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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 18:09

PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/gilles-william-goldnadel-certaine-gauche-interdit-mettre-en-garde-haine-islamiste-occident-323211.html

La semaine Goldnadel

Publié le 2 avril 2012

Quand une certaine gauche interdit de mettre en garde contre cette haine islamiste de l'Occident

L’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) se réunit en fin de semaine au Bourget. Après la tuerie de Toulouse, la France a décidé jeudi d'interdire la venue à cette occasion de plusieurs prédicateurs. Cependant il est toujours difficile de dénoncer le fanatisme de certains islamistes. 

Sur Qatar TV, en février 2006, le cheikh Qaradawi déclara que « les opérations martyrs sont autorisées, même s’il se trouve des civils parmi les victimes ».  Crédit Reuters

Au lendemain des deux drames montalbanais et toulousain, sans doute pour très peu de temps, les évidences indicibles peuvent être dites et montrées. Il existe encore, et si l’on ose dire, une fenêtre de tir, étroite, que l’idéologie en majesté va s’employer à refermer, comme elle en a la magie. Entre-temps, les Français auront pu apprendre ce qu’on leur cachait comme à des enfants immatures ou des adultes incapables.

Ainsi, si l’identité du tueur ne leur avait pas été révélée aussi prestement, nul doute que les prestigieux invités au congrès annuel de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) qui se tiendra de ce vendredi à lundi au Bourget, auraient été reçus sans encombre et dans le silence des médias.

Nul n’aurait su, par exemple, que M. Abdallah Asfar avait légitimé le fait de battre son épouse si elle n’obéissait pas à son mari. Ou que les proches du Hamas, Messieurs Akrima Sabri et Al Huazi avaient respectivement déclaré : «Je vous annonce qu’il y a des centaines de femmes qui sont prêtes à se sacrifier pour libérer la terre de Palestine, et à sacrifier ce qu’elles ont de plus cher, leurs propres enfants » et encore : « Oui, je suis antisémite. Si ce ne sont pas les dirigeants arabes, nous devrons dévorer les juifs avec nos dents ». Pour ne pas être en reste, le quatrième hôte empêché de l’UOIF, M. Al Qarni a qualifié les juifs de « frères des singes et des porcs » (le Figaro du 30 mars).

De même, jusqu’à présent, tous mes efforts à populariser les prêches sur Al-Jazira du cheikh Qaradawi, qui ne viendra pas non plus au Bourget à la suite de l’intervention de Nicolas Sarkozy auprès de l’émir du Qatar, qui a bien voulu se montrer compréhensif, étaient demeurés vains.

Les Français auraient continué d’ignorer la qualité de la prose de celui qui, dans son ouvrage « le licite et l’illicite » recommande l’extermination physique des homosexuels.

Sur Qatar TV, en février 2006, cet ami du Hamas, déclara que « les opérations martyrs sont autorisées, même s’il se trouve des civils parmi les victimes ». Pour ce qui est des occidentales violées, il ajoutait que celles-ci l’avaient été par ce que «une provocatrice non habillée décemment devait être punie (…) pour qu’elle soit affranchie de la culpabilité, une femme violée doit avoir montré la bonne conduite ». Mme Gisèle Halimi et ses amies féministes ne semblent pas avoir été très émues jusqu’alors de semblables propos.

Ou encore, cette sortie le 28 janvier 2009, toujours sur Al-Jazira, dont bien peu d’antiracistes autoproclamés, hier encore, faisaient grand cas : « Tout au long de l’histoire, Allah a imposé aux juifs les personnes qui les puniraient de leur corruption. Le dernier châtiment a été administré par Hitler – et bien que les juifs aient exagéré les faits – il a réussi à les remettre à leur place. C’est est un châtiment divin. Si Allah veut, la prochaine fois ce sera par la main des musulmans ».

Pour se consoler, le public de l’UOIF pourra toujours applaudir Tariq Ramadan qui vient de considérer que Mohamed Merah « renvoyait la France à son miroir » et que celui-ci avait «fini jihadiste sans réelle conviction après avoir été un citoyen sans réelle dignité ».

 

Quand une certaine gauche s'aveugle....

Mais convenons-en, ces paroles compréhensives ne sont pas très éloignées du discours de la gauche extrême qui a repris de sa couleur, sitôt les victimes enterrées. Raison pourquoi, très vite, la déraison va retrouver tous ses droits. Bientôt, il sera, à nouveau, impossible de mettre en garde vivement contre le "racisme islamiste" sans être taxé de stigmatisation.

D’ici là, hâtons-nous de dresser un bêtisier dont cette même gauche extrême semble posséder, pour l’heure, sans grand esprit de partage, le quasi-monopole.

Laissons de coté, les trotskistes assumés, qui ne se sont même pas donné le ridicule de feindre une hypocrite compassion. Besancenot regarde depuis trop longtemps avec concupiscence le lumpenprolétariat des cités comme autant de régiments à embrigader pour vouloir se donner le mal de donner le change.

C’est du coté du Front de Gauche, que l’on retrouve, sans surprise, les habituelles pauvretés du parti dédié aux pauvres. Ainsi, un Pierre Laurent, en digne héritier de son stalinien de père, a cru devoir verser quelques larmes sur le sort du géniteur de l’assassin décidé à réclamer des comptes à la France.

Cette France et ses habitants, premiers responsables de son échec scolaire, de ses délits qui le conduisent en prison, et même de son si humiliant RSA qui l’ aurait poussé à ne rien faire s’il n’avait décidé de tuer des soldats et des petits juifs.

Mais, le parti des Verts aura lui aussi respecté son quota de stupidités écœurantes.

Ainsi, comme a su le faire remarquer Olivier Rolin, Cécile Duflot a expliqué de sa petite voix péremptoire que « le terreau » sur lequel a prospéré le criminel « est alimenté par les politiques qui stigmatisent certaines communautés, ce qui donne du crédit au fanatisme religieux ».

Mais le pire est à venir. Dans un article daté du 22 mars, Le Monde écrit, sans grands états d’âmes, que la direction du parti a reçu des courriels très vifs « se demandant pourquoi on n’en faisait pas autant pour des enfants palestiniens qui périssaient lors d’échanges de coups de feu entre Israéliens et palestiniens. »

L’explication arrive : « Le soutien sans faille à la cause palestinienne est en effet un des fondamentaux du parti, réaffirmé à chaque conseil fédéral, et porté sans complexe par la secrétaire nationale Cécile Duflot ».

A ce stade, dois-je rappeler qu’il s’agissait de flétrir l’assassinat de sang-froid de petits écoliers dans une école française ?

Dois-je, également, rappeler que le Front de Gauche et les Verts sont associés aux socialistes dans le cadre d’une union que le candidat du PS couve tendrement du regard et qu’il n’a pas trouvé le moindre mot pour admonester le comportement erratique de ses partenaires ?

Que les médias ne lui en demandent pas raison, nous y sommes habitués, mais que la droite démocratique n’enfonce pas le clou, toute à ses compliments finement stratégiques au tribun Mélenchon, me laisse songeur.

 

Le juif désigné comme la source de tous les maux ?

