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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 12:33

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/07/21/31003-20150721ARTFIG00083-goldnadel-de-quoi-le-harcelement-sexiste-est-il-le-nom.php

Goldnadel: De quoi le harcèlement sexiste est-il le nom ?

Publié le 21/07/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Manuel Valls à Berlin, Cécile Duflot et les migrants, l'affaire du Cartlon et les juges: Gilles-William Goldnadel fustige les donneurs de leçons de morale incapables de s'appliquer à eux-mêmes les règles qu'ils dictent aux autres.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.
FIGAROVOX/TRIBUNE - Gilles-William Goldnadel estime que la notion de «harcèlement se.xiste» est trop vague et empreinte de moralisme idéologique pour être pénalement répréhensible.

Les anti-harceleurs nous harcèlent. La pénalisation du harcèlement moral au travail, et l'auteur de cet article n'est pas le plus mal placé pour en discourir, a entraîné une inflation de plaintes, cornaquées notamment par la CGT qui en a fait l'un de ses fonds de commerce, qui paralysent plus encore des tribunaux correctionnels qui ne souffraient pourtant pas d'un désoeuvrement particulier.
Avant cela, il s'agissait d'une infraction sociale, difficile à établir, mais seulement sanctionnée par la juridiction prud'homale, et c'était bien ainsi. Depuis, certains roublards de toute sorte instrumentalisent la justice répressive à coup d'arrêts de travail opportunistes quand ce n'est pas de tentatives de suicide imaginaires. Sans parler des nombreuses personnes qu'une loi médiatique imprécise mais tentatrice a persuadées de bonne foi qu'elles étaient les victimes des méchants patrons.


C'est dans ce même esprit d'encouragement simpliste et victimaire que Benoît Hamon a décidé de faire porter le chapeau financier du «burn out» aux entreprises déjà souffreteuses en désirant faire de cette maladie psychique méconnue, multiforme, subjective et pluricausale, une maladie professionnelle exclusivement causée par l'entrepreneur stressant… sauf qu'elle n'est pas professionnelle ou purement professionnelle.

Pour l'instant, notre ministre du Travail, dans sa sage droiture, n'a pas dit oui, mais dans son souci de ménager la gauche extrême, n'a hélas pas dit non.
La même traque idéologique des harceleurs est aujourd'hui appliquée avec un zèle revendiqué à la répression du comportement se.xiste dans la rue.
C'est dans ce cadre que Mme la Secrétaire d'État Pascale Boistard a présenté son «plan national de lutte contre les violences s.exuelles et le harcèlement s.existe dans les transports en commun» le 9 juillet dernier.
Il est évidemment ridiculement inutile d'avoir à préciser ici que les violences se.xuelles, lorsqu'elles sont avérées, doivent être réprimées sans faiblesse, et qu'elles le sont.

Les injures se.xuelles sont également réprimées par le droit positif actuel. Une femme qui se fait traiter de «salope» peut également poursuivre son agresseur verbal sans qu'il soit besoin de créer une nouvelle catégorie conceptuelle. Idem pour celle qui se fait peloter dans le métro.
On comprend également que le comportement actuel se.xuellement agressif de nombreuses personnes peut exaspérer légitimement de nombreuses autres, sans défense.

 

 

Il n'est pas déplacé de suggérer ici que la société moderne et multiculturelle, célébrée il y a peu encore extatiquement, n'a pas fait la preuve, ici encore, de ce qu'elle était contributrice de bonheur et de progrès.

Il n'en demeure pas moins que le «harcèlement», notion infiniment floue, et soumise à une spéculation intellectuelle subjective est, si l'on ose dire, de maniement délicat, surtout lorsque l'on entend le réprimer pénalement. Il devient objectivement liberticide si l'on se soumet, comme en l'espèce, à une idéologie néo- féministe agressive jusqu'à l'absurde.
C'est ainsi que les travaux ministériels portent notamment la marque d'une association auditionnée telle que «Osons le féminisme», dont le moins que l'on puisse dire qu'elle ne se caractérise pas par la tempérance et la modération.
Une promenade guidée dans le rapport ministériel intitulé «Avis sur le harcèlement se.xiste dans les transports en commun» publié le 16 avril illustrera mon propos.

Tout d'abord, la lettre de saisine adressée par Mmes Touraine et Boistard à la présidence du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes et entendant lutter expressément contre le se.xisme vise exclusivement «le harcèlement se.xiste auquel les femmes doivent faire face dans l'espace public». Il se trouve qu'une étude réalisée au printemps 2014 dans le métro new-yorkais précise que 25 % des harcelés seraient des hommes. (selon l'association «Stop street harassment»).
Bien sûr que la majorité des victimes de harcèlement est féminine, mais un quart, c'est beaucoup pour ne pas être rien. On retrouve à peu près la même péréquation en matière de violence conjugale, avec le même déni des féministes bien en cour. Que l'institution officielle chargée de faire respecter l'égalité entre les se.xes et de réprimer le se.xisme, piétine la première et pratique le second, est un comble qui en dit long par ses silences.

