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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 18:20

ARTICLE PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

La semaine Goldnadel

Publié le 10 octobre 2011

La sphère médiatique française intoxiquée à l'idéologie sommaire

Que le sujet porte sur les caméras de vidéo surveillance, l'immigration, l'insécurité ou le conflit israélo-palestinien, les partis-pris qui empêchent toute réflexion imprègnent toujours autant les médias français, du côté de l'information comme du côté des commentaires.

De l'utilité de la vidéo-surveillance

Mardi, Babu, un usager du métro, d’origine indienne, meurt écrasé par une rame alors qu’une rixe l’opposait à Mohamed, un égyptien sans-papier qui importunait des jeunes femmes. C’est le réseau vidéo-surveillance de la RATP qui a permis d’identifier ce dernier. Quelques jours plus tard, le visionnage de l’incident laisserait à penser que ce n’est pas le malheureux Mohamed, – qui se contentait d’offrir des fleurs aux jeunes personnes – qui aurait porté les premiers coups, et que celui-ci n’aurait repoussé son adversaire que pour se défendre.

Conclusions : il y a encore quelques années, les organisations d’extrême gauche censées défendre notre liberté n’avaient plus de mots pour s’opposer à l’installation de caméras dans les lieux publics. C’est pourtant bien, ce système abhorré qui a permis d’appréhender Mohamed, et qui va sans doute lui permettre de prouver qu’il n’est pas le criminel qu’une information toujours pressée, laissait à penser. Quand donc, au nom du droit des hommes, nous débarrassera-t-on des droits-de-l’hommistes qui l’assassinent ?

 

Victimes à la SNCF : deux poids, deux mesures

Jeudi, un courageux contrôleur de la SNCF était grièvement poignardé dans le Lyon-Strasbourg. Aussitôt, les agents du chemin de fer d’État se mettaient en grève, laissant sur le quai des centaines de milliers d’usagers, qui pourtant, eux aussi, sont parfois agressés, sans que nul ne songe à paralyser pour autant le réseau ferroviaire. Il se déduit de ce pur constat factuel, qu’il existe deux catégories de victimes.

La gauche, qui a longtemps considéré l’insécurité comme un fantasme, est demeurée assez timide quant au recours à un mouvement syndical pénalisant des innocents. Sur le fond, la différence de traitement entre fonctionnaires et usagers n’est pas nouvelle et n’a, jusqu’à présent, soulevé aucun scandale médiatique particulier.

L’un des exemples les plus révoltants de cette apathie est celui du terrible accident ferroviaire de la Gare de Lyon qui s’est produit le 27 juin 1988, et qui a fait 56 morts et 57 blessés, tous pratiquement oubliés aujourd’hui. Le conducteur du train, dont la responsabilité est acquise, fut mis à pied administrativement. Protestations syndicales. Lors du procès, qui eut lieu fin 1992, le conducteur fut condamné à quatre ans de prison dont six mois fermes. Le lendemain du verdict, la majorité des conducteurs SNCF se mirent en grève pendant 24 heures, ce qui provoqua la consternation des familles des victimes. En appel, la peine fut réduite à un sursis. Nouveau mouvement syndical. Il se trouva un patron de nos chemins de fer pour dire « comprendre l’émotion des syndicats ». Aucune réaction de la presse.

Deux catégories de citoyens. A qui la faute ?

 

« Réislamisation culturelle des banlieues », concept dérangeant ?

En quoi l’enquête de Gilles Kepel, présentée par le perspicace Luc Bronner dans le Monde de mercredi sur la « réislamisation culturelle des banlieues » est-elle « dérangeante », pour reprendre l’expression du quotidien ?

Les musulmans n’ont-ils pas le droit de pratiquer leur culte avec intensité s’ils le désirent ? Les jeunes acculturés seraient-ils plus appréciables ? Quant à l’endogamie pointée dans le reportage, la communauté juive française la pratique encore allègrement sans qu’elle soit considérée comme un obstacle à l’intégration. Et si sans le dire, et peut-être même sans le penser, cette réislamisation massive et longtemps niée « dérangeait » par ce que l’identité constitutive et historique de la France était judéo-chrétienne ?

Le lendemain de l’article, je participais à l’excellent débat d’actualité de Valérie Expert sur LCI. Après avoir contesté la responsabilité de la société française, bouc émissaire traditionnel, pointée par Képel, je rappelais un article autrement dérangeant, toujours de Luc Bronner dans le Monde du 14 septembre 2010, dans lequel le sociologue de gauche, Hugues Lagrange, dans la foulée de mon regretté Christian Jelen, osait faire un lien entre immigration africaine et illégalité. Que n’avais-je dit ! Avec un brin de suffisance, le politologue Roland Cayrol décréta définitivement que jamais Lagrange n’avait prononcé une telle sentence. Retour aux verbatim de l’article sacrilège :

« Alors que les sociologues et la gauche privilégient traditionnellement l’explication sociale, le chercheur met en avant un facteur « culturel » pour expliquer son constat d’une surreprésentation des jeunes issus d’Afrique noire dans les affaires de délinquance. »

Tant que les politologues ne voudront pas lire, les Français, immigrés compris, continuerons de subir.

 

Polémiques sur l’émission de France 2, « l’œil sur la planète »

Dimanche, polémique sur l’émission de France 2, « l’œil sur la planète », contestée, pas seulement comme l’indique le Monde, « par la communauté juive », mais par de nombreux téléspectateurs pour son parti pris taxé d’outrancièrement pro-palestinien. Faisons ici, pour les besoins de l’analyse, l’économie du débat de fond, les pro-israéliens considérant l’émission comme truffée de mensonges, les pro-palestiniens assurant du contraire.

Constatons seulement que l’émission incriminée n’accorde que 5% du temps de parole aux partisans de l’Etat juif et qu’elle a été réalisée par une équipe d’acier composée notamment d’Etienne Leenhart, qui durant l’opération « plomb durci » trouvera le moyen de faire présenter des images datant de 2002 n’incriminant pas Israël, pour mettre sur son dos des exactions de 2009. Quant à Charles Enderlin, qu’on ne présente plus, jamais je ne pourrais être aussi sévère que la cour d’appel de Paris pour écrire que son reportage sur la mort du jeune Mohamed Al Dura imputée sans preuves à Israël aura été exclusif de tout sérieux et sincérité.

La seule question que je voudrais poser ici est de savoir s’il est permis de critiquer une télévision de service public, telle que France 2 ? A lire le dernier blog de Charles Enderlin, assurément non, puisque celui-ci considère comme autant d’actes de « censure », les protestations émises contre l’émission. Si l’on veut comprendre, et les partisans d’Israël devraient en faire l’effort, la manière dont cette information est traitée aujourd’hui en France, il convient d’élargir le spectre observé.

Tout d’abord, ne jamais perdre de vue que les fabricants d’informations et de commentaires présentent à peu près le même profil sociologique que les enseignants de ce pays. Faut-il ensuite s’étonner du matraquage idéologique qui en résulte depuis 40 ans ? Ensuite, leur manière de décrire la prétendue réalité ne s’arrête certainement pas au conflit israélo-palestinien.

Rien que deux exemples récents : France 2, neuf août, 20 h. Les émeutes de Londres. Trois Anglais anonymes interviewés sur trois justifient les émeutiers. Chaque jour, Loïc de la Mornay s’étonne de la réponse « sécuritaire » émanant tant des conservateurs que des travaillistes sans explication de « sociologues », contrairement à ce qui se serait fait en France. Le même, au début des émeutes, avait pourtant expliqué qu’à Londres, prévalait la mixité sociale et que l’on n’y connaissait pas les barres d’immeubles. Du coup, reportage sociologique le vendredi 12 à 13h sur le lien indiscutable entre misère et émeutes.