Dans ce contexte délétère, la lecture du Figaro  du vendredi 30 mars m’aura également plongé dans un abîme de perplexité. Cette citation du grand rabbin Gilbert Bernheim, dans le cadre de la recension de son dernier opus , et qui, paraît-il , trouverait tout son sens au lendemain de la semaine dramatique : « Il faudrait être ridiculement naïf pour exclure que le juif puisse être désigné comme la source de tous les maux » d’où cette exigence « qui s’impose comme un devoir» et comme «une exception à la neutralité républicaine » : « Au nom des valeurs du judaïsme, j’appelle à ne pas voter pour Mme Le Pen ».

Le mécréant que je suis ne prétends pas porter les valeurs du judaïsme aussi hautement que l’éminent auteur de cette sentence, mais, n’eût-il pas fallu, au nom de ces mêmes valeurs, a fortiori après cette décade tragique et ces propos décadents, quitte, effectivement, à enfreindre les règles de la neutralité républicaine, appeler également à ne pas voter pour MM Artaud, Joly, Mélenchon, et Poutou ?

Comme quoi, les cerveaux les plus structurés ne sont pas les moins exposés à l’hémiplégie morale et politique.

 

L’islam est-il soluble dans la démocratie ?

Dans un ordre d’idées assez voisin, j’avoue mon inquiétude après avoir entendu Bernard Guetta, pronostiquer lundi que « l’islam était soluble dans la démocratie ». Je suis inquiet, car, généralement, cet homme courtois se trompe.

Ainsi, la semaine dernière il avait privilégié l’hypothèse populiste pour expliquer les massacres du sud-ouest.

C’est lui qui également avait prévu que l’Europe ferait un tabac lors de la consultation sur Maastricht, que la méthode douce initiée il y a cinq ans par les Européens convaincrait les Iraniens de stopper leur projet atomique, que le Hamas, c’était fait, avait implicitement reconnu Israël et ainsi de suite.

A la décharge de l’éditorialiste diplomatique de France Inter, reconnaissons, sans surprise, que son point de vue est aussi celui du Monde, du Quai d’Orsay et, plus généralement, de la gauche bien mal pensante. Seuls, mais c’est un détail sans grande importance, les faits les démentent.

Ainsi, les frères musulmans égyptiens, contrairement à leurs promesses les plus solennelles, ont décidé de présenter leur chef à la future élection présidentielle.

Pour prétendre cependant que les islamistes aujourd’hui au pouvoir ne sont pas si terribles que cela, que jamais la Charia ne serait appliquée (ce qu’elle est déjà largement dans les faits), nos incorrigibles optimistes les opposent aux plus radicaux salafistes.

Ils devraient pourtant se souvenir que, déjà, Lénine avait utilisé le gauchisme pour asseoir la réputation du bolchevisme.

Que le rouge puisse déteindre sur le vert n’étonnera que ceux qui n’ont pas encore compris que les deux couleurs s’accordent harmonieusement.

 

02/04/12

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 14:49

 

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La Revue-Medias 

N°32 – Printemps 2012

 

Ligne de front

Gilles-William Goldnadel : « Je suis un extrémiste de la modération » par Emmanuelle Duverger et Robert Ménard  

Président d’Avocats sans frontières, membre du Comité directeur du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Gilles-William Goldnadel voit, dans le traitement médiatique d’Israël, l’expression d’un antioccidentalisme dominant.

Selon vous, « le procès permanent fait à Israël relève de l’escroquerie intellectuelle ». N’est-ce pas un peu exagéré ?

Non. Cela correspond exactement à la définition du bonneteau : d’une part, on raconte des histoires à l’encontre d’Israël, et, d’autre part, on dissimule des crimes infiniment plus graves commis par les ennemis d’Israël.

Par exemple ? Le rapport Goldstone1. Il affirmait qu’Israël avait commis des crimes inqualifiables à Gaza, lesquels devaient entraîner des sanctions internationales. Lorsque les médias ont rendu compte de ce rapport, ils ont mis en avant le fait que son auteur était un Juif. Et, bien sûr, l’ensemble de la presse internationale est tombé à bras raccourcis sur Israël. Quelques mois plus tard, dans une interview du 1er avril 2011 au New York Times, le juge Goldstone lui-même, avouait : « Si j’avais su ce que je sais maintenant, jamais je n’aurais déposé un tel rapport. Parce que Israël ne faisait que de se défendre dans le cadre des attaques du Hamas à coups de roquettes sur le territoire israélien. D’autre part, le Hamas, lui, a vraiment commis des crimes de guerre, en envoyant des roquettes sur la population et en utilisant son propre peuple comme bouclier civil. » Je n’avais cessé de le dire depuis des mois. Mais qui, en France, a véritablement mis en exergue ces déclarations qui invalidaient le premier rapport Goldstone ? Remarquez, ce n’est pas la première fois : on donne toujours plus de publicité au procès qu’au non-lieu…

C’est ce « deux poids, deux mesures » qui vous choque ?

Pendant une décennie, on a dissimulé à l’opinion publique internationale en général, et à l’opinion publique française en particulier, les crimes infiniment plus graves, sans excuses, qui ont été commis dans les pays arabes. Que ce soit contre les populations arabes elles-mêmes par leurs dictateurs — dont on s’aperçoit aujourd’hui qu’ils sont sanguinaires, mais avec lesquels on a commercé sans problème et que la presse française épargnait — ou à l’encontre de leurs m i n o r i t é s r e l i g i e u s e s o u sexuelles. Trouvez-vous, d’autre part, que la presse française insiste lourdement sur le génocide des Noirs au Soudan ou sur le sort des néo-esclaves dans les Émirats ?

Vous voulez dire que la presse est « vendue aux Arabes » ? Pourquoi les journalistes fonctionneraient-ils ainsi ? Ils seraient méchants et malhonnêtes ?

J’espérais presque que vous diriez « antisémites ». Parce que je suis fasciné par le fait que, lorsque je critique les contempteurs excessifs d’Israël, on me répond immédiatement que je vois de l’antisémitisme partout, quand bien même je n’ai pas prononcé le mot et qu’il ne m’est même pas venu à l’esprit. Dans l’argumentation anti-israélienne, l’un des refrains habituels est que les pro-israéliens utiliseraient l’antisémitisme pour empêcher la critique légitime d’Israël. Rien n’est plus stupide. Dans tous mes livres, je tente d’expliquer le parti pris antioccidental en général, et anti-israélien en particulier, par une idéologie de détestation du monde occidental.

La haine d’Israël s’inscrirait dans le prolongement de notre propre détestation ?

C’est même pire que ça. Je n’ai jamais cessé de mettre en avant cet antioccidentalisme pathologique, que j’ai expliqué par le contrecoup de la Shoah, laquelle a entraîné au sein du monde occidental une autodétestation. L’ironie de cette histoire, c’est que ça se retourne contre Israël. Lorsqu’on déteste l’Occident d’une manière pathologique, on abhorre encore plus l’État occidentalissime d’Israël. C’est mon explication première. Viennent ensuite les raisons périphériques : l’esprit iconoclaste, le suivisme, la bêtise, l’ignorance et, pourquoi pas aussi, l’antisémitisme. Je ne défends pas toujours les discours du Crif, mais il peut arriver, tout de même, que l’on soit à la fois dans la détestation d’Israël et dans la détestation des Juifs. Je pense, par exemple, à Dieudonné.

Le Crif voit de l’antisémitisme partout !

