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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 17:08

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2015/12/09/31002-20151209ARTFIG00182-goldnadel-israel-turquie-le-deux-poids-deux-mesures.php

Publié le 09/12/2015

Goldnadel: Israël, Turquie, le deux poids deux mesures

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Pour Gilles-William Goldnadel, l'Union européenne fait preuve d'injustice quand elle étiquette différemment les produits israéliens et ceux en provenance des colonies sur les territoires palestiniens. Elle n'a pas cette sévérité pour la Turquie qui colonise le Nord de Chypre.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

On peut porter le regard que l'on veut sur le statut des territoires disputés entre l'Autorité palestinienne et l'État d'Israël. On peut parfaitement les considérer comme «occupés», quand bien même l'on saurait que ceux-ci n'ont jamais appartenu à un état quelconque et que les lignes d'armistice de 1948, n'ont jamais été les «frontières» de l'État juif, contrairement à ce qui est constamment rabâché. On peut parfaitement appréhender Jérusalem-est avec le même regard, tout en sachant que les Nations unies ont voulu faire de la cité de David «un Corpus Separatus» avant qu'en 1948 la Légion Arabe ne massacre ou n'expulse la population juive de la Vieille Ville, présente depuis des siècles, dans une épuration ethnique aujourd'hui soigneusement occultée.

On peut même, tant qu'on y est, nommer «colonies» les implantations juives que les gouvernements israéliens successifs ont cru devoir favoriser depuis 1967 en Judée-Samarie-Cisjordanie, en dépit de la lourde connotation du mot. Encore que l'imagination de l'auteur est impuissante à décrire la réaction publique au cas où il utiliserait le même vocable pour qualifier certains quartiers français habités par des populations étrangères parfois privées de titres. Après tout, et quel que soit l'avenir futur des territoires controversés, un linguiste féru d'Histoire pourrait sans se commettre regarder la présence d'un Juif en Judée aussi légitime que celle d'un Algérien à Saint-Denis. Mais il est vrai que s'en remettre aujourd'hui à la langue ou à l'Histoire pour montrer la direction du droit n'est pas loin de pécher contre le temps présent.

On peut tout cela sans approuver aucunement la décision européenne d'étiqueter différemment les produits venant des territoires «palestiniens» de ceux venant de l'État d'Israël. Au demeurant, la gauche israélienne, si opposée qu'elle soit à la conservation définitive des territoires conquis après la guerre imposée des six jours, est tout aussi opposée à l'étiquetage controversé.

Il est vrai que, contrairement à ce que prétend le gouvernement israélien, il ne s'agit pas stricto sensu d'une mesure de boycott. Il est encore plus vrai que comparer cette mesure à celles prises par les autorités nazies contre les entreprises juives relève de l'indécence.

Il n'en demeure pas moins qu'au regard du droit naturel et de la simple équité, un être épris de justice est parfaitement fondé à la trouver dangereusement inique.

Il suffit pour cela de comparer cette décision particulière et l'attitude générale européenne à l'égard d'Israël à celle de la même Europe envers la Turquie.

Ce pays occupe la moitié de Chypre depuis plus de 50 ans. Cette occupation - totalement, elle, passée politiquement et médiatiquement sous silence - présente infiniment moins de justifications sécuritaires existentielles et historiques que la présence israélienne dans les contrées précités. Et pourtant, alors que cette occupation concerne le territoire européen, les autorités européennes n'envisagent aucunement d'édicter la même mesure d'étiquetage que celle concernant des territoires étrangers à son espace…

Au-delà de cette injustice indigente, il n'est pas interdit de faire remarquer que l'État turc occupant ne mérite pas une indulgence particulière. Voilà un pays qui maltraite sa population kurde et la bombarde violemment à l'extérieur de son territoire. Voilà un régime désormais quasi dictatorial qui emprisonne ses journalistes. Voilà un état islamiste qui joue un double jeu avec l'État islamique.
Et c'est précisément, avec cet état rien moins que fiable et démocratique que l'Europe aux abois décide de s'en remettre pour qu'il règle à sa place, et moyennant une rançon de 3 milliards d'euros, sa question migratoire.…

Le même état exige pour prix de son assistance à continent en péril, outre la délivrance de centaines de milliers de visas, son billet d'entrée à l'intérieur de la Communauté. Celle-ci a accepté le principe de la reprise des pourparlers, en reniant les siens face aux manquements démocratiques, à l'occupation du territoire chypriote mais encore et peut-être surtout à la perspective identitaire suicidaire de l'arrivée d'un pays islamique et largement asiatique.

Dans le même temps, l'Unesco adoptait une résolution surréaliste conférant, à la demande de l'Autorité palestinienne, aux tombeaux des Patriarches un caractère islamique. [ndlr: Selon des diplomates palestiniens et israéliens, le texte de la résolution de l'Unesco réaffirme que les deux sites palestiniens du Tombeau des Patriarches à Hébron et de la mosquée à Bethléem font partie intégrante de la Palestine.] Plusieurs voix européennes, dont celle de la France ont apporté leur suffrage. Il ne s'en est pas fallu de beaucoup pour qu'il en soit de même pour le Mur des lamentations, sans que la France ne s'y oppose !…
Comment davantage montrer la négation par des politiciens et fonctionnaires européens acculturés des racines judéo-chrétiennes de leur vieux continent ?

Le présent article n'est pas seulement écrit pour dénoncer une attitude qui consiste à traiter l'État juif en juif des États et en tête de Turc de la communauté européenne. Il n'est pas seulement écrit pour montrer que l'Europe, ce faisant, perd sa légitimité à prétendre peser dans la résolution pacifique de la dispute territoriale, religieuse et nationale centenaire opposant Juifs et Arabes en Terre Sainte.
Elle montre une arrogance pathétique à vouloir se refaire une improbable santé en s'arrogeant le droit de déterminer les frontières à tracer entre les uns et les autres, alors qu'elle n'est même plus capable de défendre les siennes.

Le présent article est surtout écrit pour montrer qu'en se couchant devant l'État ottoman, tout en reniant le seul État démocratique au Levant, l'Europe d'Occident en dit long sur elle-même et sur ses reniements.

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 11:46

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http://premium.lefigaro.fr/vox/politique/2015/11/30/31001-20151130ARTFIG00236-goldnadel-les-francais-ont-le-drapeau-et-le-coeur-en-berne.php
 

Publié le 30/11/2015

Goldnadel: « Les Français ont le drapeau et le cœur en berne »

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel revient sur les attentats du 13 novembre, et les leçons à en tirer. Pour lui, le gouvernement est loin de s'engager sur le chemin des solutions.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

État des lieux à 15 jours des drames. L'électrochoc a secoué, mais on est tellement loin du compte.
D'abord, était-il si difficile de reconnaître que les Français n'ont pas pavoisé, car il n'y avait pas de quoi, sauf à mettre leur drapeau en berne ?

Les Français sont las des symboles creux, des messes compassionnelles aux incantations vides de sens, et d'un grand ordonnateur de pompes funèbres à répétition.

Les Français ont le drapeau et le cœur en berne. Les vrais deuils sont discrets et pudiques. Sans trouble plaisir narcissique et ostentatoire. Comme cette incroyable injonction du Service d'Information Gouvernementale qui demandait aux citoyens de se prendre «en selfie» tricolore….

