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12 septembre 2006 2 12 /09 /septembre /2006 12:10

LES VA-T-EN PAIX

 

 

Pour commémorer le combien triste anniversaire de l'écroulement des jumelles, Jacques Chirac a écrit à son homologue américain pour lui dire qu'il convenait de : «poursuivre le combat contre le terrorisme ».

Il est en conséquence étrange et même schizophrénique -s'agissant du système dyarchique de nos institutions républicaines- que le premier ministre, Dominique de Villepin, ait déclaré le 7 septembre précédent lors de son discours à la représentation nationale consacré au dernier conflit entre Israël et le Hezbollah qu'il fallait se garder d'engager «une guerre contre le terrorisme».

 

En réalité, cette "idée" n'est pas propre au chef du gouvernement français, encore que ce ne soit pas la première fois qu'il l'évoque.

Des deux côtés de la Manche, ce refus de la "guerre antiterroriste" promue par George Bush commence à prendre quelque consistance.

C'est ainsi que le romancier John le Carré a autorisé la publication en première page du Monde, d'un article dans lequel il s'en prenait avec sa vigueur habituelle à la guerre antiterroriste menée par Israël contre le Hezbollah. En substance, l'écrivain considérait qu'en supprimant deux terroristes, on en fabriquerait quatre autres.

L'idée, encore que non démontrée, n'est pas nouvelle. Malheureusement, l'auteur ne suggère pas à ses lecteurs de solutions pratiques.

On peut néanmoins en déduire que le mieux serait de satisfaire les radicales exigences des terroristes.

S'agissant du conflit israélo-palestinien, et connaissant les thèses du Hamas et du Hezbollah, on imagine la solution pacifique susurrée.

Il n'est pas si étonnant que pareilles prises de position fleurissent sur les terrains politiques des deux pays qui ont présidé aux accords de Munich.

La tentation pacifiste existe toujours de vouloir sortir d'une situation périlleuse par la voie apaisée.

À défaut d'être forcément méprisable, cette voie inepte est toujours suicidaire.

Improbable réjouissance, il semblerait qu'aujourd'hui, exception faite de nos deux premiers ministres respectifs, l'attitude néo-munichoise soit davantage à la mode à Londres qu'à Paris.

Dans ma "Parenthèse sur une défaite étrange", j'ai rappelé qu'au lendemain de la récente découverte du complot islamiste visant à détruire plusieurs avions américains, les télévisions anglaises diffusaient complaisamment des commentaires visant à justifier la colère des musulmans anglais par les événements de Palestine, d'Irak et du Liban. Là aussi, l'"apeasement" était largement ordonné en onguent.

On peut, et on aurait raison, expliquer cette nouvelle tendance britannique par l'influence d'une communauté islamique autrement plus radicale que son équivalent français.

Sauf, que cette tendance n'est pas nouvelle.

L'antiaméricanisme, l'antisémitisme, l'antisionisme, l'arabophilie hédoniste et distinguée, le pacifisme orienté, ne sont pas une spécialité française, contrairement à ce qu'une injuste critique a longtemps laissé croire. Chamberlain a ouvert son parapluie autrement plus tôt que Daladier. Et le livre blanc de Bevin restera comme l'une des pages les plus noires de l'histoire impunie de l'Angleterre.

On peut aujourd'hui voir que la bienveillance de certains de ces pseudo-pacifistes envers des groupes tels que le Hezbollah, ne s'embarrassent même plus d'une référence obligée à une quelconque résistance à une occupation en l'espèce inexistante.

À ce stade, je ne saurais trop vous inviter à prendre connaissance de la tribune courroucée que Marc Lefèvre, porte-parole pour la France du mouvement «La Paix Maintenant» a publié le 7 septembre sur le site de Proche-Orient. Info.

Je vous en cite un passage, puisqu'ainsi que je l'écrivais dans mon précédent blog, s'agissant d'un point de vue assez inhabituel, il y a peu de risques que la presse hexagonale, en principe bonne fille avec de telles organisations "critiques", en fasse une publicité tapageuse.

