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Lundi 18 février 2008

DE L’AVANTAGE D’ÊTRE CONTENT

 

 

 

Ainsi, Imad Mougnieh ne sera pas mort dans son lit, comme souvent les assassins patentés. Moi qui ne suis pas un opposant fanatique à la peine de mort lorsqu'elle est appliquée avec modération et discernement, je suis content.

Je suis d’autant plus content que la mère de Mougnieh a déclaré sur la chaîne Al Manar «qu’elle était heureuse» que ses trois fils soient morts dans le cadre du Djihad.

Ainsi, tout le monde aurait été content si d'autres que Madame Mougnieh et moi, n'avaient caché leur joie en apprenant que l'auteur, entre autres, des attentats de Beyrouth contre les soldats français du Drakkar (50 morts), et contre le Centre Culturel juif de Buenos Aires (75 morts) avait été exécuté.

À ce sujet, certains auront, je pense, noté que le trépassé n'avait pas été qualifié de «terroriste» par la presse hexagonale, mais plus sobrement de «chef des opérations militaires du Hezbollah». Après tout, peut-être bien que les victimes du Centre Culturel argentin étaient toutes des soldats en armes.

Quitte à rester sur le terrain lexical, il convient également de noter que la même presse, tout uniment, se plaît à qualifier le Hamas d’«organisation considérée comme terroriste par l'Union Européenne et les États-Unis». Les «terroristes basques d’ETA» n'ont pas droit à une objectivité aussi formaliste.

Puisque nous en sommes là, laissez-moi vous raconter la mésaventure d'un journal italien, lié par contrat à l'agence Reuter.

Notre feuille latine avait décidé de corriger unilatéralement les dépêches qu'elle recevait en remplaçant le vocable convenu d’«activistes» appliqué aux kamikazes palestiniens par le plus rigoureux «terroristes».

Avec une remarquable détermination, Reuter a immédiatement décidé de résilier l'abonnement, en faisant remarquer que ses dépêches n'étaient pas des menus à la carte.

Comme l'incident avait créé quelques remous, le directeur de l'agence, fit remarquer avec une certaine candeur, qu'il ne pourrait pas répondre de la sécurité de ses journalistes au Proche-Orient, au cas où le terme de «terroristes» serait utilisé...

Est-il en conséquence excessif de suggérer que la soumission d'une partie de la presse à la radicalité islamique n'est pas toujours uniquement idéologique ?

Est-il également permis, en termes d'intérêts, de s'interroger sur le bénéfice médiatique à se comporter sagement, humainement et démocratiquement ?

 

 

Shoah. Moi aussi, et je l'ai souvent dit, la pudeur la plus élémentaire fait que je suis souvent horriblement gêné par l'évocation de l'indicible dans le pathos et le larmoyant.

Raison pourquoi, je n'aime guère la récente proposition présidentielle de voir la mémoire d'un enfant déporté confié à un gamin de 11 ans.

En outre, même si elle procède d'un bon sentiment, elle est contre-productive compte tenu, hélas, hélas, hélas, de l'état d'esprit relativiste d'aujourd'hui qui exige, niaisement ou hypocritement, que tout se vaille.

Ayant dit cela, j'avoue que d'entendre depuis trois ou quatre jours les condamnations pleuvoir, en expliquant, façon Mélenchon, qu'on ne peut pas demander cela aux petits Mohamed, aurait une certaine tendance à m’écœurer.

 

 

 

 

Sans parler de l’anti-sarkozysme déchaîné. Avant les élections, j'avais prédit dans ce blog le risque de berlusconisation au regard des rapports de force idéologiques. Relisez-moi : j'avais préconisé un Kulturkampf au couteau.

Lisez Marianne et les grandes consciences pétitionnaires de Jean-François Kahn à Villepin en passant par Mamère, Bayrou et Ségolène Royale.

Le portrait de Berlusconi II est désormais achevé : il a la presse et l'argent entre ses mains, il est outrancièrement atlantiste et menace dangereusement les libertés.

Il serait peut-être l'heure que Sarko redevienne sarkozyste.

 

 

par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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Lundi 11 février 2008

LES QUATRE PILIERS CREUX DE LA SAGESSE

 

Dans le cadre de la querelle d'Orient, il existe quatre postulats, quatre principes quasi religieux qui partagent le privilège insigne d'être sacrés, indiscutables et faux.

En conséquence, l'iconoclaste qui s'exprime à aujourd'hui la détermination de les discuter au risque de brûler dans les flammes infernales du conformisme.

 

Premier pilier : il faut améliorer les conditions de vie économique de la nation arabe de Palestine. C'est ainsi qu'elle se fera moins désespérée et donc plus modérée.

Faux. Depuis 1920, d'excellents esprits professent avec une parfaite bonne foi ce principe généreux mais objectivement erroné.

Les premiers sionistes ont contribué à l'amélioration des conditions de vie des Arabes dès leur arrivée (raison pourquoi de nouveaux «palestiniens» ont immigré en grand nombre de Syrie) : cela n'a modéré en rien les habitants, arabes et musulmans, de la région.

