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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 10:03

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/


http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/01/15/31001-20170115ARTFIG00002-la-conference-de-paris-va-eloigner-la-paix.php

 

FIGAROVOX
Publié le 15/01/2017


La conférence de Paris va éloigner la paix

par Gilles William Goldnadel

 


FIGAROVOX/TRIBUNE - Près de 70 pays vont se réunir ce dimanche 15 janvier, à Paris, pour une conférence internationale qui va tenter de relancer le processus de paix israélo-palestinien. Gilles William Goldnadel regrette le «parti pris» de la communauté internationale dans ce dossier.

 

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

 

 

Encore un spectacle. Encore une séance photo pour dire «je suis important» et pour donner l'illusion de «faire quelque chose». Mais la paix sera perdante. C'est ce qui nous attend à la conférence de Paris sur le Proche-Orient de ce week-end.


Comment encourage-t-on deux peuples à faire la paix ? En les aidant à s'asseoir et à discuter pour qu'ils parviennent à se réconcilier et à résoudre leurs différends. En les préparant à la nécessité de faire de douloureux sacrifices, parce que c'est le prix à payer que la paix mérite.


La conférence franco-palestinienne prévue ce 15 janvier à Paris est sur le point de faire très exactement le contraire. Plutôt que de faire également pression sur les dirigeants palestiniens afin qu'ils retournent à la table des négociations avec Israël, cette conférence va encourager leur détermination à éviter à tout prix de négocier.


La paix entre Israéliens et Palestiniens ne nécessite pas de conférences grandiloquentes avec plusieurs douzaines de participants se terminant sur des déclarations dénuées de sens. Pour promouvoir la paix, les nations du monde ont aussi besoin de dire aux Palestiniens l'évidente vérité: il faut oser leur dire que la paix passe par une reconnaissance d'Israël en tant qu'Etat du Peuple Juif et que le seul moyen d'y parvenir reste la négociation directe.

Il faut leur dire qu'Israël est un partenaire de paix et est prêt à faire des concessions douloureuses, comme cela a déjà été fait par le passé. Il faut dire aux Palestiniens qu'eux aussi auront à accepter des compromis difficiles avec Israël concernant les frontières, les réfugiés, la sécurité et Jérusalem; que c'est le seul moyen de ramener l'espoir et d'assurer un avenir meilleur à leurs enfants et aux futures générations.

 


Le chemin de la paix entre Jérusalem et Ramallah passe justement par là: Jérusalem et Ramallah. Pas par New York. Ni par Paris. Ni par l'ONU de parti pris, les condamnations unilatérales ou des conférences bavardes. La paix se construit avec des négociations bilatérales, où des dirigeants se parlent en tête-à-tête, prêts et désireux de travailler ensemble. Ce fut le cas lorsqu'Israël et l'Egypte firent la paix en 1979. Ce fut la leçon tirée de la paix israélo-jordanienne en 1994. De l'Irlande du Nord au Sud Soudan, région après région, ce sont des pourparlers directs qui ont pavé le chemin de réelles solutions pacifiques.

 


Suite à la fantasque résolution unilatérale 2334 récemment adoptée par le Conseil de Sécurité de l'ONU qui qualifie les lieux les plus saints de la religion juive à Jérusalem de «territoires palestiniens occupés», la conférence franco-palestinienne de Paris est programmée pour servir de nouvelle plateforme pour une énième flagellation publique et unilatérale d'Israël, un autre forum grandiose qui évitera aux dirigeants palestiniens de prendre leurs responsabilités.


Les israéliens ont, à maintes reprises, prié le Président de l'Autorité Palestinienne de les rencontrer. Pourtant, plutôt que de soutenir et de s'associer à cette demande, la communauté internationale se montre complaisante vis-à-vis de la dérobade d'Abbas à l'idée de pourparlers directs. En effet, pourquoi Abbas négocierait-il avec Israël quand il sait qu'il peut, sans effort, faire en sorte que seul Israël soit incriminé par la communauté internationale; une communauté internationale qui ignore soigneusement la culture de la haine et de la violence qui se répand sous son nez au sein de la société palestinienne.


Israël est prêt à négocier directement avec les dirigeants palestiniens, n'importe où, n'importe quand, sans préconditions. Mais les Palestiniens ont fui les négociations à maintes reprises, à Camp David en 2000, avec Ehud Olmert en 2008, et à Paris et Washington en 2014.


La conférence de Paris ne sélectionnera probablement les problèmes à traiter que dans le but d'apaiser les Palestiniens, et ne fera ainsi que renforcer leur intransigeance et perpétuer le conflit, portant de ce fait atteinte au peuple arabe de Palestine plutôt que de servir ses intérêts.


La tentative des Palestiniens d'internationaliser le conflit, facilitée par certains leaders mondiaux, permet à leurs dirigeants d'éviter de parvenir à un accord définitif. Cela prouve aussi que ce conflit n'a jamais porté sur la question d'un Etat palestinien. Il porte, et a toujours porté, sur le droit d'Israël à exister, quelles qu'en soient ses frontières. Trouver une solution au conflit implique que les Palestiniens soient prêts à vivre en paix aux côtés d'Israël, et non à la place d'Israël.


Les israéliens restent majoritairement engagés en faveur de la solution de deux Etats pour deux peuples vivant en paix. Le conflit peut être résolu si les dirigeants palestiniens souhaitent y mettre fin, en discutant directement avec leurs partenaires israéliens et en trouvant, ensemble, des solutions aux différents enjeux.


Si les nations du monde cherchent vraiment à faire avancer la paix, elles devraient envoyer un message clair et sans équivoque à Abbas: «Arrêtez de soutenir la violence et le terrorisme, arrêtez de promouvoir les discours de haine, et arrêtez d'éduquer les enfants Palestiniens à tuer des juifs. Apprenez-leur qu'Israël existe bel et bien, et que des relations de paix avec Israël doivent être les fondations d'un futur Etat palestinien».

 

Tandis que le sang continue de couler à flots dans la Syrie voisine, certains dirigeants, impuissants sur le dossier, préfèrent s'affairer à organiser une parodie de conférence éloignée de toute réalité et en exigeant tout de l'un et rien de l'autre. D'une certaine manière, la conférence de Paris d'aujourd'hui est un rassemblement des dirigeants d'hier. La communauté internationale, comme on l'appelle, devrait pouvoir faire mieux si elle entend vouloir rester digne de ce nom.

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 15:52

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http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/01/09/31001-20170109ARTFIG00142-l-irreversible-processus-de-cretinisation-de-la-gauche-francaise.php

Publié le 09/01/2017

L'irréversible processus de crétinisation de la gauche française

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Manuel Valls, Ségolène Royal, Vincent Peillon, Audrey Azoulay ou Benoît Hamon... Gilles-William Goldnadel recense les «fadaises, billevesées et autres coquecigrues» qui ont ces derniers jours alimenté le débat public.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

 

Les dernières déclarations de M. Peillon m'autorisent plus que jamais à poser cette question: la gauche française n'est-elle pas entrée dans un processus irréversible de crétinisation ? Cette question est sérieuse, elle ne se veut ni blessante ni offensante, mais elle s'impose plus que jamais.

Un livre savoureux reste à écrire pour décrire comment un parti d'intellectuels souvent prestigieux aura perdu son crédit et son sérieux par le truchement de ses fadaises, billevesées et autres coquecigrues.

Ainsi, pour prix des voix LGBT était-il absolument nécessaire de souscrire à la théorie du genre avant que de la nier ?

Sans parler de son jargon jargonnant pour faire société et vivre ensemble grâce à l'en commun inclusif.

Je sais bien que les socialistes organisent une primaire qui porte en l'espèce bien son nom. Je sais bien qu'ils sont tenus de complaire, ce verbe est cruel , à leur clientèle des terres neuves, mais tout de même, un Peillon n'est pas un Hamon, pris dans une trappe électorale.

Par quelle funeste magie un être aussi lettré peut-il se laisser aller à comparer le sort du mahométan d'aujourd'hui à l'israélite d'hier ? Pourquoi faut-il m'obliger à l'exercice ingrat de devoir rappeler que les juifs en 1940 ne massacraient personne en invoquant leur Dieu et que fort heureusement aucun enfant musulman n'a été massacré dans une école ou un supermarché ?

