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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 15:45

PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/racines-terrorisme-islamiste-francaise-juif-antisemitisme-antisionisme-gilles-william-goldnadel-318152.html

 

La semaine Goldnadel

Publié le 26 mars 2012

 

 

 chalgoumi-bernheim.jpg

"Belles scènes de fraternité sans apprêts, que la main d’un rabbin dans celle, ferme et sure de l’imam Chalgoumi de Drancy, écrasant dans une même poigne, l’islamisme, l’antisémitisme et la haine de la France." Crédit Reuters

 

La semaine Goldnadel

Publié le 26 mars 2012

 

Pourquoi peine-t-on à voir les véritables racines de ce terrorisme islamiste à la française ?


Pourquoi ce dépit exprimé par certains que le tueur de Toulouse n'ait pas été un néo-nazi et pourquoi est-il si difficile de rappeler publiquement que la seule communauté à avoir été visée en tant que telle par Mohamed Merah est la communauté juive ?

Après, c’est comme avant, rien ne change. L’islamisme est la maladie infantile de l’islam, le gauchisme celle du socialisme. Les deux sont très copains et ont des parents permissifs. Inutile de revenir sur la tentative avortée, en raison de la célérité policière, d’avoir lancé une nouvelle fois le leurre néonazi, je l’ai évoqué – y compris dans ces colonnes – on ne tire pas sur une ambulance remplie d’aveugles malentendants.

On se contentera d’évoquer ce journaliste dépité d’apprendre l’identité de l’assassin, «twitter» à un confrère helvétique tout aussi progressiste que lui un : «putain, je suis dégouté, le type est un islamiste, j’aurais tellement préféré que ce soit un facho».

On compatira à sa peine à l’aune de sa réelle compassion à l’égard des victimes.

 

Quand une enseignante rouennaise invite ses élèves à respecter une minute de silence à la mémoire de l’assassin

Mais l’après est tout aussi confondant. Un cœur pur, une âme candide, un Huron débarquant d’une contrée moins peuplée d’idéologues se serait pris à espérer que la vérité révélée dans toute sa crudité aurait dessillé les paupières les plus scellées. Las, les corps des suppliciés à peine ensevelis dedans la terre, que l’inhumaine nature politique reprend ses droits.

C’est ainsi qu’une enseignante rouennaise invite ses élèves à respecter une minute de silence à la mémoire de l’assassin.

C’est moins l’énormité du geste qui accable, à l’heure où plus rien n’étonne, que l’attitude toujours aussi obtuse d’un syndicalisme français que rien ne peut perturber. Telle qu’en l’espèce, la CFDT SGEN qui, plutôt que condamner sans phrases, plaidera le surmenage de la collègue, faute sans doute d’oser invoquer le harcèlement au travail de son administration.

On n’ose imaginer les commentaires, si d’aventure, l’intéressée avait voulu rendre le même hommage posthume à un insensé norvégien. Il est vrai que l’hypothèse est plus hardie statistiquement.

 

Ces réactions de soutien au meurtrier qui inquiètent la police

Le Figaro de ce lundi, rapporte que : « Diverses réactions de soutien au meurtrier inquiètent la police ». Entre autres témoignages, une enseignante d’Argenteuil relate : « Au moment de la minute de silence, à 11 heures, deux élèves de ma classe ont refusé d’y participer, en jetant : je ne vais pas me lever pour des Juifs ! » Le professeur a toutefois fait obtempérer les deux élèves, mais manifeste son inquiétude : « Il faut savoir que régulièrement les débats autour du conflit israélo-palestinien empoisonnent les cours, tous les cours. »

« Beaucoup d’enseignants n’ont pas imposé cette minute de recueillement, souvent par crainte des comportements des élèves, témoigne un autre professeur. Tandis que nous nous taisions, nous entendions le brouhaha des classes voisines. »

François, adolescent de 15 ans scolarisé à Paris, est encore choqué par les propos entendus la semaine passée : « Un élève de ma classe s’est insurgé, expliquant qu’il n’acceptait pas que l’on fasse une minute de silence pour des Juifs et pas pour les morts en Palestine… raconte-t-il. Le professeur a essayé de botter en touche, puis il a lâché : « Enfin, c’étaient des enfants ! » et, là, l’élève a marmonné : « C’est aussi bien qu’ils soient morts ». Le pire, c’est que dans la classe, il n’était pas le seul à penser de cette façon : une dizaine d’élèves ont ricané pendant la minute de silence… »

Manifestation parisienne de SOS-Racisme

On ne s’étonnera pas davantage de la faible participation à la manifestation parisienne d’un SOS-Racisme à la dérive, flanqué de ses affidés juifs et socialistes, aux slogans tellement lénifiants que Richard Prasquier, irréprochable de rectitude lors de cette semaine infernale, se sentira dans l’obligation de les réprouver. Il est vrai, que ce dimanche, le cœur de la France qui se bat était à Toulouse.

Belles scènes de fraternité sans apprêts, que la main d’un rabbin dans celle, ferme et sure de l’imam Chalgoumi de Drancy, écrasant dans une même poigne, l’islamisme, l’antisémitisme et la haine de la France.

 

Quand poser des questions pertinentes confine au mauvais goût

En réalité, et toujours à destination de mon Huron fraichement débarqué sur le pavé idéologique parisien, je lui déconseillerai trois vérités dont j’ai fait, personnellement, la cruelle expérience.

La première, désagréable mais supportable, est de donner le bon diagnostic de la pathologie. La gauche extrême abhorre la spéculation financière, mais elle adore spéculer gratuitement.

Vous pouvez vitupérer l’injuste société. Vous pouvez invectiver le peuple autochtone pour son inhospitalité. Vous pouvez invoquer les moments les plus sombres et convoquer le passé qu’on croyait révolu. Vous pouvez garder toujours l’œil grand ouvert sur un borgne, sa fille, le président de la république ou son ministre de l’Intérieur.

Si vous avez l’inspiration, vous pouvez mettre en cause le réchauffement climatique de la campagne électorale. Mais, gardez-vous d’invoquer le réel ou l’histoire la plus récente du terrorisme sanglant.

Surtout, éviter de nommer le mal avec précision. Vous pouvez, à mot dosé homéopathiquement, oser l’hypothèse d’une génération spontanée, d’une maladie orpheline, surgie du terreau de la misère sociale, mais gardez-vous d’un regard collectif.

En l’espèce, ne suggérez surtout pas qu’il existerait au sein d’une communauté religieuse qu’il ne vous viendrait pas à l’idée de mettre en cause dans sa globalité, une frange problématique par sa radicalité.

Je déconseillerai également de vous interroger sur le point de savoir si l’immigration sans contrôle était, décidément, une chance pour la France.

Enfin, je ne recommande pas non plus de forcer le questionnement sur le point de savoir si certains journalistes ou responsables politiques sont les mieux placés pour s’étonner des manquements à la sécurité, lorsque , systématiquement , ils sont les premiers à s’opposer aux contrôles renforcés ou aux mises en fiches, en invoquant des principes moraux aléatoires qui ont surtout bénéficié aux terroristes.

L’insistance à poser des questions pertinentes confine parfois au mauvais goût.

 

Le tueur avait dans son viseur des juifs

La seconde vérité est encore plus ingrate à énoncer sans péril. D’oser affirmer sans rougir que la seule communauté à avoir été visée en tant que telle est la juive. De le dire non par quelque improbable dolorisme ou esprit de concurrence victimaire, mais tout simplement parce que cela est ainsi et que seul bien nommer les choses est de nature, peut-être à les empêcher de se reproduire sans fin. Qu’au rebours, les mal nommer, comme le disait Camus, est d’ajouter à la souffrance.

Cela n’est pas ainsi, que certains, dans un prétendu souci d’œcuménisme ont entendu communier.

Telle la couverture du Nouvel Observateur, ordinairement peu avare, lorsque les circonstances s’y prêtent, de l’exhibition d’une étoile de David attractive, mais mêlant cette fois, dans une même affliction « juifs, musulmans et antillais ».

En réalité, l’honnête couverture eût été de constater que le tueur avait dans son viseur des juifs, si possible de petite taille, et des militaires français d’origines diverses, en ce compris l’infortuné Yannick, aujourd’hui tétraplégique, et, sans surprise, bien oublié.

Bien sûr, le fait de faire un carton sur des soldats musulmans d’une armée « judéo-croisée » a dû sembler à Mohamed Merah, une perspective souriante. Tant les musulmans français constituent depuis toujours pour les islamistes des cadavres particulièrement exquis.

Le fait que l’admirable Jeannette Bougrab ait été, parmi un personnel politique peu inspiré, celle qui a le mieux parler de l’événement et de ses causes ne doit rien au hasard.