Vous exagérez, il s’agit d’une communauté traumatisée. « Les dieux rendent fous les hommes qu’ils veulent perdre. » De temps en temps, notamment dans la vieille génération, le traumatisme est encore fort. Et puis, je ne nie pas la part d’instrumentalisation, quelquefois par des Juifs, quelquefois par des politiciens… Le Parti socialiste aura passé une bonne partie de son temps à instrumentaliser la communauté juive avec l’épouvantail Le Pen. Mais lorsque l’antisémitisme est passé de l’extrême droite à l’extrême gauche, les prétendus amis fidèles des Juifs ont soigneusement tourné la tête… Je dénonce cette instrumentalisation depuis trente ans.

29/03/12

©

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 14:26

enqueteetdebat-logo.pngMe Goldnadel avait flairé avant tout le monde la piste de l’islamiste dans la tuerie de Toulouse, cela méritait bien une interview plus large maintenant que l’émotion était retombée. Voici d’abord un extrait de 5 minutes tiré de cette interview sans concession de 53 minutes, qui aborde tous les aspects du sujet ou presque, sans tabou ni pincettes.

 L’interview intégrale (cliquez sur le lien ci-dessous) :
http://www.dailymotion.com/video/xppmrm_interview-de-maitre-goldnadel-sur-la-tuerie-de-toulouse_news?start=9#from=embed



par Jean Robin - Enquête & débat


27/03/12

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 15:45

PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/racines-terrorisme-islamiste-francaise-juif-antisemitisme-antisionisme-gilles-william-goldnadel-318152.html

 

La semaine Goldnadel

Publié le 26 mars 2012

 

 

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"Belles scènes de fraternité sans apprêts, que la main d’un rabbin dans celle, ferme et sure de l’imam Chalgoumi de Drancy, écrasant dans une même poigne, l’islamisme, l’antisémitisme et la haine de la France." Crédit Reuters

 

La semaine Goldnadel

Publié le 26 mars 2012

 

Pourquoi peine-t-on à voir les véritables racines de ce terrorisme islamiste à la française ?


Pourquoi ce dépit exprimé par certains que le tueur de Toulouse n'ait pas été un néo-nazi et pourquoi est-il si difficile de rappeler publiquement que la seule communauté à avoir été visée en tant que telle par Mohamed Merah est la communauté juive ?

Après, c’est comme avant, rien ne change. L’islamisme est la maladie infantile de l’islam, le gauchisme celle du socialisme. Les deux sont très copains et ont des parents permissifs. Inutile de revenir sur la tentative avortée, en raison de la célérité policière, d’avoir lancé une nouvelle fois le leurre néonazi, je l’ai évoqué – y compris dans ces colonnes – on ne tire pas sur une ambulance remplie d’aveugles malentendants.

On se contentera d’évoquer ce journaliste dépité d’apprendre l’identité de l’assassin, «twitter» à un confrère helvétique tout aussi progressiste que lui un : «putain, je suis dégouté, le type est un islamiste, j’aurais tellement préféré que ce soit un facho».

On compatira à sa peine à l’aune de sa réelle compassion à l’égard des victimes.

 

Quand une enseignante rouennaise invite ses élèves à respecter une minute de silence à la mémoire de l’assassin

Mais l’après est tout aussi confondant. Un cœur pur, une âme candide, un Huron débarquant d’une contrée moins peuplée d’idéologues se serait pris à espérer que la vérité révélée dans toute sa crudité aurait dessillé les paupières les plus scellées. Las, les corps des suppliciés à peine ensevelis dedans la terre, que l’inhumaine nature politique reprend ses droits.

C’est ainsi qu’une enseignante rouennaise invite ses élèves à respecter une minute de silence à la mémoire de l’assassin.

C’est moins l’énormité du geste qui accable, à l’heure où plus rien n’étonne, que l’attitude toujours aussi obtuse d’un syndicalisme français que rien ne peut perturber. Telle qu’en l’espèce, la CFDT SGEN qui, plutôt que condamner sans phrases, plaidera le surmenage de la collègue, faute sans doute d’oser invoquer le harcèlement au travail de son administration.

On n’ose imaginer les commentaires, si d’aventure, l’intéressée avait voulu rendre le même hommage posthume à un insensé norvégien. Il est vrai que l’hypothèse est plus hardie statistiquement.

 

Ces réactions de soutien au meurtrier qui inquiètent la police

Le Figaro de ce lundi, rapporte que : « Diverses réactions de soutien au meurtrier inquiètent la police ». Entre autres témoignages, une enseignante d’Argenteuil relate : « Au moment de la minute de silence, à 11 heures, deux élèves de ma classe ont refusé d’y participer, en jetant : je ne vais pas me lever pour des Juifs ! » Le professeur a toutefois fait obtempérer les deux élèves, mais manifeste son inquiétude : « Il faut savoir que régulièrement les débats autour du conflit israélo-palestinien empoisonnent les cours, tous les cours. »

« Beaucoup d’enseignants n’ont pas imposé cette minute de recueillement, souvent par crainte des comportements des élèves, témoigne un autre professeur. Tandis que nous nous taisions, nous entendions le brouhaha des classes voisines. »

François, adolescent de 15 ans scolarisé à Paris, est encore choqué par les propos entendus la semaine passée : « Un élève de ma classe s’est insurgé, expliquant qu’il n’acceptait pas que l’on fasse une minute de silence pour des Juifs et pas pour les morts en Palestine… raconte-t-il. Le professeur a essayé de botter en touche, puis il a lâché : « Enfin, c’étaient des enfants ! » et, là, l’élève a marmonné : « C’est aussi bien qu’ils soient morts ». Le pire, c’est que dans la classe, il n’était pas le seul à penser de cette façon : une dizaine d’élèves ont ricané pendant la minute de silence… »

Manifestation parisienne de SOS-Racisme

On ne s’étonnera pas davantage de la faible participation à la manifestation parisienne d’un SOS-Racisme à la dérive, flanqué de ses affidés juifs et socialistes, aux slogans tellement lénifiants que Richard Prasquier, irréprochable de rectitude lors de cette semaine infernale, se sentira dans l’obligation de les réprouver. Il est vrai, que ce dimanche, le cœur de la France qui se bat était à Toulouse.

Belles scènes de fraternité sans apprêts, que la main d’un rabbin dans celle, ferme et sure de l’imam Chalgoumi de Drancy, écrasant dans une même poigne, l’islamisme, l’antisémitisme et la haine de la France.

 

Quand poser des questions pertinentes confine au mauvais goût

En réalité, et toujours à destination de mon Huron fraichement débarqué sur le pavé idéologique parisien, je lui déconseillerai trois vérités dont j’ai fait, personnellement, la cruelle expérience.

La première, désagréable mais supportable, est de donner le bon diagnostic de la pathologie. La gauche extrême abhorre la spéculation financière, mais elle adore spéculer gratuitement.

Vous pouvez vitupérer l’injuste société. Vous pouvez invectiver le peuple autochtone pour son inhospitalité. Vous pouvez invoquer les moments les plus sombres et convoquer le passé qu’on croyait révolu. Vous pouvez garder toujours l’œil grand ouvert sur un borgne, sa fille, le président de la république ou son ministre de l’Intérieur.

