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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 11:44

PARU SUR LE SITE Valeurs Actuelles

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25 mars 2014 

 

La gauche et le devoir de mémoire Par Gilles-William Goldnadel

L'œil de Goldnadel. Chaque semaine, Gilles-William Goldnadel propose aux lecteurs de Valeurs actuelles son regard sur l'actualité. Il revient aujourd'hui sur le résultat des municipales et la tribune de Nicolas Sarkozy.


Il paraîtrait que M. Sarkozy aurait exagéré en évoquant « La vie des autres » et déploré que la police ait espionné longuement la sienne. L'allusion, même cinématographique, à l'Allemagne communiste était insupportable pour la gauche indignée.


Il y a quelques mois pourtant, les Jeunes Socialistes ont publié une caricature de l'ancien président en Adolf Hitler exécutant le salut nazi, portant la marque et l'adresse du parti de la rue de Solferino sans susciter ni excuses ni indignation. Tout au long du quinquennat, M. Montebourg, M. Hamon et autres princes consorts antifascistes autoproclamés n'ont pas dédaigné les références historiques les plus indignes sans inspirer autant de protestation. On voudra bien considérer en conséquence que lorsqu'un homme vilipendé, sans recours juridique immédiat possible, le secret de l'instruction foulé au pied, celui de ses conversations avec son avocat transformé en paillasson médiatique, fait référence à l'Allemagne de la Stasi, il devrait être, dans notre monde de l'hyperbole obligée, particulièrement complimenté pour son sens de l'euphémisme. Mais non, Sarkozy est un violent, qu'il ose seulement répondre à l'injure c'est injurier la justice, qu'il prétende légitimement soupçonner de partialité la juge d’un syndicat qui l’a punaisé sur le mur des cons, c'est insulter dangereusement l'ensemble des magistrats.


Et si Sarkozy, par la force des choses, n'était pas aujourd'hui devenu le symbole vivant du résistant à l'indignation sélective et à l'injustice médiatico-politique qui ne trompent plus les Français ?


Toujours, s'agissant des fantômes de la Stasi, planant à nouveau au-dessus de la France, il est piquant de constater que l'Humanité aura été sans doute la plus sévère pour morigéner l’épître de Sarkozy. Pourtant, du temps où sévissait la police politique est-allemande, l'organe officiel du Parti Communiste Français se montrait bien placide envers les méthodes des camarades de la république « démocratique ». À l'époque, il n'y avait pas grande offense à y faire référence. Quant aux alliés socialistes, l'alliance avec le parti frère ne posait pas et ne pose toujours pas problème. Mais je sens que je vais encore provoquer quelques indignations.

 

Messieurs Tariq Ramadan et Edgar Morin viennent de publier un livre en commun au titre bien trouvé : « Au péril des idées ».

Ce n'est pas le fait qu'ils aient écrit à quatre mains un ouvrage qui me frappe, mais leur extrême convergence.

Il faut en effet attendre la page 233 d'un opus qui en compte 282 pour lire l'expression : « enfin un désaccord ! ». Après cela, on me dira que l'islamo-gauchisme est une chimère.

Une question me taraude un peu dans cette affaire : qui compromet le plus l'autre ?
J'ai personnellement ma réponse : Ramadan, intellectuel brillant, a certes depuis longtemps mis un bœuf sur sa langue et écrit habilement à l'encre sympathique lorsqu'il s'agit de défendre la cause islamiste. Mais nul ne peut prétendre qu'il ait trahi son identité musulmane radicale.

Morin en revanche, celui qui persiste à décrire dans le livre commun, pour le plus grand bonheur de son non- contradicteur, qu’Israël est le bourreau et le palestinien la victime par essence, aime à se dire « marrane ». Sans comprendre que ceux-ci cachaient leur identité juive alors que lui aime la clamer pour accabler les siens.


Celui qui écrivait dans le Monde « que les Juifs prennent plaisir à humilier les palestiniens », celui qui a démonté la rumeur d'Orléans pour monter celle d'un massacre imaginaire à Jénine, est en fait le dhimmi de son compère de plume.


Un jour j'écrirai peut-être le tome 2 « du vieil homme m’indigne », tant M. Morin est le digne héritier de ce Stéphane Hessel qu'il admirait tant. Héritier, lui aussi intouchable, car nul dans la presse iconographique et convenable n'a osé seulement s'interroger sur ce mariage littéraire si harmonieux.


