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Mardi 2 septembre 2014 2 02 /09 /Sep /2014 02:31

 

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/


http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/09/01/31001-20140901ARTFIG00214-le-requisitoire-de-goldnadel-l-echec-tragique-de-la-gauche-morale.php

01/09/14


Le réquisitoire de Goldnadel : l'échec tragique de la gauche morale

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Pour Gilles-William Goldnadel, la gauche morale a perdu tout son crédit. Les différents événements d'un été tragique rendent désormais impossible l'union de la gauche et de l'extrême-gauche.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.
Hier soir, j'ai fait un mauvais rêve. C'était la rentrée.

Mme Taubira, que je pensais à la retraite, à vélo sur la colonne Vendôme, m'expliquait que la prison ne servait à rien.
Sauf, notable exception, concernant les délinquants non-violents, les manifestants contre le mariage unis.exe ainsi qu'une femme qui l'avait insultée jusqu'en Guyane.
Alors que j'essayais d'argumenter, je me retrouvais collé au mur d'un syndicat de la magistrature.

Mme Vallaud-Belkacem, dans ma classe maternelle de l'école publique, m'infligeait la lecture d' un abécédaire à l'envers tout en se gargarisant de pauvres poncifs, slogans creux et mantras extatiques sur le vivre ensemble et le nous inclusif et solidaire.
Comme si rien ne s'était passé, de petits commissaires politiques antiracistes de SOS PS, préposés à la vigilance antifasciste, traquaient à nouveau avec jubilation les fortes têtes identitaires.

L'un deux clouait au pilori médiatique l'auteur d'une insolence contre l'immigration incontrôlée en lui dessinant un Z noir sur sa poitrine velue.
Un autre, en rade à la Rochelle, tentait, à grands cris effrayants, de décrire l'enfer du thatchérisme et du national populisme qui guettaient la France et les Français.
Un quatrième et un cinquième me dressaient procès-verbal sous prétexte que j'aurais écrit dans le Figaro que la France appartenait à la civilisation judéo-chrétienne. J'aurais également employé l'expression «Français de souche». Je commençais, lâchement, par nier.

Puis, dans une fuite en avant héroïque, je m'égosillais, lyrique, à leur dire, que cette fois, ça ne marchait plus, que l'été 14 était passé par là.
Les manifestations de rue à Paris et à Sarcelles. Les cris de mort aux juifs. L'extrême gauche écologiste et communiste flanquée de quelques socialistes frondeurs au coude à coude avec les barbus, les voyous, les femmes voilées arborant les pavois du Hamas et du Hezbollah et les verts étendards du califat. Le déferlement islamiste sur les chrétiens d'Irak et de Syrie. Sur les kurdes et les yazidis. La vente des femmes, leur viol. Les tortures, les conversions forcées, les décapitations de journaliste, les exécutions de masse. Je criais que l'islamo-gauchisme ne passerait pas! Je hurlais dans un micro éteint.

Les petits commissaires, munis de porte-voix portant les couleurs rouges du service public , continuaient imperturbablement à expliquer aux passants que l'union de la gauche existait encore. Que ce qui rassemblait les gauches était plus fort que ce qui les séparait.
Montebourg faisait des grimaces derrière le dos de Valls. Mélenchon tirait-une langue de belle-mère au président Hollande. Emmanuelli s'essayait à nouveau au doigt d'honneur suprême.

Je m'escrimais à répondre que l'union de la gauche avait explosé dans l'obscénité de ses alliances et que s'en était fini de l'ambiguïté existentielle d'un parti socialiste faisant le grand écart entre le libéralisme et le collectivisme, le patriotisme et l'internationalisme, le sécuritaire et le laxisme, le refus de tous les préjugés et l'antiracisme sélectif, le bourgeois éclairé et le bohème éthéré.

Je voyais même certains membres de l'opposition continuer, comme si de rien n'était, à marcher du même pas, sur les mêmes travées, d'un train de sénateur poitevin ou de député girondin, à vouloir gagner par défaut sur les sentiers battus.

Sans voir, ou en le refusant, et la France et le monde sombrer dans la fureur. Et la France et le monde sans le moindre barreur.
Sans voir, ou en le refusant, qu'un seul parti, toujours le même, continuait à s'affranchir, pour son seul profit, du tabou principal, de celui qui est dans toutes les pensées et dans les impensés.

De la question mère, qui gouverne et la sécurité et la prospérité. Et qui dit que l'identité n'est pas un pêché.
Mais je me suis réveillé en sursaut. Et les Français aussi. Alarmés par le principe de réalité.

Gauche morale n'est plus qu'un oxymore hilarant. Le parti socialiste va imploser et l'union de la gauche exploser. L'opposition démocratique, si elle veut s'imposer, ne laissera pas au Front National le monopole du refus de la dictature multiculturariste. Sauf à lui servir la victoire sur un plateau d'argent.

Quant aux petits commissaires politiques antiracistes, ils vont rejoindre bientôt leurs ancêtres de la tcheka et du comité de salut public dans les cloaques de la triste histoire du terrorisme intellectuel.

Et leurs victimes cesseront peut-être d'en faire des cauchemars.

Gilles William Goldnadel   ©

 

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mardi 26 août 2014 2 26 /08 /Août /2014 10:09

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/08/25/31003-20140825ARTFIG00278-le-requisitoire-de-goldnadel-benjamin-biolay-ou-l-indignation-selective.php

25/08/14

Le réquisitoire de Goldnadel: Benjamin Biolay ou l'indignation sélective


FIGAROVOX/CHRONIQUE - Benjamin Biolay a essuyé une vague de critiques en déclarant sur Twitter que le soutien aux Kurdes était «juste une mode». Malgré les excuses du chanteur, Gilles-William Goldnadel s'insurge contre l'indignation sélective des artistes de gauche.



Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

 
Un des tweets du chanteur Benjamin Biolay qui ont causé la polémique.


Cette semaine, je voudrais rendre grâce à Benjamin Biolay. Sa dernière sortie, qui a déclenché tant de commentaires affligés ou ironiques, me permettra d'esquisser quelques gammes et variations autour de l'insoutenable légèreté de l'être artistique contemporain.

Rappel des faits à ceux de mes lecteurs qui avaient certes mieux à faire en cette fin d'été que de prendre connaissance sur Twitter des derniers gazouillis de cet artiste bien à gauche: le 22 aout celui-ci invectivait des «pseudo-patriotes» favorables aux livraisons d'armes aux Kurdes pour sauver les chrétiens d'Irak en précisant que: «leur dénonciation de crimes contre l'humanité était une mode … et qu'ils étaient juste pathologiquement islamophobes».


À dire le vrai, et sur le coup de l'irritation, mon premier réflexe aura consisté à ranger cette pensée profonde dans le magasin des accessoires, costumes, et autres colifichets que les artistes de la gauche française (pardon pour le pléonasme) nous servent en permanence.

Je ne compte plus les articles que j'ai cru devoir consacrer aux fadaises, billevesées et coquecigrues de nos histrions incontinents. Quand ce n'est pas Bedos qui traite impunément de salope une femme politique, c'est Bertrand Cantat qui apporte sa caution morale à un José Bové, ravi dans son village.
Quand ce n'est pas Marion Cotillard qui refuse de croire au 11 septembre 2011, c'est Yannick Noah qui menace de quitter une France déjà quittée, en cas d'élection démocratique contraire à ses désirs.
Quand ce n'est pas Torreton qui couvre de fange Depardieu, c'est Olivier Py qui menace de saborder Avignon en cas de victoire du Front National, ce que les intermittents du spectacle ont fait bien mieux que lui.
Bien sûr, l'ironie avec laquelle je manie le bâton relève également de la comédie, car le sujet mériterait davantage de sérieux, tant il relève de la tragédie.

Voilà en effet des lustres qu'une caste de privilégiés, coupée des réalités, vivant dans et par le virtuel, d'une suffisance morale qui n'a d'égale que son insuffisance intellectuelle, a réussi à modeler de jeunes cerveaux malléables. Ils l'ont fait avec l'assistance empressée de médias faussement rebelles et authentiquement conformistes. Ils l'ont fait en profitant de l'emprise qu'ils exercent sur des esprits ouverts parce qu'empathiques et admiratifs. Un juriste politique chagrin appellerait cela abus de faiblesse, de confiance ou de fausse qualité.

Ils l'ont fait dans tous les domaines. Ils ont fait croire qu'ils étaient prêts à accueillir tous les sans-papiers du monde dans leurs dix-pièces-cuisine. Ils ont fait croire que l'immigration était une chance merveilleuse pour la France. Ils ont fait croire que l'armée et la police ne servaient qu'à opprimer jeunes et étrangers. Ils ont fait croire que les minorités ethniques ou sexuelles, forcément opprimées, avaient toujours raison. Ils ont fait croire que les substances illicites étaient légitimes. Ils ont fait croire que la France était un pays de beaufs racistes et que les immigrés y étaient maltraités. Ils ont fait croire que la famille était un concept médiocre et dépassé. Ils ont fait croire que la générosité, l'intelligence, la modernité et la tolérance habitaient toutes à gauche et qu'il n'y avait pas d'autre salut moral que d'y demeurer. Et ils se sont trompés sur tout.
Ils ont fait croire aux jeunes artistes qui n'y avaient pas de salut professionnel pour ceux qui oseraient habiter ailleurs. Et ils avaient raison.

