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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 15:15

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/
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Nuit Debout: De la place de la République à la place de la dictature

Publié le 18/04/2016


FIGAROVOX/CHRONIQUE - Pour Gilles-William Goldnadel, les militants de Nuit Debout sont de faux rebelles mais de vrais sectaires.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

L'usage convenu du vocable «citoyen» me rend toujours un rien méfiant.

«Dialogue citoyen»: on a tout dit de la prestation pathétique du président sur France 2 pour que j'y ajoute mon content de venin. Faut-il que la gauche soit tombée si bas pour que Libération (14 avril) se plaigne de la mainmise du socialisme soft sur les médias d'État et de la manière dont la chaîne aura essayé de déminer le terrain sous les pieds d'argile du monarque affaibli.

Au moins, la gauche médiatique a-t-elle conscience, elle, de l'importance qu'il y a de surveiller un service public de l'information qui n'a pas besoin d'être sous sa férule pour la servir en nous asservissant. La droite médiatique, toujours aussi indifférente, devrait suivre la leçon.

Ainsi, exemple parmi cent, dans l'émission de Frédéric Taddeï vendredi soir, le très à gauche grec Varoufakis était opposé au très gaucher Alain Badiou. Un débat , on le voit, d'un pluralisme extrême… Gageons que cette fois Patrick Cohen qui contesta jadis l'extrême sens de l'hospitalité de Taddéi ne trouvera pas à médire.

Sur le fond, François Hollande, quels que soient ses mérites ou ses turpitudes, n'a décidément rien compris à la perversité impitoyable d'un système qui ne pouvait plus que l'exécuter dans la situation d'extrême faiblesse où il se trouve désormais.
Négativisme obligé des journalistes suivistes, contraints au devoir sans risque d'impertinence. D'un excès l'autre: jadis la brosse à reluire était obligatoire, aujourd'hui, c'est le poivre à gratter.

Scepticisme de rigueur des citoyens questionneurs, appliqués dans leur prestation télévisuelle à guillotiner sur la place médiatique un souverain déchu ressemblant chaque jour davantage au pauvre roi bourbon. La république n'y trouvera pas son compte.
Mais notre compassion naturelle aura trouvé sa borne, lorsque le souverain aura menti au peuple en prétendant que la mosquée du prédicateur salafiste de Brest promettant l'enfer aux mélomanes et aux femmes rebelles avait été fermée.

À en croire toujours Libération, Nuit Debout constituerait un «laboratoire citoyen». La gauche, décidément, aime les antiphrases. À dire le vrai, tout dans ce happening lamentable tient du faux, et on hésite même à en faire la réclame. Les quelques arriérés qui se tiennent debout assis (ils ne sont guère nombreux) n'existeraient plus si les médias n'en faisaient la promotion bêta.
On comparera avec la moquerie ou le silence de plomb qui couvrit le mouvement des Veilleurs. Il est vrai que ceux-ci n'avaient pas leurs valeurs. Les demeurés de la Nuit Debout ne seraient plus que quinze à battre le pavé ou à élucubrer que certaines télés continueraient à assurer le service public de la vente du vent.

Tout est faux, je l'ai dit et représente l'exact contraire de ce qui est vanté.

Intelligents ces gens et imaginatifs ? Pas l'ombre d'une idée n'a été rapportée. Même L'Obs si bienveillant semble déconcerté: discussion sur la démocratie: «qui est pour que l'AG ait la main sur toutes les décisions ?» lance le rapporteur. La foule secoue les mains en l'air, en guise de oui. Sauf une femme: je ne suis pas pour un système de vote à la majorité, cela fait des années que nous nous soumettons ainsi. Un étudiant en droit évidemment de gauche relance, autoritaire: «en l'état, le pouvoir repose dans les commissions.» Consternation, personne n'y comprend plus rien. Le rapporteur reprend la parole: «les commissions ne prennent pas des décisions toutes seules, c'est le peuple qui décide, cette assemblée est souveraine.» Roger l'animateur de l'assemblée, lâche: «à ce train là, ça va devenir compliqué d'avancer vers quelque chose de structuré.» Ultime remarque d'un participant: «le modérateur n'est pas censé donné son avis il doit rester neutre.» «Ambiance», conclut la journaliste, un brin déboussolée…