Ce désir d’occulter la dimension juive n’a rien de bien nouveau sous le soleil noir de la souffrance humaine. Il s’agit même d’une lourde tradition historique.

Ainsi, on lira avec profit l’excellent « écrit en septième colonne » de Laura Leaf qui raconte l’histoire d’Arthur Sulzberger, le directeur juif et antisioniste du New York Times, qui par crainte d’être taxé de communautariste, avait donné pour consigne – respectée – aux correspondants européens de son journal de considérer comme « polonaises » les victimes des massacres commis par les nazis.

C’est dans ce contexte intellectuel d’euphémisation qui n’avait rien de spécifiquement raciste, que la Shoah fut longtemps minimisée par les alliés.

 

 

Tuer des enfants juifs n'est pas une nouveauté

Enfin, il existe une troisième vérité qu’il est chaudement recommandé de taire si l’on veut vaquer sans encombre dans les salles de rédaction ou dans les studios de télévision parisiens.

Je veux parler de la dimension pathologiquement et radicalement antisioniste d’un drame dont Mohamed Merah est tout à la fois l’auteur et, si j’ose dire, la victime.

Essayez donc de rappeler qu’assassiner de sang-froid des enfants juifs innocents n’est pas une circonstance nouvelle pour la communauté juive mondiale, de la part des assassins islamistes. Et vous verrez les réactions. J’ai eu le front de le tenter sur des plateaux où je suis ordinairement accueilli avec urbanité. J’ai créé un effet de sidération.

Et pourtant. Et pourtant cela est arrivé à Mombay, il y a deux ans. J’ai également raconté dans mon « Vieil homme m’indigne » que qui vous savez ne s’était pas indigné lorsque Samir Kuntar avait été accueilli en héros au Liban, y compris par le président « modéré » de la même Autorité Palestinienne qui condamne aujourd’hui le massacre de Toulouse, après qu’il ait écrasé à coups de pierres le crane de la petite Haran. J’ai raconté aussi que l’année dernière, à Itamar et dans l’indifférence générale, deux islamistes de Palestine avaient assassiné les trois enfants de la famille Fogel, dont un bébé de trois mois, égorgé. J’ai eu le mauvais goût infini d’ajouter qu’il s’était trouvé un tiers des palestiniens pour approuver la tuerie.

Mais je ne me suis pas contenté de m’arrêter en si mauvais chemin. J’ai également suggéré que la désinformation diabolisante dont est victime l’Etat juif, n’est pas l’explication la plus saugrenue que l’on ait pu formuler pour expliquer pour quelle raison un jeune islamiste fanatisé était rentré dans une école juive pour massacrer froidement quatre personnes, dont trois enfants, pour «venger les enfants de Gaza».

On ne me croit pas ? J’étais samedi soir sur Canal à l’émission de Thierry Ardisson. J’étais confronté notamment à Rost, un rappeur d’origine togolaise. Il s’agit d’un garçon gentil et sympathique, véhiculant, comme beaucoup d’autres, la culture de l’excuse pour les « habitants des cités » et avec lequel il m’arrive de rompre courtoisement des lances sur LCI. Pour tout dire, je l’aime bien. Thierry Ardisson lance le sujet. Quelle est la première chose que ce garçon, que je ne soupçonne d’aucune aversion collective particulière, m’objecte ? Le meurtre du petit Mohamed Al Dura, tué, m’affirme-t-il de bonne foi, par les soldats israéliens.

On mettra de coté, l’énormité, si horriblement tendance, de m’objecter la chose pour justifier l’assassinat délibéré des trois petits innocents. Reste l’affirmation sincère. Et, il se trouve qu’elle est mensongère. Mais que le mensonge n’émane pas de mon contradicteur, mais d’une chaîne française de service public qui l’a propagé sur la planète.

Attention, je ne parle pas ici de l’accusation de mise en scène de la fusillade qui fait l’objet encore aujourd’hui d’une controverse, y compris judiciaire non encore tranchée, je parle de l’accusation péremptoire de Charles Enderlin à l’encontre des soldats israéliens d’avoir pris pour cible le jeune enfant. Celle-là est réglée. Même Arlette Chabot, directrice de l’information de France 2 a été contrainte de reconnaître que personne ne pouvait savoir qui avait tué l’enfant lors de la fusillade controversée.

Aussi certainement que le journaliste Daniel Pearl a été décapité sous la photo du petit Mohammed prétendument supplicié par la soldatesque Israélienne, toute une partie de la jeunesse arabo-musulmane est persuadée, de très bonne foi, que les soldats israéliens ont ciblé délibérément un petit enfant dans les bras de son père.

Dois-je le taire dans cette circonstance particulière ?

De même est-il totalement incongru et malséant de faire remarquer que celui à qui François Hollande donne du « mon cher Stéphane », celui qu’une grande partie des journalistes de notre pays regardent avec des yeux humides, a déclaré le 22 janvier 2011 au «Frankfurter Allgemeine Zeitung» : « Qu’à coté de l’occupation israélienne, l’occupation nazie paraît inoffensive ».

Peut-on s’étonner que Jean-Marie Le Pen, pour moins que cela, ait fait l’objet d’une condamnation à la fois morale et judiciaire, alors que l’autre est littéralement encensé. Qu’en suite de quoi, on ne doit pas être forcément surpris de voir des exaltés déjà peu enclins au philosémitisme regarder les Israéliens et ceux qui les soutiennent assez naturellement, ne serait-ce que précisément en raison de la détestation obsessionnelle et disproportionnée dont ils font l’objet, incarner les nazis du XXIe siècle à assassiner avec ardeur.

Qu’on ne se méprenne pas, je n’affirme pas que Mohamed Merah a regardé France 2 ou qu’il a lu « Indignez-vous », encore que ce livre était à sa portée. J’ai suffisamment moqué une partie de la presse française, y compris dans Atlantico, pour avoir tranquillement fourni la liste des auteurs néo-conservateurs qui avaient inspiré un dément scandinave, pour ne pas tomber dans ses travers. Je dis simplement qu’entre la compréhension habituelle de l’extrême-gauche pour le terrorisme antisioniste et la désinformation diabolisante, cette explication climatique est plus pertinente pour décrire le lit dans lequel a sommeillé le terroriste islamiste à la mode française.

Bien sûr, on ne manquera pas de persifler, qu’une nouvelle fois, on exploite cyniquement un drame pour faire taire les critiques contre un gouvernement.

Ce sont, par un hasard malin, les mêmes qui, lorsqu’un voleur de voitures force un barrage policier pour s’encastrer dans un platane, n’hésitent pas à hurler au racisme.

Mieux vaut, vous disais-je, une bonne spéculation oiseuse pour tirer profit du malheur humain.


26/03/12

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 17:16

PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/fusillade-ecole-juive-toulouse-reaction-intrumentalisation-islamisme-extreme-droite-gilles-william-goldnadel-313333.html

Attention aux fausses pistes

Publié le 19 mars 2012

Fusillade de Toulouse : n’instrumentalisons pas ce drame à des fins idéologiques

Si la fusillade survenue ce lundi matin à Toulouse reste pour l'instant inexpliquée, l'histoire nous enseigne à rester prudent : l'extrême-droite pourrait ainsi ne pas se cacher derrière cette tragédie.  

Atlantico : Quel est votre sentiment sur la fusillade de ce lundi matin à Toulouse ?

Gilles-William Goldnadel : A ce stade, il est urgent d’attendre avant que de commencer à conjecturer. J’ai, malheureusement, une trop longue expérience des attentats antisémites de ces trente dernières années pour savoir que les premières pistes ont rarement été les bonnes et pour me méfier des déclarations à l’emporte-pièce du personnel politique - ou plus encore des associations antiracistes. Mais je ne sais si le drame de ce matin est en lien avec ce que s'est déjà passé... 

A quelles affaires pensez-vous en particulier ?

Une chose est certaine : de la Rue Copernic,  en passant par la fusillade de la rue des Rosiers, jusqu’à la triste affaire Halimi, il est clair que le sang juif qui a coulé depuis la Deuxième guerre mondiale ne l’a pas été des mains de l’extrême-droite mais davantage de l’antisémitisme new-age lié soit à l’islamisme soit au conflit moyen-oriental. C’est une certitude absolue. Le fond historique est indéniable.

Vous semblez oublier Carpentras et ses tombes juives profanées ?

Carpentras, c’est encore autre chose. On a plutôt agité dans les premiers jours la piste d’émules de Le Pen. Finalement, on a débouché sur des  voyous à demi-demeurés aux rites sataniques. Mais à chaque fois on a envoyé dans le mur la communauté juive et la communauté nationale à des fins idéologiques.