Ainsi donc, en voulant fustiger niaisement Vichy et la lepenisation, M. Peillon aura contribué à la plénélisation des esprits ou du moins de ce qu'il en restait au parti socialiste.

En réalité, on pourrait avancer que les gauches européennes sont en train de payer leur goût immodéré de l'étiquette. J'entends par là leur addiction pour l'essentialisme, autre nom du préjugé religieux, racial, sexuel ou social et leur détestation symétrique de la réalité dérangeante.

Pour la gauche, le musulman doit porter en toutes circonstances et par tous les temps, même contre les évidences météorologiques, l'étiquette de victime.

Sauf que les temps ayant changé et les étiquettes valsé, la gauche s'est ridiculisée.

Mais, étrangement, elle continue à ne pas s'en apercevoir et poursuit son étiquetage saugrenu sans en mesurer le prix sur son crédit.

C'est ainsi que la gauche télévisuelle de service public, dans le cadre de l'Émission Politique sur la deuxième chaîne, continue d'échantillonner les téléspectateurs sélectionnés pour poser des questions à leur invité selon un étiquetage idéologique stéréotypé.

Pour poser une question à M. Valls, il était apparemment indispensable de sélectionner une musulmane voilée qui se plaignait de sa condition victimaire. L'étiquetage devient rituel: c'est ainsi qu'au mois de janvier 2016, la chaîne invitait une certaine Wiam Berhouma pour porter la contradiction la plus offensante à Alain Finkielkraut dans l'émission «Des paroles et des actes».

Cette femme était, renseignements aisément pris, une proche du Parti des Indigènes de la République, organisation que certains esprits chagrins étiquettent de raciste. Par une coïncidence cosmique, la femme voilée questionnant Manuel Valls, Mme Trabelsi, est également proche du Parti précité et admiratrice de M. Ramadan. Le jeune et sympathique étudiant choisi dans l'émission politique également en 2016 pour questionner Nicolas Sarkozy présentait un profil assez voisin.

Notons que dans la même émission, les sélectionneurs, sans doute dans un esprit d'équilibre idéologique, se sont sentis dans l'obligation d'inviter Cédric Herrou, activiste No Border en Provence et renvoyé devant le tribunal correctionnel pour avoir convoyé des sans-papiers. Dans la presse convenue, il est plus convenable d'étiqueter son geste «délit de solidarité» et tant pis s'il revient à s'octroyer le pouvoir souverain de décréter lui-même le droit d'asile au lieu et place des autorités républicaines. Il est vrai que ses amis de la Gisti, dans le cadre de la peillonnisation des esprits, se plaisent à étiqueter semblables individus comme des «Justes». Au-delà de la comparaison scabreuse, les risques pris par les uns hier et par les autres à présent ne semblent pas identiques, au regard de la jurisprudence pratiquée aujourd'hui par nos juges bienveillants.

Notons encore que M. Valls, qui hier encore morigénait Mme Merkel pour l'ouverture des portes et fenêtres de l'Allemagne aux migrants venus d'Orient, était tout d'un coup bien timide devant le sans-frontières arrogant. Hier encore, étiqueté Jules Moch sur son képi, qui sait si demain ce n'est pas l'étiquette de Jules Guesde que Manuel portera sur sa casquette.

Certains - ou certaines - pratiquent un auto étiquetage essentialiste de la même farine désormais étouffante. C'est ainsi que dans Le Monde, Ségolène Royal s'affuble elle-même de l'étiquette sinon de femme battue, au moins d'injustement traitée ès qualités. En avant-première d'une émission sur la chaîne «Toute l'histoire», notre ministre explique sérieusement à un Gérard Miller, psychanalyste cathodique qui l'écoute religieusement, que les critiques qui lui ont été adressés lorsqu'elle a dit la «vérité» sur Cuba étaient de nature sexiste…

Et d'appeler révolutionnairement à la «transgression féminine».

Pas moins.

Bien entendu, la gauche n'est pas avare d'épithètes pour les étiquettes sur ses adversaires. «Fachos», «populistes», «islamophobes», «extrême droite». Ce genre d'étiquetage ne déchiquette plus méchamment depuis que les dents des étiqueteurs sont élimées.

Et depuis que le curseur qui fixe les extrémités du planisphère politique a changé un peu de mains.

Les islamo-gauchistes de la Seine-Saint-Denis m'ont évidemment étiqueté de raciste et certains de nazi pour avoir moqué l'étiquetage «colonie juive de Jérusalem». Étrange appellation géographique. La valse des étiquettes fait place aux étiquettes Valls, puisque c'est sous son ministère que l'étrange arrêté qui plaît tant dans le 93 aura été pris. À voir un terroriste, sympathisant de l'État islamique, se déchaîner hier au volant de son camion à Jérusalem, en employant contre les «colons juifs» la même conduite que son compère de Nice, on comprendra qu'il est des petits étiquetages qui grandissent.

L'appellation sur la Toile connaît aussi la loi de l'étiquette. Ainsi du droit contesté pour les gueux et les fâcheux de contester les aristocrates de la presse convenable. Voilà la bien fâcheuse sphère rageusement étiquetée «fachosphère». Apparemment nos aristocrates sont moins fâchés par une islamosphère ou une gauchosphère innommées et pourtant peu avares d'étiquetage racial. Rien à sphère. La gauche, c'est bien connu, a l'étiquette sélective.

Le meilleur - ou le pire - pour la fin et l'illustration du processus de crétinisation. Dans un étrange et dernier hommage à Michel Déon, notre ministre de la Culture Audrey Azoulay a cru devoir étiqueter politiquement et pour l'éternité le dernier des hussards: «Malgré sa proximité avec les thèses de Charles Maurras, il gardait en littérature une totale liberté dans ses choix» (Le Figaro, Bertrand de Saint-Vincent).

Imagine-t-on un seul instant, un ministre de la Culture de droite rendant un hommage mérité à la liberté créatrice de Louis Aragon «malgré sa proximité avec les thèses de Joseph Staline» ?

Tout est là peut-être. La gauche avait Aragon et elle avait Ferrat. Elle avait tort, sans doute, mais elle faisait rêver et chanter. Aujourd'hui, elle a Peillon, Hamon et Azoulay. Elle fait encore pleurer.

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 10:56

PARU SUR LE SITE www.valeursactuelles.com

http://www.valeursactuelles.com/monde/lonu-pompier-incapable-devenu-pyromane-57917

3 janvier 2017
 

Tribune. Avoir l'honneur d'écrire dans l'hebdomadaire fondé par Raymond Bourgine, courageux défenseur de l'alliance franco-israélienne, autorise toutes les audaces à l'heure de l’unanimisme niais de la classe politique et médiatique en faveur de la résolution onusienne et me dispense dans le même mouvement d'avoir à me défendre d'une trop subjective tribalité.

L'ONU, pompier incapable devenu pyromane

Je relisais hier La guerre des six jours du grand Pierre Boutang, publié récemment par les éditions « Les Provinciales », dirigées par l'excellent Olivier Veron. Cet ouvrage issu des articles écrits dans le feu de l'été 1967 dans la Nation Française rappelle le lien historique sacré entre Paris et Jérusalem, Saint-Louis et David, la France chrétienne et l'État juif.

En notre période de reniement par l'inculture, je cite cette phrase de ce compagnon de tranchée du philosophe juif Levinas et du philosophe chrétien Gabriel Marcel : « Israël n'est pas incompatible avec l'existence des peuples arabes, en leur diversité, et qui auraient oublié le principe conquérant de l'islam si quelques démagogues (d'ailleurs inspirés d'un autre islam, celui du germanisme nazi) ne l'avaient réveillé, et réveillé contre les seuls juifs. »

Et le livre de rappeler deux citations prophétiques : celle de Karl Barth : « Il est impossible de comprendre le national-socialisme, à moins de voir qu'il s’agit en fait d'un nouvel islam… » et celle de Carl Gustav Jung : « Nous ne savons pas si Hitler est en passe de fonder un nouvel islam (…) ce pourrait être le futur de l'Histoire ».

