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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 14:47

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/12/12/31001-20161212ARTFIG00154-goldnadel-le-delit-d-entrave-numerique-contre-la-rebellion-electronique-des-gueux.php

Publié le 12/12/2016


Le délit d'entrave numérique contre la rébellion électronique des gueux
 
FIGAROVOX/CHRONIQUE - La gauche a créé un nouveau délit d'entrave numérique contre les sites anti-IVG. Pour Gilles-William Goldnadel, vouloir défendre à ce point un droit à l'avortement nullement attaqué pourrait dissimuler une pulsion destructrice contre la liberté.
 
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


 
Mes fidèles lecteurs savent que je ne répugne pas à questionner la psychologie collective, derrière les comportements politiques apparemment inexplicables. Je tenterai donc de soumettre la loi liberticide réprimant les prétendues désinformations électroniques sur l'avortement à cette analyse. Je ne reviendrai pas sur la loi elle-même, tout a été écrit, et bien, à son propos et notamment dans ces colonnes.
 
Les socialistes, à l'origine de ladite loi, n'ont aucune raison de craindre la moindre menace sur le droit à l'avortement, et ils font, au demeurant, à peine semblant. À un premier degré d'explication, le simple fait de s'interroger moralement et à voix haute sur l'avortement, ou sur ses dérives abusives, leur apparaît comme une faute morale consubstantielle.

Le fait que François Fillon ait pu ainsi publiquement indiquer qu' «à titre personnel» il était hostile à l'avortement même s'il reconnaissait sans enthousiasme excessif obligatoire le droit légal des femmes à le pratiquer librement , dans le droit fil de la loi Veil, a été en conséquence considéré comme un crime de lèse-féminisme.

«À titre personnel». Il n'en fallait pas plus pour qu'Augustin Trapenard, reprenne ironiquement cette antienne la semaine dernière sur l'antenne . Sur France Inter, avec Josiane Balasko, représentante emblématique de l'artiste progressiste, on s'en donna à coeur-joie pour railler, à titre personnel, le représentant désormais emblématique de la pensée conservatrice. Avec cette manière supérieurement goguenarde que l'on entend plus désormais que dans les micros du microcosme capitonné de service public, la comédienne fit observer finement, du moins le croyait elle: «que les adversaires de l'avortement étaient généralement les partisans de la peine de mort». Puis-je faire remarquer respectueusement que l'argument - faux - est inopérant parce que réversible, car généralement les partisans les plus résolus de l'avortement sont également les plus déterminés à considérer la peine de mort donnée aux assassins comme le crime absolu ? Exception faite, bien entendu lorsqu'elle est donnée collectivement et massivement par Castro et autres héros sur des braves gens.

À titre personnel, et ne considérant pas religieusement la vie, je me permettrai de dire que je suis très modérément en faveur du droit à l'avortement et de l'abolition de la peine de mort, même si je me garderais bien de couvrir d'injures ceux qui ne partagent pas mon avis, tant le mien est peu assuré.

C'est dire que je me garderais bien également de restreindre leur liberté. Il est vrai que je ne suis pas socialiste.
À ce stade en conséquence, je n'écarte pas l'idée que sous ce comportement irrationnel de vouloir défendre à ce point un droit à l'avortement nullement attaqué, se dissimulerait dans l'ombre une pulsion destructrice de mort, en tous les cas morbide.

En tout état de cause, et a un second niveau d'analyse, cette rage de colère rouge à vouloir interdire et sanctionner une prétendue désinformation sur la toile - nullement avérée - dissimule à peine l'impuissance à combattre cette rébellion électronique irrésistible des gueux contre feu la toute-puissance de l’idéologie gauchisante.

On assiste en effet de part et d'autre de l'Atlantique, et davantage encore depuis l'élection de Donald Trump, à une attaque en règle par la pensée conforme: ici contre la fâcheuse sphère, là-bas contre des sites de désinformation répandant paraît-il une «post-vérité» qui seule pourrait expliquer la folie populiste.

L'idéologie à la domination désormais contestée devrait s'interroger, si toutefois elle était accessible au doute, sur les raisons de cette désaffection d'un public dubitatif et ambulant qui l'a fait migrer du papier à l'écran.
Je ne méconnais certes pas les dangers d'Internet, mais la désinformation idéologique ne l'aura pas attendu.
C'est dans un journal en papier que les lecteurs du Monde ont pu croire, à lire son correspondant au Cambodge, que la population de Phnom-Penh, en liesse, faisait un accueil fleuri à ses libérateurs Khmers rouges.

Deux jours plus tard, la même population était jetée sur les routes, avant le génocide communiste.
C'est sur un écran télévisé de la deuxième chaîne nationale de service public que son correspondant à Jérusalem, sans le moindre élément factuel, affirma péremptoirement qu'un petit palestinien avait été assassiné froidement dans les bras de son père par la soldatesque israélienne. Daniel Pearl, journaliste et juif, comme beaucoup d'autres depuis, a été assassiné par les islamistes sous la photo du petit «martyr» Mohamed Al Dura.

Hier encore, CNN, suivi allègrement par le Monde, affirmait que Donald Trump allait poursuivre son activité dans la télé-réalité pendant sa présidence dans le cadre de l'émission «Celebrity Apprentice». Patatras ! Dans un tweet joyeux qui a le don de mettre en rage les soi-disant sérieux, le président élu les démentait gaiement.
On remarquera dans ces trois désinformations choisies parmi des milliers, qu'elles ont en commun de faire plaisir à l'informateur désinformant.

Bien entendu, la désinformation la plus efficace réside moins dans les mensonges contrôlables que dans les informations soigneusement cachées.

Ainsi on remarquera qu'à l'exception de Valeurs Actuelles, aucun média national n'aura révélé que la présidente du Syndicat de la Magistrature venait d'être, par décision de la Cour de Cassation, définitivement renvoyée devant le tribunal correctionnel dans la célèbre affaire du mur des cons.

Il est vrai que pareille information n'était pas de nature à plonger la presse convenue dans un état profond d'exaltation.
En dépit de toutes ces désinformations et désinformations, il n'est pas à craindre que le pouvoir socialiste fulmine une nouvelle loi de répression.

Seul, le droit à la liberté de dire sa part de vérité idéologiquement contestée est légalement avorté.
Mais ils peuvent toujours vitupérer, tempêter, excommunier, menacer, sanctionner, le pouvoir encoléré et son idéologie imprimée sont aujourd'hui impuissants à impressionner le lecteur et demain l'électeur.

 

 

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 11:00

Paru dans Le Point - http://www.lepoint.fr/  
http://www.lepoint.fr/chroniques/goldnadel-alep-l-encre-antipathique-07-12-2016-2088559_2.php
      
Publié le 7 décembre 2016

Alep: L'encre antipathique

Soutenir Assad est non seulement immoral, mais irréaliste, s'emporte l'avocat Gilles-William Goldnadel. Qui s'étonne du silence des médias français...