Toujours France 2 : présentation des manifestations anti-pape en Espagne. Empathie avec les manifestants. Le 18 août, 13h : on interroge deux jeunes manifestants qui expliquent, au demeurant faussement, la gabegie qu’entrainerait pour l’Espagne le voyage du Saint-Père. On interroge ensuite deux jeunes catholiques charitables : le premier comprend les manifestants mais veut partir déjeuner, le second comprend également les manifestants. Il faudra attendre le succès indéniable du voyage de Benoît le seizième pour que France 2 cesse enfin de montrer une compréhension particulière pour des manifestants parfois violents. Rien de plus puissant qu’une idéologie sommaire.

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 15:51

D’après un ARTICLE PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

Publié le 3 octobre 2011

La semaine Goldnadel

http://www.atlantico.fr/decryptage/gauche-droite-propagande-gilles-william-goldnadel-194989.html

Petit précis de vocabulaire médiatique : la gauche s'engage, la droite fait de la propagande...

William Goldnadelrevient cette semaine sur le concept de personnalité "engagée" et sur le conformisme dont semble souffrir les médias français... 

Ils ont osé...

Lundi, l’humoriste maison de France Inter s’en prend au Figaro et à ses journalistes qualifiés de « militants ». Bravo ! Ça c’est du courage et de l’originalité. C’est vrai, Sophie Aram aurait pu étriller Libération ou Médiapart. Mais c’eut été particulièrement injuste, s’agissant d’observateurs dénués de préjugés idéologiques. La même Sophie avait, on s’en souvient peut-être, défrayé mollement la chronique en traitant les électeurs du Front National de « pauvres cons ». Là encore, lorsque l’on pousse l’audace antifasciste jusqu’à prendre de tels risques. Respect. C’eut été tellement banal, tellement dans la tradition de la radio de service public de qualifier avec la même distinction les sympathisants du PCF, ou du Nouveau Parti Anticapitaliste.

Dans la même veine irrésistiblement drolatique et intrépide, on accordera un second accessit à son prédécesseur, Stéphane Guillon, qui a remplacé dans la mairie de son mariage le portrait de l’actuel locataire de l’Elysée par celui de François Hollande. Il fallait oser.

 

Quand "engagé" veut dire "de gauche"

Dans un ordre d’idées voisin, on complimentera l’audiovisuel de service public, en particulier la troisième chaine de télévision nationale, pour sa programmation du « Choix d’Adèle » ce mardi 20. La présentation qui est faite de cette fiction par l’hebdomadaire Télé Cable est illustrative : « Miou-Miou incarne une institutrice confrontée à la détresse d’une famille albanaise sans-papiers. Une fiction qui colle aux engagements bien réels de la comédienne, fortement investie dans cette cause. » Plus loin, l’actrice présentée comme « engagée » en faveur des sans-papiers, prend soin de préciser qu’elle signait des pétitions en leur faveur, qu’elle était à la Bastille quand certains ont été délogés et en lien avec RESF (réseau éducation sans frontières).

Pour ne pas qu’on fasse semblant de ne pas comprendre ce que je veux dire, je vais lourdement préciser que je ne verrais aucun inconvénient à la diffusion d’une telle fiction préconisant la désobéissance civique aux lois républicaines de régulation des flux migratoires, présentées, il est vrai depuis des lustres comme purement et simplement vichyssoises. Mais tout citoyen, doté d’un minimum d’intelligence et de bonne foi, sait pertinemment que le terme « engagé » est un euphémisme hypocrite qui signifie « de gauche » et qu’une fiction qui aurait pour thématique de célébrer le combat ingrat d’un flic pour s’opposer à une immigration clandestine présentée, à tort ou à raison, comme dangereuse ne serait pas qualifiée d’œuvre « engagée » mais de propagande haineuse.

A dire le vrai, cette fiction est inconcevable, précisément compte tenu du formatage idéologique incessant, qui a décérébré les esprits non engagés. Quant à invoquer le principe de neutralité du service public, il ferait rire le Tout-Paris.

Pour terminer sur ce registre, on remarquera que la même chaine de télévision nationale a confié à l’excellent Serge Moati une série documentaire, à raison d’un épisode chaque premier lundi du mois, jusqu’au 7 mai 2012 pour présenter les coulisses de la campagne présidentielle. Télé Cable rappelle que ce conseiller audiovisuel de François Mitterrand est « subjectif et engagé ». Décidément, Marianne et Libé avaient raison, Sarkozy tient fermement les médias dans sa main droite .

J’allais oublier France 2. Chez Ruquier, l’acteur Gérard Darmon s’est taillé un franc succès populaire en décrivant mon confrère Gilbert Collard, absent, comme un « petit con, à la droite d’Hitler. » Insoutenable légèreté de l’être artistique « engagé » par conformisme obligé. Darmon devrait davantage étudier l’histoire de la seconde guerre mondiale. Ou se contenter de demeurer l’excellent acteur qu’il est. C’est vrai, on n’est pas obligé de parler de ce qu’on ne connait pas.

 

Le procureur Courroye, convoqué en vue d’être mis en examen

Je suis un de ceux qui se sont le plus opposé à sa bien curieuse manière de mener une instruction outrancièrement à charge. Notre opposition frontale a défrayé plusieurs fois la chronique. J’ai écrit, concernant l’affaire de l’Angolagate, que celui-ci s’était affranchi à plusieurs reprises de toutes les obligations procédurales prévues pour respecter les droits de ses prévenus. La Cour d’Appel de Paris a sévèrement sanctionné sa vision du dossier et lorsqu’il s’insurge aujourd’hui contre la manière d’instrumentaliser une procédure pour le faire passer pour un délinquant, il connait magistralement son sujet.

Ceci fermement posé, parce que je n’aime pas piétiner un homme le genou à terre, et parce que surtout, je me veux intellectuellement plus honnête que lui, j’observerai :

  •  Que le Monde, censé être aujourd’hui sa victime, aura été le journal qui, pour des raisons idéologiques touchant à l’antipathie naturelle que lui inspiraient les personnalités qu’il poursuivait, aura le plus fermé les yeux sur ses méthodes expéditives (voir mon article dans le Figaro du 12 mai).
  •  Qu’ainsi que je l’ai déjà écrit dans ces colonnes, il est loin d’être acquis juridiquement, contrairement à ce qui s’écrit partout, que policiers et procureur aient violé la loi en tentant de connaître les interlocuteurs de quelqu’un ayant manqué aux devoirs de sa charge, fussent-ils journalistes au Monde.

 

Appelez-moi "Mademoiselle" !

Nouveau problème essentiel au progrès humain : l’emploi du vocable « Mademoiselle » relèverait d’un sexisme d’un autre âge, voire d’un outrage. Le type même de la polémique victimaire artificielle dont les médias sont si friands qu’ils placent au centre du débat des associations dénuées de toute représentativité. Si l’on a bien compris les promotrices de cette nouvelle proscription verbale, on ne devrait pas davantage nommer ainsi une jeune femme que l’on ne nomme « jeune puceau » un homme jeune. Encore que je ne prétende pas connaître à fond les mœurs de mes jeunes contemporaines non mariées, j’avais cru comprendre qu’elles n’étaient plus toutes natives de Domrémy.

