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Vendredi 4 avril 2008

 

RAMALLAH N’EST PAS LHASSA

 

Aujourd’hui j’ai envie d’aborder deux grands sujets qui fâchent tout rouge, dès l’instant où l’on ose dire des évidences à voix haute et ferme.

 

 

Première évidence : Ramallah n’est pas Lhassa.

 

Les derniers événements survenus au Tibet m’ont fait rêver à ce qui aurait pu advenir en Palestine au cas, bien improbable, où les habitants arabes de cette contrée disputée avaient été guidés par un Dalaï-lama moyen-oriental.

 

Je n’ai, pour ma part, aucune espèce de doute, que dans cette heureuse occurrence, les arabes palestiniens disposeraient depuis longtemps d’un état indépendant et souverain.

 

Je suis certain que les israéliens assurés de pouvoir vivre eux-mêmes pacifiquement à côté d’un peuple qui aurait renoncé à ses sombres chimères, n’aurait pas demandé mieux que de composer avec lui, ainsi, au demeurant, qu’ils l’ont toujours accepté par la voix de ses mandants.

 

En réalité, c’est mon rêve qui est chimérique.

 

Il faut bien, hélas, se persuader que le nationalisme « palestinien » n’est pas construit sur le modèle tibétain du désir de conserver son mode culturel spécifique ou d’acquérir l’indépendance, mais sur le modèle islamiste et panarabe de ne pas tolérer le moindre élément non musulman et non arabe sur la moindre parcelle de la Terre d’Islam.

 

Jusqu’à ce jour, et que cela plaise ou non, ni le mufti de Jérusalem allié des nazis, ni son successeur Arafat concepteur du terrorisme moderne et médiatique, ni les leaders du Hamas, ni même le placide et terne Abou Abbas au passé révisionniste bien établi n’ont admis, quand bien même ils divergeraient sur la tactique et les méthodes, la coexistence définitive à côté d’un Etat juif souverain.

 

Ils n’ont donc pas d’intérêts pour la création d’un État arabe de Palestine indépendant sur une partie de la terre sacrée, en tant que fin en soi.

 

Raison pourquoi, tant que ce peuple n’aura pas acquis la maturité politique suffisante pour accoucher d’un chef déterminé et responsable, toutes les tentatives d’accord ne pourront qu’échouer, faute d’intérêt.

 

Autant, au moins, en être conscient.

 

 

Deuxième évidence : La terreur paie.

 

Je racontais dans ma précédente chronique par quelles pressions psychologiques et physiques, le camp arabe avait pu réussir à imposer l’usage de l’euphémique « activiste » plutôt que le plus cru « terroriste ».

 

Le sort qui est fait au film « Fitna » suit cette même et implacable logique de l’intimidation.

 

Entendons-nous bien. Je n’ai pas vu Fitna. J’ignore ce que le film contient et je veux bien accepter l’hypothèse qu’il constitue une charge excessive contre l’Islam.

 

On écrit partout que son auteur, Geert Wilders, serait un député d’extrême droite.

 

Je reste, par expérience, très méfiant. On a dit les mêmes choses peu de temps après les assassinats de Théo Van Gogh et de Pym Fortuyn avant que de considérablement nuancer leurs portraits, les pauvres une fois enterrés.

 

Tout ce que je sais, tout ce que je vois, c’est que les vociférations et les menaces de ceux qui ont certainement en commun avec moi de ne pas avoir vu ce film ont déjà fait que celui-ci a fait l’objet d’une condamnation universelle, ainsi que d’une quasi-interdiction générale que l’esprit chagrin qui s’exprime aurait la nette tendance de trouver, en toute hypothèse, un brin disproportionnée.

 

On voudra bien comparer le silence des agneaux occidentaux aux cris d’orfraies que les mêmes poussaient, hurlant à la censure, quand certains avaient osé soumettre pacifiquement certains articles de presse anti-juifs, à l’examen de l’autorité judiciaire…

 

La terreur paie vous dis-je.

 

 

 

(D’après ma chronique sur Radio J)

par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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Mercredi 19 mars 2008

JOSEPH, BENJAMIN, MOULOUD, PATRICK, ALEXANDRE et moi….

 

Dans son journal (1933-1939), Joseph Goebbels raconte le 2 avril 1936, qu’un scandale menace d'éclater en Allemagne hitlérienne à propos de fraudes électorales.

Le ministre de la propagande a indiqué aux correspondants étrangers qu'il y aurait des expulsions au cas ou l'affaire serait ébruitée. Il note (page 289) : « la presse étrangère passe sous silence l'affaire. Ma menace a fait de l'effet. »

Et Laurel Leff relate, dans un livre que j'ai déjà recommandé (« Relégué en page 7 » Calmann-Lévy) consacré au New York Times pendant la seconde guerre mondiale, comment le distingué correspondant du prestigieux journal américain à Berlin s'est tenu quiet pour conserver sa place.

M'est avis que nombre de journalistes ne se conduisent guère autrement aujourd'hui lorsqu'ils se sentent menacés dans leur chair ou dans leur emploi.

J'excepte évidemment les grands reporters courageux, quand il y en a, car je n’en vois pas beaucoup ces derniers temps ni au Tibet, ni au Darfour. Pékin et Khartoum ont bien de la chance.