Autant l'écrire tout de suite, je ne me fais pas l'ombre d'une illusion. Dans ce conflit syrien inextricable et confus, ma parole est inaudible. Et le message écrit qui va suivre est pratiquement illisible, d'autant plus qu'il est écrit à l'encre antipathique. Mais je l'écris tout de même. Pour me regarder sans honte et prendre date.

Le message scellé dans une bouteille lancée dans la mer des sarcasmes est le suivant: La prétendue realpolitik – à la mode aujourd'hui, plus à droite qu'à gauche, et qui exige que même lorsque les enfants d'Alep, dans les hôpitaux et dans les écoles, expient les fautes qu'ils n'ont pas commises, il faille soutenir Assad – est non seulement immorale, mais irréaliste. Elle est évidemment totalement immorale, car trop c'est trop. Un régime dictatorial et sanguinaire qui cible délibérément et spécifiquement des écoles et des hôpitaux et envoie sur eux les gaz et des tonneaux incendiaires est insoutenable et inexcusable. Mais ceux qui me connaissent savent que je ne souhaite pas particulièrement être enterré au paradis des moralistes désincarnés et que je sais surtout l'enfer pavé des meilleures intentions.

Mais c'est sur le terrain du réel que j'entends contester l'expertise supposée des défenseurs de la realpolitik. Tout d'abord, à Alep, l'organisation État islamique et ses détestables suppôts sont pratiquement absents. Dans la ville martyre, c'est principalement le front al-Nosra qui combat Assad et ses supplétifs iraniens et hezbollahis. Entre ces deux rivaux islamistes radicaux utilisant la terreur – l'un sunnite, l'autre chiite –, notre cœur moral et notre cerveau raisonnant ne sauraient balancer d'une quelconque manière.

La Syrie est condamnée à tout jamais à être divisée

Je sais bien, et mes amis à droite me le serinent souvent, que le régime bassiste syrien est plus tolérant à l'égard de la minorité chrétienne que les islamistes de tout poil. Je leur donne raison et j'en sais quelque chose. Qu'on me permette l'anecdote : en ma qualité de président de France-Israël, j'avais invité au début de la guerre civile une sœur syrienne d'origine palestinienne venue dire à l'assemblée que quand bien même elle n'approuvait pas le régime cruel d'Assad, elle le préférait aux bourreaux islamistes qui détruisaient les églises et massacraient les fidèles à la croix. Qu'avais-je fait là ! Je ne sais plus quel folliculaire de La Règle du jeu, la revue de BHL, m'accusa ni plus ni moins d'être un suppôt du régime. Moi qui, pratiquement dans le désert depuis plus de 20 ans, reprochait à Hafez puis à son rejeton les massacres commis en masse à Hama ou ailleurs dans l'indifférence la plus totale d'un journal du soir qui à l'époque disait officiellement et le bien et le mal…

Mais pour autant, et alors même que quoi qu'il arrive désormais, la Syrie est condamnée à tout jamais à être divisée, est-on tenu de délivrer un chèque en blanc à la radicalité chiite, à l'Iran obscurantiste des mollahs et au Hezbollah terroriste ? Mes amis de droite me serinent encore que Churchill, pourtant anticommuniste de bon aloi, avait bien dû choisir Staline plutôt que Hitler. C'est vrai, et il avait eu raison. Sauf que.

Sauf que c'était après avoir vainement bataillé contre les pacifistes irréalistes britanniques qui avaient refusé de s'armer contre Hitler.

Sauf que Staline, au moment du choix churchillien déchirant, était infiniment moins puissant que Hitler. Dans notre présente espèce, l'État iranien et le Hezbollah sont infiniment plus puissants que le pseudo État islamique sur le recul et non présent à Alep.
Sauf que, après Stalingrad, et contrairement à la crédulité (déjà) de son allié américain, Churchill commençait à envisager Staline avec une méfiance redoublée.

Une offre politique entre le mauvais et le mauvais

À présent que l'organisation État islamique recule partout, il est temps de regarder avec une égale méfiance la radicalité islamiste chiite. Je l'ai dit, je me fais peu d'illusions sur mes chances d'être entendu. D'autant plus que l'on dira que mes sympathies pour Israël ne sont pas pour rien dans l'envoi de cette bouteille en Méditerranée.

Et on aura parfaitement raison. On voudra bien pardonner effectivement le fait que le régime de Téhéran – qui fait graver sur ses missiles balistiques, dans l'indifférence absolue du monde, « Israël doit être détruit » – ne m'inspire pas une sympathie ou une confiance illimitée. Mais lorsqu'on s'intéresse de près au drame du Proche-Orient, il n'est pas impossible d'avoir quelques intuitions d'ores et déjà confirmées pour partie.

Même s'il est antipathique et cruel de le faire observer : l'offre politique au sein du monde arabo-islamique est encore aujourd'hui entre le mauvais et le mauvais. Raison pour laquelle je n'ai jamais cru au printemps arabe, contrairement à tous les bons esprits qui m'accablaient alors et parlent avec la même assurance aujourd'hui.
Qu'il me soit enfin et surtout permis, avec une immense amertume, de constater que les défenseurs autoproclamés des droits de l'homme, ceux que j'appelle les islamo-gauchistes, qui étaient descendus en masse dans les rues de Paris pour crier leur haine d'Israël – quand ce n'était pas des juifs – sous le prétexte de la guerre à Gaza déclenchée par le Hamas, se sont mis aux abonnés absents durant toute la durée du grand massacre.

Deux poids, deux mesures

Que l'on s'en souvienne: Quand les Arabes sont massacrés par des Arabes, quand des musulmans sont massacrés par d'autres musulmans et non par des Occidentaux chrétiens ou juifs, ils ne méritent pas qu'on mette le nez dehors.

Il y a quatre ans, l'ensemble des journaux télévisés ouvraient systématiquement sur le conflit israélo-palestinien, il est vrai qu'il était plus sûr pour un journaliste d'être présent à Gaza – dès lors qu'il était docile à l'égard du Hamas – plutôt qu'à Alep. Dans ce cadre médiatique et intellectuel déjà bien psychologiquement balisé, les diplomates, les politiques, l'ONU n'entendaient précisément regarder le conflit que sous un angle prétendument purement moral… Et pourtant…, les missiles islamistes partaient de Gaza, les boucliers humains existaient déjà à Gaza, et les frappes chirurgicales israéliennes ne visaient pas les hôpitaux. Pour imparfaites, elles étaient autrement moins meurtrières et bouchères que celles du camp Assad et de ses alliés.