Ayant à nouveau tout cela à l'esprit, je me suis repris et plaiderai donc l'indulgence pour Benjamin Biolay. Après tout, nous sommes plus dans un cadre réflexe pavlovien que dans la réflexion.
Vous avez dit livraison d'armes ? Voilà 30 ans que le pacifisme bêlant domine en maître la non-pensée artistique française. Prononcez les mots «paix, désarmement, déserteur» et nos artistes japperont. Dites «guerre, militaire, frontière, soldats casqués» et ils auront la bave aux lèvres.

Vous avez dit kurde ? Mais pourquoi voulez-vous que M. Benjamin Biolay ressente quelque considération pour un peuple kurde que le monde entier a oublié et trahi depuis un siècle ?
Qu'un peuple arabe du Proche-Orient qui menace de destruction l'État voisin se voit accordé le droit à un état, c'est l'évidence réflexe indiscutable. Mais que le peuple kurde, non arabe, pacifique, ait droit à son Etat en terre d'Orient, voilà qui est nouveau pour ceux qu'on a forcés à croire que cette terre ne pouvait être qu'arabe et d'islam.
Au demeurant, pourquoi morigéner un artiste de variétés, quand un journal du soir qui se veut sérieux et intelligent, lui aussi écrit le 18 aout dans un éditorial ses réticences à armer les kurdes, sous le prétexte imparable que cela déplairait aux Allemands et aux Turcs d'Allemagne ?

Vous avez dit chrétiens d'Orient ? Mais qui s'intéressait à leur souffrance il y a encore un an ?
Aux coptes d'Égypte ? Aux massacres du Soudan, du Nigéria ou de Syrie ?

Vous avez dit terrorisme islamiste ? Mais le monde commence seulement à le découvrir vraiment dans son ampleur.
Le journal éponyme vient de consacrer un éditorial au supplice infligé au malheureux James Foley, authentique martyr, lui, de l'abjection fanatique. Lorsque son confrère Daniel Pearl fut assassiné dans les mêmes conditions, il n'eut pas certainement droit ni à la même attention, ni au même hommage.

Jusqu'à présent, dans l'inconscient collectif médiatique européen, le terroriste islamiste, certes décrié politiquement, n'est pas foncièrement détesté «épidermiquement, tripalement», comme l'est encore la figure honnie du militariste raciste occidental.
Pas de défilés monstres contre les monstruosités avec Guy Bedos, Duflot et Besancenot, pas de «génération Mossoul» en keffieh, pas de protestation massive de la communauté musulmane passive.
Voilà pourquoi, le 3 octobre 2012, je fus contraint de prendre la plume pour ferrailler contre ceux, nombreux en France médiatique, qui s'étranglaient d'indignation à la vue d'affiches placardées dans le métro new-yorkais qui osaient qualifier les djihadistes de «sauvages»…

Lévi-Strauss, qui en savait un rayon sur la radicalité islamique, aurait considéré à juste titre l'épithète offensant pour les authentiques sauvages qu'il connaissait aussi.
Qui voudrait que dans ce contexte d'ignorance, de sottise, de matraquage idéologique, et de terreur intellectuelle trentenaires, je tienne finalement mauvaise rigueur à un enfant du siècle, élevé au lait de l'antiracisme de pacotille, de prendre les ennemis des djihadistes pour des «islamophobes» ?

La punition est déjà bien sévère. Il fut un temps où de telles déclarations étaient prises au sérieux. Aujourd'hui elles déclenchent le fou rire ou la sidération.

Il va devenir difficile d'être artiste et de gauche, sans être comique.

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mardi 19 août 2014 2 19 /08 /Août /2014 10:53

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/08/18/31002-20140818ARTFIG00133-le-requisitoire-de-goldnadel-pour-en-finir-avec-le-proces-d-israel.php


18/08/14



Le réquisitoire de Goldnadel: Pour en finir avec le procès d'Israël

FIGAROVOX/CHRONIQUE - À l'occasion de la semaine sainte, notre chroniqueur Gilles-William Goldnadel fustige la bien-pensance de certains médias dans leur traitement du conflit israélo-palestinien, mais espère que le grand public ouvrira les yeux sur les exactions du Hamas.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

 

La semaine sainte fut décidément à la repentance. Luc Tangorre à nouveau sous écrou. Pour ceux qui auraient oublié ce nom de bandes dessinées, il s'agit de cette icône de la gauche pétitionnaire des années 80.

L'homme, condamné pour quatre viols qu'il niait farouchement en dépit d'un dossier accablant, se vit prendre en charge par un comité de soutien progressiste aux accents dreyfusards.

Celui-ci, mené tambour battant par Marguerite Duras et Pierre Vidal-Naquet - frère de l'avocat du condamné - obtint par voie d'écrits indignés, la grâce sanctificatrice de François Mitterrand.
Luc entrait dans le saint des saints des innocents forcément innocents, au même titre que Klaus Croissant , Pierre Goldman et bientôt Omar Raddad.

Las, quelques années plus tard, Tangorre était condamné pour le viol de deux étudiantes américaines, ce qui obligea Pierre Vidal-Naquet à faire amende honorable.

Il n'est pas sûr que les victimes s'en trouvèrent rassérénées. Pas davantage que cette enfant qu'aurait agressée, dans le chaud de l'été, l'ancien protégé de la gauche impériale.
Si les pétitionnaires survivants ont une conscience, elle pourrait leur peser.
Un journal du soir a regretté dans un éditorial d'avoir approuvé, sans doute sous le coup de l'émotion, l'intervention militaire contre Kadhafi. Il faut dire que le spectacle d'une Libye dévastée, aux arsenaux pillés, livrée à la bestialité des milices islamistes, a pu accélérer cette tardive réflexion. Il faut dire aussi que ce journal n'a pas eu le monopole de l'approbation funeste, et que gauche et droite, sur la question, étaient malheureusement unies dans l'erreur commune.

Le même quotidien vespéral, décidément dans l'introspection nostalgique, a déploré avoir moqué le regretté Simon Leys, récemment décédé, lorsque celui-ci tailla un costard sur mesure au communisme chinois dans les «habits neufs du président Mao». Voilà Leys, après avoir fait l'objet d'une rééducation morale et culturelle, aujourd'hui encensé et prestement embaumé.

Décidément, la poésie politique est un art grandiloquent et dangereux. Les esthètes qui la pratiquent, et qui préfèrent avoir tort avec Sartre que raison avec Aron, n'écartent pas l'hypothèse de commettre des erreurs par excès de bonté. Qu'importe, nos chrétiens de gauche ou nos néo-staliniens ont conservé le goût de la mortification et de l'autocritique à grand retardement.

Il faut dire que l'exercice ne coûte pas cher et est censé grandir le repentant.
Pour ma part, je n'y verrais pas d'inconvénients, si j'estimais la contrition utile.
Hélas, les mêmes recettes empoisonnées à l'arsenic du conformisme hautain, au curare du terrorisme intellectuel et au cyanure de la désinformation idéologique n'ont pas varié depuis 68. Seules les victimes de l'intoxication au plomb d'imprimerie se sont succédés au travers les générations malmenées.

Trop tard pour les Chinois, les Libyens, les chrétiens d'Irak et les victimes des faux Dreyfus.
De Tel Aviv où je me trouve, et actualité oblige, on me permettra de me poser la question pour les Israéliens, tant je reconnais à l'odeur et au goût les vieilles recettes et leurs ingrédients épicés.

Je ferai grâce à mon lecteur d'une énième analyse sur une guerre asymétrique, disproportionnée par essence, contre un mouvement terroriste qui cherche à tuer les enfants des autres et à faire tuer les siens. Celui-ci aura gagné son combat médiatique en échouant à assassiner les gamins ennemis tout en réussissant à faire tuer de petits gazaouis.

À la lumière glauque de l'idéologie gauchisante qui précède, et qui continue d'éclairer la médiacratie européenne, cette guerre de l'émotion ne pouvait être perdue, dans ce match opposant l'Orient et l'Occident, l'innocent a priori et le coupable au pilori.

Il n'en demeure pas moins que l'éclairage se fait moins brillant, tel un astre mort qui l'ignore encore. Raison pourquoi les sondages montrent qu'une partie du public se protège du bombardement médiatique en se bardant d'un scepticisme grandissant.

Ainsi, et pour la première fois, le public a compris l'instrumentalisation par le mouvement terroriste islamique du bouclier humain que constitue sa population, avec une prédilection particulière pour ses sanctuaires comme base guerrière, tels que les mosquées, les hôpitaux et les écoles.

