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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 16:53

ARTICLE PARU SUR LE SITE « ATLANTICO, un vent nouveau sur l’info » : http://www.atlantico.fr

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/gilles-william-goldnadel-gauche-morale-israel-palestiniens-244178.html

La semaine Goldnadel

Publié le 12 décembre 2011

 

Sale  temps  pour  la  "gauche  morale"

 

Hier encore, "gauche morale" relevait du pléonasme, au train où vont les choses, ce pourrait être demain une manière d’oxymore.

 

Lundi, dans un compte rendu assez minimaliste – et sans citer la CGT – France Inter faisait état d’un rapport accablant de la Cour des Comptes relatif « aux dysfonctionnements du comité d’entreprise de la RATP ». Vacances somptuaires, vie de château (au sens littéral), tout y passe, si bien que la Cour réclame exceptionnellement la saisine de la justice pénale.

Après les comités d’entreprise d’EDF-GDF (où en est donc cette  procédure pénale ouverte en 2004 qui ne passionne guère la presse ?), d’Air France, de la SNCF ou de  France Telecom, voilà donc venu le tour des intransigeants du métropolitain.

Deux jours plus tard, le Monde titrait sur ces « dérives et irrégularités », mais brocardait l’attitude du Figaro-Magazine, qui avait révélé le caractère explosif d’un rapport parlementaire sur les mécanismes de financement des organisations syndicales, au motif que celui-ci a, finalement, été enterré avec un touchant unanimisme par l’ensemble de la représentation parlementaire.

La presse, dans son ensemble, n’a pas manqué de moquer cette pusillanimité des politiques. Cette gausserie, coutumière, aurait plus de tenue si la plupart des directeurs de la presse hexagonale n’avaient pris l’inconfortable posture de ramper chaque fois qu’ils croisent un ouvrier du Livre ou un responsable du Syndicat National des Journalistes.

 

Quand Jack Lang menace Arnaud Montebourg

Jeudi, la presse se répandait sur des détournements qu’aurait favorisés le patron de la puissante fédération socialiste du Nord-Pas-de-Calais, sorte de solidarité chti à avec le midi des Guérini. Dans cette bataille – qui tourne au pancrace – et qui voit Jack Lang menacer Arnaud Montebourg d’une gifle (on en tremble), on ne sait si l’on doit prendre le parti de Matamore ou de Savonarole.

Décidément, et après les frasques new-yorkaises, qu’il est loin, le tintement du bling-bling.

 

Faire grimper le FN en le victimisant

Le même jour quelques « antiracistes de gauche », cornaqués par SOS-Racisme empêchaient Marine Le Pen de s’exprimer à l’université de Paris-Dauphine. Le député socialiste Sapin déclarait « comprendre » leur geste.

Je le comprends tout aussi bien, puisqu’il s’agit, selon la bonne vieille méthode politicarde, de faire grimper le Front National – en le victimisant – au détriment de la droite classique. Mais j’ai plus de difficultés à entendre les protestations des habituels défenseurs indignés de la liberté d’expression et de réunion. Ceux qui  taxent « d’intégristes » tous les manifestants catholiques devant les théâtres, ou qui défendent, à juste titre, le droit des islamistes de se réunir, par exemple.

Encore un mot, sur ce chapitre : j’ai cru distinguer parmi les manifestants « antiracistes » certains juifs encartés. Surtout, qu’ils ne viennent pas se plaindre lorsque des intellectuels israéliens seront exclus des débats, comme désormais régulièrement à Oxford et comme hier à Marseille.

 

Le peuple palestinien, une invention ?

A ce dernier sujet, Gilles Paris, dans son blog du Monde dédié au Proche-Orient moque gentiment les candidats républicains aux États-Unis pour leur tropisme pro-israélien. Surtout, il admoneste l’un d’entre eux, Newt Grintrich, pourtant professeur d’Histoire, pour avoir osé prétendre que le peuple palestinien était une invention. Comme j’aurais aimé constater un tel esprit critique à l’égard d’une extrême gauche française, pourtant plus proche, et maniaquement pro palestinienne.

Je ne me souviens pas non plus que qui que ce soit au Monde, ait brocardé le fameux et fumeux « Comment le peuple juif a été inventé » commis par l’antisioniste Israélien Shlomo Sand.

Sur le fond, je ne conseille pas à Gilles Paris, lorsqu’il voudra bien respecter le parallélisme des formes, de comparer les mérites respectifs du brulot précité avec le tout récent « Comment le peuple palestinien fut inventé » de David Horowitz et Guy Milliere (ed.David Reinarc) destiné à lui répondre.

Ces deux éminents auteurs rappellent effectivement qu’en 1948, lors de la proclamation de l’Etat juif, nul ne parlait de « nation palestinienne » mais d’une nation arabe. Nul non plus n’a parlé de « peuple palestinien » avant que la notion soit, de fait, inventée, dans la deuxième moitié des années 60. En est-il autant pour le peuple juif ?

 

Ceci fermement posé, je veux ajouter ici que ces discussions historiques, passionnantes, sont dépourvues d’intérêt politique, au moins pour deux raisons :

  • S’agissant des Juifs, il est indéniable que la majorité d’entre eux est longtemps demeurée hostile au sionisme. Notamment dans le milieu orthodoxe. Ceci disqualifiait-t-il le sionisme ?
  • S’agissant des Arabes, certains sionistes devraient se rappeler des propos de l’un de leur plus intransigeant représentant,Vladimir Zeev Jabotinsky, qui dans son œuvre maitresse, « Le mur de fer », conseillait à ses sympathisants de ne pas se faire d’illusions : si, par extraordinaire, les Arabes venaient à reconnaitre la légitimité de la présence juive, ceux de Palestine seraient les plus irrédentistes.

Ce qui se prouve bien la spécificité de cette population, quelque soit son nom ou la manière dont elle se considère, et le droit qu’elle possède de s’organiser politiquement comme elle le veut.

Le problème est ailleurs, et là au demeurant où Newt Grintgrich, plus subtil que ne le voudrait le Monde, l’a situé : dans la persistance obstinée du peuple arabe de Palestine à préférer détruire le seul Etat juif que de construire un énième état arabo-musulman.

"Le très sérieux Le Monde" : pléonasme ou oxymore ?

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 17:52

La semaine Goldnadel

Publié le 5 décembre 2011

 

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http://www.atlantico.fr/decryptage/freres-musulmans-egypte-islamisme-goldnadel-238970.html

Pourquoi devrait-on s'interdire de s'inquiéter de la montée des Frères musulmans ?

Cette semaine William Goldnadel revient notamment sur la montée de l'islamisme en Égypte, sur le vote des étrangers non communautaires aux élections locales, et sur la conception française des OGM. 

«Je crois que le musulman a le devoir de faire revivre l’islam et que la bannière de l’islam doit couvrir le genre humain et que chaque musulman a pour mission d’éduquer le monde selon les principes de l’islam. Et je promets de combattre pour accomplir cette mission tant que je vivrai et de sacrifier pour cela tout ce que je possède ».

Ceci est le credo des Frères musulmans cité par Olivier Carré et Michel Seurat (L’Harmattan 2003), dans leur livre consacré à un parti dont l’importance pour l’islamisme est comparable à celle que le parti bolchevique a représenté pour le communisme.

Cette confrérie sert de référence idéologique à tous les groupes islamistes, en ce compris Al Qaida : ainsi, Sayid Qutb, un des principaux théoriciens des Frères, a été surnommé « le cerveau de Ben Laden ». Gilles Kepel considère les Frères telle une « matrice de l’islamisme moderne ». Il suffit de lire les ouvrages qui leur sont consacrés par les auteurs les plus modérés pour apprendre que la confrérie a été fondée en 1928, dans le contexte du désarroi ressenti par l’abolition du califat ottoman d’Istanbul par Kemal Ataturk en 1924.