Au lendemain du drame, je constatais que nous payions 30 années de bienveillance pour la radicalité. Il y a une semaine, je recommandais de liquider l'islamo-gauchisme.

Quinze jours après le drame, maintenant que toutes les victimes sont dedans la terre, je supplie de ne pas les passer par pertes et profits. D'instruire le procès intellectuel et politique des responsables. De ne rien lâcher. Car elle est encore féconde, la tête dont est sortie la bêtise humaine.

Deux exemples parmi mille. D'abord le combat pour la sécurité. Il n'aura pas fallu 15 jours pour que la prétendue unité nationale, explose au son des grenades assourdissantes des CRS poursuivant les petites frappes écolo-gauchistes encagoulées qui ont été jusqu'à saccager le monument dédié aux victimes. Un état incapable de faire respecter un état d'urgence hier encore célébré religieusement est un état émasculé. Les signes avant-coureurs ne manquaient pas. D'abord les résistants de la 25e heure, un verre à la main, les «même pas peur», le violant le lendemain du drame, puis se débandant à la première rumeur d'un nouvel attentat, laissant même sur place quelques poussettes d'enfants… Ensuite ces consignes de manifestations dans la presse d'extrême gauche défiant le gouvernement. Enfin quelques articles de la presse convenue, montrant que décidément, tout était comme avant. Ainsi, dans le journal du soir du 28 novembre, cet article mettant lourdement en cause la capacité des services de renseignement français à prévoir et empêcher les drames. Pourquoi pas, les mêmes services ne se prétendant pas infaillibles. Mais la faute à qui, sinon à ceux qui ont tout fait pour faire en sorte que le vivier terroriste soit tellement nombreux que les forces chargées de le traquer soient débordées. À ceux qui auront tout fait depuis 30 ans pour précisément émasculer l'État de droit chargé d'éradiquer la barbarie.

Ainsi, dans le même journal du même jour, cet article qui présente l'état d'urgence comme juridiquement liberticide et qui donne la parole à ces éternels juristes droits-de-l'hommistes qui n'ont toujours rien vu ni rien compris. Morceaux choisis: «Avec le développement des écoutes, les surveillances, les assignations à résidence, et les perquisitions, la police et la justice ont tissé une énorme toile d'araignée sur l'ensemble de la population - au risque de toucher des personnes qui n'ont rien à voir avec le terrorisme mais qui ont le tort d'être musulmanes - il suffit de voir les dérives constatées pendant les premiers jours de l'état d'urgence pour s'en convaincre.» Ainsi, une semaine après l'hécatombe, une mesure de perquisition chez une personne soupçonnée d'islamisme radical, est déjà une mesure scélérate et raciste. Étrange schizophrénie qui attend dans le même temps et le même mouvement de la police une infaillibilité totale… les mêmes bien sûrs, aux principes mouvants, qui ne voient aucun inconvénient à ce que des écoutes soient pratiquées puis publiées sur une conversation entre un président de la république et son avocat ou que le fisc français soit omniscient et omnipotent.…

Ensuite, le combat intellectuel et judiciaire. Le Figaro a révélé le 27 novembre, sous la plume de Stéphane Kovacs, que plusieurs livres appelant au djihad, à la mort des hérétiques et des «mécréants» se trouvaient toujours disponibles à la Fnac.

Même après le 11 janvier, même après le 13 novembre…

Ainsi, dans la «Voie du musulman», un cheikh algérien écrit: «Il faut que tous les musulmans, formant un seul ou plusieurs états séparés, s'équipent de toutes sortes d'armes. Ils doivent aussi se perfectionner et s'améliorer dans l'art militaire défensif et offensif, pour se défendre et attaquer au moment opportun pour que le verbe de Dieu triomphe et pour répandre la justice et la paix sur terre».

Dans son livre, Le licite et l'illicite, le célèbre et populaire cheikh Qaradawi recommande l'élimination des homosexuels: «Est-ce que l'on tue l'actif et le passif ? Par quel moyen ? Est-ce avec un sabre ou le feu, ou en les jetant du haut d'un mur ? Cette sévérité qui semblerait inhumaine n'est qu'un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent à la perte de l'humanité

Plus troublant encore, quelques jours après la tuerie du Bataclan, la journaliste a repéré un nouvel ouvrage sur les étagères de la Fnac: Le livre de l'exhortation du bien et de l'interdiction du mal, paru en octobre 2014 aux éditions Al Burak. L'auteur y recommande le recours à la force pour faire taire les instruments de musique: «Celui qui entend distinctement ces sons est autorisé à entrer et à détruire ses instruments… il n'y a aucun mal à tuer un incroyant et le musulman qui tombe au combat acquiert le statut de martyr…».

Un de ses livres, «le jardin des vertus» d'un imam sunnite, consacre un chapitre aux «mérites de la guerre sainte» on y lit notamment que les croyants «combattent pour la cause de Dieu en tuant et en se faisant tuer». Le Figaro en a trouvé jeudi dernier plusieurs exemplaires en magasins.
Sur le site de l'enseigne, la note du vendeur lui attribuait 4,69 sur 5. C'est une très bonne note.
L'an dernier, à la demande de plusieurs citoyens assez révoltés, Avocats Sans Frontières (présidé par l'auteur) avait dénoncé par une plainte ces faits à la section presse du parquet de Paris. Aucune réponse.

Pendant ce temps, de prétendus homophobes, mais occidentaux ceux-là, se voyaient incriminés pour une virgule de trop, pendant ce temps Dominique Jamet était poursuivi en correctionnelle pour avoir publié un article de Riposte Laïque, pendant ce temps Valeurs Actuelles se voyaient reproché avec célérité d'avoir voilé Marianne.
Le premier ministre propose de reconstruire la République. Avant de poser la première pierre, il faut commencer par dévoiler les fautes de ceux qui l'ont démolie.


Gilles William Goldnadel ©

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 12:01

Des livres prônant le djihad toujours en rayon
Par Stéphane Kovacs



Publié le 26/11/2015 - édition papier et Figaro Premium

http://premium.lefigaro.fr/actualite-france/2015/11/26/01016-20151126ARTFIG00287-des-livres-pronant-le-djihad-toujours-en-rayon.php

Plusieurs ouvrages prônant la mort des «hérétiques» sont disponibles à la Fnac, qui se défend d'en faire la promotion.

Tandis que les autorités multiplient les annonces sur la lutte contre l'islam radical, des livres appelant au djihad sont toujours vendus en magasin. Après le reportage du Figaro, en juillet 2014, sur la présence, dans les rayonnages de Carrefour et de la Fnac notamment, d'ouvrages prônant la mort des «hérétiques», et alors qu'une pétition demandant leur retrait avait recueilli plus de 17.000 signatures, le ministère de l'Intérieur expliquait ne pas avoir «les moyens juridiques pour interdire de tels livres». «Il y a appel au djihad, mais pas au terrorisme», se justifiait-il à l'époque. «Ça, c'était l'an dernier!, s'exclame Malika Sorel-Sutter, auteur de Décomposition française*. Nos morts ne leur suffisent-ils pas pour agir? À présent, ils savent que djihad = appel aux meurtres des “mécréants”. Ils ne peuvent donc plus cautionner. Et aujourd'hui, la législation permet d'empêcher que ne soient relayés les appels aux meurtres.» Une procédure judiciaire a été lancée en juin 2015 par l'association Avocats sans frontières.