Je prends date, vous dis-je.

Il est des jours où la morale rejoint le droit et l'intérêt. Même un point de vue tristement et dramatiquement réaliste ne saurait nous faire abandonner ces enfants d'Alep qui sont aussi les nôtres.

 
Gilles-William Goldnadel est un avocat franco-israélien, président de l'Association France-Israël.

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 10:36

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr

http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/12/05/31001-20161205ARTFIG00188-hollande-cambadelis-et-royal-a-cuba-le-naufrage-du-parti-socialiste.php
 

 

Publié le 05/12/2016

Hollande, Cambadélis et Royal à Cuba: Le naufrage du Parti socialiste
 
FIGAROVOX/CHRONIQUE - Le patron du PS a remis en cause toute la stratégie du quinquennat en cours, estimant comme Martine Aubry que le président avait été «flou». Pour Gilles-William Goldnadel, François Hollande ne peut être tenu comme seul responsable de l'échec de la gauche.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

 
Rarement à court d'un argument baroque, Jean-Christophe Cambadélis nous a livré ce dimanche sur RTL son explication définitive sur l'impopularité de François Hollande.

Le premier secrétaire du Parti Socialiste va chercher loin derrière les causes de la déconvenue. Il se fait historien. Il rappelle que Martine Aubry qualifiait le programme de François Hollande de «flou».
«Elle avait raison et je n'ai pas compris que les gens qui étaient en accord avec elle (Arnaud Montebourg ndlr) ne l'aient pas soutenue au deuxième tour. Et à partir de là s'est composé un gouvernement où il y avait deux lignes, d'où les couacs, les cacophonies

Vous avez bien lu: M. Cambadélis remet ainsi en cause toute la stratégie développée par le président de la république au cours de son quinquennat. Peut-être aurait-il été bien inspiré de nous faire part de ses vues avant une déconvenue publique qu'il est autorisé de trouver tristement pitoyable, même lorsqu'on a le coeur à droite.

Et si on allait chercher des ingrédients moins indigestes dans le pot de déconfiture ?
Tous ne sont pas à placer uniquement au débit du président décevant, mais aussi à un système médiatique ultra-critique et systématiquement négativiste envers les politiques. A fortiori lorsqu'ils ne font pas le poids requis.

L'homme Hollande est ce qu'il est. Intelligent mais avant tout madré. Sympathique plutôt que gentil. Un physique trop normal, encore que quelquefois, révérence gardée, un peu ahuri sur la photographie.
Un caractère aussi à l'indécision trop anormale.

Les artistes pétitionnaires du JDD, contempteurs de ce qu'on a appelé le «Hollande bashing», l'avaient oublié, mais ce qui n'était pas qu'un phénomène imaginaire, avait succédé à un «Sarkozy bashing» peut-être encore plus extravagant dans lequel l'ancien chef d'État était accusé régulièrement de tenir entre ses mains la presse et d'être une manière de fasciste.
Le monde médiatique serait bien inspiré de penser avec humilité que la perte de crédibilité dont il souffre dans le public puise partie de ses raisons dans l'exaspération qu'il suscite devant son sentiment de supériorité morale à l'égard des autres acteurs de la société, en ce compris les politiciens.


À cet égard, il était quelque peu piquant de voir les deux journalistes auteurs d'un livre au titre assassin venir plaindre un peu tard l'homme un peu trop bavard. Lorsqu'on lit l'ouvrage qui porta l'estocade, le plus pathétique est d'y apprendre que le confident incontinent escomptait beaucoup de celui-ci.


Étrange époque transparente donc impudique, où les oreilles ont remplacé les murs, et où il n'existe plus de secret, ni d'alcôve, ni d'État.

Quoi qu'il en soit, et pour reprendre au passage la combien tardive critique Cambadélis sur le programme Hollande, il apparaissait clairement à ceux qui avaient des yeux que le candidat «normal» n'avait ni la taille de l'emploi ni les moyens de ses promesses.

Et pourtant il fut élu. Sans insulter le scrutin démocratique, il faut bien constater que souvent le citoyen électeur à une conduite sadomasochiste. Il adore chasser du lit royal le souverain qui l'occupe pour y mettre à sa place un nouvel amant plein de promesses auxquelles il feint de croire, pour avoir l'étrange plaisir quelques moments plus tard de se dire cornard.
En conséquence, et pour être en la circonstance, ni populiste, ni démagogue, la faute première d'avoir élu le premier des Français incombe à ces derniers.
Ayant donc plaidé quelque peu à décharge mais sans conviction, vient le réquisitoire sans excès de passion.

Laissons de côté un bilan économique et social assez calamiteux.
Le fiscalisme idéologique aura définitivement terrassé la compétitivité des entreprises avec ses conséquences sur l'emploi. Toutes les tentatives ultérieures d'y remédier en jouant petit bras auront été autant de cautères sur une jambe de bois.
Mais c'est évidemment l'affaire Léonarda qui aura définitivement cloué justement le tergiversant sur la croix.

Jamais autant que ce jour là les Français n'avaient pu constater, avec autant d'effroi, à la fois l'arrogance d'une certaine immigration illégale et forcée à l'égard de la France, et à la fois la faiblesse insigne et obséquieuse du représentant suprême de la gauche morale à l'égard de celle-ci.

Les Français avaient bien compris que c'était moins par charité mal ordonnée que par soumission à une idéologie que j'oserais nommer «altérophile», bien en cour à gauche, que le président s'était couché devant une jeune fille ingrate.

Le fait que dans ses confidences du soir à ses deux visiteurs, il ait décrit l'immigration massive comme invasive et insupportable et l'islam comme inquiétant constitue a posteriori une circonstance aggravante.

Un président ne devrait pas faire ça lorsqu'il dit tout bas comme le gros de son peuple.
M. Cambadélis devrait bien se faire à la réalité: qu'il n'aille pas chercher l'explication trop loin. Les gens de ce pays ne supportent plus sa gauche. Moins pour des raisons économiques il est vrai, que pour des raisons sociétales et culturelles.

La réaction dont le président définitivement sortant est la victime est profonde dans ses causes et épidermique et urticante dans ses effets.
Et ce n'est pas l'extravagant discours de Mme Royal, rendant un hommage appuyé au régime castriste qui mettra du baume sur la plaie irritée.

La semaine dernière, dans ces mêmes colonnes, je faisais un sort aux sorties du secrétaire général du PCF, de Mme Clémentine Autain, féministe radicale mais adoratrice des barbus de tous poils, et de Jean-Luc Mélenchon, conservateur officiel du souvenir de Maximilien Robespierre.

