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Lundi 26 février 2007

LA CHOSE EST ENTENDUE

 

 France Inter, par la bouche de son correspondant à Varsovie, François Gault, s'est émue, sans doute à juste raison, de la publication par un député européen polonais d'un livre à caractère antisémite portant le label du Parlement européen.

 

Dans cet ouvrage, le parlementaire conservateur insistait sur l'impossibilité d'intégrer au sein de la société européenne le peuple juif, en raison du refus de celui-ci.

Le président polonais a condamné le député-écrivain. Fort bien.

 

Il y a quelques mois, un journaliste de Radio France, Alain Ménargue, parachuté directeur de RFI, pas forcément pour sa compétence, avait commis un méchant ouvrage principalement consacré à l'abominable "Mur" en Palestine. Dans ce livre, ou sur certaines antennes, et entre autres coquecigrues, l'auteur expliquait notamment qu'Israël était un état raciste, que les sionistes allemands avaient passé des alliances avec les nazis, et qu'il ne fallait pas s'étonner si les Juifs se construisaient un mur puisque c'était sur leur initiative qu'avait été érigé le ghetto de Venise...

 

Il se trouve que ce remarquable opuscule était un livre "Inter" et avait fait l'objet d'une promotion Radio France ...

 

Ménargue, qui ne s'était pas fait que des amis parmi les syndicats de RFI, a fini par être poussé dehors.

 

Cela  étant, j'attends toujours un commentaire de Radio France ou un regret de son Président.

 

Libération, le 19 février 2007, éditorial de Laurent Joffrin : « Le Pen et Papon sur la même une. Amalgame ? Peut-être... Il y en effet, une grande différence entre Maurice Papon et Jean-Marie Le pen : Maurice Papon n'a jamais été antisémite ».

 

Quitte à être inutilement provocateur, je poserai une question autrement plus moderne et utile : sans être forcément antisémite, le président du FN, ne s'est-il pas engagé sur la pente fatale de la Collaboration en s'acoquinant avec Saddam Hussein et en faisant risette aux islamistes ?

 

Poursuite de l'éditorial de Joffrin : « C'est l'un des problèmes de la France. Vichy fut la honte que nous connaissons ; 60 ans plus tard, nous avons toujours le principal parti d'extrême droite en Europe... ».

 

À mon avis, l'autre  honte, cohérente et symétrique, c'est d'avoir également l'extrême gauche la plus puissante et la plus influente.

 

D'autant plus puissante et influente que la gauche lui fout une paix royale quand elle ne la courtise pas.

 

Je rappellerai à Joffrin que Doriot était communiste, Laval et Déat socialistes, Bousquet et Papon radicaux-socialistes opportunistes.

 

Extrémistes haineux ou carriéristes dociles, tous collaborationnistes.

 

Papon hier à Bordeaux, Total aujourd'hui à Téhéran. C'est tellement différent ?  

 

Dans un ordre voisin d'idées, extraits de l'interview du sympathique député PS Julien Dray dans « Israël Magazine » du mois de Mars :

 

« Vous avez une phobie d'une sorte de mouvement islamo-gauchiste qui serait en train de dominer le combat progressiste ! (...) Vous vous enfermez dans la vision tragique de l'Histoire... Mais j'y vois là une tentation très forte des Juifs – au regard de leur Histoire – à s'enfermer dans cette vision. Je ne pense pas que l'Histoire se répète de manière systématique. C'est vraiment une tentation tragique du peuple juif : penser que tout recommence ».

De la part du fondateur de SOS Racisme, concepteur principal de l'épouvantail Le Pen – la bête immonde au ventre encore fécond – etc.... c'est quand même un  rien farce.

 

Effectivement, Julien, l'Histoire ne se répète pas de manière systématique, raison pourquoi il y a tout  lieu de mettre une barbe au portrait-robot de la bête hier moustachue.  

 

Interview croisée Douste-Blazy-Védrine dans le Paris-Match de cette semaine. Merveilleusement consensuelle.

 

Question de Paris-Match : « Est ce réellement un danger pour le monde que l'Iran dispose de l'arme nucléaire ? »

 

Réponse de Védrine : « Le principal danger dans cette affaire, ce sont les personnalités des dirigeants impliqués : Ahmadinejad pour l'Iran et Bush pour les États-Unis.