Au-delà de ces remarques désabusées, une observation ultime : tandis que Ramadan est loué dedans son camp pour son inflexible intransigeance à l’autre, Morin est religieusement encensé chez lui pour se poser en s'opposant aux siens.

Ainsi cheminent ensemble l'Orient dans son réveil et l'Occident dans son coucher.

 

Gilles-William Goldnadel © 

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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Palmoni 02/04/2014 09:52


L'explication de la problématique européenne précède, de loin, Woody Allen:


 


"Le chemin de l'enfer est pavé de bonnes intentions".


Et:


"Le diable est dans les détails". 

Phil 01/04/2014 21:28


@ Coco


 


"Donnez moi une seule chose sérieuse qui peut réunir les français ?


C'est une démocratie mais qui n'a aucune identité."


 


 


C'est précisément dans ce but-ci qu'avait été créée l'Europe de Maastricht et tous les désastres qui s'en sont ensuivis: Libre circulation des personnes et des biens, abolition des frontières,
confiscation des politiques monétaires, création de la monnaie unique, dilution des souveraintés, etc., donc la disparition programmée des peuples, des cultures et des langues, donc des
identités.


 


 


Ils s'imaginaient qu'en 20 ans l'affaire serait pliée. Soit le temps éstimé nécessaire à l'abrutissage définitif des populations. Une petite génération... le temps de l'oubli... Mais il semble de
plus en plus net qu'aux yeux de Bruxelles la tâche s'annonce finalement plus difficile que prévue. Ils ont juste oublié que la nature a horreur du vide.


 


 


Ces euro-sorciers avaient même rêvé, la bave aux lèvres, de l'uniformisation des fiscalités, mais l'idée est morte dans l'oeuf. Dans ce domaine, chaque Etat continue donc sa popotte, chacun dans
son coin. Devinez pourquoi... Comme le dit si bien Woody Allen:


"La richesse est préférable à la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières."

Palmoni 01/04/2014 16:11


Encore d'accord avec Coco. J'ignore ce qui m'arrive; un virus? C'est de saison. 


 


J'enchainerais, si n'était la flemme, par la vision "occidentale" de la démocratie comme permettant le culte de l'individu; auquel tout est dû; au détriment du collectif qui doit tout.


 


Ce qui mène in fine au suicide du collectif qui n'en peut mais. Et à l'extinction de l'individu qui n'est rien sans le collectif. 


 


Le tout en se prosternant devant une civilisation qui met le collectif, nommément la "Oumma", au dessus de tout.


 


Assez dit pour un mardi. 

Coco 01/04/2014 15:54


La démocratie n'a de sens que si elle s'appuie sur un socle commun que personne ne contestera. Si Israel, Etat Juif, ouvrait ses frontières et donnait le droit de vote a tous les arabes et
africains qui y débarqueraient, Israel serait alors une belle démocratie qui n'aurait plus rien de Juif. On continuerait a dire que c'est la seule démocratie blablabla...et ça nous ferait
une belle jambe.


Regardez encore une fois la france. Donnez moi une seule chose sérieuse qui peut réunir les français ? C'est une démocratie mais qui n'a aucune identité. On est français comme on serait
actionnaire d'une société du cac 40 : on vote a l'assemblée générale, on touche ses dividendes autant que l'on peut, on revend quand il n'y a plus rien a gratter et on devient actionnaire d'une
autre société.


La démocratie, c'est bien en famille.

Palmoni 01/04/2014 14:43


Et pourquoi pas?


A la guerre comme à la guerre; on peut user de cet argument si l'occasion se présente et auprès d'un public qui lui est receptif. 


 


Cela dit, il est vrai que perso je l'évite. 


D'expérience, il est à double tranchant et de nature à ne convaincre que les déjà convaincus. 


 


De surcroit il est superflu: ce n'est pas parce qu'on est "beaux" selons certains critères ("démocratiques" en l'occurrence) qu'on a une raison d'être. 


La France use-t-elle de son régime "démocratique" comme raison d'être? La Chine?


 


Israel a des arguments autrement plus solides; démocratique ou pas.

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