Que les marxistes invétérés célèbrent un dictateur du prolétariat fantasmé est une chose, que la numéro trois du gouvernement les imite idéologiquement servilement, en dit long sur l'état intellectuel et mental de la gauche morale.
En bonne antifasciste, elle aurait évidemment poussé le cri Hitler! si les autrichiens avaient choisi Hofer.

Voilà ce qui désormais irrite les Français.

François Hollande aura désormais tout le loisir d'expliquer cela à M. Cambadélis et à son ancienne compagne. À voix basse.

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 16:23

PARU SUR LE SITE www.valeursactuelles.com

http://www.valeursactuelles.com/politique/goldnadel-lhommage-indecent-de-segolene-royal-castro-46178

5 décembre 2016

Tribune. Chaque semaine, Gilles-William Goldnadel propose aux lecteurs de Valeurs actuelles son regard sur l'actualité.

L'hommage indécent de Ségolène Royal à Castro

On peut gloser longtemps sur les causes de la déconfiture assez pitoyable - au sens littéral - de François Hollande.

L'une des plus puissantes, au-delà du manque de carrure d'un homme trop normal et de l'indécision trop anormale de son caractère, repose sur l'exaspération populaire grandissante qu'inspire désormais la gauche française. Et l'hommage vibrant rendu hier dimanche par Ségolène Royal, à la Havane, au bilan de Fidel Castro - rejetant dédaigneusement les accusations de violation des droits de l'homme - ne fera rien pour calmer une irritation devenue urticante.

Que la semaine dernière, Pierre Laurent, petit timonier du PCF, Clémentine Autain, féministe mais adoratrice de barbus de tous poils, ou Maximilien Mélenchon, chaveziste estampillé, se soient incliné devant la mémoire du dictateur de La Havane reste dans le triste ordre gauchisant des choses. Mais que l'une des incarnations les plus emblématiques de la gauche morale et moderne ait pu les contrefaire, montre à quel point encore les socialistes demeurent, envers et contre tout, à la remorque idéologique de la radicalité marxiste.

Il est inutile d'indiquer à Mme Ségolène, qu'ainsi que je l'écrivais la semaine dernière dans le Figaro, Castro n'était pas seulement un dictateur, mais aussi un boucher et un équarrisseur. Elle s'en moque royalement. Elle aurait tout de même été bien inspirée de consulter l'article du Wall Street Journal du 30 décembre 2005. Cela aurait pu  tempérer sa très pieuse homélie. Elle y aurait appris que le 27 mai 1966, 3,5 litres de sang par personne furent médicalement ponctionnés sur 166 détenus par décision personnelle de Fidel Castro, puis vendus au Vietnam communiste au prix de 100$ le litre. Après la prise de sang, 866 condamnés furent emmenés sur des brancards et assassinés froidement. Un anti-communiste primaire aurait parlé de vampirisme plutôt que de socialisme révolutionnaire.

Notre numéro trois du gouvernement, qui exige des preuves avant que d'écorner la mémoire de son héros humaniste, aurait dû également prendre connaissance du livre « Cuba, une révolution » de l'historien Miguel A. Faria, ou des articles de Jacobo Machover, le célèbre dissident. Elle y aurait appris que selon les estimations les plus crédibles 40 000 personnes ont été assassinées pour raisons politiques depuis la prise de pouvoir par Castro en 1959. Elle qui exige des preuves, aurait pu également s'entretenir avec Christophe Deloire, président de Reporters Sans Frontières, qui rappelait la semaine dernière que Cuba occupe la 171ème place (sur 180) au classement mondial de la liberté de la presse.

Si je m'appelais Royal, je prendrais  exemple sur l'actuel souverain républicain, j'éviterais de me présenter à nouveau devant les électeurs. Bien entendu, Mme Royal, en pâmoison devant Fidel, aurait crié au nazisme devant l'élection démocratique de Mr Hofer à la présidence autrichienne.

C'est beau l'antifascisme de la gauche morale.

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 14:29

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/11/28/31002-20161128ARTFIG00157-mort-de-fidel-castro-l-anticommunisme-est-un-humanisme-sauf-en-france.php

Publié le 28/11/2016


Mort de Fidel Castro :
l'anticommunisme est un humanisme, sauf en France !

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Le «lider Maximo» est mort ce 25 novembre. Pour Gilles-Willes Goldnadel, au pays de Georges Marchais, le procès du communisme reste à instruire, comme en témoignent les éloges funèbres prononcés en hommage au boucher de La Havane.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.



Ce n'est pas la première fois qu'ils nous font cette mauvaise farce. C'est toujours la même chose, on la croit morte. On se dit que cette fois ils ont compris. Qu'ils ne recommenceront pas. La sotte grandiloquence. Les hommages obscènes. Le déni de la réalité. Eh bien, non, ils ont recommencé.
Ils ont pleuré Castro. Même la soeur, Juanita, n'ira pas à l'enterrement de son frère: «il a transformé l'île en une énorme prison entourée d'eau». Mais certains, en France sont plus fraternels envers Fidel que la soeur du geôlier.

Avant que de tenter d'expliquer l'inexplicable, un bref rappel de la réalité minimisée. Castro n'était pas seulement qu'un dictateur sud-américain. C'était un boucher et un équarisseur. Il ne s'est pas contenté de torturer et d'exécuter ses opposants, il a vendu leur sang, comme le rappelait le Wall Street Journal dans un article du 30 décembre 2005: Le 27 mai 1966, 3,5 litres de sang par personne furent médicalement ponctionnés sur 166 détenus par décision de Fidel Castro et vendus au Vietnam communiste au prix de 100 $ le litre. Après la prise de sang, 866 condamnés, en état d'anémie cérébrale, paralysés et inconscients, furent emmenés sur des brancards et assassinés.

Miguel A. Faria dans Cuba, une révolution écrit à la page 415 de son livre: «Depuis que Fidel Castro a pris le contrôle de l'île en 1959, les estimations les plus crédibles précisent que de 30 000 à 40 000 personnes ont été exécutées par le peloton d'exécution ou dans les geôles cubaines.»

Dès les premiers jours de la révolution, Castro ordonna des exécutions sommaires dans le but d'établir une culture de la peur qui annihila rapidement toute résistance. Les révolutionnaires d'opérette qui le soutiennent en France lui pardonnent avec indulgence ses exactions en même temps qu'ils maudissent ordinairement la peine de mort appliquée aux assassins de droit commun. Ils passent volontiers sous silence que dans les décennies suivantes, Castro s'assura de la soumission de son peuple en prolongeant l'État de terreur.

