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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 11:23

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/05/27/31003-20150527ARTFIG00080-affaire-zyed-et-bouna-le-requisitoire-de-goldnadel-contre-la-justice.php

Affaire Zyed et Bouna : le réquisitoire de Goldnadel contre la justice

Publié le 27/05/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel s'insurge contre les commentaires qu'a suscités la relaxe des policiers jugés pour le drame de Clichy-sous-bois en 2005. Il dénonce une justice qui perd son objectivité face aux pressions médiatiques.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Misère de la victimisation catégorielle. Horreur de la spéculation idéologique.
La semaine dernière, j'évoquais les divagations cambadéliennes sur la xénophobie supposée d'un Sarkozy osant critiquer une Vallaud parce que née Belkacem. Cette semaine, je voudrais faire un sort identique à certains commentaires affligeants ayant accueilli au matin du 19 mai le verdict du tribunal de Rennes ayant prononcé la relaxe des deux policiers poursuivis pour non-assistance à personne en danger, dans l'affaire dite de la mort de Zyed et Bouna.

Passons sur la déclaration de l'avocat de la famille des plaignants, proche de François Hollande, évoquant «un apartheid judiciaire». Celui-ci n'a pas à être objectif et n'a fait qu'employer, en surfant sur un mot tristement tendance, les vieilles ficelles usées d'un Vergès, convoquant le juif Dreyfus, au soir de la nouvelle condamnation de son client Omar Raddad. Après tout, cette stratégie antiraciste au lendemain d'un désastre judiciaire fut couronnée de succès, puisqu'Omar fut gracié et largement réhabilité artistiquement. À défaut d'être innocenté.

Ce fut exactement la même stratégie victimaire et médiatique qui permit à Véronique Akobe, domestique ivoirienne, condamnée définitivement par la justice des Alpes-Maritimes pour l'assassinat de la famille Schar de bénéficier d'une grâce présidentielle. Je crois avoir été le seul à oser dénoncer cette violation du droit à la justice pour tous, y compris pour une famille française (Figaro 13 août 1996, «Les Martyrocrates» (Plon 2004)). À cette époque, l'évocation des obsessions raciales et xénophiles de l'idéologie gauchisante, n'étaient pas en odeur de sainteté intellectuelle.

Ce qui est remarquable dans l'affaire Zyad et Bouna, c'est qu'il ne s'est pas trouvé un seul observateur, le moindre chroniqueur judiciaire, pour oser prétendre que les magistrats rennais auraient violé le droit ou malmené seulement les faits. Et pourtant, il est non moins remarquable, qu'il se sera trouvé un Benoît Hamon, au micro bienveillant de France Inter, pour insister lourdement sur la couleur et sur l'origine des victimes et évoquer la désespérance des habitants «des quartiers populaires», au lendemain d'une décision qui lui faisait chagrin. Il se sera trouvé également, le 19 mai, dans les colonnes du Monde, un professeur, non de droit mais de sociologie, pour énoncer aussi doctement que gratuitement que «la relaxe des policiers était un verdict politique». Plus fort encore, celui-ci faisait un rapprochement scabreux avec les affaires de Ferguson et de Baltimore, alors même que les policiers français mis en cause n'ont pas touché un cheveu des malheureuses victimes. La seule chose aujourd'hui incontestable est que le calvaire judiciaire des deux policiers aujourd'hui blanchis aura duré 10 ans.

Difficile de faire davantage étalage d'une conception étroitement racialiste de la justice humaine, basée sur le préjugé, l'a priori, le fantasme, l'obsession, la spéculation, bref et en cinq maux, l'exact contraire d'une justice objective et sereine.
Certes, les jeunes des banlieues ont été plus intelligents et pondérés que ces commentateurs pyromanes venus verser de l'huile frelatée sur du feu sous la cendre. Apparemment, même eux commencent à trouver indigestes les discours indigents.

Certes encore, le tribunal rennais n'a pas cédé devant l'intimidation médiatique et morale. Mais qui peut être sûr qu'il en sera de même la prochaine fois qu'un policier ou qu'un cadre poursuivi pour harcèlement par la CGT, qu'un particulier mal en cour ou antipathique à M. Hamon ou à ses amis si subtils seront déférés devant lui?

J'affirme ici, et connaissant un peu le sujet, que tout justiciable innocent mais correspondant au portrait précité est en état d'insécurité juridique permanent. La confiance dans la justice de mon pays s'est abîmée sur le roc de la perversion des rapports malsains entre la justice et la presse. Je suis convaincu qu'il existe trop souvent une non-assistance morale et intellectuelle à justiciable en danger.

Les pressions médiatiques. Dans un domaine très voisin, le juge Burgaud les a invoquées à décharge pour tenter d'excuser les errements d'une instruction aujourd'hui unanimement vilipendée, mais qui aura été encensée par une presse aussi dénuée d'esprit critique hier qu'elle est impitoyable à présent envers lui.

À Outreau, ce n'était pas le racisme qu'il fallait terrasser, mais la pédophilie de notables forcément coupables car dénoncés par des enfants eux aussi forcément irréprochables.
La pression sur les juges aujourd'hui, n'est plus politique, elle est idéologique, moralisatrice et narcissique pour raisons médiatiques. Pour être plus pernicieuse, elle est moins irrésistible. Et au fond, on peut attendre d'un juge, qu'il dise le droit et qu'il résiste. Au besoin contre lui-même.

Encore faut-il le lui demander. En pleine déconfiture de l'affaire, la présidente de la cour d'appel de Douai, juridiction qui entérina constamment l'instruction du juge aujourd'hui déconfit, se trouva invitée à donner son avis sur celui-ci au micro de France Inter. Pleine de condescendance, cette éminence, membre à la fois du Conseil Supérieur de la Magistrature et du Syndicat du même nom, plaida aussi l'indulgence envers son collègue, en mettant en avant la pression engendrée par le désir impérieux de la société de lutter contre la pédophilie.

Pas un seul instant, le magistrat ne semblait s'interroger sur sa propre responsabilité. Pas un seul instant, il ne décrétait l'impérieux devoir de résister aux pressions pernicieuses des Hamon, des professeurs de sociologie, des ligues féministes ici ou antiracistes là, des journaux bien-pensants avec des arguments indigents, du Moloch médiatique en quête frénétique de pitance pour les consommateurs-voyeurs d'informations graveleuses et enfin et surtout de sa propre idéologie.

Ça tombait bien, personne ne le lui demandait. Et tant pis pour les jetés en pâture au Carlton de Lille, à Rennes ou à Outreau.

