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Mardi 19 septembre 2006

UNE BENEDICTION POUR BENOIT

 

  

 

Alléluia. Ce pape sera un grand pape. Pie le douzième s'était tu. Ou à peu près. Le bon Jean le vingt-troisième avait gommé le déicide. Paul le sixième avait ignoré la rédemption en Judée. Jean-Paul le second avait défié le totalitarisme rouge. Bénédict défi celui en vert.

Finie la politique de la joue tendue. Place à la réciprocité. Une mosquée, une église. Pas d'église, pas de mosquée.

 

 

Sainte guerre contre la guerre sainte.

 

 

Le jour où Benoît était vilipendé, mourait Oriana Falacci.

 

 

Oriana, ma cliente indocile, impossible, intransigeante, insupportable. Femme-courage personnifiée. Toi seule avais su pousser le cri de rage contre les enragés.

 

 

Tu n'as pas su comprendre qu'il existe, aussi, des musulmans modérés qu'il faut aider.

 

 

Non seulement ils sont terrorisés, mais encore nul ne les aide vraiment en Occident.

 

 

Ces derniers jours, dans mon blog, j'ai montré comment les médias bien-pensants valorisaient les «juifs critiques».

 

 

Que ne font-ils de même avec les «musulmans critiques».

 

 

Pendant que les premiers plastronnent sans risque, les seconds risquent la fatwa assassine.

 

 

Aimons les. Aidons les.

 

GWG
par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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Mardi 12 septembre 2006

LES VA-T-EN PAIX

 

 

Pour commémorer le combien triste anniversaire de l'écroulement des jumelles, Jacques Chirac a écrit à son homologue américain pour lui dire qu'il convenait de : «poursuivre le combat contre le terrorisme ».

Il est en conséquence étrange et même schizophrénique -s'agissant du système dyarchique de nos institutions républicaines- que le premier ministre, Dominique de Villepin, ait déclaré le 7 septembre précédent lors de son discours à la représentation nationale consacré au dernier conflit entre Israël et le Hezbollah qu'il fallait se garder d'engager «une guerre contre le terrorisme».

 

En réalité, cette "idée" n'est pas propre au chef du gouvernement français, encore que ce ne soit pas la première fois qu'il l'évoque.

Des deux côtés de la Manche, ce refus de la "guerre antiterroriste" promue par George Bush commence à prendre quelque consistance.

C'est ainsi que le romancier John le Carré a autorisé la publication en première page du Monde, d'un article dans lequel il s'en prenait avec sa vigueur habituelle à la guerre antiterroriste menée par Israël contre le Hezbollah. En substance, l'écrivain considérait qu'en supprimant deux terroristes, on en fabriquerait quatre autres.

L'idée, encore que non démontrée, n'est pas nouvelle. Malheureusement, l'auteur ne suggère pas à ses lecteurs de solutions pratiques.

On peut néanmoins en déduire que le mieux serait de satisfaire les radicales exigences des terroristes.

S'agissant du conflit israélo-palestinien, et connaissant les thèses du Hamas et du Hezbollah, on imagine la solution pacifique susurrée.

Il n'est pas si étonnant que pareilles prises de position fleurissent sur les terrains politiques des deux pays qui ont présidé aux accords de Munich.

La tentation pacifiste existe toujours de vouloir sortir d'une situation périlleuse par la voie apaisée.

À défaut d'être forcément méprisable, cette voie inepte est toujours suicidaire.

Improbable réjouissance, il semblerait qu'aujourd'hui, exception faite de nos deux premiers ministres respectifs, l'attitude néo-munichoise soit davantage à la mode à Londres qu'à Paris.

Dans ma "Parenthèse sur une défaite étrange", j'ai rappelé qu'au lendemain de la récente découverte du complot islamiste visant à détruire plusieurs avions américains, les télévisions anglaises diffusaient complaisamment des commentaires visant à justifier la colère des musulmans anglais par les événements de Palestine, d'Irak et du Liban. Là aussi, l'"apeasement" était largement ordonné en onguent.

On peut, et on aurait raison, expliquer cette nouvelle tendance britannique par l'influence d'une communauté islamique autrement plus radicale que son équivalent français.

Sauf, que cette tendance n'est pas nouvelle.

L'antiaméricanisme, l'antisémitisme, l'antisionisme, l'arabophilie hédoniste et distinguée, le pacifisme orienté, ne sont pas une spécialité française, contrairement à ce qu'une injuste critique a longtemps laissé croire. Chamberlain a ouvert son parapluie autrement plus tôt que Daladier. Et le livre blanc de Bevin restera comme l'une des pages les plus noires de l'histoire impunie de l'Angleterre.

On peut aujourd'hui voir que la bienveillance de certains de ces pseudo-pacifistes envers des groupes tels que le Hezbollah, ne s'embarrassent même plus d'une référence obligée à une quelconque résistance à une occupation en l'espèce inexistante.

À ce stade, je ne saurais trop vous inviter à prendre connaissance de la tribune courroucée que Marc Lefèvre, porte-parole pour la France du mouvement «La Paix Maintenant» a publié le 7 septembre sur le site de Proche-Orient. Info.

Je vous en cite un passage, puisqu'ainsi que je l'écrivais dans mon précédent blog, s'agissant d'un point de vue assez inhabituel, il y a peu de risques que la presse hexagonale, en principe bonne fille avec de telles organisations "critiques", en fasse une publicité tapageuse.