Celui-ci était décrit par eux comme un crypto-juif, et il suffit de se donner la peine de lire « Notre combat contre les juifs » écrit par Qutb dans les années 50, pour se convaincre de leur haine des chrétiens, des juifs et de l’Occident.

Le Hamas est l’émanation politique des frères en Palestine. Le mufti de Jérusalem, grand-père de Leila Shahid, était l’allié de Hal Bana, fondateur du mouvement à Ismalia. Il l’était également d’Adolf Hitler. Ce sont les Frères qui ont accueilli le mufti à son retour de captivité, lui épargnant un procès pour les crimes de guerre commis en Bosnie contre les Serbes et les Juifs par la division Handzar.Le petit-fils de Hal Bana, un certain Tariq Ramadan, l’a reconnu (« Aux sources du renouveau musulman », p.206)

Au lendemain du premier tour des élections législatives égyptiennes, les islamistes, dont les salafistes qui sont une sorte de Frères musulmans plus impatients, représentaient 65% des votants. Les démocrates libéraux n’ont recueilli que 15% des suffrages.

Comme l’écrit le même Ramadan le 30 novembre dans le « Parisien » : « Finissons-en avec la diabolisation !»

Ainsi, l’éditorialiste de Libération, une semaine avant, le 28 novembre se faisait l’écho de « l’inquiétude et de la colère » « de blogueurs militants, juristes ou intellectuels égyptiens » réunis à Lyon lors d’un forum organisé par le journal devant la méfiance qui caractériserait l’opinion française a l’égard du processus en cours.

 

Guéant, inquiétant, vraiment ?

L’inquiétude, la méfiance était manifestement ailleurs. Là où elles se devaient d’être.

Le même Libération assimilait le lendemain Guéant à Le Pen, pour cause de prétention de vouloir réduire de 10 % l’immigration légale. Plus fort encore, la veille, France Inter ouvrait son édition de 8h sur le cri prêté au ministre de « haro sur l’étranger ! », pour avoir notamment refusé le projet socialiste d’accorder le droit de vote aux immigrés non français aux élections municipales.

Peu importe que ceux qui prônent sans retenue ce qu’ils considèrent comme une avancée démocratique foulent aux pieds le principe érigé par la Révolution Française et qui lient le vote et la citoyenneté, la démocratie et la nation.

Mais l’objection la plus fine à l’octroi du vote à des étrangers aura été apportée par Caroline Fourest dans le Monde du 3 décembre : « Traversons-nous une période où la mondialisation est vécue comme heureuse au point de donner envie de s’ouvrir et de s’adapter ? Ou, au contraire, une période ou cette adaptation peut être vue comme une trahison supplémentaire de l’Etat-nation, et donc générer plus de mal (la xénophobie) que de bien (l’ouverture) ? »

 

Une occasion de convoquer l'Histoire la plus noire ?

L’Allemand, voilà l’inquiétant. Arnaud Montebourg, toujours fin historien, voyait en Frau Merkel la réincarnation du chancelier Bismarck. Il reçut pour récompense un brevet de germanophobie. Harlem Désir est venu à son secours pour reprocher au gouvernement sa xénophobie envers les immigrés. Les socialistes sont comme cela. Lorsque les Allemands sont allemands et les Français, français, ils ne peuvent pas s’empêcher de convoquer l’Histoire la plus noire. N’est-ce pas le même Montebourg qui comparait, après le discours de Grenoble, Sarkozy à Vichy ? (mon article dans le Figaro du 13 septembre 2010).

Il n’est jusqu’au subtil Védrine pour reprocher sur France Inter aux Allemands d’éprouver encore à l’égard de l’Etat juif un sentiment de responsabilité historique, « en dépit du temps écoulé ».

Je comprendrais mieux l’argument, si tous les matins les amis de Messieurs Védrine et Montebourg ne me rappelaient la responsabilité historique de l’Occident à l’égard des anciens colonisés d’Orient. En dépit du temps écoulé.

 

Inquiétant les OGM ?

Excellent reportage de Michel Floquet, correspondant de TF1 aux Etats-Unis, qui n’hésite pas à dire que les Américains ne trouvent pas les OGM inquiétants. En vérité, beaucoup les considèrent comme un progrès technique et économique pour lutter contre la malnutrition.

En revanche, le Figaro du 30 novembre confirmait que la France persistait à refuser les OGM au lendemain de l’annulation par le Conseil d’Etat du moratoire mis en place en février 2008, dans la foulée du Grenelle de l’environnement. Le quotidien confirmait cependant que le gouvernement manquait d’éléments scientifiques pour justifier ce moratoire.

Moi, personnellement, je trouve inquiétante cette docile soumission de la droite à l’argumentation massue des amis de José Bové.

 

La Légion d'honneur refusée à Hélie de Saint-Marc

Pour terminer, je voudrais présenter mes excuses à Pierre Bouteiller.

On se souvient peut-être que dans mon bloc-notes du 21 novembre, j’avais gentiment chatouillé sa grande conscience de gauche pour avoir laissé Siné répandre dans les studios de TSF jazz son fiel peu ragoutant. J’avais tort. Car nous avons à faire à un grand résistant.

Ce lundi, l’aube à peine levée, Pierre B. a eu le courage de dénoncer la remise par le président de la république de la grand-croix de la Légion d’honneur « à un ancien membre de l’OAS ».

Il s’agissait, on l’aura compris, d’Hélie de Saint-Marc, combattant de la Résistance à 20 ans, arrêté, déporté à Buchenwald, puis saint-cyrien, officier sur tous les champs de bataille avec 13 citations au combat.

Ce qui fait sans doute la supériorité de la gauche, c’est son travail, un brin rancunier et unilatéral, de mémoire. Qui se rit de toutes les amnisties et de tous les pardons.

Un Raymond Aubrac, grand résistant, et un Stéphane Hessel, bien plus petit, ont pu appartenir ou fréquenter le parti le plus stalinien d’Europe ayant applaudi au pacte germano-soviétique, ils sont canonisés sans réserve ni examen de leur vivant. Mais « résistant de droite » relève toujours de l’antiphrase.

J’ai connu personnellement Alain Griotteray, le plus jeune chef de réseau de la France combattante, je l’ai vu taxé de fasciste, parce qu’homme de droite sans complexe, par des contradicteurs autrement plus intolérants, sans que ses états de service puissent aucunement servir à décharge.

J’ai eu également l’honneur de conseiller professionnellement Jacques Soustelle, qui fut un des chefs de la Résistance et ministre de l’information à la libération. Il fut également un grand ethnologue de la civilisation amérindienne. Malheureusement pour lui, marqué à droite et ayant voulu voir la France conserver le Sahara, il finit ses jours dans un ghetto politique et social dont ses mérites acquis dans la clandestinité furent impuissants à l’en sortir.

Enfin, pour se convaincre définitivement de ce que la Résistance sans la gauche ne confère aucune protection particulière, on se reportera à ce billet de Pierre Assouline, ordinairement mieux inspiré, publié dans le Monde, et dans lequel, la dépouille de Druon encore tiède, l’intellectuel progressiste déplorait un hommage posthume inconvenant , s’agissant d’un « réactionnaire et conservateur ». Il est vrai que ce grand résistant, coauteur avec son oncle Joseph Kessel, du « Chant des partisans » avait été ministre de la culture de Georges Pompidou et s’en était pris avec une vigueur inaccoutumée aux potentats culturels de gauche.

Comme pour me donner raison, France Inter, ce même lundi a eu l’obligeance de bien vouloir signaler l’existence d’une pétition de 300 personnes (fichtre !) qui entendaient protester contre le transfert de la dépouille du général Bigeard aux Invalides.

L’hypermnésie latérale est parfois une maladie de l’âme bien inquiétante.