Sur la quatrième de couverture de La Voie du musulman, édité en 2014, on peut lire que l'auteur, le cheikh algérien Abu Bakr al-Jazairi, «laisse transpirer ici des solutions conformes aux exigences du monde moderne». «Il faut que tous les musulmans, formant un seul ou plusieurs États séparés, s'équipent de toutes sortes d'armes. Ils doivent aussi se perfectionner et s'améliorer dans l'art militaire défensif et offensif, pour se défendre et attaquer au moment opportun pour que le verbe de Dieu triomphe et pour répandre la justice et la paix sur terre», préconise-t-il, entre autres. Dans son ouvrage Le Licite et l'Illicite, (Éditions al-Qalam, 2001), le cheikh Yussuf al-Qaradawi prescrit l'élimination des homosexuels: «Est-ce que l'on tue l'actif et le passif ?, se demande-t-il. Par quel moyen ? Est-ce avec un sabre ou le feu, ou en les jetant du haut d'un mur? Cette sévérité qui semblerait inhumaine n'est qu'un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu'à la perte de l'humanité». Dans Les Jardins des vertueux, de l'imam sunnite An-Nawawi, un chapitre est consacré au «mérite de la guerre sainte». On y lit, par exemple, que les croyants «combattent pour la cause de Dieu en tuant et en se faisant tuer».

Le premier n'est plus en rayon, assure-t-on à la Fnac. Mais disponible sur son site Internet, comme Le Licite et l'Illicite. Quant au troisième, il a été repéré par Le Figaro en magasin, en plusieurs exemplaires, jeudi dernier. Sur le site de l'enseigne, la «note du vendeur» lui attribue 4,69 sur 5.

En outre, un nouvel ouvrage est apparu sur les étagères de la Fnac: le Livre de l'exhortation du bien et de l'interdiction du mal, du théologien du XIe siècle al-Ghazali (paru en octobre 2014 aux Éditions Al Bouraq). L'auteur y recommande le recours à la force pour faire taire les instruments de musique. «Il est interdit de pénétrer dans la maison de celui qui ferme la porte et se protège derrière ses murs, pour connaître ses ma'siyya (activités blâmables), sauf si on les distingue clairement comme le son des flûtes et des luths qu'on entend de l'extérieur. Celui qui entend distinctement ces sons est autorisé à entrer et à détruire ces instruments». Quelques pages plus loin, on apprend: «Cela peut aussi conduire à la mobilisation de soldats pour la cause de Dieu et pour défendre ses interdits. Et comme il est permis que les soldats se rassemblent pour aller combattre les incroyants et les soumettre, nous retenons tout autant permis de soumettre et de réprimer les corrompus et les débauchés. Il n'y a aucun mal à tuer un incroyant et le musulman qui tombe au combat acquiert le statut de martyr.»

Chez Carrefour, on assure «ne plus vendre ce type de livres». Mais en 2014, il s'agissait d'une opération ponctuelle, pour le ramadan. N'y aura-t-il plus d'«opération ramadan» l'an prochain ? Là, l'enseigne refuse de répondre. À la Fnac, on explique que l'«on ne peut pas se substituer aux rôles des pouvoirs publics» et que l'«on n'a pas à censurer une œuvre quelle qu'elle soit». «Il n'empêche que la Fnac ne fait aucune promotion, aucune mise en avant de ce genre de livres, insiste le service communication. On voit bien que certains mériteraient d'être censurés ! Mais on serait attaqués par les maisons d'édition, et en plus de leur offrir un coup de pub, on perdrait le procès…».

Directeur de l'Observatoire de l'islamisation, Joachim Veliocas, qui a sollicité Avocats sans frontières, se dit «scandalisé par cette banalisation de l'islamisme radical». «En vendant dans le rayon islam des livres d'extrémistes salafistes aux côtés d'ouvrages de vulgarisation, souligne-t-il, la Fnac contribue à créer l'amalgame entre les musulmans et l'islam radical». Dans sa plainte contre la Fnac pour complicité de provocation à la violence, à la haine raciale et aux actes de terrorisme, Me Gilles-William Goldnadel, président d'Avocats sans frontières, écrit que cette «mise à disposition du grand public “d'outils de guerre” est d'autant plus inacceptable que son ampleur est colossale» étant donné la large implantation de l'enseigne en France.

Par un courrier du 12 août 2015 à Me Goldnadel, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve le conforte d'ailleurs dans son action. Il affirme que «dans les ouvrages d'inspiration religieuse, s'il est possible de s'exprimer par référence à des passages violents figurant dans un livre sacré, les propos doivent être mesurés et respecter les prescriptions posées par la loi française». Mais la section presse du Parquet de Paris, «très réactive lorsqu'il s'agit d'islamophobie», selon Me Goldnadel, «s'est montrée d'une inertie totale à réception de la plainte». Pour l'instant.


*Ed. Fayard
 

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 12:36

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http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/11/24/31003-20151124ARTFIG00115-goldnadel-pour-en-finir-avec-l-islamo-gauchisme.php

Publié le 24/11/2015

Goldnadel: Pour en finir avec l'islamo-gauchisme

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel estime que les leçons des attentats doivent être tirées, et les responsabilités, établies.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Bien sûr qu'il faut nommer le nom de la nouvelle bête immonde si on veut avoir la moindre chance de la terrasser. On a tellement caché l'un pour caresser l'autre dans le sens du poil. Il y a peu encore, le 12 janvier, notre ministre du Quai se refusait encore à prononcer le mot tabou en cinq syllabes, par crainte obséquieuse pour les deux premières.

Et notre président laisse à son Premier ministre le devoir de vocabulaire. Mais pour autant, si l'on croit que le mal s'appelle islam radical, on se trompe encore. Car s'il faut complètement donner un nom au mal, celui-ci s'appelle «islamo-gauchisme».

Jamais l'islam radical ne se serait implanté aussi insidieusement, profondément, irrésistiblement sur le sol et dans les esprits français, sans l'assistance du prêt-à-penser gauchisant. Jamais la complaisance envers son discours et l'indulgence envers ses membres n'aurait pénétré par capillarité aussi librement les partis politiques - et pas seulement ceux de gauche - où les médias - et pas seulement ceux du service prétendument public - sans cette force destructrice de l'État et de la nation française aux manettes depuis 68. Jamais, les réflexes vitaux de défense du corps social et national - les frontières, l'éducation, la justice, l'information - n'auraient été autant paralysés sans le pouvoir sidérant de la fausse pensée, et de la fausse générosité.

Car on voit mieux, à la lumière glauque de l'horreur, sous le masque brutalement arraché de la bonté accueillante, le visage grimaçant de la bêtise méchante. Mais huit jours après la tragédie, on est encore loin du compte à rebours pour régler celui de la bête en furie.

Combien d'électrochocs faudra-t-il encore pour remettre en bon état de marche les esprits décérébrés ? S'il n'écorche plus les lèvres les plus mièvres de dire islam et radical, la responsabilité gauchisante n'est point du tout pointée. Il faudrait un procès. À la hauteur de la catastrophe soudainement révélée. Tel Colomb découvrant le Nouveau Monde, nos responsables ont découvert l'Europe, ou plutôt son inexistence, sa vacuité faconde, sa fatuité féconde, son vide vertigineux. Et les Français, à la télévision, ont découvert à travers la visière des femmes en burqa, qu'un terroriste pouvait être comme un poisson dans l'eau de la Seine à Saint-Denis et que la Belgique n'avait pas le monopole de son Molenbeek. Il faudrait un procès, mais il n'y en aura pas. Car les gens par qui nous en sommes là, sont sans pudeur, sans complexe, sans mémoire critique, et dépourvus de toute humilité. Et, hélas sans juges.