«Il est de bon ton dans certains milieux de faire porter à Israël seul la responsabilité de tout ce qui se passe de mauvais au Moyen-Orient, écrit Lefèvre, en tant que militant du Camp de la Paix israélien, qui combat depuis presque 40 ans pour que cesse l'occupation des territoires conquis en 1967 et que les droits nationaux du peuple palestinien soient reconnus, je pense ne pas avoir de leçons à recevoir des conseilleurs et des spécialistes à distance.

 

Je sais ce que le Camp de la Paix israélien fait tous les jours avec ses partenaires palestiniens pour convaincre des mérites d'une solution réaliste et pragmatique, face aux extrémistes et aux irréalistes de tous bords. Mais il faut dire aussi que si nous en sommes encore là aujourd'hui, c'est que des composantes importantes et résolues du monde arabe continuent de façon opiniâtre, par l'éducation, par les médias et par le terrorisme, à créer les conditions pour qu'un état juif ne soit jamais accepté dans la région.

 

Il est dur, poursuit Lefèvre, de devoir riposter à ces manoeuvres et provocations en étant toujours parfait et irréprochable, et sans jamais faire d'erreurs.

 

Il est dur de voir la facilité et la spontanéité avec lesquelles le désir profond de paix des israéliens et aussi de la majorité des peuples arabes voisins est occulté par une fraction toujours grandissante de la classe médiatique et intellectuelle européenne, et plus particulièrement française. Il est dur de voir avec quel empressement et quelle compréhension ces spécialistes de salons et d'antichambres s'empressent de venir au secours et de justifier ce que font les pires crapules et les pires voyous du monde arabe, tout en dissertant à l'infini sur les seules turpitudes et intentions perverses des seuls juifs Israéliens.

 

L'empressement de ces mêmes spécialistes de ne montrer de la réalité israélienne que ce qu'elle a de critiquable, est le signe que la présence même de cet état leur est difficilement supportable. Est-ce aussi un signe de leur désir de voir cet état gênant rayé de la carte ?»

 

 

 

Rien à ajouter.

 

 

GWG.

par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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Lundi 11 septembre 2006

LES  DEUX  ISRAËL

 Je ne reviendrai pas sur l'analyse d'un conflit calamiteux à bien des égards. Ceux qui souhaiteraient savoir ce que j'en pense peuvent toujours consulter le blog-nadel.

Non, aujourd'hui, je voudrais citer un autre que moi.

 

La presse hexagonale se fait, on le sait, habituellement un devoir d'accorder une attention toute particulière aux Juifs en général, aux Israéliens en particulier, pourvu qu'ils soient critiques envers Israël.

 

 

C'est ainsi que Le Monde du 6 septembre s'est fait un devoir, par la plume d'un Sylvain Cypel extatique, de glorifier un certain Gédéon Levy, journaliste au journal de gauche Haaretz, et chroniqueur inlassable de la souffrance palestinienne.

 

 

J'attends toujours aussi inlassablement pouvoir célébrer la naissance -et la survie- d'un chroniqueur palestinien de la souffrance israélienne.

 

 

Curieusement, M. Cypel et ses confrères n'ont pas réservé le même accueil à Ari Shavit, pourtant lui aussi chroniqueur progressiste dans le même journal israélien de référence obligatoire.

 

 

C'est que la réflexion claque comme un soufflet sur la face de ses censeurs bien-pensants.

 

 

En conséquence, je le citerai longuement :

 

 

«Il s'est produit quelque chose de simple : nous avons été drogués par le politiquement correct.

 

Le poison du politiquement correct a investi le discours israélien, et dans la génération précédente, la conscience des israéliens a totalement divorcé de la réalité israélienne. Elle n'a pas disposé des outils nécessaires pour affronter la réalité d'un conflit existentiel. C’est pourquoi elle s’est entièrement centrée sur la question palestinienne. Elle a fait l’hypothèse sans fondement que l’occupation est la source de mal. Elle a supposé que c’est l’occupation qui a empêché la paix, causé les troubles et perpétué l’instabilité…

 

Toute idée de nation a été rejetée en raison de l’inviolabilité de la sphère privée. Tout comportement coopératif à été banni au profit de l’individualisme. La puissance a été identifiée au fascisme. La virilité  a été publiquement condamnée. La poursuite de la justice absolue a été mélangée à la poursuite du plaisir absolu et le discours.

 

… l’illusion s’est répandue que nous avions surmonté nos problèmes, que nous étions parvenus à un état de tranquillité, et que nous pouvions vivres là où nous sommes, comme n’importe quelle autre nation…La faiblesse a prédominé. Notre volonté s’est affaiblie. Le mirage a tellement enivré les israéliens qu’ils n’ont pas pris la peine de le consolider avec des fortifications.

 

…Les élites israéliennes des 20 dernières années se sont totalement affranchies de la réalité. Le capitalisme, les médias et le monde universitaire des années 90 et de la première décennie du 21ème siècle, ont aveuglé Israël et l’ont privé de son caractère. Leurs erreurs répétées sur la réalité historique dans laquelle l’Etat juif se trouve, ont conduit Israël à faire des erreurs de navigation et à s’égarer. Leurs attaques ininterrompues, directes et indirectes, contre le nationalisme, le militarisme et l’histoire du sionisme ont érodé de l’intérieur la colonne vertébrale de l’existence israélienne, et épuisé son énergie vitale. Alors que la masse des citoyens faisait preuve de sérieux, de détermination et d’énergie, les élites se révélaient décevantes.