Le niveau de vie des Arabes israéliens ne cesse de croître. Il est infiniment supérieur à leurs frères voisins : leur nationalisme et leur refus de l'État juif augmente dans les mêmes proportions.

Daniel Pipes vient d'écrire un article édifiant dans lequel il montre que la courbe des attentats terroristes suit de manière assez servile l'augmentation de l'aide internationale à la Palestine, plutôt que de décroître.

Je conseille en conséquence aux donateurs internationaux de bonne volonté de relire Tocqueville qui écrivait déjà que, contrairement aux idées reçues, la prospérité est souvent la mère éplorée de la radicalité.

Dois-je enfin rappeler aux esprits distraits que les kamikazes de Manhattan, de Londres ou de Madrid étaient d’excellents fils de famille, bien intégrés dans la société occidentale ?

 

Second pilier : il faut qu'Israël fasse preuve de flexibilité et de générosité : c'est ainsi que le monde arabe lui tendra la main.

C'est ce que Bernard Kouchner, avec une insistance qui pourrait, à la longue, lasser ne cesse de très gentiment répéter. Mais c'est également faux.

La triste observation des faits infirme, hélas, cruellement ce noble postulat :

Oslo, l'évacuation du Liban garantie par ce pays et l'ONU, l'évacuation unilatérale de Gaza ont été considérés par le camp arabe comme autant de signes de faiblesse montrant que l'ennemi détesté pouvait être vaincu par les armes de la terreur.

Ce débat quasi philosophique entre intransigeance et modération date, en réalité, de l'arrivée des pionniers juifs en Palestine : c'est Tabenkin, pourtant pacifiste d'extrême gauche, qui répondait à Jabotinsky, pourtant d'extrême droite, qui le sommait d'abandonner une position indéfendable, compte tenu de la disproportion du rapport de forces : «Dans l'univers culturel des Arabes palestiniens, un retrait serait considéré comme une preuve de faiblesse qui appellerait demain d'autres reculs et condamnerait les Juifs, du coup, à se retirer jusqu'au désert ou à la mer...» Cet univers culturel a-t-il beaucoup changé ?

 

Troisième pilier : L'Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas se caractériserait par la modération et l'esprit de compromis :

Certes, dans une théorie de la relativité politique, on est toujours le modéré de quelqu'un.

Mais, précisément, l'examen factuel objectif oblige à relativiser cette optimiste croyance.

Ce sont les «brigades Al Aksa» membres du Fatah du président palestinien qui commettent actuellement en Cisjordanie la plupart des attentats sans que ce dernier ne dise mais.

Mahmoud Abbas, quand il condamne les actes de terreur du Hamas, ne dit pas qu'il s'agit d'actes immoraux, mais explique qu'ils desservent la stratégie palestinienne.

Très récemment, il n'a pas manqué de transmettre ses condoléances attristées à l'un des leaders de l'organisation islamiste pour la perte de son fils, mort les armes à la main, exactement comme Yasser Arafat s'était jadis rendu aux obsèques d'Ayache alias «l'artificier» du Hamas.

Enfin, faut-il rappeler que jusqu'à présent ces «modérés» se refusent à reconnaître toute légitimité à l'existence d'un État juif qui vivrait aux côtés de l'État arabe palestinien en gestation.

Sans vouloir faire montre d'un esprit chagrin, si un responsable politique israélien adoptait une  posture symétrique, il y a fort à parier qu'il ne serait pas étiqueté «modéré» par l'opinion politique et médiatique internationale.

 

Quatrième et dernier pilier du dogme idéologique : la population arabe de Palestine est la victime d'un conflit dont elle ne porte aucune responsabilité.

Il s'agit ici du postulat le plus sacré, le discuter équivaut  au blasphème suprême.

Bien entendu, il ne saurait exister de responsabilité collective de tout un peuple.

Une fois posé ce lieu commun précautionneux, il ne devrait pas être interdit de s'interroger sur la responsabilité des élites, des dirigeants politiques, de la culture politique et intellectuelle, et sur les actes d’une population, fut elle arabe et musulmane.

Dans ce cadre, j'affirme que les Arabes de Palestine sont les principaux responsables des maux qu'ils subissent et dont ils ont coutume de se plaindre depuis 60 ans.

Je ne parle pas seulement de leur irrédentisme obstiné, je ne fais pas seulement allusion à leur pratique mortifère qui a fait du terrorisme aveugle leur spécificité culturelle.

Je fais référence au fait que c'est cette population, et pas une autre, qui a porté au pouvoir un mouvement islamiste au moment même où la population de son ennemi avait donné mandat à un gouvernement élu précisément pour quitter les territoires revendiqués par elle.

Je fais référence également au fait que sur une portion du territoire évacué, cette population, plutôt que de créer un modèle de l'État en devenir, a préféré se transformer docilement en boucliers humains complices de lanceurs de missiles sur le peuple détesté.

J'affirme en conséquence que le phénomène de victimisation outrancière de cette population constitue l'une des perversions intellectuelles les plus tragiques de notre époque.