Encore faut-il observer - et c'est tout mon propos d'aujourd'hui - que cette compréhension nouvelle n'a pu être obtenue que par une analyse essentiellement déductive, tant l'idéologie médiatique encore au pouvoir aura largement utilisé ses vieilles recettes basées sur son système de focalisation - occultation pour accabler l'État démocratique judéo-occidental détesté par essence.

À ce stade, quelques exemples sont nécessaires à l'illustration d'un propos forcément dérangeant.
- Le journal du soir que j'évoquais plus haut a ouvert ses colonnes pour interviewer uniquement deux intellectuels israéliens de la gauche extrême: Gédéon Lévy et Zeev Sternhell. Les deux sont connus pour être des contempteurs hypercritiques de tous les gouvernements israéliens qui se sont succédés.
Un peu comme si un journal chinois n'interrogeait que Besancenot et Duflot pour connaître le point de vue français en matière de politique étrangère.

Dans le même temps, et cela ne concerne pas que le quotidien vespéral, le public européen ignore totalement qu'il existe des personnalités arabes et même palestiniennes qui expriment une opinion très critique sur le Hamas. Je renvoie ce public désinformé sur l'interview édifiante par les télés américaines de Mosab Hassan Yousef fils d'un fondateur du mouvement terroriste qui approuve sans ambages l'opération israélienne ou encore sur cet article de Bassem Eid intellectuel arabe de la même farine qui prie pour l'éradication du Hamas qui n'auront aucune chance de contrebalancer dans la presse européenne convenue les articles des Israéliens hypercritiques systématiquement mis en avant.

- À la différence du public américain, la presse conformiste a dissimulé soigneusement les plaintes de journalistes occidentaux sortant de Gaza quant aux menaces dont ils ont fait l'objet des lors qu'ils voulaient filmer les combattants du Hamas utilisant les sanctuaires civils comme base de lancement de missiles. De même, les exécutions de «collaborateurs» ou de manifestants ont été traitées avec une égale et délicate discrétion.
Je n'ai pas vu non plus une grande publicité données aux enquêtes réalisées par le New York Times ou la BBC, pourtant peu soupçonnés de tropisme pro-israélien, sur les mensonges des bilans chiffrés par le Hamas de ses victimes civiles ou combattantes, bilans accueillis avec la même confiance que s'ils émanaient du Moniteur ou du Journal Officiel.

- Enfin, que penser de cette absence de toute réaction d'une presse ordinairement sentencieuse, à la nouvelle de la nomination de M. Shabas pour présider la Commission d'Enquête ad hoc de l'ONU. Celui-ci s'étant fait remarquer précédemment pour avoir demandé, dans le cadre du très orienté tribunal Russel sur la Palestine, autoproclamé pour enquêter sur «les crimes de guerre commis par Israël», la comparution de Shimon Peres, prix Nobel de la paix, devant le Tribunal Pénal International.

 
À ce stade de constatation de l'abolition sélective de tout esprit critique, est-il permis à un observateur engagé mais qui n'a pas renoncé à son honnêteté, de se dire désabusé?

Lorsque dans dix ans ou moins, quelque journaliste ou intellectuel en mal de mortification se livrera à un exercice de repentance sur la question d'Orient, je ne suis pas sûr qu'il devra compter sur la miséricorde des israéliens affligés ou sur celle d'un public qui devient chaque jour plus difficile à mystifier.


Gilles William Goldnadel   ©
 

Par GOLDNADEL Gilles William
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Jeudi 7 août 2014 4 07 /08 /Août /2014 13:07

PARU SUR LE SITE Valeurs Actuelles
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7 août 2014

Antisémitisme: les silences des grands prêtres de l'antiracisme Par Gilles-William Goldnadel


Tribune. Un bombardement médiatique entraîne, pareil à un bombardement neutronique, un effet de sidération. Toute velléité de réaction est tétanisée, la pensée est comme figée, tout désir de rationalisation est voué à l'échec. Ceux qui bombardent d'images, de sons, d'injonctions et  d'anathèmes ressentent un sentiment d'impunité devant la passivité de leur ennemi honni. La cause qu'ils défendent excuse à l'avance tous ses excès. Nous ne sommes plus dans le domaine de l'information ou de l'analyse mais seulement dans l'empire orwellien de la Morale Universelle.

C'est ainsi que Le Monde, ordinairement vétilleux en matière d'antiracisme, aura  toléré le 3 août et les jours suivants sous un article sévère, forcément sévère, à l'égard d'Israël les commentaires suivants d’un certain O J : « De la pourriture, la lie de l'humanité, ces  Israéliens. Ils font feu de tout bois … Rien de neuf, les juifs ont toujours eu une curieuse conception de l'arithmétique, en affaires comme à la guerre ».

A noter qu'aucun des commentateurs pro palestiniens réclamant vivre sous l'empire de la Morale Universelle et Antiraciste pour fustiger Israël n'a estimé de son devoir de fustiger  les commentaires précités.
À noter encore que durant cette saison chaude qui vit la communauté juive prise à partie, des synagogues attaquées et des magasins juifs mis à sac, l'organe de la Morale Universelle ne s'estima pas non plus devoir consacrer un éditorial à cet islamo-gauchisme qui criait « mort aux juifs ! » mais plutôt trois articles à un groupuscule extrémiste juif censé avoir eu la capacité de provoquer les manifestants, ainsi qu'un article empathique et esthétisant sur cette « génération  Gaza » qui descendait sur le pavé.

Cet état d'anomie ou tout est permis, je le connais bien. Déjà en 1982, pendant la guerre qu’Israël livrait à l'OLP d’ Arafat au Liban, le journal Libération, lui aussi chantre de l'antiracisme, avait publié une lettre d'un lecteur nommé Kamel dans lequel celui-ci se proposait d'aller vider sa kalachnikov rue des rosiers, trois semaines avant qu'un groupe palestinien ne s'en charge réellement. Déjà Le Monde, avec un bel esprit confraternellement outragé, se déclara solidaire de son impétueux confrère que je crus néanmoins devoir faire sanctionner devant les tribunaux.
Qu'on se rassure, Serge July ne fut certainement pas condamné à neuf fois de prison fermes, tel  une vulgaire membre du Front National.

Quelques massacres antijuifs plus tard en France ou en Belgique, quelques manifestations islamo-gauchistes avec débordements antisémites plus loin, les choses, on le voit n’ont changé qu’en pire.
Dans ma précédente chronique (« questions aux champions de l'islamo-gauchisme ») je posais crûment cette première question : un pays démocratique, lorsqu'il est agressé par une organisation terroriste qui s'abrite derrière sa population doit-il riposter, au risque d'entraîner des pertes civiles, ou bien doit-il stoïquement subir le diktat de l'agresseur ?
On remarquera que personne, parmi les procureurs les plus sévères de l'État d'Israël ne répond jamais à cette question. Quant aux états occidentaux qui légitiment la difficile riposte israélienne au nom de la légitime défense, leur condamnation suit immédiatement ladite riposte autorisé, dès les premiers malheureux civils touchés.
On le voit, l'hypocrisie n'est pas loin. Même l'ultra pacifiste israélien Amos Oz a posé ma question à un quotidien allemand en demandant : « si votre voisin d'en face tire d'une garderie d'enfants sur votre garderie, que faites-vous ? »

Bien entendu, il est toujours loisible de prendre la posture morale très esthétique de refuser en toutes circonstances de mettre en danger des femmes (remarquons dans un tout autre ordre d’idées que la protection particulière qui leur est dévolue par principe par rapport aux hommes survit aux  théories du genre et aux féminismes les plus radicaux), des enfants, des vieillards. Et il est difficile, face à ceux qui prennent sévèrement cette pose de résister à ce surmoi tétanisant.

A fortiori lorsqu'on leur impose, jour après jour, des images insoutenables, choisies exclusivement sur le seul lieu du monde où l'enfer est censé désormais régner.
Sauf que lesdits poseurs, les donneurs de leçons de morale gratuite, les Antigone en soldes, sont , par essence, des tartuffes absolus.

Ceux qui en effet posent comme postulat indiscutable sauf à brûler dans les flammes de la géhenne, le principe absolu de la sacralisation des civils, sont les mêmes qui ont toujours trouvé toutes les excuses au terrorisme aveugle contre d’autres civils.
Pour être plus concret, ceux qui vouent le plus aux gémonies l'État d'Israël pour les dégâts collatéraux commis dans le cadre de sa riposte au Hamas sont ceux qui trouvent le plus de raisons à ses membres « désespérés », et qui se gardent bien de  nommer « terroristes », lorsqu'ils font sauter un restaurant ou un autobus remplis de femmes, d'enfants et de vieillards.

