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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 11:33

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/09/28/31002-20160928ARTFIG00277-le-pere-des-accords-d-oslo-etait-un-optimiste-obligatoire.php

Publié le 28/09/2016

Paraîtra aussi dans la version papier le 30/09/16

Le père des accords d'Oslo était un optimiste obligatoire

TRIBUNE - Shimon Pérès avait compris que l'État hébreu, pour survivre, devait être à la fois fort et juste, argumente le président de l'Association France-Israël Gilles William Goldnadel, avocat à la cour.


Tout a été dit, au cours de sa longue vie, sur Szymon Perski. Qu'au terme de celle-ci, le regard des hommes sur Shimon Pérès se fasse bienveillant, en dépit de la cruauté de l'histoire proche-orientale, valide cet optimisme obligatoire qui caractérisait le défunt Prix Nobel de la paix.

Tout a été dit sur lui, de nombreuses vérités, et beaucoup de sottises. L'homme était madré, on le disait roué. C'est qu'il connaissait bien la nature des hommes. Un optimiste obligatoire se décide sans doute un jour d'aimer les hommes, à commencer par lui, malgré leurs défauts et à cause d'eux. Il faut beaucoup d'optimisme, lorsqu'on est israélien et que l'on souhaite contribuer à la survie d'un pays menacé en permanence, pour accepter la médiocrité intellectuelle et morale de son personnel politique. On ne dira jamais assez combien le système de recrutement électoral de celui-ci - les législatives ont lieu à la proportionnelle intégrale - handicape les meilleurs esprits et favorise les apparatchiks sinueux.

Une alliance atomique avec la France socialiste

Shimon Pérès, Yitzhak Rabin, aujourd'hui Benyamin Nétanyahou ont accepté cette règle absurde. Le peuple israélien, désabusé et résigné, a fini par comprendre que le compromis nécessaire n'était pas forcément la compromission. Il n'en demeure pas moins que pendant des années, Shimon Pérès - qui n'aura jamais gagné aucune élection à la tête de son parti - fit figure de mal-aimé dans son propre pays, avant que d'être demain pleuré par son peuple en entier.

Shimon le madré ne s'était pas couvert de gloire sur les champs de bataille, mais avait contribué à la survie d'Israël en achetant des armes tchécoslovaques ou en nouant une alliance atomique avec la France socialiste et empathique à l'égard de l'État juif dont il était si proche dans les années 1950. Plus d'un demi-siècle plus tard, son peuple ne l'a pas oublié.

«Un faucon devenu colombe»

Les observateurs, et jusqu'à certains grands penseurs, décrivent souvent Shimon Pérès comme «un faucon devenu colombe». Notons tout d'abord que dans ce vocabulaire paradoxal d'ornithologues, le faucon est une espèce qui ne planerait que dans le ciel de Tel-Aviv et jamais au-dessus de Gaza, de Ramallah ou de Téhéran…

Plus profondément, le mérite principal de Pérès, complexe et pascalien, fut d'avoir compris qu'Israël, pour survivre, était condamné à être fort et juste. Il fut les deux. Et arriva à convaincre son rival plus populaire, Rabin, de tenter la paix avec le peuple Arabe de Palestine. Il faut l'avoir entendu en privé désespérer des atermoiements et des reculades de Yasser Arafat pour mesurer l'abnégation du personnage.

C'est vrai que les Israéliens, dont la majorité avait voulu croire à Oslo, lui ont tenu d'abord méchante rancune de leur déception. Mais ils n'ont pas été les seuls à se montrer injustes envers les deux parents de cet accord manqué. Qu'il me soit permis de rappeler un article qu'il m'a fallu commettre à l'époque dans ces mêmes colonnes, intitulé «SOS Rabin», et qui aurait pu tout aussi bien s'appeler «SOS Pérès ».

Au beau milieu des pourparlers entre les protagonistes d'alors, le Hamas jetait ses bombes à Tel-Aviv comme à Jérusalem. Arafat condamnait du bout des lèvres ces attentats mais en profitait pour exiger plus de concessions. Il arrêtait le soir des terroristes islamistes pour les relâcher le lendemain matin. Pérès et Rabin avaient donc décidé de «négocier comme s'il n'y avait pas de terrorisme et de combattre le terrorisme comme s'il n'y avait pas de négociations».

Pas épargné par la sottise

À l'époque, je suppliai pour ma part les observateurs, comme toujours si sévères envers Israël lorsqu'il recourt à la force militaire, de faire montre de plus d'esprit critique envers les Palestiniens et de prendre en compte la nécessité où se trouvaient Pérès et Rabin, dans un cadre démocratique exigeant, de convaincre le peuple israélien désespéré de la nécessité de poursuivre le processus engagé.

Rabin a été enterré sous des tonnes de fleurs. Le 30 septembre, Shimon Pérès sera couvert d'éloges. Je n'ai pas oublié les crachats qu'ils ont reçus en Occident et de leur vivant lorsqu'ils ont essayé de lutter contre la terreur en même temps que pour la paix.

L'ancien président de l'État d'Israël est mort compris et respecté. Il n'aura pourtant pas été épargné par la méchanceté et la sottise des hommes. Le plus grand hommage posthume qu'on puisse lui rendre est de juger le pays qu'il aura si bien servi et qu'aujourd'hui l'on maltraite, avec la même équité. L'histoire est souvent injuste et cruelle. Mais comme Shimon Pérès, condamnons-nous à l'optimisme obligatoire.

Published by GOLDNADEL Gilles William
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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 16:29

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Publié le 26/09/2016

L'antiracisme face au réel: La grande illusion


FIGAROVOX/CHRONIQUE - Alain Juppé a estimé que le débat sur l'islam menait à une «hystérie dispropotionnée». Pour Gilles-William Goldnadel, les faits sont têtus devant un islamisme beaucoup plus répandu qu'on ne le disait.
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


M. Juppé a bien de la chance. Il est calme et détendu. Rien d'un petit nerveux qui ne jure désormais que par Toutatis. M. Juppé semble croire en l'avenir d'une France multiculturelle dont les habitants hybrides pratiqueraient le zen et le lâcher prise.

M. Juppé, assis en lotus, considère que le débat français à propos de l'islam serait «d'une hystérie disproportionnée» (Libération).

Bien qu'adepte de la relaxation transcendantale, je ne suis pas sûr de vouloir l'appliquer à la situation française et occidentale.

Je trouve les Français, s'agissant de l'islam et des islamiques, remarquablement calmes et pondérés. En dépit des massacres à répétition, on ne déplore aucune grave exaction.

En dépit encore, et pour reprendre l'expression de Malek Boutih, d'un «islamo-gangstérisme» en lien insécable avec le terrorisme, le racisme anti arabo-musulman n'a en rien progressé.

Faut-il que les Français soient immunisés contre ce fléau qu'est la généralisation abusive pour qu'il en soit ainsi.
Mais ici s'arrête la bienveillance nécessaire et commence l'arrivée sur le territoire accidenté du réel qu'une idéologie virtuelle aura masqué durant des années d'aveuglement obligatoire.

Cette idéologie ordonnait de croire, sous peine de culpabilité d'amalgamie, que les islamistes n'étaient qu'une poignée en rien emblématique de l'islam de France. Ceux qui, comme l'auteur de ces lignes, affirmaient au contraire qu'ils représentaient une minorité loin d'être négligeable croisèrent pendant longtemps dans la rue des prêtres antiracistes qui se signaient à leur rencontre.

Les chiffres livrés la semaine dernière par l'institut Montaigne et qui confirment ceux déjà donnés par le Pew Institute au plan mondial, montrent, sans surprise pour ceux qui ont des yeux, qu'entre un quart et un tiers de la population musulmane de France peuvent être considérés comme des intégristes, dès lors où ils font passer la charia avant la loi du pays. Concernant les jeunes de moins de 25 ans les chiffres montrent une radicalité encore plus importante.

Sans verser dans une hystérie disproportionnée, les Français ont le droit et même l'ardente obligation morale et civique d'être alarmés.

Un grand contempteur des massacres de 1793, Burke, reprochait aux philosophes révolutionnaires français leur mépris du réel. Cette tradition fatale a été reprise par nos petits esprits médiatiques désincarnés. Ils ont enivré le peuple français d'une idéologie euphorisante qui leur interdisait de faire des calculs d'apothicaire. Les Français dessaoulés, qui ne comptaient pour rien, se sont mis à compter. Dix mille, ce n'est pas la même chose que cent mille ou un million ou bientôt dix millions. La gueule vaut toujours mieux que la langue du même bois pour savoir compter les intégristes.

M. Juppé a bien de la chance. En regardant le reportage de France 2 de ce dimanche sur l'inquiétude de la communauté juive de France, j'avais du mal à partager sa placidité tranquille.

Une classe d'un collège de Créteil. On leur passe des images de la Shoah. On interroge ensuite les élèves. Les jeunes musulmans expliquent seulement qu'on en fait trop sur la Shoah, que les juifs ont l'argent et le pouvoir. Un point c'est tout. Tous reconnaissent tranquillement qu'ils ne sont pas Charlie et l'un d'eux que ce fut une faute d'avoir caricaturé le prophète. Sondage confirmé.

Quant aux professeurs, deux gentilles enseignantes censées remettre leurs élèves sur le chemin de la république, et certainement bien intentionnées, elles expliquent en souriant que l'antisémitisme n'a pas progressé et qu'il s'agit simplement du phénomène d'augmentation du «fait religieux»…

Le «fait religieux», voilà maintenant le nouvel euphémisme à la mode pour décrire sans hystérie la progression irrésistible de l'islam militant à l'école ou dans l'entreprise.
Si les Français deviennent «réactionnaires», c'est certainement en réaction de ce que des responsables écervelés leur infligent sans même vouloir leur nuire.