 

Je reste convaincu que s'il y avait une politique occidentale moins contre-productive par rapport à l'Iran – je pense aux États-Unis –, qui consisterait à parler avec eux de tous les sujets, on aurait déjà renforcé les courants politiques qui essaient en ce moment de s'opposer à Ahmadinejad. »

 

Bref, l'intelligence et la finesse européenne contre la balourdise et le manichéisme américains.

 

Bush et Aman et Djihad dos à dos.

En matière de fine diplomatie efficace, on rappellera quand même à nos éminences que la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne tentent depuis 2004 (c'est-à-dire avant l'élection du nazislamiste iranien) "de parler avec eux de tous les sujets". Avec le succès que l'on sait.

 

 

Toujours sur le manichéisme, j'ai du mal à comprendre le bien-fondé et l'efficacité du discours de la famille d'Ingrid Bettencourt renvoyant dos à dos (dans le meilleur des cas) les terroristes des FARC et le gouvernement colombien démocratiquement élu du président Urribe.

 

Celui-ci, allez savoir pourquoi, refuse de céder au chantage de l'une des plus cruelles organisations fanatiques d'Amérique latine.

 

J'ai un peu honte à l'écrire, mais je l'aime bien, Urribe.  

 

par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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Jeudi 15 février 2007

EST CE QUE "CE MONDE" EST SERIEUX ?

 Lundi 12 février. Notre journal vespéral-national consacre un article à Barack Obama, sénateur de l'Illinois, candidat à l'investiture démocrate pour l'élection de 2008, Noir.

L'article signé Corinne Lesnes, très intéressant au demeurant, indique que de nombreux afro américains ne se reconnaissent pas dans cet homme superbe, mais qui aurait le défaut de ne pas être assez noir de peau – car né d'une mère blanche – et qui, de surcroît, serait issu d'un père kényan et non « made in America ».

 

Au passage, on apprend que la communauté noire craindrait le risque de dilution pour cause de métissage excessif et que, selon les enquêtes, ses membres préféreraient vivre dans des quartiers qui sont au moins à 40 % africains-américains...

Un esprit chagrin pourrait suggérer que des Blancs pourraient – à tort ou à raison – être taxés de racistes pour moins que ça.

 

Mais je ne suis pas chagrin.

 

Mais ce qui, en revanche, me chagrinerait un brin c'est le titre de l'article : « Barack Obama ne fait pas l'unanimité chez les Noirs américains ».

 

Imagine-t-on que l'on devrait s'étonner que Strauss-Kahn ne fasse pas l'unanimité chez les Juifs français ? Ségolène chez les femmes ? Delanoë chez les homosexuels ?

 

Si j'étais Noir je trouverais cela épouvantablement réducteur. D'ailleurs, je le trouve.

 

Qui est communautariste ?

 

Est-ce que ce Monde est sérieux ?

 

 

Même jour, même journal. À propos de l'accord palestino-palestinien. Le correspondant à Jérusalem : « Pourtant, en acceptant de" respecter" les accords passés par l'O.L.P., le Hamas reconnaît de facto Israël. D'ailleurs Khaled Mechaal avait admis le 10 janvier qu'Israël est "une réalité". Concernant la violence, le Mouvement islamique observe depuis deux ans une trêve que ses dirigeants ont même proposé d'étendre à dix ans.... (...) Le Quartet doit se réunir à nouveau le 21 février à Berlin.

 

 

 

Les Russes estiment que le blocus n'a que trop duré et les Européens ont mauvaise conscience à le maintenir (...) Toute la question est désormais de savoir si les Américains vont se cantonner dans une attitude rigide ou saisir cette occasion de faire progresser le dialogue au Proche-Orient ».

Ainsi, la course pour obtenir la fin du boycott du mouvement fascislamiste a commencé. Et tous les moyens sont bons.

 

 

Trois affirmations dans cet article. Trois approximations. Pour être gentil.

 

 

Premièrement, et ainsi que je l'ai écrit dans mon précédent blog-notes, il est faux d'affirmer que le Hamas s'est engagé expressément à respecter les accords d'Oslo.

 

 

C'est le Président Mahmoud Abbas qui l'a exhorté à le faire. Cela ne serait pas la première fois que les exhortations d'Abou Mazen resteraient vains propos.

 

 

Deuxièmement, admettre qu'Israël est une réalité ne signifie pas qu'on l'accepte pour autant. Le tueur à gages admet la réalité de sa victime avant que de la supprimer.

