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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 17:46

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/


http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/10/20/31003-20141020ARTFIG00175-le-requisitoire-de-goldnadel-lettre-ouverte-a-paul-mccarthy.php

Le réquisitoire de Goldnadel: Lettre ouverte à Paul McCarthy

Publié le 20/10/2014



FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel revient sur la polémique autour du sapin de la place Vendôme. Il rappelle qu'il ne faut pas confondre rébellion et provocation facile.
 
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.
 
 
Cher Monsieur McCarthy, votre œuvre gonflable dégonflée m'aura donné l'occasion du plaisir de vous connaître. Pour le reste, la présente est destinée à vous donner, modestement, quelques conseils de provocation véritable.
M. McCarthy, vous avez 69 ans, ce qui est un très bel âge, mais je crains que vous ne compreniez pas qu'à notre époque schizophrène de grande licence, matinée d'un terrorisme intellectuel obsessionnel, on ne puisse plus provoquer avec le pipi et le caca, pas plus qu'avec le s.exe.
Le par ailleurs calamiteux mois de mai de l'année 1968 aura eu un aspect radieux: il a déculpabilisé les sexualités hétérosexuelles et homosexuelles. Il a libéré les fantasmes et les conduites dites autrefois déviantes.
Non, M. McCarthy, vous ne pouvez escompter participer d'une quelconque rébellion artistique en exhibant un jouet sexuel dans notre France paillarde, libérale et tolérante. Pas plus que vous ne l'aviez fait en représentant autrefois quelques étrons.

Votre godemichet, cher M. McCarthy, est vieux comme le monde grec. Il n'a pas la forme de la modernité. Allez visiter Milet où l'on fabriquait au troisième siècle avant la chrétienté les olisbos appréciés à Lesbos. Pour votre édification hellénique, cette imitation de phallus était confectionnée en bois ou en cuir bourré de laine et devait être généreusement frottée d'huile d'olive avant l'usage.
Dans une pièce antique dont je vous recommande la lecture directement dans la langue d'Eschyle, la jeune Métro tente d'emprunter à sa charmante Corrito son jouet sexuel. Celle-ci la renvoie sèchement vers un savetier, expert pour les fabriquer.

Aujourd'hui, M. McCarthy, il suffit de se rendre chez Sonia Rykiel pour se procurer le sextoy de son choix. Comment voulez-vous, dans ces conditions, que l'on prenne au sérieux vos fausses provocations ?
Bien sûr, quelques gens de bon goût peuvent s'étonner, ceux du moins qui n'ont pas encore perdu leur capacité d'étonnement, en dépit des outrances ringardes de la Ville de Paris, qu'on brandisse sous leurs yeux et ceux de leurs enfants (qui certes en ont vu d'autres), sur l'une de leurs plus belles places publiques, cet objet réservé à des plaisirs intimes.

Mais qu'un encoléré se soit permis de débrancher un câble de votre objet branché, ce qui a dégonflé votre baudruche gonflante, n'autorisait pas les fausses indignations de vos mécènes d'État.
Car voyez-vous, cher M. McCarthy, le maccarthysme à la française ne se trouve pas où vous devez l'imaginer. Ne comptez pas sur les parisiens pour jouer les effarouchés. Mais ils ont bien le droit de dénier toute audace créatrice et de voir une escroquerie artistique de plus sur fond d'imposture boursouflée. Pas de quoi crier au retour de l'ordre moral. La palme de l'ineptie revenant sans conteste à Fleur Pellerin convoquant, comme toujours lorsqu'il s'agit de faire la bête, un passé qu'on croyait révolu: «On dirait que certains soutiendraient volontiers le retour d'une définition officielle de l'art dégénéré» a-t-elle gazouillé légèrement sur Twitter.

Cher Monsieur Mc Carthy, puisqu'il semblerait que vous soyez en panne d'audace créatrice authentiquement rebelle, laissez donc tomber vos illustrations de merde et remisez votre godemichet géant où vous voudrez.
Je vous conseillerais plutôt, si vous voulez choquer réellement, de prendre des risques inconsidérés, dignes d'un véritable artiste engagé et rebelle.

Je vous suggère l'érection priapique d'un immense mur du Con. Vous y peindrez les deux lettres S et M, immenses et écarlates. Vous légenderez en indiquant que vous ne savez plus s'il s'agit d'un hommage au sadomasochisme judiciaire ou au Syndicat de la Magistrature.

Puis, audace suprême, radicalité pleinement assumée, vous dessinerez un véritable sapin de Noël. Un qui ressemble vraiment à un sapin de Noël. Avec un tronc marron et des feuilles vertes.
Dans l'ivresse créatrice bouillonnante et rageuse dans laquelle vous vous trouverez alors, vous oserez figurer une crèche en Judée, avec l'enfant Jésus, sa mère et même Joseph.

Enfin, n'oubliez pas, dans l'étable de dessiner un âne. Vous l'appellerez Lolo. En hommage au facétieux Roland Dorgelès et à son peintre imaginaire Boronali, qu'il avait inventé lorsqu'il s'amusait à présenter des œuvres pseudo révolutionnaires pour voir s'exclamer d'admiration les snobs et les crétins. En réalité, la toile était exécutée par Lolo, l'âne de Frédé, patron du Lapin Agile à Montmartre. Il suffisait d'attacher à la queue de l'équidé aux longues oreilles un pinceau trempé toutes les dix minutes dans un seau d'une couleur différente pour entendre le lendemain des oh! des ah! et des bravo !

Ce sera, cher M. McCarthy, un pied-de-nez mutin à tous les gros beaufs mode. Une provocation vraiment très courageuse, un geste professionnel pratiquement suicidaire mais plein de panache.
Ne pouvant vous garantir la protection de la mairie de Paris, je m'incline à l'avance devant l'artiste maudit.

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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commentaires

estefania 24/10/2014 10:33


Votre article est formidablement bien écrit. En plus, il m'a bien amusé.

nicole.esterolle 23/10/2014 14:08


Plug anal : de la crétinerie mondialisée aux crétins du journal Le Monde


 


Décidément, cette rentrée 2014 est vraiment exceptionnellement riche en événements d’art contemporain : un véritable feu d’artifice, une apothéose, un bouquet final qui semble difficilement
dépassable… même si , dans ce registre, on croit toujours et depuis longtemps avoir atteint l’indépassable….Pensez donc : nous avons simultanément la FIAC, l’inauguration de La Fondation
Vuitton, l’expo Chocolate Factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris et enfin, pour lier le tout, le Plug anal de 26 mètres de haut du même Mc Carthy installé place Vendôme… Ainsi, sous couvert d’art et de rayonnement international de la culture française,
nous offre-t-on une gigantesque et festive célébration de la cupidité, de la vanité, de la vulgarité, du cynisme et de l’arrogance de cet art contemporain comme signe de puissance des
richissimes  collectionneurs spéculateurs liés à  la grande finance mondiale.


Chacun d’entre nous, pour peu qu’il ait un peu de cœur et de respect de lui-même,  ressent bien l’impudence et l’obscénité insupportables de telles
manifestations « de prestige » dans un contexte de paupérisation généralisée et  d’augmentation des inégalités sociales.


Oui, chacun ressent cela… sauf ce rédacteur  du quotidien Le Monde,  dans son édito du 23 octobre,
intitulé « Place Vendôme, le créateur et les crétins », et dont je vous joins la
copie (doc n° 01)…Un vrai morceau d’anthologie de la grande cuistrerie journalistique actuelle au service du grand pognon.


Il faut oser comparer Mc -Carthy à Gustave Courbet. Il faut oser établir une équivalence entre  l’engagement révolutionnaire héroïque de Courbet
pendant la Commune de Paris, qui lui valut la prison, l’exil, l’oubli  et la ruine, avec le « foutage de gueule » comme pure stratégie
marketing qui rend Mc- Carthy riche et célèbre. Il faut vraiment  être d’une malhonnêteté intellectuelle de très haut niveau  et d’un crétinisme alpestre, pour pouvoir retourner la signification des faits de cette façon… car, en l’occurrence, l’ « ordre moral », la
bien-pensance artistique, la norme esthétique dominante, ne sont-elles pas du côté des produits artistico financiers de type Mc-Carthy, Murakami, Cattelan, etc. ?


Alors lisez cet édito joint pour bien mesurer dans quel état de délâbrement est la pensée artistique française officielle véhiculée par Le Monde…à l’image de ce plug anal dégonflé comme vieille
capote usagée ou vieille bulle financière implosée ( image 01)


 


Le Monde comme support publicitaire pour les produits de luxe


 


Sur les 186 pages du Monde Magazine du 11 octobre, je compte 62 pages de publicité pour les montres, chaussures, vêtements de luxe…juste ce qu’il faut pour ne pas dépasser le tiers autorisé …
Articles de luxe habilement juxtaposés à des reportages sur des atrocités en Syrie, sur tel bidon-ville brésilien, tel camp de réfugiés,  sur les
sans-abris français, etc . ,  de telle sorte que la misère du monde serve d’écrin valorisant à la haute distinction des nantis et leur art
contemporain de type FIAC….C’est d’un cynisme parfaitement odieux, mais c’est comme ça et pour ça qu’on a des éditos aussi invraisemblables  que  le sus-évoqué dans le journal de la classe dirigeante français dite éclairée...


Liste des marques annonceuses dans le n° 160 de M magazine : Ralph Lauren, Armani, St Laurent, Monder, Gucci, Rolex, Canali, Bioni, Berlutti, Burberry, Dior,
Lanvin, Hugo Boss, Valentino, Kalvin Klein, Carven, Zadig et Voltaire, etc.


 


 


Encore un coup des cathos-fachos zemmouriens anti - IVG, anti-MPT et anti-PMA!



Phil 22/10/2014 16:55


Alors je bénis le fasciste qui a dégonflé cette
horreur.


On a déja assez de boulot avec Lampedusa, on ne va pas,


en plus, héberger des
pseudo-artistes étasuniens.

aaa 22/10/2014 15:00


Ce genre d' oeuvre permet de reconnaître les siens : ceux qui comprennent , approuvent , trouvent ça génial et de les distinguer des autre , pour faire simple les fascites.

Palmoni 22/10/2014 11:11


Pas mal, et l'article et les commentaires.


 


Il y a un aspect à tout ça que GWG et d'autres ne semblent pas avoir remarqué et qui est quand même important.


 


Ce machin érectile (qu’il puisse être gonflé-dégonflé a tout du symbolique et rien de technique) est un cri de ralliement d’une engeance (allons-y, une CLASSE) contre une autre.


 


C’est un sapin de Noel pour les méprisables beaufs ignares engoncés dans leurs préjugés et un plug anal pour les « sachants » qui comprennent bien où il s'enfonce.


 


Un clin d’œil salace en langage privé que l’on aurait voulu secret, réservé aux « chosen few » ; dans l’hypothèse que les veaux ne sachent rien décoder.


 


Le « piss christ » était, lui, certes exécrable mais plus honnête : il annonçait la couleur (c’est le cas de le dire…).


 


Paul McCarthy, lui, avance masqué. Il nous prend pour une foule sentimentale et nous parle en conséquene, (re)lisez Souchon ; c’est lui qu’il aurait fallu dégonfler.


 


 


Perso je préfère l’autre, Paul McCartney. Sans hésitation. 

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