L’affaire Ilan Halimi est très claire sur ce plan. On a tenté de gommer la dimension antisémite précisément parce que Fofana ne cadrait pas avec le portrait-robot de l'antisémite détestable idéologiquement. Mais il n'est que de regarder les récentes vidéos postées pour constater que Youssouf Fofana se réclame de l’islamisme. Il n’est malheureusement pas douteux qu’Halimi ait été enlevé parce que juif et qu’il a aussi été torturé en tant que juif. Je le dis pour le passé. Mais ce n’est pas pour autant que j’en fais une règle sur l’avenir. La règle que je m’impose et que j’invite aussi les observateurs à épouser est -au-delà de la triste expérience historique que nous avons-, de ne pas instrumentaliser ce drame à des fins idéologiques.

Il semblerait que l'arme utilisée ce lundi soit la même que celle employée pour assassiner les militaires la semaine passée...

Cela n'invalide certainement pas mon analyse, au contraire. Les responsables de SOS racisme veulent voir dans les soldats assassinés des musulmans et des Antillais, mais on peut y voir tout autant des militaires revenant d'Afghanistan....

 

 

Propos recueillis par Antoine de Tournemire

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 10:54

 

VieilHommeIndigneLe Vieil Homme m’Indigne ! Les Postures et Impostures de Stéphane Hessel de Gilles William Goldnadel – ed. JC Gauwsewitch.

Article de Judith Waintraub paru dans Le Figaro du 16 mars 2012 (rubrique « Bibliothèque des Essais » p.16).

 

« S’en prendre à Hessel relève de la “kamikazerie”. Lui faire affront revient à se faire hara-kiri avec une plume, reconnaît d’emblée Gilles-William Goldnadel, en introduction de son livre « Le vieil homme m’indigne ! Les postures et impostures de Stéphane Hessel » qui vient de paraître aux Editions Gawsewitch. Face à l’encensement mondialisé de l’ouvrage de quelques pages de l’ancien diplomate, et malgré son encouragement à « s’indigner », peu d’éditorialistes ou d’écrivains ont osé se rebeller face aux contre-vérités du petit livre jaune. Goldnadel, avocat pénaliste réputé, conscient du risque, n’y va pourtant pas par quatre chemins pour dénoncer « l’exceptionnelle indigence » de l’ouvrage de Stéphane Hessel : « Je pense sérieusement que c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité qu’un document écrit contient aussi peu d’idées et rencontre autant de succès. Mais est-ce si irrationnel, à l’heure où l’image, le tripal, le lacrymal, la tchatche, le boniment ont défait à plates coutures la pensée et la culture ? ».  

Pour G.W.Goldnadel, « Indignez-vous »  ne s’indigne de rien ou presque. En tout cas pas du génocide du Sud-Soudan  ou du Darfour où plusieurs millions de chrétiens, de noirs ou d’animistes ont été massacrés, asservis ou violés par le régime islamiste de Khartoum. Pas davantage ne s’indigne-t-il de la mainmise du Hezbollah sur le Liban. Hessel ne considère pas que la situation des chrétiens d’Orient soit indigne, note l’auteur, Il n’est pas révolté par l’interminable et monstrueux conflit somalien. Il ne parle pas des camps du Kenya voisin qui explosent sous l’afflux de réfugiés plus nombreux qu’a jamais compté la Palestine…. Pas d’indignation pour la Corée du nord, pour les massacres par centaines de milliers de Tamouls…Nul appel à la résistance active ou passive pour mettre à bas le régime négationniste sexiste et homophobe de Téhéran.

« Une focalisation maladive »

Une colère si sélective pourrait surprendre. Stéphane Hessel la revendique quand il écrit : « Aujourd’hui, ma principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie. Ce conflit est la source même d’une indignation, écrit Hessel. Pourquoi cette focalisation sur l’Etat juif, qui explique d’ailleurs sans doute le succès de l’ancien diplomate ?

« Admettons pour les besoins de l’analyse que la politique d’Israël soit non seulement critiquable, mais également condamnable et pourquoi pas criminelle, répond Goldnadel. Il n’en demeurera pas moins, qu’au regard de la monstruosité des actes commis par les Etats et les gouvernements cités plus haut, que réserver ses uniques flèches empoisonnés au seul Etat Juif relève d’une focalisation maladie et d’une haine obsessive ». Selon l’auteur, La blasphématoire vérité, c’est que Saint Stéphane est du côté du « sceptre, du manche et de la cognée. Du côté des faux rebelles et des authentiques fayots… ».


Le Vieil Homme m’Indigne ! Les Postures et Impostures de Stéphane Hessel de Gilles William Goldnadel – ed. JC Gauwsewitch (2012), 60 pages, 4,90 €

 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 17:31

Valeurs Actuelles - 15 au 21 mars 2012

Hessel : postures et impostures 

Essai

 

Gilles-William Goldnadel démonte le mythe “Indignez-vous !” et s’interroge sur les raisons de son succès planétaire.

Présente-t-on encore Stéphane Hessel ? Son opuscule Indignez-vous!, publié en octobre 2010, s’est vendu à des millions d’exemplaires. Traduit en trente-quatre langues, il est devenu un véritable phénomène d’édition, au point que son titre a été repris pour qualifier les mouvements de protestation dans l’Europe en crise. On aurait tort, pourtant, de croire qu’il s’agit là d’un bréviaire de l’indignation ou d’un inventaire à la Prévert des scandales de la planète. Stéphane Hessel ne s’indigne de rien, ou presque. C’est le premier constat établi par Gilles-William Goldnadel dans son dernier ouvrage, Le vieil homme m’indigne ! : « Le saint livre compte, sur douze pages de texte, une seule et unique indignation et zéro idée. Il est contre la misère et les inégalités. Il est pour les pauvres, contre les méchants et les nazis. Il est contre le terrorisme et la violence, à l’exception de celle des Palestiniens. »

De fait la lecture du best-seller déconcerte. Tout ça pour ça ? « Je pense sérieusement que c’est la première fois, dans l’histoire de l’humanité, qu’un document écrit contient aussi peu d’idées et rencontre autant de succès », ironise Goldnadel. Stéphane Hessel s’indigne du creusement des inégalités de richesse, de la politique d’immigration du gouvernement Fillon, il déplore l’affaiblissement de l’héritage social issu du Conseil national de la Résistance (CNR), fustige une société « des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l’égard des immigrés », bref, comme l’écrit Goldnadel, « l’ABC du catéchisme gauchisant encore en circulation ».

Mais, pour le président d’Avocats sans frontières, ce n’est pas tant la vacuité de l’opuscule, « la niaiserie de son pseudopacifisme moutonnier » qui frappent, même s’il peut être consternant d’y voir précisément une raison de son succès, c’est le choix sélectif de l’indignation en ce qui concerne la politique étrangère. Stéphane Hessel ne dit rien du régime de Damas, de la Corée du Nord, de l’Afghanistan. Il n’a pas un mot pour les chrétiens, opprimés en Orient ou au Sud-Soudan, ni pour les victimes du conflit somalien. Sa seule indignation, sa “fixation obsessionnelle”, c’est la politique menée par Israël dans la bande de Gaza ou la Cisjordanie. Commentaire de Goldnadel : « Admettons que la politique d’Israël soit non seulement critiquable – ce qu’elle est par principe – mais également condamnable et, pourquoi pas, criminelle. Il n’en demeurera pas moins qu’au regard de la monstruosité des actes commis par les États et les gouvernements cités plus haut, réserver ses uniques flèches au seul État juif relève de la focalisation maladive ».

Une obsession dans laquelle l’auteur voit l’un des marqueurs les plus sûrs d’un antioccidentalisme de type sartrien, jusqu’à cette faculté de “comprendre” la violence terroriste. Un ouvrage de décryptage au ton très vif qui dénonce aussi le suivisme indécent de certains médias prétendument iconoclastes et prompts en cette affaire à passer “la brosse à relire”.

Mickaël Fonton.

Le vieil homme m’indigne !, de Gilles-William Goldnadel, éditions Jean-Claude Gawsewitch, 56 pages, 4,90 €.

 

 

Sources : Valeurs Actuelles - 15 au 21 mars 2012

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 10:00

Décidément, le best seller de Stéphane Hessel ne fait pas que des heureux et l’indigné n’a pas que des amis. Fort heureusement ! Nous vous avons présenté il y a peu l’analyse percutante de Jean Szlamowicz(2). Gilles-William Goldnadel, grand avocat pénaliste, par ailleurs membre du Comité Directeur du CRIF n’est pas moins sévère à l’égard de celui qu’il considère, par certains côtés, comme un imposteur. La citation de Friedrich Nietzche placée en exergue de son pamphlet annonce clairement la couleur : « Et nul ne ment autant qu’un homme indigné »(3). 

