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Jeudi 20 novembre 2014 4 20 /11 /Nov /2014 10:04

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/11/19/31002-20141119ARTFIG00345-gilles-william-goldnadel-le-vote-des-deputes-va-encourager-le-maximalisme-des-palestiniens.php

19/11/14

Gilles-William Goldnadel: Le vote des députés va encourager le maximalisme des Palestiniens

 

FIGAROVOX - Pour le polémiste Gilles-William Goldnadel, le vote de l'Assemblée nationale du 28 novembre sur la reconnaissance de l'Etat palestinien va donner un blanc-seing au Fatah pour bloquer les négociations.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

 


Ainsi donc, des parlementaires de la gauche socialiste et de l’extrême-gauche écologiste veulent faire adopter des propositions de loi visant à voir reconnu un « État de Palestine ».
Alors même que je suis depuis toujours partisan de la création d'un État pour les Arabes de Palestine, je vais tenter d'expliquer pour quelles raisons je suis opposé à ces initiatives.
Je sais ma tâche délicate, dans un contexte passionnel rien moins que rationnel et où les faits cèdent constamment le pas à l'idéologie.
 
C'est ainsi que les auteurs des propositions de loi reconnaissent qu'elles n'ont qu'un caractère symbolique. Ils sont conscients que sur le plan juridique international, elles n'ont aucun sens ni aucune légalité, en l'absence de frontières délimitées et d’une représentation politique des Arabes de Palestine, divisés en deux camps.
 
Même lorsqu'il s'agit d'un drame qui peut enflammer une région qui brûle déjà d’un feu infernal et qui s'est exporté en France pendant l'été, la gauche n'a pas perdu son goût du psychodrame lyrique et de la pensée magique.
 
Elle devrait pourtant savoir que la poésie politique a été dans l'histoire malheureuse des hommes le plus efficace des fossoyeurs des grands cimetières sous la lune.
Peu importe qu'elle se soit constamment trompée. Elle préfère, comme on le sait, avoir esthétiquement tort avec Sartre que raison ingratement avec Aron.
 
Il faut voir avec quelle superbe, il n'y a encore que quelques mois, elle traitait avec arrogance ceux qui manifestaient quelque prudence devant ce qu'elle appelait extatiquement « le printemps arabe » et qu'elle assurait avec hauteur que l'islamisme triomphant dans les urnes allait se dissoudre dans la démocratie.
C'est un drame énigmatique que cette gauche intellectuelle ou politique continue d'exercer son influence sur le monde médiatique et politique français.
 
Il y a évidemment une raison plus fondamentale qui explique mon opposition.
Et ici encore, je sais la difficulté à être lisible. Le monde médiatique et politique français a su depuis longtemps démontrer son grand esprit critique à l'égard de l'État Israël. Il existe des motifs que je n'aime pas mais connais bien et qui reposent d'abord et avant tout sur une détestation pathologique de l'État-nation occidental issue de 1968. Le fait qu'il s'agit d'un État juif n'est pas une circonstance améliorante. Ils existent aussi des considérations commerciales et diplomatiques sur lesquelles je ne devrais même pas insister même si elles sont aujourd'hui occultées.
 
Mais il existe aussi de bonnes raisons de critiquer Israël, dont le personnel politique ne brille ni par la qualité ni par la créativité. Et je ne méconnais certainement pas, dans ce contexte politicien, le problème des implantations.
 
Il n'en demeure pas moins que le monde politique et médiatique français ne montre pas, c'est un euphémisme cruel, le même esprit critique à l'égard de la partie arabe palestinienne.
Il y a quelques jours, dans ce même journal, citations à l'appui, je démontrais que les déclarations incendiaires et antijuives à propos des mosquées de Jérusalem d'un président de l'Autorité Palestinienne, obstinément considéré comme « modéré », avaient été occultées.
Si l'on avait voulu, et si l’on veut encore, obliger les parties à un compromis territorial forcément douloureux, il eut fallu, il faut encore, leur tordre le bras avec équité.
 
Or, alors que la politique d’implantation d'Israël fait l'objet d'une critique unanime, l'irrédentisme palestinien qui sévit encore se caractérise par la poursuite de ses exigences sur le retour des petits-enfants des réfugiés au sein d'Israël ainsi que par son refus de reconnaître celui-ci comme l'État du peuple juif. Cette constance, qui est centenaire, leur a fait refuser les propositions de partage des gouvernements Barak et Olmert, y compris sur Jérusalem. Étrangement, le monde oublieux l’a oublié.
Cette constance, tolérée avec trop d'indulgence, explique avant tout des déconvenues dont ils sont les premiers responsables, et en dit long sur les arrière-pensées communes des représentants divisés du peuple Arabe de Palestine.
 
Accorder aujourd'hui une satisfaction politique symbolique à cette partie sans contrepartie ne fera que l'encourager à poursuivre cette politique irrédentiste.
 
Au début de son mandat, il était du pouvoir du président américain de tordre les bras des mandataires politiques arabes et juifs. C'était même un service à leur rendre à l'égard de leurs radicaux toujours prompts aux cyniques surenchères.
 
Sa politique calamiteuse et tendre pour les islamistes n'a fait qu'imiter l'hémiplégie morale et politique qui sévit encore en Europe. La Syrie, l'Irak, la Libye n'existent pratiquement plus.

 

Il n'est pas indispensable de poursuivre cette politique à l'égard d'Israël.


Par GOLDNADEL Gilles William
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Lundi 17 novembre 2014 1 17 /11 /Nov /2014 18:20

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/


http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/11/17/31003-20141117ARTFIG00240-attali-palestine-melenchon-et-assassin-s-creed-le-plaidoyer-de-goldnadel.php

Publié le 17/11/2014


Attali, Palestine, Mélenchon et Assassin's Creed: Le plaidoyer de Goldnadel

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel revient sur plusieurs polémiques ayant émaillé la semaine: Les déclarations de Jacques Attali sur l'affaire Jouyet, la charge de Mélenchon contre un jeu-vidéo et l'extradition du principal suspect de l'attentat de la rue Copernic.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Décidément, Jacques Attali a le goût de formules dont je ne doute pas cette fois de la paternité.
Après avoir qualifié Eric Zemmour de «juif antisémite», le voilà, ce dimanche à Canal+, interrogé sur l'éventuelle démission de M. Jouyet, en suite des vérités évolutives de ce dernier, inventeur du concept du «mensonge par élégance».
Nous connaissions le mensonge «de bonne foi» ou «à l'insu de son plein gré» d'adeptes du ballon rond ou de la petite reine, celui-là pourrait aussi rencontrer son succès.
Drôle de monde que ce monde où l'on ne peut plus déjeuner en privé sans qu'on vous prête sans crédit des propos que vous refusez. Où vous ne pouvez plus rencontrer des journalistes sans qu'ils vous enregistrent sous la table.
Drôle de monde que ce Monde qui le fait au nom de la morale.

J'avoue qu'élégance n'est pas le mot qui me vient spontanément à l'esprit.
Voici maintenant M. Mélenchon devenu le gardien de la mémoire de M. Robespierre.
Celui-ci n'a pas supporté de voir un jeu vidéo présenter les sans-culottes de 1793 couleur rouge sang.

Ce mercredi, au micro de France Info, un historien s'est senti l'obligation ardente de justifier auprès de l'admirateur de feu Chavez un jeu innocent qui n'aurait en rien attenté à la mémoire sacrée des héros d'une révolution dont on sait la douceur.

