LE BLOGNADEL - LE BLOG DE GILLES WILLIAM GOLDNADEL
Lu dans un article discret du Monde daté du dimanche 2 juillet. « La guerre continue au Darfour ». « Les milices arabes continuent de massacrer des Noirs de cette région du Soudan ». « Les Nations Unies sont inquiètes ».
Encore cet article a-t-il le mérite d'exister. D'habitude rien. Rien pour les deux millions de morts. Rien pour les 500.000 réfugiés réduits en esclavage. Rien pour le million de personnes déplacées. Rien.
Pourquoi tout sur Guantanamo (trois islamistes suicidés) pourquoi tout sur Gaza (0 mort hier) ?
Parce que, ainsi que je l'écrivais dans mon blog-note, ni BEN LADEN, ni le HAMAS, ni donc l'armée génocidaire soudanaise ne sont des ennemis idéologiques à détester pour ceux qui nous encadrent. On ne tire pas sur les pauvres.
Raison pourquoi tout sur la traite esclavagiste atlantique, rien sur la traite arabe pourtant plus importante encore.
Et tant pis pour les Noirs du Soudan et d'ailleurs.
Je songe à cet articulet publié en page 23 du New York Times un beau matin de 1941. Il évoquait, en passant, des massacres de Juifs en Ukraine.
Encore, avait-il l'excuse de ne pas tout savoir. La presse française, aujourd'hui, n'a même pas cet argument. Elle sait tout.
Entendu sur France Inter vendredi dernier. Lors de cette formidable émission à 8 h 40 dénommée Radio Com, a été constitué sous la houlette de Stéphane Paoli, une sorte de club très privé d'auditeurs qui posent des questions aux invités. Que je grille dans les flammes de l'enfer si j'affabule : à 80 % d'extrême gauche, façon anti-mondialiste, anti-américain, anti-israélien. Du genre, sur le service public on est contre le libéralisme. On se demande ce que font les deux ou trois types qui écoutent France Inter le matin et qui ne sont pas gauchistes. Qu'ils n'essayent pas en tous les cas de poser une question. Elle sera balayée pour cause d'obscénité.
Donc, un auditeur de ce club appelle. En guise de question, il compte évidemment haranguer courageusement les anonymes qui ont le malheur de l'écouter.
Il s'agit du problème de la « chasse » aux enfants d'immigrés sans papiers. À une autre époque, raconte-t-il, les gens ont pris des risques pour sauver des enfants dans le malheur à cause d'une loi injuste. Aujourd'hui c'est la même chose. Alors moi, je vais me dresser contre cette loi.
Silence obséquieux dans le studio. Un pur moment de résistance.
Et moi, j'ai envie de hurler contre ce double mensonge. D'abord, quand il le fallait, personne ne s'est dressé. Ensuite, la situation d'aujourd'hui n'a rien, rien, rien à voir avec celle d'hier. Que j'aurais eu envie que l'on rapatrie dans leur pays les tout petits.
Les courageux gens d'église qui aujourd'hui critiquent le gouvernement républicain de ce pays étaient plus discrets sous le régime de l'État français.
À propos toujours de France Inter, il paraît que Daniel Mermet et ses amis (le même club) hurlent à la mort sous prétexte que la direction l'a changé de tranche horaire (15 h au lieu de 17 h !...) Selon lui et ses copains du club, on entendrait des bruits de bottes. Comme un air de peste brune. Le pauvre chou.
Je rappelle (voir le BLOGNADEL nº0) que mon client et néanmoins ami Fabrice Le Quintrec est toujours au coin à Radio France pour avoir, un jour de canicule, osé, il y a cinq ans, citer une phrase au demeurant anodine de « Présent » dans le cadre de sa revue de presse. Malgré tous les procès gagnés, il reste au placard, payé à ne rien faire.
Le courageux Mermet n'a pas bronché.
Pas plus que ses amis résistants.
GWG