J'aurais passé une bonne partie de ma vie intellectuelle à m'étonner que l'on ne s'étonne pas davantage de la morale perverse  de ces étranges adversaires de la peine de mort donnée aux coupables par l'État démocratique mais qui ont toujours toléré tous les massacres d’innocents dès lors qu'ils sont perpétrés au nom de la colère sanctifiée des masses ou du peuple.

Lors d’un bombardement médiatique, et sur ce fond de religion idéologique, inutile de demander à la presse  de s'intéresser religieusement aux faits, sauf à être rangé dans la catégorie des suspects.

Qu'on ne croit pas que ce postulat s'applique seulement à l'accablement d'Israël. Ainsi, au début du conflit Ukraine-Russie, l'ensemble de la presse française qui avait désigné d'avance le bon et le méchant, s'est trouvée dans l'incapacité totale, de constater, simplement, sans jugement d'ordre moral ou politique, que c'étaient bien des miliciens pro-ukrainiens qui avaient provoqué un incendie entraînant accidentellement la mort de 35 personnes.
Il en est de même à Gaza. Par gros temps médiatique, n'essayez pas de seulement suggérer que les bilans fournis par le Hamas ne doivent pas être lus comme s'il s'agissait du Moniteur ou du Journal Officiel. N'essayez pas de vous indigner que l'on puisse prendre au sérieux les indignations d'un Conseil des droits de l'homme de l'ONU, aux mains d'une majorité automatique et islamique et qui passe le plus clair de son temps à la condamnation quasi exclusive d'un seul État. N'essayez pas de ne pas de récuser les accusations de sa présidente, Navy Pillay qui, déjà, en 2005, et après le dépôt d'un rapport sur les viols commis sur les femmes en Palestine, les avait mis au débit d'Israël au regard de la frustration que celui-ci causait aux hommes palestiniens qui n'avaient plus d'autre recours qu'à se revancher sur leurs femmes. N'essayez pas de faire observer que désormais les agences de presse internationales basées à Gaza sont, pour des raisons évidentes de sécurité, aux mains de palestiniens.

N'essayez pas de leur lire les témoignages de journalistes occidentaux après leur sortie de Gaza et qui reconnaissent avoir été menacés pour avoir tenté de filmer des combattants ou des missiles tirés à partir d’hôpitaux ou d’écoles. N'essayez pas de ressortir la confession du juge Goldstone dans le New York Times du 1er avril 2011 qui regrettait d'avoir condamné Israël dans son rapport onusien depuis qu'il avait découvert qu'Israël ne faisait qu'exercer sa légitime défense en évitant autant que faire se peut de toucher les civils et que c'était le Hamas qui avait commis des crimes de guerre en lançant des rockets à l'aveugle sur la population civile israélienne et en utilisant son propre peuple comme bouclier humain. N'essayez pas . Vous vous disqualifieriez de dire la vérité.
Soyez patients. Attendez la fin du bombardement médiatique pour la dire. Vous le pourrez un peu.
Ce sera seulement trop tard.
Par GOLDNADEL Gilles William
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Mercredi 30 juillet 2014 3 30 /07 /Juil /2014 10:10

Bloc-note
ACTUALITE JUIVE - N° 1310 – Jeudi 30 juillet 2014
 

ENTRE LA COLÈRE ET LA HONTE

 
Lors de ma dernière chronique, je prenais à partie amicalement Marek Halter pour m'étonner que celui-ci puisse péremptoirement déconseiller aux jeunes juifs de quitter la France pour Israël.
 
C'était il y a un mois, autant dire un siècle, et avant que synagogues et magasins juifs ne fassent l'objet d'attaques émanant de pogromistes tout aussi bestiaux et incultes que leurs prédécesseurs ukrainiens.        
 
Dans le même article, je pointais également du doigt cet antiracisme de pacotille qui a ouvert les bras aux islamistes et a fait le lit d'un antisémitisme qui n'a plus rien de très nouveau sauf pour les aveugles et les malentendants.           
 
Cet antiracisme que la gauche extrême aura utilisé jusqu'à la trame pour terroriser intellectuellement tous ceux qui tentaient de prévenir du danger.
C'est cette extrême gauche qui a accompagné dans la rue les barbus islamistes et les femmes voilées vociférant, porteurs de drapeaux du Hamas et du Hezbollah, brûleurs du drapeau d'Israël, casseurs de juifs et de synagogues.           
           
Et ce, dans l'impunité la plus totale, juridique : où sont les poursuites contre le NPA qui a maintenu la manifestation interdite ? Et morale : j'attends toujours le moindre articulet du sentencieux Le Monde protestant contre l’union islamo-gauchiste.
J'avoue ne pas pouvoir aisément réprimer ma colère lorsque je songe à la niaise désinvolture avec laquelle la communauté juive organisée aura pendant si longtemps accompagné cet antiracisme sélectif, qui n'a jamais voulu ouvrir les yeux sur le racisme anti-blanc, anti-occidental, antifrançais, antichrétien et a contribué à tétaniser la juste lutte républicaine des autorités pour la régulation des flux migratoires.    
 
Au lieu de cela, et même après Toulouse, la communauté organisée a continué imperturbablement à en faire des tonnes contre le Front National et des grammes contre l'islamo-gauchisme…
Pour affronter les périls, les juifs se devaient de maintenir la tradition d’une réflexion non-conformiste et courageuse. La mort dans l'âme, j'ai rencontré dans les allées du pouvoir juif beaucoup de responsables qui croyaient pouvoir plaire en tenant le langage de l'idéologie dominante antiraciste ou le prêchi-prêcha creux du vivre ensemble.
Beaucoup se réveillent aujourd'hui avec la gueule de bois. Si seulement leur langue n'avait pas été du même arbre.           
 
Il y a six mois, dans ces mêmes colonnes, sur un ton amiable, je disais au président du CRIF qu'il s'illusionnait en croyant que délaisser le combat pour Israël, comme il en avait manifesté l'intention, rendrait l'organe représentatif communautaire plus efficace ou plus populaire, à l’heure où l'anti israélisme était le vecteur principal d'un antisémitisme et d'un antijudaïsme puissants au sein de l'islam.      
C'était il y a six mois. Autant dire un millénaire.         
 
Depuis, la détestation antijuive a fait des ravages. Le CRIF est conspué quoi qu'il fasse… ou qu’il ne fasse pas. La manière fantasmatique dont la LDJ a été traitée, y compris dans la presse généraliste est révélatrice de la folie du temps : chacun sait que les groupes chargés de la sécurité sont rarement composés de pianistes distingués ou d'ornithologues délicats. Pas un mot sur les nervis de la CGT dont la réputation n'est plus à faire et qui se sont chargés gentiment du service d'ordre des manifestations pro palestiniennes. En revanche les jeunes qui auront défendu les synagogues en auront pris pour leur matricule…      
J'affirme que toute politique d'accommodements ne fera qu'aggraver les choses. Et j'avoue ressentir comme une honte le fait qu'aucune manifestation en faveur d'Israël ou même pour protester contre le traitement fait aux juifs n'aura été organisée à Paris dans ces circonstances exceptionnelles.
 
Ainsi, la rue aura été laissée à ceux qui veulent la mort des juifs et de leur état, et ceux-ci préposés uniquement à aller demander la protection du pouvoir.   
Avouer à ce point sa faiblesse confine à une franchise que j'oserai qualifier de désarmante.
 
Gilles-William Goldnadel ©

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mercredi 23 juillet 2014 3 23 /07 /Juil /2014 14:58

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/07/23/31003-20140723ARTFIG00148-le-requisitoire-de-goldnadel-de-l-antiracisme-a-l-antisemitisme.php

Publié le 23/07/2014


Le réquisitoire de Goldnadel :

de l'antiracisme à l'antisémitisme


FIAGAROVOX/CHRONIQUE - Pour Gilles-William Goldnadel, les débordements qui ont eu lieu lors des manifestations propalestiniennes sont la conséquence de l'antiracisme idéologique d'une certaine gauche qui a favorisé l'emergence du communautarisme.


Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


Sans vouloir consommer abusivement du superlatif, il n'est pas déraisonnable d'écrire qu'une certaine idée de la France, de celle en tous les cas que je m'en faisais encore, est morte sous les gravats des magasins juifs de Sarcelles.


Dans ce champ de ruines morales, on dégage déjà le cadavre en putréfaction de cet antiracisme d'opérette qui aura été chanté sérieusement pendant 30 ans par le ban et l'arrière ban des maîtres chanteurs du terrorisme intellectuel.

Il fallait les entendre, ces vétilleux sourcilleux, traquer le racisme français dans la virgule et l'accent circonflexe. La main gauche sur le cœur, les maîtres chanteurs auront empêché une génération de fonctionnaires républicains de faire respecter les lois démocratiques en matière de régulation des flux migratoires.


Les petits maîtres roses et rouges ont obligé une génération d'écoliers à entonner en chœur l'hymne extatique d'une immigration-chance pour la France et du métissage obligatoire.