Regardez donc la dernière campagne contre la fraude aux allocations familiales ou dans les transports publics, organisée par l'État, la SNCF et la RATP.

Voici des institutions qui ordinairement et obsessionnellement prônent la diversité chromatique dans leur campagne publicitaire dans un esprit éminemment benettonien.

Curieusement, les photographies des acteurs censés incarner les fraudeurs et les resquilleurs représentent tous des hommes et des femmes issus de la France d'avant: Jennifer, une belle blonde en mocassins plats, Paul un retraité cravaté très certainement hétérosexuel de plus de 50 ans, quelques lycéens bien lisses et bien propres sur eux. Un esprit chagrin sans être forcément hystérique pourrait penser qu'il a pu arriver qu'un fraudeur ou un resquilleur ne leur ressemble pas obligatoirement.

Voilà ce qui arrive, lorsqu'un improbable antiracisme vétilleux a plombé les consciences et davantage encore les inconscients depuis plus de quatre décennies.

Il faut dire que le mauvais exemple vient de loin et tourne au ridicule: aux États-Unis - ce pays où certains États imposent des toilettes pour sexe variable ou indéterminé, voici, selon le New York Times, le règlement imposé pour les débats électoraux par la CPD (Commission sur les débats présidentiels):
«La CPD s'est efforcée de constituer un panel plus diversifié que lors des précédentes élections: outre Lester Holt (journaliste présentateur) qui représente la communauté afro-américaine, il comprend deux femmes dont l'une phillipo-américaine et un représentant de la communauté homosexuelle» (Le Monde, Pierre Bouvier 23 septembre)
On ne sait qui représente la communauté hétérosexuelle, l'église évangélique ou ceux qui ne se définissent que par leur liberté de penser indépendamment de leur race ou de leur inclination se.xuelle.

Il devrait être permis de se sentir aliéné par une idéologie démente sans être promis à un asile de fous. On peut vouloir croire aussi dans la tradition historique sans être forcément hystérique.

 

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 10:01

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http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/09/19/31001-20160919ARTFIG00302-accueil-des-migrants-pour-en-finir-avec-les-donneurs-de-lecons.php

Publié le 19/09/2016

Accueil des migrants: Pour en finir avec les donneurs de leçons

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Plusieurs responsables de gauche ont réagi au refus de certains à droite d'une répartition des migrants de Calais sur l'ensemble du territoire. Gilles-William Goldnadel dénoncent les sermons sévères de l'antiracisme.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


À en croire Sylvie Kaufmann (Le Monde de ce lundi), ordinairement mieux inspirée, la droite, M. Wauquiez en tête, devrait «rougir» de rechigner à installer sans mot dire les migrants de Calais là où nos autorités voudraient le faire sans consulter les populations concernées.

Mme Cosse, notre ministre du Logement, administre la même leçon de morale au même M. Wauquiez dans une lettre très ouverte publiée par le Journal du Dimanche.

Passons sur le fait que l'intéressée ne soit pas forcément la plus habilitée pour donner dans l'éthique, elle, dont même son parti ne veut plus, pour avoir troqué sa fidélité contre un maroquin en cuir peu écologique.

Il est vrai que la gauche morale a édicté comme principe religieux que le sermon sévère rachetait les turpitudes pour pas cher.

Glissons sur ce détail de vouloir faire passer les clandestins officiels de Calais forcément pour des réfugiés. Oublions le fait que ceux-ci ne sont pas plus intéressés à s'installer à Castelnaudary ou à Pessac que les populations non consultées et superbement ignorées. Occultons le signal pour les candidats à l'immigration sans autorisation. Et surtout, abstenons-nous de persifler en constatant que nos édiles se sont abstenus de faire appel au volontariat, célébré hier par un monde artistique et médiatique aujourd'hui plus discret, ce dernier argument étant perçu comme d'autant plus vulgaire et assommant qu'il est embarrassant.

Non, ce qui nous intéresse plus profondément dans le présent billet, c'est de poser la question de savoir, précisément, qui devrait rougir de la catastrophe migratoire et sécuritaire.

À voir notre gauche morale et multiculturelle reprendre quelque couleur dès lors que les martyrs dorment depuis peu dans le noir et que la crise migratoire est devenue tellement chronique qu'elle s'est banalisée, il est indispensable de rappeler régulièrement quelques dures vérités.

Les Français n'ont pas à rougir de leur manque d'hospitalité. Ils ont accueilli au contraire depuis trente ans une population trop nombreuse et diverse au regard des capacités d'intégration de leur pays.

Bien plus grave, de très nombreux migrants se sont imposés sans y être invités. Phénomène inédit dans l'Histoire de l'immigration, célébrée extatiquement pour des décérébrés. Phénomène encore plus exceptionnel dans l'Histoire de la France, ceux qui se sont imposés ne sont plus exposés à l'expulsion, définition même de l'invasion.

Je ne me lasse pas de l'aveu de l'adjoint immigrationniste au logement de la maire de Paris, à une question que je lui posais sur RMC, M. Brossat me concéda qu'il était hors de question de raccompagner les clandestins non éligibles au droit d'asile…

Qui donc doit rougir de ce que les réfugiés qui méritent le plus l'accueil des Français sont les premiers à pâtir du dévoiement du devoir d'hospitalité ?

Les Français n'ont pas à rougir de leur crainte. Ils savent que d'autres pays mieux placés par la langue, la religion, l'ethnie, la culture, la géographie, l'économie se refusent - pour des raisons de sécurité - à remplir leurs obligations fraternelles. Curieusement, les donneurs de leçons morales sont plein de compréhension pour le Qatar et l'Arabie Saoudite .

Il est bien entendu que la face de M. Wauquiez et de ses amis devrait rougir en raison d'un racisme et d'une xénophobie implicitement sous-entendus. Leur désir du respect de l'État de droit le plus élémentaire ne vient pas à l'esprit de ceux qui le célèbrent avec des mots creux avant que de le vider de toute consistance. La sécurité, l'identité, la cohésion nationale sont toujours pour eux des concepts sulfureux.

Qui doit rougir de trente ans de faux antiracisme et de vrai racialisme obsessionnel ? Contrairement à ce que disait mon cher Alain Finkielkraut dimanche encore (l'esprit de l'escalier RCJ), le combat intellectuel n'oppose pas le camp de l'identité tempérée au camp de l'universalisme débridé. S'il s'agissait de cela, l'universalisme serait déjà plus défendable. Car l'universalisme de la gauche débridée n'est qu'un faux semblant. Sous couvert de ce que les races n'existeraient pas, il a exalté les souffrances de celles-là et exhalé les turpitudes de celle-ci. Souffrance noire, racisme blanc. Black Matters versus petits blancs. Et tant pis si c'est plus compliqué. Fin du daltonisme: L'antiracisme obsessif aura au contraire réussi à rappeler au blanc sa couleur et ses propres douleurs. Et vive la guerre des races.

Qui doit rougir d'avoir redonné des couleurs vives à la vive douleur ?

Bien entendu, ce cauchemar du monde réel n'aurait été possible sans la contribution irrésistible du monde virtuel prétendument antiraciste.

L'exemple le plus récent nous est offert par la dernière création de notre service public audiovisuel à la française, la fameuse France Info TV créée de par la volonté de la gauche médiatique en majesté présidentielle.
À peine activée, la voilà déjà brocardée pour une démonstration de son activisme.

C'est une éminence habituellement progressiste, Françoise Laborde, ancienne journaliste du service public et du CSA qui a lancé l'alerte, suivie par des milliers d'internautes.

Une journaliste de la chaîne nouvelle a en effet trouvé le moyen de présenter, de manière «spontanée», le dialogue entre une dame dissimulée derrière une burkah et une française acculturée. Les deux femmes censées, par un hasard cosmique, s'être rencontrées à l'instant même de leur dialogue filmé et enregistré, sur un banc de la malheureuse ville de Nice.

La dame cachée derrière son tissu prohibé (mais qui se soucie de l'État de droit sur le service public ?) administre doctement une leçon de démocratie citoyenne à sa voisine, mécréante avouée, qui l'écoute religieusement.
Renseignements pris, la donneuse de leçons est une islamiste militante notoire, et la journaliste avait pris lien avec ce philanthrope qui prend en charge les contraventions des dames emburkannées.

Pour faire bonne mesure, et au rythme des protestations, la chaîne nouvelle a modifié la présentation de cette leçon de culture citoyenne sur son site: Après avoir annoncé extatiquement «quand deux cultures se rencontrent sur un lieu de deuil, le dialogue s'installe, avec la compréhension», elle a évolué subrepticement vers un plus réservé: «quand deux femmes se rencontrent sur un lieu de deuil, le dialogue s'installe, malgré leurs différences…»
Mais soyons juste et n'accablons pas une journaliste du service public audiovisuel qui n'a fait que son devoir bien compris. Après tout Mme Ernotte, la maman de France Info, souhaite moins de blancs à la télévision et M. Mathieu Gallet, président de Radio France, vantait dans une tribune du Monde de ce mois «un rempart contre l'extrémisme»: «Est-ce le moment d'appeler à la disparition des seuls médias attachés à tisser du lien social autour de références communes ? N'est-il pas urgent au contraire de renforcer le service public, acteur majeur du vivre ensemble ?» (L'Express, 13 septembre).

