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15 janvier 2007 1 15 /01 /janvier /2007 15:20

DES INDIENS À PARIS

 

 

Libération vient de publier une pétition d'artistes et d'intellectuels apportant leur soutien au malheureux Pascal Sevran, mis en cause pour ses déclarations intempestives sur les Africains et leurs mœurs.

 

On se souvient que le protecteur officiel de la chanson française – et protégé officieux de François Mitterrand – a déclenché récemment quelque remous d'eau douce pour avoir considéré lapidairement que les Noirs étaient responsables de la progression du sida en raison d'un usage immodéré de leurs « bites » (sic).

 

La seule et unique fois où j'ai rencontré Sevran, c'était sur le plateau de l'émission de Thierry Ardisson, et celui-ci, s'employait tranquillement à justifier la protection qu'avait accordée son présidentiel protecteur à René Bousquet, grand organisateur de la rafle du Vel d'hiv.

On conviendra que c'est assez peu pour me le rendre sympathique.

 

Donc, après sa dernière sortie, Pascal a été quelque peu gourmandé. Mais sans conséquences judiciaires pénales ou prud'homales.

Et c'est, à mon humble sens, tant mieux.

 

Mais c'était encore trop pour ses amis et obligés.

 

On pourrait se douter que je n'aurais pas consacré mon blog-notes d'aujourd'hui à la souffrance de celui-ci si les justifications apportées par les pétitionnaires à son soutien ne me permettaient, une nouvelle fois, de montrer que ce pays n'a rien à envier aux Indes en matière de caste prophylactique.

Il nous était, en effet, expliquer sans rire que Sevran ne pouvait pas être raciste puisque fils de réfugié espagnol et homosexuel...

 

 

 

Ce type d'explication essentialiste, cette objection suprême indiscutable, cette fin de non-recevoir touchant à l'essence même de l'être insoupçonnable et encore plus incondamnable à raison de la communauté, de la profession, du clan politique de la personne à protéger absolument nonobstant l'acte qu'il a commis est une spécialité française incontestée.

 

 

Bertrand Cantat, meurtrier de Marie Trintignant, n'était pas coupable de crime, mais victime du système judiciaire lituanien, nous expliquaient, avec l'indignation de rigueur, Armand Gatti et ses pétitionnaires du Monde, parce qu'il était artiste et qu'il avait participé aux luttes contre l'extrême droite...

 

Edgar Morin ne pouvait être poursuivi, sans infamie, en justice pour un texte infâme mettant en cause expressément les Juifs puisqu'intellectuel-Juif-de-gauche.

 

José Bové ne pouvait être sanctionné pour des délits récidivants puisque "militant syndical".

 

Enfin, et peut-être surtout, Césare Battisti, terroriste et assassin, court toujours sans que nul à Paris ne s'en soucie, parce qu'il n'était pas question d'extrader vers son pays qui le réclame toujours – tous partis confondus –  un écrivain révolutionnaire.

 

 

 

Français, ne plaignez pas vos Intouchables. Ils le font tellement mieux que vous.

 

 

 

GWG

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Published by GOLDNADEL Gilles William - dans BLOG-NOTE
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Marcoroz 17/01/2007 13:16

Pour revenir au sujet des Intouchables de la République, un petit rappel pêché sur le Net:
Les " affaires d’excision " ont été jugées en correctionnelle jusqu’en 1983 où la cour de cassation a établi que l’ablation du clitoris était bien une mutilation au sens du code pénal français, à l’occasion du jugement d’une femme française ayant mutilé sa fille. Il s’agissait d’une affaire de mauvais traitement ne relevant pas d’un contexte traditionnel.
Avant cette date, je me souviens avoir lu dans le "plus grand journal arabe de langue française" un article sur ce problème: l'auteur écrivait sans rire que "le droit français n'a pas prévu" ce genre de situation (le contexte "traditionnel"). Tant que les bourreaux étaient noirs de peau, ce n'était pas une mutilation mais un rite, une "culture" (et la petite fille de 4 ans, lui demandait-on à quelle "culture" elle se sentait appartenir?)
Vous avez bien lu: il a fallu que des parents blancs fassent exactement la même chose, en 1983, pour que ça devienne un crime!

Marcoroz 16/01/2007 15:55

Je pense qu'elles auront à leur disposition des ouvrages d'historiens et des témoignages comme certains livres que nous avons dans nos bibliothèques.
Bien sûr, le plus grand nombre ne lisent pas ces livres... C'est pourquoi vous pensez davantage aux documentaires comme celui d'hier? N'en existe-t-il pas d'autres qui parlent de la Collaboration?
Et peut-être y aura-t-il d'autres Costelle, d'autres Rossif, d'autres Ophuls, qui même sans avoir vécu eux-mêmes cette période, seront capables de la raconter grâce à des recherches sérieuses et non biaisées?