Tant pis aussi, pour les vraies victimes de viol ou de racisme, que l'on ne croira plus à force d'avoir joué imprudemment avec la victimisation idéologique en préfabriqué.

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 08:55

A en croire les informations de presse, l'Union Européenne, qui n’a sans doute rien de mieux à faire, n'est pas disposée à laisser le moindre délai de grâce au nouveau gouvernement formé dans la difficulté par Benjamin Netanyahou.

Selon les mêmes publications, la diplomatie française s'apprêterait, avec la bienveillance de l'administration Obama, à déposer un projet de résolution devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies qui donnerait 18 mois aux Israéliens et aux Palestiniens pour s'accorder. À défaut de règlement, la France reconnaîtrait l'État de Palestine. Je ne souhaite pas aborder ici le contenu de la résolution française dont on ignore les détails, il semblerait même que, pour une fois, et contrairement à la résolution absurde votée par la gauche à l'Assemblée Nationale, elle n'épouserait pas entièrement les désirs des Arabes de Palestine.

Mon propos est ailleurs. Pour ceux qui ne veulent pas jouer aux dés le seul État juif, pour ceux qui connaissent sa fragilité et le caractère tragique de l'histoire : Est-ce le bon moment ? Certes, nous n’avons besoin de personne pour savoir qu’il n’y a jamais de bon moment et que le statu quo actuel est lourd de dangers. Mais est-ce une raison pour faire un saut dans l'inconnu dans les conditions épouvantables du moment présent ?

Le gouvernement israélien actuel est faible et composé en partie de personnalités incapables du moindre compromis réaliste. La faute n'en incombe pas au Premier ministre, homme d’État pragmatique et d’expérience, mais à un système électoral criminogène qui lui a laissé une majorité étriquée, alors qu'il avait remporté une incontestable victoire.

L'Autorité Palestinienne, présidée par un homme sans mandat légitime, n'a aucun désir d'arriver sincèrement à un compromis raisonnable et préfère acculer Israël à une reddition politique suicidaire en jouant habilement sur la détestation qu'il inspire. Il n'y a que les médias européens, dénués de sens critique lorsqu'il s'agit de la radicalité arabo-islamique, qui ne veulent pas le voir.

Le monde arabe est à feu et à sang, ses États sont en déliquescence, et les djihadistes sunnites et shiites sont aux portes Israël.

Pour espérer un compromis honorable et viable, les parties prenantes doivent pouvoir compter sur des garanties crédibles des grandes puissances : L'Europe est incapable de faire respecter ses propres frontières et l'administration américaine actuelle n'est même pas dans la possibilité d'éradiquer d'État islamique en Syrie comme en Irak.

La France, plutôt que de se focaliser sur le conflit israélo-palestinien, serait bien inspirée de se sauver elle-même. La confiance se mérite et ne se décrète pas. Elle ne devrait pas non plus rallumer les flammes du conflit judéo-arabe, alors même que l'on sait à présent que la haine pathologique d'Israël peut mettre le feu à Paris, Toulouse, ou Sarcelles. Ce conflit est centenaire. Il peut hélas attendre encore un peu. Le dire n'est pas très esthétique, mais les esthètes en politique sont les plus grands fossoyeurs des cimetières sous la lune.

 

Gilles William Goldnadel

Président de France-Israël et d’Avocats sans Frontières

Chronique sur Radio J du 22/05/15

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 09:30

Bloc-note

ACTUALITE JUIVE - N° 1344 – Jeudi 14 mai 2015

À Monsieur le Rédacteur en chef d'un journal crépusculaire


« M. le rédacteur en chef, je ne voudrais surtout pas vous manquer de respect, mais en ma qualité de représentant du gouvernement de l'État d'Israël, je suis en charge non seulement de la sécurité de mes concitoyens, mais encore de leur dignité. Vous venez de publier, à quatre reprises, des lettres anonymes émanant, paraît-il, de soldats israéliens qui confesseraient des manquements au droit de la guerre. L'un d'eux avoue même avoir eu du plaisir à tirer sur des civils. Je m'interroge sur la sincérité d'un individu qui non seulement aurait éprouvé ce honteux plaisir, mais encore en tirerait profit pour rejeter la faute sur son armée. Je m'interroge encore davantage sur l'honnêteté d'une organisation qui se propose bruyamment de « rompre le silence » avec des méthodes aussi peu fiables tout en acceptant de recevoir des subsides arabes.

Mais je voudrais dépasser cette inutile polémique. M. rédacteur en chef, je vous indique officiellement que j'ai fait défense à mon administration de répondre désormais à de telles accusations dans le cadre d'un procès aussi biaisé. Ainsi, tandis que vous consacriez quatre articles à la manière dont l'armée du peuple d'Israël aurait été contrainte de répondre il y a presque un an à l'agression caractérisée d'une organisation terroriste islamiste s'abritant derrière sa population pour tenter d'assassiner le maximum de civils israéliens, vous n'en avez consacré aucun à l'actualité immédiate de la coalition occidentale engagée contre Daech qui a causé la mort en une seule journée de 51 civils syriens. Je vous engage à cet effet à regarder ce reportage de la RTBF dans lequel les pilotes belges reconnaissent larguer leurs bombes sans savoir qui elles atteignent…

M. le rédacteur en chef, les Juifs ont construit leur État précisément pour ne pas continuer à être traité en parias. Ils croient au principe d'humanité, mais également en celui d'équité. S'ils acceptaient de continuer à se soumettre au rite truqué de l'accusation obsessionnellement unilatérale auquel vous, comme l'ONU, les convoquez en permanence, la raison d'être même de leur État, et du sacrifice de tant de ses enfants, perdrait tout fondement.

Désolé, Monsieur le rédacteur en chef, de vous priver d'un plaisir ludique sans doute jubilatoire, mais vous jouerez désormais sans nous ».

Voilà, si j'étais le conseiller du premier ministre israélien, le courrier que je l’inviterais à adresser à la direction d'un journal parisien qui n'impressionne plus grand monde.

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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 10:22

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/05/11/31003-20150511ARTFIG00235-caron-taubira-todd-le-requisitoire-de-goldnadel.php

Caron, Taubira, Todd: Le réquisitoire de Goldnadel

Publié le 11/05/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Déconfiture d'Aymeric Caron, vindicte d'Emmanuel Todd, victimisation de Christiane Taubira: Gilles-William Goldnadel conseille à la gauche morale d'être plus économe du mot «honte».