Dans mon esprit rétrograde, l’usage du terme bientôt interdit se voulait plutôt aimable. Et j’avais la naïve impression d’être agréablement entendu. Puisque les défenseurs intransigeantes, pardon défenseuses, des droits de la femme veulent gommer toutes civilités condescendantes, je propose que, désormais, lors des prises d’otages, on ne libère plus en priorité les femmes.

Plus sérieusement, j’attire l’attention des esprits strictement soucieux d’égalité des sexes, sur le déséquilibre en matière de politique carcérale. Cécile Prieur, peu suspecte de sexisme, révélait déjà dans un article du Monde intitulé « La justice est plus clémente envers les femmes qu’envers les hommes » qu’à égalité de délits, les juges enfermaient infiniment moins systématiquement et moins longuement les femmes que les hommes (cité dans mes Martyrocrates Plon 2OO4). Il est vrai, que c’est infiniment moins important que les civilités, il ne s’agit seulement que de la liberté des hommes. Et des femmes.

 

Enfin, la Libye...

Un siège meurtrier de Syrte qui risque de tourner au carnage pour les civils. Les islamistes qui tiennent de plus en plus le haut du pavé (le Figaro du 27 septembre), les Noirs, suspects de complicité avec l’ancien régime que l’on continue de pourchasser, dix mille missiles qui ont disparu des stocks d’armement. Sarkozy a eu raison de venir encaisser rapidement les bénéfices de printemps. L’automne est  là.

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 18:20

ARTICLE PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

 

La semaine Goldnadel

http://www.atlantico.fr/decryptage/indignation-selective-opposants-peine-mort-william-goldnadel-190141.html

 

Publié le 26 septembre 2011

La très sélective indignation des opposants à la peine de mort

William Goldnadel revient cette semaine sur le débat autour de la condamnation à mort de l'Américain Troy Davis. Toujours incisif, il évoque également la prestation au 20h de DSK, les manifestations pro-Tristane Banon, l'affaire du DC-10 d'UTA, les écoutes de Brice Hortefeux et la reconnaissance éventuelle d'un État palestinien.

 

DSK au 20h de Claire Chazal

DSK le 18 septembre chez Claire Chazal. Le bide total. Aucune spontanéité. Au lieu de s’en remettre à son instinct qui, jusqu’à présent, ne lui avait pourtant pas trop mal réussi, Strauss-Kahn a préféré écouter ses doctes « communicants » peut-être excellents par temps calme, mais sans compétence, les jours de tempête. Il aurait pu, il aurait dû, laisser parler son émotion. Il n’était interdit ni impossible d’être à la fois madré et sincère. Ni de se taire.

Je l’écris d’autant plus sans scrupules particuliers que j’ai été l’un de ceux à avoir pris sa défense dès le premier jour, y compris dans ces colonnes. Moins pour une improbable sympathie pour l’homme que par respect pour les principes intangibles que je défends. La suite pénale ne m’a pas cruellement démenti.

 

L'affaire Banon, suite...

Pour les mêmes raisons, qu’il me soit permis d’écrire, y compris dans ces colonnes, combien me déplaisent les manifestations féministes au soutien de la cause, déjà juridiquement hardie, de Mlle Banon. Je n’y vois pas grande différence avec les démonstrations des femmes de chambre new-yorkaises qui n’auront guère porté bonheur à Mme Diallo.

Le message de cette dernière apportant son appui à sa compagne d’infortune parisienne n’étant pas de nature à crédibiliser un dossier dans lequel, si on a bien compris, la mère de la plaignante aura à la fois bien connu le prévenu – jusqu’à le trouver brutal – et dissuadé sa malheureuse fille de porter plainte contre lui dans les délais requis.

Il me semble que les souffrances réelles subies quotidiennement par les femmes, et pas seulement dans les suites d’hôtels et les appartements luxueux, méritent mieux. Grâce soit rendue à « Ni putes, ni soumises » de ne pas s’être aventuré dans cette pétaudière. Quant aux assurances des manifestantes de n’avoir enfreint la « présomption d’innocence » de l’intéressé, elles paraissent, si j’ose dire, un brin faux cul.

 

L'attentat du DC-10 d'UTA : l'après-Kadhafi

Belle tribune de notre garde des Sceaux, Michel Mercier (le Figaro 19 septembre) à l’occasion de l’anniversaire de l’attentat du DC-10 d’UTA. Mais, à dire le vrai, on aurait préféré qu’un tel article soit écrit lors d’un anniversaire précédent, autrement dit avant la chute de Kadhafi.

On aurait également aimé avoir des nouvelles de M. Ahmed Senoussi, beau-frère du colonel déchu et condamné par contumace par la justice française, précisément pour avoir organisé l’attentat. Je rappelle, une nouvelle fois, que pour un autre anniversaire, celui de la Jamahiriya libyenne, Jacques Godfrain, représentant officiel de Jacques Chirac, avait côtoyé le condamné sur la tribune officielle. Dans d’autres pays, plus sourcilleux, il y aurait eu un immense scandale d’État. Il est vrai que seulement 170 Français furent condamnés à mort par Kadhafi et son beau-frère ce 19 septembre 1989.

 

Troy Davis condamné à mort

Troy Davis a été exécuté en Géorgie. Protestations hautement compréhensibles des adversaires de la peine de mort. Mais certains commentaires périphériques échappent à l’entendement. Le supplicié aurait incarné le prototype du « Noir accusé d’avoir tué un policier blanc ». Suivaient les protestations d’innocence, invérifiables sans accès au dossier, indiscutables sans passer pour un salaud en dépit de fâcheux précédents, mais surtout inutiles lorsqu’on est opposé à la peine de mort par principe.

Le même jour, un certain Brewer, était exécuté lui aussi, mais dans l’indifférence générale des abolitionnistes. L’explication nous était donnée benoitement par l’un d’entre eux : ce condamné là, un Blanc ayant assassiné un Noir, « n’était pas très sympathique ». Avec des opposants comme ça, la peine de mort a encore de beaux jours aux Etats-Unis d’Amérique.

 

Les écoutes de Brice Hortefeux

Les déclarations, très écoutées, de Brice Hortefeux sont troublantes, peut-être confondantes. Ses explications laborieuses. Pour autant, on ne voit toujours pas le lien entre l’enquête financière du juge Van Ruybek et l’attentat de Karachi. Pas davantage le doigt de Sarkozy dans un pot de confiture dont il est aujourd’hui difficile de douter de la consistance.

Dès lors, était-il bien utile pour la radio d’État d’en rajouter une pleine louche en tendant (le 27 septembre à 13h) un micro complaisant à l’avocat de Mme Thierry Gaubert, très mal mariée à celui-ci, pour l’enfoncer davantage en expliquant, sans grand risque d’être contredit, que cette princesse de Yougoslavie était la malheureuse victime de son machiste de mari ?

Encore une chose : autant l’exploitation médiatique des écoutes de la conversation entre M. Gaubert et l’ancien ministre de l’Intérieur est édifiante au regard de l’affaire elle-même, autant elle est déplacée pour se plaindre de la violation d’un secret de l’instruction dont la presse est la principale bénéficiaire. L’instruction est depuis longtemps la victime consentante de tous les acteurs appointés de la comédie judiciaire : avocats, juges, greffiers, policiers. Il ne manquerait plus que les spectateurs s’en émeuvent.

