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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 17:34

 

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L'oeil de Goldnadel

25  novembre 2013  

Abdelhakim Dekhar ne correspondait pas au tueur rêvé

Par Gilles-William Goldnadel

L'oeil de Goldnadel. Chaque semaine, Gilles-William Goldnadel propose aux lecteurs de Valeurs actuelles son Regard sur l'actualité. Aujourd'hui, il se dit qu'il n'est pas sûr qu’Abdelhakim Dekhar correspondait au portrait-robot rêvé de la bien-pensance progressiste...

Comme dans l’affaire Merah, il n'est pas sûr qu’Abdelhakim Dekhar correspondait au portrait-robot rêvé de la bien-pensance progressiste. On se souvient, en effet, du cri de rage poussé sur Twitter par un journaliste du Nouvel Observateur apprenant l'identité du massacreur de Toulouse : « Putain, je suis dégoûté, j'aurais tant voulu que ce soit un blanc ! »

Dans la présente affaire, le discours du directeur de Libération, le jour de la tentative d'assassinat sur le malheureux photographe, constatant une montée de la violence (chose rare chez ceux qui y voient ordinairement un fantasme de beauf) et une tentative de faire taire la presse, laissait à penser que celui qui s'en était pris au journal de référence de la gauche très à gauche ne pouvait venir que d'un occidentaliste de la droite très à droite.

Patatras, c'est de « l'ultra gauche » (sic) « antifasciste » révoltée par la situation dans le monde arabe qu’est venue, à nouveau, l'infamie meurtrière et fascisante. On ne peut que compatir à cette nouvelle déception.

 

Comme je n'appartiens pas à la gauche extrême, et que je n'épouse pas ses méthodes, je ne tirerai, en conséquence, aucune loi générale de l'identité du suspect, ne pousserai aucun cri d'indignation suraigu et n'appellerai pas au rassemblement citoyen pour sauver la république en péril.

Mais je frémis rétrospectivement à l'idée que le coupable se soit appelé Dumesnil Albert et qu'il ait pu il y a 10 ans appartenir à une organisation estudiantine classée à droite.

Dans cette hypothèse, statistiquement assez rare, nous aurions eu droit :

- À un défilé de Bastille à Nation aux cris de « vive la liberté de la presse » et « le fascisme ne passera pas » qui se serait conclu par un magnifique chant du partisan.

- À la constitution d'une liste d'intellectuels ayant inspiré l'auteur du forfait en raison de leurs imprécations contre la presse progressiste.

- À la mise en cause de l'UMP (comme dans l'affaire Meric), coupable par la perte de ses complexes d'avoir fait sauter tous les verrous.

Ce n'est que partie remise.

 

Au passage, arrêtons-nous un peu sur cette étrange appellation « d'ultra gauche ». On observera qu'il n'existe pas « d'ultra droite » dans l'univers lexical médiatique français.

Le vocable d’ultra gauche, est réservé aux terroristes et aux négationnistes.

Ainsi, pas de risques d'amalgame avec l'extrême gauche qui ne saurait donc se commettre dans de tels dévoiements. On en conclura donc logiquement que la presse n'utilise pas de telles précautions s'agissant de l'extrême droite lorsqu'elle transgresse les lois humaines.

Fâcheuse mais habituelle absence de symétrie. D'autant plus dommageable, qu’ainsi que je le faisais remarquer dans une précédente chronique, la bien-pensance en majesté n'est pas avare de l'épithète « extrême », lorsqu'il s'agit d’étiqueter l'hémisphère droit de la carte politique et intellectuelle. En général, il ne s'agit pas d'un compliment.

 

On observera que, pour une fois, la bien-pensance n'aura pas critiqué les méthodes policières, à commencer par la vidéosurveillance, qui ont permis l'arrestation rapide du criminel présumé.

La cause était sans doute trop noble.

Il ne s'agit, hélas, que d'une entorse à un principe général immuable et dont je me perds à comprendre le fondement véritable, sauf à entrer dans le domaine de la psychopathologie traumatique, qui revient à vouloir priver la société occidentale de tout moyen de défense.

Du drone-désormais honni-à la traque téléphonique (sauf s'il s'agit bien entendu de la délinquance financière).