 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 16:28

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http://www.atlantico.fr/decryptage/automne-elections-maroc-islamiste-gilles-william-golnadel-233547.html

 

La semaine Goldnadel

Publié le 28 novembre 2011

Mais qui a dit que l’automne (arabe) portait à la mélancolie ?

Cette semaine, Gilles-William Goldnadel revient sur les résultats des élections marocaines et le viol collectif de la journaliste de France 3.


Les commentateurs hexagonaux sont à peine moins extatiques à l’égard des mouvements populaires arabes qu’ils ne l’étaient au temps des primevères. Le parti islamiste arrivé en tête des élections marocaines est « modéré », forcément « modéré ». Curieusement, les partis démocratiques ne semblent pas très enthousiastes à gouverner en sa compagnie. Même chose, pour le parti tunisien Ennahda, inévitablement étiqueté « modéré », sauf à passer pour un anti-islamiste primaire.

Il n’est cependant pas inutile de prendre connaissance de la très intéressante interview par France-Soir (23 novembre) de l’ancien ambassadeur de la Tunisie à l’Unesco, Mezzri Haddad, qui avait démissionné pour soutenir la révolution ayant renversé Ben Ali et qui s’inquiète aujourd’hui de sa tournure : Extraits : « Les islamistes tunisiens ne couperont pas la main aux voleurs, ils ne reviendront pas tout de suite sur le code du statut personnel qui accorde aux femmes des droits comme nulle part ailleurs dans le monde arabe. Ils ne fermeront pas non plus les hôtels, mais ils feront appel au tourisme islamique. Ils ne forceront pas les femmes à porter le voile, mais c’est la pression sociale qui les y contraindra. Ils n’aboliront pas le système de l’éducation nationale, mais ils réformeront les manuels scolaires dans le sens contraire. Ils ne changeront pas radicalement les lois civiles et pénales, mais ils travailleront à leur progressive « chariatisation ». Dans tous les domaines de la vie politique, économique, sociale et culturelle, ils procèderont par petites touches, de façon graduelle, par islamisme "modéré…" »

Aux côtés des agences de notation, je préconise donc la création d’agences d’appellation contrôlée.

Qui est «islamiste modéré» ?

Ce seraient elles, et non quelques obscurs médiacrates qui décideraient, dossier à l’appui, qui est « extrémiste de droite » ou « populiste », ou qui est « islamiste modéré ». Ainsi, peut-être, le pouvoir iranien sera-t il qualifié, non plus de « conservateur » mais « d’extrême droite » et « les faucons » cesseront de planer sans fin au-dessus de Washington et Tel-Aviv pour être enfin autorisés à survoler Gaza, Moscou et Beyrouth .

En Egypte, sur la place Tahrir, ce sont des Egyptiens, de toutes tendances, qui sont censés poursuivre le mouvement révolutionnaire. Et tant pis si des observateurs anglo-saxons moins primesautiers décrivent plutôt des salafistes un chouya plus radicaux. La rue arabe a toujours raison. Surtout lorsqu’elle est en colère.

Dans un éditorial du 23 novembre intitulé « L’heure de vérité pour les généraux égyptiens », Le Monde somme l’armée de donner des gages aux manifestants. Tout en réalisant l’exploit de ne pas évoquer une seule fois les Frères Musulmans, aux portes du pouvoir. Il est vrai que notre ministre des affaires étrangères les considère, chaque jour un peu plus, comme « modérés ».

L’hypothèse d’une chute de la junte inquiète pourtant un grand nombre d’Egyptiens. De nombreux analystes politiques cairotes répètent à peu près le même discours : l’armée est la dernière institution nationale intacte : « la place Tahrir est insatiable », observe Hicham Kassem, célèbre journaliste libéral égyptien. (le Figaro du 23 novembre).

Viol collectif

Mais c’est ainsi, l’Occident est sans pitié pour les régimes autoritaires d’Orient, sauf lorsqu’ils sont impitoyablement contre lui. Le viol collectif, pendant trois quarts d’heure, qu’a subi Caroline Sinz envoyée de FR3 au Caire, n’avait pourtant rien de gentillet. Le public français s’imagine sans doute qu’il constitue un cas exceptionnel. En réalité, ce n’est que le dernier d’une série qui a commencé à la belle saison par l’agression sexuelle d’une jeune journaliste américaine que ses violeurs ont eu tôt fait de présenter pour une espionne.

Rares, très rares furent ses confrères français à compatir à son sort. Peu d’intérêt non plus pour les milliers de commentaires négatifs et les menaces de mort qu’a récoltés Aliaa Magda Elmahdi, cette jeune et authentique rebelle égyptienne qui a osé poster sur son blog des photos d’elle, nue, afin de promouvoir l’égalité des sexes et la liberté d’expression en Egypte (le New York Times du 25 novembre).

Sur CNN, Aliaa déclare : « La plupart des Egyptiens font mystère de la sexualité parce qu’ils sont élevés dans l’idée que c’est mal et dégoûtant. Le sujet n’est pas abordé en cours. Pour la majorité d’entre eux, cela se résume à se servir d’une femme. »

 De manière générale, il convient de constater que les féministes occidentales encartées semblent toujours plus promptes à accabler le bon vieux hétérosexuel d’ici, chargé de tous les maux, plutôt que de s’en prendre à ceux qui se proposent d’asservir encore plus cruellement leurs sœurs là-bas. On ne peut pas tout faire non plus. Ni tout dire.

Lu dans Le Monde, dans le numéro spécial consacré cette semaine à « L’engrenage syrien » cet article consacré aux kurdes de Syrie : « Depuis le début de la crise, Damas ménage, avec un soin particulier, la communauté kurde. L’une des toutes premières mesures d’apaisement annoncées par le régime a consisté à octroyer la nationalité syrienne à une partie des 60000 kurdes privés de papiers depuis les années 60. » Question : qui s’intéressait au sort des kurdes avant cette mesure d’apaisement ?

Autre question, en lien, cette fois posée par le candide Stéphane Paoli ce dimanche à l’antenne de France Inter vers midi : mais pourquoi ne s’intéresse-t-on pas plus au sort des Syriens ? : réponse vasouillarde de ses doctes invités. Au risque de lasser et d’agacer, la vérité s’impose, et je la brandirai sans fin : seules les victimes réelles ou supposées de l’Occident intéressent l’Occident.

Massacres de dauphins

Sans aucun rapport : ce même dimanche, une heure plus tard, TF1 présentait un intéressant reportage sur le mystère de dauphins s’échouant sans raison sur les côtes. C’est se donner beaucoup de mal pour bien peu de ces cétacés. Il serait plus urgent de s’intéresser aux massacres auxquels se livrent les Danois des iles Féroé dans le cadre d’un rite annuel initiatique de passage des jeunes hommes dans l’âge adulte.

Le reportage d’Andrija Ilic (Reuters) intitulé « Marée Rouge » me dispensera de beaucoup de commentaires : « les Féroïens préfèrent pratiquer ce qu’ils appellent le « Grindadrap », à savoir massacrer des centaines de dauphins calderon … Au couteau et à la hache. Evidemment ce n’est pas tache facile il faut parfois s’y reprendre 5 ou 6 fois pour réussir à sectionner la colonne vertébrale des globicéphales, ce qui les paralyse, et ensuite leur trancher la gorge. Une boucherie d’une cruauté sans égale ou près de 1500 individus trouvent la mort. »

Le Danemark, c’est bien en Europe ?

 

Ps : Je viens – enfin – de recevoir la réponse édifiante de France 2 à ma mise en cause du sérieux et de l’impartialité de l’émission « l’œil sur la planète » consacrée à la Palestine.

J’y reviendrai prochainement.