 

 

Pour couper court à cette discussion oiseuse, je citerai Mechaal en personne (Haaretz, le 13 octobre 2006) : « Je reconnais que, de facto, Israël existe mais j'estime que ce pays n'a pas le droit d'exister »...

 

 

Enfin, quant à l'arrêt de la violence « depuis deux ans », on se contentera d'observer que ce mouvement qui dirige actuellement la Palestine de par le verdict des urnes, a approuvé l'enlèvement du soldat franco-israélien Shalit en Israël l'an dernier et vient de considérer comme légitime l'attentat d'Eilat le 29 janvier dernier...

 

 

 Est-ce que ce Monde est sérieux ?

 

 

 

 

 

par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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Jeudi 15 février 2007

EST CE QUE "CE MONDE" EST SERIEUX ?

 

Lundi 12 février. Notre journal vespéral-national consacre un article à Barack Obama, sénateur de l'Illinois, candidat à l'investiture démocrate pour l'élection de 2008, Noir.

L'article signé Corinne Lesnes, très intéressant au demeurant, indique que de nombreux afro américains ne se reconnaissent pas dans cet homme superbe, mais qui aurait le défaut de ne pas être assez noir de peau – car né d'une mère blanche – et qui, de surcroît, serait issu d'un père kényan et non « made in America ».

 

L'article signé Corinne Lesnes, très intéressant au demeurant, indique que de nombreux afro américains ne se reconnaissent pas dans cet homme superbe, mais qui aurait le défaut de ne pas être assez noir de peau – car né d'une mère blanche – et qui, de surcroît, serait issu d'un père kényan et non « made in America ».

 

Au passage, on apprend que la communauté noire craindrait le risque de dilution pour cause de métissage excessif et que, selon les enquêtes, ses membres préféreraient vivre dans des quartiers qui sont au moins à 40 % africains-américains...

 Un esprit chagrin pourrait suggérer que des blancs pourraient – à tort ou à raison – être taxés de racistes pour moins que ça.

 

 

Mais je ne suis pas chagrin.

 

Mais ce qui, en revanche, me chagrinerait un brin c'est le titre de l'article : « Barack Obama ne fait pas l'unanimité chez les Noirs américains ».

 

Imagine-t-on que l'on devrait s'étonner que Strauss-Kahn ne fasse pas l'unanimité chez les Juifs français ? Ségolène chez les femmes ? Delanoë chez les homosexuels ?

 

Si j'étais Noir je trouverais cela épouvantablement réducteur. D'ailleurs, je le trouve.

 

Qui est communautariste ?

 

Est-ce que ce Monde est sérieux ?

 

 

Même jour, même journal. À propos de l'accord palestino-palestinien. Le correspondant à Jérusalem : « Pourtant, en acceptant de" respecter" les accords passés par l'O.L.P., le Hamas reconnaît de facto Israël. D'ailleurs Khaled Mechaal avait admis le 10 janvier qu'Israël est "une réalité". Concernant la violence, le Mouvement islamique observe depuis deux ans une trêve que ses dirigeants ont même proposé d'étendre à dix ans.... (...) Le Quartet doit se réunir à nouveau le 21 février à Berlin.

 

 

Les Russes estiment que le blocus n'a que trop duré et les Européens ont mauvaise conscience à le maintenir (...) Toute la question est désormais de savoir si les Américains vont se cantonner dans une attitude rigide ou saisir cette occasion de faire progresser le dialogue au Proche-Orient ».

 

 

 

Ainsi, la course pour obtenir la fin du boycott du mouvement fascislamiste a commencé. Et tous les moyens sont bons.  

 

Trois affirmations dans cet article. Trois approximations. Pour être gentil.

 

 

Premièrement, et ainsi que je l'ai écrit dans mon précédent blog-notes, il est faux d'affirmer que le Hamas s'est engagé expressément à respecter les accords d'Oslo.

 

 

 

C'est le Président Mahmoud Abbas qui l'a exhorté à le faire. Cela ne serait pas la première fois que les exhortations d'Abou Mazen resteraient vains propos.

 

Deuxièmement, admettre qu'Israël est une réalité ne signifie pas qu'on l'accepte pour autant. Le tueur à gages admet la réalité de sa victime avant que de la supprimer.

 

 

Pour couper court à cette discussion oiseuse, je citerai Mechaal en personne (Haaretz, le 13 octobre 2006) : « Je reconnais que de facto, Israël existe mais j'estime que ce pays n'a pas le droit d'exister »...