En revanche, il y en a beaucoup en Palestine et en Israël. Certains pensent même qu'il y aurait comme une disproportion.

Et là, la sourde menace fonctionne. Je rapportais dans mon précédent blog-note, comment le patron de l'agence Reuter avait avoué que ses correspondants seraient en danger au Proche-Orient au cas où ils utiliseraient le terme de « terroristes » pour qualifier les membres du Hamas ou du Fatah plutôt que le plus convenable « activistes ».

Certains, sans doute, se souviennent encore des plates excuses du correspondant de la RAI en Palestine, adressées à Yasser Arafat, pour que surtout, il ne pense pas que la chaîne italienne était pour quoi que ce soit dans la diffusion des images du lynchage en octobre 2002 par les palestiniens de deux Israéliens égarés dans Ramallah.

Pendant ce temps, France 2 distribuait gratuitement aux chaînes du monde entier, le reportage combien controversé de Charles Enderlin sur la mort de Mohamed Al Dura, sans craindre autre chose que des protestations aussi pacifiques qu’impuissantes.

 

C'est dans ce contexte qui pourrait donner raison aux plus cyniques ne croyant qu'aux rapports de force, plutôt qu'aux démocrates candides, que Benjamin Barthe, pigiste au monde, vient de consacrer un article sur l'éventuel boycott par Israël de la chaîne arabophone Al Djazira.

En gros, ce serait une faute, voire une atteinte à la démocratie, de voir le gouvernement de Jérusalem bouder un organe de presse qui n'aurait rien à se reprocher.

Dans cet article qui fait la part belle aux éternels contempteurs de la politique israélienne, il ne manque qu'un seul petit détail, presque rien, et que j'ai bien du mal à considérer comme une omission fortuite : la révélation de ce que l’Autorité Palestinienne, elle-même, a décidé de boycotter la chaîne du Qatar en raison de son soutien flagrant au Hamas…

 

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Je vous annonçais il y a quelques mois que Mouloud Aounit m'avait traîné devant le tribunal correctionnel pour me voir expier mon soutien à Alain Finkielkraut, dans le cadre d'une chronique radiophonique ou, entre autres vérités, j'indiquais qu'il était « l'ami de Ramadan », « le compagnon de route des islamistes », et « celui qui se rendait dans des manifestations où l'on criait : "mort aux juifs" ! ». Il faut croire qu'il ne s'agissait pas de billevesées disqualifiantes, puisque le tribunal a débouté le président de ce pauvre et déliquescent MRAP de ses demandes à mon endroit.

  

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Dans un registre assez voisin, on m'interroge, jusqu'à me lasser, sur mon différend avec Patrick Klugman, en suite d'une série d'articles qui l'ont mis en cause récemment dans l'excellent Actualité Juive.

L'ancien président de l'Union des Etudiants Juifs de France (U.E.J .F.) s'est vu reprocher par beaucoup, d'utiliser, de manière sélective, l'antisémitisme et ses différentes fonctions au sein de la « communauté » pour se faire une petite place au Parti Socialiste.

C'est son affaire, et il ne sera, hélas, pas le premier.

Pour tenter de se disculper de ses dernières espiègleries, et, surtout de s'être désisté dans le cadre d'une procédure qu'il m'avait prié de diligenter contre Edgar Morin et  Le Monde pour un article désormais célèbre pour son caractère aussi stupide qu'haineux, Klugman a commis un gros et vilain mensonge en prétendant qu'il ne m'avait jamais rien demandé...

Comme si j'avais l'habitude de représenter des parties sans leur accord, et alors même que je bénéficiais des couleurs de France-Israël et d’Avocats Sans Frontières et que je n'avais donc nul besoin de son organisation pour réclamer justice pour l'un des articles les plus infâmes de l'après-guerre.

Sans vouloir m'abaisser à polémiquer avec Klugman, je me contenterai, pour l'illustration définitive du personnage, à reproduire ci-après un succulent passage de la lettre de désistement et d'excuses que celui-ci a adressée à Edwy Plenel, alors responsable du journal vespéral, et qui constituera à tout jamais le modèle indépassable de la courtisane obséquiosité à employer pour tenter de se concilier les bonnes grâces des puissants de ce Monde : « Sans vouloir porter de jugement sur l’article incriminé, sachez que je reste plus que tout attaché à la richesse, la qualité et la pluralité du débat animé chaque jour dans les pages du Monde auquel j’ai eu l’honneur d’apporter ma modeste contribution  ».

J'ajouterai, pour finir, que ladite lettre de désistement à été utilisée avec profit par Edgar Morin et ses amis tout au long de la procédure.

 

 

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Enfin, il est possible que, pendant quelque temps, le Blognadel soit un peu paresseux.

C'est qu'il me faut défendre une « Conversation sur des sujets qui fâchent » (éditions Jean-Claude Gawsewitch) que j'ai entretenue avec mon ami Alexandre Adler, sur des thèmes que les lecteurs de ce blog peuvent imaginer et qui ne devrait pas, je le gagerais, les fâcher outre mesure…

 

 

 

 

 

par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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Lundi 18 février 2008

DE L’AVANTAGE D’ÊTRE CONTENT

 

 

 

Ainsi, Imad Mougnieh ne sera pas mort dans son lit, comme souvent les assassins patentés. Moi qui ne suis pas un opposant fanatique à la peine de mort lorsqu'elle est appliquée avec modération et discernement, je suis content.