 

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

 

Il y a du mieux. M. Caron, de Paris, travaillant à la télévision française de service public, est devenu un symbole et un symptôme.

M. Caron fait peine à voir. Il est devenu le symbole, risible, de l'intolérance gauchisante, suffisante, et médiatique. Pour un peu, on l'en plaindrait. M. Caron est un symptôme. Sa déconfiture annonce le début de la fin de la dictature de la méchante bêtise maquillée en intelligence généreuse.

Il y a quelques années, j'écrivais que jamais peut-être dans l'histoire de l'humanité moderne une décérébration des esprits n'avait été opérée avec autant de succès que par le gauchisme en majesté médiatique. Je comparais l'homo soviéticus lisant avec prévention la Pravda en se bouchant le nez, avec le jeune Français confiant, intoxiqué par les lettres de plomb des journaux conformes qu'il respirait à pleins poumons. Ce temps est presque révolu. Certes, l'audiovisuel de service public est encore largement aux mains de l'idéologie sommaire, certes encore la sociologie du monde journalistique n'a pas beaucoup évolué, mais la majorité des Français, qui peuvent désormais décoder la presse comme l'homo sovieticus d'hier, savent largement à quoi s'en tenir. Pour parler jeune, leurs cerveaux «n'impriment plus» aussi docilement ce qu'on leur assène sur ARTE, Télérama ou France Inter.

Ainsi, le manifeste d'une soixantaine de journalistes publié par Libération la semaine dernière et qui laisserait à penser que les femmes journalistes politiques vivraient sous la domination terrorisante d'hommes politiques sexistes. En guise d'exemples subjectifs, on trouve surtout de lourdes allusions ou des compliments appuyés. Les journalistes pétitionnaires n'ont pas poussé leurs investigations jusqu'à s'apercevoir que le monde était rempli de crétins en tout genre. Et pas seulement au sein du monde politique. Elles n'ont pas observé non plus, en dépit de leurs enquêtes sans doute fouillées, qu'il pouvait arriver que les hommes tentent de séduire les femmes au moyen de flatteries sincères ou insincères ou de compliments, éventuellement maladroits. Au risque d'être taxé de forfanterie, il peut arriver que ce soit les femmes - y compris journalistes - qui complimentent les hommes. On peut y survivre.

Le monde, pudibond, dans lequel voudraient nous enfermer les pétitionnaires pointilleuses est un monde infernal. Un monde dans lequel il n'existerait plus, ni hommes, ni femmes, mais des individus sans genre. La drague serait seulement autorisée sur Internet, mais en termes mesurés. Enfin, et peut-être surtout, on comprend que dans le cadre de rapports de travail déséquilibrés et hiérarchisés, les lourdes et insistances allusions sexuelles soient répréhensibles. Mais entre un politicien et une journaliste, il est loin d'être acquis que la seconde soit l'obligée du premier. Au terme de la pétition, les journalistes victimaires pointent sans surprise la responsabilité sur les hommes politiques hétérosexuels et sexagénaires. On en tirera la conclusion idéologique qu'elles préféreraient que la représentation politique soit davantage confiée à des homosexuels. Les journalistes mâles n'ont qu'à bien se tenir.

Le salaud de service désigné à la vindicte par Emmanuel Todd n'est pas très différent. Mais y est précisé qu'il est blanc et catholique. Je n'ai certes pas attendu Todd pour dire ici, et peut-être le premier, ce que je pensais de la messe narcissique du 11 janvier et du prêchi-prêcha du président Charlie. Mais sous prétexte que les musulmans ne sont pas descendus dans la rue (les aurait-on empêchés ?) pour réprouver les horreurs d'un islam radical qui n'était même pas pointé du doigt – raison principale de ma contestation – voici que le sociologue jargonnant taxe les Français de pétainistes et les mahométans de victimes.

Le premier ministre, lui aussi vilipendé, n'avait pas mérité tant d'imprécations de l'intéressé. Après tout celui-ci, et à mon grand regret, avait imputé les saignées de janvier à «un apartheid social et ethnique». Mais quand Manuel Valls diagnostique chez le sociologue, compagnon de route du PCF, une haine de soi et de la France, comment lui donner tort ?

Le fils d'Olivier Todd a cru devoir convoquer et Pétain et Vichy. Ce sont des juifs qui ont été massacrés à Toulouse et dans le supermarché kasher. Le sociologue, loin des faits, en fait foin. Les catholiques sont des «zombies». Les musulmans sont les seules et vraies victimes. Qui fait oeuvre, sans même le savoir, d'esprit de collaboration avec la radicalité conquérante ?

Mme Taubira n'a besoin, elle, de personne pour organiser sa propre victimisation. Dans un entretien à Paris- Match elle s'exclame «ils n'auront pas mon suicide» en évoquant les attaques qu'elle subirait quotidiennement.

Au risque de me répéter, la garde des Sceaux n'a pas le monopole des attaques racistes dont elle fait désormais une martingale. Et à l'aune des critiques excessives ou des procès en tout genre reçus quotidiennement, il y a bien longtemps que Nicolas Sarkozy, Robert Ménard, nazifiés, et tant d'autres, se seraient pendus à un arbre ou tirés une balle dans la tête.

Sans vouloir désespérer plus encore Mme Taubira, la lecture du Parisien du 8 mai nous révèle un nouveau dysfonctionnement, largement passé sous silence, de la justice dont elle a la charge. On y apprend que le tribunal de Melun est en ébullition et le procureur en fureur. Dans la nuit du 28 avril, un homme en pleine relations sexuelles avec une prostituée, a profité du fait que cette femme de 47 ans lui tournait le dos pour la poignarder avec un couteau de cuisine.

La police judiciaire de Melun a retrouvé la trace de l'assaillant . Mis en examen pour tentative d'assassinat, et quoiqu'ayant reconnu les faits, il a pourtant été remis en liberté sous contrôle judiciaire le jour-même. Les collègues prostitués de la malheureuse n'en reviennent pas. La décision de la juge a révolté le procureur M. Bruno Dalles qui avait requis son placement en détention: «C'est une décision incompréhensible et dangereuse». Celui-ci «appelle les prostituées de la région à la vigilance». «Une expertise réalisée sur le mis en cause stipule qu'il est dangereux et insiste sur le caractère froid et déterminé du personnage, et précise qu'il existe un gros risque de récidive. C'est une aberration. Et ce, d'autant plus qu'il dit qu'il assume.»

Comme dans l'affaire de la petite Chloé, on chargera encore la triste fatalité.