La réalité la plus crue, ils ne veulent pas la voir et encore moins la dire: ce sont des fils et des filles des pauvres gens qu'ils ont laissé venir sans contrôle ni mesure, à qui ils n'ont inculqué pour culture que la haine des Français et de l'Occident qui veulent «casser du juif».

Ce juif, vécu autrefois par les chrétiens des Gaules comme un levantin ou comme un métèque et qui aujourd'hui, triste ruse de l'histoire, est vécu comme un blanc au carré par les enfants d'Orient.


Plutôt que de faire amende honorable et de reconnaître avec humilité le résultat désastreux de leur entreprise mortifère, les maîtres chanteurs, inamendables, auront jusqu'au dernier jour, comme toujours pinaillé, ergoté, chicané pour tenter de nier l'indéniable résultat de leur folie idéologique.


L'idéologie, pleine de ressources imaginatives, à chaque crise violente de prurit, a d'abord tenté d'en faire endosser la responsabilité par l'extrême droite autochtone. Après la rue Copernic, la rue des Rosiers, le massacre de Toulouse. À chaque fois la réalité de l'évidence islamiste l'a rattrapée. Autre déclinaison idéologique récurrente: la négation du caractère antisémite des agressions contre les juifs. À chaque fois, l'idéologie pinailleuse a laissé entendre qu'il s'agirait de l'œuvre de voyous désœuvrés ou de règlements de comptes entre bandes ethniques.


Pauvre idéologie ignorante, qui n'a même pas appris des pogroms, que c'était rarement des pianistes délicats qui jouaient du gourdin et que la voyoucratie d'un lumpen-prolétariat regardé avec concupiscence par les organisations gauchistes qui le cornaquent pouvait faire bon ménage avec la haine du juif.


L'attaque contre la synagogue de la rue de la Roquette, dimanche 13 juillet n'a pas dérogé à la vieille méthode. Alors même, que les faits étaient avérés, que de nombreux témoins avaient filmé la présence d'islamistes déchaînés venus de la manifestation pro- palestinienne devant le temple juif, l'idéologie a invoqué la provocation d'un petit groupe de juifs extrémistes pour expliquer la présence menaçante de ces individus vociférants.

Pire encore, certains médias ont relayé sans état d'âme cette explication qui avait l'immense avantage de tenter, une nouvelle fois, de disculper la partie soi-disant la plus réprouvée de la société française.


Il convenait seulement de lire le témoignage difficilement réfutable de Jean-Yves Camus, ancien blogueur à Rue89, spécialiste incontesté de l'extrême droite et présent rue de la Roquette à partir de 17h15: «la centaine de manifestants pro palestiniens savait précisément où elle allait quand elle se dirigeait vers la synagogue. C'est grâce aux CRS que les vagues n'ont pas pu arriver jusqu'au lieu de culte.».

Ainsi, il aura été prétendu sérieusement par une partie de la presse que c'est par la ruse qu'une centaine d'exaltés auront été attirés devant la synagogue et obligés à crier «mort aux juifs!»

Las, la réalité est encore plus têtue que l'idéologie, et il était difficile après les émeutes de Sarcelles, le sac de magasins juifs, et l'attaque contre la synagogue de Garches d'invoquer les provocations de Sion.


Et bien malgré tout, la vieille idéologie, encore toute sémillante, a compris les raisons de la violence urbaine tournée contre les juifs en particulier et la France en général: certainement pas dans un improbable racisme antijuif dont les jeunes en colère seraient bien incapables, mais dans l'interdiction de leur manifestation et dans le fait que le président de la République les aurait désespéré dans son soutien au puissant «lobby» (sic Le Monde du 23 juillet).

La volte-face gouvernementale sur l'autorisation d'une manifestation à Paris, ainsi qu'un changement de ton clairement perceptible de l'Élysée sur l'affaire de Gaza autorise à écrire que si la politique de la France ne se fait plus à la corbeille elle semble se faire à présent dans la rue, avec la complicité de l'idéologie.


Revenons à la manifestation du samedi 19 juillet, précisément interdite en raison des débordements précédents. Première question: en dehors même de ces exactions qui pouvaient faire craindre pour l'ordre public comme l'a constaté le tribunal administratif, est-il admissible de tolérer dans un état de droit une manifestation au sein de laquelle sont brandis les drapeaux du Hamas et du Hezbollah, associations répertoriées officiellement comme terroristes par l'Europe et les États-Unis? Ainsi que des maquettes de missiles destructeurs?

Deuxième question: le NPA, organisateur de la manifestation, le PCF, le Front de gauche, la LDH ont tous invoqué «le droit de manifester» pour protester contre la décision préfectorale d'interdiction. Toutes ces associations, rarement gênées par leur contradiction, n'ont jamais protesté lorsque le Front National, les identitaires, les opposants au mariage pour tous, se sont vus à de nombreuses reprises interdits de manifester ou de se réunir: dès lors, on ne peut qu'y voir un soutien aux admirateurs du Hamas islamiste.

Au demeurant, ce soutien est de moins en moins déguisé par une extrême gauche de plus en plus décomplexée. Ainsi, le 21 juillet, l'auteur de ces lignes débattait sur BFM-TV avec le responsable de la Ligue des Droits de l'Homme, compagnon de route du PCF, et organisatrice de la manifestation autorisée du 23 juillet à Paris.


Celui-ci, sans vergogne, n'a pas hésité à contester la nature terroriste du Hamas (pourtant officiellement répertoriée sur les listes européennes et américaines) et a considéré comme normal que des manifestants puissent brandir son étendard.

Pourquoi d'ailleurs, l'extrême gauche bruyamment antiraciste, mais qui se donne à peine la peine de faire encore semblant de déplorer les exactions antijuives, se gênerait-elle, puisqu'elle ne fait l'objet d'aucune condamnation particulière au sein d'un monde médiatique où elle a encore repères et compères ?


Troisième question: le NPA a maintenu sa décision de manifester en dépit de la confirmation par la justice administrative de l'interdiction préfectorale. Sauf à considérer que l'État de droit en France n'est plus qu'une chimère, ce parti extrémiste ne doit-il pas être considéré comme responsable juridiquement des dégâts occasionnés? En rappelant au passage, qu'à la suite d'une manifestation contre le mariage pour tous, un manifestant non-violent aura fait l'objet d'une incarcération immédiate nonobstant appel pendant plusieurs semaines pour des raisons qui ont échappé aux spécialistes du droit. Sans parler de la sanction record infligée par le tribunal de Cayenne à une membre du Front National pour injure raciale envers Mme Taubira…

Je constate que les manifestants violents de Paris ou Sarcelles n'ont pas subi un sort aussi cruel.


Quatrième question: le soutien actif du NPA et du PCF à un mouvement pour le moins indulgent envers le Hamas islamiste n'autorise-t-il pas désormais d'évoquer une idéologie islamo-gauchiste clairement assumée qui ne porte pas forcément la marque de la modernité?

Dernière question, plus subjective: quel est l'impact sur l'opinion française non engagée d'une manifestation de barbus islamistes et de femmes voilées mettant le feu au drapeau de l'État juif sur fond de malédictions? Est-ce ainsi que l'on veut prouver soutenir une cause pacifique?

À moins que l'on ne mise, plus subtilement, sur l'inconscient collectif d'une partie de la population occidentale désormais élevée dans une crainte obséquieuse d'une radicalité arabo-islamique irascible et nombreuse qu'il conviendrait de caresser docilement dans le sens du poil.


Qu'on ne compte pas sur moi d'autre part, dans cette chronique française, de me donner le mal, à nouveau, de tenter d'apporter l'éclairage que l'on me connaît sur l'actuelle question d'Orient.


Le seul dilemme, politique et moral, que je me bornerai à rappeler ici: un pays a-t-il le droit et le devoir, lorsque sa population est agressée par une entité ennemie qui se protège derrière ses civils, de riposter efficacement, au risque de porter atteinte à ces derniers ; ou bien doit-il demeurer stoïquement l'arme au pied et subir la violence et le diktat de l'agresseur?

Pour le reste, l'antiracisme d'opérette, tel l'ivrogne qui cherche ses clés uniquement autour d'un réverbère, ne s'intéresse qu'aux péchés d'Israël, c'est-à-dire d'Occident, qu'il éclaire de ses sunlights et rejette dans l'ombre de son mépris les morts sans intérêt.


Au cours du dernier week-end, 270 civils ont été exécutés de sang-froid par les islamistes syriens et les chrétiens de Mossoul qui vivaient dans cette ville irakienne depuis l'Antiquité en ont été chassés sauf à se convertir. Je serais incapable de qualifier la différence monstrueuse de traitement médiatique au sein d'un système idéologique de focalisation- occultation qui participe à un plaisir rituel de mise en accusation jubilatoire parce que sélective.

À ce degré de pesage faussé, d'appréciation biaisée, de jugement controuvé, la justification rationnelle confinerait à la candeur indécente.


