LE BLOGNADEL - LE BLOG DE GILLES WILLIAM GOLDNADEL
DES INDIENS À PARIS
Libération vient de publier une pétition d'artistes et d'intellectuels apportant leur soutien au malheureux Pascal Sevran, mis en cause pour ses déclarations intempestives sur les Africains et leurs mœurs.
On se souvient que le protecteur officiel de la chanson française – et protégé officieux de François Mitterrand – a déclenché récemment quelque remous d'eau douce pour avoir considéré lapidairement que les Noirs étaient responsables de la progression du sida en raison d'un usage immodéré de leurs « bites » (sic).
La seule et unique fois où j'ai rencontré Sevran, c'était sur le plateau de l'émission de Thierry Ardisson, et celui-ci, s'employait tranquillement à justifier la protection qu'avait accordée son présidentiel protecteur à René Bousquet, grand organisateur de la rafle du Vel d'hiv.
On conviendra que c'est assez peu pour me le rendre sympathique.
Donc, après sa dernière sortie, Pascal a été quelque peu gourmandé. Mais sans conséquences judiciaires pénales ou prud'homales.
Et c'est, à mon humble sens, tant mieux.
Mais c'était encore trop pour ses amis et obligés.
On pourrait se douter que je n'aurais pas consacré mon blog-notes d'aujourd'hui à la souffrance de celui-ci si les justifications apportées par les pétitionnaires à son soutien ne me permettaient, une nouvelle fois, de montrer que ce pays n'a rien à envier aux Indes en matière de caste prophylactique.
Il nous était, en effet, expliquer sans rire que Sevran ne pouvait pas être raciste puisque fils de réfugié espagnol et homosexuel...
Ce type d'explication essentialiste, cette objection suprême indiscutable, cette fin de non-recevoir touchant à l'essence même de l'être insoupçonnable et encore plus incondamnable à raison de la communauté, de la profession, du clan politique de la personne à protéger absolument nonobstant l'acte qu'il a commis est une spécialité française incontestée.
Bertrand Cantat, meurtrier de Marie Trintignant, n'était pas coupable de crime, mais victime du système judiciaire lituanien, nous expliquaient, avec l'indignation de rigueur, Armand Gatti et ses pétitionnaires du Monde, parce qu'il était artiste et qu'il avait participé aux luttes contre l'extrême droite...
Edgar Morin ne pouvait être poursuivi, sans infamie, en justice pour un texte infâme mettant en cause expressément les Juifs puisqu'intellectuel-Juif-de-gauche.
José Bové ne pouvait être sanctionné pour des délits récidivants puisque "militant syndical".
Enfin, et peut-être surtout, Césare Battisti, terroriste et assassin, court toujours sans que nul à Paris ne s'en soucie, parce qu'il n'était pas question d'extrader vers son pays qui le réclame toujours – tous partis confondus – un écrivain révolutionnaire.
Français, ne plaignez pas vos Intouchables. Ils le font tellement mieux que vous.