Je suis d’autant plus content que la mère de Mougnieh a déclaré sur la chaîne Al Manar «qu’elle était heureuse» que ses trois fils soient morts dans le cadre du Djihad.

Ainsi, tout le monde aurait été content si d'autres que Madame Mougnieh et moi, n'avaient caché leur joie en apprenant que l'auteur, entre autres, des attentats de Beyrouth contre les soldats français du Drakkar (50 morts), et contre le Centre Culturel juif de Buenos Aires (75 morts) avait été exécuté.

À ce sujet, certains auront, je pense, noté que le trépassé n'avait pas été qualifié de «terroriste» par la presse hexagonale, mais plus sobrement de «chef des opérations militaires du Hezbollah». Après tout, peut-être bien que les victimes du Centre Culturel argentin étaient toutes des soldats en armes.

Quitte à rester sur le terrain lexical, il convient également de noter que la même presse, tout uniment, se plaît à qualifier le Hamas d’«organisation considérée comme terroriste par l'Union Européenne et les États-Unis». Les «terroristes basques d’ETA» n'ont pas droit à une objectivité aussi formaliste.

Puisque nous en sommes là, laissez-moi vous raconter la mésaventure d'un journal italien, lié par contrat à l'agence Reuter.

Notre feuille latine avait décidé de corriger unilatéralement les dépêches qu'elle recevait en remplaçant le vocable convenu d’«activistes» appliqué aux kamikazes palestiniens par le plus rigoureux «terroristes».

Avec une remarquable détermination, Reuter a immédiatement décidé de résilier l'abonnement, en faisant remarquer que ses dépêches n'étaient pas des menus à la carte.

Comme l'incident avait créé quelques remous, le directeur de l'agence, fit remarquer avec une certaine candeur, qu'il ne pourrait pas répondre de la sécurité de ses journalistes au Proche-Orient, au cas où le terme de «terroristes» serait utilisé...

Est-il en conséquence excessif de suggérer que la soumission d'une partie de la presse à la radicalité islamique n'est pas toujours uniquement idéologique ?

Est-il également permis, en termes d'intérêts, de s'interroger sur le bénéfice médiatique à se comporter sagement, humainement et démocratiquement ?

 

 

Shoah. Moi aussi, et je l'ai souvent dit, la pudeur la plus élémentaire fait que je suis souvent horriblement gêné par l'évocation de l'indicible dans le pathos et le larmoyant.

Raison pourquoi, je n'aime guère la récente proposition présidentielle de voir la mémoire d'un enfant déporté confié à un gamin de 11 ans.

En outre, même si elle procède d'un bon sentiment, elle est contre-productive compte tenu, hélas, hélas, hélas, de l'état d'esprit relativiste d'aujourd'hui qui exige, niaisement ou hypocritement, que tout se vaille.

Ayant dit cela, j'avoue que d'entendre depuis trois ou quatre jours les condamnations pleuvoir, en expliquant, façon Mélenchon, qu'on ne peut pas demander cela aux petits Mohamed, aurait une certaine tendance à m’écœurer.

 

 

 

 

Sans parler de l’anti-sarkozysme déchaîné. Avant les élections, j'avais prédit dans ce blog le risque de berlusconisation au regard des rapports de force idéologiques. Relisez-moi : j'avais préconisé un Kulturkampf au couteau.

Lisez Marianne et les grandes consciences pétitionnaires de Jean-François Kahn à Villepin en passant par Mamère, Bayrou et Ségolène Royale.

Le portrait de Berlusconi II est désormais achevé : il a la presse et l'argent entre ses mains, il est outrancièrement atlantiste et menace dangereusement les libertés.

Il serait peut-être l'heure que Sarko redevienne sarkozyste.

 

 

par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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Lundi 11 février 2008

LES QUATRE PILIERS CREUX DE LA SAGESSE

 

Dans le cadre de la querelle d'Orient, il existe quatre postulats, quatre principes quasi religieux qui partagent le privilège insigne d'être sacrés, indiscutables et faux.

En conséquence, l'iconoclaste qui s'exprime à aujourd'hui la détermination de les discuter au risque de brûler dans les flammes infernales du conformisme.

 

Premier pilier : il faut améliorer les conditions de vie économique de la nation arabe de Palestine. C'est ainsi qu'elle se fera moins désespérée et donc plus modérée.

Faux. Depuis 1920, d'excellents esprits professent avec une parfaite bonne foi ce principe généreux mais objectivement erroné.

Les premiers sionistes ont contribué à l'amélioration des conditions de vie des Arabes dès leur arrivée (raison pourquoi de nouveaux «palestiniens» ont immigré en grand nombre de Syrie) : cela n'a modéré en rien les habitants, arabes et musulmans, de la région.

Le niveau de vie des Arabes israéliens ne cesse de croître. Il est infiniment supérieur à leurs frères voisins : leur nationalisme et leur refus de l'État juif augmente dans les mêmes proportions.

Daniel Pipes vient d'écrire un article édifiant dans lequel il montre que la courbe des attentats terroristes suit de manière assez servile l'augmentation de l'aide internationale à la Palestine, plutôt que de décroître.