 

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 17:10

 

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La semaine Goldnadel

Publié le 21 novembre 2011

http://www.atlantico.fr/decryptage/evenements-accords-ps-eelv-institut-pour-justice-sine-william-goldnadel-228626.html

Ces événements dont il ne faudrait rien penser

William Goldnadelrevient cette semaine sur l'instrumentalisation de la peur, l'accord entre le PS et EELV et l'interview de Siné sur TSF. 

J’écrivais dans un précédent bloc-notes que s’imposaient dans l’univers fantasmatique de l’information, des optimismes obligatoires (le printemps arabe, l’immigration) et des pessimismes de commande (les mesures contre le terrorisme, la montée des populismes en Europe).

Dans un ordre d’idées très voisin, il est des événements dont il est interdit de tirer une leçon politique, sauf à instrumentaliser cyniquement "la peur", au rebours d’autres qui imposent des changements d’orientation immédiats. Ainsi, ceux qui, il y a deux décennies, craignaient des modifications démographiques lourdes de conséquences du fait d’une immigration clandestine sans contrôle étaient censés exploiter artificiellement des fantasmes de beaufs xénophobes. On connait la suite multiculturelle.

Plus récemment, Nicolas Sarkozy a été voué aux gémonies pour avoir voulu réagir immédiatement à des crimes en récidive. Il exploitait "la peur de l’insécurité". De même, M. Hamon a sévèrement réprimandé la rencontre européenne destinée à juguler le débarquement massif d’immigrés illégaux à la suite des bouleversements en cours en Afrique du Nord. "Ils jouaient, a-t-il expliqué, sur les peurs".

En revanche, je n’ai lu nulle part que les Verts des deux rives du Rhin auraient instrumentalisé politiquement la peur consécutive à la catastrophe nucléaire survenue sur le littoral japonais. L’Allemagne a été conduite à renoncer à terme à son énergie atomique civile, la France, en cas de changement de majorité, l’imitera partiellement, mais nul n’a osé poser la question de savoir si cette peur là aurait été exploitée sans scrupules ni vergogne.

Institut pour la Justice et récidive en matière pénale

Il en est différemment, je l’ai dit, en matière de criminalité. Ici, défense de tirer les leçons de la vie. Ainsi, le très dynamique Institut pour la Justice (I.P.J.) se bat pour lutter contre la prise en compte insuffisante de la récidive en matière pénale.

Il regrette également le manque d’empathie de certains membres de la famille judiciaire pour les victimes d’agressions ou, ce qui revient au même, leurs difficultés à sévir contre les délinquants violents. Encore que le discours de cette association soit purement technique et se caractérise par sa modération, c’est peu dire qu’il ne rencontre qu’une totale adhésion dans le landerneau médiatique. Il n’empêche, les succès impressionnants qu’I.P.J. remporte inquiètent ou agacent. Deux millions d’internautes sont venus prendre connaissance du témoignage poignant du père policier d’un enfant assassiné et laissé-pour-compte.

C’est dans ce contexte que Rue 89, après avoir bien entendu classé à droite l’association, ce qui n’a pas l’air d’être un compliment, s’interroge sur son indépendance et pourquoi pas sur la transparence de ses finances. Il n’y a évidemment que SOS-Racisme et le MRAP qui soient indépendantes et translucides. Renseignements pris, l’Institut ne bénéficie, lui, d’aucunes subventions.

Retour sur les prétendues écologistes et leur accord avec le PS.

Je ne peux, bien évidemment, souscrire aux déclarations du président du CRIF qui s’est interrogé sur l’éventuelle présence de l’antisémitisme dans l’éviction de députés socialistes parisiens, sacrifiés sur l’autel d’un accord entre les deux partis. D’abord, parce que les évincés eux-mêmes réfutent fermement une hypothèse que l’on doit ne manier  qu’avec une précaution d’homéopathe.

Ensuite, par ce que le Parti socialiste vient de montrer qu’il était est prêt à tout pour arriver au pouvoir. Jusqu’à sacrifier l’indépendance énergétique de la France et le fleuron de son industrie. Alors, des camarades députés parisiens, juifs ou non… Ce qu’il convient, je l’ai tellement dit et écrit pour manquer à présent d’encre et de salive, c’est de contester l’obscénité des alliances avec l’extrême gauche d’un parti qui aspire au sérieux et à la respectabilité et qui, de surcroît, s’arroge le droit de faire la leçon d’alliance à des adversaires plus regardants.

Bombe incendiaire et manifestation pacifique

Mercredi matin, pour mettre en équivalence l’intolérance islamiste envers Charlie hebdo avec l’intégrisme catholique, France Inter a stigmatisé le comportement de protestataires chrétiens à Toulouse devant le spectacle controversé "Golgota picnic".

Le parallélisme entre une bombe incendiaire et une manifestation pacifique échappe à mon entendement géométrique. Quoi qu’il en soit, Frédéric Burgat, le correspondant local de la radio de service public, pour justifier de l’innocuité d’une pièce de théâtre dont j’avoue ne rien savoir, indique que "même dans la très catholique Espagne, il n’y a pas eu de manifestations contre Golgota picnic".

Mouais. N’est-ce pas cet été que des manifestations pas toujours pacifiques, ont été organisées contre la venue du Saint-Père dans la très catholique Espagne ? J’attends toujours des protestations contre cet intégrisme là.

Mais le pire médiatique a eu lieu précédemment. Lundi matin, sur cette excellente chaine TSF dédiée au jazz, Pierre Bouteiller, grande conscience de la gauche médiatique et parisienne avait convié Siné. On ne présente plus Siné. Je l’aime bien. Je l’ai fait condamner deux fois.

Après avoir conféré avec l’intéressé, qui s’y connait, sur la musique américaine, le présentateur progressiste a cru devoir l’interroger sur l’attentat contre son ancien journal Charlie hebdo. Après une rituelle et minimale réprobation de l’attentat, le faux anar a indiqué que l’hebdomadaire s’était livré à une provocation et qu’il l'avait bien cherché.

En suite de quoi, après avoir taxé Charlie d’islamophobe, l’interviewé a suggéré qu’on ne se serait peut-être pas permis une telle insolence avec la religion catholique, et certainement pas avec une autre religion "vous voyez de qui je parle"… Pierre Bouteiller n’a pas demandé de quelle religion l’énigmatique parlait.

Il est des silences pas très jazzy.

 

Post-scriptum : A propos de l’affaire de l’émission controversée L’œil sur la planète.

A défaut d’avoir encore obtenu une réponse du président de France Télévision, j’ai reçu un courriel de l’un de ses collaborateurs, Charles Enderlin. Celui-ci, ne souhaitant pas que je publie sa prose, je m’y soumets par pure courtoisie.

J’y extrais cependant un renseignement précieux pour la poursuite des investigations sur l’honnêteté du reportage : Charles Enderlin affirme en effet que le document filmé par la prétendue "O.N.G. internationale" qui s’est révélée être une association palestinienne proche du Hamas avait fait l’objet d’une vérification par les réalisateurs de l’émission et que l’on connaissait désormais le lieu et le moment où des soldats israéliens auraient, selon France télévision "tiré à vue" sur de pacifiques agriculteurs palestiniens, ce qui n’apparait pas clairement sur le document.

Fort de cette indication, je demande donc à France Télévision de nous dire comment le document querellé a pu être contrôlé et de bien vouloir fournir les renseignements du lieu et du moment d’un incident commenté aussi péremptoirement par les journalistes du service public.

 

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 15:35

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La semaine Goldnadel

Publié le 14 novembre 2011

 

 

Après la journée de la gentillesse dimanche, William Goldnadel se penche sur cette France devenue cynique et brutale. 

Dimanche 13 novembre. "Journée de la gentillesse". Encore que je n’apprécie guère l’inflation de journées symboliques qui dévaluent la valeur de celles retenues institutionnellement et qui font consensus, celle-là me parait, par comparaison, moins dérisoire que celle "du drapeau" suggérée il y a peu par une autoproclamée "droite humaniste".