«Il est de bon ton dans certains milieux de faire porter à Israël seul la responsabilité de tout ce qui se passe de mauvais au Moyen-Orient, écrit Lefèvre, en tant que militant du Camp de la Paix israélien, qui combat depuis presque 40 ans pour que cesse l'occupation des territoires conquis en 1967 et que les droits nationaux du peuple palestinien soient reconnus, je pense ne pas avoir de leçons à recevoir des conseilleurs et des spécialistes à distance.

 

Je sais ce que le Camp de la Paix israélien fait tous les jours avec ses partenaires palestiniens pour convaincre des mérites d'une solution réaliste et pragmatique, face aux extrémistes et aux irréalistes de tous bords. Mais il faut dire aussi que si nous en sommes encore là aujourd'hui, c'est que des composantes importantes et résolues du monde arabe continuent de façon opiniâtre, par l'éducation, par les médias et par le terrorisme, à créer les conditions pour qu'un état juif ne soit jamais accepté dans la région.

 

Il est dur, poursuit Lefèvre, de devoir riposter à ces manoeuvres et provocations en étant toujours parfait et irréprochable, et sans jamais faire d'erreurs.

 

Il est dur de voir la facilité et la spontanéité avec lesquelles le désir profond de paix des israéliens et aussi de la majorité des peuples arabes voisins est occulté par une fraction toujours grandissante de la classe médiatique et intellectuelle européenne, et plus particulièrement française. Il est dur de voir avec quel empressement et quelle compréhension ces spécialistes de salons et d'antichambres s'empressent de venir au secours et de justifier ce que font les pires crapules et les pires voyous du monde arabe, tout en dissertant à l'infini sur les seules turpitudes et intentions perverses des seuls juifs Israéliens.

 

L'empressement de ces mêmes spécialistes de ne montrer de la réalité israélienne que ce qu'elle a de critiquable, est le signe que la présence même de cet état leur est difficilement supportable. Est-ce aussi un signe de leur désir de voir cet état gênant rayé de la carte ?»

 

 

 

Rien à ajouter.

 

 

GWG.

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Published by GOLDNADEL Gilles William - dans BLOG-NOTE
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commentaires

Dingo 25/09/2006 13:55

La vraie question est l'avenir du Hezbollah.
Israël est un facteur neutre dans cette équation, car les stratégies israéliennes sont toujours constantes, à l'inverse des calculs d'Ahmladinejad et Cie.
Se dissoudra t-il dans le Liban démocratique ?  Tout dépendra de l'intensité de la pression internationale, et notamment française. Rappelons cependant (http://www.afidora.com/france-hezbollah.html) que la France n'a pas hésité à soutenir le hezbollah il y a quelques années.

DID 16/09/2006 20:09

allez un break dans ma promenade de ce jour, tu est à la 100ém page des blogs d'OB et tu es le 4000ém

caius 13/09/2006 21:51

La vraie question qu'il faut se poser est pourquoi nos vecteurs de la pensée unique véhiculent ce type de vision?
La réponse st simple pour ces liquidateurs de tout ce qu'il reste de la civilisation dite judéo-chrétienne, les islamistes sont devenus des alliés de choix, ils acomplissent en accéléré et de manière violente leurs basses oeuvres.
ne trouvez vous pas curieux que ces gens de gauche qui nous bassinent à la vue de la moindre soutane ou qui nous fait croire à une montée du fondamentalisme juif soient étrangement muets lorsqu'il s'agit de dénoncer les agissements des barbus .
Regardez comment les maires communistes dans la proche banlieue ferment les yeux sur les dérives communautaristes et l'intégrisme musulman alors qu'ils sont toujours en train de traquer un integrisme juif ou catholique moribond.
Aujourd'hui Juifs et Chrétiens sont sur une même barque et c'est cette barque que l'on veut couler.
ce qui me rend optimiste c'est que nous sommes de plus en plu s nombreux à nous en rendre compte et cela c'est un fait nouveau.
Caius

Gad 12/09/2006 17:47

Si vous avez un peu de temps, je vous invite à venir lire quelques passages du blog d'un étudiant, sur divers sujets dont Israël et le sionisme.

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