Notre jeune préposée n'a donc fait que tisser du lien social entre deux femmes citoyennes et respecter très honnêtement le cahier des charges de France Info écrit en lettres sympathiques: imposer, fusse malhonnêtement, le multiculturalisme béat à la France d'en bas.

On rougirait presque de vouloir s'y opposer.

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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 16:21

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Publié le 12/09/2016

Bacri contre Zemmour ou l'éternel retour de l'«antiracisme» et du politiquement correct

FIGAROVOX/CHRONIQUE - L'acteur Jean-Pierre Bacri a vivement critiqué Eric Zemmour, suggérant que celui-ci relevait de la psychiatrie. Pour Gilles-William Goldnadel, l'antiracisme et le politiquement correct se raidissent à mesure que leur pouvoir s'amenuise.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


L'antiracisme de pacotille à géométrie variable et le politiquement correct, son lieutenant de police, se raidissent au fur et à mesure que leur pouvoir se rétrécit.

Le New York Times a publié la semaine dernière de nombreux témoignages sollicités, émanant de femmes musulmanes de France qui laisseraient à penser que notre pays sombre dans le racisme le plus abject. C'est ainsi que l'une d'elles considère que l'on est plus libre au Maroc… où elle aurait préféré repartir. Une autre décrit un régime d'apartheid. Une troisième craint pour bientôt que l'on épingle sur la poitrine des musulmans une petite lune jaune… Très peu décrivent une autre «réalité» sur les centaines de témoignages livrés en pâture au public américain.

À dire le vrai, le journal new-yorkais a une longue tradition de conformisme intellectuel derrière lui. Pendant la deuxième guerre mondiale, son patron de l'époque, Arthur Sulzberger Jr, craignait qu'on lui reproche un improbable singularisme juif, impopulaire dans le cadre de la guerre difficilement décidée contre Hitler. Raison pourquoi l'on respecta jusqu'au bout sa stricte consigne de faire silence sur la Shoah (Laura Leaf «C'est écrit en page 7»). Les magnats de Hollywood ne firent pas autrement.
La peur mondaine a changé de peau, mais la tragique docilité au conformisme des libéraux américains, indifférente aux faits, est bien la même.

Avec ce courage intellectuel et politique qui le singularise dangereusement dans l'hémisphère gauche, Manuel Valls a dit ce qu'il fallait dire sur la partialité effarante de l'article du journal américain.

Mal lui en a pris de vouloir sauver l'honneur français, et les «Décodeurs» du Monde, relais du N Y. Times de l'autre côté de l'océan, l'ont sermonné vertement. On ne critique pas le New York Times quand on est correct, politiquement s'entend. Dans leur zèle, les journalistes qui se voudraient purement factuels, se permettent même de mettre en doute le fait que lors du fameux camp de décolonisation organisé par les amis des Indigènes de la République, les blancs auraient été interdits. Tout au plus, concèdent-ils, seules les victimes habituelles du racisme étaient-elles conviées. Lorsque l'on sait que nos militants développent la thématique centrale que le racisme émane seulement des blancs et que ces derniers ne peuvent donc en être les victimes, on arrive à la conclusion purement factuelle que l'on peut décoder à plein tube.

La lecture de Paris-Match de cette semaine est également édifiante.

Page 12: Interview de l'excellent Jean-Pierre Bacri: «Ce sont surtout les vedettes, les philosophes, les chroniqueurs qui ont la science infuse, contrairement aux autres qui n'ont rien compris».
Question de Paris-Match: «Vous pensez à un Éric Zemmour, par exemple ?»
Réponse: «Ce n'est même pas un intellectuel, c'est un vil propagandiste d'extrême droite, un gars frustré. Je ne le considère même pas comme un pédant, parce que lui, c'est plutôt des soins qu'il lui faut.»
Libre à Monsieur Bacri de ne pas porter dans son cœur Monsieur Zemmour, et de le considérer comme un pseudo intellectuel, à la manière subtile d'une certaine ministre de l'Éducation nationale.
De là à préconiser la méthode psychiatrique soviétique…
Page 22: interview de Laurent Ruquier et de Vanessa Burgraff (qui a fait sa rentrée dans l'émission «On n'est pas couché» du premier).
Question de Paris-Match: «Vanessa, vous avez été fortement critiquée sur Twitter après votre première émission».
Laurent Ruquier: «Alors là, je vous interromps tout de suite ! Vous n'allez pas faire partie des cons qui reprennent Twitter, cette fachosphère. C'est tellement débile. Vous n'êtes pas assez grands pour juger par vous-même ? Dites ce que vous pensez, ne vous basez pas sur trois Tweets de connards, s'il vous plaît. (…) Vous, les médias vous êtes les premiers responsables. Vous saviez peser le pour et le contre, stimuler les débats, vous faisiez réfléchir les Français. Maintenant ce sont 100 connards sur un réseau social qui vous dictent votre façon de penser. Ça rappelle le courrier des lecteurs, ça n'a aucune valeur. Il faut que les journalistes reprennent le pouvoir».

Intéressant et pathétique, ce cri spontané de l'aristocrate qui sent le pouvoir absolu lui échapper.
Certes, les réseaux sociaux, à commencer par celui du moineau bleu, charrient le meilleur et le pire, et l'auteur de ces lignes n'est pas le plus mal placé pour en témoigner.

Il est certains gazouillis qui sentent le vomi.
Moi ce n'est pas de cette mystérieuse «fachosphère» dont je pourrais principalement me plaindre, mais plutôt, pour emprunter la terminologie historique précitée, d'une «bolchosphère» ou d'une sphère islamiste qui semblent beaucoup moins affecter Laurent le magnifique.

Sur la toile bleutée, cet été, j'ai reçu de nombreuses fientes dont on peut résumer la structure délicate et cohérente par: «espèce de sale juif raciste» ou encore: «sale nazi sioniste, dommage que Hitler n'ait pas fini le boulot…»
Ce n'est pas pour autant que je vais demander la fermeture d'un réseau où je trouve de nombreux articles intéressants et des points de vue de particuliers dont j'avoue ne pas comprendre, à premier examen, pourquoi ils seraient moins légitimes que celui de Monsieur Laurent Ruquier.

De même, je confesse ne pas très bien saisir pour quelle raison le lecteur d'un journal serait, a priori, décrété moins respectable - et en l'espèce plus méprisable - qu'un collaborateur choisi par Monsieur Ruquier sur des critères que j'ignore.
À ce stade en effet, pourrais-je savoir de quel magistère intellectuel ou moral notre ponte médiatique peut se targuer pour pondre des édits aussi définitifs ?

Ses quelques émissions qu'il m'a été donné de regarder ne m'ont frappé violemment ni par leur hauteur de vue, ni par leur largeur d'esprit, ni par leur grande modération.

Il m'est arrivé, dans ces colonnes, de dire ce que je pensais des interventions de Monsieur Caron. J'ai encore à l'esprit la manière méprisante avec laquelle il a traité Véronique Genest. Je n'ai pas oublié l'accueil qu'il a fait à Alexandre Arcady, venu présenter son film sur l'assassinat d'Ilan Halimi, en lui objectant niaisement les morts de Gaza.

J'ai déjà lu des tweets plus subtils que cela.

Et s'agissant du respect des journalistes, c'est selon. Je me souviens comment mon client Clément Weill-Raynal, chroniqueur judiciaire à FR3, a été cloué au pilori, en son absence, pour avoir osé révéler l'existence du mur des cons du Syndicat de la Magistrature.

Sur le fond, quand on dispose, pour des raisons inconnues et en tout état de cause arbitraires, du privilège aristocratique de faire la pluie et le beau temps sur un service public de l'audiovisuel qui ne se caractérise pas par le pluralisme intégral, il est mieux d'éviter de cracher sur les gueux.

Et touchant toujours au pluralisme démocratique inhérent au cahier des charges de la chaîne de service public, j'aimerais savoir au nom de quel droit divin et personnel, l'intéressé pourrait répugner à inviter une dame bleue marine tout en déroulant, samedi soir encore, un tapis extrêmement rouge sous les pieds de Monsieur Mélenchon.

Que cela plaise ou non aux seigneurs médiatiques, l'occultation de l'information, des critiques, ou de la pluralité des points de vue est devenue plus malaisée. Et il serait plus seyant de le comprendre de meilleure grâce.

On ne peut plus écraser les petites araignées sur la toile, même avec des escarpins vernis.

Le politiquement correct se raidit. Comme un corps avant la mort.

Published by GOLDNADEL Gilles William
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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 17:06

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http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/09/05/31003-20160905ARTFIG00179-nos-femmes-bruno-lemaire-pris-en-flagrant-delire-de-sexisme.php

Publié le 05/09/2016

«Nos femmes» : Bruno Le Maire pris en flagrant délire de sexisme

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Le compte twitter d'une chaîne de télévision a suggéré que Bruno Le Maire avait employé l'expression «Nos femmes», déclenchant un tollé politico-médiatique. Pour Gilles-William Goldnadel, on franchit les limites du ridicule.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Ouf ! On respire. Il ne l'a pas dit. Il n'a pas, dieu merci, prononcé les trois lettres diaboliques. Le possessif ignoble et dégradant, tristement symptomatique d'un machisme rampant. Bruno Le Maire a recouvré son honneur perdu pendant 24 heures. Il n'a pas dit «nos» femmes. Il avait dit «les» femmes. Alleluiah ! Aussitôt dame Rossignol - je n'ai pas dit ma dame - annonçait au monde cette «bonne nouvelle». Celle qui s'était précipitée sur Twitter pour tancer le jeune mâle blanc de la droite point assez complexée n'aura toutefois pas été jusqu'aux excuses. Une victime potentielle d'un délinquant en puissance ne s'excuse pas. Idem pour dame Duflot qui a courageusement effacé ses sévères remontrances. Pascale Boistard, notre (peux-je ?) ancienne secrétaire d'État aux droits des femmes, qui aura marqué de son empreinte l'interdiction faite aux hommes d'écarter les jambes dans le métro ou de regarder les femmes de manière trop appuyée (lire ma précédente chronique relative à la loi contre le harcèlement dans les transports) a, elle aussi, detweeté en douce.

