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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 11:03

Paru dans FIGAROVOX LE 22/06/15
lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/
 
http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/06/22/31003-20150622ARTFIG00328-fuite-d-eau-danemark-charleston-le-requisitoire-de-goldnadel.php

«Fuite d'eau», Danemark, Charleston: Le réquisitoire de Goldnadel

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Le Danemark et son parti «xénophobe», l'impérieux et nécessaire accueil des migrants, Nicolas Sarkozy et la «fuite d'eau», Barack Obama et sa politique raciale : Gilles-William Goldnadel dénonce la force de frappe médiatique de l'idéologie bienpensante.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Ils n'ont plus que cela, mais ils l'ont encore. La force de frappe médiatique. Avec l'idéologie spécieuse qui va de pair.
Ainsi lorsque le peuple grec a porté au pouvoir un parti qui lui a promis la lune, la hausse du SMIC et des retraites et l'annulation de sa dette, il n'était pas question de parler de populisme ou de rappeler l'origine hellénique du mot démagogie. Pas question non plus de qualifier d'extrême gauche une formation dont beaucoup de ses membres viennent du parti communiste. On sait que l'extrémisme ne sied bien qu'à la droite.

Le peuple grec ayant tranché souverainement, il convient paraît-il de l'écouter religieusement. Quant à faire remarquer que M. Tsipras s'est placé dans l'alternative de devenir un escroc à l'égard de son peuple ou un maître chanteur à l'égard de l'Europe, voilà qui est téméraire dans la France médiatique.

On comparera avec l'accueil hexagonal fait au parti du peuple danois, issu pourtant lui aussi de la volonté populaire. Le terme de «populiste» est sans doute le plus aimable. Et bien entendu, ce parti est classé cette fois expressément à l'extrême droite, sur une case noire de l'échiquier politique. Parce qu'il rappelle que le Danemark n'a jamais été une terre d'immigration et qu'il aspire à accueillir de manière contrôlée une immigration laborieuse, le voici devenu «parti anti-immigrés». Quant à la radio d'État France Info, dès le vendredi, il était devenu définitivement «xénophobe». Apparemment les médias parlent mieux le grec que le danois.
Ils ont donc encore la force médiatique, mais elle cogne moins fort. La dure réalité est passée par là.
Les attentats, l'insécurité, l'évidence plus forte que l'idéologie.

Bien sûr, ils tenteront, ils tentent déjà, de nous refaire le coup des fantasmes et de l'instrumentalisation de la peur de l'étranger. Les migrants ne seraient pas si nombreux à vouloir migrer. Mais on ne refait pas deux fois le même coup de bluff. Celui de nous avoir dit que l'immigration était un fantasme de beauf qu'il convenait de ne pas évoquer, pour nous signifier un beau matin que ce n'était plus la peine d'en discuter, puisque la France était devenue multiculturelle.

Bien sûr, la force de frappe est intacte, ainsi ce jeudi matin sur France Inter, l'ensemble du discours de la radio de service publique - sans aucune exception (éditorial de Bernard Guetta, intervention de Anne Hidalgo et de l'ensemble des auditeurs y assortis) - tendait à vouloir démontrer que l'accueil des migrants était une nécessité ordonnée tant par l'intelligence que par le cœur. Quant au journal d'ARTE, le matraquage était systématique, quotidien et délibéré, le mot «pluralisme» étant inconnu dans langue publique franco-allemande.

Mais il faut dire qu'il était nécessaire de faire oublier la déclaration de Robert Badinter, grande conscience de la gauche, reconnaissant que la France n'était pas dans la capacité d'accueillir tous les migrants. Bien entendu, il est rare que ceux qui font le commerce public de la générosité hospitalière reconnaissent expressément que l'accueil des forceurs de frontières est illimité et donc que celles-ci sont devenues obsolètes, en même temps que la notion de nation.