La gentillesse, la bonté, valeurs déprisées par le cynisme dévastateur de la méchanceté promue médiatiquement. La France des années 60 aura ainsi basculé de Fernand Raynaud à Guy Bedos, de Tintin à un Hara-Kiri "bête et méchant ". Les ados ont troqué leurs gentils sourires d’enfants pour un rictus ironique censé être plus futé. L’idéologie dominante des années 70 a raillé la charité trop catholique qui donne bonne conscience mais n’a pas empêché, pour cause de crise, les restos du cœur à gauche. Elle a moqué "le paternalisme patronal" des Michelin et des Boussac, qu’on regrette depuis les traders branchés et sans scrupules et les seigneurs sans morale ni culture du CAC 40.

 Encore et toujours DSK. Puis-je encore dire que la presse n’est pas très gentille envers lui ?

J’ai toujours pensé publiquement, avant ses malheurs, qu’elle le surestimait moralement et intellectuellement pour me le permettre. Ainsi, je ne suis pas loin de penser que, de même que le psychorigide Alfred Dreyfus aurait fait un excellent antidreyfusard, l’ancien patron du FMI, à l’instar de ses amis politiques qui hurlaient au complot, aurait pris le parti de la femme de chambre pour peu que son violeur putatif ait été un conservateur bon teint.

Il n’en demeure pas moins que, pénalement, j’ai tenu, par principe, à soutenir ici et ailleurs que les actions diligentées sans preuves sérieuses par Mlles Diallo et Banon feraient long feu. Je ne pense pas avoir été  cruellement démenti par la suite.

Il en sera de même, s’agissant de la bouffonnerie graveleuse du Carlton de Lille, où il s’écrit ici et là, qu’en ayant bénéficié, de par son prestige, des improbables charmes de dames tarifées, il se serait rendu coupable de recel d’abus de biens sociaux, et pourquoi pas, ai-je lu, de complicité de proxénétisme !

J’ai lu également partout qu’Anne Sinclair était sur le départ et qu’il n’osait plus se montrer en public. Est-on sûr, si la chose est avérée, que le détachement de l’épouse vient de la révélation de faits qu’elle avait bien la licence d’accepter plutôt que du ridicule causé par un harcèlement cette fois peu douteux ?

L’ambulance brinquebalante sur laquelle on ne cesse de tirer commence à ressembler à un corbillard.

Après avoir, par sotte complaisance, comparer Dominique Strauss-Kahn à Léon Blum, veut-on vraiment faire de lui un nouveau  Salengro ?

 Lors de mon dernier bloc-notes, j’avais sous-estimé les victimes chrétiennes des islamistes nigérians. Elles étaient 150. La presse française n’a pas jugé utile de leur consacrer un article.

Des noirs massacrés par des non-occidentaux ne valent pas dix lignes.

Il en est de même des civils sud-soudanais bombardés cette semaine par les avions du régime de Khartoum. Aucun intérêt pour des journalistes, humanistes, droits de l’hommistes, certes, mais pas vraiment bons.

Au fait, s’agissant des gentilles "assoces" autoproclamées, à quand des manifestations de la République à la Nation, organisées par le MRAP ou la Ligue des Droits de l’Homme contre les massacres en Syrie ? D’évidence, Hama n’est pas Gaza.

 Les pseudo-antiracistes militants ne sont pas non plus très gentils, ni d’ailleurs opposés au racisme.

Ils ont simplement troqué un racisme pour un autre. J’ai tenté de l’expliquer dans ma "question Blanche". Prenez le dernier film de Mathieu Kassovitz, « L’Ordre et la Morale ». J’ai entendu son réalisateur, dans le cadre d’une interview, évidemment non contradictoire, sur France Inter samedi matin, éructer contre le directeur d’un cinéma de Nouméa qui ne voulait pas passer son film sur le drame d’Ouvéa. Il n’y voyait ni plus ni moins que du racisme blanc mâtiné de colonialisme caldoche. Je ne verrai pas son film. Ce que je sais d’un homme qui doute du 11 septembre me suffit pour ne pas qu’il m’inspire une crédibilité illimitée.

Je raconte également dans le livre précité l’avoir rencontré, en tant qu’avocat, au Palais de justice, quand je défendais un syndicat de flics partie civile (désolé…) opposé à Ministère Amer. Je fus donc conduit à interroger le réalisateur venu témoigner en faveur de ses amis rappeurs et insultants. Sans surprise, l’artiste s’est contenté de mettre noblement et dramatiquement en avant une liberté d’expression avec laquelle on ne devrait jamais, clamait-il haut et fort, transiger. Lorsque je me suis hasardé à lui demander si la même liberté devrait, par exemple, être accordée à Jean-Marie Le Pen, le témoin, manifestement peu habitué ni au questionnement ni à la contradiction a soudain perdu la voix.

Apparemment, il l’a retrouvée pour exécuter l’exploitant de salle néo-calédonien et récalcitrant.

Si cela ne me suffisait pas à douter du sérieux de Kassovitz, l’excellent article de Thierry Deransart, rédacteur en chef des Nouvelles Calédoniennes Hebdo à Nouméa au moment du drame et présent dans la grotte d’Ouvéa au lendemain de l’assaut controversé y contribue définitivement (le Fig Mag de cette semaine). De manière très documentée et convaincante, il déconstruit un film idéologiquement mensonger qui aurait mérité d’être tourné en noir et blanc.

Comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement ? Le conformisme xénophile de l’anticonformisme cinématographique formate les esprits depuis 40 ans.

Les explications ne manquent pas : le goût de la mode, le plaisir de paraître, l’esthétisme de la radicalité pépère.

Quoi que l’Histoire ait montré, pendant l’occupation et sans trop d’aménité, que les artistes ne se comportaient pas de manière plus gentille que les bouchers charcutiers ou les avocats – et on ne voit pas pourquoi il en aurait été trop autrement - eux-mêmes et leur public semblent continuer à penser le contraire.

Mais soyons nous-mêmes plus gentils : le titre du film de Kassovitz est très honnête. L’ordre (et la) Morale. Il ne s’agit que de cela.

 

Gilles William GOLDNADEL

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 16:42

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La semaine Goldnadel

Publié le 7 novembre 2011

Grèves ou islamisme, le syndrome de Stockholm français recule un peu

Cette semaine Gilles-William Goldnadel revient sur l'affaire Charlie Hebdo, la Grèce et l'ostracisme de l'extrême gauche.

 Il parait que Papandréou ne serait qu’un intellectuel dénué de toute vision politique. Sa proposition de référendum avorté ayant débouché sur une union nationale avec une droite grecque jusqu’alors irresponsable sauf de la crise économique, il faudra peut-être réviser un peu le jugement de l’Histoire à l’égard d’un homme menacé par la rue comme par l’armée.

Il parait, à entendre lundi dernier le persiflage matinal de France Inter, que le titre du Figaro annonçant que « Sarkozy avait convaincu » les téléspectateurs en suite d’un sondage publié par le Figaro affirmant que les Français l’avaient trouvé majoritairement « convaincant » étaient un brin synthétique. Apparemment, Obama a un bon esprit de synthèse.

Il parait que les hellènes seraient aujourd’hui un peuple de victimes. Si après avoir truqué mes comptes tout en flambant joyeusement sans payer d’impôts, on étouffe la moitié de mes dettes bancaires tout en me suppliant d’accepter, je veux bien être une victime que l’on plaint.

Charlie Hebdo mis hors d’état de déconner pour un dessin d’une irrévérence toute relative. Pas de quoi fouetter un chat et encore moins un chien d’infidèle ai-je sorti à Tariq Ramadan, qui n’en est pas encore revenu que le juif mécréant qui lui portait la contradiction samedi soir chez Paul Amar, ait pu considérer que la religion catholique était infiniment plus roulée dans la fange médiatique que les cultes israélites et musulmans réunis.