Si vous avez l’inspiration, vous pouvez mettre en cause le réchauffement climatique de la campagne électorale. Mais, gardez-vous d’invoquer le réel ou l’histoire la plus récente du terrorisme sanglant.

Surtout, éviter de nommer le mal avec précision. Vous pouvez, à mot dosé homéopathiquement, oser l’hypothèse d’une génération spontanée, d’une maladie orpheline, surgie du terreau de la misère sociale, mais gardez-vous d’un regard collectif.

En l’espèce, ne suggérez surtout pas qu’il existerait au sein d’une communauté religieuse qu’il ne vous viendrait pas à l’idée de mettre en cause dans sa globalité, une frange problématique par sa radicalité.

Je déconseillerai également de vous interroger sur le point de savoir si l’immigration sans contrôle était, décidément, une chance pour la France.

Enfin, je ne recommande pas non plus de forcer le questionnement sur le point de savoir si certains journalistes ou responsables politiques sont les mieux placés pour s’étonner des manquements à la sécurité, lorsque , systématiquement , ils sont les premiers à s’opposer aux contrôles renforcés ou aux mises en fiches, en invoquant des principes moraux aléatoires qui ont surtout bénéficié aux terroristes.

L’insistance à poser des questions pertinentes confine parfois au mauvais goût.

 

Le tueur avait dans son viseur des juifs

La seconde vérité est encore plus ingrate à énoncer sans péril. D’oser affirmer sans rougir que la seule communauté à avoir été visée en tant que telle est la juive. De le dire non par quelque improbable dolorisme ou esprit de concurrence victimaire, mais tout simplement parce que cela est ainsi et que seul bien nommer les choses est de nature, peut-être à les empêcher de se reproduire sans fin. Qu’au rebours, les mal nommer, comme le disait Camus, est d’ajouter à la souffrance.

Cela n’est pas ainsi, que certains, dans un prétendu souci d’œcuménisme ont entendu communier.

Telle la couverture du Nouvel Observateur, ordinairement peu avare, lorsque les circonstances s’y prêtent, de l’exhibition d’une étoile de David attractive, mais mêlant cette fois, dans une même affliction « juifs, musulmans et antillais ».

En réalité, l’honnête couverture eût été de constater que le tueur avait dans son viseur des juifs, si possible de petite taille, et des militaires français d’origines diverses, en ce compris l’infortuné Yannick, aujourd’hui tétraplégique, et, sans surprise, bien oublié.

Bien sûr, le fait de faire un carton sur des soldats musulmans d’une armée « judéo-croisée » a dû sembler à Mohamed Merah, une perspective souriante. Tant les musulmans français constituent depuis toujours pour les islamistes des cadavres particulièrement exquis.

Le fait que l’admirable Jeannette Bougrab ait été, parmi un personnel politique peu inspiré, celle qui a le mieux parler de l’événement et de ses causes ne doit rien au hasard.

Ce désir d’occulter la dimension juive n’a rien de bien nouveau sous le soleil noir de la souffrance humaine. Il s’agit même d’une lourde tradition historique.

Ainsi, on lira avec profit l’excellent « écrit en septième colonne » de Laura Leaf qui raconte l’histoire d’Arthur Sulzberger, le directeur juif et antisioniste du New York Times, qui par crainte d’être taxé de communautariste, avait donné pour consigne – respectée – aux correspondants européens de son journal de considérer comme « polonaises » les victimes des massacres commis par les nazis.

C’est dans ce contexte intellectuel d’euphémisation qui n’avait rien de spécifiquement raciste, que la Shoah fut longtemps minimisée par les alliés.

 

 

Tuer des enfants juifs n'est pas une nouveauté

Enfin, il existe une troisième vérité qu’il est chaudement recommandé de taire si l’on veut vaquer sans encombre dans les salles de rédaction ou dans les studios de télévision parisiens.

Je veux parler de la dimension pathologiquement et radicalement antisioniste d’un drame dont Mohamed Merah est tout à la fois l’auteur et, si j’ose dire, la victime.

Essayez donc de rappeler qu’assassiner de sang-froid des enfants juifs innocents n’est pas une circonstance nouvelle pour la communauté juive mondiale, de la part des assassins islamistes. Et vous verrez les réactions. J’ai eu le front de le tenter sur des plateaux où je suis ordinairement accueilli avec urbanité. J’ai créé un effet de sidération.

Et pourtant. Et pourtant cela est arrivé à Mombay, il y a deux ans. J’ai également raconté dans mon « Vieil homme m’indigne » que qui vous savez ne s’était pas indigné lorsque Samir Kuntar avait été accueilli en héros au Liban, y compris par le président « modéré » de la même Autorité Palestinienne qui condamne aujourd’hui le massacre de Toulouse, après qu’il ait écrasé à coups de pierres le crane de la petite Haran. J’ai raconté aussi que l’année dernière, à Itamar et dans l’indifférence générale, deux islamistes de Palestine avaient assassiné les trois enfants de la famille Fogel, dont un bébé de trois mois, égorgé. J’ai eu le mauvais goût infini d’ajouter qu’il s’était trouvé un tiers des palestiniens pour approuver la tuerie.

Mais je ne me suis pas contenté de m’arrêter en si mauvais chemin. J’ai également suggéré que la désinformation diabolisante dont est victime l’Etat juif, n’est pas l’explication la plus saugrenue que l’on ait pu formuler pour expliquer pour quelle raison un jeune islamiste fanatisé était rentré dans une école juive pour massacrer froidement quatre personnes, dont trois enfants, pour «venger les enfants de Gaza».

On ne me croit pas ? J’étais samedi soir sur Canal à l’émission de Thierry Ardisson. J’étais confronté notamment à Rost, un rappeur d’origine togolaise. Il s’agit d’un garçon gentil et sympathique, véhiculant, comme beaucoup d’autres, la culture de l’excuse pour les « habitants des cités » et avec lequel il m’arrive de rompre courtoisement des lances sur LCI. Pour tout dire, je l’aime bien. Thierry Ardisson lance le sujet. Quelle est la première chose que ce garçon, que je ne soupçonne d’aucune aversion collective particulière, m’objecte ? Le meurtre du petit Mohamed Al Dura, tué, m’affirme-t-il de bonne foi, par les soldats israéliens.

On mettra de coté, l’énormité, si horriblement tendance, de m’objecter la chose pour justifier l’assassinat délibéré des trois petits innocents. Reste l’affirmation sincère. Et, il se trouve qu’elle est mensongère. Mais que le mensonge n’émane pas de mon contradicteur, mais d’une chaîne française de service public qui l’a propagé sur la planète.

Attention, je ne parle pas ici de l’accusation de mise en scène de la fusillade qui fait l’objet encore aujourd’hui d’une controverse, y compris judiciaire non encore tranchée, je parle de l’accusation péremptoire de Charles Enderlin à l’encontre des soldats israéliens d’avoir pris pour cible le jeune enfant. Celle-là est réglée. Même Arlette Chabot, directrice de l’information de France 2 a été contrainte de reconnaître que personne ne pouvait savoir qui avait tué l’enfant lors de la fusillade controversée.

Aussi certainement que le journaliste Daniel Pearl a été décapité sous la photo du petit Mohammed prétendument supplicié par la soldatesque Israélienne, toute une partie de la jeunesse arabo-musulmane est persuadée, de très bonne foi, que les soldats israéliens ont ciblé délibérément un petit enfant dans les bras de son père.