Sans même leur demander une mortification chrétienne ou une autocritique stalinienne, on aurait pu espérer rien qu'un léger regret. Il s'en faut de beaucoup. Il n'aura pas fallu huit jours, pour que la stupidité gauchisante, friande de symboles creux, qui a peur de tout sauf de ce qu'il faut craindre, pousse ses premiers cris d'orfraie quant à l'état d'urgence et chante à nouveau les louanges d'une France multiculturelle que l'on aurait voulu assassiner. Dans les médias, la pensée gauchisante, comme si de rien n'était, a repris du service public.

Sur Arte, mercredi soir, touchant l'état d'urgence, seule les expertises du Syndicat de la Magistrature et de la Ligue des Droits de l'Homme étaient requises. Sur France-Info, on permettait à Louis, rescapé du Bataclan, et sans doute pour cela grande conscience à boire les paroles une à une, de déclarer «j'ai beaucoup de souffrance à me dire que des mecs qui viennent d'à côté de chez moi en soient venus là. Je n'en voudrais jamais à un pauvre gosse palestinien qui souffre depuis qu'il est né de se faire péter la gueule et de me faire péter avec…». Il y avait effectivement trop longtemps que l'on n'avait pas entendu sur les ondes justifier le terrorisme aveugle. Il fallait que ce soit sur une radio d'État.

Comme si de rien n'était ou presque: au lendemain des attentats, le site de France Inter modifiait a posteriori et en douce le titre d'un article d'avant le drame. Du péremptoire «Réfugiés: Le fantasme de l'infiltration terroriste» on passait à un plus prudent «des terroristes parmi les migrants ?» Pour faire bonne mesure, on effaçait également un sous-titre cruellement invalidé par la découverte de terroristes parmi les migrants: «L'argument est répété à longueur d'interviews par des personnalités comme Marine Le Pen ou Christian Estrosi: Des terroristes se cacheraient parmi les migrants… mais est-ce crédible ? Autant le dire tout de suite: non, et on vous explique pourquoi.» Lorsque l'on a proféré superbement des énormités et pris de haut, par idéologie, ceux qui disaient vrai, il est évidemment plus commode de les effacer plutôt que de s'en excuser.

Quant à France 2 et France 3, chez Ruquier ou avec le concours d'Alain Gresh du Monde Diplomatique, toujours la même célébration, sans trop de pluralisme, de la France multiculturelle, véritable village Potemkine auquel la France d'en haut est la dernière à croire. À ce degré de fausseté, n'est-il pas temps d'étendre le domaine des libertés à exiger, même sous état d'urgence, à celui de ne plus avoir le cerveau matraqué ?

Il faudrait un procès de l'immigrationnisme imposé par la force et le mensonge, mais il n'y en aura pas, comme il n'y a pas eu de procès du communisme, malgré la découverte de ses crimes tragiques.

Monsieur Hollande a bien de la chance. Il a une bonne police et une mauvaise opposition parlementaire qui ne sait pas poser les vraies questions qui fâchent et qui préfère la polémique superficielle à la réflexion de fond. Il est vrai qu'elle aussi n'a guère à se vanter.

Les mosquées à fermer, les prédicateurs à expulser, les frontières à ressusciter. Les mesures qu'hier encore on trouvait imprenables ont été soudainement prises pour indispensables. Comme si l'on comprenait enfin que l'Europe psychotique, toujours en proie à son complexe de culpabilité, n'était pas moins suicidaire que ces hybrides paranoïaques d'Orient et d'Occident qui nous détestent tant.

Mais c'est le temps qui manque. Si l'on veut en gagner et économiser ainsi un peu du sang des hommes, il convient de liquider le totalitarisme islamo-gauchiste. Ou bien c'est lui qui nous liquidera.

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 12:33

Billet

ACTUALITE JUIVE - N° 1366 – Jeudi 19 novembre 2015

« Enfin… enfin ! »

Comment faire comprendre à nos concitoyens, à nos frères non juifs que ce vendredi noir, terrible, horrible, qui vient d'ensanglanter détestablement notre pays bien aimé, nous sommes, hélas, un peu mieux placés qu'eux pour le comprendre ?

Celui qui signe cet article est lui-même bien placé pour savoir que beaucoup de juifs de France, eux-mêmes, ont mis bien du temps pour appréhender convenablement les mauvais temps qui venaient. Il se trouve encore, notamment au sein des organes représentatifs communautaires, des retardataires. Mais enfin, les juifs de France ont payé dans leur chair suffisamment cher pour avoir quelques tristes longueurs d'avance. Oui, ce qui est arrivé était hautement prévisible.

Oui, ce sont 30 années de complaisance politique et médiatique envers la radicalité islamique qui ont fait le lit de la terreur.

Oui, c'est la pensée gauchisante, le faux antiracisme, la xénophilie et sa sollicitude victimaire pour l'Autre, et son pendant, la détestation de tout ce qui est occidental, blanc, chrétien, juif, sioniste qui ont cultivé le bacille de la haine dans les éprouvettes européennes et l'ont inoculé chez des jeunes acculturés en Occident comme en Orient.

Oui, c'est cette idéologie qui a empêché toute critique de l'islam conquérant sous peine d'être taxé de raciste islamophobe et toute limitation raisonnable de l'immigration islamique. Seule cette idéologie, abandonnée du peuple taxé de populiste, mais encore vivace dans les salles de rédaction et les salons politiques ou artistiques, peut expliquer que même après les massacres du 11 janvier, il est resté interdit, sauf pour les hardis, de s'interroger sur la dangerosité d’une migration irrésistible venant d'Orient et qui fait passer la sollicitude pour l'Autre avant le souci pour ses propres enfants. Une semaine avant le vendredi noir, l'Europe impuissante, désemparée, incapable de protéger ses propres frontières, trouvait l'arrogance de s'arroger le droit de vouloir déterminer les frontières à venir entre Israël et la Palestine et de discriminer le seul État juif en l'étiquetant à part. La même Europe, incapable de soumettre la Turquie au même traitement quand celle-ci occupe une partie d'un pays européen nommé Chypre.

La même Europe, si oublieuse de ses racines culturelles judéo-chrétiennes qu'elle a acceptées de voter à l'Unesco une résolution émanant de l'Autorité Palestinienne et qualifiant d'islamique le caveau des patriarches…

La même et insouciante Europe, qui, précisément, en est réduite à confier son sort au sultan mégalomane ottoman plutôt de se résoudre à résoudre elle-même de ce qu'il est défendu de nommer invasion.

Oui, les juifs de France ont compris, ou plutôt fini par comprendre, la nature profonde, raciste, anti-occidentale, antijuive, antichrétienne, antidémocratique de l'islamisme criminel. Ils font désormais la différence entre l'humanité et la naïveté, entre l'indulgence et la faiblesse, entre la détestation du racisme et l'antiracisme de posture, entre l'asile et son dévoiement, entre l'hospitalité et son intrusif abus. Le reste de la population française la suit désormais dans cette différenciation entre le bien et les ruses du mal. Enfin.