Dans la même étrange mais très moderne logique, on aura vu cette semaine Julien Assange, fondateur du fort indiscret Wikealeak , poursuivi – lui aussi – pour agression sexuelle en Suède, s’étouffer d’indignation au motif que sa biographie avaient fait l’objet d’une publication intempestive…

 

La reconnaissance d'un État palestinien

La Palestine, enfin et toujours. La démarche unilatérale du président Mahmoud Abbas à l’ONU a donné lieu à diverses interventions très commentées. Le discours du président Obama, une fois n’est pas coutume, aura été unanimement critiqué en France pour sa tonalité nettement pro-israélienne. Les commentateurs, à qui on ne la fait pas, y ont vu un lien regrettable avec l’élection présidentielle américaine de novembre 2012. Et ils ont, en partie, raison. Question : est-il beaucoup plus anormal de se soucier d’un scrutin démocratique, que de la réaction encolérée de la rue arabe annoncée en cas de rejet de la motion palestinienne ?

Le discours du Président Sarkozy : il aura été le premier à faire le lien entre le printemps arabe et l’exigence palestinienne. Étrange et dangereux lien. La liberté palestinienne ne devrait-elle pas s’arrêter à la sécurité Israélienne ? A moins que le Président n’ait voulu suggérer qu’il était temps que les habitants de Gaza se révoltent contre le Hamas ? Ou que les journalistes de l’autorité palestinienne soient libres d’y dénoncer la corruption, ce qui est loin d’être le cas ?

J’ai bien écouté, le discours du Président de l’autorité palestinienne. Je n’y ai toujours pas entendu le moindre commencement de reconnaissance d’Israël en tant qu’État du peuple juif, conformément à la résolution de l’ONU de 1947.Reconnaissons aux Arabes de Palestine l’invariable constance depuis 60 ans.

Ce discours a été salué par un tonnerre d’applaudissements. Des représentants de l’Algérie à ceux du Zimbabwe. Le discours du Premier ministre israélien n’a fait l’objet, lui, d’aucuns commentaires en France et de bien peu d’applaudissements dans le palais de verre de Manhattan. Il est vrai que Benjamin Netanyahou, après avoir observé le caractère indéfendable des lignes de 67, a eu le mauvais goût de rappeler qu’Israël avait fait l’objet de plus de condamnations à lui seul, que l’ensemble de tous les autres États réunis.

Le Premier ministre israélien a également remarqué que l’actuel président du Conseil de Sécurité était le représentant de l’État libanais aux mains, désormais, du Hezbollah. Le très modéré Abba Eban disait souvent que si un État arabe proposait une motion déclarant que la terre est plate et que c’est Israël qui l’a aplati, celle-ci serait entérinée avec 110 voix pour, quatre contre et 16 abstentions.

Ceux que ne révolte pas la situation de voir l’État juif traité en juif des États, indépendamment de ses erreurs éventuelles, sont-ils des critiques dignes de confiance ? On aurait tort de rejeter ces observations avec l’assurance confortable que confère le matraquage médiatique.

Le discours en faveur d’Israël à ceci de tristement remarquable qu’il donne souvent raison trop tard à son auteur, moqué sur le moment. Ainsi du méchant rapport Goldstone, renié ensuite par son rédacteur repentant. Ainsi du blocus anti- Hamas de Gaza, dont même l’ONU reconnait aujourd’hui la légalité. Attendons donc.

 

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 17:48

ARTICLE PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

La semaine Goldnadel

http://www.atlantico.fr/decryptage/etat-palestinien-israel-fete-humanite-185413.html

Publié le 19 septembre 2011

 

 

Blog-note : En politique intérieure comme internationale, l’idéologie dominante sidère les esprits et pétrifie les réactions

De la fête de l'Huma à la reconnaissance de l'État palestinien, l'avocat Gilles-William Goldnadel revient sur les événements de la semaine passée. Et comme toujours avec lui, le politiquement correct n'est pas de mise.

Les éminences socialistes à la fête de l’Humanité

Ainsi, la plupart, pour « rassembler toutes les gauches ». Martine Aubry, déclarant pour sa part, qu’elle avait pris cette habitude « depuis les années 70 ». A Ségolène Royal l’étreignant joyeusement, Mélenchon, déclara avec condescendance : « Tu comprends notre démarche de la radicalité concrète ». Et c’est bien du rapport avec la radicalité politique qu’il s’agit. Imagine-t-on la bronca médiatique et intellectuelle que pourrait déclencher une visite symétrique d’un responsable UMP à la fête « Bleu-Blanc-Rouge » du FN aux fins de « rassembler toutes les droites » ?

Que cette hémiplégie morale soit cultivée par la gauche est, cyniquement, compréhensible. Mais que la droite républicaine ou libérale, qui a tant sacrifié électoralement pour se conformer à ses principes, ne dénonce pas fortement la soumission socialiste à l’extrême gauche jusqu’à accepter de recevoir quelques pierres, montre à quel pointl’idéologie dominante sidère les esprits et pétrifie les réactions.

Lorsque Mme Parisot s’en prend plus vertement au programme économique du FN qu’à celui du PCF ou aux grèves irresponsables de la CGT, lorsque Nathalie Kosciuzco-Morizet réserve ses seules flèches à Marine Le Pen, n’oublient-t-elles pas, dramatiquement, un autre front ?

 

Hortefeux relaxé...

Ainsi, la Cour d’appel de Paris a infirmé la décision du tribunal correctionnel qui avait condamné Brice Hortefeux pour injure raciale. L’ancien ministre a été relaxé. Le MRAP a été débouté. On peut penser ce que l’on veut de l’humour du prévenu, que je ne trouve, personnellement pas drôle du tout, mais c’est ainsi. A lire le Monde du jeudi, un esprit distrait aurait pu considérer que les commentaires sévères des juges – mais totalement superfétatoires – valaient condamnation.

 

Erdogan, ce modèle démocratique

Dans un esprit finalement assez voisin, une bonne partie de la classe intellectuelle et médiatique, dont Bernard Guetta est l’un des représentants les plus courtois, considère que le doux printemps arabe aurait bourgeonné d’« islamistes modérés » à foison. Jadis, du temps du conflit libanais, l’expression « islamo-progressiste » avait fait florès, avant que ne vienne le temps plus rigoureux du Hezbollah.

Dans sa dernière causerie, le journaliste précité a présenté le premier ministre turc Erdogan comme le modèle démocratique le plus avantageux dans un monde islamique ombrageux. C’est faire vraiment peu de cas de l’occupation d’une partie de l’Europe, à Chypre comme de la brutalité avec laquelle les ottomans nouveaux traitent les populations kurdes des deux cotés de la frontière turco-irakienne.

Il est vrai que l’ensemble des confrères de M. Guetta ne se montrent pas autrement plus critiques. A ce titre, et pour relativiser le brevet de démocratie accordé désormais sans barguigner au régime d’Ankara, on rappellera que, selon Reporters Sans Frontières, la Turquie occupe le 138e rang au classement des pays qui respectent la liberté d’expression. Mais peut-être que M. Guetta m’objectera avec son bel optimisme qu’ils étaient tout de même 178 à concourir.

Comme tristement on le verra, en Libye, en Egypte ou en Turquie, les « islamistes modérés » sont à la réalité, ce que le cercle carré est à la géométrie et le « communisme à visage humain » à l’Histoire. Ils n’existent qu’en grammaire. Dans la catégorie des oxymores.

 

Vers la reconnaissance d'un État palestinien ?

