L’ENNEMI PRINCIPAL
Dos à dos. Ils sont désormais renvoyés dos à dos. George Bush et Ben Laden.
C'est devenu une posture habituelle.
Ainsi, pour commémorer le 11 septembre, France Inter a demandé à Emmanuel Todd, le démographe para-communiste, de venir parler de son dernier livre, dans lequel, en substance, il explique le radicalisme islamique par l'analphabétisme.
Le phénomène, étant paraît-il en régression, l'avenir s'annoncerait plus radieux.
Malheureusement, le socio-démographe se garde bien d'expliquer pour quelle raison le monde arabo-islamique aurait accumulé un tel retard.
Quant au lien entre non-violence et culture, il me semblait que l'Allemagne, assez récemment, n'en avait pas apporté une preuve indiscutable.
Mais, laissons cela.
Ce que je voulais vous raconter, c'est qu'au détour d'une intervention au cours de laquelle Todd se montrait assez flatté de compter parmi ses lecteurs un certain Ben Laden, il poussa la gratitude littéraire jusqu'à faire observer que ce dernier avait fait infiniment moins de morts à New York que George Bush en Irak...
Personne dans le studio n’eut le mauvais goût de lui apporter la moindre objection quant aux motivations de l'un et de l'autre.
Radio Paris ne procédait pas autrement pour amalgamer bombardements anglo-américains sur la France et allemands sur l'Angleterre...
Le même jour, caricature traditionnelle de Plantu dans Le Monde dessinant un Bush et un Ben Laden entremêlés tels deux poulpes.
Enfin, toujours dans le même journal, mais dans son supplément littéraire du 14 septembre, Robert Solé assez empathique, présente le dernier ouvrage d’Elias Khoury intitulé « Comme si elle dormait » consacré à cette catastrophe épouvantable dénommée la «Nakba» (entendez la création de l'État d'Israël).
Sans commentaires, M. Solé cite l'écrivain libanais : «Ben Laden et Bush présentent chacun à sa façon une idéologie totalitaire : le premier métamorphose les valeurs tribales en religion, tandis que le second utilise la religion comme écran pour entreprendre un projet colonial».
Retour à France Inter, Nicolas Demorand avait déclaré récemment au Monde Télévision que sa radio « ne serait pas à la remorque de l'Élysée ».
Nous voilà rassurés.
Mais pour l'être complètement, nous aimerions également que la radio de service public ne demeure pas à la remorque de l'idéologie ringarde.
Dimanche 16 septembre. 14 heures : interview cire-pompes de l'intervieweur cire-pompes, Ignacio Ramonet, (Le Monde Diplomatique) de Fidel Castro.
La questionneuse extatique allant même jusqu'à se dire «très touchée» par l'hommage rendu par le leader maximo à la littérature. Il faut reconnaître que c'est effectivement très émouvant.
M'est avis tout de même que le ton n’aurait pas été identique, peut-être avec une pincée d'ironie en plus, un brin de cynisme, un chouïa de dérision, si pareille dithyrambe avait été consacrée au yankee abhorré.ajouter un commentaire commentaires (60) créer un trackback recommander