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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 15:55

Paru dans FIGAROVOX - lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/vox/

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Cécile Duflot, affaire du Carlton:  Le réquisitoire de Goldnadel contre les Diafoirus de la morale

Publié le 16/06/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Manuel Valls à Berlin, Cécile Duflot et les migrants, l'affaire du Cartlon et les juges: Gilles-William Goldnadel fustige les donneurs de leçons de morale incapables de s'appliquer à eux-mêmes les règles qu'ils dictent aux autres.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Les docteurs de la mauvaise foi, Diafoirus de la morale foireuse, ont encore frappé.
Manuel Valls, tout d'abord. Honnêtement, je ne crois pas que le premier ministre se soit conduit en malhonnête lors de son équipée berlinoise. Et pour être sincère, le fait d'avoir été accompagné de ses enfants me le rendrait sympathique. C'est tout de même mieux qu'avec une danseuse. La France socialiste n'est plus à 20 000€ près. La gabegie régnant, par exemple, autour du service public de l'audiovisuel ou des intermittents du spectacle devrait davantage soulever les indignations des économes de gauche ou des ménagers de droite.

Le vrai tort du premier ministre sont ses fréquentations politiques. Ceux qui chantent en ut majeur la messe de la république exemplaire, brandissent à bout de bras le bréviaire de la morale citoyenne et prétendent aimer les pauvres, mais du plus loin possible. On ne s'acoquine pas avec les tartuffes sans dommage.
Les verdicts de relaxe dans l'affaire du Carlton de Lille ont donné une nouvelle fois l'occasion à une presse française unanime de faire le procès des juges d'instruction.

Procès bien tardif et bien trop circonscrit. Dès le premier jour de sa mise en examen, j'avais écrit que l'incrimination de proxénétisme aggravé contre Dominique Strauss-Kahn relevait de l'ineptie. Il était clair que les juges d'instruction, claquemurés dans leur cabinet, ignoraient tout de la vie au dehors et entendaient faire payer à Dominique Strauss-Kahn ses goûts de luxe et sa pratique sexuelle débridée. Qu'il me soit permis de dire que, comme à Outreau ou dans l'affaire Bettencourt, je n'ai vu aucun membre d'une presse judiciaire, aujourd'hui si sévère, s'interroger sur le sérieux de l'instruction.

Pendant toute la durée d'une instruction médiatisée contre des personnes qui n'ont pas le bon profil, le juge est, pour le journaliste, forcément «discret, sérieux et intègre». Il faut dire qu'il y a quelque utilité prosaïque à ce parti-pris: on ne mord pas la main de son fournisseur. Lors des débats correctionnels, et lorsqu'il apparaît au grand jour que les poursuites sont futiles, les thuriféraires médiatiques d'hier peuvent se faire contempteurs sans même s'en apercevoir…

Au-delà de l'institution du magistrat instructeur aujourd'hui sur la sellette, les deux vrais périls qui menacent réellement une justice impartiale sont l'idéologie et son manque de distance avec la presse. Et ces deux périls n'en font qu'un.

Un quotidien du soir, tout en critiquant l'instruction lilloise, écrivait samedi qu'il était sain que le procès du Carlton ait eu lieu, pour ses vertus pédagogiques. Insoutenable légèreté de l'être journalistique. Était-il nécessaire, vraiment, de faire connaître à la terre entière le goût de l'ancien président du FMI pour la sodomie ? Était-il obligatoire de lui imposer cette humiliation ? Hormis pour régaler les voyeurs et les commentateurs, il m'aurait paru plus digne et humain de rendre un non-lieu, tel que réclamé par le parquet lillois. Il est vrai qu'à l'époque, nul parmi les journalistes judiciaires n'avait cru devoir s'interroger sur le renvoi de Dominique Strauss-Kahn et de ses camarades de foire devant le tribunal correctionnel. Sur ce terrain scabreux, on remarquera au passage, que seuls les sodomites hétérosexuels matures semblent suspects judiciairement et avoir mauvaise presse. Idéologie quand tu nous tiens…
Mais tout n'est pas perdu pour les Diafoirus de la morale foireuse puisque, en dépit de leur déroute judiciaire, ils ont pu obtenir de l'Assemblée Nationale malgré l'opposition sénatoriale, la pénalisation des clients des prostituées. Et tant pis pour les filles qui travaillent librement à leur compte ou pour les hommes privés d'affection charnelle. Apparemment, il n'y a pas que les juges d'instruction de Lille qui ne connaissent pas la vie des gens.
Mais évidemment, c'est avec les migrants que les docteurs de la mauvaise foi et les Diafoirus auront donné toute la mesure de leur démesure.