C'est dans ce cadre métapolitique inchangé mais toujours aussi terrifiant que nos petits politiciens sans vertu et nos petits folliculaires sans recul ont accueilli le dernier acte à l'ONU de l'islamo-gauchiste de la Maison-Blanche, fidèle disciple du pasteur Jérémy Wright, et le dernier discours de son dévoué secrétaire. On remarquera au passage que jamais une abstention n'aura autant été considérée par les thuriféraires et les laudateurs de Monsieur Obama comme un acte de volonté et de détermination aussi admirable.

Il n'est pas de mon intention de prouver, même dans ces colonnes, que depuis le traité de San Remo de 1920, le statut juridique des territoires concernés n'a rien à voir avec une occupation illégale au sens que lui donne le droit international. Au demeurant, et à notre époque où la référence au Droit et à l'Histoire est contre-productive lorsqu'elle se heurte à l'émotion d'une opinion publique travaillée, mes efforts juridiques seraient inutiles. Qu'il me soit en conséquence permis de faire trois remarques.

Touchant au vocabulaire: Je sais bien que l'utilisation lexicale française du terme « colonisation » a une vocation péjorative (l'anglais «settlement» est plus neutre). Raison pourquoi, personne ne m'empêchera, dans ce cas, d'utiliser le même vocable concernant l'implantation de colonies de peuplement musulmanes dans certaines régions de France, parfois illégalement, et toujours sans l'autorisation des populations autochtones. J'ajouterai que même un linguiste médiocre est à même d'observer qu'un juif est moins étranger à la Judée qu'un Pakistanais sans papiers à l'Île-de-France.

Et concernant précisément l'opinion publique mystifiée, j'écrivais récemment dans ces colonnes que la désinformation principale passait moins par le mensonge que par la dissimulation des faits. J'en rapporterai en conséquence deux, sciemment cachés au seul public français :

La condamnation par la première ministre britannique Theresa May du discours de John Kerry: « Nous ne pensons pas que la bonne façon de négocier la paix soit de se focaliser seulement sur les constructions dans les implantations, alors que le conflit entre les Israéliens et les Palestiniens est clairement bien plus complexe. » Theresa May faisait clairement référence au refus septuagénaire des Arabes palestiniens de reconnaître Israël en tant qu'État du peuple juif et de cesser leurs exigences de voir la descendance de la descendance des réfugiés de 1948 regagner leurs foyers pour mieux le submerger.

Précisément, ce double refus, soigneusement dissimulé par la presse hexagonale, toujours aussi irénique à l'égard du récitatif palestinien, sont rappelés moins de 24 heures après la résolution par la bouche même du ministre des affaires étrangères de l'Autorité Palestinienne : « Il n'est pas possible pour nous de reconnaître un État juif. Nous ne renoncerons pas à notre droit au retour » (Riad Al Maliki). Il faut être aveugle, sourd et autiste à la fois pour ne pas vouloir comprendre que sans cet irrédentisme, les Arabes de Palestine auraient depuis longtemps l'État et les territoires concernés que Barak et Olmert leur avaient proposés. Les voilà, à nouveau, encouragés dans leur obstination par la grâce de l'ONU.

Parlons-en, pour finir, de cette organisation qui aura échoué lamentablement – tout comme le président américain – à empêcher le massacre de 400 000 personnes en Syrie et qui voudrait se refaire une santé sur celle du seul État démocratique de la région. La presse hexagonale a en effet caché soigneusement les déclarations testamentaires de son Secrétaire Général sortant, Ban Ki Moon, reconnaissant que par ses condamnations obsessionnelles et disproportionnées du seul État d’Israël, l'ONU s’était disqualifiée.

Prenons donc enfin connaissance de ce discours du 16 décembre :

« Des décennies de manœuvres politiques pour créer un nombre disproportionné de résolutions, de rapports de comités contre Israël… Durant les 10 années passées, j'ai soutenu que nous ne pouvons pas avoir un parti pris contre Israël à l’ONU. Ce volume disproportionné de résolutions contre Israël a anéanti la capacité de l'ONU à remplir efficacement son rôle. » (The Indépendent).

Si le patron de l'ONU reconnaît que son organisation s’est discréditée à l'égard d’Israël et a perdu tout magistère moral pour remplir son rôle arbitral, est-il interdit à sa victime de le considérer aussi ? Quant aux observateurs qui regardent ailleurs, sont-ils encore moins à blâmer qu’un responsable au repentir tardif ? Ceci méritait, je crois, d'être consigné et médité dans les colonnes de l'hebdomadaire fondé par Raymond Bourgine.

 

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 12:31

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http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/01/02/31001-20170102ARTFIG00084-resolution-de-l-onu-sur-les-territoires-palestiniens-les-trois-oublis-d-obama.php


Publié le 02/01/2017

Résolution de l'ONU sur les territoires palestiniens: Les trois oublis d'Obama

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné la colonisation israélienne sans que Washington n'exerce son droit de véto. Pour Gilles-William Goldnadel, le progressisme du président démocrate est un faux courage.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU sur les territoires palestiniens. Grâce présidentielle accordée à Madame Sauvage.

Alors que je me demandais, cher lecteur, comment diable je pourrais prouver le lien entre ces deux sujets apparemment sans relation, alors que je craignais que tu ne prennes mes intuitions pour des obsessions, voilà que la préposée à la revue de presse de France Inter m'apportait bien gentiment son assistance radiophonique.

Avec une allégresse qui faisait chaud à entendre, elle citait ce 28 décembre l'article du Parisien intitulé «Pourquoi Hollande a gracié Jacqueline Sauvage»: «Un ami du président va jusqu'à le comparer avec Barack Obama, en fin de mandat, qui s'autorise des décisions qu'il n'osait pas jusqu'alors, comme de laisser passer une résolution à l'ONU condamnant la colonisation israélienne».

Et effectivement il y a entre ces deux décisions prises un premier point commun: le faux courage. Il faut en effet, dans le meilleur des cas, une belle naïveté pour considérer qu'une décision aussi démagogique que la grâce accordée à Jacqueline Sauvage et qui aura au demeurant recueilli l'assentiment unanime de tous les partis, relève d'une quelconque hardiesse. L'auteur aura constaté sur Twitter combien il est au contraire audacieux d'oser la contester.
Quant à Obama, à une quinzaine de jours de son départ, et alors que - nul ne l'aura remarqué - il aura attendu la défaite électorale de sa favorite pour sévir impunément contre Israël, il faudra m'expliquer où habite la témérité.

S'agissant tout d'abord de la résolution onusienne, je ne me ridiculiserai pas en plaidant que le droit international, depuis le traité de San Remo de 1920, a été foulé aux pieds, toute référence au Droit ou à l'Histoire est désormais contre-productive dès lors où elle se heurte à l'émotion d'une opinion internationale travaillée.

Je me bornerai donc à faire trois remarques difficilement contestables, même lorsqu'elles émanent d'un spectateur engagé mais qui prétend être au moins aussi honnête que certains journalistes français tenus théoriquement à l'objectivité.

La résolution ne fait aucune différence entre Jérusalem, en ce compris le Mur des Lamentations, et les autres territoires conquis par Israël à la suite de la guerre des six jours de 1967. Dans sa traduction française, elle évoque des «colonies», avec toute la connotation que le mot peut inspirer. Au demeurant, le gouvernement de Monsieur Valls a ordonné la mise en application de la circulaire européenne imposant l'usage de ce mot sur les produits fabriqués à Jérusalem. Cette résolution intervient quelques mois après que la filiale culturelle de l'ONU, l'Unesco, ne conteste tout lien entre Jérusalem et le peuple juif.
Par la grâce présidentielle de Messieurs Obama, les Juifs, même ceux qui en ont été chassés par l'épuration ethnique de 1948, sont donc des colons étrangers à Jérusalem. Mystères de l'antiracisme progressiste.