Pour aggraver définitivement mon cas auprès de nos féministes gauchisantes et moralisantes, plus promptes à sermonner le glabre Le Maire qu'un confectionneur barbu de burkini, j'écrirai que quand bien même notre député aurait dit ce qu'il n'a pas dit, qu'il n'y aurait pas de quoi en faire tout ce tapage d'enfer.

Eh oui, les enfants de France sont nos enfants, les soldats de France, nos soldats, les paysans, nos paysans, et les hommes de France sont nos hommes. Ce «nos» est affectueux et non accaparant. Il signifie seulement que notre patrie est aussi notre famille. Je comprends que cela aie pu échapper à Madame Duflot, pour laquelle ces notions de nation et d'appartenance restent du plus grand flou.

Quand bien même l'aurait-il dit, que nos dames patronnesses aux chapeaux verts ou rouges, et leurs gentils compagnons de route façon Denis Baupin, n'ont plus suffisamment de crédit moral ou intellectuel pour discréditer un homme de bien pour deux innocentes consonnes serrant d'un peu près une voyelle gironde.

Si j'avais été Bruno Le Maire, pris à partie à si mauvais escient, j'aurais eu plaisir à répliquer: «Il se trouve que je ne l'ai pas dit, mais quand bien même aurais-je prononcé ce «nos» qui vous choque si sottement, que je vous emmerde démocratiquement».
Ce qui caractérise aujourd'hui le nouvel état de l'opinion, c'est sa lassitude pour le petit jeu indigent des petites phrases indignes, pour le concours d'élégance organisé par les hypocrites débraillés, par l'obligation de passer sous les fourches caudines de la sottise matraquée.

Sans être obligé de tomber dans la caricature d'un Donald Trump, celui qui aura définitivement compris la révolution culturelle en train de s'accomplir, gagnera les cœurs et les esprits nouveaux.

Il n'en demeure pas moins que durant 24 heures, le «buzz», comme on dit, aura été fait pour trois lettres. Voilà qui en dit long sur la capacité du politiquement correct à imprimer encore sa marque infamante dans le monde virtuel.


Durant la même semaine, un restaurateur de Nanterre aura connu une peu enviable célébrité nationale pour avoir refusé, assurément à tort, de servir deux femmes voilées. Tollé national. Le taulier, menacé et apeuré, fait vite repentance. Dame Rossignol, qui a décidément le gazouillis facile, livre rageusement le nom de l'établissement, et ce n'est que de peu qu'elle n'en fournisse l'adresse. La guinguette a depuis fermé ses volets, et le tenancier fautif renvoyé prestement en correctionnelle.

Dans le même temps, un exalté de plus nommé Abderramane pénétrait dans un commissariat de Toulouse et poignardait un policier représentant, selon lui, la France honnie. L'individu était déjà connu pour ses méfaits, dont, notamment, celui d'avoir lancé un cocktail Molotov sur une synagogue. Malgré tout cela, les autorités avaient décidé de le laisser à l'air libre. Les médias n'ont pas fait montre d'une curiosité déplacée.

Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU a morigéné la France pour l'attitude de certains de ses maires dans l'affaire du burkini. Celui-ci y a vu une stigmatisation des musulmans.

Pas l'islamologue Malek Chebel qui, dans le Figaro Magazine, y voit une provocation de l'islam politique radical.
En revanche, l'aréopage international n'a toujours pas condamné la Mauritanie pour avoir emprisonné des opposants à l'esclavagisme des Noirs qui se poursuit impunément dans ce pays.

La presse française et les organisations antiracistes, qui se passionnent ordinairement pour la commémoration de la traite atlantique, sont restées elles aussi fort discrètes à l'égard de ce scandale du temps présent.
Un esprit chagrin pourrait se plaindre d'une hiérarchisation idéologique de l'information qui ressemble, à s'y tromper, à de la désinformation.

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 14:52

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Le camarade Mélenchon converti à l'islamo-gauchisme

Publié le 29/08/2016

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Mélenchon a comparé les musulmans aux protestants et aux juifs persécutés tandis qu'Alain Juppé évoque l'identité heureuse du pays. Ces deux positions, quoique différentes, laissent perplexe Gilles-William Goldnadel.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


Au risque de lasser, d'année en année et d'article en article, j'ai soutenu que l'idéologie islamo-gauchisante rendait fou ou stupide ses tenants et tétanisait ou égarait ses victimes. La semaine écoulée n'a pas, hélas, cruellement invalidé mes observations.
Prenez Jean-Luc Mélenchon, on pouvait tout dire de lui, et je ne m'en suis pas privé, sauf que c'est un imbécile. Ce que je n'ai jamais dit ou pensé.

Il m'est arrivé de me laisser aller à moquer ce révolutionnaire d'opérette, gardien du temple à la manière du savetier Simon, et se prenant pour l'héritier testamentaire de Maximilien Robespierre.

J'ai pu, par mauvais temps, lui demander si le camarade Chavez, qu'il affectionnait tant, ne lui manquait pas de temps en temps.
Je me suis surpris parfois à sourire lorsque j'ai vu ce sénateur installé s'auto-décerner le titre d'insoumis institutionnel.
Mais depuis le tweet que l'intéressé a publié le 25 août à 7h46, mon jugement sur le jugement du lider maximo du front de gauche est ébranlé.

Car écoutez bien ce gazouillis inouï en pleine affaire du Burkini: «Dans notre pays, on a persécuté les juifs, puis les protestants et aujourd'hui les musulmans. La solution, c'est la laïcité».

C'est étrange à avouer, mais après le massacre d'enfants juifs à Toulouse, après le Bataclan, après l'Hypercacher, après Nice, après Rouen et autres drames sanglants, le martyre musulman ne m'avait pas frappé.

Je veux bien, et j'exige même, que les musulmans ne soient pas accablés dans leur globalité. Mais que par une plenelisation absurde des esprits, on assassine la vérité, n'est acceptable ni moralement ni politiquement.
La vérité est simple à énoncer: Les musulmans ne sont pas les victimes désignées et c'est dans leurs rangs que se recrutent les bourreaux. Établir la moindre équivalence entre la Saint-Barthélemy et la rafle du Vel' d'Hiv' d'une part, et la verbalisation d'une femme au Burkini d'autre part, mérite le prix Plenel pour cette nouvelle théorie de la relativité.

Passons sur l'offense faite aux vraies victimes, ils en ont, dans la folie du temps, la triste habitude. Mais cette saillie absurde est de nature, en favorisant la dialectique du ressentiment, à accroître les détestations entre communautés. Car rien n'est plus facile à persuader quelqu'un, même contre l'évidence aveuglante, qu'il est une victime qui mérite vengeance.
Cette sorte de coquecigrue est également susceptible de dissuader la communauté musulmane organisée à faire enfin cet examen critique qu'elle renâcle toujours à entreprendre, à raison principalement de ses divisions. Cette mauvaise fadaise ne pouvait pas lui donner un meilleur prétexte.

Depuis le 25 août, 7h47, l'intelligence de Monsieur Mélenchon me pose donc problème.
Je ne me permettrai certainement pas de soumettre à la même question le maire de Bordeaux, dont le brio n'est jamais en défaut, mais son attitude me laisse tout de même perplexe.

J'aimerais d'abord comprendre ce qui vaut à Alain Juppé cette franche assurance satisfaite, lorsqu'il évoque l'identité française et le regroupement familial. Après tout, il est l'héritier le plus fidèle et le plus légitime de Jacques Chirac qui fut Premier ministre lorsque le regroupement familial fut décidé, pour le plus grand plaisir des rois du BTP.
Pas question ici d'islamo-gauchisme mais plutôt d'inconscience d'un capitalisme sans âme, dont les tenants, disait Lénine, achèteraient la corde pour se pendre, pour peu que ce fut une bonne affaire.

J'ai toujours pensé que la droite républicaine aurait dû faire l'inventaire du chiraquisme. Celui-ci viendra bien un jour.
Mais du passé cruel faisons à présent table rase: Alain Juppé considère que la proposition émise par Nicolas Sarkozy de suspendre le regroupement familial serait attentatoire à l'humanité…

C'est là où la philosophie morale et politique du girondin m'échappe.
La France connaît actuellement une sorte de révolution culturelle des esprits dont Alain Juppé, qui affecte le calme et la sérénité, ne semble pas conscient: Pour avoir vu leur identité et leur sécurité gravement attaquées, et partant leur dignité, les Français ne supportent plus l'emprise de l'islam politique et la poursuite de l'immigration massive et imposée. La tragi-comédie du burkini n'en constitue qu'un des symptômes irritants les plus superficiels.