Pour eux, il n'est pas de règles, pas de de lois, pas de bornes, pas de limites, pas de frontières, lorsqu'il s'agit de l'étranger. Celui-ci a tous les droits. S'il est en situation irrégulière sur le sol soi-disant national, il peut résister aux ordres de la police forcément illégitime et violente. Et ceux qui les soutiennent, militants ou saintes O.N.G. sont forcément des résistants.

Dans ce cadre sans cadre, toute objection est irrecevable. N'essayez pas de leur dire que la France appauvrie n'est pas en mesure de nourrir et d'accueillir décemment tous les forceurs de frontières. Ou de leur suggérer que vous n'avez donc pas envie que les Français soient taxés de racistes pétainistes ou d'égoïstes devant le spectacle prévisible de leur situation, ou que cette population intoxiquée par eux ne tardera pas à se montrer agressive envers les autochtones, par ressentiment fabriqué. Ne tentez surtout pas non plus de soutenir que parmi ces gens, tous ne sont pas éligibles au droit d'asile et que certains même sont des islamistes envoyés en terre de mission. De grâce, n'essayez pas, sauf à devenir suspect, d'émettre timidement l'idée odieuse à leurs oreilles délicates que si, lors des deux dernières décennies, déboutés du droit d'asile et clandestins irréguliers avaient été refoulés légalement, la France pourrait aujourd'hui se montrer plus hospitalière envers ceux qui méritent notre compassion active. Cette idée les répugne, même si ils n'osent pas vous le dire: toute expulsion est consubstantiellement ignoble. L'étranger est chez lui et l'État français, une survivance détestable. Enfin et surtout, n'invoquez pas le danger d'une perte définitive d'identité nationale: le risque d'hitlérisation hystérique deviendra inévitable.

Parmi tous les donneurs de leçons de morale, celle qui ce sera sans doute la mieux illustrée est Mme Duflot, qui dans les colonnes du Monde du 10 Juin a évoqué, s'agissant de la politique gouvernementale à l'égard des migrants, un «Waterloo moral». De manière subliminale, la précitée évoque dans son texte le «gaz» des grenades, et les rames de métro qui emportent les étrangers vers une destination funeste. Disons-le tout net, ses imprécations n'impressionnent plus guère, la dame ayant largement usé son capital dans la petite politique politicienne, et même les artistes les plus inconséquents ont compris confusément qu'ils ne sortiraient pas forcément grandis à se produire dans un remake de «nous irons tous à Saint-Bernard». Mais tout de même, il est des esprits bienveillants comme le subtil Marcel Gauchet, qui considèrent qu'on ne fait pas de la politique avec de la morale ou que les «droits de l'homme ne font pas la politique».

J'avoue ne pas avoir leur bienveillance. Je ne crois plus à la sincérité utopique des droits-de-l'hommistes et leur dénie désormais toute morale candide. Je ne crois pas que le PCF, très engagé pour soutenir les migrants, mais dont l'un de ses anciens députés cette semaine invitait les musulmans à boycotter une entreprise juive à l'occasion du ramadan (le Figaro, Paule Gonzales 13 juin) soit un parti moral.

Je ne crois pas que les destructeurs systématiques de la nation française soient sincèrement préoccupés par l'Érythrée ou la Syrie. Ils n'ont jamais manifesté contre les crimes commis en Érythrée ou en Syrie, trop occupés sans doute avec Gaza ou la réforme de la SNCF. Et je crois que la morale suprême passe par l'action de savoir dire non.

