, le journal de la gauche israélienne, dans laquelle il demande instamment à Netanyahou de faire plus d'efforts qu'il n'en fait actuellement dans les négociations engagées avec les palestiniens sous égide américaine. Je me contente de lui faire remarquer ironiquement que son bel esprit critique, à l'instar de la médiacratie occidentale, est tout entier tourné vers son propre camp. Il me dévisage, gentiment interloqué.

Son chauffeur, Uri, me ramène à Tel-Aviv avant le dîner de Pourim. Uri est un sabra aux yeux vifs d'une cinquantaine d'années qui parle assez bien le français et a des allures de vieux sage fatigué.

 

Il a servi dans une unité d'élite de l'armée. Il est triste et préoccupé. Il y a quelques jours le sud d'Israël a été paralysé par une pluie de roquettes venues de Gaza et lancées par le Jihad islamique. Quelques jours auparavant, Israël a intercepté un navire transportant une cargaison de missiles iraniens à destination du Jihad. De telles armes auraient pu atteindre le centre névralgique du pays et Tel-Aviv. Uri déverse doucement sur moi toute son aigreur. Je dois injustement incarner dans son subconscient irrité Aman, Assuérus, son libéral de patron, Obama et le Conseil de sécurité réunis. Pourquoi la Communauté Européenne, en branle-bas de combat permanent dès qu'Israël agrandit un appartement dans les territoires, n'a-t-elle pipé ni sur le bateau iranien, ni sur l'agression palestinienne? Que lady Ashton s'occupe de tous ou alors de rien! Le pays vient de célébrer tristement le troisième anniversaire de la tuerie d'Itamar. Le 11 mars 2011, deux terroristes se sont introduits dans la maison de la famille Fogel. Ils ont assassiné le père Ehoud, la mère Ruth, et ont égorgé leurs trois enfants, dont le dernier, un bébé de trois mois dans son berceau. Uri me confirme hélas que les massacreurs sont considérés comme des héros par un grand nombre des leurs. Abou Abas, leur président «modéré» a accueilli triomphalement à la Moukatta des terroristes récemment libérés. Il refuse catégoriquement, dans le cadre des négociations, de reconnaître Israël comme l'État du peuple juif, conformément pourtant à la déclaration de partage onusienne de 1947.

Au nom de quel principe politique dès lors, reconnaitre la légitimité des Arabes de Palestine à recevoir des terres en propre, en cas d'absence de réciprocité? Comment, si les Arabes demeurent dans l'ambiguïté, les empêcher un jour, s'ils devenaient, comme c'est possible, majoritaires en Galilée, les empêcher de revendiquer le territoire, à la manière des albanais du Kosovo ou des russes de Crimée? Comment, arriver à un accord avec un tel partenaire, en sachant de surcroît, que le Hamas islamiste est toujours à Gaza ?

 

Et pourtant, Uri reconnaît volontiers les droits nationaux du peuple Arabe de Palestine. La majorité des implantations -à l'exception du glacis stratégique peu peuplé de la vallée du Jourdain- il y renoncerait. Il n'a pas la religion des territoires et ne brandit pas la Bible comme un titre irréfragable de propriété. Comme 80 % de ses concitoyens, il serait prêt à des sacrifices territoriaux déchirants, y compris sur une partie de Jérusalem. Mais contre une paix définitive, une vraie paix. Pas une mi-temps avant un nouveau match plus périlleux encore.


Nous sommes arrivés. Il finit par me dire que les journalistes français ne devraient pas se contenter de lire Haaretz. Pour ne pas l'échauffer davantage avant le repas de fête, je n'ai pas ajouté que la garantie que l'Amérique se dit prête à apporter en caution en cas d'accord, pourrait être de la même couleur effaçable que la fameuse «ligne rouge» tracée par Obama, dans le cas ou Assad utiliserait les armes chimiques contre sa population civile...

Je marche dans les rues de Tel-Aviv en fête, hédoniste et insouciante. Je croise des vieillards déguisés en marins, et de toutes jeunes filles habillées en putains.

Mon client n'a pas tort. Si les négociations échouent, les Arabes de Palestine vont engager à l'ONU comme devant les instances internationales acquises idéologiquement à leur cause des procédures en vue d'isoler encore davantage Israël. L'Amérique d'Obama n'utilisera pas son véto. L'économie du pays, insolemment florissante, pourrait en pâtir. Une nouvelle intifada pourrait survenir.