Enfin, la Palestine. Alain Frachon, ordinairement mieux inspiré, dans un article intitulé « Faisons un rêve », forme le vœu très pieux de voir le gouvernement israélien reconnaître l’État palestinien à l’ONU. J’ai donc l’ingrat devoir de rappeler certaines vérités à notre émule de Sacha Guitry :

  • L’actuel premier ministre israélien a déjà reconnu la légitimité d’un État pour les palestiniens dans son discours à l’université de Bar Ilan, il y a déjà trois ans.
  • Il attend toujours de voir le président de l’Autorité Palestinienne reconnaître, réciproquement, la légitimité d’Israël, en tant qu’État du peuple juif, conformément à la résolution sur le partage de la Palestine de 1947. Il discerne dans ce refus constant de la partie arabe la source principale du conflit centenaire.
  • Pour l’heure, le peuple arabe de Palestine est représenté par deux gouvernements rivaux qui se disputent la direction de l’État en devenir.
  • La partie palestinienne exige unilatéralement, au rebours des accords d’Oslo qui imposent une négociation préalable, la fixation par l’ONU de frontières qui n’ont jamais existé auparavant : la ligne d’armistice de 1967. Contrairement à une idée reçue aussi fausse que répétée des millions de fois, l’État hébreu n’a aucune obligation contraignante de revenir à cette ligne d’armistice.
  • Sans même évoquer le caractère indéfendable des lignes de juin 67, la résolution à venir, si elle avait un aspect contraignant, obligerait l’État juif à abandonner le Mur de Jérusalem et à s’en remettre à l’esprit bien connu de modération de la partie adverse en matière de liberté de culte.
  • Celle-ci, a toujours indiqué, sans pourtant indigner les partisans du multiculturalisme, qu’aucun juif ne serait toléré dans l’État islamique de Palestine. En revanche, elle exige toujours le retour de tous les « réfugiés » et de leur descendance en Israël.

Dans ces conditions, le rêve de M. Frachon, comme souvent, finirait en cauchemar.

J’ai lu ici et là, que, bien entendu, il conviendrait d’offrir, en contrepartie, à Israël une « garantie internationale ». Sera-t-elle du même acier, que la résolution onusienne qui obligeait le Hezbollah à désarmer ? Et sera-t-elle défendue avec opiniâtreté par nos chroniqueurs oniriques, en cas d’accrocs ?

Au fait, je ne crois pas avoir lu dans le journal de M. Frachon, en principe peu avare, le moindre commentaire sentencieux rappelant à la partie égyptienne, un peu fluctuante ces jours-ci, la nécessité de respecter le traité de paix israélo-égyptien. Doux rêveur que je suis.

 

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 12:05

ARTICLE PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/gilles-william-goldnadel-place-pechenard-islamistes-180574.html

 

La semaine Goldnadel

 

Sortons des pessimismes obligatoires et des optimismes de commande

Publié le 12 septembre 2011

 

Chaque semaine retrouvez l'actualité de la semaine revue et corrigée par l'avocat Gilles-William Goldnadel. Aujourd'hui : la polémique Placé, les écoutes téléphoniques de Péchenard et les islamistes au pouvoir...

 

Au rebours des commémorants du 11 septembre à l’esprit simple, qui se sont contentés, de pleurer les victimes et de flétrir leurs bourreaux en nommant leur idéologie islamiste par son nom, certains esprits, sans doute plus fins, se sont complus à incriminer le monde occidental.

C’est ainsi que notre chaine franco-allemande a consacré une émission sur « l’obsession sécuritaire ». Dans la même veine, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) a réclamé, dans un communiqué, l’abrogation de toutes les lois d’exception et « liberticides » conçues au lendemain de l’attentat, ainsi que la fermeture de Guantanamo.

Obsession sécuritaire, obsession anti-raciste : quelle est la pire ?

De très nombreux commentateurs ont dénoncé les amalgames xénophobes contre l’islam dont se serait rendu coupable le sinistre George Bush junior.

Il faudra peut-être un jour songer à sortir de cette conception un brin ringarde et dépassée qui veut voir dans l’État, un Léviathan, source éternelle du danger pour l’individu.

Remarquons, en passant, que, réalisme oblige, le libéral Obama n’a toujours pas fermé Guantanamo, en dépit d’une campagne électorale axée sur ce thème, et que le Patriot Act vient d’être reconduit pour quatre ans.

Aujourd’hui, bien plus que l’État, ce sont les groupes ou les individus qui sont le premier danger pour la personne humaine. Ce sont eux qui donnent la peine de mort, de manière assez expéditive.

George Bush, le galeux , dès le lendemain des attentats les plus terribles qu’ait connus son pays, s’est rendu, mais qui l’a rappelé, dans une mosquée de New York pour bien signifier au peuple américain qu’il ne confondait pas islamistes et musulmans. On voudra bien comparer avec l’attitude d’un Roosevelt adulé qui enferma ses Japonais dans des camps au lendemain de Pearl Harbour.

Ce n’est pas entièrement la faute de Bush, si une bonne minorité de musulmans ne prit pas grande distance avec Ben Laden.

Plutôt que d’entonner la rengaine convenue sur l’obsession anti-sécuritaire, il eut été peut-être plus créatif et novateur de se pencher sur l’obsession antiraciste.

Placé et ses origines

A ce sujet, la polémique picrocholine Marleix-Placé en donne un aperçu aussi ridicule que savoureux. Voilà une affaire qui a déclenché un torrent d’images et de commentaires.

J’ai entendu « la victime » Placé, au micro d’une Pascale Clark dégoulinante de compassion et d’empathie, nous dire combien il avait été blessé pour s’être fait rappeler son origine coréenne, lui l’enfant adopté, par un Marleix taxé de raciste.

Certes, ce dernier n’a guère été futé – tout comme Fillon pour Eva la scandinave – d’insister lourdement sur l’extranéité originelle du responsable Vert.

Certains journalistes ont révélé que Libération, le 21 janvier 2004, indiquait que celui qui a saisi la justice pour diffamation raciale aimait à se présenter « comme le Chinois de Jean-Paul Huchon »

Reconnaissons qu’il ne règne pas dans le pays un racisme anti-asiatique effréné, mais si la presse avait souhaité utilement se préoccuper du sort de nos Chinois, Vietnamiens et… Coréens, elle eut été mieux inspirée de couvrir davantage les manifestations d’asiatiques du mois de juillet, descendus dans la rue par milliers pour se plaindre des agressions dont ils sont, eux, réellement victimes dans les quartiers populaires de la capitale.

Si Placé gagne son procès, je veux bien manger ma robe.

 

Péchenard et les écoutes téléphoniques

Un procès qu’on ferait bien de ne pas faire perdre trop vite, c’est celui du commissaire Frédéric Péchenard qui vient de reconnaître avoir autorisé des écoutes qui ont abouti à des journalistes du Monde, dans le cadre d’une enquête sur un fonctionnaire ministériel indiscret.

Certes, ces journalistes sont parfaitement dans leur rôle pour se plaindre judiciairement d’un manquement au respect de la loi.

Mais de là à ce que l’ensemble de la presse, avec un bel esprit de corps, considère la version de ceux qui sont partie prenante comme celle du Journal Officiel, il y a un pas que n’autorise pas encore l’exégèse jurisprudentielle d’une loi qui permet, en certaines occasions exceptionnelles, d’écouter des journalistes.

Prenons un peu d’altitude : est-il naturel, que de tous les manquements au respect de la vie privée et au secret, les seuls qui soient stigmatisés moralement et médiatiquement soient ceux qui seraient commis par l’État et que l’on regarde avec une bienveillante bonhomie ceux perpétrés par des acteurs privés (Wikileak, Bettancourt, Fédération Française de Football) ?

 

Mauvais temps sur le Printemps Arabe

Lorsqu’avant l’été, au cours de débats médiatiques, je m’étais permis de conseiller de ne pas trop se précipiter dans l’angélisme béat pour prédire l’avenir du « Printemps Arabe », je ne m’étais pas fait, on s’en doute, que des amis.