Profitons du deuil cruel qui frappe la galaxie communiste et ses compagnons pour régler aussi son compte à celui dont l'icône christique ornait les thurnes estudiantines des seventies et encore de nos jours les T-shirts de quelques attardés. Che Guevara avant que de faire le guérillero en Bolivie, dirigeait dès 1959 la sinistre prison de la Cabana, où il avait acquis le tendre sobriquet de «carnicerito» (le petit boucher). Selon Stéphane Courtois, auteur du Livre noir du communisme, ladite prison était un lieu où la torture et les mutilations étaient quotidiennes. Selon Archiva Cuba, une association basée dans le New Jersey, et qui s'est donné comme mission de documenter les crimes de Castro, en 1959, à la Cabana, au moins 151 personnes innocentes furent assassinées.

Parmi les 94 enfants dont on a pu établir la mort, 22 ont été exécutés par les escadrons de l'idole de l'extrême gauchisme.

Quant à la situation actuelle, et sans même évoquer la faillite économique, Christophe Deloire, président de Reporters Sans Frontières, rappelait samedi que Cuba demeurait au 171ème rang (sur 180) au classement mondial de la liberté de la presse.

Ils ont pleuré Castro. Je ne parle pas des communistes. De Pierre Laurent, fils de Paul: «l'artisan de l'une des plus importantes révolutions initiées au XXe siècle… La démonstration de la possibilité de bâtir une société juste et souveraine pour tous les peuples».

Je ne parle pas de notre Président de la République actuel, tout content d'avoir imaginé effleurer l'Histoire en touchant un vieillard et dont les euphémismes dégoûtants dans son hommage funeste: «manquements aux droits de l'homme… désillusions» montrent à quel point les socialistes évaporés n'ont pas totalement coupé le cordon ombilical ensanglanté.

Je parle des compagnons de déroute, je parle des camarades de carnaval: Christiane Taubira, jamais économe d'une hyperbole: «le dernier géant du XXe siècle…». Je parle de Clémentine Autain, invitée gentiment sur France Inter dimanche matin pour admonester ceux qui fêtent Kissinger mais cognent sur Castro et qui mériterait d'être engagée comme humoriste de la radio active de service public pour ce tweet mémorable et émouvant: «à Fidel Castro, pour la révolution cubaine, la résistance à l'impérialisme U.S, l'expérience «socialiste» d'un autre siècle. Hasta siempre !»

Je parle enfin de Jean-Luc Mélenchon, dont Onfray disait samedi au Point qu'il avait «fumé la moquette», en tous les cas un havane hallucinogène, en écrivant ce twitt halluciné: «Fidel ! Fidel ! Mais qu'est-ce qui s'est passé avec Fidel ? Demain était une promesse. Fidèle ! Fidel ! L'épée de Bolivar marche dans le ciel.»

Je conseille encore à tous ceux qui ne l'aurait pas regardé, de visionner l'hommage du futur candidat fraîchement adoubé par les communistes à la rapière envolée dans les cieux: Samedi matin, à l'ambassade de Cuba. Une homélie larmoyante. C'est sans doute lors d'un même petit matin blafard de 1953, que des staliniens aux yeux rougis rendirent hommage au petit père des peuples qui attend aujourd'hui son fidèle suivant.
J'imagine déjà certains scandalisés par cette dernière ligne.

Le scandale habite ailleurs. Il demeure dans le fait que, précisément, il n'y ait pas scandale quand ces hommages publics au boucher de La Havane sont rendus par des personnes publiques qui ont pignon sur rue.

Et l'explication vient. D'abord l'anti-occidentalisme pathologique, dans sa version antiaméricaine. Tout fut pardonné à Fidel au nom de la lutte sacrée contre l'impérialisme yankee. Tout, y compris le massacre et la mise au pas de son peuple. Mais cette anti occidentalisme radical n'est pas seulement politique, il est aussi racial.

Qu'on me permette de me citer dans mes Réflexions sur la question blanche (2011): «Il faut se faire à la déraison: un sombre salaud cubain, vénézuélien, bolivien ou mexicain basané, qui sait ? mâtiné d'indien, ne sera jamais aussi honni qu'un bon vieux salaud chilien tel que Pinochet, poursuivi jusqu'au bord du tombeau, et que Sartre charriait pour «sa gueule de salaud latin» classique, à la Franco.».

Ensuite et surtout en raison du fait que le procès du communisme reste à instruire en France. Il s'agit d'une triste spécificité française.

Il n'y a qu'en France que les archives du KGB n'aient pas été exploitées, après l'effondrement de l'URSS, ce dont se désolait ma chère Annie Kriegel. Même dans l'Italie si communisante du compromis historique, les archives ont parlé, et l'on sait quel compagnon de route ou quel journaliste émargeait au budget soviétique. Il n'y a qu'en France où des syndicats politisés peuvent reconnaître leurs liens avec le PC sans être pour autant démonétisés. Il n'y a qu'en France où le parti communiste peut encore oser s'appeler par son nom et s'affubler d'un marteau et d'une faucille. Il n'y a qu'en France où des artistes sentencieux peuvent se produire à la fête du journal de l'organe central du parti communiste sans risquer la sentence. Il n'y a qu'en France où le parti de la gauche morale peut s'allier électoralement avec un parti communiste sans rougir ni être déconsidéré.

Car c'est en France encore que ceux qui ont combattu extrêmement le communisme et ses épigones d'extrême-gauche ont été médiatiquement rangés dans le ghetto de l'extrême droite.
Ce fut notamment le sort de Stéphane Courtois, qui faillit connaître la mort civile pour avoir écrit Le livre noir du communisme.

Pour avoir eu le courage suicidaire d'estimer à 100 millions le nombre d'êtres humains assassinés pour imposer le communisme. Paul Kangor dans The Communist estime que le livre de Courtois est largement en dessous de la réalité. Courtois évaluait à 20 millions les crimes de Staline, mais Alexandre Yakovlev , adjoint de Gorbatchev, cité par Kangor, estime le carnage entre 60 et 70 millions d'humains.
L'anticommunisme est un humanisme.

Post-scriptum citoyen: Dimanche à 13h sur TF1, on pouvait voir les cubains réfugiés en Floride, ces anciens boat-people, fêter la mort du dictateur. Pas sur la chaîne de service public France 2 à la même heure. Seulement des cubains éplorés. Pour ceux qui, comme moi, n'arrivent pas à accepter, comme un fléau naturel, la mainmise de l'idéologie sur le bien indivis des citoyens payant la redevance, je signale la naissance du «Collectif des usagers du service public audiovisuel» (contact@collectif-uspa.fr).

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 15:29

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/11/22/31001-20161122ARTFIG00162-accusations-d-antisemitisme-dans-l-equipe-trump-elles-font-pschitt.php


Publié le 22/11/2016

Accusations d'antisémitisme dans l'équipe Trump : elles font pschitt !