Nous voilà rassurés, nous qui savons les massacres de septembre, le génocide vendéen, les noyades de Carrier issus de l'imagination scabreuse des réactionnaires d'hier et d'aujourd'hui.
Ce samedi, l'extrême gauche qui préfère la rue aux urnes qui ne mentent pas, aura foulé petitement les pavés parisiens.

Si j'étais correct, j'aurais dû écrire: «la gauche de la gauche».
Pour certains géomètres médiatiques et borgnes, en effet, s'il existe bien une «extrême droite», à la droite de la droite, il n'existerait pas d'extrémité sur la gauche d'un planisphère politique en conséquence illimité.

À juste raison, le Figaro du même jour titrait que cette gauche radicale «inquiétait le gouvernement». Il est vrai que la gauche gauchisante, championne de la théorie bavarde et bravache, récuse systématiquement ses applications pratiques catastrophiques. Les communistes et communisants contestent toute paternité dans les expériences soviétiques, chinoises ou encore nord-coréennes.

Ils le font si superbement que nul n'ose ni ne songe à leur demander compte.
De même, les socialistes gauchisants récusent à présent l'expérience de ces socialistes au pouvoir qui se sont mis subitement à vouloir compter juste.

Pour lutter contre une naturelle compassion, il suffit de se souvenir combien les seconds se seront compromis dans la rue, les sections et les cellules, avec ces révolutionnaires en peau de lapin qui brandissent désormais sur leur fourche leur tête de social-traître.

On ne peut pas dire que l'extradition du suspect de l'attentat contre la synagogue de la rue de Copernic ait déchaîné un intérêt extrême.

On est libre de n'y voir que l'effet corrosif du temps qui passe sur la mémoire collective.
On ne devrait pourtant pas s'interdire de pouvoir penser et dire que si M. Hassan Diab, prétendu membre du Front Populaire pour la Libération de la Palestine, avait davantage correspondu au portrait-robot rêvé par la pensée alors dominante et encore bien puissante, son arrivée à Paris eut connu davantage de succès.

Ce samedi à 20h, TF1 a rappelé la manifestation monstre qui réunit deux jours après le drame, des centaines de milliers de citoyens sur le pavé parisien.
La première chaîne de télévision française aurait peut-être pu rappeler que cette communion nationale ne se fit qu'au prix d'un mensonge fantasmatique qui ne fut pas le dernier.

Communauté juive organisée et traumatisée en tête, on fit croire à une opinion égarée que les organisateurs de l'attentat meurtrier étaient issus de l'extrême droite néonazie et que la police française elle-même était infiltrée. On évoquait le chiffre de 10% de policiers membres d'une fantomatique et mystérieuse FANE.
L'auteur de ces lignes, en ce funeste dimanche matin, vit quelques crétins, dans le bas des Champs-Élysées, mettre le feu à des exemplaires du Figaro, ce journal de la droite honnie.

C'était le début des mensonges d'un antiracisme professionnel de pacotille qui jette aujourd'hui ses derniers feux après avoir tristement accompli son œuvre manipulatrice, de la rue des Rosiers jusqu'à Carpentras.
Il n'empêche. Si M. Diab ressemblait à M. Breivik, peu de crainte que le temps, idéologique, eut pu faire quelque chose pour effacer une mémoire meurtrie.

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mardi 11 novembre 2014 2 11 /11 /Nov /2014 21:00

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/


http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/11/11/31003-20141111ARTFIG00145-francois-hollande-droit-d-asile-israel-le-plaidoyer-de-goldnadel.php


11/11/14 

François Hollande, droit d'asile, Israël: Le plaidoyer de Goldnadel

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel revient cette semaine sur l'intervention de François Hollande, mais aussi sur le rapport Ciotti sur les failles du système d'accueil des demandeurs d'asile en France.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

L'intervention de François Hollande est à l'image de cette semaine: creuse et terne.

Il y a quelque chose de pathétique chez ce président qui cherche désespérément à retourner l'opinion. Un peu comme l'amant éconduit quand celui-ci a perdu le cœur de la femme déçue qui autrefois s'était donnée. Il peut tout essayer: le chant du guerrier zoulou, la sérénade napolitaine, la promesse de mariage, les pieds au mur, la danse du ventre ou la brouette japonaise: quand on n'est plus cru, on est cuit.


Ceci cruellement posé, quand la belle s'est offerte à un homme sur un coup de tête, parce qu'il était normal, pour fuir un plus excentrique et en écoutant les mauvaises langues, elle n'a pas le droit de se plaindre.


Surtout lorsqu'elle n'est plus très jeune et que le temps presse.

Reste à savoir à quoi ressemblent les Français qui soutiennent encore l'ancien élu.

En 1965, j'avais supplié mon gaulliste de père de voter Marcel Barbu. Je craignais que le pauvre candidat, plein de ronde bonhomie, n'obtienne aucune voix contre le général et Mitterrand lors des premières élections présidentielles au suffrage universel.


13% de gentils français sont aujourd'hui encore atteints du syndrome Marcel Barbu.

Le député Éric Ciotti vient de déposer un rapport choc sur les failles du système d'accueil des demandeurs d'asile en France (le Figaro du 6 novembre). Tout est enfin évoqué sans fard: des dossiers de demandes qui s'empilent à l'instigation de filières d'immigration, des factures hôtelières exponentielles, des centres d'accueil débordés. Plus grave encore, par un phénomène pervers très actuel qui confère davantage de droits à ceux qui devraient en être exclus, les déboutés du droit d'asile se maintiennent pour la plupart sur le territoire et bénéficient de l'hébergement au détriment de sans-domicile-fixe titulaires de la nationalité française. Les révélations contenues dans ce rapport sont riches d'enseignements pour un pays qui n'a plus les moyens d'entretenir décemment ses nationaux et immigrés légaux en difficulté.


Si l'on suivait les beaux esprits, ou plutôt ceux qui voudraient en avoir l'apparence, tels qu'on les entend, par exemple, en permanence sur la chaîne rien moins que pluraliste de service public ARTE, la France, pourtant déjà plus qu'accueillante, devrait accueillir sans sourciller tous les demandeurs qui le demandent.

Au nom de quel principe moral supérieur, la France renoncerait-elle à son droit sacré et souverain de propriétaire terrien d'accueillir qui elle veut et peut ?


Seconde question, encore plus défendue: La plupart des demandeurs qui s'invitent sans être conviés viennent de l'Orient en guerre. La France est-elle la première responsable des convulsions de l'islam et des dérives de son islamisme conquérant ?


Et cette question, jamais posée - tant elle relève de l'impensée - qui en découle: On demande à l'Europe, déjà envahie par les clandestins, de nouveaux efforts: Pourquoi les malheureux chassés par la guerre ne pensent pas à frapper à la porte des émirats, plus spacieux, plus proches, plus riches, et qui partagent avec eux la même fraternelle culture religieuse et linguistique ?

Parce qu'ils savent qu'ils n'ont aucune chance de pouvoir compter sur la faiblesse de leurs dirigeants et la démagogie de leurs médias ?


Dans un ordre d'idées pas si éloigné, dures questions également autour de cette dure semaine d'émeutes à Jérusalem. À commencer pour celui qui la pose, tant l'esprit critique hexagonal, aiguisé, quelquefois à raison, lorsqu'il s'agit d'Israël, est émoussé quand il s'agit de regarder rationnellement les arabes palestiniens.