Soskin 16/01/2007 15:23

Ma réflexion sur le Nazisme en France valait dans une perspective d'avenir à moyen et long terme, c'est à dire pour les générations futures.
Qu'auront-elles comme données fiables à leur disposition ?

Marcoroz 16/01/2007 14:59

Daniel, je n'ai pas pu voir ce film, car je n'ai pas la TV (mais mes parents m'en ont dit grand bien)
 

Il m'est donc difficile d'en parler, et d'apprécier dans quelle mesure le "nazisme français", c'est-à-dire la Collaboration, aurait dû être traité.
 

Je crois cependant que cette face sombre de l'Histoire de France est de moins en moins occultée. Elle est même aujourd'hui officiellement reconnue, et il me semble que depuis quelque temps au moins, certains manuels d'Histoire en disent l'essentiel (une chose qui n'existait pas quand j'étais à l'école).
 

Il me semble qu'aujourd'hui, quiconque se documente un minimum sur cette époque peut apprendre que le régime de Pétain a édicté des lois raciales, pratiqué un antisémitisme actif sans que les nazis n'exigent rien, livré les enfants Juifs alors que les nazis ne les réclamaient pas, et tout le reste.
 

Ignorent surtout ceux qui préfèrent ignorer. Vous ne croyez pas?
 

Cordialement.

Soskin 16/01/2007 11:19

Bonjour,
Je voudrais profiter de cet espace pour évoquer avec vous l'admirable documentaire de Daniel Costelle sur la traque des Nazis.
Pour ce faire, je vous communique le mail que je lui ai envoyé ce matin.
Cher Monsieur Costelle,

 

Comme j’ai pu vous le dire ce matin au téléphone, je tiens à vous remercier pour la qualité exceptionnelle de votre documentaire intitulé « 
la Traque
des Nazi »

 

Images et commentaires sans concession, mais aussi et surtout sans larmoiement, et pourtant, avec tant d’humanité.

 

Il est évident que les formats imposés par les chaînes de télévision obligent à des choix, à des impasses.

 

Pourtant, il pourrait y avoir tant à dire sur le côté Français de cette tragédie, et notamment sur la chape de plomb qui a pesé si longtemps sur son évocation nationale.

 

Vous, moi, appartenons encore à des générations directement en lien avec cette épouvantable période soit directement pour l’avoir vécue, soit pour en être la génération de ceux qui ont eu à la supporter.

 

Heureusement, nos petits enfants échapperont à cela et pourront dire avoir connu leurs Parents et Grands Parents, c’est donc à eux je crois que votre admirable travail est destiné.

 

Comme me l’ont toujours répété mes amis Beate et Serge Klarsfeld, les crimes de cette période ne peuvent, ne pourront jamais être « justement » condamnés, réparés, en cette matière, la notion de proportionnalité n’a aucun sens et ne doit pas être espérée.

 

La seule mais au combien essentielle tâche qui incombe à notre génération est celle du témoignage, de la mise en œuvre l’imprescriptibilité mémorielle de cette tâche indélébile posée sur l’humanité toute entière, l’homme est capable du pire, parfois du meilleur, mais souvent du pire.

 

C’est dans cet esprit que je me permet de relever ci qui pourrait apparaître comme une lacune, celle de la non évocation d’un Nazisme Français, nazisme que pourtant Beate et Serge Klarsfeld ont vainement tenté de mettre en valeur.

 

Les Touvier, Darquier de Pelpoix, Legay, Bousquet et combien d’autres passeront à la trappe de l’histoire et le Nazisme dans les mémoires restera une idéologie strictement germanique comme s’il n’avait pas eu aussi en France, dans notre pays si attaché aux valeurs droit de l’hommiste, aux références patriotiques révolutionnaires de 1789 et égalitaristes qui en ont découlées, ses idéologues, ses zélateurs et ses thuriféraires.

 

Un jour peut-être aurez-vous l’occasion de mettre votre immense talent au service du comblement de cette lacune et je sais que ce jour là, les archives à venir s’enrichiront à nouveau d’un document d’exception.

 

En attendant cher Monsieur Costelle, j’espère que nous aurons un jour l’occasion de nous rencontrer.

 

Très cordialement, Daniel SOSKIN.
 

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