Dois-je le taire dans cette circonstance particulière ?

De même est-il totalement incongru et malséant de faire remarquer que celui à qui François Hollande donne du « mon cher Stéphane », celui qu’une grande partie des journalistes de notre pays regardent avec des yeux humides, a déclaré le 22 janvier 2011 au «Frankfurter Allgemeine Zeitung» : « Qu’à coté de l’occupation israélienne, l’occupation nazie paraît inoffensive ».

Peut-on s’étonner que Jean-Marie Le Pen, pour moins que cela, ait fait l’objet d’une condamnation à la fois morale et judiciaire, alors que l’autre est littéralement encensé. Qu’en suite de quoi, on ne doit pas être forcément surpris de voir des exaltés déjà peu enclins au philosémitisme regarder les Israéliens et ceux qui les soutiennent assez naturellement, ne serait-ce que précisément en raison de la détestation obsessionnelle et disproportionnée dont ils font l’objet, incarner les nazis du XXIe siècle à assassiner avec ardeur.

Qu’on ne se méprenne pas, je n’affirme pas que Mohamed Merah a regardé France 2 ou qu’il a lu « Indignez-vous », encore que ce livre était à sa portée. J’ai suffisamment moqué une partie de la presse française, y compris dans Atlantico, pour avoir tranquillement fourni la liste des auteurs néo-conservateurs qui avaient inspiré un dément scandinave, pour ne pas tomber dans ses travers. Je dis simplement qu’entre la compréhension habituelle de l’extrême-gauche pour le terrorisme antisioniste et la désinformation diabolisante, cette explication climatique est plus pertinente pour décrire le lit dans lequel a sommeillé le terroriste islamiste à la mode française.

Bien sûr, on ne manquera pas de persifler, qu’une nouvelle fois, on exploite cyniquement un drame pour faire taire les critiques contre un gouvernement.

Ce sont, par un hasard malin, les mêmes qui, lorsqu’un voleur de voitures force un barrage policier pour s’encastrer dans un platane, n’hésitent pas à hurler au racisme.

Mieux vaut, vous disais-je, une bonne spéculation oiseuse pour tirer profit du malheur humain.


26/03/12

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 17:16

PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/fusillade-ecole-juive-toulouse-reaction-intrumentalisation-islamisme-extreme-droite-gilles-william-goldnadel-313333.html

Attention aux fausses pistes

Publié le 19 mars 2012

Fusillade de Toulouse : n’instrumentalisons pas ce drame à des fins idéologiques

Si la fusillade survenue ce lundi matin à Toulouse reste pour l'instant inexpliquée, l'histoire nous enseigne à rester prudent : l'extrême-droite pourrait ainsi ne pas se cacher derrière cette tragédie.  

Atlantico : Quel est votre sentiment sur la fusillade de ce lundi matin à Toulouse ?

Gilles-William Goldnadel : A ce stade, il est urgent d’attendre avant que de commencer à conjecturer. J’ai, malheureusement, une trop longue expérience des attentats antisémites de ces trente dernières années pour savoir que les premières pistes ont rarement été les bonnes et pour me méfier des déclarations à l’emporte-pièce du personnel politique - ou plus encore des associations antiracistes. Mais je ne sais si le drame de ce matin est en lien avec ce que s'est déjà passé... 

A quelles affaires pensez-vous en particulier ?

Une chose est certaine : de la Rue Copernic,  en passant par la fusillade de la rue des Rosiers, jusqu’à la triste affaire Halimi, il est clair que le sang juif qui a coulé depuis la Deuxième guerre mondiale ne l’a pas été des mains de l’extrême-droite mais davantage de l’antisémitisme new-age lié soit à l’islamisme soit au conflit moyen-oriental. C’est une certitude absolue. Le fond historique est indéniable.

Vous semblez oublier Carpentras et ses tombes juives profanées ?

Carpentras, c’est encore autre chose. On a plutôt agité dans les premiers jours la piste d’émules de Le Pen. Finalement, on a débouché sur des  voyous à demi-demeurés aux rites sataniques. Mais à chaque fois on a envoyé dans le mur la communauté juive et la communauté nationale à des fins idéologiques.

L’affaire Ilan Halimi est très claire sur ce plan. On a tenté de gommer la dimension antisémite précisément parce que Fofana ne cadrait pas avec le portrait-robot de l'antisémite détestable idéologiquement. Mais il n'est que de regarder les récentes vidéos postées pour constater que Youssouf Fofana se réclame de l’islamisme. Il n’est malheureusement pas douteux qu’Halimi ait été enlevé parce que juif et qu’il a aussi été torturé en tant que juif. Je le dis pour le passé. Mais ce n’est pas pour autant que j’en fais une règle sur l’avenir. La règle que je m’impose et que j’invite aussi les observateurs à épouser est -au-delà de la triste expérience historique que nous avons-, de ne pas instrumentaliser ce drame à des fins idéologiques.

Il semblerait que l'arme utilisée ce lundi soit la même que celle employée pour assassiner les militaires la semaine passée...

Cela n'invalide certainement pas mon analyse, au contraire. Les responsables de SOS racisme veulent voir dans les soldats assassinés des musulmans et des Antillais, mais on peut y voir tout autant des militaires revenant d'Afghanistan....

 

 

Propos recueillis par Antoine de Tournemire

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 10:54

 

VieilHommeIndigneLe Vieil Homme m’Indigne ! Les Postures et Impostures de Stéphane Hessel de Gilles William Goldnadel – ed. JC Gauwsewitch.

Article de Judith Waintraub paru dans Le Figaro du 16 mars 2012 (rubrique « Bibliothèque des Essais » p.16).

 

« S’en prendre à Hessel relève de la “kamikazerie”. Lui faire affront revient à se faire hara-kiri avec une plume, reconnaît d’emblée Gilles-William Goldnadel, en introduction de son livre « Le vieil homme m’indigne ! Les postures et impostures de Stéphane Hessel » qui vient de paraître aux Editions Gawsewitch. Face à l’encensement mondialisé de l’ouvrage de quelques pages de l’ancien diplomate, et malgré son encouragement à « s’indigner », peu d’éditorialistes ou d’écrivains ont osé se rebeller face aux contre-vérités du petit livre jaune. Goldnadel, avocat pénaliste réputé, conscient du risque, n’y va pourtant pas par quatre chemins pour dénoncer « l’exceptionnelle indigence » de l’ouvrage de Stéphane Hessel : « Je pense sérieusement que c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité qu’un document écrit contient aussi peu d’idées et rencontre autant de succès. Mais est-ce si irrationnel, à l’heure où l’image, le tripal, le lacrymal, la tchatche, le boniment ont défait à plates coutures la pensée et la culture ? ».  

Pour G.W.Goldnadel, « Indignez-vous »  ne s’indigne de rien ou presque. En tout cas pas du génocide du Sud-Soudan  ou du Darfour où plusieurs millions de chrétiens, de noirs ou d’animistes ont été massacrés, asservis ou violés par le régime islamiste de Khartoum. Pas davantage ne s’indigne-t-il de la mainmise du Hezbollah sur le Liban. Hessel ne considère pas que la situation des chrétiens d’Orient soit indigne, note l’auteur, Il n’est pas révolté par l’interminable et monstrueux conflit somalien. Il ne parle pas des camps du Kenya voisin qui explosent sous l’afflux de réfugiés plus nombreux qu’a jamais compté la Palestine…. Pas d’indignation pour la Corée du nord, pour les massacres par centaines de milliers de Tamouls…Nul appel à la résistance active ou passive pour mettre à bas le régime négationniste sexiste et homophobe de Téhéran.