Pourquoi la presse française évoque-t-elle sans réfléchir des «colons» à propos des Juifs qui s'installent à Jérusalem, capitale de la Judée historique ?


Pourquoi la même presse, avec pertinence, relève-t-elle les provocations démagogiques, en toute hypothèse inopportunes, de certains députés extrémistes Israéliens se rendant, à grand renfort de publicité, sur le Mont du temple et des mosquées, tout en passant sous silence les sorties antijuives de Mahmoud Abbas ?


C'est ainsi qu'alors que l'on sait, ou devrait savoir, que l'islam radical, à commencer par le Grand Mufti allié à Hitler, a toujours utilisé dans l'histoire le mythe des mosquées de Jérusalem «en danger» pour mettre le feu aux poudres (lire à ce propos «Jérusalem» de S. Montefiore ou encore «Terre promise, trop promise» de N. Weinstock), aucun journal français, n'a émis le moindre doute sur la réalité des périls.


Aucun, surtout, n'a cru devoir reproduire le discours incendiaire du président de l'Autorité Palestinienne, obstinément considéré comme un modéré intouchable.


Même lorsqu'il s'adresse le 17 octobre à son peuple dans une allocution qui a été diffusée 19 fois en trois jours à la télévision palestinienne : «Nous devons empêcher les JUIFS d'entrer sur l'esplanade de la mosquée, ils n'ont pas droit de la SOUILLER. Nous devons les empêcher par tous les moyens. Nous devons les empêcher d'entrer. Dressons-nous devant eux pour protéger les lieux saints».


Aucun journaliste, ordinairement épris d'antiracisme, ne s'est davantage interrogé sur la légitimité d'un discours qui proscrit toute présence juive sur l'esplanade du temple de Salomon entérinant ainsi implicitement l'ostracisme islamique qui considère toujours les «infidèles» dans certains lieux, comme des profanateurs à combattre.

De là à penser que quelle que soit la perception accrue des dangers de l'islamisme, l'idéologie anti-occidentale est toujours rebelle à la réalité, il n'y a qu'un pas, que je franchis. Sans grande allégresse.


Enfin, ultimes questions iconoclastes pour la religion laïque aux mains de quelques clercs médiatiques.

Pourquoi employer le générique mensonger «les lycéens», à propos des quelques centaines qui ont manifesté en hommage à Rémi Fraisse et «contre les brutalités policières», cornaqués par quelques extrémistes professionnels ?


Pourquoi surtout, avoir fait quasiment silence sur la mort cette semaine de deux jeunes policiers ? Eux aussi avaient moins de 30 ans.


Devrait-on éprouver moins de compassion pour deux jeunes, morts dans l'exercice de leurs fonctions, que pour un troisième, dont seul on retiendra le nom, tombé au milieu d'une manifestation violente ?


Il devrait être permis de dire non.

Par GOLDNADEL Gilles William
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Jeudi 6 novembre 2014 4 06 /11 /Nov /2014 12:44

 

 

Bloc-note
ACTUALITE JUIVE - N° 1318   – Jeudi 6 novembre 2014


Les impostures de Mahmoud Abbas


Un observateur candide aurait pu imaginer que les effets de la terreur islamiste auraient amélioré la compréhension du public pour les problèmes que rencontre le peuple d'Israël.
Force est de constater qu'il n'en est rien, et que les médias, toujours sous influence idéologique, ne montrent pas le premier signe de début de commencement d'esprit critique à l'égard du discours palestiniste.
 
Pire encore, le système occultation-focalisation que j'ai souvent dénoncé demeure le mode de fonctionnement qui régit le conflit israélo-palestinien.
 
C'est ainsi qu'alors que l'on sait, ou que l'on devrait savoir, que l'islam radical, à commencer par le grand mufti allié à Hitler, a toujours utilisé dans l'Histoire le mythe des mosquées de Jérusalem en danger pour mettre le feu aux poudres (lire « Jérusalem » Simon Sebag Montefiore ou encore « Terre promise, trop promise » Nathan Weinstock), aucun journal français, n'a émis le moindre doute sur la réalité du péril.
 
Aucun, surtout, n'a cru devoir reproduire le discours incendiaire d'un Mahmoud Abbas, obstinément considéré comme un modéré intouchable. Même lorsqu'il s'adresse le 17 octobre à son peuple dans une allocution qui a été diffusée 19 fois en trois jours à la télévision palestinienne « Nous devons empêcher les juifs d'entrer sur l'esplanade de la mosquée, ils n'ont pas le droit de la SOUILLER. Nous devons les empêcher par tous les moyens. Nous devons les empêcher d'entrer. Dressons-nous devant eux pour protéger les lieux saints ».

 
Aucun journaliste, ordinairement épris d’antiracisme, ne s'est davantage interrogé sur la légitimité d'un discours palestinien qui proscrit toute présence juive sur l'esplanade du temple de Salomon, validant ainsi implicitement un ostracisme islamique qui considère les « infidèles » comme des profanateurs.


« Un ostracisme islamique qui considère les « infidèles » comme des profanateurs.»

 
En revanche, il ne s'est pas trouvé un journal hexagonal pour ne pas reprendre la terminologie disqualifiante d’«extrême droite » pour étiqueter le rabbin Glick, victime d'un attentat commis par un membre du Hamas.
 
Ce terme n'est jamais utilisé lorsqu'il s'agit de situer politiquement les nationalistes Arabes de Palestine.
 
De la même manière, on n'a jamais observé un « faucon » planant au-dessus de Gaza ou de Ramallah. Cet oiseau de proie n'ayant été détecté par les ornithologues médiatiques que dans la constellation israélienne.
 
C'est dans ce contexte, qui ne se caractérise ni par la bienveillance ni par l'intelligence, que l'on doit se demander qui importe en France le conflit israélo-palestinien.
Martine Aubry, tyrannosaure du PS, entre deux propositions préhistoriques, ne fait pas autrement lorsqu'elle suspend les relations de sa ville de Lille avec celle de Safed, pour complaire à une partie de cette population qui avait déjà apprécié sa décision de ne pas mélanger à certaines périodes les filles et les garçons dans le même bassin municipal.
Soyons justes, Martine Aubry n'est pas la seule progressiste européenne à caresser certains barbus dans le sens de leur poils.
 
Le nouveau premier ministre suédois ne fait pas autrement lorsqu'il reconnaît « l'État de Palestine ». Cette décision qui se donne un air humaniste ne devrait pas déplaire aux nazislamistes de Malmö qui font la chasse aux juifs, ainsi qu'à leurs idiots utiles d’extrême gauche à keffieh.
 
À ce degré d'abaissement dans la soumission qui ne fera qu'encourager les surenchères extrêmes, il est sans doute inutile de citer ce passage de José Maria Aznar dans son article du Times (25 octobre):

« Nous appelons les dirigeants responsables des nations libres à rejeter les mouvements unilatéraux qui avantagent exclusivement un côté. Nous demandons aux dirigeants d’exhorter les deux parties à reprendre les pourparlers bilatéraux directs. Si nous voulons avoir un État palestinien démocratique, libre, pacifique et prospère à côté d'Israël, en reconnaissant une entité qui est loin d'être démocratique, libre, pacifique et prospère, cela fera uniquement échouer toute possibilité qu'un tel État puisse exister dans le futur. »

Par GOLDNADEL Gilles William
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Lundi 3 novembre 2014 1 03 /11 /Nov /2014 17:52

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/11/03/31001-20141103ARTFIG00213-le-requisitoire-de-goldnadel-contre-la-recuperation-politique-de-la-mort-de-remi-fraisse.php

Le réquisitoire de Goldnadel contre la récupération politique de la mort de Rémi Fraisse

Publié le 03/11/2014 


Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Le polémiste Gilles-William Goldnadel s'insurge contre la récupération politique de la mort de Rémi Fraisse par une partie des opposants au projet de barrage de Sivens.
 
La gauche gauchisante a l'art de transformer un drame en psychodrame. C'est un art dramatique.
Nul n'a osé prétendre qu'un gendarme français a voulu volontairement attenter à la vie d'un jeune manifestant, pendant qu'il faisait face à une horde de dangereux excités.

La mort accidentelle de Rémi, dans la fleur de l'âge, est donc un drame.
Ni plus ni moins dramatique que la mort, toute aussi affreuse, d'un jeune dans un accident routier.

L'heure aurait donc dû être à la pudique et naturelle compassion. À commencer pour la famille Fraisse. Mais c'était sans compter le génie psychodramatique de la gauche extrême. Son goût consommé pour le martyrologe déplacé. Son absence de toute décence superflue qui autorise toutes les audaces.

Depuis la mort de Clément Méric au cours d'une rixe entre nervis rouges et nervis bruns, aucun drame n'avait permis à la gauche extrême de donner la pleine mesure de son extravagance théâtrale.

Déjà à l'époque, l'antifascisme d'opérette avait autorisé les poses les plus audacieuses.
On avait entendu de jeunes résistants entonner «le chant des partisans». On avait lu, sous la plume de socialistes aujourd'hui plus pondérés, que par capillarité, la droite décomplexée était responsable de la mort du malheureux.
Cette fois, ce n'est pas l'antifascisme fantasmé qui inspire le génie théâtral de la gauche verte et hyperbolique, mais son anti-étatisme et policier congénital.

Ne boudons pas ici notre plaisir masochiste d'échantillonner quelques exemples emblématiques de l'indécence des histrions de l'écologie dévoyée:
- un très politicien revanchard: «Une tâche indélébile sur le gouvernement» (Duflot).
- un très cyniquement instrumental: «On ne construit pas un barrage sur un cadavre» (œuvre collective de Bové José et Mamère Noël).

Enfin, c'est l'écologiste radical Éric Pététin qui s'y sera collé pour oser la référence historique de rigueur quand il s'agit pour un ange de fantaisie de vouloir faire la bête immonde: la mort de Rémi «un fascisme d'État»

Transformer systématiquement tout drame authentique en psychodrame obscène révèle une psyché bien perverse.
Lorsque les manifestants cagoulés de Nantes ou de Toulouse veulent casser du flic sous prétexte de rendre hommage «à leur camarade Rémi», ils montrent qu'ils se soucient du malheureux comme d'une guigne, et qu'ils entendent capitaliser son «martyre» à des fins purement subversives ou, plus simplement encore, pour satisfaire leur plaisir pulsionnel de cogner et détruire.

Lorsque les Verts, plutôt que condamner leur violents alliés zadistes, préfèrent régler leur compte avec le PS, ou brandir la dépouille du jeune manifestant pour passer en force sur le terrain, ils dévoient et pervertissent une cause écologique ou animale, par ailleurs respectable.

Le plus désolant est que cette sinistre farce, surmédiatisée, n'impressionne aucunement l'immense majorité d'un public qui n'en est plus la dupe, mais modifie néanmoins irrationnellement l'équation sur le terrain en tétanisant les décideurs.
La droite française s'est grandie en incriminant seulement les Verts retors et leurs supplétifs blackblocs, nervis en keffieh, qui terrorisent les agriculteurs du Tarn, comme ils avaient laissé pour mort un malheureux vigile à Notre-Dame des Landes.

En n'incriminant pas injustement le gouvernement de M. Valls, la droite française montre qu'elle a le sens de l'État et qu'elle sait que la violence et l'anarchie sont les deux portes grandes ouvertes sur la barbarie. Le pouvoir ne doit pas l'oublier, et il n'est pas sûr que l'abandon d'un projet, non préconisé par les experts mandatés par une dame Royal désormais dans le renoncement, ne soit pas interprété comme une victoire de la violence illégale.

Pas sûr non plus que les socialistes français, qui n'ont jamais détesté jouer Gribouille lorsqu'ils étaient sur la scène de l'opposition, eussent montré la même hauteur de vue que cette droite responsable. L'expérience passée autorise grandement le doute.
Et la nécessaire solidarité démocratique et républicaine ne doit pas empêcher l'analyse critique.

En politique, comme en économie, il n'y a pas d'impayés. On règle toujours la facture de ses inconséquences. Dans ma précédente chronique, j'invitais l'actuel premier ministre en passe d'aggiornamento, à inciter ses camarades les plus pondérés à renoncer non seulement à leur surmoi marxiste mais encore à leurs tropismes anarchisants ou internationalistes.

Le dévoiement des Verts et du Front de gauche, leur complaisance pour la violence politique, n'ont rien de nouveau sous le soleil de la Garonne ou de la Seine. Jamais les socialistes français ne leur ont demandé des comptes.

Pire, tandis qu'ils mettaient sévèrement en garde la droite française contre une noce barbare avec le fascisme fantasmé, ils convolaient publiquement avec la gauche communiste et écologiste la plus bornée d'Europe.

C'est à la fin du bal qu'on règle la musique.

 

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mercredi 29 octobre 2014 3 29 /10 /Oct /2014 10:00

Paru dans Valeurs Actuelles 27/10/2014

http://valeursactuelles.com/

http://www.valeursactuelles.com/politique/gilles-william-goldnadel-la-gauche-morbide-sen-prend-au-morts-48687

Gilles-William Goldnadel: "La gauche morbide s'en prend aux morts"

L'oeil de Goldnadel.

Chaque semaine, Gilles-William Goldnadel propose aux lecteurs de Valeurs Actuelles son regard sur l'actualité. Aujourd'hui, il dénonce le comportement inacceptable d'une certaine gauche qui, pour des raisons politiques, est prête à tout et même au pire: l'irrespect pour les morts.


On savait depuis longtemps que la gauche française n'avait pas le monopole du cœur et du cerveau.
On savait que la locution « gauche morale » était devenue une sorte d'oxymore hilarant.

Mais il semblerait que l'on ait sous-estimé l'acrimonie, la hargne, la haine sociale, bref, une méchanceté, littéralement, sinistre.

Je veux parler ici de l'irrespect pour les morts. Il existe en effet dans les nations que j'ose appeler civilisées - encore que la gauche déteste l'appellation - une tradition d'autant plus forte qu'elle n'est pas écrite et qui veut que l'on ne piétine le corps d'un homme qui vient de quitter la famille des vivants.

Cela ne veut pas dire que le mort est un saint. Cela signifie, a fortiori dans un pays qui pousse le respect de la vie jusqu'à s'être ôté le droit de l’ôter, que l'on ne tire pas sur les cadavres encore chauds.

À gauche, il arrive que la tradition naturelle soit foulée aux pieds en même temps que le défunt.
C'est ainsi que le 4 mai 2009, je consacrais un article dans lequel j’accordais une mention spéciale à Pierre Assouline qui avait cru devoir piétiner rageusement la dépouille encore chaude de Maurice Druon, coupable d'être à la fois de droite et « réactionnaire et conservateur ».

Il est vrai que le coauteur du Chant des Partisans avait également eu le mauvais goût de faire de la résistance. Bref, pour le rebelle Assouline, potentat des arts et des lettres, autant dire un authentique salaud ne méritant ni de vivre, ni même de mourir en paix.
C'est ce flambeau de la méchante bêtise qu’aura repris Gérard Filoche, membre du comité directeur du parti socialiste, et inspecteur du travail emblématique, lorsqu'il a craché sur le corps sans vie de Christophe de Margerie, traité de voleur, et de « suceur de sang ».

S’il arrivait que l’un de ces messieurs quitte la scène avant moi, je jure de m'abstenir pendant huit jours, de dire tout le mal que m'inspire celui qui crache sur les cercueils de ceux qui viennent d’y entrer.

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mardi 28 octobre 2014 2 28 /10 /Oct /2014 12:15

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http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/10/27/31001-20141027ARTFIG00329-le-plaidoyer-de-goldnadel-non-valls-n-a-pas-vaincu-son-surmoi-marxiste.php

Le plaidoyer de Goldnadel: Non, Valls n'a pas vaincu son «surmoi marxiste»

Publié le 27/10/2014


Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.
FIGAROVOX/CHRONIQUE - Le polémiste Gilles-William Goldnadel n'est pas convaincu par les déclarations récentes de Manuel Valls, qui se place en opposition à la «gauche passéiste».

 
Lorsque Manuel Valls a mis en cause la semaine dernière le passéisme des socialistes, certains commentateurs ont cru devoir y voir l'homélie funèbre, avant l'heure funeste, de François Hollande. Ils ont eu tort.


Manuel Valls a également stigmatisé «le surmoi marxiste» d'une partie de ses camarades du parti. Il a eu tort.
Le problème du premier ministre et de ses amis est infiniment plus grave et plus profond.
L'échec de François Hollande est patent. Il concerne l'homme, son caractère de ne pas en avoir, son style de ne pas en posséder. C'est cet homme qui avait fait de sa normalité bonhomme et de ses promesses inconsidérées un argument électoral que les Français ont décidé de porter au pouvoir. Il ne serait ni anormal ni inconsidéré de le leur reprocher.

Mais l'échec, tellement prévisible, du président ne saurait expliquer l'obligation d'aggiornamento de son premier ministre. Celui-ci est sans doute le mieux placé dans son camp pour comprendre que les Français ne rejettent pas seulement le premier d'entre eux, mais encore et surtout la gauche à la française. Il ne s'agit plus d'un rejet, il s'agit d'un vomissement.

Manuel Valls pointe avec raison le surmoi marxiste d'un parti du passé. Mais il est d'autre surmoi que le premier ministre aurait dû dénoncer: le surmoi trotskiste d'une gauche socialiste qui n'a cessé depuis 68 d'être attirée comme un insecte vers la lampe gauchiste, fascinée comme une midinette par la jactance pontifiante des poètes surréalistes de la politique. Jamais, on n'aura entendu le moindre responsable socialiste livrer un procès en règle contre Besancenot, José Bové ou tout autre camelot de l'extrême gauche.

Seule la droite était sommée de monter la garde à la frontière à ne pas dépasser au risque de se perdre.
Mais, a constaté Valls, les Français ne marchent plus. Il aura fallu l'échec économique reconnu enfin, pour que le comportement marxisant fondé sur la détestation des finances et du marché comme sur la taxation de ceux qui travaillent, et pire encore, réussissent, inspire un rejet désormais massif. Cette salutaire prise de conscience ne signifiera pas pour autant un gage de succès. Les syndicats marxistes, autre spécificité française peu enviable, avec lesquelles les socialistes auront convolé sans vergogne, se donnant à peine le mal de vouloir justifier leur capacité d'empêcher les réformes de structure indispensables à la survie de l'économie.

Mais il y a encore plus profond, et non dit par le premier ministre, qui caractérise l'irritation grandissante des citoyens envers la gauche à la française. Ce qu'on nomme désormais la «droitisation» de leur société n'est que leur réaction naturelle à l'internationalisme anarcho-trotskisant qui s'est emparé des socialistes désemparés par une idéologie antiraciste de pacotille qui avait néanmoins le mérite de tétaniser la droite patriotique française.
Il aura fallu ici que les Français prennent de plein fouet la réalité des effets de l'échec de l'intégration, et leurs terribles conséquences en matière d'insécurité, de terrorisme islamique, de négation de leur propre culture identitaire et religieuse, pour que leur opposition timorée se transforme en exaspération. Les palinodies du pouvoir dans l'affaire Léonarda auront porté un coup de disgrâce définitif à une idéologie xénophile dont les Français comprennent désormais qu'elle a pris le tour absurde et surréaliste d'une xénophobie à l'égard de la majorité d'entre eux et chez eux.

Manuel Valls a cru devoir encore reprocher à une partie de ses camarades de parti leur passéisme. Et ici encore il a tort. Certes, le premier ministre a raison de railler des idéologies poussiéreuses qui auront fait le malheur des pauvres peuples qui en ont fait l'expérience.


Mais ses camarades «progressistes» partagent également l'illusion de penser que le changement est consubstantiellement meilleur que ce qui demeure. Raison pourquoi la gauche française, toquée de «modernité» plus qu'aucune autre en Europe, parce que plus gauchisante, se sera employée, quelquefois malheureusement avec succès, à dynamiter les structures stables.
L'appareil étatique, la cohésion nationale, la cellule familiale… jusqu'à remettre en question l'identité sexuelle naturelle.

Et ici encore, le Français n'est plus la dupe d'une gauche morale que les scandales à répétition auront transformée en oxymore hilarant ou d'une gauche intellectuelle qui n'a définitivement plus le monopole du cerveau pour n'avoir pu lobotomiser le peuple entièrement.

Il ne s'en est pas fallu de beaucoup, compte tenu d'un bombardement médiatique, artistique et intellectuel permanent mené par une caste dont l'imposture sublime consiste à se réclamer hautement de la liberté et de la démocratie. Jamais peut-être, dans l'histoire des hommes prétendus libres, une idéologie n'aura été ainsi instillée aussi insidieusement dans l'inconscient collectif d'un peuple.

Mais l'aggiornamento de l'Obs est borné par les limites de son auteur, fut-il un homme de bien. Après tout, le premier ministre est à Matignon de par la volonté ô combien synthétique de l'Elysée socialiste. Et Manuel Valls lui-même pratique la synthèse hollandaise et joue de la contradiction du socialisme à la française, en acceptant de travailler avec l'incarnation la plus emblématique du passéisme judiciaire place Vendôme. Tout en acceptant de continuer à faire alliance avec les héritiers présomptueux de Staline et Trotsky.
Ainsi, le chemin est encore long avant qu'une gauche responsable, libérée de ses démons extrêmes et de ses fantasmes idéologiques, puisse retrouver la place qu'elle pourrait ambitionner chez ceux qui ont le droit de croire au devoir de l'Etat de maitriser le marché et l'appétit des hommes forts.

Par GOLDNADEL Gilles William
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Lundi 20 octobre 2014 1 20 /10 /Oct /2014 17:46

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Le réquisitoire de Goldnadel: Lettre ouverte à Paul McCarthy

Publié le 20/10/2014



FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel revient sur la polémique autour du sapin de la place Vendôme. Il rappelle qu'il ne faut pas confondre rébellion et provocation facile.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.
 
 
Cher Monsieur McCarthy, votre œuvre gonflable dégonflée m'aura donné l'occasion du plaisir de vous connaître. Pour le reste, la présente est destinée à vous donner, modestement, quelques conseils de provocation véritable.
M. McCarthy, vous avez 69 ans, ce qui est un très bel âge, mais je crains que vous ne compreniez pas qu'à notre époque schizophrène de grande licence, matinée d'un terrorisme intellectuel obsessionnel, on ne puisse plus provoquer avec le pipi et le caca, pas plus qu'avec le s.exe.
Le par ailleurs calamiteux mois de mai de l'année 1968 aura eu un aspect radieux: il a déculpabilisé les sexualités hétérosexuelles et homosexuelles. Il a libéré les fantasmes et les conduites dites autrefois déviantes.
Non, M. McCarthy, vous ne pouvez escompter participer d'une quelconque rébellion artistique en exhibant un jouet sexuel dans notre France paillarde, libérale et tolérante. Pas plus que vous ne l'aviez fait en représentant autrefois quelques étrons.

Votre godemichet, cher M. McCarthy, est vieux comme le monde grec. Il n'a pas la forme de la modernité. Allez visiter Milet où l'on fabriquait au troisième siècle avant la chrétienté les olisbos appréciés à Lesbos. Pour votre édification hellénique, cette imitation de phallus était confectionnée en bois ou en cuir bourré de laine et devait être généreusement frottée d'huile d'olive avant l'usage.
Dans une pièce antique dont je vous recommande la lecture directement dans la langue d'Eschyle, la jeune Métro tente d'emprunter à sa charmante Corrito son jouet sexuel. Celle-ci la renvoie sèchement vers un savetier, expert pour les fabriquer.

Aujourd'hui, M. McCarthy, il suffit de se rendre chez Sonia Rykiel pour se procurer le sextoy de son choix. Comment voulez-vous, dans ces conditions, que l'on prenne au sérieux vos fausses provocations ?
Bien sûr, quelques gens de bon goût peuvent s'étonner, ceux du moins qui n'ont pas encore perdu leur capacité d'étonnement, en dépit des outrances ringardes de la Ville de Paris, qu'on brandisse sous leurs yeux et ceux de leurs enfants (qui certes en ont vu d'autres), sur l'une de leurs plus belles places publiques, cet objet réservé à des plaisirs intimes.

Mais qu'un encoléré se soit permis de débrancher un câble de votre objet branché, ce qui a dégonflé votre baudruche gonflante, n'autorisait pas les fausses indignations de vos mécènes d'État.
Car voyez-vous, cher M. McCarthy, le maccarthysme à la française ne se trouve pas où vous devez l'imaginer. Ne comptez pas sur les parisiens pour jouer les effarouchés. Mais ils ont bien le droit de dénier toute audace créatrice et de voir une escroquerie artistique de plus sur fond d'imposture boursouflée. Pas de quoi crier au retour de l'ordre moral. La palme de l'ineptie revenant sans conteste à Fleur Pellerin convoquant, comme toujours lorsqu'il s'agit de faire la bête, un passé qu'on croyait révolu: «On dirait que certains soutiendraient volontiers le retour d'une définition officielle de l'art dégénéré» a-t-elle gazouillé légèrement sur Twitter.

Cher Monsieur Mc Carthy, puisqu'il semblerait que vous soyez en panne d'audace créatrice authentiquement rebelle, laissez donc tomber vos illustrations de merde et remisez votre godemichet géant où vous voudrez.
Je vous conseillerais plutôt, si vous voulez choquer réellement, de prendre des risques inconsidérés, dignes d'un véritable artiste engagé et rebelle.

Je vous suggère l'érection priapique d'un immense mur du Con. Vous y peindrez les deux lettres S et M, immenses et écarlates. Vous légenderez en indiquant que vous ne savez plus s'il s'agit d'un hommage au sadomasochisme judiciaire ou au Syndicat de la Magistrature.

Puis, audace suprême, radicalité pleinement assumée, vous dessinerez un véritable sapin de Noël. Un qui ressemble vraiment à un sapin de Noël. Avec un tronc marron et des feuilles vertes.
Dans l'ivresse créatrice bouillonnante et rageuse dans laquelle vous vous trouverez alors, vous oserez figurer une crèche en Judée, avec l'enfant Jésus, sa mère et même Joseph.

Enfin, n'oubliez pas, dans l'étable de dessiner un âne. Vous l'appellerez Lolo. En hommage au facétieux Roland Dorgelès et à son peintre imaginaire Boronali, qu'il avait inventé lorsqu'il s'amusait à présenter des œuvres pseudo révolutionnaires pour voir s'exclamer d'admiration les snobs et les crétins. En réalité, la toile était exécutée par Lolo, l'âne de Frédé, patron du Lapin Agile à Montmartre. Il suffisait d'attacher à la queue de l'équidé aux longues oreilles un pinceau trempé toutes les dix minutes dans un seau d'une couleur différente pour entendre le lendemain des oh! des ah! et des bravo !

Ce sera, cher M. McCarthy, un pied-de-nez mutin à tous les gros beaufs mode. Une provocation vraiment très courageuse, un geste professionnel pratiquement suicidaire mais plein de panache.
Ne pouvant vous garantir la protection de la mairie de Paris, je m'incline à l'avance devant l'artiste maudit.

Par GOLDNADEL Gilles William
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Lundi 13 octobre 2014 1 13 /10 /Oct /2014 17:07

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Mazetier, Attali, Zemmour: Le plaidoyer de Goldnadel

Publié le 13/10/2014

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel revient sur plusieurs polémiques qui ont émaillé la semaine: le débat autour de l'expression «Mme la présidente» et le face-à-face Jacques Attali-Eric Zemmour.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


 
Commençons par une confidence: je crains le donneur de leçons de morale que je ne réclame pas.
Quand il m'arrive d'en croiser un dans la rue, c'est pire qu'un chat noir, je change de trottoir.
Lorsque dans ma profession, j'en entends un vouloir m'en remontrer en déontologie, je suis sûr qu'il va «oublier» de me communiquer une pièce essentielle.

La psychologie du professeur de morale est simple: son discours vaut quittance. Plus la peine de faire le bien, si on vient de le dire. La gauche est riche en donneurs de leçons gratuites.
Pour rester chez les robins, Anne Gaillard sur France Inter, il y a des lustres, avait fait procéder à une enquête consumériste auprès des avocats en matière d'honoraires. Le résultat concret recoupait mon expérience empirique: les cabinets qui exigeaient les honoraires les plus confortables auprès des clients les moins fortunés étaient les grands cabinets de gauche.
Pour sortir de la basoche, Messieurs Cahuzac et Thévenoud aimaient chapitrer sévèrement le fraudeur du fisc. On connaît la suite et la triste fin.