Cette dernière observation me conduit à une conclusion personnelle. Le combat pour le respect de l'État de droit, pour celui du devoir d'un État-nation occidental de se défendre contre le terrorisme islamiste, contre la négation idéologique du réel, contre le traitement partiel et partial de l'information, contre la discrimination dans l'indignation, contre le déferlement de bandes encolérées, transcende très largement le conflit israélo-palestinien.

Il concerne tout simplement l'avenir de la France encore libre et des enfants de l'Occident.


 

Par GOLDNADEL Gilles William
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Lundi 21 juillet 2014 1 21 /07 /Juil /2014 15:24

PARU SUR LE SITE Valeurs Actuelles
http://www.valeursactuelles.com
 
http://www.valeursactuelles.com/monde/questions-champions-lid%C3%A9ologie-islamo-gauchiste

 
 

21 juillet 2014

Questions pour les champions de l'idéologie islamo-gauchiste

Par Gilles-William Goldnadel


L'œil de Goldnadel. Chaque semaine, Gilles-William Goldnadel propose aux lecteurs de Valeurs actuelles son regard sur l'actualité. Aujourd'hui, il revient sur le conflit israélo-palestinien.

Question : Dès l'instant où un groupe terroriste lance des attaques contre un autre territoire peuplé en se protégeant au milieu d'une population civile, l'État attaqué peut-il moralement se défendre, au risque de tuer des civils ou doit-il stoïquement ne pas répliquer et livrer sa propre population au diktat de l’adversaire ?

Question : Churchill et Roosevelt doivent-ils, rétrospectivement, être considérés comme des criminels de guerre génocidaires pour avoir fait bombarder massivement les villes allemandes durant les combats contre l'Allemagne nazie, causant des centaines de milliers de victimes civiles ?

Question : Les Nations unies ont découvert à Gaza un stock de missiles dissimulés dans une école. Ne s'agirait-il pas d'une nouvelle preuve de ce que le Hamas met en danger sciemment la population civile palestinienne en recherchant soit à empêcher Israël de frapper, soit à l'obliger à tuer des enfants devant la plus grande concentration mondiale de caméras au mètre carré ?

Question :  Le directeur de l'agence Reuter, aux responsables du journal italien Il Figlio qui s'étonnaient que l'agence utilise le vocable d’« activistes » plutôt que celui de « terroristes », appliqué aux membres du Hamas, a répliqué qu'il ne répondrait plus de la sécurité de ses journalistes dans les pays arabes, en cas d'utilisation de la seconde terminologie. N'est-ce pas la preuve de contraintes particulières des journalistes qui pourraient entraver leur indépendance d'esprit ?

Question : Ces entraves sont-elles les mêmes en Israël ? En cas de réponse négative, ne pensez-vous pas que cela confère instinctivement aux journalistes internationaux, quelquefois idéologisés, une liberté de ton et un esprit critique dont ils pourraient faire un usage abusif, s'ils n'étaient pas assaillis par les scrupules déontologiques ?

Question : Le fait que désormais les agences internationales d'information à Gaza, soient, pour des raisons de sécurité, représentées par des palestiniens est-il un gage absolu d'objectivité ?

Question : Vendredi dernier 270 prisonniers ont été exécutés, les mains liées, par des djihadistes en Syrie, la population chrétienne s'est vue intimer l'ordre par les islamistes de quitter immédiatement la ville irakienne de Mossoul qu’elle habitait depuis l’antiquité, un car a été mitraillé par des islamistes au Kenya. Au Nigéria les massacres de Boko Haram et les incendies d’églises se poursuivent. Avez-vous l'impression que la couverture médiatique a été équivalente à la riposte israélienne après l'agression du Hamas et son refus de cesser le feu ?

Question : Diriez-vous que cette minimisation de la violence quotidienne des islamistes (Syrie, 170 000 morts en deux ans soit près de 10 fois la totalité des morts pour l'ensemble du conflit israélo-arabe depuis 1948 et 3 millions de réfugiés) et la focalisation sur le comportement de l'État d'Israël relève du hasard ? Du fantasme ? De la paranoïa Israélienne qui voit de l'antisémitisme partout, à la moindre critique du gouvernement israélien ? À moins qu'il ne s'agisse de la détestation pathologique d'un État-nation occidental, aggravée par le fait qu'il soit juif ?

Question : Avez-vous l'impression que le Nouveau Parti Anticapitaliste de M. Besancenot, et le Parti Communiste, organisateurs de nombreuses manifestations pro palestiniennes ont dénoncé avec la même ardeur les crimes en Syrie ou les attentats antisémites récents ? En cas de réponse négative, l'expression islamo-gauchiste vous paraît-elle adéquate?

Question : Un mouvement cornaqué par le Parti Communiste et des trotskistes porte-t’il la marque de la modernité ?

Question : Une manifestation composée de barbus et de femmes voilées vociférant, souvent violents, exhibant les drapeaux d'organisations (Hamas, Hezbollah) officiellement répertoriées comme terroristes sur les listes européennes et américaines ou des maquettes de missiles, brûlant rituellement les drapeaux de l’Etat Juif au milieu d'invocations vengeresses, vous paraît-elle présenter, en termes de communication, une bonne promotion de la cause défendue, prétendument éprise de paix ? NB : Attention de ne pas répondre trop vite. N'éliminez pas l'hypothèse psychologique que l'inconscient collectif d'une partie de la population occidentale soit soumis à une crainte révérencieuse d'une radicalité arabo islamique qu'il serait préférable de caresser dans le sens…… du poil…

Question : Pensez-vous que le débat organisé sur France Info le jeudi 17 juillet au matin entre Dominique Vidal du Monde Diplomatique, antisioniste bien connu, et deux responsables d'organisations pro palestiniennes, mettant en cause la Ligue de Défense Juive dans les incidents du dimanche 13 juillet devant la synagogue de la Roquette soit la marque du pluralisme d'opinion que l'on constate habituellement au sein de l'audiovisuel de service public dont la neutralité est proverbiale ?

Question : Pensez-vous qu'il convienne d'interdire la Ligue de Défense Juive qui a réussi à attirer par la ruse de nombreux manifestants pro palestiniens devant la synagogue précitée et les a obligé à hurler des slogans d’un philosémitisme mesuré ?

Question : Pensez-vous que le titre du Monde.fr (19 juillet à 16:30) : « Les londoniens dans la rue pour soutenir les palestiniens » ne serait pas un rien discutable, de par son caractère générique ? Ne pensez-vous pas qu'un ou deux habitants de Londres aient pu rester chez eux, coupables d’indifférence ou victimes de la propagande sioniste ?

Question : Aller crier : mort aux juifs ! devant une synagogue parisienne, constitue-t-il selon vous une expression, certes un peu vive, de l’émotion éprouvée devant la politique barbare et génocidaire du gouvernement israélien ou une formulation outrageante et récurrente à l'égard de la communauté juive, qui pourrait être considérée comme antisémite ?

Question : La Ligue des Droits de l'Homme a protesté contre l'interdiction de la manifestation pro palestinienne à Paris au regard « du droit de manifester librement ». Compte tenu du fait que cette association n'a jamais protesté contre l'interdiction de nombreuses manifestations du Front National ou des identitaires, ne craignez-vous pas que l'on puisse reprocher à cette ligue, déjà engagée contre la loi prohibant le voile, un soutien déguisé au Hamas islamiste ?

Question : Pensez-vous que la partie modérée de la communauté musulmane manifeste autant publiquement sa réprobation des crimes islamistes commis contre les juifs que la partie radicale son soutien à la violence ?

Question : Pensez-vous que les représentants de la communauté juive organisée, qui depuis des années en ont fait des tonnes à l'égard du Front National et des grammes envers l'islamo- gauchisme, et qui a persévéré sur cette voie, même après les massacres de Toulouse et de Bruxelles, aient fait montre en la circonstance d'une intelligence politique et d'une profondeur de vue exceptionnelles ?

Question : Pensez-vous que les fondateurs de SOS-Racisme qui ont accompagné l’immigrationnisme ces 30 dernières années et ont empêché l'État républicain d'appliquer sereinement les lois relatives à la régulation des flux migratoires soient aujourd'hui les mieux placés pour se plaindre des débordements antijuifs ?

Question : Au regard de ce qui précède, pensez-vous que la France républicaine et ses habitants soient bien placés, psychologiquement et politiquement, pour résister à la violence radicale de l'islamisme mondial. ?

Question : Pensez-vous que l'idéologie islamo-gauchisante et sa morale sélective et intolérante relève de la bêtise ou de la perversion névrotique ? Attention, il s'agit d'une question à choix multiples qui n'impose pas forcément une réponse unique.
 

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mardi 15 juillet 2014 2 15 /07 /Juil /2014 11:16

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/07/14/31002-20140714ARTFIG00090-gilles-william-goldnadel-hamas-pourquoi-tant-d-indulgence.php

Publié le 14/07/2014


Gilles-William Goldnadel : Hamas, pourquoi tant d'indulgence ?