On apprenait dernièrement que la Cour de Cassation venait d'annuler la procédure diligentée à l'encontre du responsable principal de l'organisation islamiste et antisémite Forza Aliza (que l'auteur de ces lignes avait fait condamner) aux motifs tirés d'une jurisprudence européenne de plus en plus irresponsable (mais qui ose le dire) et qui proscrit toute initiative policière de suivi géo signalétique de portable téléphonique.

Allant plus loin, sans y être obligée juridiquement, Mme la Garde des sceaux vient d’interdire, sous peine de nullité, toute pose de balise sur des véhicules suspects par les personnels de police.

Encore une victoire de l'humanisme sur la barbarie.

 

Certains responsables politiques ont cru devoir évoquer les nombreuses incertitudes que soulève l'accord passé à Genève avec l'Iran. Ils ont tort. On peut être sûr des éléments capitaux.

- Il est sûr que l'Iran va recevoir, quoi qu'il arrive, plus de 7 milliards de dollars avec la levée de certaines sanctions. Le régime en place va en tirer un succès politique mérité.

- Il est sûr que les milliers de centrifugeuses installées illégalement ne vont pas être démontées.

- Il est sûr que l'uranium enrichi destiné à la fabrication de la bombe restera stocké sur le territoire iranien.

- Il est sûr que la république islamique s'est vu reconnaître le droit à l'enrichissement de l'uranium, en infraction avec les décisions du Conseil de Sécurité.

On a déjà pavoisé pour moins que cela.

À ce stade de certitudes, est-il interdit d'aborder la question morale ?

D'aucuns ne goûtent pas les comparaisons émises par certains esprits chagrins -nombreux à Jérusalem- avec les accords de Munich.

Pourtant, les accolades et les embrassades entre les représentants de certaines démocraties et des diplomates d'un pays dictatorial, islamiste, négationniste, qui espérait encore il y a 48 heures la destruction d'un État, qui pend les homosexuels et claquemure ses femmes étaient-elles indispensables ?


Est-il raisonnable d'accorder le moindre crédit à la signature d'un pays dont le président soi-disant modéré se vantait il n'y a pas un mois d'avoir roulé il y a dix ans dans la farine ces crédules d’occidentaux. ?

On a vu des comparaisons historiques moins scabreuses. Il est tristement cocasse de constater que ceux qui se cabrent de voir un peuple légitimement inquiet et expressément menacé faire appel à son expérience historique sont les mêmes qui traitaient il y a peu Valls et Sarkozy de nazis et entonnent le chant des partisans à la première expulsion d’un contrevenant.


Si je ne le dis pas, alors qui va le dire ?

À ce dernier sujet, l'ineffable M. Mélenchon a critiqué dernièrement l'inquiétude du président de la république à propos des menées iraniennes. Il rejoint sans surprise, sur ce thème, les analyses du Front National.

Pour faire bonne mesure, ce compagnon mirobolant du PCF, a déclaré son approbation du boycott de l'État juif. La plupart des Verts sont sur la même ligne.

Je tremble d'avance au sort que vont leur réserver leurs alliés socialistes lors du rassemblement du 8 décembre prochain « contre tous les extrémismes ».

  

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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commentaires

Edith 02/12/2013 14:51


Pour Valls, ce qui est troublant, c'est qu'il est bien le seul à s'opposer à l'aveuglement général. C'est lui qui a remis la médaille de la laïcité à la malheureuse responsable de Baby Loup qui
se fait pourrir la vie depuis trop longtemps par une allumée de la calebasse voilée.


"Aimer les autres plus que soi-même" est le fait de sophistes qui s'en servent comme alibi politique jusqu'à s'en convaincre, faisant preuve d'une fausse humilité afin de paraître plus "humains"
que l'adversaire. Il y a aujourd'hui une multitude de nouveaux Saint-Just prêts à abattre leurs prochains pour assurer leur propre sanctification alors que leur vie de bobo est protégée, qu'ils
seraient incapables de rester plus de cinq minutes dans un quartier "insensible". Comme a dit un jour Bedos (qui a fait récemment un spectacle avec Dieudonné) : "Ce n'est pas parce qu'on
veut mourir pour le peuple qu'il faut vivre avec". En ce temps-là, il avait encore de l'humour et un peu de discernement.


Tiens, à propos de Saint-Just, Mélenchon a fait hier référence à Robespierre à propos de justice sociale. L'histoire de la Terreur n'a pas laissé de trace sur son écran défaillant.