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 16:40

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Publié le 17/11/2015

Goldnadel: Trente ans de complaisance envers la radicalité islamiste

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Au lendemain des attentats de Paris, Gilles-William Goldnadel estime que certaines questions méritent d'être posées, sur la société multiculturelle, l'immigration et le salafisme.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Pour la même raison que pour l'esprit Charlie, cette messe consensuelle que j'ai refusé de chanter à tue-tête parce que précisément elle tuait la pensée critique, je refuse de participer à une unité nationale factice qui sert objectivement d'écran de fumée dissimulant les dures réalités.

La seule question qui vaille d'être posée est de se demander si le dernier acte de barbarie qui vient d'ensanglanter Paris va ou non accélérer le processus définitif de libération des esprits décérébrés par trente ans de complaisance médiatique et politique envers la radicalité islamique.

J'écris «définitif», car il est indubitable qu'en ce qui concerne la majorité du peuple français, et sans doute européen, la cause est entendue depuis que l'idéologie intellectuelle et médiatique qui l'avait longtemps égaré s'est fracassée sur le roc de la sanglante réalité.

L'enjeu réside dans un combat culturel dans lequel l'idéologie médiatique et artistique continue à posséder un pouvoir de sidération et d'intimidation paralysant.

Il est inutile ici de s'appesantir longuement sur les raisons de cette longue complaisance envers l'islamisme dont on se bornera à nommer le responsable: le faux antiracisme gauchisant et ses terribles conséquences en cascade: la xénophilie, la phobie du blanc, le chantage à l'islamophobie, l'interdiction de s'interroger sur l'islam conquérant, l'impossibilité de questionner l'immigration islamique, la culture de l'excuse absolutoire en matière de délinquance, le déni ou la minimisation de la dangerosité du terrorisme islamique et son caractère antichrétien et antisémite.

La question complémentaire est de se demander si, au rebours des massacres du 11 janvier, un véritable choc des consciences prétendument élitistes peut être attendue de l'hécatombe du vendredi noir.

L'esprit Charlie avait empêché de nommer le mal par son nom: «islamisme», préalable psychologique à toute possibilité de le combattre et de le vaincre. Cette prohibition sémantique n'avait même pas eu comme contrepartie de faire descendre dans la rue la population d'origine islamique.

Au lendemain du drame, le Premier ministre avait cru devoir lier ses causes avec un apartheid social et ethnique imaginaire. Le fait que cette explication participant pleinement d'une culture de l'excuse trentenaire et fantasmatique émane d'un des esprits les plus déterminés et les plus libérés ne pouvaient qu'accroître la confusion d'autres moins structurés.

Pour se persuader de ce que les lendemains du 11 janvier n'ont pas empêché l'idéologie encore active de remplir son office de décérébration, il suffit de résumer de quoi elle faisait encore sa pitance médiatique le jour d'avant ce sombre vendredi 13.

Le jour d'avant, le danger principal, seriné à toute heure, ce n'était pas le terrorisme islamique mais, leurre commode pour la diversion, le «populisme», évidemment celui de droite. Le jour d'avant, c'étaient aussi, ces intellectuels du déclin, ces nostalgiques de la France des clochers, ces pessimistes professionnels qui avaient le front très national de considérer que c'était mieux avant une immigration irrésistible et forcée. Quand la question des migrants est venue se poser brutalement, les téméraires qui, au-delà des questions économique et identitaire, ont osé poser celle du principe de précaution contre le terrorisme islamiste, ont été traités par le mépris ou la dérision.

Le jour d'avant, notre ministre de la justice si humaniste continuait à expliquer qu'il ne servait à rien d'incarcérer les jeunes délinquants, fussent-ils très violents.

Le jour d'avant, un quotidien du soir écrivait sans rire qu'un antiracisme nouveau était né et qu'il programmait d'exclure les blancs. Cela tombait bien car c'était exactement le programme de la responsable de la télévision d'État.

Le jour d'avant, une marche «pour les dignités» conspuait les policiers «violents» et les blancs «racistes». On y entendit même quelques slogans antisémites qui ne génèrent pas la presse antiraciste.
Bref, le jour d'avant le vendredi 13 novembre n'était pas très différent de ce qu'on pouvait lire ou regarder le 10 janvier au soir.

Quand nos authentiques martyrs reposeront dedans la terre froide, est-il possible, au regard de ce qui est arrivé et qui était tellement prévisible, d'espérer, sinon la repentance au moins un peu d'esprit d'humilité dans certaines salles de rédaction ou quelques salons artistiques ?

Pourra-t-on librement, sans encourir l'excommunication, la dénonciation, la diffamation, la dérision ou la dénégation poser certaines questions:

 

 

Pourquoi avoir occulté la dimension religieuse des messages de revendications des assassins dans lesquels, sourates du Coran à l'appui, ils s'en prennent aux juifs et aux chrétiens ?

À la lumière blafarde du nouveau massacre, est-il permis de ne pas être extatique devant l'arrivée forcée d'une nouvelle vague migratoire musulmane ?

Est-il obligatoire de devoir préciser que cette question n'incrimine pas la majorité de la population musulmane française irréprochable et qu'il convient d'aimer parce qu'elle est aimable, mais une minorité hélas non négligeable qui, arithmétiquement, rend déjà presque insoluble la résolution du problème sécuritaire dans un pays ouvert et démocratique ?

Le mot «frontière» nationale est-il désormais sorti du dictionnaire des gros mots ?

Enfin, dernière question, la plus délicate, celle qui fait rougir ou bégayer: cette société multiculturelle rêvée avec son métissage obligatoire et son vivre ensemble si harmonieux et sécure qu'on veut nous l'imposer de force, n'est-elle pas en train de virer au cauchemar ?

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 14:53

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Publié le 09/11/2015

Goldnadel: El Khomri, Marisol Touraine, Fleur Pellerin, la gauche morale perd la tête

FIGAROVOX/CHRONIQUE - La ministre de la Santé a assorti l'autorisation étendue aux homosexuels hommes de donner leur sang de la condition qu'ils soient abstinents depuis 12 mois. Pour Gilles-William Goldnadel, cette mesure est sanitaire et non discriminatoire.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


Les médias ont été injustes envers Marisol Touraine cette semaine. C'est vrai quoi, il n'y en a eu que pour une ministre du Travail qui veut terrasser le chômage sans travailler un peu. La ministre de la Culture, dont on connaît l'inculture, a également fait parler d'elle pour nourrir le projet de priver Valeurs Actuelles de subventions sous le prétexte finaud que son directeur de publication a fait l'objet d'une condamnation pour diffamation d'une religion. À mon avis, Madame Pellerin ne devrait pas trop compter sur cette argutie pour tenter de faire taire cet hebdomadaire de franche et droite opposition. D'abord parce que la ficelle est un peu grosse pour étrangler efficacement la réfractaire, ensuite parce qu'il m'étonnerait que voiler Marianne sur sa couverture soit considérée par les cours d'appel et de cassation autrement que comme une manifestation de la liberté d'exprimer son refus de l'islamisation forcée d'un pays laïc.