 

Le capitalisme a cultivé une illusion de normalité ad absurdum… Le monde universitaire a entretenu le politiquement correct ad absurdum… Et les médias ont associé les deux et créé une psychologie collective hallucinatoire, qui combine une société de consommation déchaînée et une fausse éthique. »

 

Je souscris à chaque ligne écrite par Shavit, le progressiste.

 

Oui, il existe deux Israël :

 

 

-         Un Israël corrompu, politiquement, financièrement, intellectuellement.

-         Un Israël, fantastique, que j'ai vu ce mois d'août, avec des jeunes soldats totalement déterminés, et un arrière front aussi abandonné que décidé à tenir bon.

 

 

C'est le premier Israël qui a perdu la bataille et qui doit définitivement perdre la guerre.

 

 

Quant au second Israël, nonobstant les sirènes défaitistes, il vaincra.

   

 

GWG

d'après ma chronique sur Radio J du 8/09/06

par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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Mardi 5 septembre 2006

Parenthèses sur une défaite étrange      

(deuxième partie)

Florilège anglo-saxon et petit bestiaire francophone

Pour se convaincre que certains anglais et américains n'ont pas, cette fois, été en reste d'anti- israélisme radical, je conseillerai l'analyse de Tom Gross, ancien correspondant du Sunday Telegraph, publiée sur son site dès le début du mois d'août (www.tomgrossmedia.com).

Comme beaucoup d'observateurs, le journaliste incrimine particulièrement la BBC :

« De nombreux médias internationaux ne se contentent pas de faire de la désinformation sur le conflit au Liban. Ils attisent aussi les flammes.

La BBC World fait partie des plus vilains. Elles devient un outil de propagande virtuel du Hezbollah en s'acharnant notamment à prouver qu'Israël est coupable de « crimes de guerre » et de « crimes contre l'humanité ».

Les présentateurs déclament des « commentaires du public » minutieusement sélectionnés. Parmi eux, celui selon lequel « l'attaque contre le Liban » servira la cause « du large recrutement pour al-Qaida à travers le monde ». Mais si il y a quelque chose qui peut bien faire gagner de nouvelles recrues à Ben Laden et ses compères, ce ne sont pas les actions défensives d'Israël – qui sont bien moins dommageables que le monde occidental veut bien le dire – mais plutôt la manière provocatrice et désespérément unilatérale dont elles sont présentées par les organes de presse ». Parenthèse : Tom Gross ne croyait pas si bien écrire. Quelques jours plus tard, le 11 août, le ministre de l'Intérieur anglais, John Reid, révélait l'existence d'un complot islamiste visant à détruire plusieurs avions à destination des États-Unis. Dès le lendemain, les télévisions britanniques (BBC et SKY News) aiguillonnées par plusieurs députés travaillistes musulmans commençaient à expliquer la cause de l'extrémisme des protagonistes du complot – tous musulmans immigrés en Angleterre – par leur colère devant une politique étrangère britannique complice des massacres commis en Irak, en Palestine... et au Liban.

Parenthèse dans la parenthèse : la veille de cette découverte, le 10 août, le même ministre avait prononcé une conférence dont le thème des plus prémonitoire était intitulé : « immigration et sécurité ». De nombreux intervenants sur les chaînes télévisées précitées avaient considéré un tel rapprochement comme raciste et islamophobe...

 

 

Retour à l'analyse de Tom Gross : « Les chaînes de télévision internationales ont utilisé les mêmes images de Beyrouth encore et  encore, montrant la destruction de quelques bâtiments isolés, de sorte qu'elles suggèrent que la moitié de la ville a été rasée. Un examen attentif des photos, prises par satellite aérien des zones visées par Israël, montre que certains bâtiments spécifiques aux commandes du Hezbollah dans des centres des banlieues sud de la ville ont été ciblés.

Le reste de  Beyrouth a plutôt été épargné, hormis quelques sites stratégiques comme des pistes de l'aéroport utilisé pour transporter des hommes et des armes du Hezbollah à l'intérieur et en dehors du Liban. » (...) Un journaliste britannique a laissé échapper à quel point la manière dont les médias couvraient les informations du Moyen-Orient étaient tronquée. Le "grand reporter international" de la CNN Nic Robertson a admis que son reportage anti-israélien de Beyrouth du 18 juillet sur le nombre des victimes au Liban, avait été monté du début à la fin par le Hezbollah. Il a révélé qu'il avait été lourdement influencé par "l'officier de presse" du Hezbollah et que celui-ci avait des "dispositifs médiatiques très sophistiqués". Quelques jours plus tard, quand on a exigé du programme CNN des "sources fiables", Robertson a admis que les militants du Hezbollah avaient ordonné à l'équipe de tournages de CNN où et quoi filmer. Le Hezbollah a "le contrôle de la situation", a dit Robertson.

 "Ils indiquent les endroits où ils se rendent, et nous n'avons pas du tout le temps d'aller dans les maisons ou de soulever les décombres pour voir ce qui se trouve en dessous". Robertson a ajouté que le Hezbollah avait un "excellent contrôle des zones du sud de Beyrouth.  Vous n'y entrez pas sans leur permission". (...)

 

Un autre journaliste a vendu le pot aux roses. En écrivant sur son blog pendant qu'il rendait compte de la situation au Sud Liban, le journaliste du magazine Time, Christopher Allbritton, a mentionné en milieu de dépêche : "Au sud, au long de la côte, le Hezbollah  lance des Katioucha, mais je ne suis pas disposé à en dire plus.

