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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 10:09

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/08/25/31003-20140825ARTFIG00278-le-requisitoire-de-goldnadel-benjamin-biolay-ou-l-indignation-selective.php

25/08/14

Le réquisitoire de Goldnadel: Benjamin Biolay ou l'indignation sélective


FIGAROVOX/CHRONIQUE - Benjamin Biolay a essuyé une vague de critiques en déclarant sur Twitter que le soutien aux Kurdes était «juste une mode». Malgré les excuses du chanteur, Gilles-William Goldnadel s'insurge contre l'indignation sélective des artistes de gauche.



Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

 
Un des tweets du chanteur Benjamin Biolay qui ont causé la polémique.


Cette semaine, je voudrais rendre grâce à Benjamin Biolay. Sa dernière sortie, qui a déclenché tant de commentaires affligés ou ironiques, me permettra d'esquisser quelques gammes et variations autour de l'insoutenable légèreté de l'être artistique contemporain.

Rappel des faits à ceux de mes lecteurs qui avaient certes mieux à faire en cette fin d'été que de prendre connaissance sur Twitter des derniers gazouillis de cet artiste bien à gauche: le 22 aout celui-ci invectivait des «pseudo-patriotes» favorables aux livraisons d'armes aux Kurdes pour sauver les chrétiens d'Irak en précisant que: «leur dénonciation de crimes contre l'humanité était une mode … et qu'ils étaient juste pathologiquement islamophobes».


À dire le vrai, et sur le coup de l'irritation, mon premier réflexe aura consisté à ranger cette pensée profonde dans le magasin des accessoires, costumes, et autres colifichets que les artistes de la gauche française (pardon pour le pléonasme) nous servent en permanence.

Je ne compte plus les articles que j'ai cru devoir consacrer aux fadaises, billevesées et coquecigrues de nos histrions incontinents. Quand ce n'est pas Bedos qui traite impunément de salope une femme politique, c'est Bertrand Cantat qui apporte sa caution morale à un José Bové, ravi dans son village.
Quand ce n'est pas Marion Cotillard qui refuse de croire au 11 septembre 2011, c'est Yannick Noah qui menace de quitter une France déjà quittée, en cas d'élection démocratique contraire à ses désirs.
Quand ce n'est pas Torreton qui couvre de fange Depardieu, c'est Olivier Py qui menace de saborder Avignon en cas de victoire du Front National, ce que les intermittents du spectacle ont fait bien mieux que lui.
Bien sûr, l'ironie avec laquelle je manie le bâton relève également de la comédie, car le sujet mériterait davantage de sérieux, tant il relève de la tragédie.

Voilà en effet des lustres qu'une caste de privilégiés, coupée des réalités, vivant dans et par le virtuel, d'une suffisance morale qui n'a d'égale que son insuffisance intellectuelle, a réussi à modeler de jeunes cerveaux malléables. Ils l'ont fait avec l'assistance empressée de médias faussement rebelles et authentiquement conformistes. Ils l'ont fait en profitant de l'emprise qu'ils exercent sur des esprits ouverts parce qu'empathiques et admiratifs. Un juriste politique chagrin appellerait cela abus de faiblesse, de confiance ou de fausse qualité.

Ils l'ont fait dans tous les domaines. Ils ont fait croire qu'ils étaient prêts à accueillir tous les sans-papiers du monde dans leurs dix-pièces-cuisine. Ils ont fait croire que l'immigration était une chance merveilleuse pour la France. Ils ont fait croire que l'armée et la police ne servaient qu'à opprimer jeunes et étrangers. Ils ont fait croire que les minorités ethniques ou sexuelles, forcément opprimées, avaient toujours raison. Ils ont fait croire que les substances illicites étaient légitimes. Ils ont fait croire que la France était un pays de beaufs racistes et que les immigrés y étaient maltraités. Ils ont fait croire que la famille était un concept médiocre et dépassé. Ils ont fait croire que la générosité, l'intelligence, la modernité et la tolérance habitaient toutes à gauche et qu'il n'y avait pas d'autre salut moral que d'y demeurer. Et ils se sont trompés sur tout.
Ils ont fait croire aux jeunes artistes qui n'y avaient pas de salut professionnel pour ceux qui oseraient habiter ailleurs. Et ils avaient raison.