C’est ainsi, il existe des pessimismes obligatoires : les OGM, le nucléaire, le climat… Comme des optimismes de commande : l’immigration, la jeunesse… et la volonté de la rue.

Certes, il était aussi sympathique qu’indéniable de constater, qu’au début du mouvement, c’était les jeunes blogueurs, au Caire notamment, qui étaient à l’origine du désir de rompre avec la fatalité de l’autoritarisme et de la corruption. Mais il y a déjà de nombreuses semaines que les islamistes se sont réimplantés au Caire, à Tunis, à Tripoli, faute d’une réelle opposition démocratique alternative.

A Damas, la Ligue Arabe, dont on connait l’appétence pour la liberté, vient de signifier qu’elle ne tolérerait plus « d’ingérence étrangère », après qu’Assad junior et son armée alaouite aient, pour l’heure, ramené à quia le peuple syrien par la mitraille et le canon.

L’un des arguments massues du club des optimistes obligatoires était de constater – ce qui était au demeurant faux – qu’on n’avait pas entendu place Tahrir des slogans hostiles à Israël.

Le sac de l’ambassade, la tentative de lynchage de ceux qui s’y trouvaient encore, la mise à feu compulsive et si symbolique du drapeau étoilé risquent, à mon immense regret, de me donner définitivement raison, mais je fais confiance au club pour m’expliquer mon impardonnable erreur.

 

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 14:29

http://www.atlantico.fr/decryptage/oslo-tuerie-norvege-terrorisme-responsabilite-droite-gauche-amalgames-155628.html

http://ads.horyzon-media.com/call/pubi/23700/161043/6325/M/%5btimestamp%5d/?ARTICLE PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

 

Amalgames

Publié le 2 août 2011


Oslo ne doit pas faire oublier le terrorisme inspiré par la gauche radicale

 

De Jean-Paul Sartre à Stéphane Hessel, il se répand que des actes barbares puissent être l'expression d'une colère désespérée contre l'injustice. Amalgame réducteur et trompeur, qui en dit long sur une certaine Doxa...


Que l’extrême gauche et sa cohorte d’idiots utiles soient capables de toutes les audaces et de toutes les impudeurs n’est pas une surprise, c'est même sans doute ce qui fait toute leur puissance. Mais la prégnance de leur influence sur l’ensemble de la classe médiatique européenne vient encore de trouver une triste démonstration au lendemain de la tuerie norvégienne.


Ainsi en France, les pitreries du MRAP rejetant sur la droite la responsabilité du massacre ou les cochonneries d’Europalestine incriminant Alain Finkielkraut ont trouvé des relais bien au-delà du pré carré de leurs obsessionnels affidés et sans déclencher un scandale particulier. Pourtant, et à ma connaissance, il ne s’est pas trouvé – y compris dans la « fachosphère » – une foule de responsables d’envergure pour trouver la moindre excuse au geste aussi odieux qu’injustifiable de ce demi dément ayant agi, jusqu’à preuve du contraire, de manière solitaire, à l'exception notable de Jean Marie Le Pen, au demeurant davantage dans la relativisation que dans la justification.


A l’inverse, que nous apprend l’histoire du terrorisme international des trente dernières années ? De l’extrême compréhension par la gauche radicale de l’emploi aveugle de la violence organisée et théorisée à l’encontre d’une population civile. Le venin a tellement été distillé qu’une bonne partie de l’opinion publique intoxiquée est aujourd’hui persuadée que le terrorisme – du moins celui dirigé contre l’Occident – est l’expression horrible, d’une colère désespérée contre l’injustice.

Mieux – ou pire – encore, certains intellectuels, encore encensés par la classe médiatique dominante, n’ont pas hésité à justifier expressément par la plume l’usage de la bombe ou de la Kalashnikov. Ainsi que le rappelle opportunément Michel Onfray dans le Monde du 6 juin, Sartre a pu écrire sans être décrié : « d’un point de vue moral et révolutionnaire, les enlèvements et les meurtres d’industriels allemands commis par le groupe Baader Meinhof sont absolument justifiés… Le groupe se conduisait tout à fait bien. Ils n’ont jamais tué un seul innocent. Il traquait les porcs vicieux à l’intérieur de leur société, et les colonels américains qui rampaient devant eux ».


Jean Baudrillard, a pu, sans être particulièrement diabolisé, écrire avoir rêvé du 11 septembre 2001. Feu Ben Laden, dans une de ses interventions, a rendu un hommage appuyé aux écrits d’Emmanuel Todd et Noam Chomsky. Ceux-ci , fort heureusement, n’ont été désignés à aucune vindicte. Quant à Stéphane Hessel, canonisé de son vivant, celui-ci, dans son best-seller considéré comme le bréviaire de l’amour et de la paix, a pu tranquillement énoncer que les gens du Hamas, compte tenu de la situation qui leur était faite, ne pouvaient rester dans la non-violence.


Imaginer un peu que l’auteur de ces lignes, au lendemain du massacre d’Itamar qui a vu, il y a quelques mois, dans l’indifférence générale, deux Palestiniens assassiner toute une famille israélienne (le père, la mère, le petit frère, la petite sœur, et un bébé de trois mois, égorgé dans son berceau) ait seulement suggéré que ses inspirateurs en étaient la gauche radicale européenne en général et un vieillard indigné en particulier…


Terrorisme intellectuel

Dans un ordre d’idées très voisin, je faisais observer dans mes Réflexions sur la Question Blanche qu’un salaud intégral ne pouvait, dans l’inconscient collectif formaté, n'être qu’occidental. On remarquera à cet effet, que le qualificatif de "monstre" a été réservé par la presse au terroriste blond plutôt qu’au défunt saoudien…

Bien entendu, on ne saurait être dupe de cette nouvelle tentative par le terrorisme intellectuel classique de mettre au pas la dissidence à la Doxa dominante immigrationiste et xénophile. Si, à la prochaine hécatombe islamiste, cette même dissidence osait, mais avec des arguments autrement plus forts, imiter la gauche radicale dans sa critique des intellectuels sottement fascinés par la violence collective, alors l’amalgame d’aujourd’hui n’aura pas été inutilement scandaleux.


Gilles William GOLDNADEL

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 11:51

Article paru sur le site http://www.atlantico.fr/

 http://www.atlantico.fr/decryptage/defense-dominique-strauss-kahn-justice-105046.html

 

 

Défense raisonnée de Dominique Strauss-Kahn

 

Pour l'avocat pénaliste, Gilles William Goldnadel, il convient de respecter la présomption d'innocence de l'ancien patron du FMI. 

Bien sur que ce camp de la vertu permanente et indignée ne s’était guère illustré jusqu’alors par le respect qu’il portait à l’honneur et à la réputation de ses adversaires, lorsque la cruauté des temps judiciaires pouvait lui procurer le plaisir ludique de les piétiner.

Bien sur que les délicates remarques d’un Jean-François Kahn, contraint à la repentance, sur le "troussage des soubrettes", n’ont pas non plus arrangé la cause de l’homme qu’il voulait arranger.

Bien sur que le passé affectif de celui-ci n’est pas forcément son meilleur plaideur.

Mais après avoir rappelé tout cela, je tiens, en homme, en avocat, à rappeler ce qui suit.

Seul, Dominique Strauss-Kahn est présumé innocent des terribles faits dont on l’accuse et qui mériteraient une lourde sanction s’ils étaient avérés.