« Une focalisation maladive »

Une colère si sélective pourrait surprendre. Stéphane Hessel la revendique quand il écrit : « Aujourd’hui, ma principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie. Ce conflit est la source même d’une indignation, écrit Hessel. Pourquoi cette focalisation sur l’Etat juif, qui explique d’ailleurs sans doute le succès de l’ancien diplomate ?

« Admettons pour les besoins de l’analyse que la politique d’Israël soit non seulement critiquable, mais également condamnable et pourquoi pas criminelle, répond Goldnadel. Il n’en demeurera pas moins, qu’au regard de la monstruosité des actes commis par les Etats et les gouvernements cités plus haut, que réserver ses uniques flèches empoisonnés au seul Etat Juif relève d’une focalisation maladie et d’une haine obsessive ». Selon l’auteur, La blasphématoire vérité, c’est que Saint Stéphane est du côté du « sceptre, du manche et de la cognée. Du côté des faux rebelles et des authentiques fayots… ».


Le Vieil Homme m’Indigne ! Les Postures et Impostures de Stéphane Hessel de Gilles William Goldnadel – ed. JC Gauwsewitch (2012), 60 pages, 4,90 €

 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 17:31

Valeurs Actuelles - 15 au 21 mars 2012

Hessel : postures et impostures 

Essai

 

Gilles-William Goldnadel démonte le mythe “Indignez-vous !” et s’interroge sur les raisons de son succès planétaire.

Présente-t-on encore Stéphane Hessel ? Son opuscule Indignez-vous!, publié en octobre 2010, s’est vendu à des millions d’exemplaires. Traduit en trente-quatre langues, il est devenu un véritable phénomène d’édition, au point que son titre a été repris pour qualifier les mouvements de protestation dans l’Europe en crise. On aurait tort, pourtant, de croire qu’il s’agit là d’un bréviaire de l’indignation ou d’un inventaire à la Prévert des scandales de la planète. Stéphane Hessel ne s’indigne de rien, ou presque. C’est le premier constat établi par Gilles-William Goldnadel dans son dernier ouvrage, Le vieil homme m’indigne ! : « Le saint livre compte, sur douze pages de texte, une seule et unique indignation et zéro idée. Il est contre la misère et les inégalités. Il est pour les pauvres, contre les méchants et les nazis. Il est contre le terrorisme et la violence, à l’exception de celle des Palestiniens. »

De fait la lecture du best-seller déconcerte. Tout ça pour ça ? « Je pense sérieusement que c’est la première fois, dans l’histoire de l’humanité, qu’un document écrit contient aussi peu d’idées et rencontre autant de succès », ironise Goldnadel. Stéphane Hessel s’indigne du creusement des inégalités de richesse, de la politique d’immigration du gouvernement Fillon, il déplore l’affaiblissement de l’héritage social issu du Conseil national de la Résistance (CNR), fustige une société « des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l’égard des immigrés », bref, comme l’écrit Goldnadel, « l’ABC du catéchisme gauchisant encore en circulation ».

Mais, pour le président d’Avocats sans frontières, ce n’est pas tant la vacuité de l’opuscule, « la niaiserie de son pseudopacifisme moutonnier » qui frappent, même s’il peut être consternant d’y voir précisément une raison de son succès, c’est le choix sélectif de l’indignation en ce qui concerne la politique étrangère. Stéphane Hessel ne dit rien du régime de Damas, de la Corée du Nord, de l’Afghanistan. Il n’a pas un mot pour les chrétiens, opprimés en Orient ou au Sud-Soudan, ni pour les victimes du conflit somalien. Sa seule indignation, sa “fixation obsessionnelle”, c’est la politique menée par Israël dans la bande de Gaza ou la Cisjordanie. Commentaire de Goldnadel : « Admettons que la politique d’Israël soit non seulement critiquable – ce qu’elle est par principe – mais également condamnable et, pourquoi pas, criminelle. Il n’en demeurera pas moins qu’au regard de la monstruosité des actes commis par les États et les gouvernements cités plus haut, réserver ses uniques flèches au seul État juif relève de la focalisation maladive ».

Une obsession dans laquelle l’auteur voit l’un des marqueurs les plus sûrs d’un antioccidentalisme de type sartrien, jusqu’à cette faculté de “comprendre” la violence terroriste. Un ouvrage de décryptage au ton très vif qui dénonce aussi le suivisme indécent de certains médias prétendument iconoclastes et prompts en cette affaire à passer “la brosse à relire”.

Mickaël Fonton.

Le vieil homme m’indigne !, de Gilles-William Goldnadel, éditions Jean-Claude Gawsewitch, 56 pages, 4,90 €.

 

 

Sources : Valeurs Actuelles - 15 au 21 mars 2012

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 10:00

Décidément, le best seller de Stéphane Hessel ne fait pas que des heureux et l’indigné n’a pas que des amis. Fort heureusement ! Nous vous avons présenté il y a peu l’analyse percutante de Jean Szlamowicz(2). Gilles-William Goldnadel, grand avocat pénaliste, par ailleurs membre du Comité Directeur du CRIF n’est pas moins sévère à l’égard de celui qu’il considère, par certains côtés, comme un imposteur. La citation de Friedrich Nietzche placée en exergue de son pamphlet annonce clairement la couleur : « Et nul ne ment autant qu’un homme indigné »(3). 

 

Goldnadel dédie son ouvrage à René Cassin « véritable rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme », histoire de rappeler que malgré tout ce qui a pu être dit et écrit, Stéphane Hessel n’est en rien co-rédacteur de ladite Déclaration. Le mensonge par omission sur la supposée judéité de Stéphane est également bien mis en évidence. Gilles-William Goldnadel rappelle à juste titre que dans certains milieux intellectuels français comme de la société occidentale postchrétienne toujours aussi doloriste, la figure christique du Juif de gauche souffrant relève de l’onction extrême. Alors, quand on lit, noir sur blanc, page 25 de l’opuscule hesselien : «  Stéphane Hessel est né à Berlin, d’un père juif écrivain et d’une mère peintre, mélomane, Helen Grund, écrivaine elle-même », on reste estomaqué par tant d’outrecuidance. Hessel et ses éditeurs prennent vraiment leurs lecteurs pour des naïfs. En fait, nous précise G-W Goldnadel, la famille du grand-père paternel d’Hessel était déjà convertie au luthérianisme depuis une génération. Quant à Helen Grund, loin d’être juive, elle était la fille d’un banquier prussien protestant et antisémite.

Hessel est indigné, et c’est son droit, par les malheurs des Palestiniens, ces « damnés de la terre » obligés d’envoyer des roquettes sur de paisibles villes israéliennes car il faut bien briser le blocus imposé par les horribles Israéliens !