Mon contradicteur islamiste a par ailleurs cru devoir ajouter dans la foulée de sa condamnation de l’attentat, que la plaisanterie plastiquée relevait de la lâcheté. Apparemment, il vaut quand même mieux plonger Jésus dans le pipi, que charrier la Charia, on risque moins de se bruler.

Cela étant, observons que la réaction de la classe dirigeante est un tantinet moins couarde que lors des épisodes précédents. On se souviendra de Chirac blâmant l’extrémisme du caricateur danois, puis lors des menaces de mort prononcées contre Robert Redeker, de la réaction très centriste du ministre de l’éducation nationale de Robien, sans parler des reporters de notre télévision publique interrogeant des élèves qui n’en revenaient pas d’avoir eu un professeur aussi islamophobe.

Mention spéciale pour l’imam Chalgoumi, toujours aussi impeccable de courage.

Echec de la grève des hôtesses d’Air France. Lors du dernier jour de grève, plus de 90% des avions circulaient normalement et certains syndicats avaient déjà quitté le navire aérien avant la fin du conflit. Il fait peu de doute que la réaction de l’opinion, moins atteinte du syndrome de Stockholm que d’habitude, (« c’est normal, ils défendent leur casse-croute ») y est pour quelque chose.

Pour d’’étranges raisons, qui tiennent peut-être au surmoi psychologique, les syndicalistes, qui pourraient royalement s’en moquer, n’aiment pas ne pas ne pas être aimés. Raison de plus pour leur dire les choses. Dans ce cadre de vérité, l’initiative prise par les dynamiques « Contribuables Associés » de faire circuler une pétition contre le financement public des syndicats (qui provient à 80% des impôts) arrive à point nommé, en période de recherche d’économies intelligentes.

 

Ainsi, l’ambassadeur israélien à l’ONU a conversé avec Marine Le Pen. Imbroglio à Jérusalem. Personnellement, dès lors où ce diplomate est appelé à serrer de nombreuses mains et à converser avec de nombreux interlocuteurs qui ne sont pas tous, loin s’en faut, de son avis – c’est même sa fonction première - je ne vois pas grande matière à scandale.

Parlons net. J’ai moi-même rencontré Mme Le Pen, comme j’ai rencontré de nombreux contradicteurs. Je lui ai demandé, notamment, de sortir de l’ambigüité à l’égard de la Shoah, cultivée inlassablement par son père. L’interview qu’elle a donnée au Point par la suite va clairement dans ce sens.

Bien sur, que le Front National n’a pas encore fait son aggiornamento, bien sûr qu’il existe dans l’entourage de sa présidente des personnes peu recommandables. Bien sûr qu’il demeure de ce fait un parti extrémiste. Mais certainement pas davantage que les partis de la gauche extrême qui inspirent infiniment moins d’esprit d’ostracisme. C’est cette hémiplégie intellectuelle et morale, que je dénonce depuis trop longtemps, qui favorise, par son déséquilibre inepte, les succès médiatiques de l’extrême gauche. C’est elle qui autorise a contrario l’antisionisme radical de Besancenot et du PCF. C’est elle qui légitime par défaut les alliances indignes du parti moraliste et qui tétanise dans le même temps l’action de la droite républicaine.

Là, et seulement là, habite le scandale.

__________________________________________

PS : Retour sur mon article « Un œil suspect sur la planète France Télévision » de la semaine dernière. Les réactions hostiles à celui-ci, concernant toutes mes origines ethniques et non le fond de ma critique, on comprendra en conséquence que je m’abstienne d’y répondre, faute d’arguments convaincants à leur opposer.

Je n’ai pas eu encore de réponse du président Pflimlin ou de Charles Enderlin. En revanche, lors de notre débat, Tariq Ramadan a réprouvé mon attitude à l’égard du travail journalistique incriminé.

Après le Syndicat National des Journalistes, voilà un renfort de poids en faveur de l’impartialité du reportage.

 

 

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 17:19

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Polémique

Publié le 3 novembre 2011

 

Un œil suspicieux sur la planète France Télévisions

L’émission diffusée par France 2 sur la Palestine, dans le cadre de la série documentaire « Un œil sur la planète », a entraîné une vive polémique. Le Président de l'association France-Israël explique pourquoi il a écrit au Président de France Télévisions. 

L’émission diffusée par France 2 sur la Palestine, dans le cadre de la série documentaire « Un œil sur la planète », a entraîné une vive polémique. Crédit DR

Charles Enderlin, l’un des contributeurs à l'émission « Un œil sur la planète », a cru voir une censure dans les protestations adressées à l'encontre de son programme. Ainsi, le simple fait de contester, à tort ou à raison, la partialité d’un reportage est d’ores et déjà considéré comme une atteinte à la liberté de la presse.

Ayant transgressé malgré tout ce tabou, en saisissant le 24 octobre le Président de France 2 d’une requête officielle, j’avoue attendre avec impatience la réponse de celui-ci, ainsi que celle de son collaborateur précité.

Ma réclamation est précise et documentée. Elle ne porte pas sur les contrevérités qui ont émaillé l’émission incriminée, et qui n’échapperaient pas à la spéculation intellectuelle fut-elle oiseuse. Elle ne porte même pas sur le déséquilibre flagrant entre les 5 % du temps d’antenne réservé à l’alouette pro israélienne, et les 95 % accordés au cheval pro palestinien.

Elle dénonce avec précision une infraction caractérisée à une information loyale. Cette infraction est constituée par le fait, avéré et vérifiable, que dans le cours de l’émission a été présenté aux téléspectateurs un document filmé, dans lequel il est montré des soldats israéliens « tirant à vue » sur de pacifiques agriculteurs palestiniens.

Plus grave, reprenant à leur compte un document obscur, non daté et non localisé, les réalisateurs de l’émission confirment péremptoirement cette grave accusation.

Pour justifier l’origine de ce document, l’émission indique qu’il émanerait d’une « ONG internationale ». Or il se trouve que, après une visite sur le site de cette ONG intitulée « International Solidarity Mouvement », il apparait clairement qu’il s’agit en réalité d’une organisation palestinienne basée à Ramallah. Qui plus est, elle présente l’État juif comme un État illégitime, et publie uniquement des communiqués ou des articles approuvant les actes terroristes. Elle se propose enfin, dans son objet associatif, « de faire pression sur les médias …»

Sur la base de ces constatations factuelles indiscutables, j’ai été conduit à poser deux questions au président de France télévision, Rémy Pflimlin :

  • Les réalisateurs de l’émission ont-ils procédé aux vérifications indispensables d’un document qui émanait d’une organisation engagée ?
  • Est-il acceptable de la part de journalistes du service public d’avoir présenté incorrectement aux consommateurs d’information leur source comme émanant simplement d’une « ONG internationale », alors qu’en réalité, il s’agissait d’une organisation militante et propagandiste, conférant ainsi davantage de fiabilité au document accusateur ? 

    En attendant les explications qui s’imposent, ai-je le droit d’ajouter que ma démarche s’inscrit autant dans la défense du droit des Israéliens de ne pas être calomniés, que dans le désir de voir respecté celui des téléspectateurs français de ne pas être égarés par les idéologues ?
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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 15:26

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La semaine Goldnadel

Publié le 31 octobre 2011

La démocratie pour les niais

Pourquoi les commentateurs européens préfèrent-ils respecter le verdict des urnes au Maghreb - même lorsqu'il préfigure des lendemains potentiellement dangereux pour la démocratie - que tout ce qui est perçu comme une forme de populisme même validé par des résultats électoraux en Europe ?  