FIGAROVOX/CHRONIQUE - D'Israël où il se trouve actuellement, l'avocat G-W Goldnadel fustige l'indulgence coupable d'une certaine frange de l'intelligentsia française envers le Hamas. Il y voit les traces d'une idéologie post-marxiste et la haine de l'Etat-nation.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Peu après que les premiers missiles tirés par le Hamas aient atteint le territoire israélien, François Hollande condamnait l'agression et déclarait sa solidarité envers un État d'Israël légitime à se défendre.
Le président français ne faisait en cela qu'imiter les réactions des principaux responsables politiques occidentaux. À l'instar du ministre des affaires étrangères canadien, John Baird, qui déclarait, pour fustiger la réaction rituelle de la commission des droits de l'homme de l'ONU stigmatisant Israël: «il ne peut y avoir d'équivalence morale entre le Hamas, organisation islamiste figurant sur la liste des organisations terroristes, méprisant la vie humaine et l'État démocratique d'Israël assumant son devoir de protéger son peuple contre une agression lâche et aveugle».

Pourtant, 48 heures plus tard, la gauche du parti socialiste et l'extrême gauche (Verts, PCF, front de gauche) reprochait avec aigreur la réaction présidentielle qui ne faisait pas suffisamment un sort aux «représailles militaires» contre le peuple palestinien.
Une partie de la presse française, qui ne s'était pas appesanti grandement sur cette prise de position de M Hollande, nota avec davantage d'enthousiasme son infléchissement, marqué par un appel à l'État hébreu à la retenue.

J'ai rappelé cette séquence, car elle illustre assez bien les termes et les protagonistes d'un combat acharné que se livrent, au Proche-Orient encore plus qu'ailleurs, la réalité et l'idéologie fantasmatique.
La réalité factuelle, difficilement contestable, consiste à rappeler brièvement que les Israéliens ont évacué la bande de Gaza, sur une décision unilatérale prise par Ariel Sharon, précisément pour avoir la paix. Que le Hamas, branche palestinienne des frères musulmans, a pour programme officiel la destruction de l'État juif, illégitime à se maintenir selon son dogme sacré sur un seul pouce d'une terre arabe et musulmane. Que c'est dans ce cadre politico-religieux intangible qu'il s'estime en droit et en devoir d'envoyer quand il le veut ou le peut des bordées de missiles, toujours plus puissants et précis, livrés notamment par l'Iran, sur la population civile de l'occupant usurpateur.

Et c'est ce qu'il a décidé de faire, une nouvelle fois, depuis la fin du mois de juin, en visant tous les centres urbains, en ce compris l'aéroport international du pays.
De son côté, l'armée israélienne, quel que soit le regard que l'on veuille porter sur la manière dont son gouvernement a mené les négociations sporadiques avec l'Autorité Palestinienne, tente de faire cesser au moins durablement ce qu'il est difficile de nommer autrement qu'une agression au moyen :

- d'un système défensif de ses habitants particulièrement efficace pour leur survie, mais qui n'empêche ni la paralysie économique du sud du pays, ni la désorganisation relative du nord
À telle enseigne que les tour-opérateurs internationaux ont été conduits à annuler la plupart des voyages jusqu'à la fin du mois.

- d'un système offensif d'une précision redoutable mais handicapé lourdement par la présence recherchée de la population palestinienne à proximité des engins balistiques désormais enterrés et de leurs serveurs.
C'est ici qu'il convient également de faire une remarque essentielle et que nul ne saurait contester de bonne foi: alors que les artilleurs du Hamas cherchent à frapper le plus durement possible la population civile israélienne, l'aviation israélienne cherche à frapper le plus durement possible le Hamas en épargnant autant que faire se peut la population.

Ayant rappelé ce qui précède, l'objet du présent article est de comprendre et d'analyser la nature du matériau idéologique qui entraîne de manière pavlovienne une partie de la population française a renvoyer dos à dos (dans le meilleur des cas) agresseur et agressé ; une organisation islamiste, terroriste, homophobe, antisémite et un État démocratique.

C'est ici que la réaction épidermique de la gauche extrême aux propos, somme toute banals et naturels de François Hollande dans les circonstances rappelées, apportent une grande partie de la réponse.
Depuis 40 ans, une idéologie post -marxiste et post-chrétienne, sommaire mais en grande majesté médiatique, irrigue une détestation névrotique des États-nations occidentaux.

J'aurais passé une bonne partie de mes activités intellectuelles à expliquer que par une cruelle ironie, cette idéologie mortifère doit largement sa puissance au choc traumatique qu'a constitué à la fin des années 60 la révélation médiatique et cinématographique des horreurs du génocide des juifs dans les foyers occidentaux.
Après cette révélation massive et émotive, une véritable perversion de la Shoah a pénétré l'inconscient collectif européen en laissant croire que ses auteurs ne pouvaient être issus que d'un État-nation occidental et blanc. Il s'en est suivi le fameux et démentiel CRS-SS! de l'année 68.

Il en a résulté, après les excès d'un nationalisme xénophobe amoureux de lui-même, une dilection xénophile pour l'altérité toute aussi excessive et systématique.
Ce prêt à penser, ou plutôt à ressentir, se déploie dans tous les domaines sociétaux , de l'impossibilité à réguler normalement les flux migratoires, à l'indulgence envers l'islamisme criminel, antisémite et christianophobe,au racisme anti-blanc et anti-chrétien jusqu'aux débats sur l'insécurité.

Il en va également ainsi dans le domaine de la politique étrangère, où l'idéologie sommaire prendra parti systématiquement contre l'État-nation occidental et ses soldats en uniforme.
Par une ruse dont l'histoire a la noire magie, l'État hébreu, nazifié par les névrosés de la Shoah, est la victime la plus emblématique du traumatisme post-hitlérien, et dans leur monde fantasmatique post-chrétien, le palestinien fait figure du nouveau juif crucifié.
Voilà pourquoi il est inutile de rechercher une quelconque rationalité aux condamnations d'Israël par l'extrême gauche névrotique et ses relais médiatiques indulgents.

L'une des conséquences les plus néfaste et visible de ce comportement erratique est constatable dans une focalisation obsessionnelle et disproportionnée du comportement d'Israël qui contraste avec l'absence totale de sens critique pour l'attitude de la partie adverse.
C'est ainsi, entre mille exemples, que nul au sein de la presse conformiste ne s'est permis d'émettre ne serait-ce qu'un doute sur l'énormité du «modéré» président palestinien accusant Israël de «génocide» dès le lancement de son opération militaire.

On pourrait presque traiter cette déraison avec dérision si elle n'était grosse de conséquences dramatiques.
J'ai déploré plus haut l'influence idéologique de l'extrémisme de gauche sur les médias français. Ils pourraient à leur tour influencer un personnel politique qui ne se caractérise pas par la fermeté de conviction.

On peut prévoir assez aisément l'avenir immédiat par le passé récent. Stéphane Hessel, icône sanctifiée de l'extrême-gauche laïque lui a tracé la voie. C'est lui qui en 2011 avait nazifié impunément l'État juif dans le cadre de formules qui n'aurait pas déplu à l'inventeur de la quenelle mimée. Dans son best-seller indigné, il félicitait le «juif» Goldstone, auteur d'un célèbre rapport onusien dans lequel celui-ci condamnait Israël pour son opération «plomb durci» à Gaza en 2009.

Mais coup de théâtre, le 1er avril 2011, le juge faisait son mea culpa à dans le Washington Post :
«Nous en savons bien plus aujourd'hui sur ce qui s'est passé durant la guerre de Gaza. Si j'avais su alors ce que je sais maintenant, le rapport Goldstone aurait été un document différent. Il n'y a aucun doute que des crimes délibérés ont été commis par le Hamas, qui utilisait des boucliers humains. En revanche, concernant l'État juif, qui a le droit de défendre ses citoyens contre des attaques venant de l'intérieur comme de l'extérieur et qui a consacré d'importants moyens pour enquêter sur des incidents douteux, il n'y a pas eu de politiques ciblant intentionnellement les civils.»
Stéphane Hessel n'a pas cru devoir intégrer dans son livre publié en 2012, l'acte de repentance du juge et je n'ai aucun doute que ses héritiers n'en tiendront aucun compte à l'égard d'une situation qui n'a en rien changé.

L'autre conséquence de la déraison gauchisante consiste dans son antiracisme sélectif devenu fou.
C'est ainsi qu'après une attaque au cocktail Molotov contre la synagogue d'Aulnay-sous-Bois et avant les agressions contre deux synagogues parisiennes par des islamistes pro- palestiniens, un délégué d'Europe écologie les Verts, Pierre Minnaert, n'hésitait pas à écrire «Quand les synagogues se comportent comme des ambassades, il n'est pas étonnant qu'elles subissent les mêmes attaques qu'une ambassade» Les quelques réactions contrariées de ses amis politiques n'ont pas eu la démesure qui les caractérisent ordinairement lorsqu'ils morigénent la droite pour bien moins que cela.