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Stephen Bannon, conseiller de Trump, est accusé d'antisémitisme. Pour Gilles-William Goldnadel, «la machine à excommunier du camp du Bien a repris du service religieux» sauf quand il s'agit de dénoncer la «judéophobie» de l'islamo-gauchisme.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.
 
L'instinct. Une sorte d'intuition. À moins qu'il ne s'agisse d'un réflexe conditionné par l'expérience acquise. Lorsque j'ai lu et entendu les premières accusations d'antisémitisme répandues planétairement sur Stephen Bannon, conseiller principal de Donald Trump, aussitôt une alerte s'est allumée à l'intérieur d'un cerveau devenu rétif à accepter sans vérification approfondie les informations diabolisantes qui font plaisir à ce camp du Bien qui fait tant de mal.
 
Le mérite de cette intuition prémonitoire doit être relativisé au regard de ce que le traitement particulier d'ores et déjà réservé au président élu était de nature à placer même les plus candides sur le chemin de la circonspection: manifestations de rue encolérées, incantations rageuses, séances collectives d'exorcisme, scènes de déploration publique avec allumage de bougies compassionnelles.

Tout était déjà en place pour que les passions de la déraison dispensent les contempteurs de l'élu des racistes et des analphabètes de la charge de la preuve d'une culpabilité inhérente à son être méprisable par essence.

Par ces indignés, l'élu indigne était immédiatement placé devant une alternative diabolique: soit il maintenait son programme satanique et il était Belzébuth, soit il mettait de l'eau dans son whisky, et à l'égard de ses électeurs bornés et bernés, il devenait Judas.

C'est donc dans ce cadre, rien moins que bienveillant et rationnel, que j'examinais le dossier de l'antijuif présumé Bannon avec toute la prudence désormais requise. Et comme je le pressentais, celui-ci est d'un vide sidérant et sidéral.

Pour un examen documenté, je conseille aux lecteurs sceptiques de mon scepticisme, la lecture édifiante de l'excellent article d'Hélène Keller-Lind sur le site judaïque desinfo.com.

À la seule charge du conseiller taxé de judéophobie: les accusations de son ancienne épouse avec laquelle il est mal divorcé et qui prétend qu'il n'aurait pas voulu mettre leurs enfants dans une école fréquentée par des juifs. On m'accordera qu'on a déjà vu des anciens conjoints animés davantage par l'animosité que par le désir de servir la vérité.

Ainsi qu'une accusation péremptoire et gratuite du sénateur démocrate Harry Reid, très engagé dans la bataille électorale perdue, et décrivant l'accusé comme un raciste antisémite.

On m'accordera encore que c'est peu pour noyer son chien de républicain accusé d'antisémitisme rabique.

La lecture du journal Le Monde apporte un nouvel élément censé sans doute définitivement confondre l'individu: il aurait traité Untel de «juif renégat». L'expérience acquise m'autorise à indiquer qu'une telle expression, certainement peu aimable, est davantage utilisée par les juifs que par les gentils pour reprocher à leur congénère ainsi invectivé, non pas d'être trop juif mais de ne pas l'être assez.
On a donc déjà vu reproche plus antisémite.

Force est donc de constater que le procès diligenté par les gauches américaine et française à l'encontre de Mr Bannon est bien mal engagé. Je ne saurais trop recommander à ces vigies toujours aussi vigilantes des deux côtés de l'Atlantique de surveiller la marée montante et déferlante islamique et gauchiste. Les dossiers sont autrement moins vides. Mais curieusement ces vigies s'obstinent à leur tourner le dos.

Certes, certaines organisations juives américaines, déçues car très engagées derrière la candidate déchue, n'ont pas été les dernières à reprendre avec légèreté mais entrain les accusations précitées.

L'auteur de ces lignes n'est malheureusement pas le plus mal placé pour confirmer que de l'autre versant de l'océan aussi, une bonne partie de la communauté juive française organisée n'avait pas hésité à se fourvoyer de pareille manière en négligeant une judéophobie islamo-gauchiste autrement plus concrète.

On connaît la triste suite pour la sécurité et la dignité de ses membres égarés par de mauvais bergers.
Une décade après l'élection de Donald Trump, la presse américaine bigote, sortie de son état de sidération et de ses rares mea culpa récités sans la foi, a retrouvé le camp du Bien et retrouvé ses anciennes pratiques.

La machine à excommunier a repris du service religieux. Il va falloir s'habituer à tous ses pieux mensonges pour extirper le démon du corps de la bête haïssable.
La démonologie, partie pour quinze jours, est déjà de retour.

Ils voudront lire à tout prix le chiffre de Satan sur sa nuque détestable.
Dieu que je leur en veux de m'obliger à défendre et de rendre sympathique un mirobolant mirifique.

 

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 19:36

http://www.causeur.fr/conflit-israelo-palestinien-le-csa-recadre-france-inter-41184.html

Conflit israélo-palestinien: Le CSA recadre France Inter

Les sermonneurs sermonnés - par G.W. Goldnadel

Publié dans Causeur le 20 novembre 2016


J'ai toujours développé l'idée que dans le cadre du conflit israélo-palestinien, la désinformation la plus sinueuse et insidieuse portait davantage sur ce qui n'était pas dit que sur ce qui l'était.
Que le mensonge par omission était le plus dangereux.

Que le manque d'esprit critique à l'égard des outrances de la partie palestinienne n'avait d'égal  que la focalisation abrasive et corrosive sur les fautes israéliennes.

Que, quel que soit le regard que l’on porte sur les implantations juives et controversées dans les territoires, l'irrédentisme et la violence mortifère palestinienne les avaient précédées et n’avaient pas cessé.
C'est un concentré de tout cela qui explique la dernière désinformation commise par la radio active de service public, qu'Avocats Sans Frontières et France-Israël ont dénoncée et que le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) vient de confirmer.

Rappel du contexte: Fin juin 2016 une petite Israélienne habitant avec ses parents dans une implantation, est poignardée à mort dans son lit par un terroriste. Le 2 juillet à 13h, le correspondant de France Inter en Israël dit l'émotion que l'assassinat suscite dans le pays.

Pour faire bonne mesure, il indique dans un reportage que le Quartette du Proche-Orient vient de condamner Israël « pour sa politique de colonisation ».

Un auditeur, fut-il peu prévenu contre Israël, est en conséquence invité à en tirer la conclusion réflexe que c'est sans doute triste qu'une enfant juive ait été assassinée de cette atroce manière, mais que la responsabilité politique de ce geste irresponsable est à porter à l'unique débit du gouvernement de l'État juif.
Il se trouve que, pour une fois, les diplomates du Quartette avaient tenu à être moins unilatéraux dans leur jugement, et qu'ils avaient symétriquement condamné les Palestiniens pour leur encouragement à la violence. La chose était tellement insolite que de nombreux journaux l'avaient souligné sans forcément s'en réjouir avec enthousiasme.