Le Parti de Dieu à une copie des passeports de tous les journalistes, et ils ont harcelé plusieurs d'entre nous et en ont menacé d'autres."

Robertson n'est pas le seul journaliste à avoir montré les images de Beyrouth sélectionnées par le Hezbollah. Richard Engel de NBC, Élisabeth Palmer de CBS et de nombreux autres reporters de réseaux de presse européens ont également été amenés par les cerveaux de la milice sur les zones endommagées.

 

Élisabeth Palmer a déclaré dans son reportage que "le Hezbollah est très déterminé à ce que les étrangers ne voient que ce qu'il veut leur montrer".

Parenthèse : l'agence Reuter s'est également particulièrement illustrée : l'un de ses employés arabes a été convaincu d'avoir délibérément truqué certaines de ses photographies. Reuter a été contrainte de présenter ses excuses....

Mais la peur, dans cette région du monde, est mauvaise conseillère. Ainsi, pendant l'intifada des mosquées, un journal italien avait décidé de systématiquement remplacer dans les dépêches de l'agence Reuter l'euphémique politiquement correct "activiste" appliqué aux Palestiniens par le plus cru "terroriste".

La direction de Reuter a refusé fermement une initiative aussi irresponsable en prétextant avec une candeur désarmante qu'une telle attitude pouvait mettre en danger son personnel en Palestine...

Cette attitude rappellera aux observateurs attentifs l'incident survenu lors du lynchage des deux réservistes israéliens égarés dans Ramallah au début de la seconde intifada et qui furent littéralement dépecés par la foule palestinienne. Une cassette vidéo de la scène, filmée par un journaliste italien indépendant, est sortie de la ville au grand dam des autorités. Craignant d'être confondu avec son confrère et compatriote et d'encourir l'ire palestinienne, le représentant de la RAI, Cristiano Cristiani, a cru devoir se fendre d'une lettre à l'OLP dans laquelle il jurait ses grands dieux que jamais lui, Cristiano, ne se serait permis de nuire de la sorte à l'Autorité Palestinienne.... La RAI s'est contentée de rappeler son obséquieux collaborateur...

Il est sûr que les journalistes de France 2 ne couraient pas en Israël les mêmes risques lorsque a été diffusée en boucle, gratuitement, et dans le monde entier, le film sur la mort controversée du petit Mohamed Al Durra...

Retour au réquisitoire de Tom Gross. « Pour appuyer sa couverture impartiale, le site Internet de la BBC donne de nombreux détails sur les points de rassemblement pour une marche anti-Israël qui devait se dérouler à Londres, sans insister sur une manifestation pro israélienne qui avait lieu un peu plus tard dans cette même ville.

(...) Ce n'est pas juste le fait que les supposés crimes d'Israël sont complètement exagérés, mais aussi que le traitement de cette guerre à deux visages (commencée, évidemment par le Hezbollah) est totalement tronqué.

Ainsi, malgré les centaines d'heures d'images diffusées par des dizaines de journalistes de la BBC, et par les présentateurs de studio, le téléspectateur ne sait pas vraiment que des centaines de milliers d'Israéliens vivent dans des abris depuis plusieurs semaines, qu'ils sont fatigués et apeurés ; qu'une grand-mère et son petit-fils de sept ans ont été tués par un Katioucha pendant un repas de shabbat ; que des enfants Israéliens sont morts ».

 

 

Parenthèse : il n'y a pas que la BBC pour avoir diffusé de manière empathique les manifestations anti-Israéliennes et avoir passé sous silence les autres.

 

SKY News et la chaîne francophone Radio Canada – particulièrement remontée – ont été également à la manœuvre.

Ainsi, la québécoise n'a pas hésité à présenter une manifestation à Montréal égayée par les jaunes étendards du Hezbollah comme une démonstration de « pacifistes ». Se sentant confusément dans l'obligation de faire référence aux femmes en tchador et aux nombreuses pancartes anti-israéliennes et pro Hezbollah qui crevaient l'écran ("Israël assassin, Israël nazi" etc.) un commentateur invisible mais visiblement inspiré déclara « peu importe qui sont les participants, dès lors qu'ils sont pour la paix... ».

Parenthèse dans la parenthèse : pareils événements présentent l'improbable mérite de montrer que dans les situations paroxystiques les antisionistes radicaux déguisés en "pacifistes" et « incapables de distinguer entre le meurtre et la légitime défense » selon les mots de Marc Bloch, n'hésitent pas à s'acoquiner sans complexes avec des  mouvements ouvertement antisémites tels que le Hezbollah ou le Hamas.

 Je ne puis écrire qu'ils se compromettent pour autant ; compte tenu de la complaisance médiatique ainsi décrite.

Retour à Tom Gross : « la diffusion acharnée des attaques israéliennes comprend un antisémitisme explicite dans les médias. Il était déjà présent dans des journaux de gauche comme le Guardian, qui a conduit, par sa couverture du Moyen-Orient, à répandre des idées proches de l'antisémitisme.

Depuis peu, le quotidien britannique le plus vendu et de meilleure qualité, le Daily Telegraph, plutôt conservateur, est entré dans l'arène. Il était pourtant un des seuls journaux en Europe à bien couvrir l'information sur Israël. Sur la page des analyses du samedi 29 juillet dernier, on trouvait deux scènes identiques de dévastation.