On voit ainsi où peut mener la déraison anti-occidentale. Au lendemain de récents débordements algériens, Mme la ministre de la culture, pour les minimiser, a cru devoir déclarer «il y a encore en nous un peu d'Algérie» Soit. Mais il se pourrait aussi qu'il y ait encore en nous beaucoup d'Israël, et en Israël beaucoup de France.

Ma main devrait trembler, avant que de l'écrire : cela s'appelle la civilisation judéo-chrétienne.

Par GOLDNADEL Gilles William
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Vendredi 11 juillet 2014 5 11 /07 /Juil /2014 11:31

Entretien avec G.-W. Goldnadel
Israël a le droit de ne pas jouer son sort aux dés !

 
Paru dans Boulevard Voltaire http://www.bvoltaire.fr
http://www.bvoltaire.fr/goldnadel/israel-droit-pas-jouer-sort-aux,93415
Publié le 10/07/2014


Entre la Palestine et Israël, c’est l’escalade. Les vieilles haines recuites ressortent, mettant le feu aux poudres. Obama a appelé à l’apaisement. On avait le sentiment que Netanyahu jouait aussi cette carte-là, lorsqu’il y a quelques jours, il exhortait à garder la tête froide, et, au sujet du jeune adolescent palestinien assassiné, parlait de « crime abominable », promettant que les auteurs « subiraient toute la rigueur de la loi ». Et puis soudain, c’est la loi du Talion, œil pour œil, dent pour dent, et même au-delà encore…


Non, il ne faut pas analyser le présent conflit dans le cadre d’un quelconque pathos lié à ces meurtres d’adolescents. Ce qui se joue en ce moment, se joue sur le terrain politique et militaire. Le Hamas a lancé ses attaques depuis quinze jours déjà. C’est d’ailleurs, d’une certaine façon un signe de faiblesse, il se sent « à la rue », plus ou moins lâché par ses principaux soutiens, alors c’est la fuite en avant, pour obtenir que le blocus (destiné à empêcher l’armement de rentrer) soit desserré. C’est un pari à très haut risque.
Dans un premier temps Netanyahu était peu enclin à entrer dans la bataille, il aurait préféré que grâce à la médiation égyptienne, le Hamas renonce. Et ce manque d’enthousiasme se justifie : Il est possible qu’une intervention terrestre soit rendue nécessaire. Le Hamas, a de très nombreuses armes à moyenne et longue portée dissimulées dans les habitations (écoles, hôpitaux, mosquées, etc.), ce qui rend difficile l’action des drones et des frappes aériennes. Avec le risque de toucher la population. La Propagande du Hamas est très forte pour cela, d’autant plus qu’une certaine idéologie occidentale y est très perméable… La BBC vient de révéler que de fausses images, datant de l’Irak et de la Syrie, circulaient.

La situation vous inquiète-t-elle ? Vous croyez à un embrasement prochain ?
Non, je n’y crois pas. Pour Israël, c’est un problème de dissuasion, c’est tout. Les israéliens ne peuvent pas accepter de voir leur vie pourrie par un territoire voisin. Pour les occidentaux ce n’est sans doute pas spectaculaire… car dans le sud, les gens vont se réfugier dans les abris ce qui évite les morts, et dans le nord il y a le Dôme de fer qui montre son efficacité.
 
Que pensez-vous de l’attitude des Occidentaux, et de celle d’Obama ?
La manière de réagir en l’Europe est révélatrice du relativisme ambiant et de toute une mentalité. Il y a un match entre Israël et une organisation islamiste qu’ils ont eux-mêmes, comme les Etats-Unis, classée terroriste, Il ne devrait pas y avoir de renvoi dos-à-dos. Cela en dit long sur l’état d’esprit.
Quant à Obama, il a perdu toute crédibilité : il a laissé bafouer les lignes rouges qu’il avait lui-même tracées en Syrie concernant l’utilisation des armes chimiques, et s’est en conséquence totalement depuis discrédité en Irak.


Comment les croire, tous autant qu’ils sont ? Les Européens et l’Onu, après la dernière guerre au Liban, avaient garanti que le Hezbollah ne se réarmerait pas. Le Hezbollah a aujourd’hui infiniment plus d’armes qu’il n’en avait en 2006. Les engagements signés ne valent même pas le prix du papier. Israël est en état de légitime défense et isolé, a fortiori dans un monde arabe qui va à vau-l’eau. Aujourd’hui il y a trois Irak, trois Lybie et trois Syrie. Personne n’aurait pu imaginer il y quelques années une telle situation. Cela devrait rend humbles les donneurs de conseils… qu’on ne leur demande pas. Si Israël avait rendu le Golan, il aurait les djihadistes syriens à sa frontière. Israël a le droit de ne pas jouer son sort aux dés !

Par GOLDNADEL Gilles William
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Vendredi 11 juillet 2014 5 11 /07 /Juil /2014 11:30

Bloc-note

ACTUALITE JUIVE - N° 1307 – Jeudi 10 juillet 2014

  

REPONSE A MON AMI MAREK HALTER  

 
Mon cher Marek, nous sommes suffisamment amis pour nous dire les choses avec franchise mais sans acrimonie.
Tu as cru devoir, le mois dernier, publier dans Le Monde une épître à tes frères juifs en danger dans laquelle tu leur indiquais en substance que quitter la France n'était pas la bonne solution.
À mon tour de leur dire -et de te dire- que je ne saurais cautionner ni le fond ni la forme de ta missive.
 
Question tout d'abord du choix du vecteur pour nos lecteurs : pardon de te le dire, mon cher Marek, mais je préfère, pour tenter de porter conseil aux citoyens juifs dans le désarroi, opter pour le principal hebdomadaire de leur communauté plutôt que pour un quotidien dont l'empathie à leur égard ou à celle de l'État d'Israël ne m'a jamais particulièrement frappé.
C'est d'ailleurs une douteuse spécialité que de choisir ce journal pour faire la leçon aux juifs.
J'ai toujours sur le cœur cet appel de J Call dans Le Monde comme dans Libération dans lequel, les responsables évoquaient exclusivement « une faute morale » d'Israël dans l'impasse israélo-palestinienne. Comme si les lecteurs de ces deux quotidiens n'avaient pas suffisamment l'habitude d'une condamnation aussi sélective…
 
Ces derniers jours, Mme Hélène Sallon du Monde a cru devoir relever un déchaînement sur la toile israélienne des passions anti arabes. J'aurais trouvé un tel article autrement plus édifiant, s'il m'avait été donné de lire ces 30 dernières années dans les mêmes colonnes, un seul article décrivant la haine quotidienne, rance, anti judaïque, obsessionnelle, pathologique, violente, impunie, ne faisant l'objet d'aucune contestation intellectuelle ou politique, d'une très grande partie de la société palestinienne.
 
Sur le fond, mon cher Marek, et quitte à me répéter ad nauseam, je puis difficilement admettre que tu puisses renvoyer dos à dos la vieille haine d'extrême droite et celle de l'islamisme, sur fond de passivité de l'extrême gauche. Tu sais bien que depuis 1945, seule la seconde a fait verser le sang juif dans les rues Copernic, des rosiers, de Toulouse et de Bordeaux. Admettre une équivalence entre les deux revient à relativiser, à diluer le terrorisme infernal dans le bouillon de l'antisémitisme réchauffé.
 
Mais pour être tout à fait franc avec l'artiste que j'estime affectueusement, je ne suis pas tout à fait sûr que l'un des parrains d'un mouvement pseudo antiraciste qui a accompagné l'immigrationnisme incontrôlé dont les juifs ont mesuré plus que les autres l'inconséquence, soit le mieux placé politiquement pour admettre de bonne grâce ce qui précède.
Enfin et surtout, je crois que toi comme moi, devrions, avec humilité, nous garder de distribuer des conseils définitifs aux juifs de France, dans le grave péril physique et moral dans lequel ils se trouvent.
En ce qui me concerne, je m'y refuse. J'ai été étonné que quelqu'un comme toi qui a toujours soutenu le projet sioniste, puisse considérer, en toutes circonstances, le retour à Sion comme une solution erronée.
 
Je ne puis évidemment accepter comme une fatalité ou une obligation de voir les membres les plus loyaux d'une des plus anciennes communautés françaises expulsés de leur cher et vieux pays par la haine des uns et la sotte indifférence des autres.
 
Ceci fermement posé, mon cher Marek, mes deux enfants ont pris le chemin de Jérusalem pour y faire souche avec résolution. Tu ne me persuaderas pas qu'ils se sont fourvoyés.


Gilles-William Goldnadel ©
Président de France-Israël et d'Avocats Sans frontières

 

Par GOLDNADEL Gilles William
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