Je conseille en conséquence aux donateurs internationaux de bonne volonté de relire Tocqueville qui écrivait déjà que, contrairement aux idées reçues, la prospérité est souvent la mère éplorée de la radicalité.

Dois-je enfin rappeler aux esprits distraits que les kamikazes de Manhattan, de Londres ou de Madrid étaient d’excellents fils de famille, bien intégrés dans la société occidentale ?

 

Second pilier : il faut qu'Israël fasse preuve de flexibilité et de générosité : c'est ainsi que le monde arabe lui tendra la main.

C'est ce que Bernard Kouchner, avec une insistance qui pourrait, à la longue, lasser ne cesse de très gentiment répéter. Mais c'est également faux.

La triste observation des faits infirme, hélas, cruellement ce noble postulat :

Oslo, l'évacuation du Liban garantie par ce pays et l'ONU, l'évacuation unilatérale de Gaza ont été considérés par le camp arabe comme autant de signes de faiblesse montrant que l'ennemi détesté pouvait être vaincu par les armes de la terreur.

Ce débat quasi philosophique entre intransigeance et modération date, en réalité, de l'arrivée des pionniers juifs en Palestine : c'est Tabenkin, pourtant pacifiste d'extrême gauche, qui répondait à Jabotinsky, pourtant d'extrême droite, qui le sommait d'abandonner une position indéfendable, compte tenu de la disproportion du rapport de forces : «Dans l'univers culturel des Arabes palestiniens, un retrait serait considéré comme une preuve de faiblesse qui appellerait demain d'autres reculs et condamnerait les Juifs, du coup, à se retirer jusqu'au désert ou à la mer...» Cet univers culturel a-t-il beaucoup changé ?

 

Troisième pilier : L'Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas se caractériserait par la modération et l'esprit de compromis :

Certes, dans une théorie de la relativité politique, on est toujours le modéré de quelqu'un.

Mais, précisément, l'examen factuel objectif oblige à relativiser cette optimiste croyance.

Ce sont les «brigades Al Aksa» membres du Fatah du président palestinien qui commettent actuellement en Cisjordanie la plupart des attentats sans que ce dernier ne dise mais.

Mahmoud Abbas, quand il condamne les actes de terreur du Hamas, ne dit pas qu'il s'agit d'actes immoraux, mais explique qu'ils desservent la stratégie palestinienne.

Très récemment, il n'a pas manqué de transmettre ses condoléances attristées à l'un des leaders de l'organisation islamiste pour la perte de son fils, mort les armes à la main, exactement comme Yasser Arafat s'était jadis rendu aux obsèques d'Ayache alias «l'artificier» du Hamas.

Enfin, faut-il rappeler que jusqu'à présent ces «modérés» se refusent à reconnaître toute légitimité à l'existence d'un État juif qui vivrait aux côtés de l'État arabe palestinien en gestation.

Sans vouloir faire montre d'un esprit chagrin, si un responsable politique israélien adoptait une  posture symétrique, il y a fort à parier qu'il ne serait pas étiqueté «modéré» par l'opinion politique et médiatique internationale.

 

Quatrième et dernier pilier du dogme idéologique : la population arabe de Palestine est la victime d'un conflit dont elle ne porte aucune responsabilité.

Il s'agit ici du postulat le plus sacré, le discuter équivaut  au blasphème suprême.

Bien entendu, il ne saurait exister de responsabilité collective de tout un peuple.

Une fois posé ce lieu commun précautionneux, il ne devrait pas être interdit de s'interroger sur la responsabilité des élites, des dirigeants politiques, de la culture politique et intellectuelle, et sur les actes d’une population, fut elle arabe et musulmane.

Dans ce cadre, j'affirme que les Arabes de Palestine sont les principaux responsables des maux qu'ils subissent et dont ils ont coutume de se plaindre depuis 60 ans.

Je ne parle pas seulement de leur irrédentisme obstiné, je ne fais pas seulement allusion à leur pratique mortifère qui a fait du terrorisme aveugle leur spécificité culturelle.

Je fais référence au fait que c'est cette population, et pas une autre, qui a porté au pouvoir un mouvement islamiste au moment même où la population de son ennemi avait donné mandat à un gouvernement élu précisément pour quitter les territoires revendiqués par elle.

Je fais référence également au fait que sur une portion du territoire évacué, cette population, plutôt que de créer un modèle de l'État en devenir, a préféré se transformer docilement en boucliers humains complices de lanceurs de missiles sur le peuple détesté.

J'affirme en conséquence que le phénomène de victimisation outrancière de cette population constitue l'une des perversions intellectuelles les plus tragiques de notre époque.

 

 

Ainsi, les quatre piliers qui soutiennent l'édifice politique, moral et intellectuel que constitue la vision convenue du conflit israélo-palestinien sont creux comme les songes d'Orient.

Ce n'est pas d'aide économique, ni de flexibilité politique qu'ont besoin les Arabes de Palestine.

Mais plutôt que d'être traités en mineurs incapables, d'être enfin placés devant leurs responsabilités.

Comme un peuple majeur qu'ils aspirent, paraît-il, à être.