A en croire le médiateur du Monde (29 octobre), l’éditorial du 27 intitulé : « Et si, en Tunisie, la démocratie passait par l’islam ? » a déchainé colères et passions.

Comme il fallait s’y attendre, ni la Charia libyenne, ni l’Ennadha tunisienne n’auront entamé l’optimisme de principe du quotidien qui est, au demeurant et sans surprise, celui du nouveau locataire du Quai d’Orsay.

Il n’est pas nécessaire de reprendre longuement l’argumentation : le verdict des urnes est souverain, l’islamisme est incontournable en terre arabe et le diaboliser serait faire injure à la « complexité », (selon Gilles Paris le spécialiste maison), enfin ne  pas faire de procès d’intention.

Et à dire le vrai, tous ces arguments peuvent être soutenus. Plus sur le papier que dans la vraie vie, certes, mais lorsque ces théories auront été confrontées à la pratique cruelle de l’islamisme quotidien, il y a longtemps que leurs promoteurs les auront oubliées.

Comme on aimerait que cette prudence intellectuelle, ce sens de la nuance critique, ce refus du jugement à l’emporte-pièce, cet effort de compréhension pour la complexité de l’identité nationale et religieuse appliqué aux « islamistes modérés » se retrouvent dans les mêmes colonnes, lorsque, par exemple, sont examinées les angoisses identitaires ou sécuritaires judéo-chrétiennes européenne ou proche-orientales ainsi que les progrès électoraux de ce qu’ils appellent « le populisme » de droite.

 

Qui a consulté les peuples en matière d’immigration ?

Dans un ordre d’idées assez voisin, le même quotidien publie le 26 octobre un article du philosophe allemand Habermas, paradoxalement intitulé : « Rendons l’Europe plus démocratique ! Penser la crise de l’union européenne ». Pour promouvoir une « communauté supranationale démocratiquement légalisée » l’auteur écrit : « Seul le populisme de droite continue de projeter la caricature de grands sujets nationaux qui se ferment les uns aux autres et bloque toute formation de volonté dépassant les frontières. Après 50 ans d’immigration du travail (sic), les peuples étatiques européens, au vu de leur croissant pluralisme ethnique, langagier et religieux, ne peuvent plus être imaginés comme des unités culturelles homogènes »

A supposer que cela fut vrai, qui a consulté les peuples en matière d’immigration ? et qui se propose de le faire en matière d’intégration européenne renforcée ?

N’y a-t-il donc désormais qu’au Maghreb islamique, qu’il conviendrait de célébrer sans réserve le résultat des urnes ? De « l’élection, piège à cons » de mai 68 à l’empathie extatique pour l’occupation des rues par des « indignés » qu’il serait malséant de qualifier de « populistes de gauche », la légitimité véritable d’un président élu par un peuple qui n’aurait pas suivi les mots d’ordre du parti médiatique se pose désormais crument dans la société post démocratique européenne.

François Hollande, lors de la convention d’investiture du PS, (Le Monde du 22 octobre) aura singulièrement bien tracé la frontière qui sépare le camp des prétendus gentils rêveurs de celui du réalisme ingrat. Sans nuances ni précautions, il s’est réclamé de l’héritage de ces enfants de mai 68 qui « marchaient la tête dans les étoiles ». Tendant la main aux « indignés » et à son « cher Stéphane Hessel » (présent dans la salle), il a morigéné son principal compétiteur, le qualifiant de représentant « de la société d’hier ou d’avant-hier ».

Si la conception hollandaise de la modernité correspond à la xénophilie du «  Nous sommes tout des juifs allemands ! », à la reductio ad Hitlerum obsessionnelle du « CRS SS ! », au nihilisme crétinisant du « Il est interdit d’interdire », et à l’indigence hesselienne gentille envers le terrorisme, qui, il est vrai, ont accouché du monde d’aujourd’hui, je conseille fortement à celui que l’impétrant définitif a qualifié de « réactionnaire » de relever le gant.

Car il se pourrait que, finalement, les « cons » flairent le piège.

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 17:55

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La semaine Goldnadel

Publié le 24 octobre 2011

Le printemps arabe mérite-t-il la messe médiatique extatique
qui l'accompagne ?

William Goldnadel revient sur l'indignation sélective des médias français, à travers notamment l'affaire Continental et la prise d'otage de la semaine passée. 

Ces "salopards" de Continental

Le 19 octobre, les 500 ex salariés de l’usine Continental de Clairoix étaient devant le Conseil de prud’hommes de Compiègne pour demander des comptes à leur ancien employeur pour licenciement abusif. Bertrand Bissuel dans Le Monde du lendemain présente le conflit douloureux des « Conti », de manière mesurée, en donnant la parole aux avocats des deux parties.

Le même jour, sur France Info à 19h, le porte-parole des « Conti », durant 10 minutes qualifie la partie adverse de « bourreaux » et de « salopards ». Commentaire de la journaliste : « On vous sent très ému, on le comprend ». Histoire sans doute de calmer le climat. Aucun point de vue adverse. A la vérité, je ne me souviens pas d’avoir jamais entendu l’opinion d’un employeur assigné, sur France Info. C’est sans doute qu’ils n’ont rien à dire, ces salopards.

Le CSA rappelle à l'ordre les médias

Le 20 octobre, le CSA a été contraint de rappeler à l’ordre des médias pour non respect du pluralisme. Ce gendarme placide n’a pas apprécié l’omniprésence des socialistes à l’antenne des chaînes d’information et à la radio. C’est heureux qu’il l’ait fait, car je n’avais pas lu sous la plume du Nouvel Obs télé ou de Télérama, habituellement plus vigilants, la marque de la lassitude ou de la réprobation.

Ces femmes qui « ont brisé l’omerta »

Mais soyons juste, il n’y a pas que la presse marquée pour être victime de l’idéologie.

En l’espèce victimaire : le leader des journaux «people » consacrait cette semaine un grand article très essentialiste sur les femmes qui « ont brisé l’omerta » ; « elles ont parlé et un grain de sable a enrayé la belle machine » ajoute, emphatique et empathique, Paris Match. Parmi les héroïnes : Hélène de Yougoslavie, Irène Frachon et Nafissatou Diallo.

A aucun moment, le journaliste ne se pose l’élémentaire question : en guise de courageuses révélations, ont-elles, toutes, servi noblement la cause de la vérité ?

Tristane Banon a-t-elle gagné ?

Mlle Tristane Banon ne faisait pas partie de l’aréopage des justicières célébrées, et pour cause, le même hebdomadaire consacrait, dans le cadre de l’article immédiatement précédent, six pages à son livre autobiographique. Lorsqu’elle demandait à la cantonade ce qu’aurait bien pu rapporter la procédure qu’elle a diligentée et à laquelle elle a décidé à présent de renoncer, on a peut-être un début de réponse. Mais foin de spéculations intellectuelles oiseuses.

En revanche, ce qui ne relève pas de l’hypothèse, c’est que contrairement à ce qu’a l’air de penser son avocat, une décision de classement sans suite du parquet peut difficilement être considérée comme une victoire de la partie poursuivante. Quand bien même serait-elle agrémentée de digressions émanant non de juges indépendants mais de préposés à l’accusation.

 

« Printemps Arabe » et sort tragique des chrétiens d’Orient

Marine Le Pen, jeudi, sur France Inter. Elle s’exprime sur le fameux « Printemps Arabe ». Comme elle refuse de participer à une messe extatique et obligatoire le célébrant, le toujours optimiste Bernard Guetta la somme de donner des exemples précis justifiant son manque d’enthousiasme. L’incorrigible pessimiste évoque alors le sort tragique des chrétiens d’Orient. Mais, s’esclaffe son contradicteur, ça n’est pas d’hier, à l’est rien de nouveau ! C’est très vrai, sauf que je ne me souviens pas que la radio de service public y ait consacré beaucoup de chroniques depuis 30 ans.