À propos d'opinion travaillée, j'écrivais récemment que la désinformation médiatique réside davantage dans ce qui est caché que dans des mensonges avérés. C'est ainsi que l'opinion publique française ignore la réaction de la première ministre britannique Theresa May au discours explicatif du dévoué secrétaire d'État John Kerry. Cette réaction a été reprise des centaines de fois dans la presse anglo-saxonne. Citons la donc en français: «Nous disons très clairement que les implantations sont loin d'être le seul problème de ce conflit. En particulier, le peuple d'Israël a le droit de vivre sans être menacé par le terrorisme, ce qu'il a été contraint de subir pendant bien trop longtemps. Par conséquent, nous ne pensons pas que la bonne façon de négocier la paix soit de se focaliser seulement sur les constructions dans les implantations, alors que le conflit entre les Israéliens et les Palestiniens est clairement bien plus complexe».

La première Anglaise faisait clairement référence au double refus des Arabes de Palestine de reconnaître Israël en tant qu'État du peuple juif et à renoncer au retour de la descendance de la descendance des réfugiés de 1948 au sein de cet État pour mieux le submerger. Il se trouve - et c'est le deuxième élément soigneusement occulté par la presse convenue - que quelques heures seulement après la résolution onusienne, le gouvernement de l'Autorité Palestinienne, par la bouche de son ministre des Affaires étrangères, se plaisait à réitérer ce double refus obstiné: «Nous n'accepterons jamais de reconnaître un État juif et nous continuerons à exiger le retour de tous les réfugiés» (Riad Al Maliki, le Jérusalem Post le 30 décembre).

Cette résolution de l'ONU justifie, de leur point de vue, l'irrédentisme septuagénaire des Arabes de Palestine. Un irrédentisme qui leur a fait refuser les propositions de Barack comme d'Olmert qui pourtant leur accordaient les concessions territoriales réclamées. Pourquoi attendre de la négociation ce qui est servi gratuitement sur un plateau par l'aréopage international ?

Précisément, l'attitude de l'ONU à l'égard d'Israël a été jugée, encore que tardivement, par un expert, en la personne de son Secrétaire Général sortant Ban Ki Moon.
Celui-ci a reconnu le 18 décembre l'invraisemblable partialité de l'organisation, qu'il dirigeait jusqu'au 31 décembre, à l'égard de l'État juif. Révélons ses déclarations au public français puisque - c'est la troisième occultation - il les ignore à ce jour:
«Durant les 10 années passées, j'ai soutenu que nous ne pouvons pas avoir un parti pris contre Israël à l'ONU. Des décennies de manœuvres politiques pour créer un nombre disproportionné de résolutions, de rapports de comités contre Israël ont anéanti la capacité de l'ONU à remplir efficacement son rôle.» (The Independent) .

Si le dirigeant principal de l'organisation internationale reconnaît une partialité qui la prive de toute compétence morale ou politique, la victime de cette injustice ontologique n'est-elle pas non seulement en droit mais en devoir de récuser ses édits les plus irresponsables ?

Seule la détestation venue du fond des temps qu'inspire l'État juif et, en corollaire, l'acceptation docile et extatique du récitatif palestinien sont en mesure d'expliquer l'inexplicable.

Cette victimisation essentialiste de l'être arabe palestinien explique l'attitude d'un président américain qui se sera conduit pendant ses deux mandats comme un islamo-gauchiste distingué et largement adulé par la classe médiatique progressiste.

On retrouve cet essentialisme victimaire, mais cette fois de nature féministe, dans la décision de François Hollande de gracier totalement une femme ayant délibérément assassiné son mari violent. Je n'ai rien à ajouter à ce qu'a très bien écrit ici Robert Redeker sur le sujet, sinon ces deux remarques sur ces deux bien cruels paradoxes:

Si Madame Sauvage avait été bien défendue, elle n'aurait pas connu deux échecs judiciaires successifs. Ses avocats auraient demandé et obtenu aisément les larges circonstances atténuantes auxquelles elle avait droit, plutôt que de se voir refuser justement le bénéfice d'une légitime défense introuvable. Elle n'aurait donc pas été graciée.

Comme souvent, ceux qui se sont réjouis le plus ouvertement de la grâce obtenue en faveur de la meurtrière sont les plus farouchement opposés à la peine de mort légalement donnée aux assassins.
Ainsi va le progressisme: La prison ne sert à rien, sauf pour le col blanc délinquant. La peine de mort est répugnante sauf pour le mâle blanc violent.

L'essentialisme progressiste est un cruel racisme.


 

 

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 13:28

Paru dans Causeur http://www.causeur.fr/
http://www.causeur.fr/onu-israel-palestine-ban-ki-moon-41833.html

Le testament prophétique de Ban Ki-moon: l'ONU en faillite


La résolution sur la “colonisation israélienne” discrédite l'ONU

publié le 27 décembre 2016

Avec une jubilation à peine dissimulée, une bonne partie de la presse hexagonale, un quotidien national du soir en tête, s'est réjoui de cette résolution onusienne de Noël comme d'un cadeau de fête.
Pensez donc, le rite était maintenu, l'État juif morigéné avant la fin de l’année.
Le même jour, l'armée turque bombardait un village en Syrie et plus de 90 civils y laissaient leurs vies. Pas de quoi en faire un drame.

400 000 morts en Syrie, Obama reconnaissant son échec flagrant, les Nations Unies leur inutilité totale. Peu importe, ce qui comptait c'était de mettre Israël au ban des nations, pour sa politique de « colonisation ».
Oublions toutes les autres parties du monde dont le statut est largement aussi controversé: Tibet, Sahara occidental, Crimée, Kosovo, Chypre, Haut-Karabagh, Ossétie du Sud, etc. Oublions le caractère malveillant du mot « colonie » qui pourrait, dans ce cas, tout aussi bien convenir, sinon mieux, à ces territoires en France où sont implantées, souvent illégalement, en tout cas contre l'avis des autochtones, des populations étrangères aux mœurs bien différentes.

Il reste le principal: La crédibilité d’une organisation internationale décrédibilisée, le secrétaire général sortant Ban Ki-moon reconnaissait lui-même le 18 décembre que l'ONU s’était montrée trop injuste envers l'État d’Israël. Mais quel journal hexagonal aurait eu l'esprit de le relever ?

En août 2013, le même secrétaire général avait déjà expliqué qu'Israël n'était pas traité équitablement: « Malheureusement, en raison du conflit israélo-palestinien, Israël est accablé par la critique, il souffre de préjugés, et parfois même de discriminations ».

Entre 2006 et 2015, l'ONU a condamné Israël 61 fois, le reste du monde 56 fois…
Le 18 décembre dernier, devant le Conseil de sécurité qui a voté cette résolution israélienne, Ban déclarait que l'organisation avait voté un volume « disproportionné » de résolutions contre Israël, ce qu'il considérait comme ayant « anéanti la capacité de l'ONU à remplir efficacement son rôle ».
Ban ajoutait: « Durant les 10 années passées, j'ai soutenu que nous ne pouvons pas avoir un parti pris contre Israël à l'ONU ».

« Des décades de manœuvres politiques pour créer un nombre disproportionné de résolutions, de rapports de comité contre Israël » concluait le secrétaire général qui faisait le bilan de sa présidence à la tête de l'ONU. Toutes ces déclarations peuvent être vérifiées dans The Independent, un journal pourtant fort hostile à la politique israélienne. Vous ne le trouverez pas dans la presse française.

On peut penser ce que l'on veut du statut des territoires controversés en Judée. Au plan du droit international, et depuis le traité de San Remo de 1922, c'est une hérésie juridique d'évoquer des « territoires occupés ». Mais qui se soucie du droit international, lorsque la politique s'en mêle ? Il n’en demeure pas moins que la majorité des habitants qui s'y trouvent sont hostiles à la présence juive. Et même des Français qui ne s'y trouvent pas et qui réclament leur expulsion quel que soit leur statut à venir alors qu'ils seraient horrifiés de voir expulser des étrangers illégaux en France…

Il n'empêche, lorsque Ban Ki-moon considère que l'ONU, par son attitude pathologiquement injuste envers Israël, a perdu toute crédibilité pour tenter de régler les conflits, il n'est pas interdit à ceux qui défendent Israël de le considérer aussi.