 

par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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Lundi 4 février 2008

QUAI DES BRUMES ET DES LUEURS

 

 

Sans vouloir crier haro sur l'excellent homme qui occupe désormais le fauteuil de Gabriel Hanotaux et d’ Aristide Briand, je lis, sous sa plume, dans la dernière livraison du « Point » :

« Dans quelques semaines, les 400 000 déplacés du Tchad n'auront plus à redouter les incursions, les meurtres et les viols des Janjawids traversant la frontière ».

N'est-ce pas s'être beaucoup, beaucoup, avancé, quand on voit la déconfiture d'un régime tchadien qui avait au moins la vertu de résister aux voisins islamistes ?

Le minimum syndical, en matière de solidarité affichée avec ce régime comme en matière de crédibilité internationale ne semble guère avoir été effectué.

Toujours sous la plume de Bernard Kouchner : « Reste bien sûr à trouver une solution politique durable à ce conflit (du Darfour). Celle-ci ne sera possible que si nous parvenons à convaincre le principal chef rebelle, Abdel Wahid Al Nour, de négocier avec le régime de Khartoum. Bien que réfugié en France, il est jusqu'ici resté sourd à nos demandes, aux pressions de ses alliés les plus proches ».

En matière de pressions, je ne suis pas le plus mal placé, avec Avocats Sans Frontières qui le soutient, pour vous dire que la France menace discrètement ce héros authentique de ne pas renouveler sa carte de séjour au cas ou celui-ci ne se ferait pas plus docile.

Quand on connaît le caractère de l'homme, quand on sait d'autre part qui la France abrite avec davantage d'hospitalité, cela ne paraît ni très malin, ni très digne.

 

 

 

 

Lu « Un Siècle De Trahison » du grand historien anglais David Pryce-Jones que vient de publier Denoël. L'ouvrage, magistral, est consacré aux relations entre la diplomatie française et les Juifs de 1894 à 2007.

Bien entendu, c'est passionnant.

Ainsi, quand on lit que le 6 décembre 1938, le ministre français des affaires étrangères, Georges Bonnet, reçoit au Quai d'Orsay son homologue nazi, Joachim von Ribbentrop.

Un grand dîner est donc organisé chez Georges Bonnet en liaison avec l'ambassade d'Allemagne qui demande à ce que les noms des ministres français d'ascendance juive, en l'occurence Georges Mandel et Jean Zay, soient rayés de la liste des invités.

Le seul ministre qui refusera de se rendre à ce dîner, sauvant l'honneur du gouvernement devant l'avilissement diplomatique, sera le Ministre de la Marine, et ténor du barreau, César Campinchi.

J'écris cela, en pensant à mon cher vieux Versini-Campinchi, son digne petit-neveu, comme lui, intransigeant à la Barre et sous la robe.

Je pense aussi à cette récente petite lâcheté qui a fait que lors du dernier voyage présidentiel en Arabie Saoudite, un journaliste juif soit demeuré, sans bruit, sur le tarmac.

Parmi les innombrables portraits, témoins d'une époque, celle de Gaston Bernard, consul de France en Italie à la fin des années 30. Avec une ironie distinguée il décrit à sa hiérarchie les réfugiés juifs fuyants l'Allemagne nazie : « La sollicitude a été poussée jusqu'à assurer aux émigrants les services du culte talmudique et l'emploi exclusif de la cuisine kasher : il convient d'ajouter que celle-ci communique à ses navires une odeur sui generis qu'apprécierait, sans doute à un degré mineur, une clientèle de composition normale ».

Je recommanderais donc à tous cette édifiante lecture.

Est-il cependant naïf de penser que ce livre n'a plus que des vertus d'édification historique ?

Quand, comme moi, on fréquente, de temps à autre, le Quai d'aujourd'hui, ou l'ambassade de France à Tel-Aviv, on serait tenté de l'espérer.

Bien entendu, Orsay n'épouse pas les thèses de Jérusalem, et nul au demeurant ne le lui demande. Il n'empêche que c'est à Paris, aujourd'hui, et nulle part ailleurs en Europe que l'on tient le mieux tête au régime nazislamiste de Téhéran. Ce n'est évidemment pas assez, mais c'est mieux qu'à Rome, à Berlin et, d'évidence, qu'à Moscou.

Bref, les temps changent. Le cynisme méchant et maniéré des Roger Peyrefitte n'a plus autant cours.

Jusqu’à  Denoël, hier antisémite et aujourd'hui excellente maison...

par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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Lundi 28 janvier 2008

BRAVO L’ARTISTE ?

 

Ce qui vient de se passer à Gaza devrait servir de cas d'école pour tous ceux qui souhaitent étudier la situation politique et médiatique dans laquelle se trouve aujourd'hui plongé Israël.

 

Voilà un pays démocratique gouverné par une équipe qui a reconnu le fait national arabe palestinien et a accepté la création d'une structure étatique palestinienne sur une partie du territoire historique.

 

Voilà un pays démocratique attaqué depuis sept ans par un groupe terroriste qui a pris le pouvoir par les urnes et par la force sur une portion de ce territoire évacuée sans contrepartie.

 

Voilà un état qui réplique par des moyens militaires contenus et ciblés visant à épargner une population civile qui pourtant fait très largement cause commune avec les terroristes qu'elle a élus, et qui accepte docilement de servir de boucliers humains pour des attaques qui partent parfois du cœur de ses maisons et de ses écoles.