 

Pour en revenir au maire de Béziers, et en ma qualité d'avocat de celui-ci, je me garderais de prendre parti dans l'affaire d'un prétendu fichage d'écoliers musulmans, ne prétendant pas à l'objectivité.

J'observerai simplement que sa présomption d'innocence a été allègrement foulée aux pieds et que la folle polémique qu'ont entraînée ses déclarations aura eu l'insigne mérite de poser crûment le problème de la prohibition idéologique des statistiques ethniques.

J'ai entendu également le premier ministre du gouvernement socialiste évoquer à grands bruits «une honte» pour la mairie. La loi aurait été violée. Quant à Mme Taubira, toujours pondérée lorsqu'il s'agit de l'honneur des autres, nous serions revenus en1939. Rien de moins.

Ici même, et à plusieurs reprises, j'ai mis en cause ces nombreuses municipalités communistes (Valenton, Aubervilliers, Avion etc.) qui ont proclamé citoyen d'honneur de leur ville des terroristes condamnés pour assassinat par les justices israéliennes ou françaises. Ainsi d'Ibrahim Abdallah qui purge actuellement une peine dans une prison française pour complicité de meurtre de deux diplomates. Au lendemain des massacres de janvier, j'ai signalé sans résultat à la vétilleuse garde des Sceaux ces apologies de la violence commises par un parti avec lequel les socialistes souhaitent ardemment faire alliance.

La gauche morale et indignée devrait être plus économe du mot honte.

Sauf à donner à rire comme M. Caron, de Paris.

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 12:43

Paru dans Boulevard Voltaire -  http://www.bvoltaire.fr

Publié le 04/05/2015

http://www.bvoltaire.fr/goldnadel/lextreme-gauche-est-aujourdhui-le-vecteur-principal-de-lantisemitisme,174733

 

Entretien avec G.-W. Goldnadel

«L’extrême gauche est aujourd’hui le vecteur principal de l’antisémitisme !»

 

Des membres du NPA ont agressé deux personnes de confession juive lors d'un collage le 3 mai. Dans le même temps, on apprend que la plaque d'Ilan Halimi, victime de la barbarie et de l'antisémitisme, a été dégradée à Bagneux. Que pensez-vous de ces deux événements ? Faut-il les lier ?

J'ignore si les deux phénomènes sont liés. Ce que je sais et que je répète inlassablement, c’est que l'extrême gauche est aujourd'hui le vecteur principal de l'antisémitisme actuel. L'antisémitisme gauchisant n'a rien de nouveau. Jules Guesde avait pris position contre Dreyfus, par détestation de la bourgeoisie. Aujourd'hui, l'antisionisme islamophile fait bon ménage avec la concupiscence avec laquelle les mouvements trotskistes regardent un lumpenprolétariat à embrigader dans les banlieues. Ces idiots utiles ne comprennent même pas qu'ils n'ont plus suffisamment de magistère intellectuel pour séduire les islamistes qui les utilisent. Cet antisémitisme est d'autant plus virulent qu'il ne fait l'objet d’aucune contestation morale, politique et médiatique véritable par une prétendue élite toujours sous influence gauchisante, qui demeure obsédée par une extrême droite qui a modéré sa judéophobie historique, au grand dam de ceux qui frissonnent avec nostalgie dans le souvenir des petits matins bruns. Pour ne parler que du NPA, celui-ci n'a eu à encourir aucune sanction, en dépit du fait qu'il avait maintenu sa participation à des manifestations pro-palestiniennes radicales qui avaient débouché, comme prévu, sur des violences antijuives inédites.

 

Pensez-vous que le plan Valls contre le racisme soit mort-né ?

On ne combat pas ce genre de fléau avec l’esprit Charlie, des phrases creuses, du prêchi-prêcha, tout en expliquant, de manière schizophrénique, que les saignées de janvier résultent d'un apartheid social et ethnique.

 

Quelles mesures le gouvernement devrait-il prendre pour rassurer la communauté juive en France ?

Il faut savoir ce que l’on veut: si, comme Manuel Valls et Hollande le reconnaissent, l'antisémitisme actuel découle de la haine d'Israël, on en tire toutes les conclusions politiques et médiatiques. Je parle du dénigrement systématique, pathologique, obsessionnel, disproportionné. Cela n'a rien à voir avec la libre et légitime critique de la politique israélienne comme on feint de le croire. Mais ce dénigrement est tellement ancré profondément que je suis très pessimiste sur la capacité de beaucoup à seulement comprendre ce que je veux dire…

 

 

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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 20:11

Paru dans FIGAROVOX LE 04/05/15
lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/


http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/05/04/31003-20150504ARTFIG00143-affaire-de-la-jupe-emeutes-a-baltimore-le-blogdnadel.php

Affaire de la jupe, émeutes à Baltimore: Le Blogdnadel

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Jupe interdite pour cause d'ostentation religieuse dans les Ardennes, émeutes à Baltimore : Gilles-William Goldnadel dénonce un «excès de zèle laïcard» et la racialisation a priori des faits sociétaux.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


Au risque de prendre certains de mes lecteurs, allergiques aux barbus, à rebrousse-poil, je ne suis pas loin de partager l'opinion du New York Times (1er mai) sur la question de la jupe longue interdite dans les Ardennes pour cause d'ostentation religieuse. Certes, je me garde habituellement de puiser ma matière à réflexion dans un journal qui, à l'instar de notre vespéral national, se sera beaucoup trompé, en en tirant toujours étrangement beaucoup de considération pour lui-même.

À commencer lors du second conflit mondial. Pour ceux que la chose intéresse, je ne saurais trop recommander l'édifiante lecture de C'est écrit en page 7, best seller aux États-Unis, publié par l'universitaire Laura Leaf. Ils y apprendront notamment comment le très libéral Arthur Sulzberger aura délibérément ordonné de minimiser l'extermination raciale entreprise par les nazis, de peur d'être taxé de communautariste. Certes encore, six décennies plus tard, la conception extatique du communautarisme, défendue à présent âprement par le journal de la côte est, m'inspire la plus grande des réserves, et devrait lui inspirer la plus grande des humilités, à en juger à l'aune de ses résultats américains, sur lesquelles nous reviendrons.

Certes enfin, on ne pourra, je pense, instruire contre l'auteur du présent article un procès en islamophilie exacerbée, lui qui, à longueur de colonnes, n'a jamais craint de contester la politique migratoire irresponsable, de reconnaître l'existence d'un problème islamique et enfin d'invoquer les racines judéo-chrétiennes d'une France en péril mortel.