Mais que ne proteste-t-il pas, lui rétorque Goldnadel, face au génocide du Sud-Soudan ou du Darfour. Rien non plus contre le régime despotique de Damas ou sur les atrocités commises par le Hezbollah. Et les Chrétiens d’Orient, et la Somalie et l’occupation de Chypre par les Turcs qui oppriment les Kurdes et nient le génocide des Arméniens. Pourquoi Stéphane Hessel ne se soucie-t-il pas de la Corée du Nord, du massacre des Tamouls au Sri Lanka et des appels à la destruction d’Israël d’Ahmadinejad ? Non, seuls les Palestiniens méritent l’attention de l’Indigné. « Aujourd’hui, ma principale indignation concerne la Palestine…Ce conflit est à la source même d’une indignation ». C’est pourquoi Hessel adule le juge Goldstone. Manque de bol, ce dernier s’est rétracté devenant désormais dans le monde arabe un « sale juif prévariqué ». Gentil Stéphane n’en n’a pas, pour autant, fait son mea culpa.

Goldnadel a mille fois raison de parler d’un soi-disant livre dont il met en évidence les perles de culture qui ne sont que fadaises et coquecigrues.


Il faut avec force et conviction lutter sans relâche contre le terropacifisme aveugle de l’Indigné et de ses adeptes. Telle est la leçon essentielle que l’on tire de la lecture de l’ouvrage de Gilles-William Goldnadel.


Jean-Pierre ALLALI


(1) Éditions Jean-Claude Gawsewitch. Janvier 2012. 64 pages. 4,90 €.

(2) Voir la Newsletter du 2 mars 2012.

(3) Par-delà le bien et le mal, 1886.

 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 14:23

 

Valérie Trierweiler, très officiellement compagne du candidat P.S. à la présidence François Hollande, publie dans le numéro de cette semaine de Paris-Match une interview de Stéphane Hessel. Qui soutient le candidat Hollande à la présidence et profite de l'interview pour soupirer que son rêve avant sa mort est de voir « la création d'un État palestinien ».

 

 

Dans son ouvrage remarquable « Le vieil homme m'indigne, les postures et impostures de Stéphane Hessel », Gilles-William Goldnadel démontait magistralement « l'imposture hesselienne » et dénonçait l'idolâtrie suscitée par le « non-livre » de celui qui est devenu la coqueluche de «  soi-disant résistants rebelles post-gauchistes ».Entré au « Top 20 » du Nouvel Obs, l'ouvrage de Maître Goldnadel a sans nul doute ébréché cet engouement étonnant pour ce « grand prêtre encore vivant d'une religion profane moribonde contre laquelle », dit-il, « je me bats depuis deux décennies ». Et qui a pour nom « une idéologie victimaire », couplée à de la « xénophilie » ainsi qu'une « fixation sur la question palestinienne ».

 

Un Stéphane Hessel qui a fait, en effet, de la condamnation permanente d'Israël une obsession. Invité par le Centre culturel français de Gaza – le seul à y rester ouvert – qui fonctionne sous la houlette du Quai d'Orsay, il avait rencontré le Hamas, organisation terroriste qu'il avait alors encensée. http://www.desinfos.com/spip.php?page=article&id_article=25950

 

Pourtant, c'est  aujourd'hui Paris-Match qui lui donne la parole dans une interview réalisée par Valérie Trierweiler, journaliste politique connue http://www.parismatch.com/Stephane-Hessel-dans-le-tourbillon-de-la-vie-381130/ . Or, elle est aussi la compagne de François Hollande et partie prenante de sa campagne....Interviewer ce personnage n'est donc pas anodin. D'autant qu'elle ne lui pose aucune question sur ses mensonges dénoncés par Gilles-William Goldnadel, préférant lui parler de sa vie et de celle de sa famille. La journaliste lui parle aussi de ses projets, ce qui lui donne l'occasion de se poser en référence morale, invoquant la Charte des Droits de l'Homme qu'il n'a pas co-rédigée, contrairement à ce qu'il a prétendu et continue donc à laisser croire.

 

Le rêve ultime de Stéphane Hessel : un État palestinien dont, compte tenu de son action, on peut imaginer les contours

 

Toutefois, comme il dit souhaiter mourir, à la question « Un rêve, avant le grand voyage »? il répond : « Mon rêve, c’est la création d’un État palestinien. Voilà ce que je voudrais avant de passer de l’autre côté ». Le lecteur est sans doute censé avoir la larme à l’œil et enregistrer que le plus cher désir de ce vieil homme qui paraît si digne est de voir la création d'un État palestinien. Sans que la moindre réserve soit formulée quant à la nature de cet État. Beau coup de pub.

 

On imagine donc aisément ce que François Hollande peut entendre sur le sujet...D'autant que Stéphane Hessel lui a apporté son plein soutien, n'hésitant pas à le comparer à de Gaulle, Mendès-France et même Roosevelt. Notamment en janvier dernier lors des journées de Nantes organisées par le Nouvel Observateur....http://www.presseocean.fr/actu/actu_detail_-a-Nantes-Stephane-Hessel-soutient-Hollande_9182-2034012_actu.Htm 

 

Il faut rappeler aussi que Stéphane Hessel est l'un des fers de lance de la campagne de boycott anti-israélienne, dite de BDS. Et qu'Elisabeth Guigou, ancienne Garde des Sceaux P.S., le soutient dans cette démarche illégale en France, ayant même demandé à l'actuel ministre de la Justice que son protégé ne fasse pas l'objet de poursuites...http://www.desinfos.com/spip.php?page=article&id_article=22827 

 

On imagine dès lors les contours dont rêve Stéphane Hessel pour cet État palestinien

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 16:01

PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

http://www.atlantico.fr/decryptage/francais-verite-gilles-william-goldnadel-hollande-sarkozy-france-inter-taxe-riches-303003.html

La semaine Goldnadel

Publié le 5 mars 2012

Les Français sont-ils encore capables d'entendre des discours de vérité sur l'état du pays ?

Si peu de Français pensent que la taxation confiscatoire des super-riches sera une solution économique satisfaisante, beaucoup doivent pressentir que l'économie de leur pays aura besoin d’eux pour prospérer.

Arnaud Montebourg et Audrey Pulvar, malmenés à Paris XVIe par des soi-disant sympathisants lepénistes. Aussitôt, Jean-Marc Ayrault y voit un Front National qui tombe le masque. Lorsque Sarkozy subit le même traitement à Bayonne de la part de certains socialistes revendiqués, que voit donc le maire de Nantes. Cela étant, rude semaine que celle que vient de passer le candidat présidentiel. Dans une société largement post-démocratique qui considère que le peuple de la rue vaut bien les voix des urnes, les images diffusées en boucle auront été ravageuses.

Taxer à 75% les plus riches

Dans le même temps, la proposition de François Hollande -qui aura surpris jusqu’au hollandais Cahuzac, pourtant en charge des finances- semble avoir remporté les faveurs d’une majorité de Français. Comme le dit dans son dernier éditorial du Point, FranzOlivier Giesbert : «Et si le problème c’étaient les Français ? » : «Il ne semble pas que les Français aient envie, aujourd’hui, de prêter l’oreille à un discours de vérité. Ils vivent depuis trop longtemps dans une bulle où on les entretient, d’où ils ne veulent sortir sous aucun prétexte. Ils restent dans le déni.»