 

Voilà un État démocratique qui, de guerre lasse, a commencé un blocus limité du territoire hostile.

 

Voilà cette entité terroriste qui, de manière surréaliste, orchestre elle-même grossièrement sa  victimisation cousue de fil blanc en aggravant les mesures de rétorsion, en se coupant  l'électricité et en envoyant devant des caméras complaisantes des femmes et des enfants, bougies à la main, hurler leur colère et leur humiliation habituelles.

 

Voilà une population qui force le blocus avec l'assistance d'autorités égyptiennes pourtant chargées dans le cadre d'accords conclus avec l'État démocratique de surveiller la frontière de l'entité terroriste.

 

Et voilà à présent une communauté médiatique décrivant avec empathie «l'exode» de la population prétendument affamée en faisant fi du contexte politique, des menées terroristes, et de la détresse de la population des villes bombardées sans relâche.

 

À première vue, on serait tenté d'applaudir la performance.

 

Mais serait-ce vraiment manquer de sportivité que de considérer qu'il y a peu de mérite à remporter la partie lorsque l'arbitre est défaillant et le public acquis d'emblée ?

 

   

 

******************* 

 

  Ainsi que je vous le disais précédemment, Mouloud Aounit a eu la bonne idée de m'inviter à comparaître le mardi 29 janvier prochain devant le tribunal correctionnel de Paris aux motifs que je lui ai reproché de se rendre dans des manifestations où l'on crie «mort aux juifs !»

 

Il y encore quelques mois, c’eut été un plaisir de  rappeler à cet antiraciste d'opérette ses complaisances pour Ramadan, Dieudonné ainsi que pour la séduisante et révisionniste Ginette Skandrani.

 

Mais aujourd'hui, compte tenu de la déliquescence du MRAP et plus encore de son président -- fossoyeur, j'avoue que j'aurai surtout l'impression de perdre mon temps. Bien fait pour moi. Ça m'apprendra à parler de n'importe quoi.

 

par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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Vendredi 11 janvier 2008

DÉRAPAGE

 

 

 

Apprenez qu’il s’est passé quelque chose d’écœurant sur la deuxième chaîne télévisée d'État, le mercredi 9 janvier, aux alentours de 20 heures.

Le contexte était celui de la visite de George Bush en Israël et dans l'Autorité Palestinienne.

Passons sur le fait, désormais tristement récurrent, que les journalistes ont présenté le problème des implantations comme le seul véritable obstacle à la paix, à l'exclusion de la violence terroriste qui continue de se perpétuer quotidiennement. France 2 n'a pas le monopole de cette occultation qui concerne l'ensemble des médias européens.

Aussi, la plupart des téléspectateurs européens n’ont pas su que ce même jour, il était tombé plusieurs fusées Kassam sur le territoire israélien.

Passons également sur le fait qu'un reportage de Charles Enderlin a présenté les constructions controversées de Har Homa à Jérusalem comme se situant «en territoires occupés», ce qui est pour le moins, juridiquement et géographiquement, approximatif et que le terme honnête devrait être «contestés». Mais après tout, Mme Rice, elle-même, a dit tout le mal qu'elle pensait de la poursuite du programme de construction dans le cadre des pourparlers en cours.

En conséquence, je ne vous ennuierai pas de la sorte, s'il ne s'agissait que de la désinformation habituelle par omission ou demi-mensonge.

Mais un saut qualitatif exceptionnel vient d'être franchi, qu'il convient, à mon sens, de ne pas accepter.

Le présentateur, Philippe Rochot, commentant le discours du président américain, s'est en effet permis de dire que celui-ci avait commis «un dérapage de langage» en déclarant que les États-Unis étaient déterminés à protéger «l'État juif».

À en croire le journaliste de la chaîne de service public, les Arabes d'Israël étaient en droit de se sentir offensés par une telle référence.

En réalité, c'est ce journaliste qui a commis un dérapage très contrôlé, en contestant délibérément la légitimité de l'État juif.

Il ne s'agit pas seulement d'une ignorance historique stupide : Les Nations Unies ayant voté en 1947 le partage de la Palestine mandataire en deux états, l'un Arabe, l'autre Juif.

Il s'agit surtout d'une entreprise déterminée –  et très actuelle – de délégitimation de l'État d'Israël, qui n'aurait pas le droit d'abriter en son sein une minorité nationale protégée.

Il importe peu à cette catégorie de journalistes militants de comprendre que l'entité étatique «palestinienne» que la communauté internationale se propose de créer à côté de l'État juif est l’État Arabe dans lequel, les habitants juifs qui y résident sont sommés de déguerpir incontinent.

Ce qui compte c'est de mettre fin à la souveraineté nationale juive sur une partie, fût-elle réduite, du sol palestinien, en conformité avec le refus arabe de toujours.

Il y a longtemps qu'une telle cochonnerie n'avait pas été proférée à la télé d'État.

Peut-être depuis une certaine affaire Al Dura.

Je vais donc demander dans les jours qui viennent à la directrice de l'information de France 2, au président de la chaîne, M. Patrick de Carolis, au Président du CSA, et au Président de la République s’ils considèrent ou non de telles déclaration comme une atteinte à la neutralité du service public de l'information.