Dans ce contexte épidermique mais aussi existentiel, après qu'il est acquis que c'est bien le regroupement familial qui est responsable de l'impossibilité d'endiguer un phénomène migratoire déstructurant, l'invocation placide de la notion d'humanité au seul bénéfice de l'Autre, n'est-elle pas le signe que les esprits les mieux structurés peuvent eux aussi être frappés ?
Autrement dit, pour quelle raison morale impérieuse, la sollicitude et la compassion ne devraient-elle pas aussi être tournées vers le peuple français, à la sécurité compromise et à l'identité malheureuse parce que gravement menacée ?

À l'heure où l'on organise en France, évidemment dans le silence des organisations antiracistes, des camps de «décolonisation» interdits aux Français d'origine, colonisateurs innommables mais colonisés innommés, une humanité bien ordonnée devrait peut-être commencer à être accordée aux véritables indigènes de la république.

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 11:37

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Trump et les limites du politiquement incorrect

Publié le 08/08/2016

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Le politiquement correct repose sur des spéculations intellectuelles, jamais remises en question une fois le réel passé par là, estime Gilles-William Goldnadel. Illustration avec Traoré, Sainte-Rita, le père Hamel, No Border à Menton, Donald Trump et le pape.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

 

D'abord et quitte à froisser certains de mes lecteurs, je voudrais dire combien je vis comme une manière de malédiction de ceux qui souhaitent se libérer de l'idéologie gauchisante, la façon de communiquer du candidat Donald Trump.

On peut être de droite, fort en gueule et sans complexes, sans se sentir dans l'obligation absolue d'engueuler tout le monde.

On peut avoir, en bon casinotier, trouvé la martingale électorale qui gagne, celle de ne rien censurer excepté le politiquement correct, sans pour autant attenter aux règles les plus élémentaires de la délicatesse et de la gentillesse.

En raillant publiquement une malheureuse femme musulmane pour avoir écouté sans broncher son mari, le candidat républicain aura aussi moqué une mère éplorée qui a fait don à son pays de ce qu'elle avait de plus cher.

Il peut arriver que le politiquement correct soit correct moralement.

En ne le comprenant pas, le Donald a fait le plus beau des cadeaux à la Hillary.

Donald Trump n'est pourtant pas le plus mal placé pour savoir que le système médiatique américain est encore largement aux mains des «libéraux», autrement dit des gauchistes modérés. C'est ce système qui a tout pardonné aux Kennedy: un père pro-nazi et mafieux, le trucage des élections dans l'Illinois avec l'assistance du milieu de Chicago au détriment de Nixon, jusqu'à leurs frasques sexuelles.

C'est ce système qui continue d'être indulgent jusqu'à l'extrême pour le calamiteux Obama. C'est ce système qui fait écrire dans le New York Times que la police française est raciste comme le montrerait l'affaire Traoré… C'est ce système qui continue, fusse à présent à la marge, d'égarer les lecteurs électeurs et qui pourrait faire gagner Madame Clinton si Monsieur Trump continue de se tromper.

Au fond, et ainsi que le montre à présent le mouvement extrémiste Black Lives Matter, ce système est basé sur une idéologie esthétique et perversement narcissique. Il ressemble à s'y méprendre aux escroqueries intellectuelles commises dans l'art contemporain: bulle spéculative, effet de mode, outrance, snobisme, appuyé par un matraquage publicitaire sidérant. J'insiste sur la spéculation intellectuelle. Il vaut mieux asséner violemment et sans la moindre preuve que tous les policiers mis en cause ont tiré par pure haine raciale que de constater l'évidence raciste d'un tueur qui assassine délibérément quatre policiers parce qu'ils sont blancs. Là habite la perversion: spéculer gratuitement rapporte davantage que d'enfoncer vulgairement une porte ouverte sur une réalité gênante. Et elle est narcissique car elle porte le masque élégant de l'antiracisme généreux.

En France, l'heure n'est pas non plus à la modestie intellectuelle.

La maire de Lille, pour annoncer sa décision d'annuler pour raison de sécurité la grande braderie annuelle, a pris cette pose toute à la fois martiale et morale dont elle a la magie. Je ne voudrais surtout pas attenter à notre merveilleuse unité nationale ni faire le jeu de l'ennemi qui, paraît-il, guette le moindre signe de polémique fratricide. J'oserai néanmoins faire remarquer que ceux qui ont fait régner le terrorisme intellectuel pour empêcher tout débat sur l'immigration forcée et qui n'ont pas, par clientélisme, résisté héroïquement à la montée de l'islamisme, pourraient prendre une pose modeste, avant peut-être de faire une pause plus prolongée.

De manière plus générale, ceux qui se sont constamment trompés, ceux qui prétendaient par exemple qu'en matière de sécurité, la vidéosurveillance, les fichiers de renseignements constituaient un danger mortel. Les esthètes intellectuels raffinés et les poètes politiques inspirés qui encore récemment moquaient ou traînaient dans la boue les malotrus qui osaient questionner l'islam ou s'interroger sur la dangerosité des migrations invasives devraient méditer le beau mot d'humilité.

Et à défaut de leur venir spontanément, ce qui ne semble être le cas: Aux malotrus, aux enfonceurs de porte ouverte sur le réel cruel, à ceux qui sont peut-être populistes mais aucunement amnésiques, de la leur inculquer.

Terminons sur l'église. Celle de Sainte Rita, dédiée aux animaux, aura vu ses occupants déménagés sans ménagement . Le Figaro, et c'est à son honneur, se sera livré le 4 août à une enquête fouillée pour montrer que certains responsables de droite avaient tenu, et pourquoi non, à alerter la presse avant cette expulsion peu chrétienne quelques jours seulement après le drame de Saint-Étienne-du-Rouvray. D'autres journaux, ordinairement laïcs, se sont interrogés pieusement pour savoir si le lieu était encore consacré.

Le Monde, sur Twitter, titrait sur l'«indignation» de la seule «extrême droite»…

Que j'aimerais que la presse de gauche face montre du même esprit de rigueur que notre journal lorsqu'il s'agit de l'expulsion d'étrangers sans titre de séjour d'un squat illégal.

Ainsi, Le Monde consacrait un article à l'expulsion de Roms d'un local insalubre. Il affirmait que «les Montreuillois s'étaient mobilisés» en ce 2 août contre cette mauvaise action. Diable, 80 000 personnes, paraissent tout de même beaucoup à l'homme de peu de foi que je suis…

Je n'ai pas vu non plus beaucoup les publications progressistes, si attentives à la situation juridique locative des occupants de Sainte Rita, s'interroger sur la licéité et la légitimité de l'action des No Border dans le forcement par plus de 200 migrants de la frontière française à Menton. Voilà des passeurs qui n'ont pas mauvaise presse et qui n'auront donc pas à craindre beaucoup les foudres d'un ministre de l'Intérieur qui se voudrait jupitérien.

 

Retour sur les propos récents des éminences catholiques.

Comment le dire avec respect, mais certains propos convenus de l'archevêque de Rouen célébrant l'hommage au martyre du malheureux Père Hamel n'auront atteint, hélas, ni mon cœur ni mon esprit. Après s'être félicité lourdement du nombre de musulmans présents dans la cathédrale - propos repris en chœur et de bon cœur par la presse bonne enfant - les aurait-on comptés ? - , le prélat s'est écrié: «Plus jamais ça !». Pardon de l'écrire crûment, mais il est des expressions tellement galvaudées qu'elles ont perdues depuis longtemps toute force symbolique. Il en est ainsi de ce plus jamais ça ! issu de l'après-Shoah et que l'on prononce désormais rituellement après chaque catastrophe. Si ce plus jamais ça ! était doté de quelques effets, voilà bien longtemps qu'il serait devenu inutile. Plus jamais de plus jamais ça !

Terminons par le Saint-Père. N'étant pas tenu de croire aveuglément en l'infaillibilité papale, je m'exprimerai les yeux ouverts et librement. Déjà, j'eusse préféré que le souverain pontife ramène dedans ses malles un chrétien et un yazidi , martyrisés ès qualité en Syrie, en même temps que ces musulmans qui ne risquaient plus rien dans cette Turquie qu'il visitait. Mais qu'au lendemain du martyre de Saint-Etienne, après l'égorgement d'un prêtre lumineux, déraciné comme un vieux rouvre normand, le guide suprême des catholiques renvoie dos à dos violences chrétienne et mahométane, voilà qui, littéralement, me pétrifie.

Les plus récents successeurs de saint Pierre auront tous vitupéré notre époque relativiste. Et voilà que le dernier commet une terrible équivalence doctrinale et historique.

Les post-chrétiens gauchisant s'en réjouissent justement. Eux qui, après son discours de Ratisbonne sur la nécessaire réciprocité religieuse, n'hésitaient pas à rappeler à l'allemand Benoît XVI son passé dans les jeunesses hitlériennes, se révèlent à présent comme les plus vibrants des papistes à l'égard de son successeur vécu comme un théologien américano-latin de la libération. Les mêmes qui, à présent, béatifient Angela après avoir coiffé Merkel d'un casque à pointe pendant l'affaire grecque.

Disons, pour rester sobre, que l'avion qui ramenait François vers Rome, tandis qu'il prononçait ses propos économes, ne devait pas voler à très haute altitude.

À ce stade final du calvaire occidental, qu'on autorise un Juif très proche de Jésus de Galilée mais très éloigné de Saül de Tarse, à citer le Talmud: «Si je ne suis pas pour moi, alors qui le sera ? ».