Un esprit candide pourrait se demander pour quelle raison Madame Pellerin, en mal de sanctions financières, n'a pas tourné son regard un peu fixe vers le journal L'Humanité. Voilà une publication, condamnée pour complicité de détournements de sommes importantes au détriment du comité d'entreprise EDF dominé par la CGT (voir ma chronique de FigaroVox). Vraiment je ne comprends pas.

Mais retour à Marisol Touraine. Celle-ci a cru devoir prendre un décret censé mettre fin à une discrimination à l'encontre des homosexuels en matière de collecte du sang. Le don de sang total sera désormais ouvert aux homosexuels masculins - considérés comme une population à risque - au rebours d'un arrêt de 2009 qui en prohibait la collecte. Mais des associations se plaignent à nouveau de discrimination puisque les donneurs concernés devront signer une attestation stipulant qu'ils n'ont pas eu de relations sexuelles au cours des 12 mois écoulés… bref, la discrimination continuerait.
Est-il permis d'écrire ici qu'aussi bien du côté de la ministre que des associations censées lutter contre l'homophobie, l'idéologie victimaire qui sous-tend la démarche devrait être bannie ?

L'auteur de la présente chronique connaît bien la matière pour avoir défendu l'un des principaux protagonistes de l'affaire dite «du sang contaminé», il n'est donc pas le plus mal placé pour affirmer que c'est précisément cette idéologie victimaire qui est à l'origine de terribles malheurs, notamment chez les hémophiles.
Retour nécessaire en arrière. Il est aujourd'hui incontestable et incontesté que c'est au nom du principe de non-discrimination entre les individus que la collecte du sang contaminé par le virus du sida auprès de groupes à risque s'est poursuivie, entraînant la contamination en chaîne des pools de plasma sanguin destinés aux hémophiles et provoquant ainsi un très important nombre de victimes.

Dans mes Martyrocrates (Plon 2004), j'ai voulu montrer que cette politique irresponsable et même criminelle s'inscrivait dans le cadre d'une idéologie largement inconsciente post-shoahtique en proie à l'obsession du sang mêlé. À la fascination fasciste du sang pur, l'antiracisme pur et dur doit nécessairement répondre par le métissage obligatoire et la nécessité de mélanger le sang des hommes sans discrimination.

Ainsi, comme le reconnaît Le Monde du 15 février 1999, lors du procès surréaliste mené devant la Cour de Justice de la République, la circulaire de juin 1983 qui demandait l'exclusion des «groupes à risque» n'a jamais été appliquée, d'où le nombre de contaminations en France.

Ainsi que je le faisais remarquer dans Le Figaro du 18 février 1999, le réputé docteur Habibi, ancien médecin au Centre National de Transfusion Sanguine, mis en examen, avait livré, lors de son témoignage devant la cour, la principale raison culturelle du drame.
Celle-ci était incarnée par la «tradition française d'intégration et de non exclusion des personnes, forgée par l'école» qui «incite à ne pas marginaliser une couche sociale».

Comme l'écrivait très bien notre cher Christian Combaz dans un article justement intitulé «Mortels Principes» (Le Figaro du 1er mars 1999): «Quand, le 20 juin 1983, le Docteur Roux signe une circulaire attirant l'attention sur la nécessité de dépister les groupes de donneurs à risque, il est accablé d'insultes. Fasciste, raciste, tout y passe… le Docteur Roux, décidément téméraire, maintient qu'il n'est pas raisonnable de laisser les centres de transfusion accepter n'importe quel sang. N'importe quel sang ? Quel vocabulaire ! Les préjugés de la Bête Immonde se seraient-ils nichés dans les labos de la république ?»

Un autre article lumineux du professeur Roger Henrion lui avait emboîté le pas, toujours dans Le Figaro, le 23 février 1999: «Quand Michel Setbon, chercheur à l'Inserm, insiste sur le rôle, dans la déplorable exception française, de l'absence de sélection de donneurs, de la réticence à modifier cet état de fait et de la volonté de ne pas écarter des dons du sang des populations à risque par crainte de favoriser la discrimination raciale et sociale, il a parfaitement raison… quand le président de la Cour de Justice de la République, cherchant une explication, parle d'idéologie… le propos est exact. L'idéologie a en effet pesé très lourdement sur toutes les décisions et leur application à tous les niveaux. «Déjà peu enclins à poser certaines questions, nombreux sont les médecins qui se cabrèrent contre l'injonction gouvernementale. En outre, le malheur a voulu que l'épidémie atteigne d'abord les homosexuels, les toxicomanes et les Africains. Dès lors, toute proposition de dépistage de sélection des donneurs devenait, au mieux une manifestation d'hostilité envers les homosexuels, les toxicomanes et les Africains, au pis une incitation à une discrimination inadmissible et scandaleuse.…»

De la même manière, Le Monde du 24 février 1999 incrimine la décision de la directrice de l'administration pénitentiaire d'autoriser l'augmentation des collectes dans les prisons où était concentrée une forte «population à risque». Ces collectes, rappelle le journal, ont représenté 0,37 % des dons en 1985 et ont été à l'origine de 25 % des contaminations cette année-là !

Ainsi que le souligne l'auteur de l'article du Monde, «des causes culturelles (volonté de ne pas exclure, humanisation des prisons), associées à l'inconscience du risque, ont été avancées pour justifier la poursuite de ces prélèvements».

En réalité, la directrice précitée ne voulait pas «mettre à l'index la population carcérale» comme le rappelle Christian Combaz dans l'article précité «Madame Ezratti, alors directrice de l'administration pénitentiaire, pour qui la transfusion est un moment récréatif et une voie de réinsertion, recommande par une circulaire de janvier 1984 de faire appel aux dons de sang des détenus: «non plus deux mais cinq fois par an» .…

Ainsi donc, pour honorer un principe dont le fondement m'échappe un peu dans son importance fondamentale (le droit de pouvoir participer aux collectes de sang…) sans encourir le reproche d'une discrimination raciale ou sexuelle en l'espèce inexistante, on a causé des morts par centaines.
Était-il à nouveau nécessaire, pour des raisons à la fois politiques et électoralistes de risquer à la fois des contaminations et de faire revivre des querelles idéologiques apaisées ?

Le risque sanitaire est toujours présent. La preuve, la ministre maintient une mesure particulière concernant la population homosexuelle masculine. L'homophobie n'a strictement rien à voir avec cela, simplement la nature physiologique et sociologique. Les homosexuels ne sont pas plus vecteurs du sida que les hétérosexuels. C'est la sodomie qui est en cause puisque la paroi anale est plus poreuse que la paroi vaginale. Or, il n'est sans doute pas homophobe d'affirmer que la sodomie est davantage pratiquée au sein de la population homosexuelle que de la population hétérosexuelle.

Sociologiquement, il semblerait en outre, que la population homosexuelle soit sexuellement plus affranchie et que les rencontres multiples favorisent statistiquement le risque de transmission du VIH.
Ces données n'étant sérieusement contestées par personne, à quoi rime de remettre en question un arrêté dont l'économie prophylactique était admise par le plus grand nombre ?

À quoi rime, de prétendre, pour satisfaire un symbole creux, qu'on met fin à une discrimination nécessaire pour imposer aussitôt à la population soi-disant discriminée un traitement particulier ?

À quoi rime ce délai d'un an d'abstention si ce n'est pour rendre dans les faits pratiquement impossible une collecte qu'on prétend vouloir favoriser ?
Était-il avisé médicalement et judicieux psychologiquement de revenir sur une mesure sanitaire observée dans de nombreux pays développés pour permettre à nouveau à l'idéologie victimaire de se refaire une santé sur le dos de la santé ?