On a déjà récusé un juge déshonnête pour moins que ça.

 

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 15:17

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http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/12/26/31003-20161226ARTFIG00088-attentat-de-berlin-retour-sur-une-tragedie-4-acte.php

Publié le 26/12/2016


Attentat de Berlin: Retour sur une tragédie en 4 actes

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel revient sur l'attentat contre le marché de Noël de Berlin. Pour lui, cette tragédie révèle une nouvelle fois «la candeur occidentale» face à l'islamisme.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

 

À longueur d'articles, je professe l'idée, assez ingrate, que notre environnement politico-médiatique relève, littéralement, de la psychopathologie collective. Autrement dit souffre d'une folie post-traumatique héritée du choc de la deuxième guerre mondiale.

La consternante tragédie autour du massacre du marché de Noël de Berlin apporte, une fois de plus, la triste démonstration comportementale d'une candeur occidentale maladive , en quatre actes dignes d'une mauvaise farce.

Acte 1. Assassin et réfugié. Il s'appelle Anis Arsi. Il quitte sa Tunisie au moment où son dictateur Ben Ali en est chassé par une révolution du jasmin dont le parfum printanier arabique exhale de ses odeurs enivrantes les narines progressistes extatiques. Comme réfugié migrant ayant droit au bénéfice d'un droit d'asile obligatoire, on pouvait trouver mieux.

Connaissant la triste mélopée à seriner à l'oreille des benêts, il se prétend mensongèrement mineur non accompagné. Pour témoigner de sa gratitude aux Siciliens dont chacun loue la chrétienne hospitalité, il poursuit ce qu'il n'a jamais cessé: le vol. Il n'est pas pour si peu renvoyé dans son pays.

Acte 2. L'Allemagne nouvelle et généreuse. Il y poursuit ses activités volantes sans désemparer. Les autorités fédérales, un peu lasses de ses pratiques, demandent à la Tunisie de leur confirmer qu'il est bien un de leurs compatriotes.

Les autorités de Tunis, conformément semble-t-il à un comportement fréquent, le nient effrontément . Elles le reconnaîtront comme compatriote immédiatement après le massacre… Au reste, l'expulsion du délinquant d'habitude se serait révélée aléatoire. Bien que les fonctionnaires germaniques s'efforcent de faire admettre que les pays du Maghreb sont des contrées de retour «sûres» pour les expulsés, au sens juridique du droit d'asile, les députés Verts allemands le contestent au regard de la situation des homosexuels en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Arrêt sur cette image de la névrose islamo-gauchiste: les mêmes qui minimisent ordinairement l'islamo-homophobie pour ne pas être islamophobes, la surestiment extraordinairement pour empêcher l'expulsion des islamistes et des délinquants. Folie douce.

Mais Anis Arsi, le futur assassin en série, n'est pas seulement un délinquant récidiviste, il est constamment dans le viseur de l'antiterrorisme allemand, au regard de ses fréquentations djihadistes. En raison d'un juridisme étroit et culpabilisé, il ne sera pas inquiété pour autant et pourra commettre le massacre des innocents en toute tranquillité. Folie dangereuse.

Acte 3. La fuite. Un ministre Vert de Hambourg du nom de Till Steffen décide de retarder l'avis de recherche du bourreau de Berlin, pour ne pas «stigmatiser» les musulmans. On aurait tort de se moquer du Vert d'outre-Rhin. Nos rouges bien de chez nous ne valent pas mieux. De M. Hamon qui explique doctement que les femmes de Trappes sont interdites de café en raison «d'une tradition ouvrière» à mademoiselle Autain qui va boire un coup dans un bar strictement garanti sans femme pour prouver qu'il y en a au moins une.

Suite et fin de la cavale de notre Anis. Il est mis, enfin, hors d'état de nuire dans une rue de Milan. Notre ministre de l'intérieur diplômé, mais certainement pas de géographie, appelle à la plus grande prudence ceux qui prétendent, pour illustrer la porosité des frontières nationales en période d'alerte maximale, qu'il serait passé sans encombre par notre pays. C'est donc que Chambéry, où il a été repéré, n'est plus en France, par décret ministériel.

Acte 4. La morale médiatique pavlovienne en fond sonore. Il est grandement à craindre que ce sur quoi je suis en train d'ironiser, sans doute pour exorciser ma tristesse et ma colère, sera dénué de toute portée curative.
À chaque tuerie, une analyse clinique des causes évidentes et indiscutées, devenu rituelle, est rapidement oubliée. C'est tellement loin, le Bataclan, l'HyperCacher, Nice, St-Etienne-du-Rouvray… demain Berlin sera lointain.

Les commentaires médiatiques pendant que l'assassin de Berlin courait encore et qu'on ignorait son identité, comme à chaque fois, étaient davantage dirigés contre ceux qui mettaient en cause la dangerosité du phénomène migratoire, que vers l'assassin ou ses victimes. Sauf lorsqu'il s'agissait d'admirer la lueur vacillante d'une bougie.

Malheur à ceux qui avaient, un peu vite, tiré argument de l'arrestation d'un afghan innocent. Après tout, on pouvait encore espérer peut-être quelque chose de l'extrême-droite allemande...
L'Obs restait toujours aux aguets. Le pauvre ne s'était toujours pas remis de cet article du 5 août 2015 intitulé doctement: «Huit idées reçues sur les migrants» parmi lesquelles, à combattre sans répit, la sotte selon laquelle ils seraient «peu éduqués» et surtout celle, encore plus monstrueusement fausse, qu'il y aurait «des terroristes parmi eux».

Un argument, subsidiaire, était distillé sans grande modération. Les migrants n'étaient pas toujours responsables des derniers attentats.

La preuve indiscutable: À côté de ceux responsables, il est vrai, de certains attentats en France comme en Allemagne, il y avait aussi les Merah, les Nemmouche, les Coulibaly, les Kouachi…

Admirez, je vous prie, l'argument. Presque patriotique. Défense de craindre la migration islamique ou de s'en plaindre, puisque l'immigration islamique, mais de facture française, est également responsable des autres attentats. On peut donc encourager la première sans appréhension pour renforcer la seconde sans prévention.
Malheur encore à ceux qui avaient le goût abject de vouloir, tels des vautours au-dessus d'un cadavre, «récupérer» l'attentat de Berlin pour en tirer, une nouvelle fois, une leçon politique.

On peut, on doit conclure à la montée du racisme lorsqu'un Comorien est jeté dans la Seine. On peut, on doit conclure à la montée dangereuse de l'extrême-droite lorsque Clément Meric meurt dans une rixe entre fascistes bruns et fascistes rouges. On peut, on doit conclure à la brutalité étatique lorsque le manifestant Rémi Fraisse est tué involontairement par une grenade. On peut, on doit exiger immédiatement, on obtient, la fermeture des centrales nucléaires au lendemain de la catastrophe de Fukushima, au nom du principe de précaution. Mais interdiction de conclure à la dangerosité de migrants manipulés par l'État islamique, à la suite d'un énième attentat, sous peine d'une immonde récupération.

Voilà pourquoi les corps des innocents de Berlin, à peine ensevelis dedans la terre froide, on peut d'ores et déjà le prophétiser, ne seront pas les derniers. Le comportement largement inconscient et désormais automatique d'un personnel politique et médiatique d'une candeur maladive revient à abandonner les populations à une insécurité physique et sociétale confondante.

Il en faudra encore du temps, des morts et des combats pour que l'islamo-gauchisme névrotique soit clairement diagnostiqué pour ce qu'il est: Une perversion masochiste occidentale alimentant une hystérie sadique et paranoïaque orientale.

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 14:53

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http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/12/19/31001-20161219ARTFIG00101-goldnadel-laurent-wauquiez-la-creche-de-noel-et-nous.php


Publié le 19/12/2016

Laurent Wauquiez, la crèche de Noël et nous

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Dans les colonnes du Figaro, Natacha Polony a critiqué l'initiative de Laurent Wauquiez d'installer une grande crèche au siège de la région Auvergne-Rhônes-Alpes. Pour Gilles-William Goldnadel, il faut a contrario la saluer.
Natacha Polony: «Le baudet de la crèche»

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


J'ai lu l'article de ma chère Natacha Polony, vitupérant, entre alacrité et ironie, l'initiative de Laurent Wauquiez d'installer une grande crèche au siège de la région Auvergne-Rhône Alpes.