 

Goldnadel dédie son ouvrage à René Cassin « véritable rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme », histoire de rappeler que malgré tout ce qui a pu être dit et écrit, Stéphane Hessel n’est en rien co-rédacteur de ladite Déclaration. Le mensonge par omission sur la supposée judéité de Stéphane est également bien mis en évidence. Gilles-William Goldnadel rappelle à juste titre que dans certains milieux intellectuels français comme de la société occidentale postchrétienne toujours aussi doloriste, la figure christique du Juif de gauche souffrant relève de l’onction extrême. Alors, quand on lit, noir sur blanc, page 25 de l’opuscule hesselien : «  Stéphane Hessel est né à Berlin, d’un père juif écrivain et d’une mère peintre, mélomane, Helen Grund, écrivaine elle-même », on reste estomaqué par tant d’outrecuidance. Hessel et ses éditeurs prennent vraiment leurs lecteurs pour des naïfs. En fait, nous précise G-W Goldnadel, la famille du grand-père paternel d’Hessel était déjà convertie au luthérianisme depuis une génération. Quant à Helen Grund, loin d’être juive, elle était la fille d’un banquier prussien protestant et antisémite.

Hessel est indigné, et c’est son droit, par les malheurs des Palestiniens, ces « damnés de la terre » obligés d’envoyer des roquettes sur de paisibles villes israéliennes car il faut bien briser le blocus imposé par les horribles Israéliens !


Mais que ne proteste-t-il pas, lui rétorque Goldnadel, face au génocide du Sud-Soudan ou du Darfour. Rien non plus contre le régime despotique de Damas ou sur les atrocités commises par le Hezbollah. Et les Chrétiens d’Orient, et la Somalie et l’occupation de Chypre par les Turcs qui oppriment les Kurdes et nient le génocide des Arméniens. Pourquoi Stéphane Hessel ne se soucie-t-il pas de la Corée du Nord, du massacre des Tamouls au Sri Lanka et des appels à la destruction d’Israël d’Ahmadinejad ? Non, seuls les Palestiniens méritent l’attention de l’Indigné. « Aujourd’hui, ma principale indignation concerne la Palestine…Ce conflit est à la source même d’une indignation ». C’est pourquoi Hessel adule le juge Goldstone. Manque de bol, ce dernier s’est rétracté devenant désormais dans le monde arabe un « sale juif prévariqué ». Gentil Stéphane n’en n’a pas, pour autant, fait son mea culpa.

Goldnadel a mille fois raison de parler d’un soi-disant livre dont il met en évidence les perles de culture qui ne sont que fadaises et coquecigrues.


Il faut avec force et conviction lutter sans relâche contre le terropacifisme aveugle de l’Indigné et de ses adeptes. Telle est la leçon essentielle que l’on tire de la lecture de l’ouvrage de Gilles-William Goldnadel.


Jean-Pierre ALLALI


(1) Éditions Jean-Claude Gawsewitch. Janvier 2012. 64 pages. 4,90 €.

(2) Voir la Newsletter du 2 mars 2012.

(3) Par-delà le bien et le mal, 1886.

 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 14:23

 

Valérie Trierweiler, très officiellement compagne du candidat P.S. à la présidence François Hollande, publie dans le numéro de cette semaine de Paris-Match une interview de Stéphane Hessel. Qui soutient le candidat Hollande à la présidence et profite de l'interview pour soupirer que son rêve avant sa mort est de voir « la création d'un État palestinien ».

 

 

Dans son ouvrage remarquable « Le vieil homme m'indigne, les postures et impostures de Stéphane Hessel », Gilles-William Goldnadel démontait magistralement « l'imposture hesselienne » et dénonçait l'idolâtrie suscitée par le « non-livre » de celui qui est devenu la coqueluche de «  soi-disant résistants rebelles post-gauchistes ».Entré au « Top 20 » du Nouvel Obs, l'ouvrage de Maître Goldnadel a sans nul doute ébréché cet engouement étonnant pour ce « grand prêtre encore vivant d'une religion profane moribonde contre laquelle », dit-il, « je me bats depuis deux décennies ». Et qui a pour nom « une idéologie victimaire », couplée à de la « xénophilie » ainsi qu'une « fixation sur la question palestinienne ».

 

Un Stéphane Hessel qui a fait, en effet, de la condamnation permanente d'Israël une obsession. Invité par le Centre culturel français de Gaza – le seul à y rester ouvert – qui fonctionne sous la houlette du Quai d'Orsay, il avait rencontré le Hamas, organisation terroriste qu'il avait alors encensée. http://www.desinfos.com/spip.php?page=article&id_article=25950

 

Pourtant, c'est  aujourd'hui Paris-Match qui lui donne la parole dans une interview réalisée par Valérie Trierweiler, journaliste politique connue http://www.parismatch.com/Stephane-Hessel-dans-le-tourbillon-de-la-vie-381130/ . Or, elle est aussi la compagne de François Hollande et partie prenante de sa campagne....Interviewer ce personnage n'est donc pas anodin. D'autant qu'elle ne lui pose aucune question sur ses mensonges dénoncés par Gilles-William Goldnadel, préférant lui parler de sa vie et de celle de sa famille. La journaliste lui parle aussi de ses projets, ce qui lui donne l'occasion de se poser en référence morale, invoquant la Charte des Droits de l'Homme qu'il n'a pas co-rédigée, contrairement à ce qu'il a prétendu et continue donc à laisser croire.

 

Le rêve ultime de Stéphane Hessel : un État palestinien dont, compte tenu de son action, on peut imaginer les contours

 

Toutefois, comme il dit souhaiter mourir, à la question « Un rêve, avant le grand voyage »? il répond : « Mon rêve, c’est la création d’un État palestinien. Voilà ce que je voudrais avant de passer de l’autre côté ». Le lecteur est sans doute censé avoir la larme à l’œil et enregistrer que le plus cher désir de ce vieil homme qui paraît si digne est de voir la création d'un État palestinien. Sans que la moindre réserve soit formulée quant à la nature de cet État. Beau coup de pub.

 

On imagine donc aisément ce que François Hollande peut entendre sur le sujet...D'autant que Stéphane Hessel lui a apporté son plein soutien, n'hésitant pas à le comparer à de Gaulle, Mendès-France et même Roosevelt. Notamment en janvier dernier lors des journées de Nantes organisées par le Nouvel Observateur....http://www.presseocean.fr/actu/actu_detail_-a-Nantes-Stephane-Hessel-soutient-Hollande_9182-2034012_actu.Htm 

 

Il faut rappeler aussi que Stéphane Hessel est l'un des fers de lance de la campagne de boycott anti-israélienne, dite de BDS. Et qu'Elisabeth Guigou, ancienne Garde des Sceaux P.S., le soutient dans cette démarche illégale en France, ayant même demandé à l'actuel ministre de la Justice que son protégé ne fasse pas l'objet de poursuites...http://www.desinfos.com/spip.php?page=article&id_article=22827 

 

On imagine dès lors les contours dont rêve Stéphane Hessel pour cet État palestinien

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 16:01

PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

http://www.atlantico.fr/decryptage/francais-verite-gilles-william-goldnadel-hollande-sarkozy-france-inter-taxe-riches-303003.html

La semaine Goldnadel

Publié le 5 mars 2012

Les Français sont-ils encore capables d'entendre des discours de vérité sur l'état du pays ?

Si peu de Français pensent que la taxation confiscatoire des super-riches sera une solution économique satisfaisante, beaucoup doivent pressentir que l'économie de leur pays aura besoin d’eux pour prospérer.

Arnaud Montebourg et Audrey Pulvar, malmenés à Paris XVIe par des soi-disant sympathisants lepénistes. Aussitôt, Jean-Marc Ayrault y voit un Front National qui tombe le masque. Lorsque Sarkozy subit le même traitement à Bayonne de la part de certains socialistes revendiqués, que voit donc le maire de Nantes. Cela étant, rude semaine que celle que vient de passer le candidat présidentiel. Dans une société largement post-démocratique qui considère que le peuple de la rue vaut bien les voix des urnes, les images diffusées en boucle auront été ravageuses.

Taxer à 75% les plus riches

Dans le même temps, la proposition de François Hollande -qui aura surpris jusqu’au hollandais Cahuzac, pourtant en charge des finances- semble avoir remporté les faveurs d’une majorité de Français. Comme le dit dans son dernier éditorial du Point, FranzOlivier Giesbert : «Et si le problème c’étaient les Français ? » : «Il ne semble pas que les Français aient envie, aujourd’hui, de prêter l’oreille à un discours de vérité. Ils vivent depuis trop longtemps dans une bulle où on les entretient, d’où ils ne veulent sortir sous aucun prétexte. Ils restent dans le déni.»

Pourtant, peu de Français pensent un seul instant que la taxation confiscatoire des super-riches sera une solution économique satisfaisante. On a calculé que redistribuer la fortune des 500 plus riches citoyens du pays et qui représentent 14% du PIB, soit 272 milliards d’euros, aux 8,2 millions de «pauvres» recensés reviendraient à donner à chacun d’eux 33 000 euros. Cela vaut-il de sacrifier les emplois générés pour des années ?