Il n'en demeure pas moins que lorsque le quotidien new-yorkais brocarde un excès de zèle laïcard, aussi tardif qu'intempestif, qui conduit à exclure une jeune fille pour la longueur de sa tenue, je crains bien qu'il ait raison.

Pour le dire autrement, je ne pense pas qu'il soit de bonne politique ou de fine psychologie de braquer la population musulmane pratiquante - qu'il serait inepte de confondre systématiquement avec les islamistes - et de lui donner de bonnes raisons de s'identifier à ces derniers. Je ne pense pas non plus qu'il convienne de persuader les religieux que la société française est décidément décadente, elle qui autorise les minijupes à l'école mais proscrit les jupes longues.

Et pour le dire cette fois plus fermement, les musulmans qui sont aujourd'hui légalement en France ne doivent pas être otages d'une laïcité extrême qui dispenserait l'État républicain d'être ferme contre l'islamisme radical des banlieues et contre le danger existentiel de cette immigration toujours aussi irrésistible.
Dans un domaine assez peu éloigné, n'est-il pas permis de s'interroger sur les conséquences de la racialisation obsessionnelle des faits sociétaux ?

Ainsi, la question noire fait brutalement son come-back aux États-Unis, en suite de la mise en accusation de la brutalité policière à Ferguson comme à Baltimore. Force est déjà de constater que l'arrivée d'un homme de couleur à la Maison-Blanche n'a pas eu l'effet d'apaisement escompté, notamment, par le New York Times. Déjà, au moment de son élection, j'avouais ma perplexité sur l'exaltation de ces libéraux américains devant le succès d'un homme jugé non à l'aune de ses éventuelles qualités intrinsèques, mais seulement à celle de son apparence chromatique. En ce qui concerne à présent le procès de la police américaine, autant celui de sa violence légendaire me paraît légitime, autant l'affirmation systématique et a priori de son racisme foncier me paraît grosse de conséquences.

Au lendemain des violentes émeutes, suivies de pillages et d'exactions meurtrières, une journaliste sur la chaîne pourtant libérale CNN a osé demander à un sénateur noir américain s'il pensait, à l'instar du président Obama, que les jeunes insurgés étaient «des voyous». Outragé, le politicien a rétorqué: «et pourquoi pas des nègres, pendant que vous y êtes !» Pendant ce temps, de nombreux blancs américains se plaignent de ce que cette racialisation systématique ne marche qu'à sens unique, et que par exemple, nul n'ait le droit de d'observer que de nombreux blancs sont les victimes d'une criminalité colorée. Rien n'est pire - et plus raciste - que de laisser à croire, contre l'évidence factuelle, que le racisme serait le monopole d'une seule communauté ethnique. Il ne saurait être contestable que le racisme anti-Noir aux États-Unis soit toujours une valeur sûre. Mais beaucoup ignorent en France que de nombreux Afro-américains étaient réticents à voter Obama parce que ce métis… n'était pas assez noir.
Dans ce contexte unilatéral d'obsession de la race et du racisme, sur fond d'emballement médiatique, dans un climat où la victimisation des uns renforce mécaniquement un ressentiment qui entraîne les autres dans une dénégation toute aussi sincère, tout débat rationnel devient impossible. À commencer par le débat judiciaire qui exige, pour être impartial, d'être serein. À fortiori dans un pays qui élit ses procureurs…

Voilà pourquoi, au lendemain des massacres de janvier, avoir voulu convoquer la question raciale en France, en invoquant «un apartheid social et ethnique» était non seulement injuste et injustifié, mais particulièrement irresponsable.
La racialisation a priori et systématique des faits sociétaux, l'obsession de la race, l'antiracisme professionnel, la médiatisation gourmande sont les ingrédients indispensables d'une machine infernale raciste qui relève de la machination inconsciente des perversions humaines.

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 15:37

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Le Blognadel: Les Français, l'immigration et l'hypocrisie de la gauche morale


Publié le 27/04/2015
FIGAROVOX/CHRONIQUE
- Pour Gilles-William Goldanel, malgré les tragédies et le discours culpabilisateur d'une partie de la gauche, les Français réclament plus de fermeté en matière d'immigration.

Gilles- William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Il tient une chronique hebdomadaire sur FigaroVox.

Une majorité de Français, y compris à gauche, entendent désormais voir appliquer plus fermement les lois contrôlant l'immigration (sondage Odoxa - iTélé 24 avril). Ils ont compris.
Ils ont compris que l'Europe était un continent à la dérive, sans barreur pour la guider.

Ils ont compris que pendant plusieurs décennies de propagande idéologique abêtissante, leur esprit avait été décérébré et leur cœur artificiellement gonflé à l'air du temps d'une sollicitude unilatérale pour l'Autre angélisé.
Ils ont compris que le chantage au racisme et à la xénophobie fantasmés dissimulait une volonté d'annihiler leur propre capacité de résister pour la défense d'une identité, d'une sécurité et d'une dignité dont ils seraient indignes.
Ils ont compris qu'ils n'étaient pas coupables de la dislocation des États-nations arabo-islamiques et qu'il n'était pas nécessaire de créer une seconde Érythrée en Europe sous le prétexte que la première sombrait sous les coups de l'islam radical.

Ils ont compris que la mauvaise conscience permanente était encore pire que la bonne conscience suintante.
Il savent quoi penser désormais de ces faux humanistes qui ont précipité leur pays au bord de l'abîme et qui continuent après les attentats de janvier et la saturation de l'immigration à continuer de pérorer. Comme cette opinion présentée sérieusement dans un quotidien vespéral le 20 avril et qui propose pour freiner la poussée migratoire… de ne pas la freiner «puisque les frontières n'ont jamais été aussi fermées et les migrants aussi nombreux»…

Ils comprennent à présent qu'il ne s'agit que d'un sophisme stupide issu du relativisme gauchisant qui n'a même plus l'apparence de la générosité.

Ils savent que le marché politique se partage aujourd'hui entre deux sortes d'hypocrites: ceux qui ne veulent pas avouer leur rêve d'une Europe sans frontières, ouverte à tous les vents marins.
Et ceux qui feignent de croire que le droit d'asile actuel peut faire le départ entre ceux qui peuvent rester et ceux qui doivent partir.

lls comprennent que les frontières de l'Europe n'existent plus réellement et que le droit d'asile est dévoyé puisque ses innombrables déboutés se maintiennent, que cela plaise ou non au citoyen victime.