J'ai donc savouré ce moment de vérité, que j'ai certes un peu sollicité, lors de mon dialogue jeudi dernier sur RMC avec le sympathique Ian Brossat, membre du PCF, en charge du logement et de l'hébergement à la mairie de Paris. Bien qu'il lui en coûtait, j'ai réussi tout de même à lui faire dire qu'il n'était pas question d'expulser les illégaux non éligibles au droit d'asile.
C'est dans ce cadre, où tout cadre légal ou national cède le pas au discours compassionnel, où la sollicitude n'existe qu'envers l'Autre et certainement pas à l'égard des populations en souffrance dans la sous-France, qu'à nouveau la guéguerre des petites phrases sert, à la manière d'un leurre, de diversion à l'absence de toute politique déterminée.

Encore qu'ici encore, l'idéologie opère sa loi de sélection naturelle: peu de réactions du pouvoir en place après l'étonnante sortie, venant d'une personnalité aussi respectable, de Dalil Boubakeur proposant de transformer les églises en mosquées, autrement dit Constantinople en Istanbul et donnant du corps et de l'esprit à la théorie du remplacement. Mais déchaînement après que Nicolas Sarkozy ait évoqué dans un meeting, fuites d'eau et canalisations. Ici encore la critique de l'immigration incontrôlée se transformant en stigmatisation des immigrés. Pour notre part, s'agissant de flux migratoires, l'image de l'eau ne nous parait ni incongrue, ni salissante.

Dans un domaine peu éloigné, l'unicité médiatique rend la critique de la politique incongrue de l'actuel président américain, apprécié bien davantage en France que dans son pays, bien congrue.

Seul dans la presse française, le professeur Guy Millière (BFM le 18 juin) a eu, au lendemain du drame épouvantablement écœurant de Charleston, l'indépendance d'esprit de faire remarquer que l'élection de Barack Obama n'avait pas résolu à elle seule la question raciale aux États-Unis. Après avoir rappelé que Dylan Roof était un criminel raciste indéfendable, que ni sa jeunesse ni peut-être sa folie n'excusait (comme on tente si souvent de le faire en Europe s'agissant d'autres «loups solitaires»). Millière a rappelé que le président a parfois, depuis le début de son mandat, jeté de l'huile sur le feu lors des divers incidents opposant des noirs à des blancs: affaires Trevor Martin en Floride ou Michael Brown dans le Missouri. Il rappelle aussi - ou plutôt il nous apprend, car ce fait est occulté en France - que le président a cru devoir à plusieurs reprises recevoir à la Maison-Blanche Al Sharpton, raciste anti-blanc et antisémite avéré. Millière a également fait remarquer que la politique de subventions orientées racialement n'a en rien réussi à diminuer la misère noire.

J'ajouterai que lorsque Barack Obama prétend qu'il n'y a qu'aux États-Unis où l'on attaque les lieux de culte, il marque son incompétence. Des centaines d'églises africaines ont été brûlées par les islamistes et je suis incapable d'en chiffrer le nombre effrayant de morts, sans parler des fidèles de la synagogue de Jérusalem-ouest assassinés par des membres du Hamas en novembre dernier.

La force médiatique de l'idéologie sommaire ne vaudra jamais celle de la vérité en marche. Mais elle la ralentit tragiquement. Au détriment des hommes.

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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commentaires

quetzalcoatlus 25/07/2015 16:21

Suite au passage remarqué de notre Hôte, chez "Bilger" (Justice au singulier), je découvre ce blog, et l'homme qui existe derrière. je vais essayer de rattraper mon retard de lecture !

paris 27/06/2015 15:46

Très bon article.

Caubet 23/06/2015 11:21

Tout simplement bravo comme d'habitude .

Coco 23/06/2015 11:21

Il n'y a pas plus de Jérusalem ouest que de Pekin ouest ou de Washington ouest. Il y a Jérusalem, une et indivisible, capitale d'Israel.

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