 Sur celle du haut était écrit : "Varsovie, 1943". Sur celle du bas : Tyr, 2006". (...).

 Mais le tableau n'est pas entièrement noir. Des politiciens britanniques et européens, de gauche et de droite, soutiennent Israël. Ainsi que certains magazines, comme le Spectator, et de nombreux commentateurs de journaux.

 Néanmoins, la couverture antisémite et des dessins de presse se répandent autour du globe. Le troisième plus important journal norvégien, le quotidien d'Oslo Dagbladet a publié un dessin qui comparaît le premier ministre Ehoud Olmert à l'infâme commandant SS Amon Goeth qui assassinait des Juifs en leur tirant dessus de son balcon, joué par Ralph Fiennes dans la liste de Schindler de Steven Spielberg. Un mois plus tôt, le Dagbladet avait publié l'article "la troisième tour" qui se demandait si les musulmans étaient les véritables responsables des attaques du 11 septembre. (...).

 On peut d'ores et déjà prévoir que cette violente distorsion médiatique conduira à l'attaque de Juifs, voire à des assassinats, comme c'est arrivé déjà au centre communautaire de Seattle. »

 Parenthèse : Si la peur, on l'a vu, peut être mauvaise conseillère, inversement, le sentiment d'impunité peut autoriser tous les dérapages dès l'instant où l'actualité s'y prête. Les journaux scandinaves n'ont pas à craindre de leurs errements antijuifs une fatwa et des débordements planétaires identiques à ceux qui avaient suivi la caricature de Mahomet dans un journal danois...

Il est assez significatif que l'exposition sur l'Holocauste organisée au mois d'août à Téhéran par le régime iranien censée répondre à l'affaire des caricatures et reprenant exactement la même thématique antisémite associant Israël au nazisme que les journaux précités ait été traitée par eux avec une grande discrétion.

Quant à la crainte d'une intervention judiciaire, la conception européenne actuelle de la liberté d'expression est là pour rassurer nos antisionistes radicaux.

 Bien entendu, certains organes francophones, plus traditionnellement connus pour déraper par mauvais temps, se sont illustrés particulièrement.

Le cas de La Libre Belgique est particulièrement intéressant.

C'est ainsi qu'un certain Nico Hirtt a pu publier un article intitulé : "C'est le sionisme qui mène la guerre" dans ce journal de référence le 25 juillet dernier.

"On s'est offusqué, écrit-il tranquillement, d'entendre le président iranien dire qu'il fallait « rayer Israël de la carte » se serait pourtant bien l'unique solution que de voir disparaître politiquement bien sûr, l’État d'Israël."

Pour justifier un tel programme, l'auteur reprend l'antienne néo-antisémite de rigueur : "La Shoah ne peut justifier la souffrance des Palestiniens et des Libanais".

Devant la levée de boucliers, La Libre Belgique a cru devoir, classiquement, s'abriter derrière la libre expression d'une opinion donnée dans le cadre d'un débat ouvert.

Mais, ainsi que le remarque finement Joël Rubinfeld dans le Jérusalem Post : « la rédaction du quotidien pose toutefois certaines limites, salutaires, au cadre du débat :

 Première force politique du nord du pays avec 25 % des suffrages, le parti d'extrême droite Vlaams Belang en est, par exemple, exclu. (...).

 Nul doute également qu'une opinion niant aux Palestiniens le droit à un état futur ne trouve place, et c'est bien ainsi, dans les colonnes du quotidien, pas plus qu'un appel  à la destruction d'un Soudan esclavagiste et multigénocidaire. Pourquoi dès lors publier les délires "éradicasionistes" de Hirtt ? ».

Curieusement, la rédaction du quotidien qui avait initialement refusé, à l'instar du Soir, de publier le délirant a changé d'avis.

Hypocritement, la phrase concernant la destruction d'Israël sera agrémentée de la mention « politiquement bien sûr » (qui n'existe pas dans la version originelle de Hirtt) et l'indicatif trop impératif « c'est pourtant bien l' unique solution » sera remplacé par le vœu beaucoup plus pieux « ce serait pourtant bien l'unique solution »...

Rappelons pour mémoire qu'en janvier 2006, dans le même journal, le chroniqueur Juan d'Oultremont avait cru devoir moquer l'obésité d'Ariel Sharon, connu, selon lui, pour "sa férocité et sa roublardise" et ce après l'attaque cérébrale qui le plongea dans le coma.

« C'est curieux qu'un homme aussi impitoyable et brutal ait pu être aussi gros (...) Les méchants sont plutôt maigres et décharnés. Le plus souvent rongés par la culpabilité et la mauvaise conscience » d'Oultremont poursuit en évoquant « cette immense quantité de cholestérol qui lutte contre la mort » plus loin il assène : « dans sa massivité et dans sa présence écoeurante,  même le mur de sécurité semble avoir été fait de sa propre chair ».

En suite des protestations provoquées par cette délicate et intelligente chronique, la rédaction de la Libre Belgique a présenté ses excuses : "Ce texte n'aurait pas du paraître dans nos colonnes (...) Nous nous en excusons et nous prenons des dispositions pour que de telles situations ne se produisent plus à l'avenir".

On a vu la suite.

Parenthèse : depuis bien des années, j'ai écrit et plaidé ad nauseam que si  la liberté d'expression était appliquée médiatiquement et judiciairement à toutes les opinions extrêmes sans exception, je serais le premier, en dépit de ses inconvénients, à les tolérer toutes.

