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Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 12:49

REFLEXIONS SUR LA QUESTION KHADAFI

 

Je le dis d’emblée, ce concert international de diabolisation du libyen désormais mis au ban de la société humaine indispose particulièrement mes oreilles fatiguées. Comment entendre sans grimacer les bruyants cuivres onusiens qui ont 20 ans de retard sur une partition qui aurait du être jouée dans le tempo. Au lieu de cela, l’aréopage divin accueillit à la tête de l’encensée Commission des Droits de l’Homme, le représentant de Tripoli.

Ce même représentant, Ali Triki, qui avait impunément chanté les louanges d’Adolf Hitler sur les rives de l’Hudson.


Qui donc osa s’en plaindre, sinon quelques occidentalistes plus honnis que Kadhafi ?

Comment entendre sans grimacer les chœurs français entonner à l’unisson polyphonique et politique, la poitrine gonflée, des hymnes vengeurs, eux, qui jusqu’alors avaient traité le « bouillant colonel » avec une obséquiosité à peine ironique.

Depuis des années, à la télévision comme dans les journaux, j’ai tenté vainement d’interpeller les responsables nationaux pour leur demander s’il était digne d’un pays civilisé qui prétend vouloir défendre la sécurité de ses ressortissants et son honneur de continuer d’avoir des relations avec un régime qui  protégeait un criminel. Mais qui se souciait, en dehors des familles victimes françaises de l’attentat contre l’avion d’UTA, de ce que le beau-frère du colonel, Ahmed Senoussi , fut condamné par contumace à la prison à vie par la justice française, tout en coulant des jours heureux dans son pays ? Certainement pas, Jacques Godfrain, envoyé spécial de Jacques Chirac à Tripoli pour commémorer l’anniversaire de la proclamation de la Jamarya  et qui côtoyait ledit beau-frère dans la tribune présidentielle.

On voudra bien comparer cette démission  de l’ensemble des prétendues élites françaises avec l’acharnement des Américains pour faire condamner l’auteur de l’attentat contre le Boeing de la PanAm qui s’écrasa sur Lockerbie, jusqu’à ce que le gouvernement écossais l’élargisse lors d’un méchant bargain qui ne fit sursauter personne.


Qu’on me cite également la moindre voix intellectuelle ou médiatique qui haussa le ton d’une octave, ou même  poussa le moindre soupir, lorsque le gouvernement français décida de fermer son ciel aux avions de Ronald Reagan, envoyés   pour châtier le tyran pour un attentat terroriste en Allemagne. Ce qui au demeurant fut suffisant pour le calmer incontinent.

Il faut dire que nos intellectuels si clairvoyants ont toujours su davantage se dresser sur leurs ergots de gallinacés indépendants à l’encontre de l’Amérique placide qu’envers la radicalité arabo-islamique.


Lorsque la Suisse, qui dans quelques jours gèlera les avoirs de la famille tripolitaine, s’excusa platement l’an dernier pour avoir cherché mauvaise querelle judiciaire à l’un des avortons du tyranneau, coupable d’un seul petit crime, qui s’en est ému dans les chancelleries, les salles de rédaction ou les salons parisiens ?

Car c’était encore  comme cela, il n’y a pas 15 jours.


Tant que Kadhafi faisait assassiner des Français ou des Anglo-Saxons, prenaient en otage ou torturaient des infirmières bulgares, l’Occident coupable, forcément coupable, se  taisait, le monde arabe complice se taisait, les Africains tétanisés se taisaient, et l’ONU, qui parle à présent de crimes contre l’humanité, automatiquement, le couvrait.

Il  n’aurait vraiment pas du s’en prendre à des non occidentaux.

Entre la question Kadhafi et ma question  blanche, il n’y a qu’un seul pas à accomplir : celui d’affronter la réalité : celle d’une idéologie sournoise et mortifère qui depuis quatre décennies fait le malheur des enfants du Couchant et des enfants d’Orient.


Lorsque la dépouille du vieux dictateur sera exhibée au bout d’une pique, puissent ceux qui n’ont rien dit depuis 40 ans se taire encore un peu.

 

Par GOLDNADEL Gilles William
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