Après avoir, évidemment sans barguigner, reconnu les racines chrétiennes de la France, Natacha prête au président du Conseil Régional précité des arrière-pensées politiciennes et observe que c'est la première fois qu'une crèche est installée au sein du Conseil Régional.

Surtout, Natacha Polony anticipe l'argument de Tariq Ramadan et autres meneurs de l'islam politique lorsqu'ils réclameront la réciprocité d'installer à l'intérieur des endroits qu'ils contrôlent des symboles mahométans.
Je ne suis sûr de rien, mais je crois qu'elle se trompe.

D'abord, prêter à Laurent Wauquiez des arrière-pensées électoralistes relève du procès d'intention. On peut penser espérer être populaire sans être forcément populiste, en tout cas participer sincèrement à un combat utile.

Je suis de ceux qui pensent que ce combat est aussi urgent et nécessaire que celui pour la défense de la laïcité.
Pour le nommer, il s'agit évidemment de la défense des traditions et du paysage chrétien de la France et de ses racines judéo-chrétiennes.

Qu'on me permette à ce stade un souvenir d'enfance que j'ai rappelé dans certains de mes livres. Dans la France catholique des années 60, le petit juif que j'étais ne pouvait dormir dans une chambre de clinique en présence d'un crucifix , sans appréhension. Et le glas des cloches d'églises lui donnait le bourdon.

Aujourd'hui, dans cette France dont les plus hautes autorités musulmanes proposent sérieusement de transformer les églises en mosquées, dans cette France où l'on égorge les curés, et où la pression démographique islamique s'impose au mépris des lois et de la volonté de son peuple, le petit enfant juif, qui ne se renie pas, s'est senti dans l'impérieuse obligation de signer la pétition «Touche pas à mon église !».

Alors oui, quand bien même il n'y aurait jamais eu de crèche à l'intérieur du Conseil Régional auvergnat, il ne me paraît pas déplacé ni intempestif qu'il y en ait à présent une là-bas et maintenant.
Certainement pas pour imposer un culte, ce que personne au demeurant ne croit, mais pour défendre notre culture nationale en danger.

L'urgence du combat impose, il me semble, l'absence de précautions et de complexes. Peu importe ce que Tariq Ramadan et ses amis peuvent bien dire ou exiger, nous devrions exiger, comme le font déjà certains pays et mes amis musulmans comme l'imam Chalgoumi, l'interdiction de l'islam politique dont les Frères musulmans sont les représentants en France les plus dangereusement efficaces.
Je ne suis sûr de rien, car les arguments de Natacha Polony sont loin d'être hirsutes, mais je suis sûr qu'elle devrait réserver, en matière de clientélisme opportuniste, ses traits les plus acides aux politiciens et fonctionnaires peu ou prou islamo-gauchistes plutôt qu'à Monsieur Wauquiez et à ses compagnons d'armes.

Aux petits esprits hors-sol de Bruxelles, qui oublient dans leur calendrier les fêtes chrétiennes.
Aux responsables de Radio France, qui défraient les journalistes juifs et musulmans lorsqu'ils observent leurs fêtes religieuses respectives, au rebours des catholiques pratiquants.

À la mairie de Paris, qui organise la nuit du ramadan aux frais du contribuable laïc.
À l'ineffable Clémentine Autain et à tous ses amis laïcs et progressistes qui organisaient dimanche à Saint-Denis une «Conférence Internationale contre l'islamophobie» avec les compagnons de Tariq Ramadan, du CCIF, du Parti des Indigènes de la République, et autres mouvements francophobes qui ne dissimulent même plus leur espoir de voir la France un jour musulmane et respectant la charia.

Pour rester un pays libre et laïc, encore faut-il rester libre et rester un pays.

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 14:47

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http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/12/12/31001-20161212ARTFIG00154-goldnadel-le-delit-d-entrave-numerique-contre-la-rebellion-electronique-des-gueux.php

Publié le 12/12/2016


Le délit d'entrave numérique contre la rébellion électronique des gueux
 
FIGAROVOX/CHRONIQUE - La gauche a créé un nouveau délit d'entrave numérique contre les sites anti-IVG. Pour Gilles-William Goldnadel, vouloir défendre à ce point un droit à l'avortement nullement attaqué pourrait dissimuler une pulsion destructrice contre la liberté.
 
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


 
Mes fidèles lecteurs savent que je ne répugne pas à questionner la psychologie collective, derrière les comportements politiques apparemment inexplicables. Je tenterai donc de soumettre la loi liberticide réprimant les prétendues désinformations électroniques sur l'avortement à cette analyse. Je ne reviendrai pas sur la loi elle-même, tout a été écrit, et bien, à son propos et notamment dans ces colonnes.
 
Les socialistes, à l'origine de ladite loi, n'ont aucune raison de craindre la moindre menace sur le droit à l'avortement, et ils font, au demeurant, à peine semblant. À un premier degré d'explication, le simple fait de s'interroger moralement et à voix haute sur l'avortement, ou sur ses dérives abusives, leur apparaît comme une faute morale consubstantielle.

Le fait que François Fillon ait pu ainsi publiquement indiquer qu' «à titre personnel» il était hostile à l'avortement même s'il reconnaissait sans enthousiasme excessif obligatoire le droit légal des femmes à le pratiquer librement , dans le droit fil de la loi Veil, a été en conséquence considéré comme un crime de lèse-féminisme.

«À titre personnel». Il n'en fallait pas plus pour qu'Augustin Trapenard, reprenne ironiquement cette antienne la semaine dernière sur l'antenne . Sur France Inter, avec Josiane Balasko, représentante emblématique de l'artiste progressiste, on s'en donna à coeur-joie pour railler, à titre personnel, le représentant désormais emblématique de la pensée conservatrice. Avec cette manière supérieurement goguenarde que l'on entend plus désormais que dans les micros du microcosme capitonné de service public, la comédienne fit observer finement, du moins le croyait elle: «que les adversaires de l'avortement étaient généralement les partisans de la peine de mort». Puis-je faire remarquer respectueusement que l'argument - faux - est inopérant parce que réversible, car généralement les partisans les plus résolus de l'avortement sont également les plus déterminés à considérer la peine de mort donnée aux assassins comme le crime absolu ? Exception faite, bien entendu lorsqu'elle est donnée collectivement et massivement par Castro et autres héros sur des braves gens.

À titre personnel, et ne considérant pas religieusement la vie, je me permettrai de dire que je suis très modérément en faveur du droit à l'avortement et de l'abolition de la peine de mort, même si je me garderais bien de couvrir d'injures ceux qui ne partagent pas mon avis, tant le mien est peu assuré.

C'est dire que je me garderais bien également de restreindre leur liberté. Il est vrai que je ne suis pas socialiste.
À ce stade en conséquence, je n'écarte pas l'idée que sous ce comportement irrationnel de vouloir défendre à ce point un droit à l'avortement nullement attaqué, se dissimulerait dans l'ombre une pulsion destructrice de mort, en tous les cas morbide.

En tout état de cause, et a un second niveau d'analyse, cette rage de colère rouge à vouloir interdire et sanctionner une prétendue désinformation sur la toile - nullement avérée - dissimule à peine l'impuissance à combattre cette rébellion électronique irrésistible des gueux contre feu la toute-puissance de l’idéologie gauchisante.

On assiste en effet de part et d'autre de l'Atlantique, et davantage encore depuis l'élection de Donald Trump, à une attaque en règle par la pensée conforme: ici contre la fâcheuse sphère, là-bas contre des sites de désinformation répandant paraît-il une «post-vérité» qui seule pourrait expliquer la folie populiste.