Mais Uri a raison : Que se passerait-t-il en cas d'accord boiteux ? Dans quelle situation économique se trouvera Israël, si, les territoires stratégiques cédés, des irrédentistes envoient sur l'aérodrome international de Lod les mêmes messages qu'ils adressent de Gaza, évacué hier par Sharon ?


Ce monde médiatique, électronique est un village. Les mêmes prétendues élites, brillantes et désinvoltes. À Paris, à New York comme à Tel-Aviv. Post-démocratiques, post-nationales, post sionistes.


Dans les conseils d'administration comme sur les plateaux de cinéma et de télévision. Avec cette même préférence pour la subjectivité de l'Autre, qu'ils prennent fièrement pour de l'objectivité.


Les mêmes chauffeurs désespérés et colériques aussi. Une fois de plus, Marx a vu faux. Les prolétaires ont un pays. Ils n'ont même que cela. A Petah Tikvah comme à Mantes-la jolie.

 

Par GOLDNADEL Gilles William
Ecrire un commentaire - Voir les 19 commentaires
Mercredi 19 mars 2014 3 19 /03 /Mars /2014 01:33

Paru dans Valeurs Actuelles


http://valeursactuelles.com/

http://www.valeursactuelles.com/politique/mur-l%E2%80%99imposture-politique-s%E2%80%99-effondr%C3%A9

17 mars 2014


Le mur de l'imposture politique s'est effondré - par Gilles-William Goldnadel


L'oeil de Goldnadel. Chaque semaine, Gilles-William Goldnadel propose aux lecteurs de Valeurs actuelles son regard sur l'actualité. Il revient aujourd'hui sur la collusion entre Christiane Taubira et la présidente du syndicat de la magistrature.

Par un télescopage cruel mais opportun, les mensonges de Madame Taubira ont été dévoilés en même temps que la présidente du Syndicat de la Magistrature était mise en examen dans l'affaire du « Mur des cons ». Les deux dames, on le sait, entretiennent des rapports idéologiques étroits.


La première, en dépit de ses assurances devant la représentation nationale, aura bien fait pour ne pas voir la seconde incriminée devant un Conseil Supérieur de la Magistrature très placide.


Madame Taubira et Madame Martre ont, sans surprise, le même système de défense. La dénégation hautaine et accusatrice. Le simple fait de leur réclamer des comptes serait déjà la marque de l'infamie réactionnaire. Ce serait la justice que l'on assassine. Aux grands mots, les petites combines.


La réalité, est en effet moins sublime. La politique suivie par la Garde des sceaux depuis son arrivée place Vendôme n'a été, en vérité, qu’une succession de petits mensonges habillés en grande politique : d'abord, la mascarade d'une « Conférence de consensus » organisée en collaboration avec le Syndicat de la Magistrature pour décrédibiliser toute réponse carcérale, même tempérée, à la criminalité. Ensuite, des interventions permanentes dans des dossiers d'opposants, comme dans les affaires Anticor ou Sarkozy. Tandis que l'on entonnait à tue-tête l'air de l'indépendance de la justice, on sifflait à bas bruit le chant du partisan.

Le mur des cons n'est finalement que la version picturale de cette même tartufferie.


Cette semaine, un mur d'imposture s'est effondré avec fracas sous les menteurs qui l’ont monté.

Par GOLDNADEL Gilles William
Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires
Mardi 11 mars 2014 2 11 /03 /Mars /2014 10:36

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/


http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/03/10/31003-20140310ARTFIG00290-affaires-cope-buisson-sarkozy-le-plaidoyer-de-goldnadel.php

 

Publié le 10/03/2014

Affaires Copé, Buisson, Sarkozy : le plaidoyer de Goldnadel

 

FIGAROVOX - L'avocat de Patrick Buisson revient sur la semaine noire de l'UMP et la mise sur écoute de son confrère Thierry Herzog.


Qu'il est doux d'écrire dans les colonnes d'un journal qui n'est pas tant prisonnier de l'esprit de corps qu'il en perde la tête.