 

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 16:24

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Publié le 02/11/2015

Éviction de Philippe Verdier: La police politique à l'œuvre dans les médias

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel s'étonne de la brutale éviction de Philippe Verdier de France 2 après la parution de son ouvrage qui critique le traitement politique du réchauffement climatique. D'autres présentateurs avaient fait polémique sans être licenciés...

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Dans l'expulsion brutale de Philippe Verdier de la télévision publique, on a peine à savoir où habite vraiment le scandale.

Dans le fait qu'il est des esprits médiocres qui considèrent que de ne pas accepter entièrement, religieusement et docilement la doxa sur le climat serait constitutif d'un odieux négationnisme digne de Faurisson, a fortiori lorsqu'on fait le métier d'interroger les cieux ?

Dans le fait que les défenseurs habituellement les plus braillards de la liberté d'expression, lorsqu'elle exprime leurs idées, font silence de mort ?

Dans l'hypocrisie du prétexte susurré par les responsables de la seconde chaîne nationale et qui serait constitué par le fait que feu M. Météo aurait utilisé cette qualité pour vendre son maudit livre ? La vilaine excuse que voilà: Lorsque David Pujadas publie en collaboration avec mon ami l'imam Chalghoumi leur opus Agissons avant qu'il ne soit trop tard (éditions du Cherche-Midi) il est constamment présenté comme «le journaliste vedette de France 2» (France Inter mardi 28 mai 2013) sans être renvoyé comme un malpropre.

Lorsque Charles Enderlin publie en mai 2013 un livre polémique intitulé Au nom du temple, il vante sa qualité de «correspondant de France 2 à Jérusalem» sur son livre comme dans une interview à l'Express (2 mai 2013). Il n'est pourtant pas viré avec pertes et fracas.

Lorsque Sophie Davant - elle aussi de la météo - publie son Journal d'une quinqua (Albin-Michel) dans lequel elle informe les lecteurs, notamment de Voici, de la verdeur de sa sexualité en posant sous le logo de sa chaîne, ni le ciel, ni la foudre ne tombent sur son aimable tête.

Alors, il faut chercher ailleurs que dans ces minables excuses.

Il faut chercher dans le fait que le prêt-à-penser écolo-gauchisant est puissant autant qu'intolérant sur les antennes conformistes. Il fallait entendre la chattemite verte, Emmanuelle Cosse, au micro de France Inter, défendre sans en avoir l'air ceux qui étaient en train d'exécuter Philippe Verdier.

Il fallait savoir qu'un délégué CGT à FR3, également militant encarté chez les Verts depuis la fin des années 90, candidat de ceux-ci aux élections cantonales de mars 2011, n'est pas considéré comme suffisamment engagé pour être jugé subjectif sur les dossiers d'environnement et sur les interviews des députés Verts. N'ayant pas le goût des listes comme d'aucuns journalistes gauchistes, je tiens son nom à la disposition des médiato-sceptiques.

Il fallait comprendre que l'arrivée comme bras droit de la nouvelle responsable de la télévision publique, de l'ancien chef de cabinet de Mme Duflot n'était pas de nature à assainir l'atmosphère ou améliorer l'environnement.

Un environnement tellement pollué que pour ne pas sembler utiliser deux poids et deux mesures, France Télévisions, en même temps qu'elle convoquait Verdier convoquait également un autre présentateur météo de France 3, Jean-Marc Souami, pour avoir critiqué sur Twitter la décision de Laurent Ruquier d'avoir offert une tribune à Nadine Morano: «Pauvre Nadine Morano après le show orchestré de main de maître par Ruquier. 1h30. Un record elle chiale encore la honte !»

Le même n'était à pas son coup d'essai. Dans son propre journal météo, le 12 janvier 2013, jour de la Manif pour tous, il avait conseillé aux téléspectateurs, sans être aucunement réprimandé «de rester sous la couette»…

Allez savoir pourquoi, contrairement à Philippe Verdier, ce membre de la CFDT s'est simplement entendu prier d'honorer désormais son devoir de réserve…

Le climat n'est guère plus sain sur France Inter. Ainsi, l'excellent François Rollin, le seul humoriste maison qui ne participait pas de la pensée unique et obligatoire, a lui aussi été évincé brutalement: «Je ne m'y attendais absolument pas. Il n'y a pas eu le moindre coup de semonce. Tout au long de l'année, les commentaires étaient élogieux. Lorsque la direction m'a convoqué avant l'été, je pensais qu'ils voulaient changer de jour. J'étais vraiment loin du compte. Je ne suis pas l'homme de l'indignation sur commande et je refuse d'agiter à chaque instant le spectre de l'amalgame et de la stigmatisation» (comme Sophia Aram) «qui se répand en discours compassionnels sur la banlieue et les pauvres musulmans stigmatisés».

Honnête jusqu'au bout, François Rollin, peu amène envers Patrick Cohen, rend hommage au si talentueux homme de gauche François Morel: «Il s'est permis de faire une chronique sur mon départ qui est un modèle de solidarité et de finesse». N'est pas Morel qui veut.
Les évictions d'un Verdier et même d'un Rollin ressemblent à s'y méprendre à celle qui avait été tentée contre mon client et ami Clément Weill-Raynal, chroniqueur judiciaire à FR3, qui avait commis le crime d'alerter sur l'existence du Mur des cons du Syndicat de la Magistrature.

Ce qu'il nous faut enfin et vraiment comprendre est que le service public audiovisuel à la française est le siège d'une machine implacable à matraquer idéologiquement l'opinion.

A l'aide d'un gourdin d'autant plus épais que les Français ont la tête de plus en plus dure.

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 11:35

'Billet

ACTUALITE JUIVE - N° 1363 – Jeudi 29 octobre 2015

« Se souvenir d'un mufti, criminel de guerre pro-nazi »


Consolons-nous comme nous pouvons: la folie médiatique qui s'est déchaînée contre les déclarations du Premier ministre israélien sur le mufti de Jérusalem sont riches d'enseignements.

D'abord, mais ce n'est pas vraiment un scoop: la différence vertigineuse de traitement entre une référence historique au passé, fût-elle énoncée de manière trop lapidaire, et les déclarations incendiaires du président de l'Autorité palestinienne sanctifiant le sang des martyrs qui jettent des pierres sur les juifs en prière. D'un côté la confusion cacophone, de l'autre le désert aphone.

Ensuite, même indirectement, le passé pronazi d’un leader aujourd'hui encore encensé dans le monde palestinien aura été rappelé, en dépit de tous les mensonges.