Ayant à nouveau tout cela à l'esprit, je me suis repris et plaiderai donc l'indulgence pour Benjamin Biolay. Après tout, nous sommes plus dans un cadre réflexe pavlovien que dans la réflexion.
Vous avez dit livraison d'armes ? Voilà 30 ans que le pacifisme bêlant domine en maître la non-pensée artistique française. Prononcez les mots «paix, désarmement, déserteur» et nos artistes japperont. Dites «guerre, militaire, frontière, soldats casqués» et ils auront la bave aux lèvres.

Vous avez dit kurde ? Mais pourquoi voulez-vous que M. Benjamin Biolay ressente quelque considération pour un peuple kurde que le monde entier a oublié et trahi depuis un siècle ?
Qu'un peuple arabe du Proche-Orient qui menace de destruction l'État voisin se voit accordé le droit à un état, c'est l'évidence réflexe indiscutable. Mais que le peuple kurde, non arabe, pacifique, ait droit à son Etat en terre d'Orient, voilà qui est nouveau pour ceux qu'on a forcés à croire que cette terre ne pouvait être qu'arabe et d'islam.
Au demeurant, pourquoi morigéner un artiste de variétés, quand un journal du soir qui se veut sérieux et intelligent, lui aussi écrit le 18 aout dans un éditorial ses réticences à armer les kurdes, sous le prétexte imparable que cela déplairait aux Allemands et aux Turcs d'Allemagne ?

Vous avez dit chrétiens d'Orient ? Mais qui s'intéressait à leur souffrance il y a encore un an ?
Aux coptes d'Égypte ? Aux massacres du Soudan, du Nigéria ou de Syrie ?

Vous avez dit terrorisme islamiste ? Mais le monde commence seulement à le découvrir vraiment dans son ampleur.
Le journal éponyme vient de consacrer un éditorial au supplice infligé au malheureux James Foley, authentique martyr, lui, de l'abjection fanatique. Lorsque son confrère Daniel Pearl fut assassiné dans les mêmes conditions, il n'eut pas certainement droit ni à la même attention, ni au même hommage.

Jusqu'à présent, dans l'inconscient collectif médiatique européen, le terroriste islamiste, certes décrié politiquement, n'est pas foncièrement détesté «épidermiquement, tripalement», comme l'est encore la figure honnie du militariste raciste occidental.
Pas de défilés monstres contre les monstruosités avec Guy Bedos, Duflot et Besancenot, pas de «génération Mossoul» en keffieh, pas de protestation massive de la communauté musulmane passive.
Voilà pourquoi, le 3 octobre 2012, je fus contraint de prendre la plume pour ferrailler contre ceux, nombreux en France médiatique, qui s'étranglaient d'indignation à la vue d'affiches placardées dans le métro new-yorkais qui osaient qualifier les djihadistes de «sauvages»…

Lévi-Strauss, qui en savait un rayon sur la radicalité islamique, aurait considéré à juste titre l'épithète offensant pour les authentiques sauvages qu'il connaissait aussi.
Qui voudrait que dans ce contexte d'ignorance, de sottise, de matraquage idéologique, et de terreur intellectuelle trentenaires, je tienne finalement mauvaise rigueur à un enfant du siècle, élevé au lait de l'antiracisme de pacotille, de prendre les ennemis des djihadistes pour des «islamophobes» ?

La punition est déjà bien sévère. Il fut un temps où de telles déclarations étaient prises au sérieux. Aujourd'hui elles déclenchent le fou rire ou la sidération.