La semaine calamiteuse qui vient de s'écouler m'aura en effet donné quelque bile, à mesurer souvent l'opinion que se fait une certaine presse de son droit à s'affranchir du droit. De sa capacité aussi à faire la morale tout en la piétinant.

Certains journalistes, en principe soucieux du droit des gens à la dignité, se lancent dans une chasse à l'homme, une traque, un questionnement insistant et impudique qu'ils n'oseraient pas pratiquer à l'égard de l'auteur du pire crime de sang. Que l'homme-gibier ait osé y voir, sur le champ, un procédé «totalitaire» aura donné «envie de rire», ce dimanche matin à la préposée de la radio d'État chargée des questions médiatiques. J'envie cette disposition à l'humour.


 
Le même matin, et dans le même cadre radiophonique, les journalistes commentaient sans les critiquer ces écoutes et cette perquisition intervenue à grand bruit et dans des conditions controversées chez l'avocat de l'ancien président de la république. Les mesures étaient ordonnées par un juge membre du Syndicat de la Magistrature. Cette précision, purement factuelle, est évidemment aussi inutile qu'innocente.

Était invité à l'émission, un magistrat syndicaliste qui crut devoir préciser sans être contredit que certes les perquisitions sont pénibles, mais qu'elles arrivent quotidiennement chez tous les justiciables.

Ne prétendant pas ici encore à l'objectivité absolue -le perquisitionné étant un confrère doublé d'un ami- et ne pouvant aspirer à la crédibilité qui en découle, je m'abstiendrai donc de dire l'horreur juridique et les références historiques que m'inspirent des mesures dévoyées qui se vautrent sur les droits au secret de l'avocat et de son client.


En revanche, entendre un magistrat évoquer tranquillement les écoutes d'un an de conversations de l'opposant le plus potentiellement dangereux du pouvoir actuel avec son avocat, ainsi qu'une perquisition chez ce dernier, devant un parterre de journalistes placides me donne migraines et acouphènes. Me reviennent sans répit à l'oreille les cris stridents et indignés de «fadettes!», «secret sacré des sources!», «méthode totalitaire!» dès lors qu'un magistrat sonne à la porte d'une rédaction dans des conditions légales parfois moins discutables.

Puisque j'en suis, sur ce thème de la vie privée et de ses violations, à vitupérer la manière oblique dont la presse le traite, sévère pour les autres, indulgente pour elle-même, quelques observations d'ordre idéologique complémentaires:

Curieux paradoxe, en effet que celui de voir aujourd'hui l'État, lorsqu'il agit avec un excès critiquable, mais avec parfois de louables intentions de protection du droit à la sécurité des individus, traité avec une sévérité symétriquement équivalente à l'indulgence voire à l'empathie dont bénéficient les individus qui ont violé les secrets de cet état.


Pour la démonstration par l'exemple, mon lecteur voudra bien se reporter aux commentaires médiatiques acides sur la NSA, la vidéosurveillance, les croisements de fichiers informatiques (à l'exception de celui du fisc jamais critiqué) et la manière dont ont été évoqués les courageux «lanceurs d'alerte» Assange, Snowden ou Manning, pourfendeurs du secret diplomatique ou militaire.

Pour ceux qui douteraient encore du caractère idéologique de cette morale médiatique sélective, j'évoquerais une sélection dans la sélection. Le seul «lanceur d'alerte» à ne pas avoir bénéficié de cette indulgence à géométrie variable est en effet le journaliste Clément Weill-Raynal(1) qui a révélé les secrets compromettants du Mur des cons du Syndicat de la Magistrature. Dans son cas particulier, les mêmes qui ordinairement considèrent comme un acte d'héroïsme professionnel le procédé de la caméra cachée pour confondre les méchants, n'avaient pas de mots assez durs pour stigmatiser des «photos volées» dans un local pourtant dénué de caractère privé.… Il est vrai que le syndicat majoritaire des journalistes s'était dit solidaire des magistrats partisans.


Réflexion faite, lorsque je suggérais que des journalistes avaient un réflexe systématiquement corporatiste, j'étais fort injuste: il leur arrive même d'être impitoyables envers certains des leurs.


(1) je suis l'avocat de Clément Raynal.


 


 

Par GOLDNADEL Gilles William
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés