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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 14:46

PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

http://www.atlantico.fr/decryptage/cette-gauche-antifascisme-supporte-pas-place-contradictions-anti-racistes-gilles-william-goldnadel-435675.html

 

La semaine Goldnadel

Publié le 30 juillet 2012

 

Cette gauche obsédée par le fascisme, mais qui ne supporte pas qu'on la place devant ses contradictions anti-racistes

Cette semaine, Gilles-William Goldnadel revient sur l'édification d'une statue de Mao à Montpellier, les réactions qui ont suivi la discours de François Hollande sur le Vel d'Hiv, l'hypocrisie des médias face au régime syrien et la plainte de Mélenchon contre Copé face à des accusations antisémites.

 

Valls et l'impossibilité de dire non

Beaucoup d’explications ont été données au projet de Manuel Valls d’assouplir les conditions, pourtant déjà fort souples, de naturalisation des étrangers qui en font la demande.

On a dit que c’était pour se démarquer à nouveau des positions de Claude Guéant, et on a eu raison. D’autres ont dit, que le PS n’ayant pas d’autres moyens de se distinguer – compte tenu de l’étroitesse de ses capacités de manœuvre dans le domaine social et économique – seules les questions sociétales lui permettent de le faire. Et ils ont raison.

Certains enfin, ont fait observer que le ministre de l’intérieur se situe là dans la continuité stratégique dessinée par Terra Nova et qui considère que les immigrés constituant désormais la clientèle privilégiée de la gauche, les satisfaire, voire les multiplier, est nécessaire. Malheureusement, ils n’ont pas tort.

Mais il existe une autre explication, complémentaire à toutes les autres, et dont le ministre ici décevant, n’a peut-être même pas conscience.

L’impossibilité psychologique de dire non à l’Autre. Ce que j’appelle depuis longtemps la dilection pour l’altérité : l’impossibilité de lui dire non, tu n’entreras pas chez moi, non ceci est ma maison, non ceci est ma nation. On retrouve cette crise de tétanie métaphysique dans la difficulté post-soixante-huitarde de savoir dire non à nos enfants. L’étranger infantilisé, l’européen tétanisé : tels ressemblent aujourd’hui nos dirigeants suicidaires dans une Europe crépusculaire.

Les contradictions du procureur Courroye

Monsieur le procureur Courroye veut, parait-il, se faire avocat. Il a, en tous les cas, effectué sa première plaidoirie, pro domo, dans le Figaro de cette semaine. A dire vrai, je ne suis pas sûr que ce magistrat ait toutes les qualités requises pour devenir un excellent confrère. Certes, je ne suis pas objectif et notre inimitié est notoire. Lorsque je lis, par exemple, sous  sa plume qu’il n’aurait jamais été assez bête pour faire disparaitre une pièce d’un dossier de procédure, tel que Charles Pasqua le lui reproche aujourd’hui judiciairement, je ne peux m’empêcher de sourire en pensant à ce qu’aurait été sa réaction de magistrat instructeur si l’un de ceux qu’il soumettait à ses rudes questions s’était contenté de lui servir ce type d’argumentation. Je veux dire encore ici combien celui qui prend aujourd’hui la posture de victime aura eu jusqu’à présent à faire à une justice bonne fille. En témoigne, parmi d’autres, la décision de ne pas poursuivre pénalement le fait qu’il ait antidaté une ordonnance dans l’affaire dite de l’Angolagate.

Ayant dit cela, avec fermeté, je veux dire ici combien je trouve pénible que le journal « Le Monde », qui aura été celui qui aura montré le plus d’indulgence empathique envers le juge Courroye, se montre aujourd’hui le plus déterminé à abattre le procureur de Nanterre qui a le droit, lui aussi, à la présomption d’innocence dans les affaires en cours. J’en conclus qu’il vaut mieux en France être juge d’instruction que procureur.

Le point de vue manichéen de la presse sur le dossier syrien

Je ne voudrais surtout pas comparer Monsieur Courroye avec Monsieur Assad, mais j’observe que s’agissant de ce dernier, la presse française, ici encore est passée d’un excès l’autre. Ici encore, je suis difficilement soupçonnable de tendresse envers le régime syrien. Je le suis d’autant moins que mon opposition radicale à ce régime mortifère me valait au contraire le soupçon d’être peut-être arabophobe. Mais j’observe néanmoins que lorsque Hafez El Assad massacrait au moins 20 000 de ses opposants à Hama, lorsqu’il finançait le terrorisme du Hezbollah, la presse hexagonale s’est montrée particulièrement discrète. Il y a un peu plus d’un an, Paris Match ne craignait pas de faire un reportage attendri sur la visite du couple des tourtereaux Assad à Paris. Nul n’a été dans la presse française particulièrement choqué ni par la photo ni par la légèreté des mots. Aujourd’hui, le même hebdomadaire publie, sous la plume de Patrick Forestier, un reportage dénué de toute aménité. La même presse française, par hostilité au régime en place, perd tout esprit critique à l’égard d’une opposition sur le terrain largement dominée par les islamistes. Question : les journalistes sont-ils vraiment obligés de choisir un camp ? Par exemple, étaient-ils obligés de laisser à penser que leur confrère Jaquier avait été victime des milices gouvernementales, alors que tout, semble-t-il, laisse à penser aujourd’hui que le malheureux est tombé sous les balles des insurgés. N’est-ce pas une preuve particulière de puérilité que de penser que contre un méchant, il y a, forcément, en face un gentil ?

Gloire à Mao !

Le Figaro du 29 juillet relate que l’édification d’une statue de Mao suscite la polémique à Montpellier. Cette statue commandée par Georges Frêche, installée mardi dernier sur la place du XXe siècle dite des « Grands Hommes », est critiquée par Arnaud Julien, conseiller municipal UMP, qui a déclaré : « Mao est un dictateur et un criminel, responsable de millions de morts, lui ériger une statue revient à l’honorer, c’est une provocation ! ». Et l’opposition de surenchérir : « Si on suit cette logique politique, le fascisme a été aussi une idéologie majeure du siècle précédent, Mussolini et Hitler devraient-ils aussi avoir leur statues ? »

 Jean-Pierre Moure, président PS de la communauté des agglomérations, droit dans ses bottes, a cru devoir leur répliquer : « Les idéologies représentées sur la place sont toutes des idéologies de libération, de conquête des droits, malgré leurs parts d’ombre.  Le fascisme et le nazisme sont la négation même de liberté. Mao a effectivement causé des millions de morts mais il a aussi joué un grand rôle dans la montée en puissance de la Chine au XXe siècle. »

On retrouve, cette faiblesse socialiste pour les crimes du communisme dans le débat que le même journal le même jour ouvre au sujet du rappel de la publication par mon ami Stéphane Courtois du « Livre noir du communisme » en 1997.

L’ancien maoïste converti à l’anticommunisme écrivait en ouverture de son opus : « Nombres d’historiens renommés n’hésitent pas à utiliser l’expression « crime contre l’humanité » pour qualifier les crimes nazis. Il nous semble donc qu’il n’est pas illégitime d’utiliser ces notions pour caractériser certains des crimes commis dans les régimes communistes. »

Cette vision lui attira les foudres du Monde et le plongea dans un ghetto dont il est heureusement sorti aujourd’hui. Il n’empêche : Lionel Jospin, monta à l’époque au créneau, à l’instar du président Jean-Pierre Moure aujourd’hui, et déclara noblement à l’Assemblée nationale : «  La révolution de 1917 a été un des grands évènements du siècle et si le PCF a tant tardé à dénoncer le stalinisme, il a tiré les leçons de son histoire. Il est représenté dans mon gouvernement et j’en suis fier. »

C’est Laurent Joffrin qui finalement sauva l’honneur de la gauche dans un article intitulé : « Sauver Lénine ?» et publié dans Libération, il écrivait que la contestation des chiffres autour du « Livre noir » était dérisoire : « A 50 ou 60 millions de morts au lieu de 80, le communisme deviendrait-il présentable ? » en ajoutant : « Le crime est bien au cœur même du projet communiste, non à cause de l’intention maléfique de son promoteur mais parce que sans le crime leur plan de réorganisation totale de la société est impossible à mettre en œuvre. »

Pour ceux qui en doutent encore, je  ne saurai trop recommander la lecture du dernier et formidable ouvrage de Francois Kersaudy « Staline » aux éditions Perrin.

La France dure avec elle-même ?

La semaine dernière, j’ai rendu hommage au discours de François Hollande concernant le Vel d’Hiv et la déportation des juifs de France. J’ai lu certaines réserves concernant la mise en cause de la France en tant que telle, et je les comprends. Il n’empêche : si on juge un pays à l’aune de l’attitude de ses élites politiques, judiciaires, médiatiques, policières, ce pays s’est largement déconsidéré en dépit d’une admirable minorité à laquelle mon ami Serge Klarsfeld a toujours su rendre justice. Je veux également dire ici que les hommes étant des hommes, ceux de France, contrairement à ce qui a été dit et écrit, se sont plutôt mieux comportés que des hollandais ou des norvégiens envers lesquelles l’histoire s’est montrée plus clémente.

La semaine dernière encore, je disais aussi que je connaissais les limites de l’exercice de repentance désormais obligé. Lorsque je vois un François Hollande se dire désormais déterminé à poursuivre l’antisémitisme où qu’il se trouve mais que je ne vois pas les nouvelles autorités avoir agi ni en faveur de l’inscription du Hezbollah – responsable de l’attentat contre des israéliens en Bulgarie la semaine dernière – sur la liste des organisations terroristes, ni en faveur d’une minute de silence lors de la séance d’ouverture des Jeux olympiques de Londres en hommage aux athlètes israéliens assassinés il y a 40 ans lors des olympiades de Munich par un commando de Septembre noir, agissant en complicité avec des néo-nazis allemands, je me dis que l’on est loin encore d’être sortir de la condamnation symbolique, pour ne pas dire platonique.

Et à dire le vrai, à scruter l’apathie générale à l’égard de ces deux évènements, je ne suis pas sûr que l’élite d’aujourd’hui soit, en dépit de ses obsessions antiracistes, en posture de donner des leçons de morale aux élites démissionnaires d’hier.

A ce sujet, je recommande la lecture de l’article d’Alexandra Schwarsbrodt dans Libération, dans lequel celle-ci relate l’attitude exemplaire d’un Boualem Sansal, écrivain algérien, boycotté par le jury des ambassadeurs arabes à Paris pour avoir osé se rendre en Israël, défendu par Olivier Poivre d’Arvor, président de France Culture, et qui vient refuser la dotation de 10 000 euros qui lui a été offerte pour l’offrir à l’association « Un cœur pour la paix », chargée d’apporter un secours médical aux enfants d’Israël et de Palestine.

Ici, l’élite, le Juste, est un Arabe.

Mélenchon et l'antisémitisme

A ce qu’il parait, Monsieur Mélenchon veut poursuivre Jean-François Copé devant le tribunal pour avoir osé lui reprocher d’entretenir des intelligences coupables avec l’antisémite déclaré Mikis Théodorakis. D’après ce que je crois comprendre, Mélenchon n’était pas au courant des déclarations du musicien grec, il ne saurait se les voir reprocher. Mais je crois savoir également que Monsieur Mélenchon est allé visiter son ami Chavez, sans que d’ailleurs la presse française ne s’en émeuve particulièrement. Je doute que Monsieur Mélenchon n’ait pas été tenu au courant des déclarations anti-juives, nombreuses et anciennes du timonier bolivarien. Il y a une dizaine d’année, à la suite d’Annette Lévy-Villard, je commettais un article dans Libération dans lesquelles je rappelais que Chavez avait la grande habitude de reprocher aux Juifs leur amour de l’argent ou leur détestation du Christ. Ce que Copé reproche justement à Mélenchon, ce n’est certainement pas son antisémitisme, c’est un accommodement dont il n’a pas le monopole à gauche pour la  judéophobie radicale.

Il est piquant de constater à quel point ceux qui ont l’injure antifasciste généreuse ont le cuir sensible lorsqu’on les place devant les contradictions de leur antiracisme vétilleux.

 

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 14:38

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La semaine Goldnadel

Publié le 23 juillet 2012

 

1981, mauvais remake : quand Arnaud Montebourg remet au goût du jour l'invective génétique de classe


En remettant en cause la gestion d'entreprise de la famille Peugeot, Arnaud Montebourg rappelle l'époque - aux accents très Front populaire - où son prédécesseur, Pierre Dreyfus, souhaitait faire "rendre gorge" aux patrons qui rançonnaient la France.


Françoise Fressoz, c'est tout dire, le reconnaît dans Le Monde de samedi, ce gouvernement à retrouvé le ton, non de 1988, mais de 1981. Évidemment, le premier visé, c'est Arnaud Montebourg et ses imprécations à l'encontre de la famille Peugeot.

Mais je ne suis pas sûr, à dire vrai, que l'on ne puisse pas davantage encore voyager dans le temps, à bien observer le charme suranné de notre ministre très productif en formules à l’emporte-pièce, lorsqu'il s'agit d'automobile.

Il y a, je le disais déjà d'une autre manière dans ma dernière chronique, du Fouquier-Tinville mâtiné de Saint-Just et d’Hebert chez mon ancien confrère.

 

Il y a aussi des accents de son très gauche et très à gauche prédécesseur Dreyfus au même poste qui voulait « faire rendre gorge » aux frères Willot, à la manière dont on tranchait celles des ci-devant. On se souvient peut-être que la fratrie qui avait le malheur de ressembler aux cousins Dalton fut en définitive relaxée des charges qui pesaient sur elle.

 

Et ce fut M. Dreyfus qui fut rapidement remercié par un François Mitterrand qui commençait à comprendre qu'à contrefaire ainsi Couthon et Billaud-Varenne, on pouvait rapidement être reconduit sous l'air des lampions.

Mais sans remonter jusqu'aux excès verbaux de la terreur, il y a du cru 36 et son style « Front Popu », dans l'étrange manière dont certains membres de l'aréopage gouvernemental socialiste pratiquent l'art de l’invective génétique de classe.

 

En 36, les Thorez, les Cachin, les Frachon expliquaient à des foules prolétaires que tous les malheurs venaient des « 200 familles » qui rançonnaient la France. Encore les socialo-communistes de l'époque avaient-ils l'excellente excuse de se colleter à la misère ouvrière, à l'exploitation, au mépris d'un capitalisme hautain.

Mais, plus de sept décennies plus tard, le mauvais remake qui débute exhale déjà le parfum du navet réchauffé. Et son metteur en scène débutant a commis une erreur de casting dont il semble déjà se repentir un peu.

Notre ministre imprécateur pensait pouvoir s'essuyer tranquillement les escarpins sur un Thierry Peugeot aussi docile qu’une serpillière ou un paillasson. Mais M. Peugeot n'est pas M. Willot, il n'a rien d’un prédateur, il n'a pas à faire profil bas ou à se tortiller pour tenter de trouver les bonnes grâces de son improbable maître.

Et notre protestant de Montbéliard a protesté. De sa bonne foi. De ce qu’il n'était pas un jet setter, un petit marquis sauteur mais un entrepreneur de père en fils. De ce que ni lui ni sa famille ne s'étaient enrichis sur le dos de la bête lorsqu'elle était souffrante. De ce qu'il avait pu commettre des erreurs stratégiques, mais qu'il était facile d'être intelligent après la bataille. De ce que cette bataille, il avait entendu la livrer principalement sur le sol de France.

 

M. Peugeot aurait pu ajouter, mais il y a certainement pensé très fort, qu'il se sentait sans doute plus compétent qu'un ministre sans expérience de l'entreprise, pour apprécier des choix de stratégie industrielle. Qu’enfin, quitte à ce que l'État remette en question un plan social douloureux, il serait plus à sa place pour apprécier celui de son entreprise nationale de navigation aérienne - qui s'apprête à se défaire de plus de 5 000 salariés - plutôt que de s'immiscer aussi lourdement et balourdement dans celui d'une entreprise privée. Au risque de la tuer.

 

À son tour, Aurélie Filipetti, ordinairement bien mieux inspirée, a donné, un rien niaisement, dans l'invective génétique de classe. À deux reprises, la toute fraîche ministre de la Culture, a cru devoir mettre en cause le mécénat Wendel, sous le prétexte qu'il s'agissait d'une famille descendante des maîtres de forges qui ont tant fait souffrir le prolétariat de Lorraine et d'ailleurs…

Sauf erreur, je n'ai pas lu grandes protestations dans une presse pourtant vétilleuse lorsqu'il s'agit de la question des origines.

 

Mais c'est ainsi, on peut moquer impunément les origines aristocratiques d'un vicomte du bocage vendéen, qualifier sans grand dommage un avocat général de « traître génétique » en raison du passé collaborationniste de son père, dès lors que les rôles de salauds et de héros de service ont été distribués à l'avance.

En revanche, si j'avais la funeste idée de reprocher à Catherine Tasca d'être la fille de son collaborateur de père, Angélo, si je rappelais avec un air entendu que Leïla Chahid est la descendante en droite ligne du grand mufti de Jérusalem, allié aussi créatif que zélé d'Adolf Hitler…

J'arrête. J’entends déjà les commentaires.

Autre sujet de la semaine : Hollande réaffirme le rôle de la France dans le rafle du Vel d'Hiv

Le nouveau président de la République a trouvé dimanche, globalement, les mots adéquats pour dire, en rupture avec son prédécesseur socialiste au passé et aux amitiés troubles, et la responsabilité de la France dans la déportation de ses juifs, et la grandeur de nombreux français dans leur sauvetage.

Bien plus, moi qui me suis toujours voulu dans le réel plutôt que dans le virtuel, moi qui crains tout autant l’hypermnésie post-shoatique dont certains se repaissent que l'occultation qui l’a longtemps précédée, moi qui me veux davantage encore soucieux de l'avenir des juifs vivants que du passé des juifs morts, moi qui n'ai jamais été la dupe de l'instrumentalisation à bon marché de la douleur juive d’hier, j'ai été sensible à ce propos présidentiel d’actualité : « il y a quatre mois (à Toulouse), des enfants mouraient pour la même raison que ceux du Vel' d'Hiv' : parce qu'ils étaient juifs ».

François Hollande aurait pu peut-être ajouter, quitte à froisser certains pisse-froid : « c'est toujours la même bête, toujours aussi immonde, seuls les poils ont changé ».

Le coût de cette observation zoologique aurait été négligeable au regard du bénéfice enregistré dans le domaine de la morale politique.

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 11:18

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http://www.atlantico.fr/decryptage/rtl-zemmour-rappeles-ordre-taubira-csa-etait-moins-diligent-quand-cibles-appartenaient-gouvernement-precedent-gilles-william-gol-423159.html

 

Censuré

Publié le 18 juillet 2012


RTL et Zemmour rappelés à l’ordre sur Taubira : le CSA était moins diligent quand les cibles appartenaient au gouvernement précédent


Eric Zemmour a fait l’objet d’un rappel à l’ordre par le CSA pour l’une de ses chroniques diffusée sur RTL. Il s’en prenait à la ministre de la Justice Christiane Taubira, l’accusant de privilégier les femmes et les mineurs délinquants, au détriment des “hommes blancs”. 

Atlantico : Eric Zemmour a fait l’objet d’un rappel à l’ordre par le CSA pour l’une de ses chroniques diffusées sur RTL. Il s’en prenait à la ministre de la Justice Christiane Taubira, l’accusant de privilégier les femmes et les mineurs délinquants, au détriment des “hommes blancs”. Ce rappel à l’ordre vous semble-t-il justifié ?

Gilles-William Goldnadel : Je crois que dans cette décision, on touche vraiment le fond de l’intolérable intolérance. A supposer même, par hypothèse intellectuelle, qu’Eric Zemmour ait eu tort de faire un procès d’intention à Christiane Taubira. Il s’agissait de dire qu’elle allait favoriser certaines catégories considérées comme discriminées, à savoir les femmes et les « mineurs délinquants » au détriment des mâles blancs. Pour autant, il ne s’agit que d’un éditorial.


Je me permets de rappeler que sous la précédente mandature, l’ensemble de l’opposition, y compris de nombreux éditorialistes du service public, ont passé leur temps à faire, à tort ou à raison, le même genre de procès d’intention symétrique à l’ex-majorité : discriminer les étrangers, les immigrés etc. Je ne crois pas que le CSA ait cru devoir entrer en voie de sanction.


Par ailleurs, et je quitte ma pure hypothèse intellectuelle, je rappelle que lorsqu'on a posé à Christiane Taubira, lors de l’élaboration de sa loi mémorielle sur l’esclavage, la question de savoir pourquoi elle ne prenait en compte la traite transatlantique à l’exclusion de la traite arabe ou barbaresque, elle a répondu qu’elle ne voulait pas désespérer les banlieues. Je pense en conséquence que le procès d’intention que lui fait Eric Zemmour n’est pas dénué de toute documentation.

En outre, je rappellerais que, dans d’autres circonstances, le CSA a eu la main infiniment moins lourde, par exemple lorsque Daniel Mermet de France Inter a diffusé des messages d’auditeurs qui reprochaient aux juifs d’exploiter leur capital de pitié depuis 50 ans. Or, j’ai la faiblesse de penser que la catégorie « juif » est davantage identifiable que la catégorie « mineur délinquant », sauf à entrer soi-même en voie de stigmatisation d’une certaine catégorie de population.


De la même manière, plus récemment, lorsque j’avais reproché dans vos colonnes à France Culture d’avoir déprogrammé délibérément Reynald Secher après l’avoir interviewé sur son dernier livre consacré au génocide vendéen, je me suis fait répondre par Michel Boyon en sa qualité de président du CSA (avant que France Culture veuille bien obtempérer à ma mise en demeure) que le CSA n’avait pas à s’immiscer dans la programmation des émissions radiodiffusées. On peut donc en France interroger quelqu’un puis le censurer sans que l’organe de contrôle de l’éthique et de la liberté prévu par la loi n’estime en devoir d’intervenir.

Le contrôle du CSA s’effectue a posteriori et non a priori…

Mais Renald Seicher avait bien été déprogrammé lorsque j’ai saisi le CSA ! Il n’avait pas encore retrouvé la parole, il y avait un fait qui pouvait être examiné, celui de la déprogrammation, dans des conditions particulièrement goujates, puisque quand il demandait des explications, on ne lui répondait même pas.

Le fait d’opposer en permanence Arabes, Noirs, Blancs ou Juifs, ne crée-t-il pas une atmosphère malsaine en France ?

C’est malheureusement le fond de l’air en Europe qui est malsain depuis 30 ans, avec cette obsession du racisme, du métissage ou de la différence. Se crée alors une bataille véritable où les uns reprochent à la droite de discriminer et où, inversement, les autres reprochent une sorte de discrimination à l’envers ou une sorte d’obsession du racisme.

Ce n’est pas de la faute de Zemmour s’il est né dans un monde qui, après avoir longtemps été obsédé par la race, est aujourd’hui obsédé par le racisme.

Récemment, le Conseil français du culte musulman a publié une étude qui montrait que les actes islamophobes avaient baissé de 7 points en juin. Un parallèle est ainsi fait, confirmé par plusieurs spécialistes du sujet, entre cette baisse et une atmosphère générale liée à l’élection de François Hollande qui mettrait moins l’accent sur l’islam que son prédécesseur.

Je suis très sceptique par rapport au discours de ces prétendus spécialistes. Je ne crois pas que l’Islam ait été moins remis en question ces derniers temps, notamment avec Mohammed Merah. Ce type de raisonnement sous entendrait que si les attentats anti-juifs ont augmenté, c’est en raison d’un nouveau pouvoir qui leur serait hostile. Je pense que ces explications mécaniques ne sont pas pertinentes.

Par ailleurs, je ne crois pas que Monsieur Zemmour ait demandé à voir fustiger les hommes qui ne sont pas blancs. Je rappellerais que Zemmour a été, il n’y a pas si longtemps de cela, débouté d’une Cour d’appel après avoir été traité de « con » par un rappeur, Youssoupha, qui demandait même qu’on lui mette une balle dans la tête. Selon la cour, puisque le rap est un genre violent, ce n’est pas spécialement choquant. Autrement dit, si c’était un petit chanteur à la croix de bois, il aurait été condamné. Mais comme le rap et le « gangs ta rap » sont consubstantiellement violents, il n’y a aucun problème. A ce degré-là de soumission intellectuelle, il y a vraiment un problème de liberté et de défense en France...

Et quand le MRAP, qui se dit scandalisé par la chronique d’Eric Zemmour, évoque « une chronique haineuse, raciste et misogyne »…

Je ne considère pas que Zemmour soit raciste. Il a évidemment certains thèmes de prédilection. Pour le connaitre, je ne l’ai jamais entendu, en privé, tenir des propos racistes. Certes, il s’affranchit de ce que l’on appelle, de manière un peu galvaudée, le politiquement correct mais cela n’en fait pas un raciste et lorsque je lis au contraire certaines déclarations de membres d’associations antiracistes qui sont stigmatisantes, je me pose des questions…

Christiane Taubira demeure, pour une grande partie de la droite, une tête de turc et Eric Zemmour, une tête de turc d’une partie de la gauche. Quand Zemmour parle de Taubira, n’est-ce pas là deux France qui s’affrontent ?

Ce sont évidemment deux personnes assez antinomiques, pour autant, l’une est sanctionnée et l’autre est ministre. D’ailleurs, de manière plus large, je sens une sorte de remise au pas ; Ménard perd son antenne, Zemmour est condamné, Alain de Pouzilhac est viré de France 24 et RFi alors qu’il n’avait pas spécialement démérité. Cela m’étonnerait que le nouveau pouvoir en place puisse tenir longtemps comme cela.

En attendant, concernant l’ancêtre du CSA, la Haute Autorité, Mitterrand disait que le respect, ça se méritait. Pour une fois je serai assez mitterrandien.

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 14:53

 PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

http://www.atlantico.fr/decryptage/mauvais-proces-michel-onfray-sans-doute-plus-inepte-antisemite-licenciements-psa-peugeot-citroen-accepte-pas-incantation-magique-421560.html?page=0,0

 

La semaine Goldnadel

Publié le 16 juillet 2012

 

 

Cette semaine, Gilles-William Goldnadel revient sur la réaction du gouvernement après l'annonce du plan social drastique chez Peugeot, sur la diffusion par TF1 des extraits de conversation entre Mohamed Merah et la police, et sur Franz-Olivier Giesbert qui prend la défense de Michel Onfray, taxé d'antisémitisme. 

 

Je ne comprends pas très bien. Le gouvernement devrait être content : si comme il le prétend de manière très plausible, François Fillon a obtenu des dirigeants de PSA de voir différer leur funeste projet, les socialistes vont pouvoir mettre en œuvre ce savoir-faire tout à la fois généreux et intelligent dont la droite est depuis toujours dépourvue.

Curieusement, c'est tout le contraire : après avoir, de bonne guerre mais un peu lasse, invoqué la responsabilité de l'ancien régime, le pouvoir tout neuf s’en tient aux vieilles incantations.

Et, dans ce domaine mon excellent confrère Montebourg, sera toujours le maître.

Ce plan social, lance-t-il, « je ne l'accepte pas ». Fort bien dit. Mais après ? Il y a beaucoup de choses que je n'accepte pas, moi non plus. Les promesses démagogiques, la pensée magique, la forfanterie, par exemple.

François d'Orcival (Le Fig Mag) a dressé, sans trop d'indulgence, un procès-verbal des dernières citations de notre ministre « du Redressement productif » dont le simple intitulé finira, vous verrez, par déclencher l’ire ou le fou-rire. Nerveux.

Extrait du courrier comminatoire adressé à Philippe Varin, président de ce groupe industriel ignoble qui a refusé jusqu'au bout de délocaliser ses entreprises vers des contrées esclavagistes autrement plus hospitalières.

«Je vous prie de bien vouloir engager sans délai le dialogue social et d'en faire une arme collective pour affronter les éventuelles difficultés dans le respect de nos salariés. »


Il ne viendrait pas à l'idée de M. Montebourg d'exhorter également les syndicats, et particulièrement la CGT d’Aulnay, à quelque flexibilité. Chacun sait que le coût du travail, et son organisation ne sont absolument pour rien dans les problèmes rencontrés par Peugeot qui ne dégraisse que pour le plaisir d'un bon régime estival, tout en étant bénéficiaire.


Chacun le sait, sauf les Allemands et les Anglais qui s'en sortent mieux que nous, ainsi que François Chérèque (CFDT) qui a eu l'élémentaire sincérité de déclarer : « Peugeot faisait des bénéfices l'année dernière. Aujourd'hui, c'est la catastrophe. On voit bien que la situation d'un jour peut se transformer le lendemain. »


Mais soyons justes, le ministre ne s'est pas contenté de paroles en l'air, puisqu'il a nommé « un spécialiste de l'automobile » en la personne de M. Emmanuel Sartorius « qui va aller vérifier les difficultés économiques et financières alléguées par la direction de Peugeot ».

Comme le fait remarquer cependant le Canard enchaîné de cette semaine, il n'était pas nécessaire de missionner à grands frais qui que ce soit, s'agissant d'une entreprise cotée en Bourse dont les comptes sont publiés et visés par l'Autorité des Marchés Financiers.

En outre, M. Sartorius n'est en rien un « spécialiste de l'automobile » et serait plutôt versé dans la sécurité des cartes de crédit et le nucléaire, selon l'impertinent palmipède à bec dur.

Que faire donc ? François d’Orcival rappelle que lorsque General Motors, en quasi-faillite, a appelé l'État américain à son secours, le démocrate social Obama lui a fait répondre : « J'accepte, à la condition que vous fermiez toutes les usines non rentables. »

Reste un soupçon, distillé par la CGT d’Aulnay : celle-ci serait visée, en raison du caractère particulièrement belliqueux des syndicalistes du site.

Je n'en sais trop rien, mais j'avoue que si j'étais affligé d'une maladie mortelle, je préférerais être veillé par un partenaire bienveillant plutôt que par mon fossoyeur.

 
TF1 et la diffusion des enregistrements de Merah

Au début de la semaine, TF1 a été voué aux gémonies pour avoir diffusé des extraits de conversation entre Mohamed Merah et un certain Hassan, auxiliaire officieux de police.


Le Monde, le lendemain, publiait d'autres passages, mais, curieusement, sans provoquer d'indignation particulière.

Connaissance prise du contenu de la conversation incriminée, riche d'enseignements, il apparaît que TF1 a, une nouvelle fois, bon dos.

J'observe au demeurant, que le CSA qui a sanctionné TF1, s'est montré dans le passé plus clément envers certaines chaînes du service public. Il est vrai que certains membres en sont directement issus.

Quitte à faire un scandale, peut-être eût-il été plus judicieux de faire un sort à cet article du Monde intitulé « moi Mohammed Merah » publié seulement quelques jours après les massacres.

Il ne serait pas venu à l'idée de l'auteur de cette fiction obscène de se mettre à la place d'une des victimes juives ou musulmanes de la tuerie, plutôt, que dans la peau de l’assassin.


Sur le fond, s'il écoute les passages diffusés par TF1, le téléspectateur moyen se persuadera, si besoin est encore, que Mohamed Merah était bien une sale petite gouape, comme l'explique son lumineux frère Albeghani, ou tout simplement une ordure, comme l'écrit justement Guy Millière.

Reste, évidemment, la violation du secret de l'instruction. Mais je ne sache pas, que TF1 exerçât dans ce domaine si tristement public, en position monopolistique.

 
L'interview de Philippe Filipacchi au Nouvel Obs 

Pour en rester dans le domaine journalistique, cette interview de Philippe Filipacchi dans le Nouvel Obs de cette semaine. 

Question de François Armanet et Gilles Anquetil : en quoi la presse pour vous est-elle importante ?

Réponse : « Elle est cruciale pour la démocratie (…) S'il n'y avait pas des journalistes pour dénoncer toutes les conneries des politiques, c'est inimaginable ce qu'ils pourraient faire. (…) Mon mépris des hommes politiques me fait penser que si les journalistes n'étaient pas là, ce serait vraiment grave ».


Mon propre questionnement, aux fins de décryptage d’un certain esprit médiatique qui est passé, en quelques décennies, d'un excès à l'autre, de la brosse à reluire au crachat :

Question numéro 1 : imagine-t-on un homme politique qui dirait dans une interview son mépris pour les journalistes ?

Question numéro 2 : quelle serait la réaction du journaliste intervieweur ?

Question numéro 3 : si un homme politique très droitier disait son mépris pour la classe politique, ne dirait-on pas, notamment dans le Nouvel Obs, qu'il rappelle les heures sombres de l'anti-parlementarisme populiste ?


Quant à moi, pour fréquenter avec plaisir et des journalistes et des hommes politiques, je n'ai pas remarqué que les premiers étaient notablement plus courageux, spirituels, honnêtes ou généreux que les seconds.

Rien à voir, le fait est connu et établi, avec les avocats qui les surclassent aussi bien moralement qu'intellectuellement.

 
FOG défend Michel Onfray

Pas tout à fait d'accord avec Franz-Olivier Giesbert, souvent pertinent, mais qui croit devoir, dans le Point, prendre cette semaine la défense, bec et ongle, de Michel Onfray, pour avoir été taxé d'antisémite après avoir lui-même pris la défense de Jean Soler, auteur d'un ouvrage s'en prenant au monothéisme.

Remarquons tout d'abord que c'est l'hebdomadaire qui a alimenté lui-même la polémique.

Mais je voudrais surtout, à l'occasion de cette dispute assez subalterne, traiter de questions récurrentes.


Il m'est, à tort ou à raison, assez indifférent que M. Jean Soler, qui ne me semble pas, après lecture de sa mise au point, être un mauvais homme, ait cru devoir commettre une charge contre le monothéisme, à commencer par le premier d'entre eux, et tresser des lauriers à la Grèce antique.

Dans notre monde iconoclaste post-abrahamique, les briseurs d’idoles ont bien le droit au plaisir païen.


Mais lecture faite, également, des contempteurs de M. Soler, publiés eux aussi par Le Point, il ne m'apparaît pas que ceux-ci aient franchi les limites du bon goût ou de la tolérance.

J'en viens à présent à Michel Onfray. J'avoue le soupçonner parfois d'utiliser les griefs d'antisémitisme que certains esprits faibles lui ont servi, pour fuir toute critique.

Je le dis d'autant plus volontiers, que contrairement à ce que voudraient faire accroire certains, je suis très avaricieux de cette accusation, lorsque le dossier n'est pas étayé.


Mais en revanche, je remarque que beaucoup de mes contradicteurs feignent d'avoir été traités par moi d'antisémite, alors que je ne l'avais ni dit, ni même pensé, pour prendre la posture de l'offensé par une intolérance quasi paranoïaque.

S'agissant de Michel Onfray, j'avoue avoir été -peut-être autant que lui- irrité lorsque Élisabeth Roudinesco a cru devoir instruire à son encontre un procès pour antisémitisme au moment de sa lourde charge contre Freud. Ce procès aura davantage disqualifié la procureure que l'accusé.


Il n'en demeure pas moins que l'on avait le droit de considérer certaines critiques dirigées contre le père de la psychanalyse comme particulièrement ineptes et parfois odieuses.


Lorsque Michel Onfray reprochait au médecin viennois d'encaisser ses honoraires systématiquement en espèces pour établir sa cupidité -quand on sait comment il y a encore seulement 50 ans, le chèque bancaire était un moyen de règlement exceptionnel entre particuliers- l'argument était inepte.


Lorsque le même reprochait à Freud, cette fois pour établir ses sympathies fascisantes, une dédicace anodine réclamée par Mussolini, bien avant ses exactions, le grief était assez odieux.


Idem, lorsqu’Onfray, pour soutenir Jean Soler, vient expliquer que le judaïsme était proche parfois du nazisme, sous le prétexte en l'occurrence erroné que les soldats germains portaient la devise «Gott mit uns » sur leurs ceinturons…

Pourtant, on peut être inepte et parfois odieux pour bien d'autres raisons que l'antisémitisme qui n'est tout de même pas l'horizon indépassable du défaut humain

On peut l’être par ignorance, par sottise, par méchanceté, par esprit de provocation iconoclaste.


Michel Onfray est un garçon intelligent (il l’a notamment prouvé récemment par sa brillante critique de la fascination de Sartre pour le terrorisme) qui profère parfois des énormités.

Peu à peu, le masque d’Hessel tombe

Dans le livre que je lui ai consacré, ainsi qu’à plusieurs reprises dans ces colonnes, j'ai rappelé les propos du faux corédacteur de la déclaration des droits de l'homme au Frankfurter Allgemeine Zeitung en 2011 dans lesquels il considère anodine l'occupation nazie en comparaison avec l'occupation israélienne.

Cette semaine, le Nouvel Observateur.com, décidément en pleine évolution, publie un article de Daniel Clairvaux (signalé par Enquête et débat), réclamant que la sanction infligée à Jean-Marie Le Pen pour avoir minimisé l'occupation allemande soit appliquée au chantre de l'indignation morale.


Ci-après le morceau de bravoure de cette interview surréaliste à destination des thuriféraires de l'ancêtre suprême : « aujourd'hui nous pouvons constater ceci : la souplesse de la politique d'occupation allemande permettait, à la fin de la guerre encore, une politique culturelle d'ouverture. Il était permis à Paris de jouer des pièces de Jean-Paul Sartre ou d'écouter Juliette Greco.


Si je peux oser une comparaison audacieuse sur un sujet qui me touche, j'affirme ceci : l'occupation allemande était, si on la compare par exemple avec l'occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une occupation relativement inoffensive, abstraction faite d'éléments d’exception comme les incarcérations, les internements et les exécutions ainsi que le vol d'œuvres d'art.


Tout cela était terrible mais il s'agissait d'une politique d'occupation qui voulait agir positivement et de ce fait nous rendait à nous résistants le travail si difficile. » 

Encore un effort, et la coqueluche de la gauche deviendra sa maladie honteuse.

 

Gilles William Goldnadel

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 16:03

 

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http://www.atlantico.fr/decryptage/harcelement-moral-printemps-arabe-antisemitisme-pourquoi-realite-efface-derriere-idee-presse-fait-gilles-william-goldnadel-414495.html

La semaine Goldnadel

Publié le 9 juillet 2012

Harcèlement moral, "printemps arabe", antisémitisme : pourquoi la réalité s'efface-t-elle aussi souvent derrière l'idée que la presse s'en fait ?

Cette semaine : le pseudo-acharnement de la droite contre le discours du Premier ministre devant l'Assemblée nationale, l'emballement médiatique autour de la mise en examen de l'ancien président France Telecom, l'Egypte des Frères musulmans et une nouvelle attaque antisémite au cœur d'une polémique.


 Mardi. Discours de Jean-Marc Ayrault à l'Assemblée nationale, les moins prévenus à son encontre ne se pâment ni sur son éloquence, ni sur le fond de ses propos. Tous en revanche reconnaissent les vertus soporifiques de son discours. Voilà qui me rappelle les mots de Winston Churchill à propos de Ramsay Macdonald, suite à une allocution de ce dernier en 1933 : "je dirai peu de choses sur le style oratoire du Premier ministre. Nous le connaissons tous ici. Nous savons qu'il a ce don unique de faire entrer le minimum de pensée dans le maximum de verbiage."


Le Monde, le lendemain consacrait une chronique à « la hargne » de l’UMP menée, notamment, par Jean-François Copé.

Il faut dire en effet que l’opposition de gauche aura été marquée par la mesure et la modération lors de la précédente mandature parlementaire. Ce n’est pas elle qui aurait comparé le ministre de l’intérieur au nazisme, ni les meetings électoraux de la droite aux grand-messes de Nuremberg.

L’ensemble de la presse hexagonale a consacré de nombreux articles à la mise en examen de Didier Lombard, ancien président de France Telecom pour cause de délits de harcèlement au travail à l’encontre de plusieurs salariés de France Telecom. Certains suicides ont servi de toile de fond à une plainte déposée par le syndicat Sud.

A la suite de cette annonce, plusieurs radios périphériques – dont RTL – ont interviewé, sans contradiction, certains plaignants qui ont décrit les violences au travail dont ils se disent victimes.


Je ne sais rien de ces dossiers, et je ne veux, à ce stade de la procédure n’en rien savoir. Mais je sais deux ou trois choses sur le syndicat Sud et sa modération bien connue. Et je sais aussi les ravages de la victimisation sans contradiction.


Je sais encore que les éléments constitutifs du délit de harcèlement au travail sont d’un flou ravageur. Je l’ai écrit dans ces colonnes avant même de le contester judiciairement devant la Cour de Cassation. Il s’agit d’une véritable invitation au dépôt de plainte pour un salarié procédurier, souvent manipulés par certaines organisations syndicales. Il s’agit aussi, parfois, d’une incitation à l’auto persuasion d’un harcèlement pour certaines personnes de bonne foi, mais fragiles.


Je le sais notamment pour avoir défendu récemment certains responsables d’une Ecole Supérieure de Commerce mis en cause à la suite d’un suicide d’une cadre salariée. La presse nationale et régionale avait pris fait et cause pour des plaignants cornaqués par la CGT. Je ne demande évidemment pas à être cru sur parole puisque je suis partie prenante.


Que l’on sache simplement, qu’à la suite des débats qui ont montré la manipulation, la personne que je défendais a été relaxée et que la presse a cessé sa campagne d’accusations unilatérales. Que l’on sache encore, qu’après que l’avocat des parties civiles ait souhaité publiquement en appeler à Mme Taubira, le parquet a interjeté appel des relaxes intervenues.

Je pense personnellement que la pénalisation du harcèlement – qui existe bien évidemment, et c’est heureux, dans le code du travail – est une stupidité qui encombre les tribunaux correctionnels, pourrit les rapports sociaux et constitue  pain béni pour les syndicats en mal de conflits médiatiques.


Alors, et pas seulement d’instinct, je conseille fortement à la presse de ne pas tirer sur M. Lombard avant le début des débats devant la juridiction saisie.

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 15:33

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La semaine Goldnadel

Publié le 2 juillet 2012

Quelques réflexions a l'intention des Patrick Cohen, Thomas Legrand et autres représentants de la gauche médiatique préoccupés par la question de droitisation de l'UMP

L'antisionisme d'une certaine gauche semble par contre leur poser moins de problèmes...

À nouveau, cette semaine, la thématique qui l'aura emporté médiatiquement, ce n'est pas la crise économique, ce n'est pas le compromis sur la croissance, ce n'est certainement pas la situation en Syrie, mais « la guerre des chefs » à droite, et davantage encore, la polémique sur la « droitisation » qui aurait fait perdre Nicolas Sarkozy.


Par un paradoxe, qui ne devrait pas tromper grand monde, ce sont les journaux les plus à gauche qui semblent se soucier le plus de l'avenir de la droite.

Lundi, Jean-François Copé, interrogé sur France Inter, faisait presque figure d'accusé pour justifier le «ni FN, ni gauche» décidé par l'UMP mais aujourd'hui contesté par François Fillon.

Lorsque l'actuel patron de l'ancien parti présidentiel a tenté de contester la moralité de l'alliance entre le PS et le Front de Gauche, il se sera attiré l'ironie mordante de Patrick Cohen et Thomas Legrand, et même «l'énervement» du premier, lorsque Copé osa reprocher à Mélenchon ses sympathies pour Théodorakis, l'antisémite revendiqué.

Comment ! S'indigna Cohen, l'extrême gauche est antiraciste, pas le FN. Quant à Mélenchon, il n'a jamais rencontré Théodorakis, et je suis énervé par cet argument. Donnez-nous des faits, exigea Thomas Legrand.Lorsque, en outre, Jean-François Copé crut devoir reprocher à l'extrême gauche son antisionisme, il y eut comme un grand et plat silence.

Le problème avec Cohen et Legrand, c'est qu'ils se croient intelligents. Le pire, c'est qu'ils le sont.


Rien à voir avec un Mermet ou un Paoli. Nous avons affaire au fleuron de la gauche médiatique française. J'ai même la faiblesse de croire en leur honnêteté intellectuelle. Je leur reproche seulement d'officier pour le service public et de faire autant transparaître leurs dilections.

Il n'est donc peut-être pas totalement vain de leur servir les faits qu’ils réclament, et, pourquoi pas, quelques thèmes de réflexion complémentaires.

Oui, Jean-François Copé a raison moralement et factuellement.

Il n'y a pas d'alliance entre droite et droite extrême, alors que la gauche socialiste assume d'autant mieux celle qui la lie à son extrémité, que nul ne se commet à la lui reprocher. Pourtant c'est celle qui n'existe pas qui est obsessionnellement mise en cause.

Il n'y a pourtant pas de querelle métaphysique à initier sur une poule socialiste dont l'accouplement consommé oblige désormais l’œuf de pigeon libéral à réfléchir sur son attitude, s'il ne veut pas continuer à être gobé.


Sur le fond, j'ai déjà été conduit à écrire dans ces mêmes colonnes, que la France est l'un des rares pays démocratiques, où le mot «anticommuniste» est encore considéré comme un gros mot ou une faute de gout.


Alors que Vichy reste la référence de l'horreur obligatoire, les souvenirs du goulag, les crimes de Mao, et les dictatures cubaine, birmane, nord-coréenne, vénézuélienne, chinoise, pourtant vivantes et mortifères sont autant de vaines évocations.

Bien sûr, on pourrait objecter -et on ne manque pas de le faire en ricanant- que le PCF d’aujourd'hui a peu de rapport avec le parti stalinien d’un Maurice Thorez embrassant voluptueusement Staline.


À ce compte, cependant, le Front National de 2012, même relooké incomplètement et imparfaitement par Marine, a encore moins de rapport avec le fascisme triomphant.

Après tout, on sort toujours le drapeau rouge et on chante toujours l’International, Mélenchon célèbre Castro, Chavez et les charmes d’un troisième tour dans la rue au démocratisme improbable, alors que je ne sache pas que dans le camp d'en face on arborât le svastika ni même la francisque ou que l'on entonne encore « Maréchal nous voilà ! ».

Reste l'antiracisme d'une extrême gauche, célébré non sans candeur par Patrick Cohen. Il a tout lieu, à mes yeux, d'une circonstance aggravante.

Mais qui n'est pas antiraciste ?

Si le Führer renaissait de ses cendres en 2012, je ne doute pas un seul instant qu’il se dirait, la main sur le cœur, opposé à tout racisme ou à tout antisémitisme, tout en revendiquant un antisionisme qu’il confessait déjà avec les mêmes accents misérabilistes utilisés aujourd'hui par la gauche extrême.

Lorsque Copé stigmatisait lundi l'antisionisme radical et pathologique des alliés du PS, ses interlocuteurs semblaient, littéralement, sourds.

Pourtant, est-il si difficile à entendre, cet accommodement à la violence faite aux juifs, au lendemain du massacre de Toulouse ou de l'agression de Villeurbanne ?


Est ce que, précisément, cet antiracisme obsessif, consubstantiel à la stratégie comme à la tactique de la gauche extrême, n'est pas de nature à rendre encore plus scandaleux sa tolérance pour l'antisémitisme du monde arabe, sa compréhension pour le terrorisme antijuif, son soutien au boycott des produits du seul État juif, son incroyable dévotion pour un vieil imposteur qui soutient que l'occupation israélienne est encore pire que l'occupation nazie ?

En son temps, Jean-Christophe Rufin avait eu l'intelligence et le courage de dire dans un rapport commandé puis passé à la trappe par Dominique de Villepin, alors Premier ministre, que l'antisionisme radical -que seuls les crétins ou les salauds peuvent confondre avec la critique de la politique d'Israël- incarnait aujourd'hui l'antisémitisme le plus dangereux.

Alors oui, Patrick Cohen, lorsque l’antiraciste Mélenchon accepte de publier fièrement un appel lancé par Mikis Théodorakis, connu depuis des années pour son antisionisme débridé, et qui revendique aujourd'hui avec franchise son antisémitisme, cela vaut largement la citation d'une phrase d'un livre d'un écrivain collaborationniste.

C'est plutôt ce commode accommodement qui devrait énerver et même incommoder les antiracistes de France Inter et de la France entière.


Retour au débat sur la «droitisation». Quelques alliés de François Fillon sont ravis de jouer les utilités, mais après le match et le résultat connu, devant des micros extatiques.

Pour le dire sans trop d'acrimonie, je ne suis pas certain que Messieurs Solere, Baroin et Mme Koscucio-Morizet, se soient révélés, en la circonstance, comme des historiens de grande altitude.

Au premier, mon ami Stéphane Courtois a été contraint de donner, dans ces mêmes colonnes, quelques mauvais points. Il faut dire que le tombeur de Claude Guéant l'avait un peu cherché.

Venir expliquer au micro de Jean-Luc Bourdin sur RMC, que la différence entre l'extrême gauche et l'extrême droite correspondait à la Résistance et à la Collaboration, relevait effectivement de la grosse bourde.


Le co-auteur du «Livre noir du communisme» dut donc rappeler d'où venaient Pierre Laval, Jacques Doriot et Marcel Deat. Il eut pu ajouter à cette liste d'hommes de gauche celui d'Angelo Tasca.

Pour ajouter mon grain de sel sur une plaie inexistante pour cause d'occultation historique, je renverrai également mes lecteurs, parmi lesquels je suis sûr de compter M. Solere, à l'excellent ouvrage de référence de l'historien bien à gauche Simon Epstein, qui a montré que nombre de militants dreyfusards éminents (pour cause d'antimilitarisme pacifiste, notamment) ont fait de très convenables pétainistes.


Ayant causé sans doute chez certains une surprise qui n'a rien de divin, j'en arrive naturellement à Charles Maurras qui devient pour d’aucuns la référence pratique lorsque l'on répugne à embrigader Pétain, Mussolini ou Hitler, usés jusqu'à la trame trop visible.

Il semblerait que Mme Kosciusco en ait fait dernièrement un usage quelque peu immodéré sans que je sois persuadé qu'elle ait relu récemment l'œuvre complète du fondateur de l'Action Française.


M. Buisson, aurait, selon elle, voulu faire triompher cet antisémite, royaliste, anti républicain revendiqué. Rien que cela.


Question, en passant, à NKM :  Patrick Buisson, en contribuant, de l'aveu même de celui, à la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, avait-il déjà porté au pouvoir Charles Maurras ?

Question subsidiaire : qui, durant la dernière campagne présidentielle, a commis les bévues les plus signalées : réponse 1 : Nicolas Sarkozy ? (Encore que je n'ai pas souvenance que les observateurs, pourtant réputés pour leur vigilance sévère, en aient consigné de notables).

Réponse 2 : François Fillon ? (J'aide un peu : pensez à sa sortie, dont il dût s'excuser, sur les viandes halal et casher et pour avoir morigéné Jeannette Bougrab qui avait osé contester l'existence d'un islamisme modéré).


En tout état de cause, il faudra que l'ancienne porte-parole qu’avait cru devoir choisir le président sortant (qui ne semble pas vouloir appliquer le droit d'inventaire à sa personne) et M. Baroin harmonisent leurs références historiques.

Ce dernier ayant décrit M. Buisson comme un antigaulliste primaire, je rappellerai à nos deux historiens de circonstance, que Charles De Gaulle était un maurrassien de formation très convenable.


Enfin, quelques questions, pour l'anecdote, autour de la Gay Pride.

Les homosexuels étant, fort heureusement, sortis de leur ghetto, est-il désormais nécessaire, pour affirmer leur normalité de la manifester par l'extravagance ?

L'expression « Gay Pride » est-elle si adéquate ? Personnellement, je ne tire ni honte ni vanité particulière de mon hétérosexualité assumée sereinement.


Enfin, quitte à occuper la rue, il m’aurait été réconfortant de voir, ne serait-ce qu'un dixième du nombre des manifestants comptabilisés, défiler contre les massacres en Syrie.

Hier, 83 Syriens sont morts alors qu'ils participaient à des funérailles.

Qui va les enterrer ?

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 17:33
Billet
GWG-ACTUJ.jpgACTUALITE JUIVE - N° 1216 - JEUDI 28 JUIN 2012 
LA VIOLENCE FAITE AUX JUIFS DONT ON S’ACCOMMODE
par Gilles William Goldnadel

Président de France-Israël et d'Avocats Sans Frontières

J’ai toujours considéré, lors de la décennie précédente, que l’excès de sollicitude envers les juifs, lorsqu’il concernait les fantasmes d’un retour de la vieille haine rancie d’extrême droite relevait largement du leurre et de la diversion suspecte. Cet excès d’attention et de prévenance était payant politiquement et ne coûtait rien diplomatiquement. Les mêmes qui hier hurlaient au loup, prenaient alors les banlieues pour des bergeries.

Aujourd’hui, l’antisémitisme violent est installé. Il ne relève plus du fantasme mais de la réalité la plus sordide. Son originalité perverse se caractérise par le fait qu’il s’insère au sein d’un monde virtuel dont l’antiracisme est le principe de base obsessif. Un antiracisme qui traque le mot de trop et qui interdit l’interpellation de la minorité d’où provient la violence antijuive, au nom du risque supposé de l’amalgame. J’ai dit ailleurs, sans circonlocutions, je tiens à redire dans ces colonnes, que la minorité dont je parle est issue de l’islam. Un islam qui est aujourd’hui le vecteur essentiel de la judéophobie.

Non l’islam dans son ensemble, mais en son sein une minorité radicale non négligeable. Ne pas oser le dire, c’est interdire à la communauté arabe ou musulmane, pacifique dans sa majorité, de sortir d’une simple condamnation verbale qui devient rituelle, dérisoire et sans portée.

A la décharge des dirigeants de cette communauté, dont certains représentants sont irréprochables (je pense notamment à Dalil Boubakeur), les prétendues élites françaises, politiques ou intellectuelles ne font rien pour encourager et rassurer les musulmans les plus courageux –mais légitimement inquiets- à prendre position avec détermination contre la violence antisémite et antisioniste.

Que voit-on au contraire, qu’un homme admirable comme l’imam de Drancy, Monsieur Chalgoumi, qui s’est rendu récemment à Jérusalem au mémorial de Yad Vashem, a fait l’objet d’une pétition haineuse sur oumma.com sans être défendu sérieusement par qui que ce soit.

Plus grave encore, et plus significatif, l’une des signataires n’est autre que Rokhaya Diallo, compagnon de route des Indigènes de la République, chouchou des médias, et présentée très largement par eux comme responsable antiraciste.

J’attends encore les protestations des principales organisations qui prétendent lutter contre le racisme contre la mise en cause de l’imam Chalgoumi.

Le lecteur voudra bien excuser ce développement particulier, mais je le trouve emblématique et de la désertion des associations prétendument antiracistes, et de l’abandon à leur sort des musulmans courageux.

Mais en réalité, le vecteur principal de cet antisémitisme qui n’a plus rien de bien nouveau, vient avant tout de l’accommodement des prétendues élites politiques et intellectuelles à la violence faite aux juifs.
Il est peut-être trop tard. Car l’accommodement est partout. Il est dans le refus de réfléchir à l’obsession anti-Israélienne qui a conduit un exalté intoxiqué au mensonge antisioniste à se rendre dans une école pour tuer des enfants juifs. Oui Mohamed Merah est une victime. Victime fanatisée de la désinformation qui tolère qu’un vieillard encensé considère que l’occupation israélienne est pire que l’occupation nazie. Et qu’une chaine du service public de l’information prétende que des soldats israéliens ciblent délibérément un enfant dans les bras de son père.
Il est dans l’acceptation d’une alliance avec des partis d’extrême gauche rouge ou vert qui encouragent le boycott des produits de l’Etat juif et qui tolèrent l’obsession antijuive dans le monde islamique à commencer par celui des Frères Musulmans, et le terrorisme antisémite du Hamas en Israël.
Il est dans la politique d’apaisement qui fait que des brutes soient libérées après avoir attaqué des juifs en kippa à Villeurbanne.
Il est dans le fait que la communauté juive, peu à peu exclue de l’espace politique, soit placée dans l’alternative disqualifiante du communautarisme outragé ou du silence résigné.

J’ignore, dans les mois qui vont venir, et au gré aggravant d’une crise israélo-arabe toujours possible, à quel degré supplémentaire la violence antijuive installée pourrait monter.


Je sais seulement deux choses :

- poursuivre la politique « d’apaisement » de déni et de non-dits ne fera qu’envenimer l’abcès de fixation.

- L’Etat d’Israël, demeure, dans cet univers incertain, une source -inédite à d’autres moments cruels de l’histoire agitée des juifs- de réconfort et de dignité.

 

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 16:13

PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/consensus-ideologique-medias-favorise-idees-islamo-gauchistes-gilles-william-goldnadel-400459.html

La semaine Goldnadel

Publié le 25 juin 2012

Les pourfendeurs des potions du docteur Buisson ont-ils bien compris les attentes du peuple de droite ?

Nathalie Kosciusco-Morizet a indiqué ce dimanche que l’influent conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, avait pour objectif "de faire gagner Charles Maurras". Un point de vue pas forcément partagé par les sympathisants UMP.

La sollicitude de la gauche et des médias à l’égard de la droite est touchante et sans borne. Lundi et mardi, France Inter aura donné toute la publicité requise à la charge de Mme Bachelot, présidente de France-Irak du temps de Saddam Hussein et toujours vice-présidente de France-Syrie, mais soudainement devenue moraliste. Mme Jouanneau, ravie enfin d’exister, entonne la même chanson à l’encontre de la « droitisation » sur d’autres ondes. Bref, tous se précipitent au chevet de la grabataire pour lui conseiller la bonne médecine. Il faudrait, tout d’abord, radier le Dr Buisson. Peu importe que son patient ait failli survivre en dépit de la pandémie qui a frappé toute l’Europe et terrassé l’ensemble des responsables gouvernementaux en compétition. Peu importe que les droites soient majoritaires en France. Le salut passerait par la renonciation du successeur de Sarkozy à correspondre à l’attente désormais déterminée du peuple de droite. Le mieux, parait-il, serait de revenir à un archéo-gaullisme qui aura fait le lit de l’immigration sans contrôle et de l’Etat-prodigue.

Il n’est pas sur, qu’aujourd’hui, les adhérents comme les représentants de l’UMP cèdent  à cette campagne d’intoxication.

Ils ont compris, enfin, que c’est l’alliance entre la gauche extrême et les socialistes qui les obligent à résister à un terrorisme intellectuel qui, jusqu’à présent, les contraignaient à peser chaque mot au trébuchet de la censure vigilante qui les surveille en permanence.

Ils savent aussi que, quand bien même ils se soumettraient à l’ordonnance de tous ces bons docteurs Diafoirus, chaque mot qui sortirait de leur bouche, en infraction aux canons de la morale obligatoire, leur serait compté double.

François Hollande a le droit de parler aux électeurs du Front National, il a le droit de considérer qu’il y a trop d’immigrés en France, pas Mme Morano. Il a le droit d’avoir été élu avec des voix de droite, pas Olivier Falorni, sous peine de trahison.

Cette même indulgence à géométrie variable prévaut pour les artistes et sportifs du camp du Bien autoproclamé.

Ainsi, le festival de démagogie qu’aura donné Yannick Noah, lundi au Sénat, aurait du lui valoir la raquette d’or du faux cul international.

Plaider à la fois l’optimisation fiscale pour lui-même et son fils et la taxation maximale pour tous les autres aurait pu lui procurer des habits pour les dix  prochains hivers. Silence dans les rangs des chantres vétilleux de la morale fiscale.

Idem pour Mathieu Kassovitz. Après avoir douté du 11 septembre à New York, le voilà qui joue les sceptiques inspirés quant à la responsabilité de Mohamed Merah à Toulouse.

Nul, curieusement, n’a pourtant pensé à s’esclaffer.

En revanche, on aurait tout intérêt à valoriser la parole d’obscurs et de sans grade, infiniment plus digne et courageuse.

C’est ainsi que Chaouki, le frère d’Abdallah Bouzemaar, assassin des deux femmes gendarmes à Collobrieres a vitupéré le laxisme judiciaire qui a dispensé d’une peine plancher son frère multirécidiviste, après qu’il soit passé en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel pour une affaire de violence sur sa mère. « Il a ruiné notre famille et celle de deux femmes, il est impardonnable » ajoute, sans indulgence excessive, sa sœur Djamila.

Pendant ce temps, le frère de Mohamed Merah, Abdelghani, n’a pas de mots assez durs pour flétrir la plainte de leur père à l’égard de la France. « Mon frère est un monstre rempli de haine. C’est un Brevik à la française ».

Il ne se sera pas trouvé un chroniqueur de notre sauvage époque pour dire, simplement, ces mots vrais.

La sœur de Boujema, l’individu dérangé qui aura pris, cette semaine, des otages dans une banque de Toulouse, en se revendiquant d’Al Qaida a déclaré « qu’il avait la rage ».

Le peuple français n’a pas la rage. Il défile, sans bruit, au long de marches blanches en hommage aux victimes, ou dans des manifestations « dignes et silencieuses ».

Anesthésié, aux termes d’un traitement invalidant qui dure depuis quatre décennies, il semble avoir perdu la capacité des sentiments forts. Il ne devrait lui être interdit ni de s’aimer, ni de détester la haine.

 

Il est des nouvelles que la presse française ne tient pas à monter en épingle.

Ainsi, et en dépit de son obsession pour le conflit israélo-palestinien, vous ne trouverez nulle trace de l’agression caractérisée et assumée du Hamas et de ses missiles sur le sud du territoire israélien, paralysant ainsi la vie normale du million d’habitants qui y vivent.

Le fait que la stratégie du mouvement terroriste palestinien soit, à l’évidence, de se servir de la radicalisation islamiste en cours en Egypte, ne semble également intéresser personne dans l’hexagone.

 

Quelquefois, l’information arrive, mais avec retard. C’est ainsi que Le Monde, dans un salutaire éditorial en première page, accepte-t-il de traiter de « l’affaire Merah et des ravages du complotisme. ». Dans un passage non moins salutaire, il est écrit : « Dans un cas comme dans l’autre, les faits n’ont guère d’importance, comme l’a bien montré le politologue Pierre-André Taguieff dans son essai – « La foire aux illuminés » – sur le conspirationnisme moderne. Ce n’est pas la singularité de l’événement qui intéresse les complotistes. Ils n’ont que faire des détails sur les crimes perpétrés par Mohamed Merah en mars dernier : trois soldats français tués à bout portant. Un quatrième resté tétraplégique après qu’une balle lui a sectionné la moelle épinière ; les trois enfants et leur professeur, choisis parce que juifs, abattus dans la cour de l’école – notamment cette petite fille qui s’enfuit et qu’il rattrape par les cheveux pour lui loger une balle dans la tête.

Dans un cas comme dans l’autre, les sites désignent le « vrai » responsable : les israéliens, le sionisme international, l’impérialisme occidental anti-islamique, etc…

C’est la version 2-0 des sinistres « Protocole des sages de Sion » : le complot juif.

Ce message est couramment partagé dans le monde arabo-musulman et dans une fraction non négligeable de l’opinion en France. »

 

Peut-être qu’au terme d’un effort supplémentaire, et osons le dire, d’une révision déchirante de ses préjugés, le journal du soir finira par comprendre que c’est, précisément cette obsession anti-israélienne qui est à la base et du véritable blocage au Proche-Orient, et du déchainement de violence anti-juive en France.

 

Enfin, il arrive qu’il faille des décennies pour connaître la vérité.

C’est ainsi que Le Figaro de jeudi, premier dans la presse française, a révélé le contenu de l’article de Der Spiegel qui a provoqué cette semaine une onde de choc en Allemagne : ce sont des néo-nazis allemands qui ont prêté main forte à Septembre Noir lors de l’assassinat des athlètes israéliens aux jeux olympiques de Munich en 1972.

Pour ceux qui s’intéressent honnêtement à l’histoire du Proche-Orient, cela n’a strictement rien de surprenant : Septembre Noir c’est l’OLP, et l’OLP a toujours été dominée par la famille Husseini, du Grand Mufti à Yasser Arafat.

Et cette famille, mais quel journal français osera le dire, a toujours été en lien avec l’antisémitisme le plus virulent : nazisme avant-hier, néo-nazisme hier, islamo-gauchisme aujourd’hui.

Qui osera encore dire que des missiles du Hamas, filiale du groupe des Frères Musulmans, au massacre de Toulouse, en passant par celui de Munich, on trouve chaque fois le signe de la bête ?

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 10:27

 

Article paru dans VALEURS ACTUELLES

 

Entretien. 

Villeurbanne : les dangers de “l’apaisement”

 

Fabrice Madouas le jeudi, 14/06/2012


L’avocat Gilles-William Goldnadel, auteur de “Réflexions sur la question blanche” (Jean-Claude Gawsewitch Editions), revient sur l’affaire de Villeurbanne. 

Quatre suspects ont été mis en examen dans l’affaire de Villeurbanne. Pourtant, malgré sa gravité,  on ne parle presque plus de l’agression dont trois jeunes juifs ont été victimes le 1er juin. Comment expliquez-vous cette discrétion ?
Certains croient habiles de pratiquer la politique de l’apaisement, qui n’est pour moi que la version française de l’appeasement cher, en d’autres temps, à M. Chamberlain, et qui n’était rien d’autre qu’un renoncement… Cette euphémisation de l’antisémitisme violent est inquiétante.


“Certains”, dites-vous… mais qui, précisément ?
La gauche incarne assez bien cette tentation – hormis, peut-être, Manuel Valls, mais cela reste encore à prouver. Peu de gens ont le courage intellectuel de souligner cette évidence, à savoir que l’antisémitisme violent n’est plus aujourd’hui le fait d’une extrême-droite devenue fantomatique, mais qu’il est souvent le fait de Maghrébins ou, selon les actes, de musulmans.

N’ayant pas la réputation de pratiquer la langue de bois, je peux préciser, sans être accusé de précaution oratoire, que je pense sincèrement que la grande majorité de cette communauté est pacifique. Il n’en demeure pas moins qu’il réside à l’intérieur de cette communauté une minorité non négligeable qui continue de professer un antisémitisme mâtiné de racisme antiblanc, antioccidental et antifrançais.


Cette stratégie de l’apaisement vous semble donc dangereuse ?
Qu’on ait pu, dans le passé, se demander sincèrement s’il n’était pas dangereux de faire de la publicité à ces violences, je l’admets volontiers. Mais nous n’en sommes plus là. Nous savons depuis 2000, et ce que l’on a appelé l’intifada des banlieues, qu’un antisémitisme violent se manifeste sporadiquement, et de plus en plus ouvertement. Il aurait fallu sommer les responsables de cette communauté de ne pas se contenter de mises en garde verbales. Beaucoup, je le souligne, sont moralement irréprochables (je pense notamment à Dalil Boubakeur) mais s’il n’y a pas, en France, un pouvoir politique assez lucide pour dire les choses clairement, pourquoi voudriez-vous qu’ils s’engagent plus solennellement qu’aujourd’hui contre la minorité qui défigure leur communauté?


Certains le font, comme l’imam de Drancy, Hassan Chalgoumi, qui s’est rendu récemment à Tel-Aviv pour dialoguer avec les autorités juives…
Et que voit-on ? Que cet homme ô combien courageux, qui est l’honneur de sa communauté, est aujourd’hui la cible d’une pétition haineuse, relayée notamment par le site Oumma.com et signée, entre autres, par les Indigènes de la République et certains de leurs compagnons de route, comme Rokhaya Diallo – laquelle se présente comme antiraciste. Où l’on voit que le mouvement prétendument antiraciste a non seulement échoué dans son but affiché, mais a aussi très souvent perverti les véritables luttes antiracistes !


Trois mois après l’attentat commis à l’école Ozar Hatorah de Toulouse, quel est l’état d’esprit de la communauté juive, au moment où le père de Mohammed Merah porte plainte pour meurtre ?
La communauté juive a le sens des responsabilités. Elle a compris que l’antisémitisme islamogauchiste était aussi dangereux que l’antisémitisme d’extrême-droite. Elle est inquiète mais elle ne cède pas à la panique, encore moins à un racisme antiarabe qui serait moralement et politiquement inacceptable. Elle appelle les politiques et les médias à faire preuve de la même responsabilité qu’elle. Trois mois après le massacre de Toulouse, nul ne peut faire l’économie d’une réflexion sur la détestation pathologique d’Israël. Qu’on ne fasse pas semblant de ne pas comprendre ce que je veux dire : je ne dis pas qu’il n’est pas légitime de critiquer sur tel ou tel point la politique du gouvernement israélien, je dis qu’on ne peut pas “nazifier” l’Etat d’Israël sans nazifier par voie de conséquence une communauté juive de France qui lui est naturellement solidaire et s’étonner ensuite des conséquences ultimes d’une telle perversion, comme les assassinats d’écoliers juifs.

 

Propos recueillis par Fabrice Madouas

Photo © Patrick Iafrate

 

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 12:01

PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/droite-liberale-train-decider-questionner-gauche-moderee-alliances-extremes-gilles-william-goldnadel-387105.html

 

La semaine Goldnadel

Publié le 11 juin 2012

La droite libérale est-elle enfin en train de se décider à questionner la gauche modérée sur ses alliances extrêmes ?

Critiquée régulièrement pour sa position vis-à-vis du FN, l'UMP contre-attaque en dénonçant les accords électoraux passés entre le PS et le Front de gauche.

Mieux vaut tard que jamais : dans son éditorial du 8 juin, le rédacteur du Monde vient de faire une découverte : le programme de François Hollande serait « d’un flou inquiétant » sur la question cruciale de la dette et des moyens de maîtriser le déficit public. Et d’ajouter, d’un air impérieux : «La zone euro est en feu. Non seulement ce flou persistant n’aide pas à maitriser l’incendie mais les électeurs français seraient en droit de connaître, au moment de retourner aux urnes, les véritables intentions du gouvernement. »

Belle clairvoyance, somptueuse exigence démocratique. Peut-être, tout de même, qu’à un mois près, il n’aurait pas été inutile de sommer celui qui n’était encore que le candidat à la magistrature suprême, de bien vouloir sortir de ce flou soudain déplorable et soudainement déploré.

 

Le mariage de la carpe socialiste et des lapins extrémistes

Mieux vaut, très, très tard que jamais : Jean-François Copé (Libération du 9 juin) demande à François Hollande « comment il ne « rougit pas de honte » lorsqu’il envisage une « alliance scélérate » avec « le trotskiste » Jean-Luc Mélenchon, l’homme qui « préfère le drapeau rouge au drapeau tricolore », ne tient pas Castro pour un dictateur et « déroule le tapis rouge devant l’antisémite grec Mikis Théodorakis ». Et Copé, de promettre « qu’il ne lâchera plus les socialistes ».

Est-il besoin de préciser dans ces colonnes que cette soudaine découverte, j’invite la droite libérale de bien vouloir la faire depuis des lustres ? En tout état de cause, il n’aurait pas été inutile de l’exploiter le mois dernier.

Certes, plusieurs obstacles vont se dresser devant cette exploitation de l’évidence obscène du mariage de la carpe socialiste et des lapins extrémistes, parmi lesquels la droite – toujours aussi ignorante en zoologie politique – serait moralement bien inspirée de ranger le parti des Verts.

Tout d’abord, le parti pris médiatique, dont il n’est pas nécessaire ici de préciser les tropismes et strabismes, et qui a d’ores et déjà commencé à tenter une contre-attaque.

C’est ainsi que dans l’article précité de Libération, le journaliste sanctionne  ainsi la « diatribe anti bolchévique » de Copé : « elle risque de désinhiber ceux qui sont tentés de parler avec Marine Le Pen » sans être apparemment conscient de l’asymétrie de son objection réversible.

Dans un registre encore plus croquignolet, mais dans le même esprit, Pascale Clark avait invité, ce lundi matin, l’ombrageux Patrick Devedjian pour lui faire dire tout le mal qu’elle pensait qu’il pensait du « ni Front National, ni Parti Socialiste ».

Las, à la grande déception de la radio nationale, le député d’Antony, non seulement n’en fit rien, mais encore dénonça les rouges alliances du parti rose. Ce qui nous valu ce savoureux échange : Clark : « vous êtes bizarre ce matin ». Devedjian : « c’est sans doute, par ce que je ne vous ai pas fait la réponse que vous espériez … »

L’intimidation n’est plus ce qu’elle était.

Dans cette partie capitale qui s’engage, il est clair, compte tenu de ce qui précède, que Jean-François Copé est le plus déterminé à voir l’inhibition changer de camp, ou tout au moins à créer enfin au sein de la gauche modérée un surmoi dont elle s’était jusqu’à présent allègrement affranchi, au regard de l’étrange morale ambiante.

On peut certes faire confiance à la classe médiatique pour tenter de favoriser un François Fillon, plus timoré sur le sujet.

C’est déjà chose faite, lorsqu’est rappelée la préférence de l’opinion pour l’ancien Premier ministre.

Fort heureusement, dans les primaires à venir qui départageront les rivaux, il ne sera demandé ni à la gauche, ni aux médias, leur avis. Il n’est pas sur qu’un François Fillon, qui morigénait hier encore la courageuse Jeannette Bougrab pour avoir osé nier la réalité d’un islamisme modéré, recueille une adhésion très enthousiaste .

 

Mais l’un des obstacles les plus redoutables à cette re-création d’un surmoi de gauche, est sans doute qu’au catéchisme antifasciste fantasmatique rabâché quotidiennement, n’a jamais correspondu un anticommunisme toujours aussi malséant.

Pour mesurer l’insoutenable légèreté française  sur la question, on quittera, pour une fois l’être artistique pour se pencher sur la futilité de la finance internationaliste. C’est ainsi, par exemple, qu’un quotidien vantait récemment « l’anticonformisme » d’Edouard Carmignac, fondateur du fonds de placement éponyme pour oser arborer derrière son bureau des portraits d’Andy Warhol célébrant Lénine et Mao…

 

Un antisémitisme maghrébin ?

Le peintre Gerhard Richter, né à Dresde en 1932 et éduqué sous le nazisme puis le stalinisme a confié qu’il avait fondé sa peinture sur l’expérience qu’il avait d’avoir  « grandi dans des systèmes politiques où on savait très précisément ce qu’il fallait dire et ce qu’il ne fallait pas dire. »

Il n’est pas sûr que les censés nous informer aient fondé leur manière de dire ou de dissimuler la réalité sur une expérience bien différente.

Etait-il si difficile au lendemain de l’agression à coups de marteau et de barres de fer sur trois jeunes juifs de Villeurbanne portant la kippa, de dire les choses sans fard et pour autant sans haine ni passion ?

Etait-il si malaisé de dire sans trop de circonlocutions ou de circonvolutions, qu’une fois encore cet antisémitisme venait de la communauté maghrébine ? Etait-il si inconfortable d’affirmer, après le massacre de Toulouse et, au lendemain de nouvelles démonstrations anti-juives, que si, la plus grande partie de cette communauté était sans nul doute pacifique, il n’en demeurait pas moins qu’à l’intérieur y résidait également une minorité – non négligeable – qui continuait de manière violente à manifester un fort racisme dans lequel marinait depuis longtemps l’antisémitisme, mais aussi la détestation de tout ce qui est blanc, occidental ou simplement français.

C’est bien au contraire, cette survivance de l’euphémisation de cette réalité trop longtemps tue qui a fait qu’elle soit devenue si vigoureuse et pérenne.

Et ce n’est pas l’abstention de toute la presse française devant la décision « d’apaisement » (dixit les avocats des trois antisémites) de mettre en liberté les trois agresseurs – apaisement dont je préviens mon lecteur à longueur d’éditoriaux – qui est de nature à détourner le flot de haine qui désormais coule régulièrement dans le Rhône et ailleurs.

C’est dans ce paysage sinistre et sinistré que l’on peut, néanmoins, discerner quelques lueurs vacillantes :

Un ministre de l’Intérieur qui semble se décider à appeler un antisémite, un antisémite, quand bien même il ne correspondait pas au portrait-robot idéal, rêvé par ses amis, rompant ainsi avec la politique apaisée de M. Jospin et Vaillant.

Un Imam courageux, n’hésitant pas à se rendre au mémorial Yad Vashem de Jérusalem au grand dam de ses contempteurs vociférant d’Oumma.com.

Regrettons tout de même que pour rendre hommage à M. Chalgoumi, Caroline Fourest (Le Monde du 9 juin 2012) se soit sentie obligée de renvoyer dos à dos arabes antisémites et juifs anti-arabes dans une symétrie que la litanie de massacres et agressions unilatéraux rend malheureusement, incongrue.

Cette incongruité indigne de l’intelligence de son auteur – et peut-être de la nôtre – en dit long sur le chemin qui reste à parcourir pour qu’on sorte un jour du monde de Richter.

 

 

 

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