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 17:24

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Terrorisme: Du « vivre ensemble » au « mourir ensemble »

Publié le 01/08/2016

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel décrit l'état de résignation qui saisit la France après les attentats. Une résignation qui repose d'abord sur le silence politico-médiatique, ensuite sur un laxisme judiciaire poussé à bout.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

 

Il semblerait que l'égorgement du père Hamel dans son église normande, cet holocauste symbolique du désir d'éradiquer l'ancienne religion des indigènes, l'exultation exaltante de déraciner le vieil arbre noueux, ait plongé la France médiatique et virtuelle dans une manière de résignation assumée.
La France post-chrétienne proscrit le sabre mais manie le goupillon. Elle encense à présent, à défaut du vivre, le mourir ensemble calmement.

Sur le chemin du calvaire du peuple français à présent routinier, il se pourrait qu'un clou enfoncé dans les chairs chasse l'autre. Saint-Étienne-du-Rouvray fait oublier Nice, qui abolit le reste.
Rien d'autre à faire qu'à subir en silence compassé.
La multiplication des massacres, l'addition des victimes, nous commanderait d'interdire toute discussion, source de division.

Cette division que rechercherait paraît-il ceux qui nous égorgent.
Je ne suis pas sûr que telle soit la stratégie de nos bourreaux. Il me semble plutôt que ces stratèges si subtils cherchent à nous tuer pour nous tuer, pour nous faire trembler, ramper, pleurer, implorer, supplier, et nous imposer le repentir d'exister.

Mais à supposer que cette stratégie soit celle-là, je perçois mal ses dangers et limites.
Nul péril en effet, car pour qu'il y ait guerre civile, il faut, comme en amour, être deux. Si je vois bien les guerriers de l'islam radical, je ne perçois nulle part les troupes de Charles Martel. J'aperçois bien quelque Ganelon, mais point de Roland à l'horizon lointain.

Et ce ne sont pas quelques détestables graffitis ou un lardon devant une mosquée, sur lesquels la presse se jette avec d'autant plus de voracité qu'elle n'a rien d'autre à se mettre sous la dent, qui donne quelque chair à la menace brandie.

Quant aux limites à respecter pour éviter cette guerre civile ou religieuse fantasmée, doivent-elles nous faire interdiction de critiquer ceux qui se tiennent pour nos élites ou encore la religion organisée ou inorganisée que nos bourreaux invoquent avant de trucider ?

Mes lecteurs subtils auront deviné quelque malice sous la question, car j'observe que ceux qui nous menacent de la guerre civile en cas de division ont la méchante tendance de proscrire toute réflexion critique des causes du malheur présent. Un esprit chagrin irait même jusqu'à se demander si ce ne serait pas pour se protéger de toute funeste prospection.

C'est ainsi que tout débat sur l'islam et ses troupes demeurent sous jalouse surveillance. Ici encore, la prophylaxie est de règle, au risque de voir le remède plus dangereux que le mal.

Le lendemain du drame de Saint-Étienne-du-Rouvray, la matinale de notre chaîne radiophonique nationale insistait lourdement sur des manifestations d'hostilité aux musulmans qui demeuraient pourtant très virtuelles. France 2, pour ne pas être en reste, interviewait une famille musulmane qui se plaignait simplement de «regards»...
Le surlendemain, France Inter faisait son deuxième sujet avec cette crainte, automatiquement ressassée après chaque tuerie, que ressentirait la communauté musulmane d'être «stigmatisée».

Je rappelle que lors du dernier sondage (Ipsos) sur le «regard» de la communauté nationale sur les musulmans, Le Monde (28 /1/15) disait son étonnement de voir leur image améliorée malgré les grands attentats parisiens.
Autrement dit, et au risque de décevoir ceux qui semblent l'espérer pour reprendre la main, les Français sont parfaitement capables de distinguer une majorité pacifique d'une minorité problématique et semblent immunisés contre le risque de globalisation ethnique ou religieuse.

On voudrait à tout prix changer cet état de fait, les faire amalgamer ou stigmatiser alors qu'aucun discours public n'utilise cette thématique et qu'eux n'y songent pas obsessionnellement, qu'on ne procéderait pas autrement. Qui divise ?

Quant à la mise en question de l'immigration massive incontrôlée, elle demeure du domaine de l'indécent indicible. Le mantra répété en boucle consistant à asséner que les assassins seraient français ou binationaux, pas question de réfléchir sur le fait que la majorité sont issus de l'immigration islamique récente. Interdiction donc de réfléchir sur les ratés programmés de l'intégration, les dangers avérés des migrations, ou la nécessité existentielle de combattre sans frein l'immigration illégale et invasive.

Enfin, l'ensemble du corps politique, premier ministre compris et jusqu'au très estimable Mr Boubakeur, s'accordant à reconnaître l'urgence impérieuse de reconstruire l'organisation du culte musulman en France, il est difficile de pouvoir soutenir sans rire que ce qui nous arrive n'a strictement et absolument aucun rapport avec l'islam.
On me permettra à ce stade de faire observer respectueusement à Manuel Valls que le «pacte» qu'il appelle de ses vœux sera autrement plus difficile à obtenir que lorsqu'il s'agissait du concordat des juifs ou de la séparation avec l'église catholique. Et Dieu sait pourtant que ce fut difficile. Les premiers considèrent que «la loi du pays est leur loi». Les seconds doivent «rendre à César ce qui appartient à César». Pas grand-chose à voir avec ceux qui doivent mettre la charia au-dessus de tout. Il est des pactes qui doivent ressembler à des décrets impérieux.
Je me permets moi-même, au risque de diviser, de m'étonner de la surprenante soustraction opérée ce dimanche par la centaine de personnalités musulmanes françaises réclamant dans le JDD cette réorganisation de l'islam de France: «Après l'assassinat de caricaturistes, après l'assassinat de jeunes écoutant de la musique, après l'assassinat d'un couple de policiers, après l'assassinat d'enfants, de femmes assistant à la célébration de la fête nationale, aujourd'hui l'assassinat d'un prêtre célébrant la messe…».

S'agissant de personnalités averties, compte tenu du contexte spécifique des relations entre juifs et arabes, j'ai du mal à me persuader que cette soustraction des victimes juives de Toulouse ou de Paris relève seulement de la plus fâcheuse des distractions.

Autre proscription sous peine de divisions: La critique du système judiciaire ou de certains de ses membres. Ici encore nos prêtres cathodiques en ont fait une sorte de tabou inviolable.
Ici encore notre chaîne radiophonique nationale et publique, au lendemain du crime, se faisait l'écho du malaise de juges qui se sentiraient eux aussi, décidément, «stigmatisés».
Ainsi donc, il serait interdit de faire remarquer que le système judiciaire français est non seulement en panne, mais à présent paralysé.
Interdit de faire observer, sous peine de je ne sais quelle autre stigmatisation, que Madame Taubira lui a porté le coup de grâce.

Que durant une demie décennie, la gauche esthétique a ralenti le programme de construction carcérale et lui a substitué l'inepte loi sur la contrainte pénale. Que non seulement cette dernière n'est pas appliquée, mais qu'en outre les juridictions croulent sous le nombre de peines non exécutées. Que désormais la justice pénitentiaire n'est plus en mesure d'assurer tous les trajets entre prisons et tribunaux et que des détenus sont libérés faute d'escorte ! (Le Figaro, Paule Gonzales 10 juillet et Le Monde, Jean-Baptiste Jacquin 24 juin).

Mais il est interdit, plus encore, de faire remarquer que le débat sur la nécessité de réformer le droit est le plus commode des débats. Que celui de voir respecter l'État de droit est le plus indigent.

Le bel Etat de droit que voilà célébré par ses thuriféraires vétilleux, de la Ligue des droits de l'homme au Parti Communiste: Celui de l'état d'urgence qui tolère Nuit Debout et des lois républicaines piétinées sous les pieds des immigrés illégaux qui foulent impunément les rues quand ils ne manifestent pas publiquement en leur beau milieu.
Comment ne pas voir que La Ligue des droits de l'Homme protège aussi efficacement les droits des hommes que SOS-Racisme nous aura prémunis contre le racisme assassin.

À l'heure où l'État n'est plus le danger mais le premier rempart contre la barbarie à barbe, gardons-nous d'écouter ceux qui devraient faire vœu de silence et d'humilité.

Tout aussi mal séant est de faire remarquer que le tueur de Nice était un étranger bénéficiant d'un permis de séjour. Que dans un système judiciaire normal celui qui était connu pour des faits de violence et de vol et qui venait d'être condamné à la prison avec sursis pour agression avec arme, n'aurait plus dû se trouver à Nice le 14 juillet.

Interdit de faire remarquer que si des juges n'avaient pas, contre l'avis éclairé du parquet, libéré un certain Adel Kermiche pour lui mettre au poignet une breloque dérisoire, une petite flamme de vie lumineuse brillerait encore. Et pourquoi diable ne serait-il pas possible de le faire remarquer ? Pas pour morigéner un magistrat, pas pour le révoquer, pas même pour lui réclamer des comptes personnels. Pour tenter seulement de briser ses confortables certitudes ou seulement ses réflexes idéologiquement conditionnés. Mais les cerbères de cette idéologie peuvent encore mordre. En tous les cas ils aboient. La présidente du Syndicat de la Magistrature, Clarisse Taron, croit voir dans les critiques de la juge qui a ordonné la mise en liberté de l'égorgeur du prêtre «une mise à l'index de la justice» et même selon Médiapart (27 juillet) une «curée médiatique» (sic).

Le syndicat du mur des cons, combien de divisions ?