Beaucoup doivent au contraire pressentir qu’une économie a besoin d’eux pour prospérer, mais qu’importe, cette jubilation à sanctionner leur morgue et à humilier celui que l’on présente comme leur champion vaut bien tous les lendemains qui déchantent. L’envie, la jalousie, sentiments humains, trop humains, auxquelles seuls les menteurs ne sont pas accessibles, ont des beaux jours devant elles. Au moins jusqu’au mois de mai.

Ce peuple là est aussi un peu schizophrène. Parmi ceux qu’il voudrait sanctionner, combien sont-ils ceux qu’il adore sur les scènes et les stades ?

Ceux qui ne verraient pas d’inconvénient à ce que les banlieues s’ouvrent encore davantage aux étrangers démunis mais qui seront les premiers à prendre le Thalys ou l’Eurostar pour ne pas désespérer leur fiscaliste. Ainsi, verra-t-on peut-être Yannick Noah promettre de revenir si Hollande l’emporte, tout en se faisant encore plus rare.

 

Jean Quatremer et l’omerta dont aurait bénéficié Dominique Strauss-Kahn

Une bonne partie de la presse a vanté, à juste titre, la publication du livre de l’ancien journaliste de Libération, Jean Quatremer qui dénonce l’omerta dont aura bénéficié jusqu’à l’affaire du Carlton, Dominique Strauss-Kahn.

Qu’on ne croit surtout pas que je regrette un instant d’avoir pris la défense de l’ancien président du Fonds monétaire international, lorsque celui-ci était accusé, sans preuves convaincantes, de viol de l’autre côté de l’Atlantique, ce qui ne m’a pas valu que des amis, y compris dans ces colonnes.

Je fais uniquement allusion à sa lourdeur, très limite, envers les femmes que tout le monde à Paris lui connaissait et sur laquelle la presse, à commencer par celle de gauche, aura fait silence.

Le seul bénéficiaire d’une discrétion équivalente en délicatesse aura été peut-être François Mitterrand qui aura vu les médias cacher tour à tour ses vacances subventionnées à l’Old Cataract d’Assouan, sa famille occulte entretenue, ainsi que ses amitiés avec René Bousquet, l’un des responsables de la déportation des juifs de France.

Jean-Marie Colombani, ancien patron du Monde, comme pour s’excuser, rappelle que les rumeurs sur la fille cachée, le cancer ou ses amitiés collaboratrices provenaient de la droite et de l’extrême droite… Dans ce cas…

Olivier Poivre d’Arvor et son soutien à François Hollande

Nicolas Sarkozy, sur France Inter, ne s’est pas gêné pour mettre en cause un responsable, toujours en poste, de Radio France qui, lui, n’aura pas hésité à clamer son soutien à François Hollande.

Beaucoup savent depuis qu’il s’agit d’Olivier Poivre d’Arvor, en charge de France Culture. Peut-on imaginer, sans frayeur, le sort médiatique qui serait réservé à un responsable du service public de l’information qui avouerait sa dilection pour le candidat sortant ?

Toujours à propos de notre radio nationale et culturelle, et à ce stade de la réflexion, j’ajouterai à ce que j’écrivais ici même la semaine dernière, que Reynald Seycher, invité, enregistré, programmé, annoncé puis, déprogrammé n’a toujours pas reçu la moindre explication quant à l’annulation de son interview consacrée au génocide vendéen.

Peut-on imaginer, toujours sans frayeur, le sort médiatique qui serait réservé à l’annulation, dans les mêmes conditions de goujaterie, d’une émission consacrée à l’immigration ou la décolonisation ?

 

En France, qui se soucie du peuple Nouba ?

Je conseille à ceux que cela intéresse de se reporter à l’article du New York Times daté du 2 mars sous la signature de Nicolas D. Kristof. Ils y apprendront que le Soudan, qui tente de mater ce peuple noir en l’affamant et en le bombardant se retrouve face à un adversaire imprévu : un américain de Floride mariée à une nouba, qui se nourrit de sauterelles et combat les tirs de mortier avec une caméra vidéo. Ryan Boyette, 30 ans, souhaite que le président Obama aille plus loin pour faire cesser les bombardements meurtriers et éviter la famine.

Une autre partie, terrible, se joue actuellement, sans bruit : le Soudan islamiste de Khartoum, toujours dirigé par un criminel de guerre visé par un mandat d’arrêt international, mais qui voyage assez tranquillement, tente de rendre impossible l’existence de l’Etat voisin du Sud Soudan nouvellement créé et composé de chrétiens et d’animistes.

Je suis intimement convaincu, que dans 20 ans, s’il existe encore – mais qui peut savoir – des historiens libres, le silence d’indifférence fait sur les différents génocides et massacres au Soudan sera considéré comme aussi coupable que celui qui pesait autrefois en Europe.

A ce stade d’écœurement total, peux je dire aux organisations noires de France, parait-il représentatives, que cette affaire me parait presque aussi importante que la polémique concernant Tintin au Congo ?

Il est vrai, que dans le premier cas, les occidentaux ne sont pas les premiers responsables.

 

Et en Syrie ?

Syrie : 7000, 8000 morts ? et toujours pas de manifestations en keffiehs dans les rues de Paris. La semaine dernière, c’était les vacances. Celle d’avant, c’était le froid. Cette semaine, je me suis renseigné, Besancenot souffrait d’un ongle incarné et Mgr Gaillot d’une grande lassitude.

___________________________________

PS : petit courrier personnel

Un lecteur me reproche, sans trop d’aménité, une focalisation excessive sur Stéphane Hessel. Tant que celui-ci bénéficiera de l’attention médiatique que l’on sait, je ne vois pas très bien pourquoi, je serai le seul à m’abstenir, sauf à penser, que le seul mode de communication autorisé à son sujet par mon contradicteur soit l’encensement.

A ce propos, Thierry Ardisson, samedi dans son émission sur Canal+ (« Salut les terriens ») a titillé l’ancêtre suprême au sujet de mon «Vieil homme m’indigne».

Il résulte en substance de ses réponses fuyantes que celui-ci ne m’aime pas beaucoup, mais a beaucoup d’affection pour le peuple israélien, même si il compare le Hamas à la résistance française et lui donne le droit d’utiliser la violence contre les «fascistes» israéliens.

Pas un mot, évidemment, sur la Syrie.

Moi, j’aime bien Stéphane Hessel, même si je considère qu’il représente impunément le degré zéro de la pensée politique.

D’autre part, je renvoie mon détracteur à la lecture de l’article de Bakchich de ce dimanche qui morigène son concurrent de la gauche extrême Rue 89 pour m’avoir donné tort lorsque j’accusais qui vous savez de s’être paré mensongèrement du titre de «corédacteur de la Déclaration des Droits de l’homme ». Contrairement au préposé aux écritures de Rue 89, son compère fouettard a su lire la quatrième de couverture «d’Indignez vous ! »

Bravo et merci, honnête camarade, à qui je n’ai versé aucun Bakchich.

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 14:06

 

PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/gilles-william-goldnadel-monsanto-mademoiselle-balthazar-garzon-reynald-seycher-nathalie-kosciusko-morizet-297724.html

 

La semaine Goldnadel

Publié le 27 février 2012

 

Roselyne Bachelot proscrit désormais l’usage du terme "Mademoiselle" et Nathalie Kosciusko-Morizet s’apprête à interdire de nouveau le maïs OGM de Monsanto. La droite serait-elle fascinée par le discours du camp adverse ?

Sarkozy peut-il encore gagner ? Le Monde, qui la semaine dernière annonçait péremptoirement que sa déclaration de candidature n’avait été d’aucun effet, a été contraint d’en rabattre ce samedi, sondages divergents à l’appui. Comme le dit sans rire le « politologue » pas vraiment à droite Roland Cayrol : « Il y a quelque chose qui ne va pas ».

S’il l’emporte, à l’arrachée, ce sera manifestement sur ses qualités de caractère, de lutteur de foire, et de grimpeur d’un mont Ventoux symbolique. Ce Golgotha d’aujourd’hui pourrait faire oublier le gold gotha d’hier, rappelé sans excès de pudeur par la gauche béluga. Insensiblement, sa position de président devenu « outsider » commence à lui rapporter dans une France encore poulidorienne.

Il n’est plus très loin de chanter « Je suis le mal aimé » dans un pays nostalgique qui commémorera cette semaine le 30e anniversaire de la mort de son Clo-Clo national.

 

Quand Nathalie Kosciusko-Morizet donne raison à José Bové

Mais si, malgré tout, il perdait, il aura tout le temps de s’interroger sur cette propension suicidaire qu’auront eue son camp et son chef de demeurer fascinés jusqu’au bout par la phraséologie adverse. Le diable, on le sait, habite dans les détails.