Les candidats à l'asile obligatoire le comprennent tout autant, et les passeurs sont là pour le leur confirmer, raison pourquoi ils préfèrent forcer les frontières illusoires de l'Europe candide plutôt que de frapper à la porte cadenassée des riches émirats désertiques et musulmans.
Les Français déniaisés n'ont plus peur, malgré les intimidations, de dire qu'il existe un problème existentiel de l'islam radical en Europe comme dans le monde.

Ils ont vu cette semaine, au moins dans les colonnes de ce journal, ces images de foules nombreuses de jeunes tunisiens célébrant à Kairouan comme à Jendouba, à la fois - et avec une belle cohérence - l'État Islamique et Adolf Hitler.

Demain, les Français n'auront plus peur de redécouvrir les racines judéo-chrétiennes de la France.
En dépit de la médiocrité politique et médiatique ambiante, on se reprend donc à espérer dans le peuple français.
Celui-ci approuve également dans sa majorité les lois-acceptées par la gauche et la droite confondues-qui encadrent juridiquement les pratiques des services de renseignements pour relever le défi terroriste.

Les Français ne sont plus intimidés par les associations qui prétendent, le cœur en étendard, vouloir leur bonheur et leur liberté. Ils ne sont plus très impressionnés par le magistère intellectuel et moral de ce syndicat de magistrats et de peintres muraux, vent debout contre la loi «liberticide», mais qui ne voit pas d'inconvénient à ce que le fisc soit informé du moindre de nos mouvements ou que la conversation confidentielle entre un ancien chef de l'État et son avocat soit écoutée et diffusée planétairement.

Ils savent que ces mêmes organisations, pour honorer des principes dont on s'épuiserait à comprendre le fondement, étaient tout aussi acharnées contre la création d'un fichier des délinquants sexuels qui aurait pu, s'il avait été constitué plutôt ,éviter de nombreux drames.
Les mêmes poussaient des cris d'orfraie contre cette télésurveillance dans les lieux publics qui a permis de mettre hors d'état de nuire de nombreux assassins et terroristes.

Les Français qui acceptent d'être fouillés à l'entrée des magasins et de faire longuement la queue devant les portiques de sécurité des aéroports sont bien placés pour savoir qu'ils ne vivent pas dans un monde idéal et que leur liberté est déjà écornée. Ils comprennent que dans la société libre dans laquelle ils vivent, le défi des terroristes sera difficile à relever et impossible si l'on suivait l'avis de ceux qui, par prétendue peur du Grand Frère, se sont employés à faciliter la vie des uns et à pourrir la vie des braves gens.

Bien entendu, l'auteur de ces lignes ne confond pas les associations faussement humanistes, les esthètes disgracieux, les démagogues extrêmes avec les juristes prudents qui ont parfaitement le droit de critiquer tel ou tel aspect d'une loi imparfaite parce qu'humaine.

Mais la majorité des Français ont compris que leur État-nation, leur État de droit démocratique, est le dernier rempart contre cette barbarie qui vient, qui est déjà là.
Raison pourquoi, il ne doit pas être traité avec une appréhension hostile, mais avec une bienveillante compréhension.


Gilles William Goldnadel ©

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 08:48

Paru dans FIGAROVOX LE 20/04/15
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Tragédie en Méditerranée, racisme en Afrique du sud: Le Blognadel

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Tragédie migratoire au large de la Méditerranée, affrontements xénophobes en Afrique du Sud: pour Gilles-Wiliam Goldnadel, la semaine passée aura été difficile pour les «marchands de préjugés et d'idées imposées».

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

La semaine qui vient de s'achever aura été difficile pour les marchands de préjugés et d'idées imposées.
D'abord, les drames en Méditerranée. Sauf à être dénué d'humanité, impossible de ne pas s'apitoyer devant le spectacle de cette tragédie marine. La cécité est-elle pourtant une absolue nécessité ? On voudrait nous faire croire que tous les embarqués seraient des résistants fuyant les rivages ravagés de l'islamisme triomphant. Les chrétiens jetés à la mer ou massacrés par des musulmans radicaux étaient sans doute d'un avis différent.

Certes, beaucoup proviennent de la Libye dissoute dans les conflits tribaux. Raison de plus pour cesser de prendre pour argent comptant les affirmations péremptoires des docteurs de la foi progressiste qui hier encore chantaient les louanges du printemps arabe libérateur. Les mêmes voudraient nous faire croire que tous les candidats à l'asile viennent de l'Afrique du Nord en proie aux malheurs guerriers. Et un mensonge de plus: beaucoup viennent du Ghana calme, du Sénégal tranquille ou d'une Côte d'Ivoire qui a retrouvé la stabilité.

Puisque nous en sommes à proférer d'ingrates vérités, endossons définitivement l'habit étriqué du raisonnable raisonneur que peu de politiques sont prêts à revêtir.

À ce degré de saturation de l'immigration extra européenne incontrôlée, à ce niveau inégalé de danger du terrorisme islamique, l'Europe peut-elle se permettre d'être encore plus ouverte et accueillante ?

Pour le dire plus doucement, ne faut-il pas regretter qu'à la place d'une immigration de travail intelligemment et patiemment menée, une immigration forcée et un droit d'asile dévoyé ne permettent plus au vieux continent endetté de pouvoir accueillir dans la sécurité et la dignité les malheureux qui le méritent vraiment ?

Autre question qui fâchera les procureurs de l'Occident éternellement responsable: pourquoi certains émirats ou royaume désertiques et richissimes ne recueillent-t-ils pas naturellement leurs frères à qui les lient une langue et une religion communes ? Ce ne serait après tout que justice, après avoir financé ceux qui les font fuir.
Mais il est plus aisé de se couvrir de cendres. Ainsi encore pour le mot «xénophobe». On voudrait nous faire croire que ce vocable infamant ne s'écrit qu'avec une encre blanche.

Las, les émeutes meurtrières de Durban et de Johannesburg, autrement plus sanglantes dans la nation arc-en-ciel qu'en terre tricolore, devraient montrer aux marchands de préjugés une vérité plus complexe que la représentation binaire du monde qu'ils nous imposent. Cette vérité est tellement effrayante que le Monde du 19 mars, dans le cadre d'un article intitulé éloquemment «Comprendre les violences xénophobes en Afrique du Sud», l'explique en rejetant la faute sur l'ancien pouvoir blanc… Heureusement, un autre article autrement plus lucide de Jean-Philippe Rémy constate que l'opinion xénophobe est largement partagée au sein de la société sud-africaine.