Le CSA, dans sa décision signifiée le 2 novembre, a donc considéré que la radio avait «manqué de rigueur dans la présentation et le traitement de l'information ». Il en a donc sermonné les responsables de cette station souvent si sermonneuse.
Il est à noter que la haute autorité a considéré que le journaliste oublieux et inéquitable n'avait pas été expressément « malhonnête ».

Personnellement, je partage cet avis. C'est à la fois moins grave et pire. Étienne Monin, puisqu'il s'agit de lui, ne manifeste pas d'hostilité agressive à l'égard de la partie israélienne, ce n'est pas un militant encarté. Et, pour l'avoir connu quand il était chargé de la rubrique judiciaire, je le crois assez honnête homme.

Il a, simplement, et comme beaucoup d'autres avant lui, baigné dans ce «palestinisme» islamo-gauchisant qui règne médiatiquement depuis quatre décennies. Indulgence aveugle extrême d'un côté, esprit critique acéré et vétilleux de l’autre. Depuis: le réflexe avant la réflexion.

Je n'en dirais pas autant du correspondant de RFI, Nicolas Ropert, dans la même région. Un exemple risible et emblématique: un militant islamiste poste sur Twitter la photo de l’auteur en train de dîner en compagnie du Premier ministre israélien. Doux gazouillis de l'internaute pas franchement philosémite: « aux côtés du plus grand boucher d’Israhell ! ». Gentil cœur approbatif du journaliste de service public tenu théoriquement à la neutralité et la modération.

On comprend un peu mieux ensuite l'étrange teneur de ses billets…
Pour autant qu'ils souhaitent vraiment améliorer la rigueur de l’information sur le service public audiovisuel, Radio France et le CSA ont du pain noir sur la planche.

C'est fatigant de faire le travail pour eux et de passer pour des grincheux.

 

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 17:19

Billet

ACTUALITE JUIVE - N° 1411 – Jeudi 17 novembre 2016
 
Pas un mot, pas une lettre...

Il y a plusieurs manières de tenter de comprendre les bouleversements intellectuels et politiques en cours. La couche tectonique de l'opinion publique tremble sur sa base populaire.

L'une des manières d’aborder cette question sismique est de la gravir par la face médiatique. Nous ne ferons, dans ces colonnes communautaires, par la pente affinitaire, donc juive et israélienne.

Pour le dire abruptement, l’imposture antiraciste ne fait plus recette et n’impressionne plus personne. Prenons pour triste exemple le journal Le Monde: il incarnait encore il y a une décennie, le sommet de l’intelligence française. Ses édits, ses arrêts de condamnation empêchaient de dormir les malheureux accusés. Un éditorial sourcilleux pouvait conduire le condamné à la mort civile. Sévère envers Israël, il se targuait cependant d’être vigilant et intransigeant contre l’antisémitisme. Il n’est plus ni l'un ni l'autre, et ses décrets et ses injonctions antiracistes n’impressionnent plus personne. Et n'empêchent plus de dormir.

Lorsque le quotidien vespéral présente, avec empathie, Marwan Mohammed, président du CCIF, pourfendeur tous azimuts de l'islamophobie et qui ne chasse pas le songe d'une France musulmane dans 30 ans, comme le « porte-voix des musulmans de France », il ne passe certainement plus pour un journal sérieux et intelligent.

Et en matière d'antiracisme véritable, comment peut-il ensuite critiquer l’amalgame dénoncé obsessionnellement par lui, entre musulmans et islamistes ?

Toujours dans le Monde un article du 11 novembre vantait l’initiative insolite de porter une épingle à nourrice comme signe de ralliement  antiraciste.

Le moins que l'on puisse écrire est qu’en ce qui concerne la lutte contre la judéophobie, le journal ne risque pas de se piquer.

Pas un mot, pas une lettre de protestation, sinon des commentaires ambigus, lorsque l'État juif, et lui seul, fait l'objet d’un boycott illicite. Pas un mot, pas une lettre de protestation, lorsque des municipalités communistes font citoyens d’honneur de leur ville des terroristes tueurs de juifs.

Pas un mot, pas une lettre de protestation, lorsque l'Iran inscrit « Israël doit être détruit » sur ses missiles balistiques.

Pas un mot, pas une lettre de protestation, lorsqu'un ancien ministre iranien est désormais visé par un mandat d'arrêt international émis par la justice argentine ensuite d’un attentat contre le centre communautaire juif de Buenos Aires ayant fait 85 morts.

Pas un mot, pas une lettre de protestation, lorsque le président « modéré » de l’Autorité Palestinienne félicite les jeunes « martyrs » pour leurs attaques terroristes « pour protéger la mosquée de Jérusalem ».

Pas un mot, pas une lettre de protestation, lorsque l'organisation internationale incarnant la protection de l’histoire de la culture, basculant dans la folie, nie effrontément tout lien entre le peuple juif et La Cité de Jérusalem.

Le silence de plomb. Sidéral sidérant. Le déni et le reniement. L'abandon.

Le pire – ou le meilleur – est que ce silence ne pèse plus grand-chose.

L'antiracisme de pacotille, sélectif et obsessif, ne manque pas et ne terrorise plus.

Les peuples n'ont plus honte de vouloir survivre aux calomnies du faux antiracisme comme au terrorisme du réel racisme. À commencer par le peuple juif.

Un dernier mot: Donald Trump a triomphé. La communauté juive avait voté massivement contre lui. En France, une partie de cette communauté continue de croire dans le discours faussement antiraciste. C'est ce conformisme obtus qui a autorisé la gauche à abandonner Israël et les juifs. Il n’est pas trop tard pour le lui faire reproche.

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 11:03

 
Vous trouverez en attaché une interview
parue dans le magazine Causeur de novembre 2016
(ci-dessous en format PDF)

 
"GILLES-WILLIAM GOLDNADEL :
Sur France Inter le pluralisme va de la gauche à l'extrême gauche"
 

Propos recueillis par Elisabeth Levy
Paru dans le magazine Causeur de novembre 2016
 

 

"GILLES-WILLIAM GOLDNADEL : Sur France Inter le pluralisme va de la gauche à l'extrême gauche"

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 14:52

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/   

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/11/14/31001-20161114ARTFIG00072-donald-trump-quand-les-electeurs-donnent-des-lecons-aux-donneurs-de-lecon.php

Publié le 14/11/2016  

Donald Trump: Quand les électeurs donnent des leçons aux donneurs de leçon   

FIGAROVOX/CHRONIQUE - L'élection de Donald Trump a étonné les médias américains. Pour Gilles-William Goldnadel, les leçons de morale de l'establishment, en France comme aux États-Unis, sont désormais contre-productives.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

 

 

Les médias conformes sont trop modestes. Au lendemain de l'élection de Donald Trump, un éditorialiste d'une radio française d'État disait «son impuissance». À l'entendre, les journalistes cultivés n'avaient pas été en mesure d'empêcher l'arrivée d'un butor borné.   
 
