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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 10:22

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http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/05/11/31003-20150511ARTFIG00235-caron-taubira-todd-le-requisitoire-de-goldnadel.php

Caron, Taubira, Todd: Le réquisitoire de Goldnadel

Publié le 11/05/2015

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Déconfiture d'Aymeric Caron, vindicte d'Emmanuel Todd, victimisation de Christiane Taubira: Gilles-William Goldnadel conseille à la gauche morale d'être plus économe du mot «honte».

 

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l'UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l'Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

 

Il y a du mieux. M. Caron, de Paris, travaillant à la télévision française de service public, est devenu un symbole et un symptôme.

M. Caron fait peine à voir. Il est devenu le symbole, risible, de l'intolérance gauchisante, suffisante, et médiatique. Pour un peu, on l'en plaindrait. M. Caron est un symptôme. Sa déconfiture annonce le début de la fin de la dictature de la méchante bêtise maquillée en intelligence généreuse.

Il y a quelques années, j'écrivais que jamais peut-être dans l'histoire de l'humanité moderne une décérébration des esprits n'avait été opérée avec autant de succès que par le gauchisme en majesté médiatique. Je comparais l'homo soviéticus lisant avec prévention la Pravda en se bouchant le nez, avec le jeune Français confiant, intoxiqué par les lettres de plomb des journaux conformes qu'il respirait à pleins poumons. Ce temps est presque révolu. Certes, l'audiovisuel de service public est encore largement aux mains de l'idéologie sommaire, certes encore la sociologie du monde journalistique n'a pas beaucoup évolué, mais la majorité des Français, qui peuvent désormais décoder la presse comme l'homo sovieticus d'hier, savent largement à quoi s'en tenir. Pour parler jeune, leurs cerveaux «n'impriment plus» aussi docilement ce qu'on leur assène sur ARTE, Télérama ou France Inter.

Ainsi, le manifeste d'une soixantaine de journalistes publié par Libération la semaine dernière et qui laisserait à penser que les femmes journalistes politiques vivraient sous la domination terrorisante d'hommes politiques sexistes. En guise d'exemples subjectifs, on trouve surtout de lourdes allusions ou des compliments appuyés. Les journalistes pétitionnaires n'ont pas poussé leurs investigations jusqu'à s'apercevoir que le monde était rempli de crétins en tout genre. Et pas seulement au sein du monde politique. Elles n'ont pas observé non plus, en dépit de leurs enquêtes sans doute fouillées, qu'il pouvait arriver que les hommes tentent de séduire les femmes au moyen de flatteries sincères ou insincères ou de compliments, éventuellement maladroits. Au risque d'être taxé de forfanterie, il peut arriver que ce soit les femmes - y compris journalistes - qui complimentent les hommes. On peut y survivre.

Le monde, pudibond, dans lequel voudraient nous enfermer les pétitionnaires pointilleuses est un monde infernal. Un monde dans lequel il n'existerait plus, ni hommes, ni femmes, mais des individus sans genre. La drague serait seulement autorisée sur Internet, mais en termes mesurés. Enfin, et peut-être surtout, on comprend que dans le cadre de rapports de travail déséquilibrés et hiérarchisés, les lourdes et insistances allusions sexuelles soient répréhensibles. Mais entre un politicien et une journaliste, il est loin d'être acquis que la seconde soit l'obligée du premier. Au terme de la pétition, les journalistes victimaires pointent sans surprise la responsabilité sur les hommes politiques hétérosexuels et sexagénaires. On en tirera la conclusion idéologique qu'elles préféreraient que la représentation politique soit davantage confiée à des homosexuels. Les journalistes mâles n'ont qu'à bien se tenir.

Le salaud de service désigné à la vindicte par Emmanuel Todd n'est pas très différent. Mais y est précisé qu'il est blanc et catholique. Je n'ai certes pas attendu Todd pour dire ici, et peut-être le premier, ce que je pensais de la messe narcissique du 11 janvier et du prêchi-prêcha du président Charlie. Mais sous prétexte que les musulmans ne sont pas descendus dans la rue (les aurait-on empêchés ?) pour réprouver les horreurs d'un islam radical qui n'était même pas pointé du doigt – raison principale de ma contestation – voici que le sociologue jargonnant taxe les Français de pétainistes et les mahométans de victimes.

Le premier ministre, lui aussi vilipendé, n'avait pas mérité tant d'imprécations de l'intéressé. Après tout celui-ci, et à mon grand regret, avait imputé les saignées de janvier à «un apartheid social et ethnique». Mais quand Manuel Valls diagnostique chez le sociologue, compagnon de route du PCF, une haine de soi et de la France, comment lui donner tort ?