Peut-être est-il temps d'admettre enfin et tristement qu'au sein de la malheureuse société humaine, le racisme est l'un des préjugés les plus équitablement partagés. Ne plus en attribuer le monopole à une seule couleur serait guérir enfin non seulement d'un racisme chromatique, mais en sus de l'un des masochismes les plus pervers du monde de l'après-guerre.

J'ai beau avoir, comme on le sait, condamné à longueur de colonnes la politique pénale de Mme Taubira, je n'aurais pas la malhonnêteté intellectuelle de lui imputer la moindre responsabilité morale, fût-elle indirecte, dans le viol suivi d'assassinat de la malheureuse petite Chloé, à Calais. Lorsqu'un psychopathe s'empare en plein jour d'une fillette de neuf ans, l'emporte sous le bras, pour la violer et lui voler la vie quelques kilomètres plus loin, c'est toute la société qui est désemparée.

Il n'en demeure pas moins que l'individu avait fait l'objet d'au moins deux condamnations pour des agressions graves. Que le rapport psychologique était accablant quant à son refus de toute frustration. Que sa dernière condamnation à six années de prison ferme date de 2010. Que si aucune remise de peine, en l'espèce moralement injustifiable, n'avait été acceptée, ce réitérant ne serait sorti qu'en 2016. Que Chloé serait toujours vivante. Qu'en dehors de toute discussion philosophique sur la prison, celle-ci est encore la meilleure des prophylaxies.

Que l'idée de fatalité est le plus redoutable et commode de tous les préjugés.


Gilles William Goldnadel©

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 10:46

Paru dans FIGAROVOX LE 30/03/15
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Chômage, syndicats, idéologie antiraciste: Le plaidoyer de Goldnadel

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel dénonce les «exceptions françaises» qui sapent l'industrie, ruinent l'économie et lassent les esprits, comme le souligne le verdict des départementales.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


Commentant les mauvais résultats encore enregistrés sur le front du chômage, en dépit de la reprise économique en Europe, les économistes de tous bords ont constaté avec accablement une «exception française».
Peu cependant ont voulu questionner les causes profondes de ce cheminement solitaire. C'est que notre pays est tristement exceptionnel.

Il n'y a qu'en France où des syndicats marxistes ou trotskistes, dénués de toute représentativité véritable, continuent dans la résignation générale à faire passer leur idéologie ringarde et souvent violente de la lutte des classes avant l'intérêt de l'entreprise.
Peu, dans cette habituation craintive et révérencieuse, osent reconnaître que cette conception idéologique a puissamment contribué à détruire des pans entiers de l'industrie française. À commencer par ses ports, ses docks et ses chantiers navals. Il n'y a qu'en France que les grèves dans les services publics sont considérées par leurs victimes domestiquées comme une calamité encore plus naturelle qu'un glissement de terrain. Dans les autres pays avancés, la séquestration d'une personne humaine correspond à un grave délit proche de la prise d'otage. Dans le nôtre il correspond à un mode de lutte sociale, tolérable à dose homéopathique.
Au micro de la radio nationale, M. Martinez qui aura succédé à M. Lepaon à la tête de la CGT dans des conditions vite oubliées, a défendu sans complexe les nervis électriciens de son syndicat qui avaient saboté l'allocution du premier ministre, lors d'une de ses visites en région. Ce qui n'a pas empêché M. Macron, chantre à ce qu'il paraît de la modernité, de rendre un hommage appuyé au nouveau leader cégétiste… que celui-ci a refusé avec dédain.

C'est cette même révérence obséquieuse, devenue instinctive avec le temps, qui a empêché la presse nationale de révéler au public - à l'exception de l'auteur de ces lignes dans ces mêmes colonnes - la condamnation du syndicat CGT aux côtés de la société l'Humanité et d'une sénatrice du PCF-à une peine sévère pour d'importants détournements de fonds au détriment du comité d'entreprise d'EDF.

On comparera ce silence sicilien, comme celui qui pèse sur la gabegie et les privilèges des syndicalistes, à la fanfare médiatique qui accompagne les fautes commises ou seulement reprochées à un personnel politique moins radical.
Il n'y a qu'en France où le procès du communisme et de ses crimes aura été si peu poussé jusqu'à son terme. Il n'y a qu'ici où ceux qui, précisément, ont tenté de le mener -comme les auteurs du Livre Noir- ont été diabolisés, vilipendés, ostracisés.
Raison pourquoi, aujourd'hui encore, le Parti Socialiste, plutôt que d'en rougir de honte, peut militer sans vergogne pour une union de la gauche avec le PCF et l'extrême gauche judéophobe et islamophile.Tout en se payant le luxe de donner des leçons de prophylaxie antiraciste à une droite parlementaire française qui n'a même pas la culture historique de l'horreur communiste pour lui répliquer.
Il n'y a qu'en France où un Syndicat de Magistrats extrémistes, convaincu de l'inutilité de la prison -sauf pour ses adversaires- peut se permettre à la fois d'injurier ses opposants politiques et des parents de victimes d'assassins tout en co-gérant intellectuellement et politiquement le ministère de la justice.

Il n'y a qu'en France - parmi tous les pays de liberté - où une personne peut être condamnée à neuf mois de prison ferme pour avoir publié sur son site une caricature raciste à l'encontre d'une ministre noire, sans que cela ne déclenche l'indignation des professionnels de l'indignation.

Il n'y a qu'en France où, à l'inverse, le racisme anti blanc ne peut désormais plus être condamné sous le prétexte que la race blanche ne serait pas scientifiquement établie…. (17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Jugement du 19 mars 2015).

Il n'y a qu'en France où le monde artistique plastronne impunément sur le principe d'une exception française» qui consiste avant tout à imposer un régime ruineux d'intermittence au profit de bénéficiaires transformés en privilégiés permanents. Et peu importe si un tel statut coûte 1 milliard d'euros à un État en faillite. Peu importe non plus que l'on n'ait pas remarqué en contrepartie une exception française au regard de la qualité de la créativité cinématographique, théâtrale ou télévisuelle.

Il n'y a qu'en France où nul ne s'insurge vraiment contre le fait, mollement contesté par les intéressés, que le service public de l'audiovisuel soit aux mains d'une caste idéologiquement conformiste, aux privilèges dispendieux, platoniquement dénoncés par la Cour des Comptes. Caste qui, jour après jour, impose aux contributeurs d'une redevance obligatoire, sa conception archétypique du monde.