L'idéologie à la domination désormais contestée devrait s'interroger, si toutefois elle était accessible au doute, sur les raisons de cette désaffection d'un public dubitatif et ambulant qui l'a fait migrer du papier à l'écran.
Je ne méconnais certes pas les dangers d'Internet, mais la désinformation idéologique ne l'aura pas attendu.
C'est dans un journal en papier que les lecteurs du Monde ont pu croire, à lire son correspondant au Cambodge, que la population de Phnom-Penh, en liesse, faisait un accueil fleuri à ses libérateurs Khmers rouges.

Deux jours plus tard, la même population était jetée sur les routes, avant le génocide communiste.
C'est sur un écran télévisé de la deuxième chaîne nationale de service public que son correspondant à Jérusalem, sans le moindre élément factuel, affirma péremptoirement qu'un petit palestinien avait été assassiné froidement dans les bras de son père par la soldatesque israélienne. Daniel Pearl, journaliste et juif, comme beaucoup d'autres depuis, a été assassiné par les islamistes sous la photo du petit «martyr» Mohamed Al Dura.

Hier encore, CNN, suivi allègrement par le Monde, affirmait que Donald Trump allait poursuivre son activité dans la télé-réalité pendant sa présidence dans le cadre de l'émission «Celebrity Apprentice». Patatras ! Dans un tweet joyeux qui a le don de mettre en rage les soi-disant sérieux, le président élu les démentait gaiement.
On remarquera dans ces trois désinformations choisies parmi des milliers, qu'elles ont en commun de faire plaisir à l'informateur désinformant.

Bien entendu, la désinformation la plus efficace réside moins dans les mensonges contrôlables que dans les informations soigneusement cachées.

Ainsi on remarquera qu'à l'exception de Valeurs Actuelles, aucun média national n'aura révélé que la présidente du Syndicat de la Magistrature venait d'être, par décision de la Cour de Cassation, définitivement renvoyée devant le tribunal correctionnel dans la célèbre affaire du mur des cons.

Il est vrai que pareille information n'était pas de nature à plonger la presse convenue dans un état profond d'exaltation.
En dépit de toutes ces désinformations et désinformations, il n'est pas à craindre que le pouvoir socialiste fulmine une nouvelle loi de répression.

Seul, le droit à la liberté de dire sa part de vérité idéologiquement contestée est légalement avorté.
Mais ils peuvent toujours vitupérer, tempêter, excommunier, menacer, sanctionner, le pouvoir encoléré et son idéologie imprimée sont aujourd'hui impuissants à impressionner le lecteur et demain l'électeur.

 

 

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 11:00

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http://www.lepoint.fr/chroniques/goldnadel-alep-l-encre-antipathique-07-12-2016-2088559_2.php
      
Publié le 7 décembre 2016

Alep: L'encre antipathique

Soutenir Assad est non seulement immoral, mais irréaliste, s'emporte l'avocat Gilles-William Goldnadel. Qui s'étonne du silence des médias français...

Autant l'écrire tout de suite, je ne me fais pas l'ombre d'une illusion. Dans ce conflit syrien inextricable et confus, ma parole est inaudible. Et le message écrit qui va suivre est pratiquement illisible, d'autant plus qu'il est écrit à l'encre antipathique. Mais je l'écris tout de même. Pour me regarder sans honte et prendre date.

Le message scellé dans une bouteille lancée dans la mer des sarcasmes est le suivant: La prétendue realpolitik – à la mode aujourd'hui, plus à droite qu'à gauche, et qui exige que même lorsque les enfants d'Alep, dans les hôpitaux et dans les écoles, expient les fautes qu'ils n'ont pas commises, il faille soutenir Assad – est non seulement immorale, mais irréaliste. Elle est évidemment totalement immorale, car trop c'est trop. Un régime dictatorial et sanguinaire qui cible délibérément et spécifiquement des écoles et des hôpitaux et envoie sur eux les gaz et des tonneaux incendiaires est insoutenable et inexcusable. Mais ceux qui me connaissent savent que je ne souhaite pas particulièrement être enterré au paradis des moralistes désincarnés et que je sais surtout l'enfer pavé des meilleures intentions.

Mais c'est sur le terrain du réel que j'entends contester l'expertise supposée des défenseurs de la realpolitik. Tout d'abord, à Alep, l'organisation État islamique et ses détestables suppôts sont pratiquement absents. Dans la ville martyre, c'est principalement le front al-Nosra qui combat Assad et ses supplétifs iraniens et hezbollahis. Entre ces deux rivaux islamistes radicaux utilisant la terreur – l'un sunnite, l'autre chiite –, notre cœur moral et notre cerveau raisonnant ne sauraient balancer d'une quelconque manière.

La Syrie est condamnée à tout jamais à être divisée

Je sais bien, et mes amis à droite me le serinent souvent, que le régime bassiste syrien est plus tolérant à l'égard de la minorité chrétienne que les islamistes de tout poil. Je leur donne raison et j'en sais quelque chose. Qu'on me permette l'anecdote : en ma qualité de président de France-Israël, j'avais invité au début de la guerre civile une sœur syrienne d'origine palestinienne venue dire à l'assemblée que quand bien même elle n'approuvait pas le régime cruel d'Assad, elle le préférait aux bourreaux islamistes qui détruisaient les églises et massacraient les fidèles à la croix. Qu'avais-je fait là ! Je ne sais plus quel folliculaire de La Règle du jeu, la revue de BHL, m'accusa ni plus ni moins d'être un suppôt du régime. Moi qui, pratiquement dans le désert depuis plus de 20 ans, reprochait à Hafez puis à son rejeton les massacres commis en masse à Hama ou ailleurs dans l'indifférence la plus totale d'un journal du soir qui à l'époque disait officiellement et le bien et le mal…

Mais pour autant, et alors même que quoi qu'il arrive désormais, la Syrie est condamnée à tout jamais à être divisée, est-on tenu de délivrer un chèque en blanc à la radicalité chiite, à l'Iran obscurantiste des mollahs et au Hezbollah terroriste ? Mes amis de droite me serinent encore que Churchill, pourtant anticommuniste de bon aloi, avait bien dû choisir Staline plutôt que Hitler. C'est vrai, et il avait eu raison. Sauf que.

Sauf que c'était après avoir vainement bataillé contre les pacifistes irréalistes britanniques qui avaient refusé de s'armer contre Hitler.

Sauf que Staline, au moment du choix churchillien déchirant, était infiniment moins puissant que Hitler. Dans notre présente espèce, l'État iranien et le Hezbollah sont infiniment plus puissants que le pseudo État islamique sur le recul et non présent à Alep.
Sauf que, après Stalingrad, et contrairement à la crédulité (déjà) de son allié américain, Churchill commençait à envisager Staline avec une méfiance redoublée.

Une offre politique entre le mauvais et le mauvais

À présent que l'organisation État islamique recule partout, il est temps de regarder avec une égale méfiance la radicalité islamiste chiite. Je l'ai dit, je me fais peu d'illusions sur mes chances d'être entendu. D'autant plus que l'on dira que mes sympathies pour Israël ne sont pas pour rien dans l'envoi de cette bouteille en Méditerranée.

Et on aura parfaitement raison. On voudra bien pardonner effectivement le fait que le régime de Téhéran – qui fait graver sur ses missiles balistiques, dans l'indifférence absolue du monde, « Israël doit être détruit » – ne m'inspire pas une sympathie ou une confiance illimitée. Mais lorsqu'on s'intéresse de près au drame du Proche-Orient, il n'est pas impossible d'avoir quelques intuitions d'ores et déjà confirmées pour partie.

Même s'il est antipathique et cruel de le faire observer : l'offre politique au sein du monde arabo-islamique est encore aujourd'hui entre le mauvais et le mauvais. Raison pour laquelle je n'ai jamais cru au printemps arabe, contrairement à tous les bons esprits qui m'accablaient alors et parlent avec la même assurance aujourd'hui.
Qu'il me soit enfin et surtout permis, avec une immense amertume, de constater que les défenseurs autoproclamés des droits de l'homme, ceux que j'appelle les islamo-gauchistes, qui étaient descendus en masse dans les rues de Paris pour crier leur haine d'Israël – quand ce n'était pas des juifs – sous le prétexte de la guerre à Gaza déclenchée par le Hamas, se sont mis aux abonnés absents durant toute la durée du grand massacre.