Malheureusement, les faits – et les décisions de justice – démontrent qu'une morale sélective et une jurisprudence à géométrie variable en proscrivent certaines, nonobstant la liberté invoquée tout en en tolérant d'autres sur la base du même principe.

Une telle morale est immorale, contraire au droit naturel, et revient en fait à légitimer par contraste les  opinions extrêmes tolérées.

 France 2, durant le conflit, aurait pu ne pas déraper. Même si grosso modo, la chaîne qui fit don au monde entier de la mort du petit Mohamed sous des balles israéliennes, forcément israéliennes, est resté en phase avec l'idéologie sommaire et dominante, elle  fit bien pire  dans le passé.

Malheureusement, Pierre Vidal-Naquet est mort le jour de Cana. Françoise Laborde, la présentatrice, a cru devoir prophétiser, sans grand risque, il est vrai, que ce Juif très critique envers Israël, et par conséquent icône à révérer dans la béatitude, aurait été de ceux qui auraient condamné l'armée israélienne.

Jusqu'à présent rien que de très convenu. Mais, pour illustrer emblématiquement la pensée de l'historien disparu, un mémorialiste particulièrement zélé ira jusqu'à dénicher un entretien vieux d'un quart de siècle dans lequel le défunt déclarait, qu' en tant que juif, il ne voulait avoir aucun lien « avec un pays qui avait programmé l'extermination de tout un peuple ».

Voilà une mort qui ne manquait pas d'à propos.

 Fermons la parenthèse

 

J'ai écrit qu'il fallait s'attendre à cette défaite médiatique. Elle était effectivement inéluctablement programmée.

Quand bien même les Israéliens renonceraient ils, selon mon conseil dépité, à la bêtise de l'intelligence et qu'il en appelleraient désormais à la sottise de l'émotion.

Quand bien même, certains journalistes internationaux deviendraient-ils imperméables aux pressions physiques et, quelquefois, financières comme les archives irakiennes l'ont révélé sans trop de bon goût.

Quand bien même l'ombre portée d'un néo-antisémitisme, manifeste ne serait-ce que dans la focalisation disproportionnée d'un israélocentrisme obsessionnel, se serait-elle miraculeusement estompée.

Israël aurait perdu cette guerre des médias.

Comme tout État-nation occidental en guerre contre des irréguliers non occidentaux.

Dans mes deux essais politiques ("Le Nouveau Bréviaire de la Haine" et les"Martyrocrates") j'ai tenté d'expliquer cet a priori systématiquement défavorable à l'État occidental, et, inversement, systématiquement "xénophile", selon le barbarisme que j'ai forgé pour la circonstance.

Selon moi, un traumatisme sévère, que j'ai baptisé "Big Bang Shoah", est né à la fin des années 60 au sein de l'inconscient collectif occidental.

Il s'est formé à la suite de la révélation tardive des horreurs de l'Holocauste au monde chrétien.

Ce phénomène dévastateur est monté en puissance irrésistiblement au fur et à mesure de la médiatisation audiovisuelle du génocide juif.

Le paradoxe voulant que plus on s'éloignait du temps du massacre, plus on le montrait. Plus il fascinait.

Ainsi, 90 % de la production audiovisuelle sur l'Holocauste, et notamment les films les plus populaires, a été réalisé durant les années 90...

Mai 68 en a été l'une des plus précoces manifestations, s'agissant de la première génération de quasi adultes à qui advenait la terrible révélation non seulement de l'immensité du crime nazi mais encore de la complicité de l’État français.

De ce phénomène, à l'origine positif, il en a résulté les confusions les plus perverses.

Les slogans du mois de mai en sont la traduction la plus éloquente et spontanée.

CRS-SS ! À partir de ce moment, l’État-nation occidental  a commencé à être vécu au sein de l'inconscient collectif de cette première génération d'adultes d'après-génocide comme l'héritier  en extrême droite ligne de l'État-nation qui avait accompli le pire crime des temps modernes.

Dès lors, l'appareil d'État destiné, si besoin est, à faire usage de la force a été vécu épidermiquement  comme d'essence totalitaire.

Le flic français est devenu le descendant du gestapiste. Le militaire, celui du Waffen SS.

Insensiblement, la violence légale de l’État pourtant démocratique est devenue moins légitime que celle utilisée illégalement par des irréguliers, en colère et sans uniforme honni, vécus confusément comme des "résistants".

Insensiblement, une nation européenne et blanche apparaissait confusément haïssable.

Le phénomène pathologique de détestation viscérale de l’État-nation occidental devenait une donnée permanente de la société occidentale.

« NOUS SOMMES TOUS DES JUIFS ALLEMANDS ! » À partir de ce moment,  l'étranger est devenu une victime par essence à protéger.

 L'altérité, la différence, une qualité à revendiquer.

Si, dans un premier temps, le Juif, victime d'un tourment que le monde chrétien doloriste a interprété comme une nouvelle Crucifixion, a occupé cette position tristement enviable, celui-ci a dû rapidement descendre de la Croix.

La victoire militaire insolente en six jours de l’État éponyme dans les sables du Sinaï et l'occupation qui s'en est suivie ont consacré la trahison du Juif mort par le Juif vivant.

Ceux qui adoraient le Juif en pyjama rayé abhorraient désormais le Juif en uniforme kaki.

D'autres victimes idéales ont donc remplacé le décevant sur la Nouvelle Croix.