Le fils d'Olivier Todd a cru devoir convoquer et Pétain et Vichy. Ce sont des juifs qui ont été massacrés à Toulouse et dans le supermarché kasher. Le sociologue, loin des faits, en fait foin. Les catholiques sont des «zombies». Les musulmans sont les seules et vraies victimes. Qui fait oeuvre, sans même le savoir, d'esprit de collaboration avec la radicalité conquérante ?

Mme Taubira n'a besoin, elle, de personne pour organiser sa propre victimisation. Dans un entretien à Paris- Match elle s'exclame «ils n'auront pas mon suicide» en évoquant les attaques qu'elle subirait quotidiennement.

Au risque de me répéter, la garde des Sceaux n'a pas le monopole des attaques racistes dont elle fait désormais une martingale. Et à l'aune des critiques excessives ou des procès en tout genre reçus quotidiennement, il y a bien longtemps que Nicolas Sarkozy, Robert Ménard, nazifiés, et tant d'autres, se seraient pendus à un arbre ou tirés une balle dans la tête.

Sans vouloir désespérer plus encore Mme Taubira, la lecture du Parisien du 8 mai nous révèle un nouveau dysfonctionnement, largement passé sous silence, de la justice dont elle a la charge. On y apprend que le tribunal de Melun est en ébullition et le procureur en fureur. Dans la nuit du 28 avril, un homme en pleine relations sexuelles avec une prostituée, a profité du fait que cette femme de 47 ans lui tournait le dos pour la poignarder avec un couteau de cuisine.

La police judiciaire de Melun a retrouvé la trace de l'assaillant . Mis en examen pour tentative d'assassinat, et quoiqu'ayant reconnu les faits, il a pourtant été remis en liberté sous contrôle judiciaire le jour-même. Les collègues prostitués de la malheureuse n'en reviennent pas. La décision de la juge a révolté le procureur M. Bruno Dalles qui avait requis son placement en détention: «C'est une décision incompréhensible et dangereuse». Celui-ci «appelle les prostituées de la région à la vigilance». «Une expertise réalisée sur le mis en cause stipule qu'il est dangereux et insiste sur le caractère froid et déterminé du personnage, et précise qu'il existe un gros risque de récidive. C'est une aberration. Et ce, d'autant plus qu'il dit qu'il assume.»

Comme dans l'affaire de la petite Chloé, on chargera encore la triste fatalité.

 

Pour en revenir au maire de Béziers, et en ma qualité d'avocat de celui-ci, je me garderais de prendre parti dans l'affaire d'un prétendu fichage d'écoliers musulmans, ne prétendant pas à l'objectivité.

J'observerai simplement que sa présomption d'innocence a été allègrement foulée aux pieds et que la folle polémique qu'ont entraînée ses déclarations aura eu l'insigne mérite de poser crûment le problème de la prohibition idéologique des statistiques ethniques.

J'ai entendu également le premier ministre du gouvernement socialiste évoquer à grands bruits «une honte» pour la mairie. La loi aurait été violée. Quant à Mme Taubira, toujours pondérée lorsqu'il s'agit de l'honneur des autres, nous serions revenus en1939. Rien de moins.

Ici même, et à plusieurs reprises, j'ai mis en cause ces nombreuses municipalités communistes (Valenton, Aubervilliers, Avion etc.) qui ont proclamé citoyen d'honneur de leur ville des terroristes condamnés pour assassinat par les justices israéliennes ou françaises. Ainsi d'Ibrahim Abdallah qui purge actuellement une peine dans une prison française pour complicité de meurtre de deux diplomates. Au lendemain des massacres de janvier, j'ai signalé sans résultat à la vétilleuse garde des Sceaux ces apologies de la violence commises par un parti avec lequel les socialistes souhaitent ardemment faire alliance.

La gauche morale et indignée devrait être plus économe du mot honte.

Sauf à donner à rire comme M. Caron, de Paris.

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Published by GOLDNADEL Gilles William
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commentaires

קרבי kravi 16/05/2015 18:40

Merci pour cet excellent moment.
La bête idiote n'en finit plus d'agoniser, et je crains que cela ne prenne encore un temps certain.

Coco 14/05/2015 07:42

Une future idole des européens :


http://koide9enisrael.blogspot.co.il/2015/05/lhomme-le-plus-deteste-disrael-amir.html

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