Qu’on en juge, cette semaine, à l’aune de deux exemples aussi futiles que révélateurs.

La France s’apprête à interdire, de nouveau, et sans base légale, le 810 de Monsanto (1). En dépit de la décision de la Cour de Justice de l’Union Européenne qui estime que la France a commis une erreur en interdisant le produit, et des études scientifiques qui n’apportent aucune preuve que la culture incriminée « présenterait un risque important mettant en péril de façon manifeste la santé humaine, la santé animale ou l’environnement » (le Figaro du 21 février). Nathalie Kosciusko-Morizet, dans un dernier acte, que l’on ose appeler de gouvernement, a décidé de satisfaire José Bové et ses amis saccageurs de récolte. Il est douteux que cette posture soumise rapporte la moindre voix.

En revanche, comme le dit Marc Fellous, professeur de génétique à l’université Paris-VII et Président de la Commission du génie biomoléculaire « notre pays sacrifie sa recherche sur les biotechnologies ». Sur l’autel du culte de l’esbroufe pseudo écolo.

 

Ne m’appelez plus jamais « Mademoiselle »

Encore plus dérisoire, on apprend cette semaine, que sur décision testamentaire de Mme Bachelot, les administrations proscriront désormais l’usage du vocable « Mademoiselle », paraît-il condescendant. Ainsi, il aura suffit de la très légère pression médiatique d’une organisation féministe inconnue, dénuée de toute représentativité –et dans le silence incrédule des autres associations– pour bannir de la langue officielle un mot dont beaucoup de femmes mures regrettent l’appellation gratifiante.

Quand la droite comprendra-t-elle qu’elle ne succombe politiquement qu’en succombant intellectuellement ?

 

Le juge espagnol Balthazar Garzon et l’oubli pour les crimes du franquisme

Sur France Info samedi 14 h, un certain Eloi Martinez, représentant d’une association mémorialiste anti- franquiste a fait l’objet d’une interview non contradictoire dans laquelle il a pu exposer un point de vue qui recueille au demeurant l’adhésion médiatique hexagonale. Le juge espagnol Balthazar Garzon, condamné par la justice de son pays, ne pourra plus exercer la profession de magistrat. Cette décision serait scandaleuse et emporterait l’oubli pour les crimes du franquisme.

Si nous vivions dans un pays réellement démocratique, il aurait dû se trouver une seule plume pour rectifier les faits et le droit. Il aurait dû pouvoir s’écrire, tout d’abord, que si le juge a été sanctionné, c’est pour avoir ordonné des écoutes illégales. J’ai cru comprendre, qu’en France, les journaux étaient sévères en la matière. Surtout lorsqu’ils sont concernés.

D’autre part, le juge dont s’agit a également été mis en cause pour avoir violé la loi d’amnistie qui avait été votée par le parlement espagnol [Sur cette accusation, le juge a été acquitté ce lundi] , pour que, dans un esprit de concorde et de réconciliation, les crimes commis lors de la guerre civile ne fassent plus l’objet de poursuites. Avec la complicité du calamiteux gouvernement Zapatero (qui avait décidé, lui, de proscrire de son vocabulaire le concept de « terrorisme islamiste »), le juge a décidé de poursuivre sur la base de faits datant de plus de 70 ans, les seuls crimes commis par les franquistes. Il s’agissait rien moins que d’une forfaiture.

Il faut encore écrire, à destination d’un public de jeunes Français qui ne peuvent que l’ignorer, que si cette loi a été votée, c’est précisément parce que la guerre d’Espagne fut une guerre civile atroce qui a donné lieu à des exactions dans les deux camps. Afin d’éviter, tout commentaire oiseux, je me contenterai de reprendre des extraits du site Wikipédia, peu soupçonnable de dérive fascisante :  

« En zone nationaliste, un des plus grands massacres collectifs a lieu les 14 et 15 aout 1936 à Badajoz en Estrémadure, où de nombreux miliciens désarmés sont sommairement fusillés, lorsque les nationalistes, principalement des unités de la légion, s’emparent de la ville. Ce massacre a été révélé pour la première fois par des journalistes français et un journaliste portugais. Le bilan est à l’époque évaluée à 2000 victimes, mais il est, selon Hugh Thomas, plus proche de 200…. »

En zone républicaine :

« Les massacres des opposants commencent dès le début de la rébellion… Durant l’été 36, en plus de 7000 à 8000 religieux, près de 2000 phalangistes sont massacrés en zone républicaine, hors de tout combat, sans que le gouvernement ne condamne un seul instant ces crimes commis par ses propres partisans des milices syndicales (« les patrouilles de l’aube ») et sans que cela soit en représailles de fusillade du camp adverse. Des actes d’une grande violence frapperont notamment les religieuses ou les jeunes filles des organisations catholiques tombées entre les mains des républicains…. »

Il faudra que l’on m’explique, pour quelle étrange raison, ces crimes-là, et eux seuls auraient dû faire l’objet d’une amnistie. Il est vrai, qu’ils font l’objet, en France, d’une totale amnésie.

 

L’interview de Reynald Seycher déprogrammée par France Culture

Dans un registre assez voisin, France Culture a décidé de déprogrammer une émission déjà enregistrée et annoncée. Il s’agit de l’interview de Reynald Seycher, invité à venir présenter son récent livre consacré au génocide vendéen (« Du génocide au mémoricide » Ed. Cerf) et dont j’ai écrit la préface. Le prétexte verbal qui a été donné à cet acte de censure caractérisée serait que le principe du contradictoire n’aurait pas été assuré pour un sujet aussi délicat.

 

Précisons que c’est la très estimable Monique Canto-Sperber qui interviewait l’auteur et qu’elle ne me paraît pas totalement acquise à la chouannerie. Précisons encore que le principe invoqué ne m’avait pas, jusqu’à présent, frappée violemment, à France Culture comme à France Info.

J’ai écrit dans ma «  question Blanche », dans un chapitre intitulé « les bleus et les blancs », que le « mémoricide » réservé à la Vendée catholique martyrisée par les historiens contemporains ne pouvait être rangé que dans la même catégorie de l’impossible compassion à l’égard du Blanc particulièrement détestable qu’incarne le chrétien réactionnaire. Apparemment, c’est la même loi du silence qui sévit toujours de Nantes jusqu’à Séville. A fortiori quand les bourreaux sont bleus ou rouges.

 

A propos du reportage de Charles Enderlin

Restons encore un peu dans l’audiovisuel, paraît-il de service public. M’est avis que Charles Enderlin va renoncer pour l’avenir a inviter des tiers à poursuivre ceux qui osent douter de la sincérité et de l’exactitude de son reportage concernant la tragique affaire du petit Mohammed Al Dura. Je rappelle que, déjà, la Cour d’Appel de Paris avait sévèrement débouté France 2 de son action à l’égard d’un Philippe Karsenty qui avait pourtant beaucoup douté.

Cette fois, et j’en sais quelque chose, c’est la Cour d’Appel de Paris qui a débouté, son mandant, Jamal Al Dura, père de Mohamed, de son action en diffamation à l’encontre du chirurgien Israélien Yehuda David qui n’avait pas hésité à confirmer dans une interview que certaines blessures exhibées par le père ne provenaient pas des incidents de Gaza filmés par France 2 et commentés avec une coupable légèreté par Enderlin, puisque l’opération pratiquée par lui était antérieure et visait à soigner des blessures résultant d’une rixe entre palestiniens. Pour relaxer le chirurgien, la Cour a considéré qu’il s’était exprimé sur « une base factuelle suffisante ».

Avec un bel esprit de camaraderie, le correspondant à Jérusalem du Monde a considéré que M. David ne devrait pas triompher puisque la Cour avait simplement considéré qu’il n’était pas de mauvaise foi.(Le Monde du 22 février).

Si Laurent Zecchini n’était pas autant accaparé par les affaires d’Orient, il aurait pu savoir que lorsque un prévenu de diffamation voit son poursuivant débouté (sur le terrain de la bonne foi dans l’immense majorité des cas, la preuve « parfaite » de la vérité étant presque impossible à rapporter en justice) il est justement et systématiquement présenté par son journal, comme la partie triomphante.

C’est ainsi, au demeurant, que la plus avisée judiciairement Pascale Robert-Diard avait pu écrire après la victoire, exactement dans les mêmes conditions juridiques, de Philippe Karsenty contre France 2 : « Qu’un permis de douter avait été délivré ». C’est ce même permis que la Cour d’Appel vient de renouveler. Et il continuera à faire avancer une vérité si difficile à accepter pour les gardiens de la caste des Intouchables.