Je vous laisse... il y a tant à dire sur cette époque étrange...

Estefania 02/12/2013 14:24


Force est de constater que dés que l'on mentionne des violences de musulmans, qui le revendiquent au nom de la religion, nous avons droit à la grande diatribe : point de stigmatisation, point
d'amalgame, point d'instrumentalisation. Manuel Valls avait su accusé de "stigmatisation" une député UMP qui narrait l'agression de policiers à Marseille pour avoir contrôlé une femme
voilée.


(Chose étonnante, lorsque j'ai lu certains des propos de Valls dans les journaux espagnols, il n'a pas hésité à user de la stigmatisation. Dommage que sa parole devienne "voilée" en
France.) En même temps, le pauvre garçon se fait défoncer dés qu'il ose frôler de si peu le politiquement incorrect.


Pour ma part, je me fiche que l'on me dise qu'il s'agit d'une minorité de musulmans qui produisent des débordements, puisqu'elle constitue la minorité agissante. La majorité étant passive, elle
compte pour du beurre.


C'est comme dans un cours, si une minorité d'élèves pourrissent  le cours du prof, bien que la majorité ne suivent pas forcément, elle se montre le plus souvent passive, elle excuse et
laisse faire, le cours devient impratiquable. Donc, la majorité ne compte pas.


Au lieu de nous parler de ces infames français qui ont le toupet de ne pas être atteint de cécité et de ces musulmans paisibles (dont je ne doute absolument pas ni de leur présence, ni de leur
sincérité), j'aurais préféré les entendre s'adresser à ceux qui commettent des violences et leur crier qu'ils jettent l'austracisme sur toute leur communauté. J'aurai certainement eu plus de
respect pour ce genre de démarche.

Palmoni 02/12/2013 09:36


Peut-être bien.


Et d'ailleurs on pourrait ajouter le silence assourdissant des "institutions représentatives" de l'Islam de France et de leurs dirigeants lorsque surviennent certains évènements en France ou
ailleurs. 


Non seulement l'affaire Merah ne les avait pas ému outre mesure; mais le sort des populations syriennes ou des chrétiens d'Orient non plus. J'en passe.


Cela dit, un Goldnadel qui passe pour un repérsentant des juifs de France (par sa présence médiatique et sa position à France-Israel) se doit un devoir de réserve devant micros et caméras.  

Coco 02/12/2013 05:50


Effectivement, c'est une bonne chose si cela vous a permis de faire la connaissance de Goldnadel.


Oui, j'ai bien remarqué qu'il était tout a fait convenable d'écrire 'l'islam au secours de la République'. Ce qui vaut pour l'islam ne vaut pas pour le christianisme en France. L'antiracisme
consiste à aimer l'autre plus que soi meme.


J'ai aussi remarqué qu'il n'y avait rien à redire lorsqu'on reprochait aux médias de donner une mauvaise image de l'islam en rapportant les nombreux attentats commis par les musulmans,
car ces tueries étaient un mauvais exemple pour cette ''immense majorité' de musulmans paisibles, mais tant influençables.


J'ai aussi constaté que l'on trouvait tout a fait exemplaire cette famille dont le père algérien dit de son fils d'une douzaine d'années, né en France, de culture française,
qu'il se sent complètement français et qu'il ne connait rien de l'algérie à part peut etre le nom de son président. Mais pourtant ce gamin déclare qu'il se sent autant Français
qu'Algérien. Cherchez l'erreur.

Edith Gorren 01/12/2013 17:12


Je suis assez d'accord avez vous concernant les autres intervenants, je soupçonne même le présentateur d'avoir choisi "gauche noire" et "droite blanche", ce qui n'est pas innocent. La sénatrice
est coutumière du bêtisier consensuel et l'auteur du "L'Islam au secours de la République"... vous vous rendez-compte...si l'on écrivait "le Christianisme au secours de la République", tout le
monde tomberait par terre ! 


Maintenant, que Goldanel y ait participé me semble au contraire une bonne chose, la preuve étant que cela m'a permis de l'entendre sans le connaître et de constater que j'étais d'accord avec la
plupart de ses positions. Et pourtant j'ai mes racines à gauche. Il est grand temps que les gens honnêtes et lucides dépassent ce clivage pour lutter contre les vrais problèmes actuels.


Cordialement.

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