Pacifique le mouvement ? Chaque nuit ou presque apporte son lot de dégradations et d'attaques contre des personnes. Quand ce ne sont pas des commerces, c'est du mobilier urbain qui est détruit, quand ce ne sont pas des voitures électriques Autolib qui sont endommagées, c'est une antenne de Pôle emploi. Pas d'amalgame des casseurs avec Nuit Debout? Mais au sein du mouvement, en assemblée générale, certains justifient les violences «qui arrangent bien le mouvement pour qu'on parle de nous»: «il nous faut assumer ces heurts avec la police, c'est comme cela qu'on progresse dans la lutte. Il faut aussi faire peur».

Sans parler des bannières du Hamas et des militants boycotteurs d'Israël du BDS qui circulent naturellement. Il y a quelques semaines, c'est sur la même place que l'on flétrissait le terrorisme, et que l'on honorait les victimes et les flics…

Antiraciste le mouvement ? Sans doute à l'instar de cet inénarrable: «groupe de réflexions non mixité racisée», qui ne tolère que les paroles «non blanches». Comme le note Marie-Estelle Pech dans le même article, «seules les minorités, c'est-à-dire les femmes, les lesbiennes, transsexuelles et homosexuelles sont admises pour prendre la parole. En revanche, les «cisgenres», comprenez les hommes hétérosexuels, par trop «dominants» dans la société française sont bannis des discussions.
Tolérant le mouvement ? Une sorte de Hyde Park corner improvisé ? Mais samedi soir, on a craché sur un philosophe qui veut rester debout et français et qui venait simplement s'informer.

Consolons-nous comme nous pouvons, sous ces pavés de faux-semblants, sous l'emprise du virtuel idéologisé, la plage de vérité: la preuve est rapportée de l'insigne faiblesse de la gauche à la dérive devant les menées de la gauche gauchisante et de l'islamo-gauchisme. Sa résistance de façade n'est qu'une tartufferie. Malgré les massacres de 2015, malgré l'état d'urgence, malgré la mobilisation nécessaire de la police, la maire de Paris tolère les dégradations et le ministre de l'intérieur et son préfet ne réservent toujours leurs coups de matraque qu'aux opposants non-violents de l'autre camp.

La place de la République est devenue la place de la dictature des rebelles en papier-bavard.

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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commentaires

skhkt 04/05/2016 10:24

L'usage convenu du vocable «citoyen» me rend toujours un rien méfiant.
+++
Je paratge le même sentiment:
Le terme de citoyen dans ce pays ou tout est "citoyen" n'a rien à voir avec le citoyen ni de l'agora d'Athènes , ni du forum romain, ni même de celui que l'on consulte régulièrement en Confédération Hélvétique pour des votations régulières.
Ce" citoyen" là tient malheureusement plutôt des "citoyens" qui en envoyaient d'autres à l'échafaud, de ceux qui dénonçaient ou calomniaient leurs voisins, des "citoyens" ou "camarades" , ou "fidèles " et les "frères"dévôts des dictatures , rouges , brunes , noires , grises ou vertes,
En France tout et n'importe quoi est devenu "citoyen", une citoyenneté à bon compte , une citoyenneté sans civisme, pourvu qu'il y ait quelque exutoire ou coupable ou crachats et coups de lattes qui puissent se perdre.
Un nuit de moutons de Panurge , qui dorment debout en effet, et ne se réveillent qu'aux aboiements des mots d'ordres habituels avant d'aller à l'abattoir.

PJSC 21/04/2016 13:39

Une mine en papier mâché, les yeux cernés...... il faut savoir parfois lâcher prise ;-)

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