Pourtant, peu de Français pensent un seul instant que la taxation confiscatoire des super-riches sera une solution économique satisfaisante. On a calculé que redistribuer la fortune des 500 plus riches citoyens du pays et qui représentent 14% du PIB, soit 272 milliards d’euros, aux 8,2 millions de «pauvres» recensés reviendraient à donner à chacun d’eux 33 000 euros. Cela vaut-il de sacrifier les emplois générés pour des années ?

Beaucoup doivent au contraire pressentir qu’une économie a besoin d’eux pour prospérer, mais qu’importe, cette jubilation à sanctionner leur morgue et à humilier celui que l’on présente comme leur champion vaut bien tous les lendemains qui déchantent. L’envie, la jalousie, sentiments humains, trop humains, auxquelles seuls les menteurs ne sont pas accessibles, ont des beaux jours devant elles. Au moins jusqu’au mois de mai.

Ce peuple là est aussi un peu schizophrène. Parmi ceux qu’il voudrait sanctionner, combien sont-ils ceux qu’il adore sur les scènes et les stades ?

Ceux qui ne verraient pas d’inconvénient à ce que les banlieues s’ouvrent encore davantage aux étrangers démunis mais qui seront les premiers à prendre le Thalys ou l’Eurostar pour ne pas désespérer leur fiscaliste. Ainsi, verra-t-on peut-être Yannick Noah promettre de revenir si Hollande l’emporte, tout en se faisant encore plus rare.

 

Jean Quatremer et l’omerta dont aurait bénéficié Dominique Strauss-Kahn

Une bonne partie de la presse a vanté, à juste titre, la publication du livre de l’ancien journaliste de Libération, Jean Quatremer qui dénonce l’omerta dont aura bénéficié jusqu’à l’affaire du Carlton, Dominique Strauss-Kahn.

Qu’on ne croit surtout pas que je regrette un instant d’avoir pris la défense de l’ancien président du Fonds monétaire international, lorsque celui-ci était accusé, sans preuves convaincantes, de viol de l’autre côté de l’Atlantique, ce qui ne m’a pas valu que des amis, y compris dans ces colonnes.

Je fais uniquement allusion à sa lourdeur, très limite, envers les femmes que tout le monde à Paris lui connaissait et sur laquelle la presse, à commencer par celle de gauche, aura fait silence.

Le seul bénéficiaire d’une discrétion équivalente en délicatesse aura été peut-être François Mitterrand qui aura vu les médias cacher tour à tour ses vacances subventionnées à l’Old Cataract d’Assouan, sa famille occulte entretenue, ainsi que ses amitiés avec René Bousquet, l’un des responsables de la déportation des juifs de France.

Jean-Marie Colombani, ancien patron du Monde, comme pour s’excuser, rappelle que les rumeurs sur la fille cachée, le cancer ou ses amitiés collaboratrices provenaient de la droite et de l’extrême droite… Dans ce cas…

Olivier Poivre d’Arvor et son soutien à François Hollande

Nicolas Sarkozy, sur France Inter, ne s’est pas gêné pour mettre en cause un responsable, toujours en poste, de Radio France qui, lui, n’aura pas hésité à clamer son soutien à François Hollande.

Beaucoup savent depuis qu’il s’agit d’Olivier Poivre d’Arvor, en charge de France Culture. Peut-on imaginer, sans frayeur, le sort médiatique qui serait réservé à un responsable du service public de l’information qui avouerait sa dilection pour le candidat sortant ?

Toujours à propos de notre radio nationale et culturelle, et à ce stade de la réflexion, j’ajouterai à ce que j’écrivais ici même la semaine dernière, que Reynald Seycher, invité, enregistré, programmé, annoncé puis, déprogrammé n’a toujours pas reçu la moindre explication quant à l’annulation de son interview consacrée au génocide vendéen.

Peut-on imaginer, toujours sans frayeur, le sort médiatique qui serait réservé à l’annulation, dans les mêmes conditions de goujaterie, d’une émission consacrée à l’immigration ou la décolonisation ?

 

En France, qui se soucie du peuple Nouba ?

Je conseille à ceux que cela intéresse de se reporter à l’article du New York Times daté du 2 mars sous la signature de Nicolas D. Kristof. Ils y apprendront que le Soudan, qui tente de mater ce peuple noir en l’affamant et en le bombardant se retrouve face à un adversaire imprévu : un américain de Floride mariée à une nouba, qui se nourrit de sauterelles et combat les tirs de mortier avec une caméra vidéo. Ryan Boyette, 30 ans, souhaite que le président Obama aille plus loin pour faire cesser les bombardements meurtriers et éviter la famine.

Une autre partie, terrible, se joue actuellement, sans bruit : le Soudan islamiste de Khartoum, toujours dirigé par un criminel de guerre visé par un mandat d’arrêt international, mais qui voyage assez tranquillement, tente de rendre impossible l’existence de l’Etat voisin du Sud Soudan nouvellement créé et composé de chrétiens et d’animistes.

Je suis intimement convaincu, que dans 20 ans, s’il existe encore – mais qui peut savoir – des historiens libres, le silence d’indifférence fait sur les différents génocides et massacres au Soudan sera considéré comme aussi coupable que celui qui pesait autrefois en Europe.

A ce stade d’écœurement total, peux je dire aux organisations noires de France, parait-il représentatives, que cette affaire me parait presque aussi importante que la polémique concernant Tintin au Congo ?

Il est vrai, que dans le premier cas, les occidentaux ne sont pas les premiers responsables.

 

Et en Syrie ?

Syrie : 7000, 8000 morts ? et toujours pas de manifestations en keffiehs dans les rues de Paris. La semaine dernière, c’était les vacances. Celle d’avant, c’était le froid. Cette semaine, je me suis renseigné, Besancenot souffrait d’un ongle incarné et Mgr Gaillot d’une grande lassitude.

___________________________________

PS : petit courrier personnel

Un lecteur me reproche, sans trop d’aménité, une focalisation excessive sur Stéphane Hessel. Tant que celui-ci bénéficiera de l’attention médiatique que l’on sait, je ne vois pas très bien pourquoi, je serai le seul à m’abstenir, sauf à penser, que le seul mode de communication autorisé à son sujet par mon contradicteur soit l’encensement.

A ce propos, Thierry Ardisson, samedi dans son émission sur Canal+ (« Salut les terriens ») a titillé l’ancêtre suprême au sujet de mon «Vieil homme m’indigne».

Il résulte en substance de ses réponses fuyantes que celui-ci ne m’aime pas beaucoup, mais a beaucoup d’affection pour le peuple israélien, même si il compare le Hamas à la résistance française et lui donne le droit d’utiliser la violence contre les «fascistes» israéliens.

Pas un mot, évidemment, sur la Syrie.

Moi, j’aime bien Stéphane Hessel, même si je considère qu’il représente impunément le degré zéro de la pensée politique.

D’autre part, je renvoie mon détracteur à la lecture de l’article de Bakchich de ce dimanche qui morigène son concurrent de la gauche extrême Rue 89 pour m’avoir donné tort lorsque j’accusais qui vous savez de s’être paré mensongèrement du titre de «corédacteur de la Déclaration des Droits de l’homme ». Contrairement au préposé aux écritures de Rue 89, son compère fouettard a su lire la quatrième de couverture «d’Indignez vous ! »

Bravo et merci, honnête camarade, à qui je n’ai versé aucun Bakchich.

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