Il va devenir difficile d'être artiste et de gauche, sans être comique.

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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commentaires

Phil 30/08/2014 22:53


Cher GWG, dans votre énoncé des délires socialistiques du pays de Hollande


 (ils ont fait croire...), vous avez omis le plus bouffonesque d'entre eux:



 


Ils ont fait croire qu'il suffirait de coller une prune de 1500 euros aux clients des
prostituées


 pour faire disparaître les prostituées en général, et la réseaux mafieux en particuliers.


 


Ces sots-sialauds ont juste oublié qu'il n'existe pas de radar pouvant flasher le
"contrevenant",


et que la prostitution a existé 1 million d'années avant la religion de gauche.


 Et elle lui survivra bien après.

Phil 29/08/2014 20:09


Coco a posé une très bonne question. Qui est ce Biolay.


C'est du beau, du bon, du Biolay. Laid ou pas, en tous cas il est Bio.


Il est coiffé comme Cheetah sous une averse et il chante comme un fer à repasser


mal détartré, mais il est issu d'une génération biberonnée à moult Machin Academy


pour laquelle il n'est nul besoin de talent pour accéder à la célébrité.


En conséquence, ce ténor de supérette touche donc un bon gros paquet de jeunes


dans la tranche des 15-25 ans. Et compte tenu de la mainmise des émirats
émergents sur


les médias français, on peut largement subodorer que ses âneries à caractère


hautement géopolitique sont en réalité tweetées en service commandé.


Histoire de galvaniser une jeunesse en mal de repères...

Palmoni 29/08/2014 12:27


Le mieux c'est encore ça:


http://lelotharingien.wordpress.com/2014/08/23/benjamin-biolay-est-pas-dupe-soutenir-les-chretiens-dirak-cest-islamophobe/#comment-213

Palmoni 28/08/2014 11:23


Ce texte de GWG, repris sur Tribune Juive, a donné, entre autres, ce
commentaire:


En grande forme, Goldnadel.


Dommage qu’il a fallu, pour mettre ce gamin gâté à sa place,
en parler.
Ces gens vivent des feux de la rampe. Ne pas en parler les prive de leur raison d’être.
Plongeons-les dans l’obscurité.


Et il va falloir s’interroger sur la caisse de résonnance
accordée aux saltimbanques par les médias lorsqu’ils s’expriment sur des questions idéologiques, politiques, économiques voire industrielles sur lesquelles ils n’ont aucune compétence autre que
celle du citoyen lambda.


 


Mélange de genres que les Bedos père et fils ont transformé
en fond de commerce, n’ayant qu’ignorance, suffisance et idées préconçues à vendre.
Fourguant un discours étudié pour flatter une clientèle bien ciblée dans le sens du poil.

Robert Marchenoir 28/08/2014 11:05


Le journal éponyme vient de consacrer un éditorial au supplice infligé au malheureux James Foley, authentique martyr, lui, de l'abjection fanatique. Lorsque son confrère Daniel Pearl fut
assassiné dans les mêmes conditions, il n'eut pas certainement droit ni à la même attention, ni au même hommage. (GWG)


 


Je ne voudrais pas faire de mauvais esprit (ce n'est certes pas mon genre), mais je relève que James Foley était un chrétien croyant, tandis que Daniel Pearl était juif, et avait même la double
nationalité américaine et israélienne.


 


Le moindre journaliste français capturé suite à son imprudence, puis rentré vivant grâce aux rançons payées par le gouvernement, a droit à son portrait géant sur la mairie de Paris pendant des
mois, mais un journaliste juif américain, décapité au couteau par des musulmans parce qu'il est juif, ne suscite aucune émotion particulière dans l'Hexagone.


 


Ce n'est pas comme si cet assassinat rappellait vaguement les fameuses Zeurléplusombres de Notristouâr, dont on nous ramone le conduit par ailleurs pour nous interdire toute opposition à
l'immigration de masse.

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