La définition officielle du «harcèlement se.xiste» laisse également le citoyen juriste perplexe.
À coté d'évidences dûment réprimées déjà par le Code Pénal (exhibitions, exposition d' images pornographiques, baisers forcés, main aux fesses etc.) cohabitent des comportements dénoncés comme harcelants qui trahissent un moralisme idéologique discutable et dont la preuve surabondamment, est malaisée à rapporter. Exemples croustillants:
- «Le sifflement»: Certaines femmes le trouvent agréable à l'oreille (#plutôtsympa) (Sophie de Menthon), d'autres l'abhorrent (Sofia Aram). Allez ensuite essayer d'y entendre quelque chose. Entre le peintre italien, sur son échelle, qui siffle gentiment au passage d'une belle et deux butors qui le font narquoisement pour assouvir leur frustration, souhaitons bon courage au procureur de la République pour notifier au siffleur répréhensible un rappel à la loi tel que préconisée finement par nos éminences ministérielles.
- «Commentaires sur le physique ou la tenue vestimentaire»: déjà une pétition signée par des femmes journalistes dans Libération se plaignant du comportement des hommes politiques avait fait un méchant sort aux compliments que ceux-ci se seraient autorisés à faire à celles-là.

Toute honte bue, et prenant conscience tardivement de mon attitude répréhensible que je promets de corriger, je confesse qu'il a pu m'arriver, par beau temps et l'humeur légère, de complimenter par le sourire ou d'un mot qui se voulait gentil, un visage agréable ou une robe seyante.

Pour tenter d'obtenir l'indulgence, je jure que je n'avais d'autres projets que de faire plaisir. Et ma modestie légendaire dût-elle en souffrir, il a pu arriver (mais il y a longtemps) que le sourire me fût rendu.
- «Présence envahissante» («jambes écartées»): l'avocat qui signe, ne peut, par prudence, que recommander à tout usager du métropolitain de se.xe mâle une utilisation minimale de l'espace qui lui est dévolu, les deux genoux donc strictement collés l'un contre l'autre. Le texte étant muet, s'agissant des femmes, on en déduira qu'elles ont toute licence pour écarter les jambes sans être taxées de harcèlement.

- «Regard insistant»: le même usager regardera ses deux genoux fixement. Une attitude humble sera appréciée par le ministère, et devrait être de nature à éviter toute poursuite injuste.
- «Invitation insistante»: les documents ministériels précisent utilement «que la drague n'a rien à voir avec le harcèlement» la première requérant, paraît-il, le consentement des deux personnes. Compte tenu de la prise de risque initiale inhérente à cette curieuse définition, je recommanderais néanmoins l'usage exclusif du réseau Internet pour toute entreprise de séduction désormais programmée sérieusement et méthodiquement.

Certains couples, il est vrai, se sont formés dans les transports publics. Ce temps est révolu.
C'était avant que les gens très progressistes, très intelligents et très gentils qui nous gouvernent décident de s'occuper du bonheur des hommes et du bonheur des femmes.

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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commentaires

Robert Marchenoir 28/07/2015 21:23

Je crois déceler une légère nuance d'ironie dans vos appréciations sur les "jambes écartées"... Si c'est le cas, je suppose que vous ne prenez guère les transports en commun. Sinon, vous auriez remarqué que c'est devenu une véritable épidémie, internationale de surcroît, qui agace prodigieusement, à bon droit, de plus en plus de monde.

Et oui, c'est une pratique spécifiquement masculine, qui constitue une grave impolitesse pour deux raisons : il s'agit, pour la personne qui s'y livre, à la fois de gêner les autres voyageurs en occupant de façon agressive un espace qui ne lui revient pas, et de procéder à une exhibition sexuelle qui, pour être métaphorique, n'en est pas moins délibérément insultante.

Dois-je ajouter qu'il s'agit d'un comportement... comment dire... manifestement communautaire ?

quetzalcoatlus 25/07/2015 13:54

Il est probable que la décadence de l'éducation précoce associée aux différents codes de telle ou telle autre civilisation, ne soient pas étrangers à la situation que nous vivons chacun d'une manière ou d'une autre à tel endroit ou tel autre.
Il est malheureusement déjà évident que le nouvel ordre théocratique qui se met insidieusement en place, sera le seul capable de remettre les pendules à l'heure. La question que je me pose étant : - A quelle heure ?

Phil 24/07/2015 19:50

Vu qu'on est tous dans la même galère, on ne peut pas vraiment affirmer que les couples ne se forment plus dans les transports publics. :-)

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