____________________________

(1) Le maïs MON810 est une lignée de maïs Bt, OGM de la firme américaine Monsanto, capable de résister à des insectes ravageurs par la sécrétion d'un insecticide.

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 15:58

C’est un étrange livre propagandiste à deux voix que Valeurs Actuelles m’a demandé de commenter. Apparemment, à front renversé, le respectable Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco, se fait moins  pro-palestinien, ou en tout état de cause, moins anti-israélien, qu’un Stéphane Hessel, qu’on ne présente plus, et à qui j’ai consacré mon « Vieil homme m’indigne ! ».

Pour comprendre la modernité politique du propos et de ses desseins, il faut le resituer dans le contexte politique du moment.

 

Les Arabes de Palestine ne sont plus intéressés, à supposer qu’ils l’aient été, par un règlement politique avec Israël, en tant qu’Etat du peuple juif, décrété par l’ONU lors du partage de 1947.

Au rebours de l’analyse tactique à laquelle s’était livré Yasser Arafat expulsé de Tunis et déconsidéré par son soutien à Saddam Hussein et qui a accouché des accords d’Oslo, la direction de l’OLP, à tort ou à raison, croit pouvoir espérer un délitement plus rapide de l’adversaire.

 

En Orient, la poussée irrésistible des Frères Musulmans, en Turquie, en Egypte, en Syrie, peut-être demain en Jordanie, laisse peu de place à un accommodement avec l’usurpateur du Dar Al Islam.

En Occident, la détestation médiatique et intellectuelle de tout état- nation occidental en général, et de l’Etat juif, occidentalissime par sa pugnacité et ses prouesses techniques, en particulier laisse augurer, preuves en main, un abandon que toute prochaine crise accentuera.

L’un des auteurs, Stéphane Hessel, lui-même, incarne de manière caricaturale la figure de « l’intellectuel humaniste critique » ayant le plus contribué à cette situation.

Dans son bréviaire indigné à succès planétaire, sa seule indignation, en matière de politique étrangère, concerne les crimes attribués à Israël à l’encontre de la population de Gaza.

C’est donc dans ce cadre stratégique, que s’insère un dialogue sans contradictions  entre  deux amis dans lequel l’occidental Hessel tente, avec un certain succès, de convaincre son interlocuteur de Palestine de ce que, finalement, l’édification d’un Etat pour les juifs, finalisé dans l’émotion de la Shoah, était une funeste idée.

Disons-le tout de suite, il est rare qu’un arabe de Palestine s’exprime avec aussi peu d’acrimonie à l’égard d’Israël. Certes, je ne suis pas naïf, et je doute que cet ouvrage fasse objet d’une traduction en langue arabe, mais tout de même, il n’est pas courant, par exemple, qu’un membre de l’OLP évoque l’alliance du grand mufti de Jérusalem avec Adolf Hitler.

 

Toutefois, l’exercice a ses limites, et on ne trouvera dans les propos d’Elias Sanbar, aucune condamnation d’un Hamas et de ses méthodes terroristes avec lequel son Fatah s’apprête à se réconcilier et qui, au moment où ces lignes sont écrites, a envoyé de nouvelles rockets sur le territoire israélien.

Mais ce sont les propos de Stéphane Hessel qui pourraient inspirer la consternation, si nous ne nous connaissions déjà leur auteur qui, je le rappelle dans mon livre précité, déclarait dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung du 22 janvier 2011 que l’occupation allemande était «relativement inoffensive » si on la comparait « avec la politique d’occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens. » C’est dans ce contexte délirant qu’il convient d’inscrire ces propos très hesseliens (page 42) : « Il y a encore un peu partout, et particulièrement en Allemagne autour de Francfort, autour de Munich, beaucoup de juifs, souvent revenus d’Israël, qui retrouvent dans le contact avec les « goys », quelque chose qui fait partie  de la joie de vivre »

Pour se persuader, si besoin était, que dans une perspective, littéralement révisionniste, le nonagénaire encensé considère que l’avenir des juifs se trouve dans leur passé sans état refuge on lira encore : « les juifs intelligents sont, selon moi, ceux qui disent : « nous ne sommes pas un peuple attaché une terre ». (Page 40). Inutile de dire qu’il n’attend pas pareille qualité intellectuelle du peuple arabe de Palestine dont il soutient chaque mètre carré, Jérusalem compris, de revendications territoriales.

 

Pour expliquer l’impasse du sionisme, ce fils d’une fille issue d’une lignée de banquiers prussiens antisémites mais qui revendique volontiers ses origines israélites –pour mieux accabler, comme souvent, Israël- explique (page 54) « c’est cette conception de la singularité juive qui explique selon moi l’évolution dangereuse, de l’Etat d’Israël. Si un peuple quelconque, mettons les Pakistanais, avait décidé de s’implanter en Afghanistan, qu’aurait-il pu arriver ? Ce peuple aurait certainement fait du tort aux tribus afghanes, mais des afghans, sur le long terme seraient devenus Pakistanais ou, inversement, des Pakistanais seraient devenus afghans, il y aurait pas eu de séparation nette entre les deux peuples. Alors qu’un tel brassage des populations est inconcevable dans l’imaginaire des Israéliens et, disons-le, des Juifs. Il leur est impossible d’admettre que les autres puissent partager avec eux ce quelque chose de fondamental qu’ils considèrent comme exclusivement leur. » Au-delà de cette remarque stéréotypée dont le philosémitisme ne semble pas être la marque première, l’exemple pris du Pakistan, dont la création a nécessité le déplacement forcé de 17 millions de réfugiés pour donner une cohérence territoriale à cet Etat musulman en gestation, est particulièrement cocasse.

On retrouve également dans l’ouvrage les scories « d’Indignez vous ! » Ainsi, la seule fois où le terrorisme y est flétri expressément c’est (page 26) pour y évoquer les organisations juives…

De même, Hessel reprend sans états d’âme le rapport Goldstone pour établir la responsabilité Israélienne lors de l’opération « Plomb durci » à Gaza, en oubliant de révéler à ses lecteurs que son auteur éponyme, s’en est repenti le 1er avril 2011 (dans un entretien au New York Times) en indiquant que s’il avait su ce qu’il savait aujourd’hui il écrirait que les Israéliens n’ont commis aucun crime de guerre , ne faisant que répliquer aux attaques du Hamas, et que c’est ce dernier qui a commis des crimes contre l’humanité en utilisant la population palestinienne comme boucliers humains.

 

Bien sur, Hessel ne réclame pas immédiatement le démantèlement d’Israël mais, néanmoins, exige de cet Etat le respect d’une résolution 194 des Nations unies, dont il fait une lecture malhonnête, et par conséquent exige le « retour des réfugiés » dans leur foyer, ce qui revient, à terme à la même chose.

Devant tant  d’inconséquences irresponsables, on hésite à faire la part entre l’homme et celle de son âge, mais j’ai toujours indiqué en vouloir davantage aux « hesselidolâtres » qui ont porté au pinacle l’ancêtre suprême qu’à l’objet vénérable de leur vénération.

Si je me suis permis d’utiliser le terme peu gratifiant de « propagandiste » pour qualifier un ouvrage dont je respecte et estime au moins l’un des auteurs, fut-il ambivalent (mais qui ne l’est pas lorsqu’il est engagé politiquement dans un conflit aussi passionnel), c’est parce qu’il comporte certaines contrevérités que l’on appelle, lorsqu’on est franc, mensonges.

 

Ainsi, Stéphane Hessel poursuit l’imposture que j’ai dénoncée de se présenter faussement comme le corédacteur de la déclaration universelle (quatrième de couverture), carte de visite, aussi prestigieuse qu’imméritée, raison pourquoi j’ai dédié mon « Vieil homme m’indigne » à René Cassin, son véritable, mais plus discret, rédacteur.

Il est vrai qu’au moment de l’impression du livre, le mien n’était pas encore publié…

Autre mensonge avéré, digne de la propagande nassérienne de la grande époque (page 179, « chronologie »), cette genèse de la guerre des six jours : « pour répondre aux menaces israéliennes contre la Syrie, accusée d’aider les fedayins palestiniens, Nasser demande le 16 mai 1967 à l’ONU le retrait des casques bleus du Sinai et décide le blocus du golfe d’Akaba… »

 

« Le rescapé et l’exilé » est finalement un livre emblématique du drame israélo-palestinien.

Je ne reprocherais certainement pas à l’exilé de reprendre à son compte le récitatif arabe de la tragédie de Palestine. Il s’agit de sa vérité, et je ne veux pas douter  de sa sincérité.

Mais j’avoue en vouloir à celui, qui  drapé dans son voile de souffrance vertueuse, attise les feux de sa passion.