Que cela plaise ou non aux Arabes de Palestine, ou à l'Occident et à l'extrême-gauche israélienne qui continuent à les regarder extatiquement: Non seulement Amin Al Husseini est un criminel de guerre pronazi, mais encore, il a insisté le 28 novembre 1941 lors de sa rencontre avec Adolf Hitler pour que celui-ci passe à une phase plus industrielle et définitive de la Shoah déjà largement mise en application. Bien entendu, Hitler n’a pas eu besoin d’un inspirateur supplémentaire pour réaliser son rêve de toujours. Ce fut le 20 janvier 1942, lors de la conférence de Wansee, que la solution « finale » de la question juive fut décrétée. Ceux qui acceptent de voir la vérité en face pourront lire les minutes du procès de Nuremberg et notamment ce témoignage accablant de l'adjoint d'Adolf Eichmann, Dieter Wisliceny: « Le mufti fut l'un des instigateurs de l'extermination méthodique de la communauté juive d'Europe et il agissait en collaborateur et conseiller d'Eichmann et Himmler pour l'exécution de ce plan. Il était l'un des meilleurs amis d'Eichmann et insistait constamment pour accélérer les mesures d'extermination ». Voilà qui ridiculise tous ceux qui sont allés jusqu'à qualifier le Premier ministre de l'État juif de révisionniste. Les mêmes qui taisent la thèse révisionniste du président de l'Autorité de Palestine du temps où il faisait ses classes en Union soviétique.

Enfin, et c'est le troisième enseignement de cette lamentable polémique planétaire, dans laquelle, même l'administration américaine obamanienne aura tenu à verser son grain de sel: La gauche xénophile internationale, y compris en Israël, ne se résout pas à l'idée que la Shoah ne soit pas une entreprise purement occidentale: Que les autorités de Vichy, aient pu de temps à autre montrer un zèle intempestif, voilà qui ne déplait pas et qui ne saurait être considéré comme atténuant la responsabilité hitlérienne. Mais dire haut et fort qu'un Arabe ait pu collaborer à l'oeuvre diabolique ! Rappeler que d'autres en Égypte, en Syrie, en Irak ont accueilli les nazis à bras ouverts pour les aider à liquider physiquement d'autres juifs, voilà qui est commettre un crime de lèse-majesté contre l’Autre et contre un nationalisme palestinien qui porte encore grandement la marque du mufti, ainsi qu'on en voit l'empreinte sanglante sur l'esplanade disputée.

Tant que des Occidentaux pervertis par un anti-occidentalisme névrotique empêcheront le monde arabe de sécréter ses propres historiens critiques, comme Israël l'a fait, aucun mouvement national palestinien mature ne pourra remplacer les fanatiques au couteau tueur de juifs, inconscients héritiers d'un grand mufti nazi.

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 11:42

Paru dans FIGARO (version papier) du 28/10/2015

C'est l'islamisme et non les «colonies» en Cisjordanie qui cause ces assassinats - par Gilles William Goldnadel

 

La vague d’attentats qui endeuille l'État hébreu s'explique à titre principal par les progrès de l'islamisme radical chez une partie des Palestiniens, argumente le président de l'association France-Israël.

 

Par quelle ruse de la pensée sophistiquée, de l’intellectualisme perverti ou tout simplement de la propagande matraquée sans répit, l’assassinat au couteau d’adolescents, de femmes ou de religieux, parce que juifs, fait-il l’objet d’un traitement particulier dans lequel des explications politiques ou sociales vont venir amoindrir une condamnation qui devrait être naturelle et totale ? À tel point qu’il n’est pas rare de lire quelques dépêches où les agresseurs et les agressés sont réunis dans une même compassion.

Certes, au sein d’une France longtemps intoxiquée par la pensée gauchisante et sartrienne, une compréhension bienveillante pour la violence aveugle transcende depuis longtemps le conflit israélo-palestinien. Il n’en demeure pas moins que cette violence-là n’a rien d’aveugle, puisqu’elle vise précisément les juifs et les seuls juifs et que seul l’aveuglement pourrait tenter de nier sa dimension raciste et religieuse.

Pour dire les choses crûment, l’auteur de cet article désespère qu’au moment où les Français commencent à se libérer progressivement de leurs chaînes xénophiles, cette libération ne soit pas encore passée par la délivrance d’une idéologie sommaire « palestiniste » qui continue largement de conditionner leurs réflexes pavloviens.

Ainsi, pour comprendre réellement l’origine et la nature de l’épidémie d’assassinats au couteau contre les juifs en Israël, il est déconseillé de recourir à la vieille et commode explication par les « colonies », mères de toutes les rancœurs. L’aveuglante et dérangeante réalité, c’est que l’assassin au couteau dans les rues de Jérusalem ou de Tel- Aviv n’est pas très différent des Kouachi, de Coulibaly et de tous ceux qui décapitent les mécréants et les chrétiens en Syrie. Fanatisé, d’une religiosité superficielle, il a puisé sa haine primaire dans les réseaux sociaux. Au nom de quel miracle la folie islamiste aurait-elle épargné le sol de la Terre sainte ?

Certes, je ne serais pas honnête si je niais la dimension nationale et territoriale du conflit palestinien qui surinfecte la haine purulente. Mais le triste avantage de l’actuelle situation est d’éclairer sous un jour plus cru la véritable nature du conflit centenaire. Contrairement à l’antienne constamment rabâchée, ce ne sont pas les implantations au sein du territoire contesté qui sont la source du problème, même si elles en constituent un facteur aggravant, mais le refus constant de la partie arabe de Palestine de se résoudre à accepter de voir sur une portion de la terre disputée, un pouvoir politique pour le peuple juif.

Et ce refus puise sa source bouillonnante autant dans un arabisme qui se refuse à voir une parcelle de terre orientale gouvernée par un peuple non arabe, que dans un islamisme qui considère comme impie la présence des juifs perfides dans le « Dar al-Islam ».

En réalité, et davantage encore depuis le grand muphti de Jérusalem, le nationalisme arabe de Palestine - incontestablement fondé et légitime - a toujours été empreint d’un islamisme radical qui n’a pu que rendre plus résolus son irrédentisme et sa violence intrinsèque.

C’est ce qui explique encore aujourd’hui ses folles tentatives de nier la réalité de la présence historique juive en Judée. Mais le drame réside surtout dans le fait que, par sottise ou soumission, certains pays, dont la France, cautionnent cette folie. Maintenant que l’Autorité palestinienne dispose d’un siège à l’Unesco, elle falsifie l’histoire avec l’assentiment du gouvernement français. Elle a obtenu le vote insensé le 21 octobre d’une motion définissant le tombeau de Rachel et le caveau des Patriarches comme des sites « musulmans palestiniens » : les représentants de pays occidentaux présents ont voté contre cette motion, pas le représentant français. Dans le même mouvement négationniste, les représentants de Palestine ont tenté de faire dire à l’Unesco que le mur des Lamentations - lieu le plus sacré du judaïsme - était également un lieu musulman. On ne doit pas au gouvernement français le rejet de cette infamie qui gravit impunément d’un degré de plus l’échelle de la démence.

Il existe au sein du monde politique et intellectuel israélien, notamment à l’extrême gauche, des personnes qui, tournant le dos à la réalité de l’islamisme radical du mouvement palestinien, continuent de faire porter la responsabilité principale de l’impasse politique sur le gouvernement israélien et sur les affres de « L’occupation ». Dans le village monde, il serait étonnant que cette dilection xénophile pour l’altérité n’existe pas au sein de la démocratie israélienne. Certains, pour reprendre l’expression d’Éliane Amado Levy-Valensi «s’imaginent plus objectifs parce qu’ils épousent la subjectivité de l’Autre ». Il n’empêche, il est bon de savoir de temps à autre penser contre son camp, même à tort. Que le camp de l’Autre ne sache jamais le faire est précisément à la source du problème. Il faut dire, à sa décharge, que l’Europe médiatique et extatique ne l’aide pas beaucoup à faire des efforts.

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