Non, je deviendrais injuste. Le 23 décembre au matin, alors que les chrétiens étaient massacrés en Égypte comme en Irak, Frédéric Barreyre, pour commenter les fêtes de Noël, à Bethléem et Nazareth, faisait dire sans contradiction à un prélat de Palestine que les juifs méprisaient les chrétiens et qu’ils avaient même l’habitude de cracher sur eux à Jérusalem. Et on dira ensuite que la France Inter oublie le Saint-Sépulcre.

La même Marine a cru devoir critiquer le choix de « Giulia » par les parents Sarkozy. Mouais. La maman n’est-elle pas d’origine italienne ? Et Carl Lang, Gracchus Babeuf, Alexis Léger, Sadi Carnot, Yann Le Pen avaient-il tous des parents indignes ? 

Un preneur d'otages antisémite

J’oubliais le début de la semaine. Lundi, prise d’otages à Pôle Emploi par un soi-disant déséquilibré ou désespéré se revendiquant ouvertement comme antisioniste et même antisémite.

Il communique ses exigences ciblées par le truchement préférentiel de Rue 89. Ce dimanche les nombreux commentaires sous l’article, approbateurs ou mettant en cause directement les juifs figuraient toujours sur le site. Que des simples d’esprit d’extrême gauche laissent libre cours à leurs ressentiments haineux sans être autrement censurés n’est plus pour m’émouvoir. Mais je suis bien certain que les droits de l’hommistes indignés préféreront regarder ailleurs. A droite par exemple.

Le peuple français est-il chauvin ?

Dimanche : l’équipe de France de rugby perd par la grande porte. Voilà des joueurs et leur entraîneur qui auront été roulés dans la fange nationale avant même d’avoir joué le premier match. Il m’arrive parfois secrètement de trouver le peuple français pas assez chauvin.

Entre le trop d’amour de soi d’hier et la dilection pour l’altérité d’aujourd’hui, n’y aurait-il pas une voie médiane ? La dérision systématique, la déprision de commande ne finiront-elles pas par lasser même les esprits les plus conformes ? Vive la France.

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 17:28

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La semaine Goldnadel

Publié le 17 octobre 2011

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Souffrance au travail : l'arme de destruction massive de la CGT

William Goldnadelrevient cette semaine sur la libération de Gilad Shalit, la situation des coptes en Égypte et la souffrance au travail en France.  

Immense tollé : les syndicats d’enseignants ont rejeté la proposition de Luc Chatel de mettre en place un dispositif d’évaluation en dernière année d’école maternelle pour déterminer quels sont les élèves en risque d’échec scolaire.

A dire le vrai, je ne me souviens pas d’une proposition émise par un ministre de l’Éducation nationale, a fortiori de droite, qui ait reçu un autre accueil syndical qu’un haussement d’épaules, des ricanements ou des cris d’orfraies. Pourtant, dans notre cas d’espèce, ce sont ces mêmes enseignants, qui, depuis des lustres, ont rappelé avec raison que tout se jouait dans les premières années de la vie de l’élève. Mais ici, et comme souvent, les esprits partisans en viennent à oublier leurs propres principes. Au-delà du plaisir inlassable de contrarier un ministre conservateur, qui, en l’espèce, l’est bien moins que lui, le corps enseignant, au regard du surmoi idéologique qui l’enserre, ne saurait accepter de cautionner ce qu’il décrit faussement comme une mise en fiche des enfants. François Hollande, pas si gauche molle que cela, lui a emboité le pas.

C’est sensiblement pour les mêmes raisons, que la gauche dure, soi-disant défenseur des droits de l’homme, a refusé pendant des années, la constitution de fichiers de la délinquance. Avec les dégâts que l’on sait. En revanche, elle n’a jamais contrarié les menées informatiques de l’administration fiscale. Il est des Big Brother que l’on traite plus fraternellement.

La souffrance au travail : arme de destruction massive

Comment ne pas être atterré au lendemain de la mort de la pauvre enseignante de Béziers, qui s’est donné la pire des morts par le feu dans la cour de son école. Immédiatement, les syndicats ont pointé la responsabilité de leur administration. Avec une belle honnêteté intellectuelle, cependant, le sociologue François Dubet reconnaît dans le Monde du 15 octobre que la profession d’enseignant « reste relativement épargnée au niveau santé ».

Et si on cessait d’instrumentaliser sans décence des suicides dont on ignore par essence les causes profondes et complexes ? Depuis la funeste création du délit pénal de harcèlement au travail, dont je ne suis pas le plus mal placé pour écrire qu’il constitue, par sa formulation artistique, une invitation à la délation ; la souffrance au travail, parfois authentique, parfois imaginaire, est l’enjeu privilégié du combat idéologique. La CGT en a fait une arme de destruction massive.

Qu’on ne le répète surtout pas, mais j’affirme qu’un salarié peu scrupuleux (il en existe bien quelques-uns) peut aujourd’hui décider de simuler une tentative de suicide, se mettre en arrêt maladie en invoquant un harcèlement de son supérieur, avec la compréhension bienveillante de l’Inspection du travail, puis citer celui-ci devant le tribunal correctionnel, avec de solides chances de succès.

Quand l'Europe semble découvrir le sort des chrétiens d’Orient

L’armée égyptienne massacre des Coptes dans les rues du Caire. L’Occident post chrétien semble découvrir le sort des chrétiens d’Orient. C’est au moins l’un des tristes avantages que procure un printemps arabe de plus en plus glacial. La réalité, occultée jusque-là soigneusement par le neo tiers-mondisme médiatique, c’est qu’en fait, il n’y a, à l’est, rien de nouveau. De l’Indonésie à la Turquie, on assassine des chrétiens depuis toujours.

Et pour en revenir aux premiers occupants du pays des pharaons, Tangi Salaun écrit dans le Figaro du 16 octobre, que les salafistes, bien placés pour les prochaines élections législatives, brûlent les églises et que cent mille coptes ont déjà quitté Égypte depuis mars.

En Tunisie, ces mêmes salafistes ont contraint le responsable d’une télévision privée de faire amende honorable pour avoir osé projeter le film « Persépolis » de la cinéaste dissidente iranienne Satrapi.

En Libye, les fidèles de Kadhafi, retranchés dans Syrte, tiennent toujours tête aux troupes d’un Comité National de Transition qui inquiète de plus en plus les occidentaux pour le peu de cas qu’il fait du sort des civils de la ville assiégée. Serait-ce faire du mauvais esprit que de suggérer que les belles âmes manifestaient davantage d’intérêt pour le sort de Gaza ?

Gilad Shalit : otage ou prisonnier de guerre ?

Précisément, c’est d’un cachot de cette ville que sortira bientôt Gilad Shalit qui y croupit depuis plus de cinq ans sans avoir été visité par qui que ce soit, pas même la Croix-Rouge. Sa famille remerciera probablement toutes les personnes qui ont manifesté à son égard une élémentaire compassion. Elle ne remerciera certainement pas le Syndicat National des Journalistes de RFI. Celui-ci s’était étonné le 26 juillet auprès d’Alain de Pouzilhac, de ce que « RFI le compte désormais parmi « les otages français » (civils) auxquels on rend hommage tous les jours, dans le journal de 8 h ».

Ainsi, le puissant syndicat majoritaire, en dépit des dispositions des conventions de Genève, en dépit du fait que l’ONU, l’Union Européenne, la Croix-Rouge Internationale, l’association « Otages du Monde » de l’ex journaliste otage au Liban Jean-Louis Normandin, le Centre Palestinien de Défense des Droits de l’Homme considèrent Shalit comme otage, se sera obstiné jusqu’au bout à le considérer comme un prisonnier de guerre. Un organe corporatif sans cœur ni tête ?

 

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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