 

 

 

Enfin, quant à l'arrêt de la violence « depuis deux ans », on se contentera d'observer que ce mouvement qui dirige actuellement la Palestine de par la grâce des urnes, a approuvé l'enlèvement du soldat franco-israélien Shalit en Israël l'an dernier et vient de considérer comme légitime l'attentat d'Eilat le 29 janvier dernier...

 

 

 Est-ce que ce Monde est sérieux ?

 

 

 

 

 

 

 

 

par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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Vendredi 9 février 2007

L' ESPRIT BOUCHER

Il y a eu un massacre planétaire à Jenine qui n'a pas existé. Il n'y aura pas de massacre à Korayché où une centaine de Palestiniens ont été sauvagement blessés ou assassinés par les leurs.

 

Rendons grâce à Michel Bole-Richard du Monde pour avoir consacré le 8 février un long article à une tuerie qui n'a pas inspiré le moindre commentaire à la presse hexagonale.

 

Je cite Bole-Richard : « Il ne reste rien du camp d'entraînement de la Garde Présidentielle à Korayché, au sud de la ville de Gaza. La Force exécutive, bras armé du Hamas, l'a rasé au sol. Il n'y a plus que des cendres et des murs écroulés avec, ça et là, des chaussures, des vêtements et des tâches de sang séché. » […].

« L'assaut a été donné dans la nuit du jeudi 1er au vendredi 2 février. Aux dires des rescapés et des blessés, il a duré pratiquement douze heures » […].

« On a essayé de se protéger du mieux que l'on pouvait. Les impacts de balles soulevaient des gerbes de sables. Ceux qui tentaient de s'échapper de se relever étaient touchés » raconte Khalil, vingt ans. […]. Mohamed, vingt et un ans, le fémur éclaté par une balle, a passé onze heures à attendre des secours. "J'étais au milieu des morts et des corps démembrés. L'un deux avait la tête arrachée. Dés qu'un blessé bougeait, ils tiraient. […]. Nous n'avions pas d'armes. Nous ne pouvions pas nous défendre" »

« "Puis les assaillants sont entrés dans le camp. Ils ont mis le feu aux tentes et aux véhicules et achevé des blessés. C'était une expédition punitive" se souvient Samir.

 

Ils avaient tous entre 18 et 21 ans. Ils étaient en formation. Selon le Fatah, 18 d'entre eux ont été tués et 97 blessés, pour la plupart grièvement.

 

Dans le couloir de l'hôpital, Ahmed, 19 ans, explose de rage : "comment des musulmans peuvent faire cela ? Même les Juifs ont plus de pitié. On est venu pour défendre notre pays et ce sont nos frères qui nous tuent". Les ambulances n'ont pas pu approcher pour secourir les blessés qui se sont vidés de leur sang. Dans une maison voisine, un témoin raconte que les fuyards étaient tirés comme des lapins dans les vignes qui jouxtent le camp. Les affiches représentant les photos de la plupart des victimes ont été placardées à l'entrée des  locaux de la Garde Présidentielle. Elles parlent de la" boucherie de Korayché"... ».

 

Non, il n'y a pas eu, il n'y aura pas, de boucherie à Korayché, car la viande humaine palestinienne n'attire ses  friands amateurs que selon la couleur du tablier du prétendu boucher.

 

Bernard Guetta, chroniqueur sur France Inter est un adepte du "wishfull thinking". Jadis, il pronostiqua, arguments péremptoires à l'appui, la défaite de Bush aux élections présidentielles et la victoire du oui au référendum.

 

Le vendredi 9 février à 9:17, Bernard Guetta commente l'accord palestino-palestinien de La Mecque. Il y voit, comme souvent, une grande avancée.

 

La preuve : le Hamas vient – enfin – de reconnaître les accords signés avec Israël. C'est effectivement une avancée. Sauf que c'est faux.

 

Il suffit de lire la presse : c'est Mahmoud Abbas qui a exhorté le Hamas – qui n'a rien signé de tel – à respecter les dits accords.

 

Guetta ne ment pas. Ce n'est pas un méchant homme d'ailleurs. Non, il a seulement tendance à se raconter des histoires.

 

 

La presse a également beaucoup couverte et commenté la Conférence qui s'est tenue le 6 février à Paris sur le drame des enfants soldats.