L'homme, sûr de son intelligence raffinée, se trompait totalement.
Car je soutiens au contraire que de nombreux électeurs, tout aussi raffinés que notre commentateur déprimé, sont venus, pour cause de révolte devant l'expression satisfaite, intolérante, sentencieuse, de médias convenus et unanimes, grossir les rangs de l'électorat populaire promis naturellement au candidat «populiste».
 
Pour le dire autrement, la question se pose de savoir à présent si le matraquage médiatique de la pensée obligatoire n'a pas, aujourd'hui que celle-ci a perdu de son magistère moral et intellectuel, un effet contre-productif sur l'usager qui souffre en silence, mais se revanche ensuite avec d'autant plus de jubilation.
Pour le dire encore autrement, depuis que l'usager possède le décodeur médiatique et que, notamment, l'injonction prétendument antiraciste a perdu de son effet d'intimidation, si le citoyen souffre toujours d'un surmoi social qui lui fait cacher au sondeur ses idées, il craint moins moralement de les exprimer dans l'isoloir.
 
D'où un vote toujours caché. Une mobilisation moins grande du camp faussement majoritaire. Et le résultat final que l'on sait.        
Et compte tenu de la réaction intellectuelle et médiatique au lendemain de l'élection du candidat mirobolant, il y a peu de raisons que cette réaction de révolte change, et ce y compris en France.        
 
Ce qui ne signifie certainement pas que tous les électeurs de Donald Trump apprécient la pensée brute de l'homme décoiffant et ses rudes manières, ou qu'en France tous les électeurs putatifs des candidats dits populistes approuvent entièrement ces derniers.
 
Ceci signifie que la révolte devant la pensée convenue et son expression verrouillée est telle, qu'elle donne envie avant tout à de nombreux électeurs de se donner la joie mauvaise de donner une leçon aux donneurs de leçons. 
Quelques exemples de ce lendemain d'élection illustreront notre propos vengeur.
Les manifestations d'abord des mauvais perdants, qui pleurent, trépignent et allument des bougies. Quand ils ne regrettent pas l'élection démocratique au suffrage universel qui autorise des bouseux incultes à donner leur avis. Bientôt New York et Philadelphie voudront fusionner avec Londres et l'Écosse pour former une république libre et multiculturelle.
 
Les commentaires des commentateurs ensuite qui expliquent tranquillement, que tout compte fait, et après examen du scrutin, ce sont les riches qui ont voté pour le milliardaire.
 
Le portrait du vainqueur brossé par quelques moralistes autoproclamés a de quoi également irriter l'épiderme de quelques hétérosexuels blancs tels que Madame Ernotte voudrait ne plus en voir. Lu ce gazouillis sur Twitter d'une militante écologiste bien connue à propos du triomphant: « Il est blanc. Il est sexiste. Il est raciste. Il est démagogue. Il est con. Il est dangereux. Ils l'ont élu.»
On notera donc le premier défaut chromatique et rédhibitoire reproché au président élu.
 
Effectivement, ce qui caractérise sans doute le plus l'élection américaine - et qui est perçu au moins confusément par les électeurs - est la racialisation à outrance de celle-ci. Ceux qui auront mis en avant obsessionnellement le racisme unilatéral des blancs à l'égard des Noirs et des latinos, dont ils réclamaient le vote unanime, sont mal placés pour s'en plaindre aujourd'hui. Ils auront réussi l'exploit de faire renaître chez l'homme blanc hétérosexuel américain, forcément raciste et sexiste, un sentiment d'appartenance qui lui était jusque-là défendu et la conscience révoltée de l'existence d'un racisme anti blanc alimenté par l'antiracisme sélectif idéologique de la gauche américaine xénophile.
 
Certains, mais un peu tard, commence à s'en apercevoir. C'est ainsi que dans une lettre à ses lecteurs, Arthur O.Sulzberger Jr, l'éditeur du New York Times, quotidien gauchisant sans doute le plus en pointe dans la croisade morale contre le président élu, se sentait dans l'obligation d'écrire au lendemain de la défaite de celle qu'il soutenait radicalement: «Nous entendons nous recentrer sur la mission fondamentale du journalisme du Times et qui consiste à rapporter honnêtement ce qui se passe en Amérique et dans le monde, sans crainte ni faveur.… Désormais le journal va s'efforcer de comprendre toutes les perspectives politiques».
 
Et Michael Goodwin, journaliste au New York Post, d'enfoncer le clou profondément: «Parce que le New York Times a diabolisé Trump du début jusqu'à la fin, il n'a pas été capable de se rendre compte que Trump avait mis la main sur quelque chose de réel. Et parce que le quotidien avait décidé que ceux qui soutiennent Trump étaient des tas de beaufs racistes et homophobes, il n'avait pas la moindre idée de ce qui se passait dans la vie des Américains qui l'ont élu.»

Certains médias français seraient bien inspirés de faire, eux aussi, leur examen de conscience, avec humilité. Ce n'est pas gagné.    
        
Un dernier exemple, en effet, de ce qui pourrait révolter le plus placide des usagers des médias hexagonaux: Entendu ce samedi matin ce billet sur la radio active de service public.
 
De la bouche d'un incertain «humoriste», un certain Pablo Mira:
«Trump c'est le candidat qui redonne aux Américains l'espoir, l'espoir qu'il soit assassiné avant son investiture»…       
 
On dira évidemment que c'est de l'humour bête et méchant.
Le problème, à la radio d'État, c'est que tous les humoristes ont le sourire qui penche vers le même coin. Leurs plaisanteries sont à sens unique obligatoire. Ils ne viendraient pas plaisanter en souhaitant l'assassinat de Barack Obama ou de Christiane Taubira.    
 
On a beau être vache. Il y a des vaches sacrées.    
 
Or, lorsque l'humour est unilatéral, ce n'est plus de l'humour total. Lorsqu'on souhaite en riant l'assassinat d'un homme que l'on déteste parce qu'on doit le détester parce qu'il est détestable, ce n'est plus de la plaisanterie. C'est du défoulement collectif et connivent.
 
Et sans risque, puisque rient tous en chœur, les bons qui ont bon cœur.
Il se trouve qu'il existe des deux côtés de l'Atlantique des auditeurs électeurs, qui, quand bien même ils ne seraient pas forcément attirés par les blonds ou les blondes, se sentent irrépressiblement démangés par l'envie de moucher les morveux qui jouent les courageux.       

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