Mais ce qui se dit, ce qui s’écrit, notamment à la gauche de la gauche, ou dans certaines organisations féministes qui viennent de défiler aux cris de « Nous sommes toutes des femmes de chambre » n’est, pour l’heure, recevable ni au regard des faits, ni au regard du droit, ni à celui de la morale.

Dominique Strauss-Kahn, pour l’heure, n’est pas responsable des statistiques que l’on brandit en matière de viol.

Et son accusatrice, pour l’heure, n’est pas une victime, pas même, il me faut l’écrire, présumée. Seulement, et c’est déjà beaucoup, une plaignante.

Pour l’heure, il est possible  que ses accusations soient sincères et avérées, mais il est également possible qu’elles soient mensongères.

Tout le reste ne participe que d’une idéologie victimaire qui empoisonne le monde occidental des deux cotés de l’Atlantique et que je combats sans relâche depuis des années.

Une idéologie qui fait fond des stéréotypes les plus éculés.

On peut être un parfait salaud, tout en étant blanc, juif et progressiste.

On peut parfaitement mentir, tout en étant femme, noire, et pauvre.

J’écris ces lignes pour défendre la possible innocence d’un homme avec lequel j’ai eu parfois des rapports difficiles.

Mais je les écris aussi dans un esprit prophylactique.

A lire et à entendre ce qui s’écrit, en France, la parole des victimes resterait judiciairement inaudible. C’est ignorer le fait, qu’aujourd’hui, les accusations sexuelles, ou plus largement de harcèlement, peuvent aboutir aux plus lourdes injustices.

Il arrive que les victimes en puissance, femmes, enfants, largement entendues, mentent ou affabulent. Quelques années après Outreau, ne puis-je être entendu sans effort ?

Même chose, en ce qui concerne les souffrances au travail alléguées. Tous les suicides de salariés n’ont pas pour cause, la cruauté de leur employeur. Mais il arrive pourtant que certains syndicalistes instrumentalisent un délit tellement fourre-tout, que l’auteur de ces lignes a dû le faire renvoyer à l’examen de la Cour de Cassation, qui elle-même pourrait décider de le transmettre au Conseil Constitutionnel.

La judiciarisation pénale à outrance de la vie quotidienne à atteint depuis longtemps les côtes françaises.

Tous les avocats confirmeront qu’il est de plus en plus fréquent que lorsqu’un divorce tourne à l’aigre, un conjoint découvre soudain les attouchements d’un parent ou d’un grand parent sur l’un des enfants.

Je ne méconnais certes pas les souffrances infligées aux plus faibles. Mais nous ne vivons pas dans le monde de Oui-Oui. Nous vivons dans un monde imparfait et retors.

Le moins mauvais des systèmes, à Paris comme à New York, lorsque deux thèses humaines s’affrontent sur la base de la dénonciation de l’une des deux est de s’en remettre à l’examen du juge. Sans le moindre a priori.

A défaut, et plus encore qu’aujourd’hui, attendez-vous à voir grossir le régiment des imposteurs, et le bataillon des victimes imaginaires.

Cela ne fera pas diminuer le nombre des vraies victimes.

Seulement croître le tourment des innocents et la laideur des temps.


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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 18:07

Corriere della Sera

Terza pagina Pamphlet Gilles-William Goldnadel, avvocato che difese Oriana Fallaci, lancia l' allarme

Il nuovo razzismo contro i bianchi

«Siamo ancora vittime del pensiero unico terzomondista» dal nostro corrispondente

PARIGI - In una delle più riuscite commedie cinematografiche degli ultimi mesi, Le nom des gens di Michel Leclerc, il protagonista è afflitto dal suo nome, più banale e francese che non si può: Arthur Martin, condiviso con una marca di cucine e con altri 17 mila connazionali, tutti presumibilmente francesi bianchi nati in Francia da genitori bianchi. Basta questo a farlo sentire poco interessante e a fargli guadagnare il disprezzo di Bahia Benmahmoud, affascinante e squinternata figlia di una ricca sessantottina parigina e di un muratore algerino. Finirà che Arthur e Bahia faranno un bambino, lo chiameranno Chong e all' infermiera un po' perplessa, che chiede lumi sulle origini, risponderanno, estenuati, «delle origini ce ne freghiamo». La parabola di Arthur Martin è al cuore di un tema molto dibattuto in Francia: la difficoltà di convivere, soprattutto in certi quartieri, con la presunta colpa di non appartenere a una delle tante minoranze visibili più o meno organizzate. Torna a scriverne Gilles-William Goldnadel, uno dei prìncipi del foro parigino, che nel processo per le affermazioni anti islam contenute in La Rabbia e l' Orgoglio difese Oriana Fallaci. Riflessioni sulla questione bianca. Dal razzismo bianco al razzismo anti-bianco, si intitola il libro di Goldnadel (editore Jean-Claude Gawsewitch). Un volume pieno di interessanti argomentazioni, il cui punto debole sembra però presentarsi nell' «avvertenza» iniziale: «Se pubblicassi l' ennesima opera consacrata alla "questione nera" - scrive Goldnadel - non avrei da temere alcuna reazione infastidita. Ma evocare il problema bianco è, di per sé, provocatorio o scandaloso, secondo i criteri della casta dominante». Goldnadel allude ancora al «pensiero unico» terzomondista, vittimista e politicamente corretto, che non permetterebbe a nessuno di discostarsi dai ritornelli cari alle élite sulla «immigrazione come ricchezza» e sul «rispetto del relativismo culturale». Questo poteva essere forse vero negli anni Settanta, prima che il francese Pascal Bruckner pubblicasse Il singhiozzo dell' uomo bianco (Guanda, 1983), che Oriana Fallaci in Italia e Ayaan Hirsi Ali in Olanda reagissero con virulenza contro la minaccia islamista, e prima che nel 2005, in Francia, Alain Finkielkraut, Jacques Julliard e Bernard Kouchner denunciassero le «violenze antibianchi» commesse nelle manifestazioni studentesche contro la legge Fillon. Oggi, anche e soprattutto in Francia, il pensiero una volta tacciato di «neoreazionario» non è più marginale, ma anzi rischia di diventare il nuovo conformismo: il polemista antimmigrati Eric Zemmour occupa ormai la prima serata del sabato sulla rete pubblica France 2, e parla tra le ovazioni a una riunione dell' Ump, il partito di governo. Impostazione immotivatamente carbonara a parte, Goldnadel parla del suo sentirsi, in quanto ebreo, un «bianco al quadrato», per questo meritevole di ancora più riflessi colpevolisti da parte delle minoranze nere e arabe e dei loro sostenitori progressisti. E come nasce questo odio nei confronti della maggioranza e delle istituzioni che la incarnano, cioè lo Stato? La tesi di Goldnadel è che gli europei non si sono mai ripresi dalla scoperta tardiva - negli anni Sessanta e Settanta, grazie al processo Eichmann, alla serie tv Olocausto e al film Shoah di Claude Lanzmann - dell' abominio dello Stato nazista. «Lo slogan scandito dai ragazzi parigini nel maggio ' 68, "Crs Ss" (Crs erano i celerini francesi, ndr), è qualcosa di più di un primo segno della banalizzazione della Shoah. È un lapsus che rivela l' inconscio della generazione che ha scoperto di che cos' era capace uno Stato occidentale. A partire da questo istante, chiunque indossi un' uniforme è visto come un nazista virtuale. L' individuo che si oppone all' apparato dello Stato diventa comunque un resistente; lo straniero clandestino, respinto dai gendarmi francesi, l' ebreo perseguitato». E chi, dopo Hitler, è titolato a usare oggi i mezzi legali, ma coercitivi, dello Stato-nazione? «Il cattivo uomo bianco sociologico», lo chiama Gilles-William Goldnadel. È quindi il bianco, prima corresponsabile poi sottoprodotto di un sistema capace del Male assoluto, a essere insultato e sbeffeggiato nelle istituzioni e nelle strade di Francia. Ecco perché si assiste al ripetersi, specie nelle banlieue francesi, del più odioso degli accostamenti, quello tra il popolo di Israele e i nazisti: «L' Ebreo è adorato se vestito con il pigiama a strisce dei campi di concentramento, ma viene subito odiato se è in divisa kaki. Viva l' ebreo morto, abbasso l' ebreo vivo». Nel film Le nom des gens, l' incolore Arthur Martin nasconde a lungo di essere figlio di un' ebrea scampata ad Auschwitz. Quando Bahia Benmahmoud lo scopre, ne è entusiasta: «Io sono figlia di un algerino perseguitato, tu vieni dai lager: fantastico!». Dura la vita, in Francia, per un banale uomo bianco.