Il me semble, quant à moi, que les Français ont droit à une information honnête.

La sottise ne passera pas.

 

 

 

D’après ma chronique du Radio J du 11/01/08

par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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Mardi 8 janvier 2008

CADENASSAGES

  

 

France 2. Samedi 5 janvier 2008. 20 heures.

Premier sujet : Des clandestins en zone de rétention à Roissy. Un sénateur vert vient dire tout le mal qu'il pense de la manière dont la France les traite. Empathie pour les sans-papiers.

Second sujet : José Bové s'exprime sans aucune contradiction sur la grève de la faim qu'il est censé mené avec ses camarades anti OGM. Empathie pour les grévistes.

Troisième sujet : un reportage sur les «Désobéissants» : les téléspectateurs sont tenus scrupuleusement informés des nouvelles techniques médiatiques et juridiques utilisées par les contestataires, manifestement très à gauche, pour lutter de manière citoyenne.

Quitte à enfreindre la loi. Empathie pour les résistants.

Les trois sujets se suivant et se ressemblant, je décide de passer sur Arte.

Hommage à Simone de Beauvoir. Une «intellectuelle» allemande que je ne connais pas explique doctement et sans être contredite que si la philosophe féministe était encore de ce monde elle lutterait contre tous les fondamentalismes «qu'ils soient juifs, chrétiens ou musulmans».

Je ne savais pas que les Juives et les Chrétiennes étaient lapidées ou que l'on décapitait les journalistes à Rome ou à Jérusalem.

 

 

France 5. Dimanche 6 janvier 2008. Laurent Fabius, invité de Serge Moati compare Sarkozy à Berlusconi et dénonce «un cadenassage médiatique extraordinaire».

 

 

On ne saurait mieux dire. C'est même le cadenassage le plus extraordinaire de tous les temps. Il dure depuis 40 ans.

Car il voit le geôlier entonner sans complexe l'air de la liberté outragée devant des prisonniers écervelés qui ne comprennent toujours pas qui détient la clé.

 

 

 

 

par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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Vendredi 21 décembre 2007

LA PAIX ASYMETRIQUE  N’EST PAS LA PAIX

 

 

Mon ami Ilan Greilsamer écrivait récemment dans Libération, à l'aube de la Conférence d'Annapolis, que les peuples palestinien et israélien devaient chacun renoncer à leurs rêves respectifs et contradictoires. Le premier au retour dans ses foyers en Israël, le second au « Grand Israël ».

Malgré toute l’estime que j'ai pour ce porte-parole talentueux de la gauche israélienne  éclairée, ce qu'il écrit est entièrement faux.

Je pourrais m'épuiser à apporter les preuves du renoncement de la très grande majorité des Israéliens au rêve biblique : des accords d'Oslo au retrait de Gaza, de l'élection triomphale du parti centriste Kadimah sur son programme d'un retrait unilatéral de Cisjordanie aux sondages constants qui montrent que la plupart des Israéliens sont prêts à un compromis territorial  « douloureux » mais en contrepartie d'une paix définitive et non de nouvelles surenchères.

En ce qui concerne, les Arabes de Palestine, en revanche, même ses représentants les plus modérés – et  nous  ne sommes pas sûrs qu'ils soient majoritaires – ont refusé récemment de reconnaître Israël comme État du peuple juif, conformément à la résolution onusienne du partage de 1947.

Ce refus rend cohérent le maintien de l'exigence du droit au retour des réfugiés dans leurs maisons.

À ce jour, il n'est toujours pas possible d'admettre que le peuple arabe de Palestine, qui a porté le Hamas au pouvoir, a renoncé définitivement à ses clefs et à ses songes.

Retour à Greilsamer. C'est ce désir, déconcertant  d’irréalisme, de vouloir absolument, soit par souci d'objectivité apparente, soit pour lutter contre la désespérance de l'impuissance, renvoyer les antagonistes dos à dos, qui relève du songe creux.

Au-delà de cet onirisme politique bien caractéristique d'une partie de la classe intellectuelle israélienne –  qui contraste toujours autant avec le monolithisme  des intellectuels du camp d'en face – il est clair que les Israéliens ne peuvent même pas espérer capitaliser durablement les compromis qu'ils ont faits ou qu'ils sont prêts à faire.

Si un intellectuel israélien aussi brillant et bienveillant est capable de tourner le dos à des  évidences aussi manifestes, on comprend mieux comment l'opinion publique internationale dans son ensemble, dans le meilleur des cas, renvoie également dos à dos les protagonistes.

Dans le meilleur des cas. En réalité, il n'en est rien. Et nous savons que les check-points et les clôtures de sécurité pour prévenir les attentats sont plus décriés que ceux qui les commettent.

Retour à Oslo. L'armée israélienne n'occupe plus les villes de Cisjordanie, malgré le terrorisme qui se poursuit. Échec des pourparlers de Camp David et de Taba. Déclenchement par Arafat de l'intifada armée avec utilisation des kamikazes.

Qui, en Europe, a clairement déclaré qu'il s'agissait d'une violation caractérisée d'un accord basé avant tout sur la renonciation à obtenir ses objectifs politiques par la violence ?