Au-delà de ce personnage uniquement intéressant comme objet d’étude du triomphe de l’idéologie destructrice, il est peu douteux que le conflit territorial opposant deux peuples et deux droits aurait trouvé le chemin du compromis nécessaire, si certains, en Occident, n’encourageaient pas en permanence, de manière névrotique, l’irrédentisme et le sentiment victimaire.

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 16:09

PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/terrorisme-intellectuel-defense-homme-occidental-cour-comptes-gilles-william-goldnadel-287712.html?page=0,2

Ce terrorisme intellectuel qui voudrait interdire toute défense de l'homme occidental

Cette semaine, Gilles-William Goldnadel revient sur la polémique autour des propos de Claude Guéant. Selon lui, depuis le choc médiatique de la Shoah de la fin des années 60, toute défense de la civilisation et de l’homme occidentaux est associée au nazisme.

Depuis la semaine dernière où j’évoquais déjà la sortie controversée de Claude Guéant concernant les « civilisations qui ne se valent pas », la polémique n’a toujours pas cessé. Le ministre de l’Intérieur, en tournée aux Antilles, en est réduit à évoquer une évolution civilisationnelle dans le temps (la France esclavagiste ne vaut pas la France d’aujourd’hui), plutôt que dans l’espace, pour ne pas fâcher l’Islam. Précautions qui ne semblent guère cadrer avec la nouvelle stratégie plus intrépide prêtée au futur candidat présumé.

S’agissant d’une phrase ne mettant pas même en cause directement une civilisation plutôt qu’une autre, dénuée de mépris ou d’invectives, on mesurera l’irrationalité de la démesure polémique à l’aune, précisément, de son intensité et de sa durée. C’est dans cette irrationalité disproportionnée que j’ai toujours cherché le sens dissimulé.

Mon explication, contenue dans mes précédents ouvrages (les Martyrocrates, Réflexions sur la Question Blanche) réside dans la détestation de l’homme occidental issue de la Shoah commise par des occidentaux. D’un excès l’autre, l’inconscient collectif européen en est venu, après avoir trop longtemps méprisé l’Autre, à une dilection pour l’altérité.

Nul doute que si Claude Guéant avait critiqué la civilisation occidentale néocolonialiste ou l’American Way of Life, qu’il se serait fait davantage d’amis chez les antiracistes en carton-pâte.

 

Vu par... Claude Lévi-Strauss

Parmi les scories reprochés, en vrac, à l’homme blanc d’Occident arrivent dans le tiercé gagnant, les Croisades… Claude Lévi-Strauss, mobilisé cette semaine par tous les cuistres, avait su pourtant dire, sans mépris, ses vérités à la civilisation islamique en rappelant que les concepts de Croisade et de guerre sainte, tant reprochés aujourd’hui à l’Occident, ne sont en réalité que des répliques au Djihad islamique. Dans Tristes Tropiques (1955), Lévi-Strauss explique ainsi sa théorie de l’imitation : « Que l’Occident remonte aux sources de son déchirement : en s’interposant entre le bouddhisme et le christianisme, l’islam nous a islamisés, quand l’Occident s’est laissé entraîner par les croisades à s’opposer à lui et donc à lui ressembler. »

Le même Lévi-Strauss avait un temps, aujourd’hui oublié, été taxé de xénophobe pour avoir prôné le droit à la différentiation et à la séparation des cultures : « L’explosion démographique est une catastrophe responsable de nos maux ; elle conduit à un appauvrissement de la diversité culturelle ; pour maintenir cette dernière, il est nécessaire que les peuples limitent leurs échanges et gardent leur distance les uns par rapport aux autres ». Raciste, Lévi-Strauss ?

Interdire la comparaison entre états de développements culturels et techniques dans le temps et dans l’espace reviendrait, selon la plaisante formule de Leo Strauss, à considérer le cannibalisme comme une simple affaire de goût culinaire.

Ainsi , je soutiens que c’est depuis le choc médiatique de la Shoah de la fin des années 60, que toute défense, même timide, de la civilisation et de l’homme occidentaux ou de ses Etats-nation, est, inconsciemment, associée au nazisme.

Un terrorisme intellectuel ?

C’est ce qui fonde le terrorisme intellectuel qui tétanise les organes de cette défense. Rien donc de très étonnant, qu’à chaque polémique récurrente sur le sujet, le refoulé affleurant ne finisse par surgir chez les militants les plus déterminés.

Cette semaine, aura été le tour d’un député socialiste Guadeloupéen pour suggérer lourdement que la pensée du ministre de l’intérieur finirait par conduire à un nouveau nazisme. Mélenchon a approuvé, il ne se sera trouvé aucun socialiste courageux ou lucide pour dénoncer l’ineptie du propos.

Ségolène Royal, pour tenter de le justifier, a cru devoir rappeler que son auteur était descendant d’esclaves. Puisqu’on en est à mobiliser son arbre généalogique, je rappellerai donc, qu’à une date plus récente, la Shoah me concerne au moins autant que M. Letchimy, et qu’il ne me plait guère qu’on la mette à toutes les sauces, même créole.

 

Le Figaro vote une motion pour contester le parti pris éditorial de la direction

Cette semaine, la Société des Journalistes du Figaro a voté une motion pour contester le parti pris éditorial de la direction. Pour quelle raison, les sociétés des journalistes de Libération, ou, dans une moindre mesure, du Monde, n’ont-elles pas adopté des motions symétriques, compte tenu de leur engagement délibérément à gauche, si un journal d’opinion se devrait de les modérer ?

J’oserai trois explications complémentaires :

- d’abord par ce que la sociologie des journalistes est ainsi faite que la profession est idéologiquement ancrée à gauche et à l’extrême gauche (80% selon un sondage de Marianne) donc, y compris au Figaro.

- ensuite, et peut-être surtout, en raison d’une intimidation permanente et unilatérale.

C’est ainsi, que dans ces mêmes colonnes, j’ai raconté comment la Mère Courage de France Inter, j’ai nommé Sophia Aram, a moqué à longueur d’antenne Etienne Mougeotte et son journal, et eux seuls.

Enfin, il existe une tradition non écrite de la presse de droite ou généraliste d’encaisser les coups sans jamais les rendre. C’est ainsi que le placide Jean-Pierre Pernaut de TF1 fait figure de tête de Turc permanente. Dans un ordre d’idées assez voisin, le certainement pas à droite David Pujadas, mais esprit indépendant, a été traité de larbin par Mélenchon sans bénéficier de la moindre protection d’une profession habituellement sourcilleuse.

Et c’est ainsi que la gauche extrême gagne tous les combats, sans combattre.

A propose de la Cour des Comptes et France télé

Jeudi soir, le journal télévisé de France 2 a traité du rapport de la Cour des Comptes concernant la gabegie dans les services publics : ont été évoqués, les services hospitaliers ainsi que le désamiantage de l’Université de Jussieu.

Curieusement, les gaspillages récurrents à France télévision, dénoncés par les Sages de la Cour, n’ont pas été abordés. Excès de délicatesse ?

 

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PS : petit courrier personnel.

Ayant osé, concernant la question syrienne, suggérer que l’on était désormais en présence d’une alternative politique entre le mauvais et le très mauvais, un lecteur a cru devoir me reprocher un parti pris pro Assad, que seules expliqueraient mes sympathies sionistes.

Étrangement, c’était le même grief dont je faisais l’objet, lorsqu’il y a deux décennies, dans le silence assourdissant de la presse et des intellectuels de ce pays, je dénonçais le massacre de 20 000 opposants islamistes par le même régime à Hama. Allez comprendre.

Rue 89 a bien voulu faire la recension de mon récent « Vieil homme m’indigne » consacré à Stéphane Hessel et au succès de son petit livre jaune.

Ayant expressément désigné cette publication comme l’un des vecteurs du triomphe hesselien, c’est avec une belle cohérence idéologique, que celle-ci a décidé de ne pas faire le mien, mais sans jamais excéder les limites de la libre critique.

L’unique reproche qui m’est fait est d’avoir accusé injustement le nonagénaire encensé de mensonge pour s’être paré indument du titre de « co-rédacteur » de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1948, qui lui aura servi de carte de visite ô combien prestigieuse.

En substance, Rue 89 reconnaît que l’intéressé n’a jamais été corédacteur, mais que ce seraient ses zélateurs, et non lui (sauf une fois, imprudemment, en 2008) qui auraient utilisé cette « hyperbole flatteuse ». Il y aurait donc une manière d’imposture de ma part à dénoncer cette imposture imaginaire.

Las, si le préposé à la critique avait poussé la curiosité intellectuelle jusqu’à prendre connaissance de la quatrième de couverture d’ «Indignez-vous ! » (qui ne comporte pourtant que 27 pages) il aurait pu lire : « … Corédacteur de la Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948, élevé à la dignité d’ambassadeur de France et de commandeur de la Légion d’honneur ! ».

Pour la Légion d’honneur, je confirme.

 

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