Montefiori Stefano

Pagina (10 maggio 2011) - Corriere della Sera


Corriere-della-2Serra

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 11:50

L’ANGOLAGATE : UN A PRIORI IDEOLOGIQUE ?

 

Ainsi, Pierre Falcone, Arcady Gaydamak et Charles Pasqua étaient innocents des délits infamants qui leur étaient reprochés. Ni les uns, ni les autres n’étaient des trafiquants d’armes ou d’influence. Il aura fallu une décennie pour qu’une Cour d’Appel française veuille bien le reconnaître sans trop craindre de fâcher un magistrat omnipotent ou une opinion très prévenue.

Voilà en effet plus de 10 ans que je n’ai cessé de répéter, jusqu’à lasser mon auditoire, que la seule explication rationnelle pour expliquer une procédure inepte et une incrimination inexplicable ne pouvait être qu’idéologique.

Las, la personnalité des protagonistes, l’opulence des uns, l’orientation politique d’un autre étaient considérées dans l’inconscient collectif judiciaire et médiatique comme consubstantiellement synonymes de culpabilité.

Leur profil particulier empêchait la défense, sauf à risquer l’indécence, de réclamer une compassion a priori acquise pour des délinquants ou des criminels avérés.

On remarquera ainsi que l’expression « clamer son innocence » n’est guère utilisée sous la plume des chroniqueurs des chambres financières et semble réservée exclusivement aux passibles des tribunaux correctionnels ordinaires ou des Cours d’Assises.

Pendant ces longues années d’incompréhension, de suspicion, de causticité ironique, quand ce n’est pas de méchanceté, il est souvent arrivé à l’auteur de ces lignes de regretter que celui qu’il défendait ne fut pas un militant extrémiste soupçonné de sabotage ou un terroriste italien reconverti dans l’écriture.

Car pour leur malheur, et d’ailleurs sans trop comprendre ce qui leur arrivait, les accusés de l’Angolagate, n’avait pas seulement contre eux un juge bien en Cour et  peu taraudé par le doute et les questions de forme, mais encore une idéologie de bric et de broc, un peu gauchiste, un peu pacifiste, un peu poujadiste, qui paralysait le nécessaire contrôle judiciaire et médiatique des actes du premier.

Dans ce contexte pervers et peu propice à une justice impartiale, plaider d’avoir aidé un régime légitime à vaincre une guérilla terroriste, arguer d’avoir sauvé la vie de pilotes français et avoir obtenu en contrepartie une décoration, mettre en avant ses états de service militaires ou politiques, loin d’être à décharge devenaient circonstances aggravantes…

J’invite le lecteur sceptique à se reporter aux incantations des internautes hargneux qui ont commenté l’arrêt de la Cour. Il faut lire ces tricoteuses des temps nouveaux réclamer la potence pour les nantis. Il faut voir ces acharnés prétendre que c’est parce qu’ils sont puissants, qu’une telle décision a pu être rendue.

Impressionnante puissance, en effet, que celle d’un Falcone emprisonné pendant trois ans et demi, arrêté à la barre d’un tribunal alors même que sa condamnation n’était pas définitive, maintenu par la suite en détention dans l’indifférence générale, à la remarquable exception du journal qui m’accueille.

Ce serait bien si on commençait à rendre la justice et à la commenter sans préjugé social ou racial ni a priori idéologique.

 

 

Gilles William Goldnadel.

Avocat d’Arcady Gaydamak

 

 GWG-LEFIGARO-12MAI11

 

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 11:39

 

AINSI VA « LE MONDE »

 

Le 8 mars 2010, dans un articulet de mon « blognadel » j’écrivais : « Celui qui se voudrait toujours le journal de référence de la presse française, toujours prompt à donner son avis sur tout et sur tous, à prodiguer des leçons morales qu’on ne lui demande plus, à excommunier ex cathedra les contrevenants à l’idée qu’il se fait de ladite morale sait se faire discret à l’occasion.

Lui qui se voudrait encore l’arbitre du bon gout et de la bonne foi n’a pas cru devoir dire un mot sur l’idée qu’il se faisait du rapport Goldstone (…).

 

Je savais d’autant plus le rapport fantaisiste que son auteur lui-même avait d’emblée indiqué que les témoignages des habitants de Gaza surveillés et cornaqués par le Hamas ne sauraient être considérés comme dignes de foi judiciaire.

Mais lire la mission qui a ordonné le rapport et qui comporte d’ores et déjà le jugement de condamnation de l’Etat d’Israël, prendre connaissance de la personnalité des rapporteurs eux-mêmes qui s’étaient illustrés préalablement dans des prises de position anti-israéliennes donnent un gout de cendres à la bouche de celui qui n’a plus de palais depuis longtemps pour avoir ingurgité trop d’épices corrompues ».

 

Dans son livre indigné et encensé par « Le Monde » Stéphane Hessel écrivait à Noel : « Aujourd’hui, ma principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie. Il faut absolument lire le rapport Richard Goldstone de septembre 2009 sur Gaza, dans lequel ce juge sud-africain, juif, qui se dit même sioniste, accuse l’armée israélienne d’avoir commis des « actes assimilables à des crimes de guerre et peut-être, dans certaines circonstances, à des crimes contre l’humanité » pendant son opération « Plomb Durci » qui a duré trois semaines. … Est-ce que ça sert le Hamas d’envoyer des rockets sur la ville de Sderot ? La réponse est non ça ne sert pas la cause, mais on peut expliquer ce geste par l’exaspération des Gazaouis ».

 

Le 5 avril dernier, Le Monde reconnaissait sans excessive jubilation que le juge Goldstone avait, dans une interview mortificatrice au Washington Post du 1er avril « exonéré Israël pour la guerre de Gaza » et qu’il n’y avait pas eu, contrairement au Hamas, « de politique ciblant intentionnellement les civils ».

Le même jour, Le Monde publiait un « point de vue » amphigourique intitulé : « Le prix Nobel (de la paix) pour Stéphane Hessel ! » débutant ainsi : « Il est évident qu’il se trouve depuis longtemps parmi les personnalités qui, par leur engagement, leur courage ont le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples… ».

Parmi les quatre signataires : Edgar Morin, qui dans le même journal avait publié un mémorable article dans lequel il dénonçait un massacre commis par les Israéliens à Jenine et dans lequel il écrivait que « Les Juifs prenaient plaisir à humilier les Palestiniens ».

 

Quelques mois plus tard, un rapport de l’ONU reconnaissait qu’il n’y avait pas eu de massacre à Jenine.

 

Je ne recommanderai pas de vaine indignation.

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