 

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 18:03

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Le monde médiatique, le déni islamiste

et la sottise victimaire


Publié le 25/07/2016


FIGAROVOX/CHRONIQUE - Après les attentats en France et en Allemagne, Gilles W. Goldnadel critique «cet étange monde médiatique, enfermé dans un bunker capitonné» qui navigue dans un «univers virtuel, rebelle au réel mais docile envers l'idéologie».

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Il pourrait y avoir dix attentats terroristes islamistes par jour que le scénario médiatique serait toujours immuable.

Étrange monde médiatique, enfermé dans un bunker capitonné, où n'ont droit de pénétrer que ses membres encartés ou des invités strictement adoubés. Univers virtuel, rebelle au réel mais docile envers l'idéologie. Partisan de l'éducation d'un peuple borné.

Phase 1: Sidération et compassion. Gros plan sur l'allumage des bougies. Tentatives de dénégation de toute présence islamiste dans l'événement. Immanquablement, la thèse de la folie ou de la dépression va être mise en avant. Comme s'il fallait choisir entre le menu imposé de la démence suicidaire et le dessert déconseillé de la haine communautariste. Comme s'il était si difficile à comprendre pour les privilégiés qui se tiennent pour l'élite, que l'irrationalité démentielle, la mégalomanie, la paranoïa, le sadisme, le fantasme de la persécution, le ressentiment social ont toujours fait bon ménage dans l'histoire individuelle et collective avec la haine politique totalitaire. À Nice, le sommet du négationnisme aura culminé avec l'absurde chimère ministérielle de la radicalisation spontanée de l'auteur de l'attentat, reprise sans discussion par la classe médiatique.


Phase 2: Reconnaissance contrite de la réalité islamiste.

Phase 3: Les temps de la sidération et de la compassion minimale pour les victimes étant écoulés, vient celui de l'irrésistible victimisation des musulmans et de la culpabilisation symétrique.

Après Nice, certains se seront appesanti lourdement sur le nombre des victimes musulmanes de l'attentat. Tri étrange et macabre. Tri sélectif et ethnique. Aucune autre communauté dans la peine n'ayant été comptée. Si ce n'est celle de la communauté nationale, visée dans son ensemble.

Sur la radio de service public France Inter, vendredi, Jean-Louis Bianco qui restera dans la petite histoire pour avoir décrété que la France ne connaissait pas de problèmes de laïcité, commença sa prestation en incriminant sans désemparer une partie de la population niçoise dont la parole raciste se serait libérée…

La palme académique de la sottise victimaire devant revenir de droit au préfet du Rhône, qui avec des airs de Jean Moulin, et dans le même temps qu'à juste titre il venait condamner dans une mosquée de Lyon des tags insultants pour la communauté musulmane, compara ceux-ci aux prémices de la nuit de cristal en Allemagne.

Je m'inscris en faux contre cette indécente comparaison, moins par respect de la décence historique que parce que je sais que le fantasme victimaire explique grandement le ressentiment agressif et que l'être humain est prompt à se sentir victime dès l'instant ou des tiers inconscients l'encouragent sur cette voie confortable.

Et si l'on considérait étrangement que le peuple juif n'était pas le premier concerné par le génocide nazi, alors il me semble que le sort tragique des chrétiens d'Orient ou des Yazidis serait plus adapté à des comparaisons mêmes osées.

Étrange idéologie. Il est inacceptable de faire porter sur l'ensemble de la communauté musulmane de France le poids des attentats islamistes. Et je n'ai vu aucune personne publique, Dieu merci, le faire.
Il est tout aussi inacceptable de considérer celle-ci comme la communauté victime. Et beaucoup le font, à commencer par un responsable d'État irresponsable.

Le scénario n'aura pas été très différent en Allemagne, où une manière d'accords de Munich médiatiques aura docilement accepté la thèse «évidente» d'un jeune germano-iranien, clone du Norvégien suprématiste blanc Breivik. La coïncidence des dates étant sensée emporter la conviction sans discussion. Je gagerais que les jours qui viennent éloigneront le jeune David Ali des fjords norvégiens.

Toujours est-il que mon imagination est impuissante à décrire à quoi aurait ressemblé la réaction médiatique, si par hypothèse, et pourquoi non, l'auteur du massacre aurait été, pour cette fois, non un Iranien fils de réfugiés, mais un germain tout blond, ressemblant davantage à l'assassin d'Oslo. Il est bon parfois de se remémorer l'actualité récente, histoire de comparer. Le mot bien en cour en ce moment dans les médias est celui d'hystérie. Pas question d'«hystériser» en période dramatique. Le sage conseil que voilà. Ne pas céder à la psychose collective. Ne pas généraliser. Ne pas trouver de boucs émissaires. Évidemment. Le drame c'est que ceux qui, en ce moment, mettent en garde lourdement contre l'hystérie collective sont largement les tenants de l'hystérie sélective. L'exemple de la manière dont auront été traités par une partie de la presse sermonneuse les massacres de Breivik est des plus éclairant.

Point question alors de focaliser sur un loup nordique et solitaire, point question de miser uniquement sur la folie d'un personnage tellement insensé que les experts et tribunaux d'Oslo s'y seront repris à plusieurs fois pour statuer sur la responsabilité pénale de l'assassin de masse.
Pas du tout, dans la circonstance, il convenait de redouter hystériquement et collectivement les dangers du racisme blanc. Mieux que tout: mettre en fiche les suspects et dénoncer sans réticences les dangereux inspirateurs qui auront armé intellectuellement l'assassin. Je renvoie à ce sujet aux articles (6 août 2011, 16 avril 2012) du Monde et de l'Obs Rue 89 qui n'auront pas craint de désigner l'historienne Bat Yeor ou Alain Finkielkraut…

Terminons sans conclure sur le procès en responsabilité qui se dessine de plus en plus nettement à l'encontre du ministre de l'intérieur concernant le drame niçois.

Le paratonnerre de l'unité nationale utilisée avec effronterie a déjà fait long feu. Les affirmations de la policière municipale en charge de la vidéosurveillance accusant le pouvoir d'avoir fait pression sur elle pour attester de la présence d'une police nationale qu'elle n'a pas constatée sont troublantes mais devront être vérifiées. Reste toutefois qu'il semble acquis désormais aux débats que le pouvoir aura voulu détruire des enregistrements vidéo pour une raison obscure.

J'avoue en mon for répugner à vouloir faire le procès d'un homme en une matière où la spéculation intellectuelle et les arrière-pensées politiques sont puissantes.

Il demeure néanmoins, sur le fond, une responsabilité judiciaire et idéologique incontestable. La semaine dernière, j'insistais déjà sur le fait indiscutable que l'auteur principal de la tuerie de Nice, ressortissant tunisien, titulaire d'une carte de séjour provisoire, plusieurs fois mis en cause pour des délits de vol ou de violence, et encore récemment condamné à une peine de prison avec sursis pour vol avec arme, aurait dû, dans un système judiciaire responsable, être expulsé.

Cette semaine, nous apprenions du Point, que l'un de ses complices présumés, A.H, citoyen albanais, avait été appréhendé pour infraction le 2 mai par la police qui avait constaté qu'il faisait l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière. Le décret d'expulsion qui le frappait n'a pas été exécuté et le 3 mai, l'individu était libéré sur ordre de l'officier de police judiciaire.

Personne désormais ne pourra me convaincre que l'hécatombe relevait de la pure et inévitable fatalité.
Une idéologie quarantenaire l'aura préparé, et les hommes et les femmes qui l'auront accompagné, politiquement, intellectuellement et médiatiquement devraient, à tout le moins, apprendre l'humilité.

Published by GOLDNADEL Gilles William
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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 14:25

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Les causes de l'islamisme criminel n'ont rien de mystérieux

Publié le 18/07/2016

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel dresse la liste des sept facteurs qui expliquent le développement du terrorisme islamiste.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Par un très cruel paradoxe apparent, au fur et à mesure que la liste des suppliciés s'allonge, les raisons idéologiques du supplice vont commencer à disparaître. Pour le dire autrement, sous les coups de boutoir de l'horrible réalité, les sept piliers de la vérité confisquée sur lesquels l'islamisme criminel s'est arc-bouté sont en train de s'effondrer, un à un.

Le premier pilier reposait sur l'interdit du nom. On ne nomme pas l'islam, fusse-t-il radical et terroriste sauf à blasphémer. L'esprit du 11 janvier, contre lequel j'avais mis en garde au risque d'être excommunié, reposait tout entier sur une messe œcuménique et compassionnelle où l'on tairait le nom. La messe n'eut rien d'œcuménique, le nom fut tu et l'on continua de tuer en son nom.
Aujourd'hui, le pouvoir - pour autant qu'on puisse le nommer ainsi - aurait voulu ressusciter feu Charlie, frère de Oui-Oui, non par esprit de compassion, mais uniquement pour tenter d'éviter la reddition des comptes qu'une opposition jusque-là patiente jusqu'à l'excès s'est résolu enfin à exiger de lui.

Par une étrange logique, un ministre de l'Intérieur qui hier encore s'auto-congratulait pour une fête de l'Euro sans mort, refuse de tirer les conclusions politiques de cent morts sur une zone festive à Nice. Se livrant à un concours de vitesse pathétique avec l'assassin, il change d'avis sur son islamisme aussi rapidement que l'autre se serait radicalisé.