Dès lors, l'Israélien moyennement avisé – qui a clairement renoncé à ses rêves, mais qui sait qu'il n'a pas droit à l'erreur – peut-il être persuadé que la communauté  internationale qui doit garantir le compromis territorial espéré, saura cette fois arbitrer impartialement et sans faiblesse les parties en cas de non-respect de celui-ci ?

C'est cette première asymétrie, qu'il n'est pas le lieu ici d'expliquer, qui est l'une des causes de l’immense difficulté à résoudre le conflit centenaire.

 

 

Mais il existe une autre asymétrie dans les exigences imposées implicitement à chaque partie, aussi lourde de conséquences.

Celle de savoir qui les représente valablement.

En ce qui concerne Israël, la chose est simple. Son représentant est le chef de son gouvernement démocratiquement élu.

En ce qui concerne, l’Autorité Palestinienne, depuis l'arrivée au pouvoir du Hamas, également de manière démocratique, l'affaire est autrement plus complexe.

On a déjà beaucoup glosé sur Annapolis, qui ne méritait pas, à notre sens, autant excès d'honneur ou d'indignité.

Néanmoins, son aspect le plus critiquable réside dans le défaut de légitimité représentative de ses acteurs.

Tout a été dit sur la faiblesse politique respective des représentants américain, israélien et palestinien.

 

Mais, le problème que pose ce dernier est d’une autre nature que la faiblesse des deux autres.

Il ne s'agit pas seulement d'impopularité politique, il ne s'agit pas seulement de géographie et de la perte de Gaza, il ne s'agit même pas – quoique le problème soit de taille – de son manque de maîtrise sur le Fatah lui-même qui poursuit le terrorisme avec ses brigades d’Al Aksa.

 Il s'agit de savoir qui peut engager le peuple arabe de Palestine, divisé entre ses islamistes irréductibles et violents et ses plus modérés.

À notre connaissance, c'est la première fois dans l'histoire moderne des relations internationales, qu'une partie est agréée dans des accords à rechercher sans disposer d'un aussi peu clair mandat pour négocier.

Cette asymétrie juridique et politique est grosse de péril.

 À supposer, qu'un accord soit trouvé, après d'âpres négociations, quelle valeur aura-t-il si, en définitive, l'opinion publique palestinienne maintient son soutien au Hamas, et alors même que la partie israélienne aura abattu toutes ses cartes ?

Notre israélien moyennement avisé – celui qui a renoncé à ses rêves mais qui souhaite ne pas voir survenir de nouvelles surenchères et de nouvelles violences – n'est-il pas en droit de craindre une  négociation à venir sur un terrain aussi friable ?

 

 

 

 

 En pleine lune de miel d’Oslo, Yasser Arafat s'était rendu rencontrer les musulmans d'Afrique du Sud. À Johannesburg, dans une mosquée qu'il croyait à l'abri des oreilles indiscrètes, il expliqua tranquillement que les accords n'étaient qu'une ruse pour reconquérir la Palestine par étapes. Mais ses propos firent l'objet d'un enregistrement et révélé au public israélien.

Qu'arriva-t-il ? Rien.

Feu Fayçal al  Husseini prononça peu ou prou les mêmes paroles peu avant son décès, en pleine intifada des mosquées. Quoique là encore, l'affaire fut rendue publique, cela ne l'empêcha pas d'être enterré sous des tonnes d'éloges universels célébrant le dirigeant palestinien modéré, qu'il était sans doute, par comparaison.

Chacun sait que les livres d'école des petits enfants de Palestine nient catégoriquement l'État juif quand ils ne recèlent pas, pour certains d'entre eux, des discours antisémites et négationnistes.

L'indifférence internationale demeure largement la règle.

Il n'en est pas de même des Israéliens, dont les propos sont examinés soigneusement.

Ainsi, de ceux, particulièrement écœurants, du Grand rabbin Ovadia Yosef, comparant les Arabes palestiniens aux serpents, qui firent le tour du monde, bien que le rabbin n'avait déjà plus d'âge lorsqu'il les prononça....

Ainsi encore, ceux d'Ariel Sharon appelant les Juifs de France à immigrer en Israël pour cause d'antisémitisme et auquel un journal français du soir crut devoir consacrer pas moins de trois articles, dont un en première page... trois mois après ceux-ci...

C'est que les mots des Arabes ne comptent pas, ou très peu.

Dans ces contrées où le verbe est paraît-il censé régner en maître, pas question de le prendre au pied de chaque lettre.

C'est ainsi que l'on peut se permettre de dire tout le lundi et son contraire le mardi.

A fortiori dans une langue différente.

C'est cette asymétrie dans la responsabilité du discours, qui autorise les harangues enflammées auxquelles les foules croient, qui autorise la pensée magique et démagogique.

Elle déresponsabilise les uns et rend méfiants les autres.

 

 

Mais la plus cruelle, la plus dangereuse des asymétries est à venir.

Elle concerne les actions commises ou inexécutées par les Arabes de Palestine et qui ne sauraient non plus les engager, les qualifier ou les disqualifier.

Retour sur Oslo. Arafat s'engage à lutter contre le terrorisme. Il ne fait rien ou presque, au nom de l'unité sacrée de son peuple. Quand des terroristes sont arrêtés, ils sont libérés quelques jours plus tard selon le principe qui sera connu sous le nom de « tourniquet ».

Le raïs n'hésite pas cependant &agrav