Il existe, il est vrai, une psychopathologie xénophile et mortifère. Elle ne concerne pas que la France: c'est ainsi qu'une militante blanche américaine a réussi l'imposture de passer pendant des années pour une noire, symbole emblématique d'un antiracisme rendu fou par la phobie du blanc. Si elle achevait son œuvre insensée, dans une décennie, ce sont les Français qui seront des migrants. D'ailleurs, de l'intérieur, beaucoup de ceux-ci migrent déjà, des banlieues vers des cités plus hospitalières. Et voilà que le gouvernement, à grands coups de menton, signifie à leurs villes-refuges qu'il aura la main lourde au cas où celles-ci ne mettaient pas en œuvre sans délai la mixité obligatoirement décrétée.

Quand des autorités ne sont plus en mesure d'assurer à leurs citoyens paisibles l'intégrité de leurs frontières, la sécurité de leurs personnes et de leurs biens, et jusqu'à la dignité de leur droit à l'identité, elles devraient à tout le moins, apprendre l'humilité.

 

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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commentaires

bernacco 28/06/2015 17:23

A propos du BDF ne croyez vous pas tout en dénonçant le boycott et pas seulement de démontrer que ses organismes qui restreint notre liberté qui veulent nous empêcher de manger et d'acheter ce que nous voulons. de rencontrer d'échanger avec bon nous semble de voir un spectacle, de visiter un pays sans ce faire exploser d'imposer ses vues ses lois ces rites bref du fascisme

Coco 22/06/2015 19:04

Dans un blog précédent, GWG se demandait pourquoi seul Israel était victime d'un tel ostracisme. Eh bien BHL se pose la même question : http://laregledujeu.org/2015/06/22/22655/une-etoile-jaune-pour-letat-juif/


BHL est incapable de comprendre qu'il est, à son niveau avec Jcall, responsable de cet ostracisme. Il accuse Israel d'occuper la Judée Samarie, il demande à l'Europe d'imposer une solution aux belligérants en ignorant qu'Israel n'est pas une république bananière ni une colonie française et que la Judée Samarie sont historiquement juifs, mais il se demande pourquoi les anti-israéliens ne sont pas plus sionistes que lui.

Il y a un très beau conte arménien qui peut résumer un comportement de ce genre. Il s'intitule ' la mort d'un imbécile". On peut trouver sa lecture sur internet je crois.

fred 20/06/2015 08:26

Bravo pour ce texte lucide nous montrant cette dictature de la pensée unique .
Cette escalade vers la dénonciation du dérapage , la culpabilisation permanente de la civilisation occidentale blanche face aux africains ou à l'islam nous conduira au gouffre moral et économique.
Ce "politiquement correct " est socialement suicidaire et nous conduit à une dictature politique et médiatique tjrs plus excessive interdisant toutes pensées pour la protection de la France, de son peuple , de sa culture , de son histoire , de son mode de vie immediatemment dénoncée comme raciste , reac et fasciste par les gardiens vociférant de cette ordre moral de la bien-pensance.

Phil 19/06/2015 01:26

J'ai une pensée émue pour les boycotteurs de tous poils, les communistes, les Verts, les Rouges, les Marrons, les extrêmes-ceci, les extrêmes-cela, ONG et toutes ces vomissures en liberté:
La Hongrie, membre de la sainte UE, construit en ce moment une mur haut de 4m, et long de 175km, le long de sa frontière avec la Serbie. L'Europe a enfin son "mur de la honte" !

Phil 17/06/2015 11:17

"Quand des autorités ne sont plus en mesure d'assurer à leurs citoyens paisibles l'intégrité de leurs frontières, la sécurité de leurs personnes et de leurs biens, et jusqu'à la dignité de leur droit à l'identité, elles devraient à tout le moins, apprendre l'humilité."

Le coq gaulois n'apprend l'humilité qu'après avoir été passé à la casserole.

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