 

 

Ainsi, les quatre piliers qui soutiennent l'édifice politique, moral et intellectuel que constitue la vision convenue du conflit israélo-palestinien sont creux comme les songes d'Orient.

Ce n'est pas d'aide économique, ni de flexibilité politique qu'ont besoin les Arabes de Palestine.

Mais plutôt que d'être traités en mineurs incapables, d'être enfin placés devant leurs responsabilités.

Comme un peuple majeur qu'ils aspirent, paraît-il, à être.

 

par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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Lundi 4 février 2008

QUAI DES BRUMES ET DES LUEURS

 

 

Sans vouloir crier haro sur l'excellent homme qui occupe désormais le fauteuil de Gabriel Hanotaux et d’ Aristide Briand, je lis, sous sa plume, dans la dernière livraison du « Point » :

« Dans quelques semaines, les 400 000 déplacés du Tchad n'auront plus à redouter les incursions, les meurtres et les viols des Janjawids traversant la frontière ».

N'est-ce pas s'être beaucoup, beaucoup, avancé, quand on voit la déconfiture d'un régime tchadien qui avait au moins la vertu de résister aux voisins islamistes ?

Le minimum syndical, en matière de solidarité affichée avec ce régime comme en matière de crédibilité internationale ne semble guère avoir été effectué.

Toujours sous la plume de Bernard Kouchner : « Reste bien sûr à trouver une solution politique durable à ce conflit (du Darfour). Celle-ci ne sera possible que si nous parvenons à convaincre le principal chef rebelle, Abdel Wahid Al Nour, de négocier avec le régime de Khartoum. Bien que réfugié en France, il est jusqu'ici resté sourd à nos demandes, aux pressions de ses alliés les plus proches ».

En matière de pressions, je ne suis pas le plus mal placé, avec Avocats Sans Frontières qui le soutient, pour vous dire que la France menace discrètement ce héros authentique de ne pas renouveler sa carte de séjour au cas ou celui-ci ne se ferait pas plus docile.

Quand on connaît le caractère de l'homme, quand on sait d'autre part qui la France abrite avec davantage d'hospitalité, cela ne paraît ni très malin, ni très digne.

 

 

 

 

Lu « Un Siècle De Trahison » du grand historien anglais David Pryce-Jones que vient de publier Denoël. L'ouvrage, magistral, est consacré aux relations entre la diplomatie française et les Juifs de 1894 à 2007.

Bien entendu, c'est passionnant.

Ainsi, quand on lit que le 6 décembre 1938, le ministre français des affaires étrangères, Georges Bonnet, reçoit au Quai d'Orsay son homologue nazi, Joachim von Ribbentrop.

Un grand dîner est donc organisé chez Georges Bonnet en liaison avec l'ambassade d'Allemagne qui demande à ce que les noms des ministres français d'ascendance juive, en l'occurence Georges Mandel et Jean Zay, soient rayés de la liste des invités.

Le seul ministre qui refusera de se rendre à ce dîner, sauvant l'honneur du gouvernement devant l'avilissement diplomatique, sera le Ministre de la Marine, et ténor du barreau, César Campinchi.

J'écris cela, en pensant à mon cher vieux Versini-Campinchi, son digne petit-neveu, comme lui, intransigeant à la Barre et sous la robe.

Je pense aussi à cette récente petite lâcheté qui a fait que lors du dernier voyage présidentiel en Arabie Saoudite, un journaliste juif soit demeuré, sans bruit, sur le tarmac.

Parmi les innombrables portraits, témoins d'une époque, celle de Gaston Bernard, consul de France en Italie à la fin des années 30. Avec une ironie distinguée il décrit à sa hiérarchie les réfugiés juifs fuyants l'Allemagne nazie : « La sollicitude a été poussée jusqu'à assurer aux émigrants les services du culte talmudique et l'emploi exclusif de la cuisine kasher : il convient d'ajouter que celle-ci communique à ses navires une odeur sui generis qu'apprécierait, sans doute à un degré mineur, une clientèle de composition normale ».

Je recommanderais donc à tous cette édifiante lecture.

Est-il cependant naïf de penser que ce livre n'a plus que des vertus d'édification historique ?

Quand, comme moi, on fréquente, de temps à autre, le Quai d'aujourd'hui, ou l'ambassade de France à Tel-Aviv, on serait tenté de l'espérer.

Bien entendu, Orsay n'épouse pas les thèses de Jérusalem, et nul au demeurant ne le lui demande. Il n'empêche que c'est à Paris, aujourd'hui, et nulle part ailleurs en Europe que l'on tient le mieux tête au régime nazislamiste de Téhéran. Ce n'est évidemment pas assez, mais c'est mieux qu'à Rome, à Berlin et, d'évidence, qu'à Moscou.

Bref, les temps changent. Le cynisme méchant et maniéré des Roger Peyrefitte n'a plus autant cours.

Jusqu’à  Denoël, hier antisémite et aujourd'hui excellente maison...

par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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