Deux poids, deux mesures

Que l'on s'en souvienne: Quand les Arabes sont massacrés par des Arabes, quand des musulmans sont massacrés par d'autres musulmans et non par des Occidentaux chrétiens ou juifs, ils ne méritent pas qu'on mette le nez dehors.

Il y a quatre ans, l'ensemble des journaux télévisés ouvraient systématiquement sur le conflit israélo-palestinien, il est vrai qu'il était plus sûr pour un journaliste d'être présent à Gaza – dès lors qu'il était docile à l'égard du Hamas – plutôt qu'à Alep. Dans ce cadre médiatique et intellectuel déjà bien psychologiquement balisé, les diplomates, les politiques, l'ONU n'entendaient précisément regarder le conflit que sous un angle prétendument purement moral… Et pourtant…, les missiles islamistes partaient de Gaza, les boucliers humains existaient déjà à Gaza, et les frappes chirurgicales israéliennes ne visaient pas les hôpitaux. Pour imparfaites, elles étaient autrement moins meurtrières et bouchères que celles du camp Assad et de ses alliés.

Je prends date, vous dis-je.

Il est des jours où la morale rejoint le droit et l'intérêt. Même un point de vue tristement et dramatiquement réaliste ne saurait nous faire abandonner ces enfants d'Alep qui sont aussi les nôtres.

 
Gilles-William Goldnadel est un avocat franco-israélien, président de l'Association France-Israël.

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 10:36

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http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/12/05/31001-20161205ARTFIG00188-hollande-cambadelis-et-royal-a-cuba-le-naufrage-du-parti-socialiste.php
 

 

Publié le 05/12/2016

Hollande, Cambadélis et Royal à Cuba: Le naufrage du Parti socialiste
 
FIGAROVOX/CHRONIQUE - Le patron du PS a remis en cause toute la stratégie du quinquennat en cours, estimant comme Martine Aubry que le président avait été «flou». Pour Gilles-William Goldnadel, François Hollande ne peut être tenu comme seul responsable de l'échec de la gauche.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

 
Rarement à court d'un argument baroque, Jean-Christophe Cambadélis nous a livré ce dimanche sur RTL son explication définitive sur l'impopularité de François Hollande.

Le premier secrétaire du Parti Socialiste va chercher loin derrière les causes de la déconvenue. Il se fait historien. Il rappelle que Martine Aubry qualifiait le programme de François Hollande de «flou».
«Elle avait raison et je n'ai pas compris que les gens qui étaient en accord avec elle (Arnaud Montebourg ndlr) ne l'aient pas soutenue au deuxième tour. Et à partir de là s'est composé un gouvernement où il y avait deux lignes, d'où les couacs, les cacophonies

Vous avez bien lu: M. Cambadélis remet ainsi en cause toute la stratégie développée par le président de la république au cours de son quinquennat. Peut-être aurait-il été bien inspiré de nous faire part de ses vues avant une déconvenue publique qu'il est autorisé de trouver tristement pitoyable, même lorsqu'on a le coeur à droite.

Et si on allait chercher des ingrédients moins indigestes dans le pot de déconfiture ?
Tous ne sont pas à placer uniquement au débit du président décevant, mais aussi à un système médiatique ultra-critique et systématiquement négativiste envers les politiques. A fortiori lorsqu'ils ne font pas le poids requis.

L'homme Hollande est ce qu'il est. Intelligent mais avant tout madré. Sympathique plutôt que gentil. Un physique trop normal, encore que quelquefois, révérence gardée, un peu ahuri sur la photographie.
Un caractère aussi à l'indécision trop anormale.

Les artistes pétitionnaires du JDD, contempteurs de ce qu'on a appelé le «Hollande bashing», l'avaient oublié, mais ce qui n'était pas qu'un phénomène imaginaire, avait succédé à un «Sarkozy bashing» peut-être encore plus extravagant dans lequel l'ancien chef d'État était accusé régulièrement de tenir entre ses mains la presse et d'être une manière de fasciste.
Le monde médiatique serait bien inspiré de penser avec humilité que la perte de crédibilité dont il souffre dans le public puise partie de ses raisons dans l'exaspération qu'il suscite devant son sentiment de supériorité morale à l'égard des autres acteurs de la société, en ce compris les politiciens.


À cet égard, il était quelque peu piquant de voir les deux journalistes auteurs d'un livre au titre assassin venir plaindre un peu tard l'homme un peu trop bavard. Lorsqu'on lit l'ouvrage qui porta l'estocade, le plus pathétique est d'y apprendre que le confident incontinent escomptait beaucoup de celui-ci.


Étrange époque transparente donc impudique, où les oreilles ont remplacé les murs, et où il n'existe plus de secret, ni d'alcôve, ni d'État.

Quoi qu'il en soit, et pour reprendre au passage la combien tardive critique Cambadélis sur le programme Hollande, il apparaissait clairement à ceux qui avaient des yeux que le candidat «normal» n'avait ni la taille de l'emploi ni les moyens de ses promesses.

Et pourtant il fut élu. Sans insulter le scrutin démocratique, il faut bien constater que souvent le citoyen électeur à une conduite sadomasochiste. Il adore chasser du lit royal le souverain qui l'occupe pour y mettre à sa place un nouvel amant plein de promesses auxquelles il feint de croire, pour avoir l'étrange plaisir quelques moments plus tard de se dire cornard.
En conséquence, et pour être en la circonstance, ni populiste, ni démagogue, la faute première d'avoir élu le premier des Français incombe à ces derniers.
Ayant donc plaidé quelque peu à décharge mais sans conviction, vient le réquisitoire sans excès de passion.

Laissons de côté un bilan économique et social assez calamiteux.
Le fiscalisme idéologique aura définitivement terrassé la compétitivité des entreprises avec ses conséquences sur l'emploi. Toutes les tentatives ultérieures d'y remédier en jouant petit bras auront été autant de cautères sur une jambe de bois.
Mais c'est évidemment l'affaire Léonarda qui aura définitivement cloué justement le tergiversant sur la croix.

Jamais autant que ce jour là les Français n'avaient pu constater, avec autant d'effroi, à la fois l'arrogance d'une certaine immigration illégale et forcée à l'égard de la France, et à la fois la faiblesse insigne et obséquieuse du représentant suprême de la gauche morale à l'égard de celle-ci.

Les Français avaient bien compris que c'était moins par charité mal ordonnée que par soumission à une idéologie que j'oserais nommer «altérophile», bien en cour à gauche, que le président s'était couché devant une jeune fille ingrate.

Le fait que dans ses confidences du soir à ses deux visiteurs, il ait décrit l'immigration massive comme invasive et insupportable et l'islam comme inquiétant constitue a posteriori une circonstance aggravante.

Un président ne devrait pas faire ça lorsqu'il dit tout bas comme le gros de son peuple.
M. Cambadélis devrait bien se faire à la réalité: qu'il n'aille pas chercher l'explication trop loin. Les gens de ce pays ne supportent plus sa gauche. Moins pour des raisons économiques il est vrai, que pour des raisons sociétales et culturelles.

La réaction dont le président définitivement sortant est la victime est profonde dans ses causes et épidermique et urticante dans ses effets.
Et ce n'est pas l'extravagant discours de Mme Royal, rendant un hommage appuyé au régime castriste qui mettra du baume sur la plaie irritée.

La semaine dernière, dans ces mêmes colonnes, je faisais un sort aux sorties du secrétaire général du PCF, de Mme Clémentine Autain, féministe radicale mais adoratrice des barbus de tous poils, et de Jean-Luc Mélenchon, conservateur officiel du souvenir de Maximilien Robespierre.

Que les marxistes invétérés célèbrent un dictateur du prolétariat fantasmé est une chose, que la numéro trois du gouvernement les imite idéologiquement servilement, en dit long sur l'état intellectuel et mental de la gauche morale.
En bonne antifasciste, elle aurait évidemment poussé le cri Hitler! si les autrichiens avaient choisi Hofer.

Voilà ce qui désormais irrite les Français.

François Hollande aura désormais tout le loisir d'expliquer cela à M. Cambadélis et à son ancienne compagne. À voix basse.

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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