 

J'ai écrit qu'une sorte de nouvelle religion laïque post-chrétienne et intolérante agissant plus sur la foi que sur la raison est née de ce véritable séisme.

 

Avec sa martyrologie déclinée : le Juif, puis l'Arabe, le Noir, l'Immigré, puis le minoritaire sexuelle etc. et sa démonologie parallèle et évolutive : Hitler, Pétain, Bush, Sharon, le franchouillard etc.

Avec son église, son clergé, ses grands prêtres, ses excommunications et sa terreur intellectuelle.

 Je soutiens donc qu'en raison d'un phénomène dévastateur qui agit d'avantage encore sur les inconscients que sur les consciences,  tout phénomène politique ou sociétal passe désormais par son prisme moralisateur.

 

Il en est du problème de l'immigration comme de celui de la guerre d'Irak.

Il explique les préjugés, les a priori, les pesanteurs et les occultations.

J'ai rappelé – en réalité, il m'a fallu révéler – que le même jour que le drame de Cana, au Darfour, une centaine de Noirs étaient massacrés par les milices Arabes gouvernementales dans le silence le plus complet.

Certains s'interrogent parfois pour savoir pourquoi les crimes commis au Soudan contre des chrétiens depuis tant d'années se poursuivent dans l'indifférence et l'impunité.

Pourquoi un conflit qui a fait plusieurs millions de victimes civiles, de femmes violées ou réduites à l'esclavage, et occasionné autant de réfugiés, ne mérite toujours pas l'appellation, par ailleurs si galvaudée, de génocide.

Qu'on veuille bien se reporter à la grille d'explication post-shoatique, si l'on veut vraiment comprendre.

Côté martyrologique, bien que noirs, les Chrétiens du Soudan, ne font pas vraiment figures de victimes idéales, de cadavres exquis à plaindre et à pleurer.

Car ils  partagent la même religion d'origine que le monstre suprême, Adolphe Hitler, la religion de l'Occident blanc.

Mais c'est avant tout le côté démonologique qu'il convient d'observer. Celui du bourreau.

Or, l'armée soudanaise composée de musulmans noirs dépenaillés, faite de bric et de broc, peut difficilement faire songer aux panzer divisions modernes qui déferlèrent avec des guerriers blancs aux uniformes impeccables pour apporter le Mal absolu.

De ce point de vue incontournable, l'armée juive, occidentalisée à l'extrême, tragique ironie de l'histoire, fait infiniment mieux l'affaire....

Dis moi comment tu es, je te dirai si je te hais, semble murmurer la nouvelle religion médiatique.

 

Ni les bourreaux soudanais, ni Zarkaoui, ni Ben Laden, au-delà des condamnations politiques rituelles, ne sont  des adversaires à détester avec le cœur et les tripes.

Ils viennent du camp des réprouvés, celui des martyrs par essence.

Quand les Espagnols descendent dans les rues de Madrid après le carnage, ce n'est pas Ben Laden que l'on conspue, ce sont Bush et Aznar.... Toujours la grille.

Aujourd'hui, Nasrallah n'est ni détestable ni détesté. Point de portraits au vitriol. Point de caricature ignoble.

Quel journal s'est ému lorsque le 9 août, le chef suprême du Hezbollah a exhorté les Arabes de Haïfa à quitter sans délai la ville à bombarder.

Signifiant ainsi clairement que seuls les Juifs devaient mourir.

 Imagine-t-on seulement comment le monde" civilisé" aurait réagi, si : hypothèse absurde, Olmert avait conseillé aux seuls chrétiens libanais de quitter le Sud Liban ?

On peut gager sans risque que les comparaisons shoatiques, déjà présentes, auraient été alors d'absolue rigueur.

Certaines O.N.G. prétendument pacifistes et humanitaires ont lourdement insisté sur des crimes de guerre  qu'aurait commis la partie israélienne et qui relèveraient selon elles, des juridictions internationales.

Le Hezbollah, pourtant fauteur de guerre et tueur volontaire de civils, ne semble pas avoir fait l'objet d'une analyse juridique aussi rigoureuse.

C'est qu'Israël est un État-nation occidental en guerre, donc forcément détestable, et le Hezbollah, une organisation islamique non étatique à traiter avec la prudence qu'inspire le spectre de l'islamophobie.

 Lorsque le 17 juillet au matin,  Israël a bombardé l'aéroport de Beyrouth, le sort des armes n'était sans doute pas réglé. Mais la guerre médiatique était déjà perdue.

Pour l’État juif,  pour l'Occident encore libre.

 G.W.G.

 

par GOLDNADEL Gilles William publié dans : BLOG-NOTE
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Lundi 4 septembre 2006

Pour la reprise de mon blog, vous trouverez ci-après l'article que m'a inspiré le conflit libanais. J'ai resitué les événements et leur perception dans la perspective du contexte idéologique sommaire et dominant qui oriente, selon moi, le regard sur le monde des apparences.

Bonne lecture.

GWG

Parenthèses sur une défaite étrange    

(première partie)

 

Les observateurs les moins subjectifs s'accordent à reconnaître que l'offensive israélienne menée contre le Hezbollah s'est soldée par un échec.

Ils ont raison.

La première manche qui vient de s'achever constitue pour l'État juif une manière de défaite militaire, politique, et, avant tout, psychologique.

Touchant à cette dernière matière, un psychodrame s'est déroulé et se déroule encore en Israël comme hors de ce pays dont l'examen fera l'objet du principal de mes réflexions.

Rien d'étonnant, la question israélienne relevant, on le sait, davantage du fantasme que de l'observation du réel.

Ayant tenu à me trouver durant le conflit parmi les Israéliens – et même parfois ceux qui recevaient les missiles –  on voudra bien considérer les lignes qui vont suivre comme un regard orienté dans toutes les acceptions du terme.

Le titre de ce long article rappelle – fort immodestement – l'ouvrage inoubliable de Marc Bloch consacré à l'analyse militaire, politique, sociologique et psychologique de la déroute française de 1940.

Il ne saurait ici être question de la même ambition, faute de temps... et sans doute de talent.

Surtout, et heureusement, la provisoire déconvenue de l'État hébreu n'est comparable en rien avec la catastrophe examinée par le grand historien et résistant, et pourrait même accoucher de nouveaux succès.

Il n'empêche. C'est avant tout parce qu'Israël ne pouvait pas gagner dans les conditions militaires, politiques, médiatiques et psychologiques de notre étrange époque que j'ai tenu à évoquer le critique acéré et fulgurant d'une précédente période nullement dénuée de rapport.  

Pour me livrer à cet examen, j'ai, arbitrairement, revisité certains épisodes du conflit israélo- libanais pour les éclairer à la lumière du regard auquel j'ai habitué mes lecteurs.

Je voudrais enfin dire que ce prétexte arbitraire ne concerne pas seulement les événements revisités mais le conflit lui-même.

Tout autre conflit qui opposerait aujourd'hui un état occidental agressé à des éléments irréguliers islamiques utilisant la violence au milieu de civils télévisés aurait, comme je l'ai écrit tant de fois, accouché, peu ou prou, du même résultat.

Tant il est vrai que cette défaite étrange est avant tout celle de l'Occident tétanisé d'aujourd'hui.

 

Béotiennes réflexions sur un échec  militaire Jamais, depuis longtemps, le contexte politique n'avait autorisé l'État d'Israël à utiliser le pouvoir des armes pour modifier, comme il l'avait annoncé « les règles du jeu ».

Le sommet du G8 avaient non seulement désigné le Hezbollah comme fauteur de guerre mais il avait encore entériné les buts de guerre de l’État hébreu agressé :

Libération sans conditions des deux soldats prisonniers et désarmement de la milice islamiste conformément à une résolution onusienne jusqu'à présent platonique.

À telle enseigne que la presse internationale, habituée depuis des lustres aux condamnations rituelles de l'État juif, est demeuré un temps littéralement interdite devant une attitude aussi insolite.

On verra plus loin qu'une partie d'entre elle se reprendra très vite, lorsque la réflexion pourra enfin céder le pas à l'image commentée.  

En outre, jamais non plus depuis longtemps, une administration américaine n'était disposée avec autant de détermination à laisser agir un allié dont les intérêts semblaient coïncider parfaitement avec les siens dans le cadre de la guerre contre le terrorisme islamique. 

 

 

Quitte à indisposer un temps des alliés arabes, au demeurant fort critiques à l'égard du fondamentalisme chiite.

Pour autant, encore eût-il fallu respecter les nouvelles règles d'un jeu militaire sans doute injouable.

Israël se devait, en effet, conformément à ce qu'il avait imprudemment annoncé, réduire à quia rapidement le Hezbollah tout en ne portant pas délibérément atteinte à une population civile complaisante derrière laquelle il se protégeait aisément.

Il se devait aussi d'obtenir la libération sans conditions de ses deux soldats capturés.

Tout a été dit sur l’État d'impréparation de Tsahal à mener une guerre non conventionnelle et "asymétrique" contre un ennemi insaisissable, courageux et intelligent, sur la surestimation de la capacité de l'arme aérienne, sur le retard fautif d'avoir engagé l'infanterie, sur les atermoiements de l'échelon politique.

Tout a été écrit sur la sous-estimation de l'arsenal adverse, et notamment de ses armes antichars dont on a pu mesurer les ravages plus encore sur les fantassins que sur les blindés.

L'essentiel de ce qui a été dit et écrit me paraît crédible. Mais pas essentiel.

Le chef d'état-major de l'armée israélienne, Dan Haloutz, a déclaré le 21 août « qu'Israël avait gagné aux points et non par K.O » et cette déclaration me paraît aussi militairement crédible que psychologiquement erronée.

 

Le Hezbollah a reçu de terribles coups, son infrastructure militaire gravement endommagée. Raison pourquoi il a été contraint d'accepter la fin des hostilités dans le cadre d'une résolution qui prévoit expressément son désarmement.

M'étant rendu au milieu des soldats réservistes ou d'active, je peux témoigner de leur degré de motivation et de détermination totale.

Peu d'armées au monde auraient pu atteindre un tel résultat dans des conditions identiques.

Il n'empêche. Alors que, l'état-major de Tsahal annonçait triomphalement dès les premiers jours de la guerre avoir détruit les deux tiers de ses capacités, le Hezbollah continuait, de manière organisée, le dernier jour du conflit à lancer sur Israël une pluie de missiles.

Dès lors que, l'ennemi islamiste n'était pas K.O, général Haloutz, vous auriez dû savoir que dans le cadre du jeu pervers et injouable qu'Israël est tenu de jouer, c'est le Hezbollah qui ne pouvait qu'être déclaré vainqueur aux points par le jury arabe, le jury international et, plus grave encore peut-être, le jury israélien.