Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 10:27

 

Article paru dans VALEURS ACTUELLES

 

Entretien. 

Villeurbanne : les dangers de “l’apaisement”

 

Fabrice Madouas le jeudi, 14/06/2012


L’avocat Gilles-William Goldnadel, auteur de “Réflexions sur la question blanche” (Jean-Claude Gawsewitch Editions), revient sur l’affaire de Villeurbanne. 

Quatre suspects ont été mis en examen dans l’affaire de Villeurbanne. Pourtant, malgré sa gravité,  on ne parle presque plus de l’agression dont trois jeunes juifs ont été victimes le 1er juin. Comment expliquez-vous cette discrétion ?
Certains croient habiles de pratiquer la politique de l’apaisement, qui n’est pour moi que la version française de l’appeasement cher, en d’autres temps, à M. Chamberlain, et qui n’était rien d’autre qu’un renoncement… Cette euphémisation de l’antisémitisme violent est inquiétante.


“Certains”, dites-vous… mais qui, précisément ?
La gauche incarne assez bien cette tentation – hormis, peut-être, Manuel Valls, mais cela reste encore à prouver. Peu de gens ont le courage intellectuel de souligner cette évidence, à savoir que l’antisémitisme violent n’est plus aujourd’hui le fait d’une extrême-droite devenue fantomatique, mais qu’il est souvent le fait de Maghrébins ou, selon les actes, de musulmans.

N’ayant pas la réputation de pratiquer la langue de bois, je peux préciser, sans être accusé de précaution oratoire, que je pense sincèrement que la grande majorité de cette communauté est pacifique. Il n’en demeure pas moins qu’il réside à l’intérieur de cette communauté une minorité non négligeable qui continue de professer un antisémitisme mâtiné de racisme antiblanc, antioccidental et antifrançais.


Cette stratégie de l’apaisement vous semble donc dangereuse ?
Qu’on ait pu, dans le passé, se demander sincèrement s’il n’était pas dangereux de faire de la publicité à ces violences, je l’admets volontiers. Mais nous n’en sommes plus là. Nous savons depuis 2000, et ce que l’on a appelé l’intifada des banlieues, qu’un antisémitisme violent se manifeste sporadiquement, et de plus en plus ouvertement. Il aurait fallu sommer les responsables de cette communauté de ne pas se contenter de mises en garde verbales. Beaucoup, je le souligne, sont moralement irréprochables (je pense notamment à Dalil Boubakeur) mais s’il n’y a pas, en France, un pouvoir politique assez lucide pour dire les choses clairement, pourquoi voudriez-vous qu’ils s’engagent plus solennellement qu’aujourd’hui contre la minorité qui défigure leur communauté?


Certains le font, comme l’imam de Drancy, Hassan Chalgoumi, qui s’est rendu récemment à Tel-Aviv pour dialoguer avec les autorités juives…
Et que voit-on ? Que cet homme ô combien courageux, qui est l’honneur de sa communauté, est aujourd’hui la cible d’une pétition haineuse, relayée notamment par le site Oumma.com et signée, entre autres, par les Indigènes de la République et certains de leurs compagnons de route, comme Rokhaya Diallo – laquelle se présente comme antiraciste. Où l’on voit que le mouvement prétendument antiraciste a non seulement échoué dans son but affiché, mais a aussi très souvent perverti les véritables luttes antiracistes !


Trois mois après l’attentat commis à l’école Ozar Hatorah de Toulouse, quel est l’état d’esprit de la communauté juive, au moment où le père de Mohammed Merah porte plainte pour meurtre ?
La communauté juive a le sens des responsabilités. Elle a compris que l’antisémitisme islamogauchiste était aussi dangereux que l’antisémitisme d’extrême-droite. Elle est inquiète mais elle ne cède pas à la panique, encore moins à un racisme antiarabe qui serait moralement et politiquement inacceptable. Elle appelle les politiques et les médias à faire preuve de la même responsabilité qu’elle. Trois mois après le massacre de Toulouse, nul ne peut faire l’économie d’une réflexion sur la détestation pathologique d’Israël. Qu’on ne fasse pas semblant de ne pas comprendre ce que je veux dire : je ne dis pas qu’il n’est pas légitime de critiquer sur tel ou tel point la politique du gouvernement israélien, je dis qu’on ne peut pas “nazifier” l’Etat d’Israël sans nazifier par voie de conséquence une communauté juive de France qui lui est naturellement solidaire et s’étonner ensuite des conséquences ultimes d’une telle perversion, comme les assassinats d’écoliers juifs.

 

Propos recueillis par Fabrice Madouas

Photo © Patrick Iafrate

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by GOLDNADEL Gilles William
commenter cet article

commentaires

Kallisté 28/07/2012 17:20


Vous dites que les responsables des organisations juives ont compris d'où venait réellement le danger?


Espérons-le, mais je ne suis pas certaine que le CRIF l'ait vraiment fait, lui qui continue à stigmatiser l'extrême-droite!


La haine antisémite ne vient pas du rejet d'Israël mais de l'islam lui-même, du Coran et de la Sunna!  L'anti-"sionisme" n'est qu'un prétexte.

Claude 27/06/2012 12:07


Avec toujours la même question : qu'est-ce qu'on se fixe comme limites dans l'  "apaisement" ? A partir de quel moment agit-on vraiment, pas seulement en pompeuses indignations publiques,
afin de MARQUER SON DESACCORD ? Pourquoi est-il devenu si politiquement incorrect de marquer un désaccord en faveur de la communauté juive française ?

gogoan zaitut 17/06/2012 19:01


Bonjour Monsieur Goldanel,


Nous sommes médecin et membre d'un conseil départemental de l'ordre des médecins. Lors
des commissions de sanction/ conciliation auxquelles nous participons, nous rencontrons des médecins ou des patients ou des sociétés en conflit avec des médecins.


Notre expérience personnelle nous montre que malheureusement les cas d'antisémitisme
émanant de la population musulmane ( et en particulier des médecins d'origine maghrébine vis à vis de leur confrère ou des patients) sont de plus en plus fréquents.


Ce n'est pas un antisémitisme « direct » mais antisémitisme qui justifie
voire excuse l'action: "oui, mais c'est un juif" . Cette justification a postériori semble autoriser un comportement condamnable. Ce type de phrase est souvent amené de manière anodine comme un
argument qui devrait atténuer les faits reprochés.


La personne qui formule ces propos est toujours très surprise que nous les
condamnions. J'en conclue qu'elles sont pour elle évidente, acceptée et qu'elle les croit partagé.


Je pense donc que les cas sporadiques dont vous parlez ne sont que des "excès"
visibles d'un antisémitisme rampant et totalement banalisé par cette partie de la population.


Nous nous tenons bien entendu  à votre disposition via
l'email. 

alsatian in oklahoma 17/06/2012 00:40


Palmoni. Je DETESTE Shirak! Il a instaure la lachete comme valeure politique (d'ou le therme pas de vagues)!..N'oublions pas les emeutes de 2005 (les barbares presques felicites, mais de toutes
facons, pardonnes) et un racisme anti "nous",(a comprendre moi, chretien), sur les radios, aves ce fameux "nous condemnons a l'avance les reaction xenophobes"!!!!!!!!!!!  EN GROS, LES
MUZZS VOLENT ET BRULENT ET C"EST NOUS< LES VICTIMES, A QUI L'ON CRACHE DESSUS!.... Et en plus, il a ete bolchevique dans sa jeunesse! (mais cela, je lui pardonne!)

Palmoni 16/06/2012 11:42


Et puis: ce site, europe-israel , laisse souvent à désirer.


MAIS qd même faut lire TRIGANO. N'en déplaise aux amateurs de BHL, ce mercenaire de la caution morale:


http://www.europe-israel.org/2012/06/le-retour-humanitaire-de-la-croisade-shmuel-trigano/

Articles

Catégories