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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 16:46

RENGAINES

 

Le Figaro, dans une série d'enquêtes, décrit le rôle des organisations d'extrême gauche dans la radicalisation des conflits sociaux, à commencer par les séquestrations de cadres et de patrons.

Il a raison, mais c'est un peu court.

Le quotidien madrigal a tort, dans son analyse, d'épargner des médias toujours aussi tendres à l'égard des durs quand ils sont rouges. Il suffit d'écouter les reportages de France Info sur le sujet pour comprendre pourquoi une majorité de Français commence à approuver les débordements d'une colère sanctifiée.

Il faut entendre les discours jusqu'au-boutistes sur fond de désespoir scénarisé, il faut entendre ensuite des syndicalistes expliquer sur un ton bon enfant que retenir n'est pas vraiment séquestrer, il faut enfin assister à la sortie de cadres fraîchement libérés, tous atteints d’un syndrome scandinave, expliquer qu'ils ont été merveilleusement traités.

 

Puisqu'on est à la radio, restons-y : les journaux ont rendu un juste hommage à Macha Béranger, qui vient de mourir. Ils ont relaté l'amertume de celle-ci d'avoir été évincée de France Inter, en dépit des protestations de très nombreux auditeurs.

Ce n'est pas ce qui risque d'arriver à Daniel Mermet. Moralité : mieux vaut désespérer les braves types en diffusant des messages haineux que de les réconforter en les écoutant parler d'amour.

 

Mention spéciale pour Pierre Assouline : avec un courage chevaleresque, il a cru devoir piétiner rageusement la dépouille encore chaude de Maurice Druon, coupable d'être à la fois, de droite  et « réactionnaire et conservateur » (ce qui est selon moi, quelque peu antinomique).

Il est vrai que le co-auteur du Chant des Partisans, avait également eu le mauvais goût de faire de la résistance. Bref, pour le rebelle Assouline, potentat des arts et des lettres, autant dire un authentique salaud ne méritant ni de vivre, ni même de mourir en paix.

 

 Je ne serai plus moi-même, si je ne  faisais pas semblant de m'étonner de la différence de traitement entre Gaza et le Sri Lanka. Ici et là : une population civile largement prise en otage par des groupes terroristes féroces, car disons-le, les tigres tamouls n'ont rien à envier au Hamas en matière de mépris de la vie humaine, et ici et là encore, deux États souverains contraints de recourir à la force armée.

La seule différence est que l'armée cingalaise n'a pas fait dans le détail pour réduire à merci la guérilla terroriste.

Il est vrai, qu'elle ne subit pas les contraintes  de la presse internationale, de la Ligue des Droits de l'Homme, de l'extrême gauche altermondialiste.

Il est vrai, que les foules enturbannées et leurs compagnons de route extatiques, n'ont pas foulé le pavé en hurlant au génocide et aucun reporter sans frontières ne se plaint de ne pouvoir franchir celle qui sépare le réduit tamoul du reste de Ceylan.

Pour une fois, cependant, je ne serai pas seul à entonner mon éternelle rengaine sur le traitement particulier réservé à Israël : mon vieux compagnon du soir, sans bien entendu se fendre d'une explication politique, psychologique, voire métaphysique, se contente de constater l'incontestable : « Même à l'ONU, les tragédies ne se valent pas. Des dizaines de milliers de sri lankais l'apprennent à leurs dépens. Depuis trois mois, dans le nord-est de l’ile, ils sont pris au piège de violents combats entre une armée gouvernementale brutale et la rébellion sans scrupules des Tigres. Si en janvier, la guerre dans la bande de Gaza avait, à juste titre, provoqué un tourbillon diplomatique, rythmée de réunions nocturnes du Conseil de sécurité, les civils sri lankais meurent dans une relative indifférence.

La tiédeur de la réaction onusienne s'explique difficilement. Selon les chiffres officieux de l'Organisation, invérifiables, faute d'observateurs, près de 6500 personnes ont déjà péri – cinq fois plus qu'à Gaza – ».   (Le Monde du jeudi 30 avril).

« Le crime est presque parfait. Près de 6 500 sri lankais sont morts selon les estimations de l'ONU, sans qu'aucun cadavre n’apparaisse à la « une » des journaux sur les écrans de télévision. Les autorités de Colombo ont efficacement empêché tout témoignage sur la zone des combats ». (Le Monde du 2 mai).

 

À ce stade, si je fais humblement marquer que les cingalais ne sont pas Juifs, on va dire encore que j'exagère ?

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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commentaires

Binder Michelle 22/06/2009 21:50

Monsieur Goldnadel, ce que vous écrivez là est exactement ce qui me trotte dans la tête ces derniers mois et semaines, me mettant en rage à cause de la lâcheté, l'aveuglement, la veulerie, l'ignorance et la malhonnêteté même de toutes ces soit-disant bonnes gens qui protestent contre Israël pour oser se défendre et se moquent de la misère du monde, si elle n'est pas palestinienne. Heureusement que vous êtes là pour bien dire les choses qu'il faut dire! Merci à vous. le malheur est que ceux qui devraient vous lire ne le font pas, évidemment.

laurent 17/05/2009 14:08

Je me demandais quand quelqu'un oserait enfin alerter l'opinion sur cet état de fait.merci mille fois pour ce que vous faites, vous avez tout mon soutien.

Anonymousse 16/05/2009 15:33

Bonjour.D'abord une précision sur la rédaction d'un commentaire, chez moi impossible avec Firefox (obligé de passer sur IE). Donc un bug à résoudre ici, M le Webmestre.Ensuite, sur le blog lui-même : première fois que je viens, et je le trouve d'une grande laideur et pas facile à lire par défaut (caractères petits, interlignes aussi, etc). Faudrait faire un effort.Sinon sur l'article lui-même : j'ai oublié ce que je voulais dire, le temps de rédiger mes complaintes sur la forme. Pas grave, il y aura d'autres articles.

Lazare DICHTER 06/05/2009 10:41

Bonjour,Toujours "rien que du bon" chez Gilles William !
Mais pourquoi Assouline n'aime pas les résistants ?
Quant à Mermet, c'est sûr qu'il ne risque pas de se faire évincer de Radio-France
actuellement.

Marcoroz 05/05/2009 13:05

Mathias,Ce n'est pas "LaSavonnette" qui traite de ce sujet avec grand brio, c'est Pierre Jourde, dont "LaSavonnette" a reproduit un texte paru d'abord sur "Causeur" et déjà repris par "Primo" et d'autres.C'est d'ailleurs après avoir lu les deux textes que le traitement médiatique de Gaza a inspirés à Pierre Jourde que j'ai décidé de découvrir cet écrivain, et je n'ai pas été déçu (j'ai déjà lu "Pays perdu", "Festins secrets" et "La littérature sans estomac", et je me suis régalé).

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