Dans un autre domaine, Mme le vice président de l'assemblée nationale, Sandrine Mazetier, a entendu tancer M. Aubert pour ne pas avoir mal parlé le français.
Les mêmes faux rebelles qui érigent en dogme la désobéissance à la loi injuste voudraient imposer le respect aveugle d'un vulgaire règlement ordonnant l'application du charabia.
Il fallait la voir, lèvres pincées, en costume de sergent major brodé de Brandebourgs, imposer l'amende au député récalcitrant. Je gagerais qu'elle s'y serait prise avec plus de déférence envers un petit caïd sortant d'une tournante.
Il est vrai que la dame est une récidivante: en février 2013 elle proposait de troquer le vocable «maternelle» contre «petite école» au motif impayable que le mot était trop «maternant» donc trop connoté affectivement. C'est vrai que nos encombrants enfants ne méritent pas d'être rassurés lorsqu'ils quittent le cocon familial pour entrer à l'école.
Je doute après cela que notre vice présidente, pourvoyeuse de vertu lexicale, soit plus proche du bien que notre député mâle.

Dans un autre domaine, Jacques Attali a voulu donner une leçon de judéité à un Éric Zemmour qui ne lui en demandait pas.
Celui-ci s'est même hasardé à taxer l'auteur du «Suicide Français» de «juif antisémite» au micro de Ruth Elkrief sur BFM.

Je recommanderais pourtant au premier un peu d'humilité. J'ai beau ne pas partager les raccourcis historiques du second sur Pétain, celui-ci, que je sache, n'a pas été le conseiller d'un prince portant la francisque ou partageant le pain et le vin avec René Bousquet. Pas davantage Éric Zemmour n'a, cet été, proféré l'ineptie que les Arabes de Palestine étaient les nouveaux juifs.

Je partage avec Zemmour cette amertume d'avoir vu la Shoah et Vichy devenir l'horizon indépassable de toute vision politique. J'aurai passé une grande partie de ma vie intellectuelle à empêcher l'horresco referens absolue de servir de prisme obligatoire à toute analyse rationnelle, à commencer par les questions identitaires ou sociétales.

Pour autant, la rage zemmourienne va trop loin lorsqu'elle prête à Pétain des intentions prophylactiques à l'égard des juifs qu'il n'a jamais nourries. Zemmour a raison en revanche lorsqu'il rappelle, à l'instar de l'israélien Simon Epstein, le passé collaborationniste de nombre de dreyfusards égarés par leur pacifisme antimilitariste; mais je souscris pleinement à l'analyse de Serge Klarsfeld lorsque celui-ci rappelle que Vichy avait signé un accord selon lequel les juifs français ne seraient pas déportés. Qu'immédiatement après, cet accord était violé de la manière la plus effroyable puisque ce sont les enfants français des juifs étrangers qui ont été déportés. Qu'il y avait 4000 enfants à la rafle du Vel' d'Hiv', que presque tous étaient nés en France et Français. Que les enfants ont été déportés après leurs parents, livrés à eux-mêmes dans une effroyable solitude. Klarsfeld rappelle ce mot de Pierre Laval: «Je peux vous rassurer, les enfants ont rejoint leurs parents» !

Si le nombre de juifs déportés a été relativement limité, ce n'est pas grâce à Pétain, c'est grâce aux Français: ceux-ci ont protégé les juifs français et étrangers. Ils ont été protégés à partir de août 1942 par la population française, des communistes jusqu'aux gendarmes, car ces derniers ont vu qu'on arrêtait des femmes et des enfants. Les églises catholiques et protestantes ont également fait pression sur Vichy. Et cette pression a été efficace, rappelle Klarsfeld: «À l'été 1943, quand Vichy a voulu dénaturaliser des juifs naturalisés après 1927, l'église catholique a menacé de protester publiquement. Et Vichy a renoncé à ce projet. Vichy aurait pu dire «non» en 1942 pour l'ensemble des juifs. Vichy n'a en rien sauvé des juifs. La France n'avait pas à livrer des juifs. Vichy a arrêté les juifs non seulement en zone occupée mais aussi en zone libre». (Actualité Juive 10 octobre).

Une fois rappelé, d'une plume ferme, ce qui précède, je veux bien donner, amicalement, cette leçon d'Histoire à Zemmour (après tout, un historien israélien tel que le rabbin Michel a commis les mêmes erreurs), mais je me garderais bien de lui donner une leçon de morale juive.
À l'instar de la confédération des donneurs de leçons de la gauche morale qui s'autorise en la circonstance de rappeler sévèrement au journaliste ses origines judaïques qu'il a le droit parfait de laisser de côté.
Ces confédérés qui portent aux nues les juifs antisionistes, lorsque ceux-ci posent en juifs pour s'opposer aux autres et cracher sur Israël.
Ces confédérés qui béatifiaient Stéphane Hessel, à l'improbable judéité revendiquée, lorsqu'il déclarait à un journal allemand (Frankfurter Allgemeine Zeitung novembre 2010) que comparée à l'occupation israélienne, l'occupation nazie était inoffensive.
Je n'ai pas entendu Jacques Attali à cette époque. Pas question d'excommunication comme pour Zemmour. Par une curieuse inversion, Hessel, nouveau Spinoza, méritait un brevet de judéité particulier.

Tel encore qu'Edwy Plenel, adorateur de Hessel devant l'éternel, qui dans son récent «Pour les musulmans» croit devoir soupçonner dans la passion française d'un Finkielkraut, le zèle pathétique d'un juif «parvenu». La même suspicion que nourrissait l'extrême-droite lorsqu'elle voyait un israélite chanter un peu trop fort la Marseillaise. Les mêmes aujourd'hui, tous extrêmes confondus, lorsqu'ils me voient prendre la défense des chrétiens d'Orient contre les islamistes, me prêtent des pensées, disons un peu maussades...

Qu'on ne compte donc pas sur moi pour vouloir reprocher à Zemmour sa passion assimilationniste.
Pas plus que celui-ci ne me reproche mon pessimisme de penser que les peuples n'ont pas d'amis, raison pourquoi, les juifs - comme les malheureux kurdes d'aujourd'hui - ont été bien inspirés de vouloir leur État.

Écrivant cela, je songe à Léon Blum échangeant quelques mots avec Georges Mandel enfermé par les Allemands avec lui dans le même fort, quelques jours avant que ce dernier ne soit assassiné par la Milice de Vichy.

Mandel, juif de droite intransigeant, assimilé, que ne renierait pas Zemmour, et jusqu'alors réticent à l'égard du sionisme:
«Après tout, Blum, ce serait bien un État juif»….


Mais des leçons de morale, je n'en donne à personne. Pas plus à A qu'à Z.

Que le monde serait plus vertueux, sans donneurs de leçons.

Par GOLDNADEL Gilles William
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Mardi 7 octobre 2014 2 07 /10 /Oct /2014 17:18

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http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/10/07/31003-20141007ARTFIG00233-condamnation-de-la-cgt-decisions-du-csa-le-requisitoire-de-goldnadel.php

Condamnation de la CGT, décisions du CSA :
le réquisitoire de Goldnadel


    Publié le 07/10/2014

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Le polémiste Gilles-William Goldnadel s'étonne du peu d'écho qu'a entraîné dans les médias la condamnation de la CGT dans une affaire de détournement de fonds.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.
 
Il n'est pas interdit de s'interroger sur l'énigmatique raison qui suggère aux principaux impétrants de la droite française de vouloir se recentrer quand leurs électeurs leurs demandent de se droitiser.
Au-delà de la problématique d'un deuxième tour qui les verrait affronter une plus à droite qu'eux, il existe sans doute une raison non dite, et peut-être impensée, qui touche au médiatique.