Il n'y a qu'en France où il n'existe pas un organe de contrôle digne de ce nom qui se ferait obligation de faire respecter le pluralisme ou un principe de neutralité qui rime dans l'esprit de ceux chargés de l'appliquer, avec hilarité. La présente autorité chargée de contrôler l'audiovisuel français réservant uniquement son énergie à la traque du politiquement incorrect, généralement de manière sélective. C'est principalement en raison de cette mainmise quarantenaire, aussi permanente qu'insidieuse, que les esprits s'étaient habitués à vivre sans réfléchir et encore moins réagir au sein de ces exceptions françaises.
À regarder le verdict des urnes, il semblerait cependant que les Français ordinaires, sous les coups de boutoir d'une réalité encore plus cruelle que l'idéologie, commencent à se lasser d'être si exceptionnels.

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 11:27

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Publié le 16/03/2015

Goldnadel: rue Hélie de Saint Marc et indignation sélective

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Diabolisation du FN, campagne anti-racisme pour Christiane Taubira, polémique engendrée par la décision du maire de Béziers: Gilles-William Goldnadel regrette que soit laissé à la gauche le monopole de l'indignation.

Gilles- William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Il tient une chronique hebdomadaire sur FigaroVox.

Ainsi, par décret gouvernemental, le diable est de retour. Il ne porte pas la barbe noire. Pas de risque de stigmatisation d'une certaine religion. Il n'est pas en Prada mais a les cheveux blonds.

Le vocabulaire religieux du Premier ministre en campagne trahit sa pensée. En revendiquant la «stigmatisation» du Front National, ce n'est pas sa disqualification par diabolisation qu'il recherche. Il sait bien aujourd'hui que cette quête est vouée à l'échec, à un moment où le discours moralisateur des «élites» en faillite, énerve plus qu'il n'impressionne. Aucune chance de prouver désormais le signe de la bête immonde sur une nuque bleu marine. Il escompte au contraire que le martyre du parti très à droite, crucifié publiquement, poussera une partie du peuple «de souche», stigmatisé par réflexe, à abandonner la droite affadie. Il n'est pas dit que ce calcul cynique soit forcément mauvais. Surtout, quand la droite parlementaire ne mène pas le combat qu'elle se devrait de mener.
Deux exemples suffiront.

Cette semaine, la campagne hystérique autour du racisme dont serait victime la garde des Sceaux s'est poursuivie. Pour la nourrir encore, l'exécutif présidentiel et gouvernemental n'a pas hésité à invoquer les déclarations d'une obscure élue municipale de droite de Juvisy-sur-Orge qui enjoignait vulgairement Mme Taubira de rentrer à Cayenne en faisant référence implicitement à son passé d'indépendantiste guyanaise. Il n'en fallu pas plus pour que le président de la République et le porte-parole du gouvernement expriment publiquement leur indignation encolérée.

L'auteur du présent article n'a jamais caché, et encore la semaine dernière, sa répulsion pour l'instrumentalisation dans la vie politique d'un racisme supposé, a fortiori lorsqu'il est infinitésimal. Mais si l'on doit vraiment se résoudre à vivre dans ce système pervers et dangereux, encore faut-il, ne serait-ce pour le neutraliser, qu'il soit équilibré.

Dans ce cadre obligé, la droite n'aurait fait que son travail en protestant contre les déclarations dénuées de toute ambiguïté de deux représentants de l'extrême gauche: l'un est le candidat du Front de Gauche pour le canton de Marseille, il s'en prend au pouvoir juif. L'autre, Bénédicte Bauret, est membre de la Ligue des Droits de l'Homme. Elle est élue de l'extrême gauche à Mantes. Convoquée par la police pour cause de boycott des produits israéliens, elle s'en est pris expressément «aux pharmaciens juifs» qui commercialiseraient des médicaments de la marque Teva, estampillés de l'étoile davidienne…
À un moment où l'on sait le Front de gauche fort chatouilleux sur le sujet, et la gauche socialiste toujours aussi sentencieuse, l'intelligence, la morale et l'intérêt politique commandaient à la droite de ne pas laisser le monopole de l'indignation à cette gauche indigne.

L'autre exemple est fourni par la polémique et les manifestations engendrées par la décision du maire de Béziers de rendre hommage à Hélie de Saint-Marc en lui dédiant le nom d'une rue de la cité, au lieu et place de l'ancienne dénomination du «18 mars 1962», date, on le sait, des accords d'Évian. Ici encore, l'extrême gauche est montée au front et le premier ministre de répudier «les nostalgiques de l'Algérie française». Cette chronique n'est pas consacrée à la légitimation de la décision de la municipalité biterroise. Je me contenterai donc de faire observer qu'il n'est pas illégitime de considérer effectivement que les accords d'Évian, largement foulés aux pieds, n'ont hélas pas signé la fin de la guerre d'Algérie.

Il est vrai que les deux mille musulmans harkis, chrétiens et juifs d'Oran, massacrés le 5 juillet 1962 ne sont plus là pour en témoigner. L'écrire n'est pas être nostalgique de l'Algérie française.
J'observerai encore que l'hommage rendu à Hélie de Saint-Marc, grand résistant, déporté, mutin de l'Algérie française mais réhabilité et décoré par l'ancien président de la République, n'a rien de répréhensible. Mais je ne demanderai pas à un Mr Poutou, de ce NPA qui participait à la manifestation de protestation de Béziers comme il participait aux manifestations interdites et antisémites pour Gaza de le comprendre.

Mon propos est ailleurs. Pourquoi laisser, ici encore, à la gauche indigne le monopole de l'indignation ? Dans mes dernières chroniques, je n'ai eu de cesse de rappeler que plusieurs municipalités communistes ayant fait citoyens d'honneur des terroristes condamnés leur ont dédié le nom d'une rue ou d'une allée. La droite n'a pas bougé.

Et qu'en est-il des nombreuses rues Lénine, grand massacreur sous le soleil trompeur de la révolution bolchevique ? Des rues Maurice Thorez, déserteur après le pacte germano-soviétique et stalinien de la première à la dernière heure ? Et tant qu'à mener la guerre des rues, que dire du choix délicat de Carnot, bourreau de la Vendée, pour la ville vendéenne de Challans ?
La rue n'est pas la propriété exclusive de la gauche ni de sa mémoire sélective. Le nom des rues, non plus.
La droite parlementaire n'est pas habilitée à se plaindre de la partialité médiatique sans avoir entrepris le combat culturel qu'elle n'a jamais voulu mener. Et il n'est de victoire politique à espérer sans bataille des esprits et des cœurs à livrer. Rue par rue.

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