LE BLOGNADEL - LE BLOG DE GILLES WILLIAM GOLDNADEL
LIBRE
Quelques observations, si vous le voulez bien, sur le scrutin historique de dimanche dernier.
Sous un angle strictement « pro-israélien » – qui ne saurait se confondre avec un regard spécifiquement juif – et même si mes fonctions représentatives m’ont interdit de prendre expressément parti, il me semble que le regard positif des commentateurs israéliens ne saurait être sérieusement contesté.
Le président élu n’a jamais dissimulé sa sympathie pour Israël.
Lors de son dernier voyage dans ce pays, il a su dire les mots qu’il convenait aux originaires de France.
Il a retrouvé largement et logiquement leur suffrage dans les urnes.
Dès lors, l’espoir de voir améliorer les relations d’amitié entre les deux nations, l’espoir de voir la France cesser définitivement d’apporter systématiquement sa voix dans les aréopages internationaux aux délibérations hostiles à Israël, ne saurait être considéré comme insensé et dénué de fondements, même si, évidemment, il convient de demeurer prudent.
Sous un angle strictement juif, cette fois, je retrouve ici ma liberté complète de parole.
Les socialistes viennent, il me semble, de payer chèrement leur désertion, en pleine campagne judéophobe, du combat contre l’antisémitisme dont ils s’étaient auto proclamés les champions quand il s’agissait de ferrailler contre des moulins à vent.
Certains m’ont présenté dans cette circonstance comme l’un des artisans de ce retournement, et je ne saurais bien sûr ici récuser un rôle que je revendique pleinement.
Mais qu’il me soit permis, en cette circonstance, de préciser ma pensée.
J’ai entendu ici et là, sur les ondes communautaires, des personnes es qualité de juif dire qu’il fallait voter qui à gauche qui à droite.
Je crois que c’est le pire des services à rendre à notre communauté qui ne saurait être prisonnière pour l’éternité d’un seul camp.
Je note au passage, pour m’en réjouir, que la communauté musulmane de France s’est montrée, dans l’ensemble, d’une haute tenue et d’un grand sens de la responsabilité.
Notamment, elle n’a pas fait du Proche-Orient un dossier spécifique.
Comme je l’ai dit dans une précédente chronique, la Communauté musulmane française n’a rien à voir avec son homologue britannique.
De même, un juif peut parfaitement, il me semble, et sans se déconsidérer, voter – en citoyen libre – pour qui il souhaite sur l’échiquier politique traditionnel.
Ce n’est pas au moment où la Communauté vient de se libérer d’un carcan injustifié qu’elle devrait à jamais s’enfermer dans un autre.
Elle n’est plus captive et c’est très bien ainsi.
Et félicitations à Monsieur Sarkozy.
D’après ma chronique sur Radio J du 11/05/07