Qui n'a pas affronté un collège de journalistes bien-pensants autant que sourcilleux sous-estime peut-être l'émoi et le surmoi de politiciens qui savent qu'une partie des électeurs sont aussi des spectateurs encore sous influence, malgré la méfiance grandissante qu'ils éprouvent pour la presse conformiste.
J'aurais usé beaucoup d'encre et de salive pour inviter les opposants à l'idéologie sommaire en majesté à faire de la question médiatique, la mère de toutes les autres.
Je ne suis pas sûr d'avoir été entendu par ceux qui disent ambitionner de réformer en profondeur la société française.

La semaine qui précède nous apporte son lot d'exemples de cette mainmise dictatoriale de l'idéologie sur la réalité des faits. Elle nous renseigne également sur l'impunité médiatique d'un syndicat CGT dont on sait qu'il constitue l'un des principaux obstacles aux transformations que réclame la grande majorité des Français.
Mercredi premier octobre: l'affaire Bygmalion a donné lieu à plus d'une vingtaine de dépêches de l'Agence France-Presse, en raison de gardes à vue qui sont intervenues.

Dans le même temps, et concernant une affaire judiciaire très importante dont j'avais déjà souligné l'occultation du procès dans ces mêmes colonnes, une unique dépêche le même jour sur le fil de la même agence de presse.
Je cite ci-après des extraits de cette dépêche adressée plus de cinq heures après la décision, sans le précieux label «urgent», contrairement aux usages en vigueur pour les autres procès: «12 condamnations, dont celle de la CGT et du journal l' Humanité , ont été prononcées mercredi par le tribunal correctionnel de Paris dans l'affaire des détournements de fonds de la caisse centrale des activités sociales (CCAS), le puissant comité d'entreprise d'EDF-GDF.

Huit personnes physiques et quatre personnes morales ont été reconnues coupables d'abus de confiance, de complicité ou recel de ce chef et condamnées à des peines de deux mois à 18 mois avec sursis et à des amendes de 4.000 à 75.000 €.

La justice leur reproche d'avoir détourné des fonds de la CCAS, le plus important comité d'entreprise de France doté d'un budget annuel de 400 millions d'euros, pour financer des prestations à la fête de l'Humanité et des emplois fictifs au bénéfice de la CGT et de sa fédération des mines et de l'énergie .
(…) la sénatrice PCF Brigitte Gonthier-Maurin, reconnue coupable d'avoir occupé un emploi fictif payé par la CCAS, où elle était censée travailler alors qu'elle exerçait ses activités à la fédération du Parti Communiste des Hauts-de-Seine, s'est vu infliger 10 mois de prison avec sursis.

La société nouvelle du journal l'Humanité et l'IFOREP, financé par la CCAS et qui avait réalisé la captation des images de la grande scène de la fête de l'Humanité de 1997 à 2005, ont chacun été condamnés à 75.000 € d'amende. Pour le tribunal, cette prestation avait été fournie sans réelle contrepartie pour 1,11 millions d'euros, entièrement pris en charge par la CCAS.».

Je m'adresse à mes lecteurs de bonne foi, qui ne confondent pas l'importance d'un fait réel avec un événement virtuel mesuré à l'aune de l'importance médiatique qui lui a été donnée arbitrairement par ceux qui ont le privilège de détenir l'information.

Qu'on ne fasse pas semblant de croire que je me plaigne de l'importance donnée au dossier Bygmalion et à ses retombées politiques dont je n'ai que faire.
Mais personne ne m'obligera à penser que de simples gardes à vue dans une affaire encore à l'instruction méritent cent mille fois plus d'intérêt que le verdict d'une affaire financière d'exception ayant donné lieu à 10 ans d'instruction et à un procès fleuve, dans laquelle le comité d'entreprise le plus important de France, la CGT, l'Humanité, et une parlementaire communiste ont fait l'objet de condamnations pénales pour des emplois fictifs et des détournements.

Personne ne me persuadera que l'écart abyssal entre la focalisation extrême de la première affaire et l'occultation totale de la seconde, n'est pas le résultat tragique d'une posture idéologique plus pavlovienne que délibérée.
Autre exemple, encore plus révoltant lorsqu'on se fait, envers et contre tout, une certaine idée de la justice.
Il s'agit d'une affaire qui avait défrayé la chronique. Elle met en cause l'Ecole Supérieure de Commerce d'Amiens. L'une de ses employées s'y était suicidée en juillet 2009 pour des raisons inconnues. Quelques employés, cornaqués par une CGT très remontée, avaient porté plainte plus tard contre les responsables de l'école pour harcèlements. Parmi lesquels une directrice (que je défendais) et un directeur. Ces deux personnes ont fait l'objet d'une relaxe définitive après une procédure cauchemardesque tant au plan judiciaire que médiatique. Ces deux innocentés pensaient en avoir enfin terminé. C'était compter sans France Culture.

Le 23 septembre les deux accusateurs déboutés se sont répandus pendant une demi-heure sur l'antenne en reprenant de terribles griefs contre ces deux personnes dont on a jeté à nouveau l'identité en pâture. À aucun moment celles-ci n'ont été prévenues de l'émission et encore moins invitées à apporter la moindre contradiction. À aucun moment la journaliste culturelle n'a cru devoir informer ses auditeurs de ce qu'elles avaient bénéficié en première instance comme en appel, d'une relaxe aujourd'hui définitive.

Je tiens à ajouter que même le bien à gauche Courrier Picard, qui n'avait pourtant pas ménagé ces personnes pendant la durée des procès, a reconnu depuis, lui aussi, leur état de victime judiciaire.
Personne ne me persuadera que ce comportement médiatique n'a pas d'origine idéologique et que la façon désinvolte dont on piétine l'honneur de certains n'est pas issue d'un sentiment d'impunité inhérent à la sainte cause que l'on est persuadé servir.

À ce stade terminal de ma révolte hebdomadaire, une question me brûle la plume : que fait le CSA, en dehors de morigéner périodiquement Zemmour et de ne jamais intervenir pour donner quelque semblant de sérieux à la notion de neutralité du service public de l'audiovisuel ?

Cette semaine, l'institution dirigée par l'ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin, a décidé d'écarter des écrans publicitaires un message, pourtant bien émouvant, de jeunes trisomiques qui expliquaient qu'ils étaient heureux, malgré leur handicap, «de vivre, travailler et aimer comme tout le monde». Nos sages si sagaces ont cependant considéré que le clip incriminé pouvait ne pas «susciter une adhésion spontanée et consensuelle»… Sept jeunes trisomiques ont donc décidé de saisir le Conseil d'État pour s'entendre dire sans restriction, ni condescendance qu'ils sont des citoyens à part entière.

Si j'étais le CSA, je me préoccuperais plutôt des vidéo-clips des gangsta' rap qui envahissent les chaînes musicales que regardent nos jeunes. J'avoue que la manière dont des pseudo caïds de cités, idéalisés, invectivent des flics ridiculisés, entourés de créatures ravalées à l'état de marchandises, ne m'inspire pas une adhésion spontanée.
N'était-ce pas François Mitterrand qui, évoquant la Haute Autorité de l'audiovisuel, déclarait que le respect pour les institutions devait se mériter ?
 
 

Par GOLDNADEL Gilles William
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