Le même ministre avait cru pouvoir prendre de haut les observations de la commission d'enquête parlementaire présidée par Georges Fenech et qui, en termes pourtant mesurés, n'accepte pas de mettre sur le dos de la seule fatalité le massacre du Bataclan et préconise une réforme des services de renseignement après avoir constaté leur défaillance à ne pas avoir mis hors d'état de nuire les trois terroristes que pourtant ils connaissaient.

Le premier secrétaire du Parti Socialiste, plutôt que d'adopter un profil modeste, a cru également devoir morigéner le président Fenech, dans l'espoir aussi inutile qu'indécent d'imposer le silence pour raisons lacrymales.

Quant à Christian Estrosi, celui-ci paraît-il, à en croire d'autres éminences socialistes, ne serait pas fondé à s'étonner des ravages causés par un homme seul sur une zone protégée, en plein état d'urgence.

L'unité nationale de façade d'hier a servi à cacher l'islam radical. Toute aussi factice, elle voudrait aujourd'hui dissimuler les responsabilités évidentes du système et les fautes éventuelles des hommes.

Le second pilier de l'islam terroriste repose sur la criminalité d'habitude de ses serviteurs, ou, plus exactement, la manière indolente dont la France a traité l'islamo-gangstérisme, pour reprendre l'expression de Malek Boutih. Par une triste loi commune, tous ceux qui ces derniers mois auront pourri la vie de la France et gâché des vies françaises sont des hors-la-loi issus de la petite ou moyenne délinquance de droit commun. Curieusement, personne ne s'est interrogé sur cette constante donnée. Elle ne s'explique pas uniquement par goût de la violence et de la transgression. Elle trouve son fondement dans la détestation profonde de la société française, de ses enfants et de ses lois. Elle s'inscrit sans doute également dans leur observation de la faiblesse insigne de la justice française dont les délinquants étrangers ou issus de l'immigration devinent confusément qu'elle ne se sent plus la légitimité, par mauvaise conscience, de punir réellement.

Le système est d'une perversité dialectique, car c'est précisément dans cette mauvaise conscience que les délinquants islamistes puisent complaisamment les raisons de leur ressentiment victimaire.
C'est là où le fatalisme désormais trop commode des autorités doit s'arrêter. Personne n'a la stupidité de prétendre que l'on peut éviter facilement l'acte suicidaire d'un fanatique déterminé à tuer, mais personne non plus ne peut soutenir que dans le carnage de Nice, la faiblesse judiciaire endémique n'ait sa part de responsabilité.

L'auteur du massacre est un ressortissant tunisien. Il disposait d'un titre de séjour temporaire. Pendant plusieurs années, il est acquis qu'il a commis divers vols et délits liés à sa violence. Plus récemment, il a fait l'objet d'une condamnation à une peine de prison assortie du sursis pour agression avec une arme. Il s'agissait donc d'un très mauvais sujet.
Dans une société humaine digne de ce nom, qui ne serait pas accablée par une mauvaise conscience pathologique, obligation est faite à l'étranger de se conduire convenablement dans le pays d'accueil, sauf à être renvoyé sur le champ. Il s'agit des règles traditionnelles de l'hospitalité. Le sens de ces règles a échappé depuis longtemps aux acteurs politiques et aux magistrats de l'ordre judiciaire qui n'y songent même plus.

Si tel n'avait pas été le cas, le massacre de Nice n'aurait pas été commis et une centaine de vies auraient été épargnées.
Si tel n'avait pas été le cas, l'islamo-gangstérisme ne caractériserait pas aujourd'hui lourdement la société criminelle française et ne constituerait pas le vivier naturel du terrorisme islamiste.

À lire ce qui précède, on aura compris que je ne fais pas porter sur le gouvernement actuel de gauche la responsabilité principale d'un drame dont les acteurs sont à trouver dans l'ensemble de la société politico-médiatique française qui s'est abreuvée de la même idéologie xénophile dès le biberon.

Il n'en demeure pas moins qu'une partie de la gauche gouvernementale aura encore aggravé le phénomène pernicieux.
Christiane Taubira, avec son lyrisme habituel, twittait au lendemain du massacre de Nice: «Nous n'avons plus de mots. Nous sommes simplement armés d'une certitude: nous sommes les plus forts».

Ces mots sont creux et aussi vides de sens que la politique judiciaire calamiteuse menée par l'ancienne Garde des Sceaux. Répugnance dogmatique devant l'enfermement qui constitue toujours la moins mauvaise des prophylaxies. Refus esthétique de la sévérité carcérale contre la récidive qui constitue la clé de voûte de toute politique judiciaire juste et dissuasive. Refus philosophique de la déchéance de nationalité pour les terroristes qui aura définitivement ruiné le peu de crédit qu'il restait à un chef de l'État qui avait eu le machiavélisme de gribouille de lui accorder sa propre confiance.

Christiane Taubira, par ses mots creux et sa politique pleine d'idéologie en toc, aura rendu moins forte la société française.
Le quatrième pilier qui soutient fermement le terrorisme islamiste s'appelle l'islamo-gauchisme. Je le nomme d'autant plus volontiers et souvent que j'ai constaté combien son usage agaçait ceux qui y participent peu ou prou. Je rappelle ici qu'il n'a rien à voir avec les musulmans mais tout avec les gauchisants qui, par détestation pathologique de l'Occident blanc et révérence obséquieuse symétrique pour l'altérité orientale, sont tétanisés par l'idée même de condamner cette dernière quelles qu'en soient les circonstances.

Cette idéologie reflexe sommaire demeure puissante dans les médias, à commencer par ceux d'Etat. Raison pourquoi, quoi qu'il arrive, la déraison médiatique commande de retarder l'heure de la vérité qui la fâche. Quoi qu'il arrive, on cachera à l'opinion le viol des femmes allemandes par l'Autre d'Orient, on tentera d'expliquer que le terroriste est un déséquilibré, un dépressif, un dément irresponsable. Tout sauf à devoir prononcer enfin, mais le plus tard, le mot qui fâche et qui fait tâche.

Le cinquième pilier n'est qu'un avatar du quatrième. Nous le nommerons l'antiracisme de pacotille. Sa méthode est la diversion. Le leurre psychologique. Il tend à faire croire que le gentil c'est l'Autre et que le méchant fait partie du peuple autochtone. Le danger principal viendrait en fait de lui. Le démon a plusieurs noms: l'extrême droite, l'ultra droite, le populisme. Notre premier ministre, ordinairement mieux inspiré, vient à présent d'inventer le danger de «trumpisation»…

On pourrait tout aussi bien l'appeler le loup. Car cet antiracisme de pacotille ne cesse de rejouer l'histoire du petit Pierre. À force d'avoir crié stupidement au loup brun depuis 30 ans, la société politico-médiatique française a été prise à revers par le loup vert. La vraie bête immonde, celle-là, raciste, antisémite, fasciste et terroriste. Mais vivante.

Le sixième pilier de l'islamisme criminel est enfoui bien profondément dans le refus idéologique de dire la réalité sans haine ni crainte. Il est faux de prétendre que la société française est menacée d'un accès purulent de racisme anti-musulman.

Elle en est incapable. Elle en est prémunie. Il n'est venu à la tête, même malade, même encolérée, d'aucun Français de souche de venir mortellement se revancher de l'islamisme contre un musulman parce qu'il était musulman. Tous les sondages montrent qu'au contraire, malgré les attentats, les Français regardent leurs compatriotes musulmans sans essentialisme agressif. Contrairement à ce qu'on voudrait faire croire, les Français ne se sont pas radicalisés mais se sont libérés radicalement.

Ils ne craignent plus, en dépit d'un chantage au racisme qui ne fonctionne plus, de mettre en cause une partie de l'islam politique ou guerrier. Ils ne craignent plus non plus de questionner l'immigration et les ratés calamiteux de l'intégration. S'ils savent que la majorité des musulmans français est paisible et pacifique, ils savent aussi qu'une minorité nombreuse de celle-ci regarde le terrorisme islamique avec complaisance et compréhension. Au demeurant, un sondage du très respecté Pew Research Center évalue ce nombre autour d'un pourcentage de 30 %. Ainsi, tout en innocentant justement la majorité des musulmans de ce pays, il commande malgré tout de dire les choses sans trembler.

Car, et c'est le dernier pilier, le plus imposant, le plus terrorisant aussi, sur lequel repose le terrorisme islamiste: l'immigration islamique et l'immigrationnisme idéologique qui la soutient.

Arithmétiquement parlant, il explique plus que tout la difficulté technique à endiguer le phénomène terroriste, tant le vivier à surveiller, quand bien même est-il connu, repéré et même fiché est nombreux. Et pourtant, dès les morts du terrorisme enterrés dedans la terre froide, l'islamo-gauchisme idéologique s'emploie à terroriser ceux qui excipent du principe de précaution pour refuser l'entrée massive et illégale de davantage de migrants islamiques.

Est-il, par exemple, tellement difficile d'objecter à la démagogie de la maire de Paris qui décide, sans concertation avec les populations concernées, d'installer des camps de migrants sans-papiers en pleine ville, les propos irresponsables de son responsable du logement, le communiste Ian Brossat, qui reconnaissait, sur mes questions, au micro de RMC, qu'il n'était pas question de reconduire les migrants non éligibles au droit d'asile ? Comment davantage montrer son mépris pour les lois du pays et le droit à la sécurité et au bonheur des habitants qui y demeurent ?

Mais peu importe après tout ce que peuvent continuer à dire ceux qui se cachent derrière les piliers du mensonge, la vérité est à présent une idée neuve en Europe.

 

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