SECRETS ET CONFIDENCES
Le livre que j’attendais depuis toujours vient d’être traduit en français et publié aux éditions CALMANN-LEVY.
Son titre : « Relégué en page 7 ».
Son auteur : Laurel LEFF, une universitaire américaine très réputée.
Son objet : expliquer les raisons qui ont fait que le plus grand journal de tous les temps, le « New York Times » a fermé les yeux sur le plus grand massacre de tous les temps, la Shoah.
Laurel LEFF enquête avec minutie et objectivité sur ce qui a pu mener le journal à minorer systématiquement les informations sur le sort des Juifs d’Europe entre 1939 et 1945.
Ainsi, le 27 août 1943, un article annonçant l’anéantissement de trois millions de juifs dans ces centres d’extermination a été publié discrètement en bas de la page 7, plutôt qu’en « une ».
Plus accablant, on y découvre également que par aveuglement et conformisme, le « Times » a accueilli avec grande indulgence les lois anti-juives de Vichy et a défendu la politique du Maréchal Pétain.
Pour ceux qui, comme moi, tentent de déchiffrer le passé pour ne plus le revivre, les enseignements de Laurel LEFF sont monstrueusement éclairants, raison pourquoi, je vous invite à la lire au plus vite.
Vous y découvrirez ainsi la personnalité complexe d’Arthur SULZBERGER, patron juif du journal, dont l’antisionisme distingué comme le refus de tout communautarisme conduiront à cautionner la politique anglaise empêchant les juifs d’Allemagne à se réfugier en Palestine, et à renvoyer dos à dos les informations d’origine juives et celles d’origines nazies… illustrant ainsi comment l’intellectualisme le plus implacable peut favoriser les pires tragédies.
Vous verrez également comment les journalistes du New York Times en poste à Berlin minimisèrent toutes les dépêches de peur d’être expulsés, voire maltraités par les autorités nazies.
Bien entendu, tout rapprochement avec la période actuelle, à Gaza comme ailleurs serait considéré comme éminemment spécieux.
Au fait, comme cela en passant, qui a trouvé dans les journaux français, pourtant peu avares de développements sur le Proche-Orient, une simple allusion au rapport d’Amnesty International publié il y a désormais trois jours, accablant pour les Palestiniens ?
Qui a lu une seule ligne sur la tentative d’assassinat d’Ehoud OLMERT par des hommes du Fatah, immédiatement relâchés par une autorité palestinienne, par ailleurs si exigeante dans les négociations avec Israël ?
Informations qui ont été pourtant reprises par une grande partie de la presse internationale.
Mais toute cela, sans doute est sans aucun rapport avec le livre « Relégué en page 7 ».
(D’après ma chronique sur Radio J)
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