 

 

 

L'accent a été justement mis sur les efforts de la justice internationale pour lutter contre ce fléau.  

 

Les O.N.G. insistent sur la responsabilité particulière des milices africaines. En juin prochain, Thomas Lubanga, un milicien congolais sera jugé pour crime de guerre devant la Cour pénale internationale de La Haye pour avoir recruté des mineurs de moins de quinze ans.

 

Je n'ai pas trouvé la moindre ligne concernant la responsabilité des milices palestiniennes qui envoient à une mort encore plus certaine des enfants tuer d'autres enfants.

 

Probablement une histoire de boucher sans intérêt.

 

 

par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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Jeudi 1 février 2007

DISTRACTIONS

 

 

Lundi soir, le 29 janvier, je reçois au Press Club, Éric Aeschimann, Journaliste à Libération, et co-auteur de Chirac d'Arabie ouvrage que j'ai déjà vanté dans le blognadel.

 

L'homme est intelligent, plutôt sympathique, et assume avec une honnêteté tranquille un pro-palestinisme tempéré. Il se révélera passionnant.

 

En aparté, et avant la conférence, Aeschimann me reproche courtoisement le procès fait à Morin, au regard de la liberté d'expression.

 

Je lui objecte, qu'à ma connaissance, aucune pétition d'intellectuels sur ce pertinent fondement, n'a été publié dans son journal pour prendre la défense, par exemple, du député Vanneste, condamné pour avoir critiqué l'homosexualité ou de Georges Frèche poursuivi pour avoir moqué, de manière colorée, la composition de l'équipe de France de football.

 

J'ai eu l'impression que jamais ce garçon n'avait entendu un tel argument.

 

Et, de fait, la liberté d'expression, dans ce pays étrange, n'appartient, et ne saurait être invoquée – et même évoquée – que par un seul camp, par ailleurs intraitable à l'égard des idées qu'il déteste.

Et tant pis pour la contradiction.

 

Manière de parler, puisque la contradiction, précisément, n'a pas droit d'expression.

 

 

 

Un autre exemple, en passant.

 

Je regarde ce soir l'excellente chaîne Histoire.

 

Sujet récurrent et affinitaire : la déportation des Juifs Hongrois. À la fin du sujet, des soldats alliés qui viennent de découvrir Auschwitz et ces atrocités, racontent, sans état d'âme particulier, la manière dont ils ont fait parler Rudolf Hoess, le commandant du camp, en le rossant de belle manière et en obtenant ainsi la reconnaissance de son identité.

 

Au regard des critères moraux et juridiques d'aujourd'hui, il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'une torture répréhensible et réprimée.

 

Et bien, j'avoue. Non seulement, je n'ai pas désapprouvé la méthode efficace d'investigation, mais même 60 ans après, j'ai éprouvé une satisfaction sans mélange d'apprendre que le nazi avait pu ressentir une toute petite parcelle d'échantillon de la souffrance subie par ses victimes.

Et en écrivant cela je ne crois  attenter ni à la morale ni à l'intelligence.

 

Seulement au droit positif actuel qui, à n'en pas douter, me rend passible du délit d'apologie de la torture.

 

Et si on me pousse un peu je pourrais m'interroger sur le cas du terroriste ayant dissimulé une bombe.

Mais qui diable, dans ce cas, défendra ma liberté d'expression ?

 

 

 

Et comme je suis en forme, je voudrais pousser l'infamie jusqu'à son terme.

 

J'avoue également, qu'il ne m'apparaît pas que la dernière loi française visant à empêcher le rétablissement très hypothétique de la peine de mort, constitue une avancée éblouissante vers la lumière éternelle.

 

Non que je sois un suppôt exalté de la peine capitale. Je fais mienne la plupart des objections à son encontre, à l'exception évidente du risque de récidive.

 

Non, mais ce sont les abolitionnistes d'aujourd'hui qui posent un dramatique problème de timing.

 

Ils n'ont pas remarqué, les malheureux, qu'aujourd'hui, ce ne sont pas les États démocratiques occidentaux qui font office de  bourreaux. Mais les groupes et les individus.

 

Et pourtant, ils continuent de gaspiller leur formidable énergie et leur redoutable entregent à réserver leurs coups contre le principal rempart contre une barbarie désormais sans uniforme.

 

Il peut arriver que la distraction tourne à la diversion.

 

 

 

GWG
par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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